La FAO rend les armes devant la faim

13 06 2008

article repris de L’UITA:

Inséré sur le site web de l’UITA le 13-Jun-2008

Organisée dans un contexte d’hyperinflation du prix des aliments de base et d’émeutes causées par la faim à travers le monde, la récente Conférence de haut niveau de la FAO sur la sécurité alimentaire mondiale tenue à Rome a eu comme principal résultat un appel retentissant à continuer comme si de rien n’était. Manifestement organisée pour résoudre des enjeux urgents reliés à la sécurité alimentaire, au changement climatique et à la bioénergie, la Conférence n’avait rien à offrir sur aucun de ces sujets dans sa déclaration finale.

Grâce à un lobbying soutenu de la part des États-Unis, de l’UE et du Brésil, le glissement massif de cultures pour l’alimentation vers la production de carburant et son rôle dans l’inflation du coût des denrées de base ont été réduits à un « défi » ou à une « occasion » – sans que soit expliqué comment l’expansion de la production des agrocarburants pourra atténuer la faim. Le glissement se poursuivra donc – tout comme la hausse des prix et de la faim.

La Conférence n’a offert aucune solution à l’influx massif de capitaux spéculatifs dans le marché à terme des produits de base, qui contribue avec le développement des agrocarburants à pousser le prix des denrées à des sommets sans précédents. Un soutien rhétorique à des méthodes d’agriculture moins intensives était inséré dans une intention de relier un plus grand nombre de petits producteurs à un marché mondial dont la volatilité mine les moyens de subsistance depuis des décennies – sans égard à la hausse ou à la baisse des prix. Les enjeux auxquels sont confrontés les travailleurs/euses agricoles – pauvreté, famine, violence, accès à l’eau potable et violations quotidiennes des droits fondamentaux – n’étaient même pas à l’ordre du jour. Malgré les appels à une « action rapide », cela ne laisse que l’aide humanitaire – et un appel à une conclusion rapide des négociations du cycle de Doha de l’OMC sur une libéralisation plus poussée du système agricole, dont la libéralisation progressive est pourtant au cœur du problème.

La Conférence a échoué parce que la crise alimentaire a été pour l’essentiel réduite à l’augmentation rapide du prix des aliments au cours des trois dernières années. Pourtant, ce n’est là que l’une des manifestations d’une crise persistante et à long terme dans laquelle le droit à des aliments adéquats est régulièrement refusé à plus de 800 millions de personnes, incluant celles qui travaillent en agriculture.

Les organisateurs de la conférence ont oublié de demander comment il se faisait que tant de millions de personnes soient déjà au bord de la famine, et comment il se faisait que tant d’entre elles soient employées dans l’agriculture. On estime que chaque augmentation d’un point de pourcentage du prix des denrées de base peut pousser 16 millions de personnes additionnelles dans la famine dans les pays en développement. Le prix de certaines denrées de base a doublé, voire triplé en un an, parfois en quelques mois. Le 31 mars, le prix du riz sur les marchés à terme au augmenté de 31 pour cent dans une seule journée; le 25 février, celui du blé de 27 pour cent. Les émeutes de la faim ne devraient surprendre personne.

Alors qu’il est urgent de mettre fin à la hausse des prix, pourquoi n’y a-t-il aucune proposition officielle de hausser le revenu des travailleurs/euses ruraux/rales pour compenser la perte de pouvoir d’achat et la réduction des calories disponibles? Pourquoi des millions de travailleurs/euses agricoles ont-ils glissé dans la pauvreté et la faim lorsque les prix des denrées de base ont été en baisse constante, comme ce fut le cas durant les années 1990? Nous devrions demander pourquoi le prix au détail du thé, du café ou du sucre, par exemple, est resté essentiellement stable ou a même augmenté pendant plus d’une décennie, pendant que les prix mondiaux pour ces produits de base étaient en chute libre. Pourquoi, durant toutes ces années, les bénéfices des société transnationales de transformation et de commerce ont-ils augmentés, en même temps que leur pouvoir d’achat et de commercialisation; pendant que les salaires des travailleurs/euses du thé, du café et du sucre stagnaient ou dans certains cas chutaient de façon drastique?

Où est le lien entre le prix des produits de base, le prix de détail, les salaires et le pouvoir d’achat que l’OMC nous promettait par « l’utilisation optimale des ressources » qui découlerait de la libéralisation des échanges commerciaux? Le régime de l’OMC – et plus particulièrement l’Accord sur l’agriculture – ont facilité les poussées soudaines des importations qui ont dévasté les systèmes nationaux et locaux de production alimentaire. La dépendance envers des prix mondiaux volatiles des denrées de base a poussé des populations entières au bord de la famine.

En lui-même, le prix des denrées de base ne nous dit rien sur la capacité des travailleurs/euses agricoles ou des pauvres en milieu urbain de s’alimenter. Les principaux enjeux sont la vulnérabilité, la volatilité et l’extraction de la valeur dans la chaîne alimentaire.

Au moment même ou cent millions de personnes de plus sont confrontées à une famine potentielle en raison de la hausse rapide du prix des céréales et des oléagineuses, les bénéfices des négociants et des transformateurs primaires atteignent des niveaux sans précédent. Cargill, le plus important négociant au monde, a enregistré une hausse de 86 pour cent de ses bénéfices sur le commerce des produits de base au premier trimestre cette année. ADM, second négociant mondial, a déclaré en 2007 des bénéfices en hausse de 67 pour cent sur l’exercice précédent. Bunge, surfant sur la vague de la demande de graines oléagineuses pour la production d’agrodiesel, a connu une augmentation de 77 pour cent de ses bénéfices au premier trimestre de cette année. Nestlé, la plus grande société alimentaire au monde, a affiché des bénéfices exceptionnels en 2007 et lancé un programme de rachat d’actions de 2,5 milliards de dollars – tout en disant à ses travailleurs/euses que l’augmentation du prix des intrants signifiait qu’ils/elles devaient se préparer à des mises à pied et à des compressions salariales.

Vous chercheriez en vain les mots « société commerciale » dans le document d’information de 50 pages préparé par la FAO pour les participants à la conférence, un document pourtant intitulé « La flambée des prix des denrées alimentaires: faits, perspectives, effets et actions requises ». Vous ne les trouverez pas non plus dans les Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2008-2017 – mais vous y trouverez un message aux pauvres du monde, disant qu’ils/elles seront confrontés/es à des prix inabordables concernant les aliments au moins pour la prochaine décennie. Dans ces documents, les principaux enjeux et acteurs de la crise du système alimentaire mondial ont été occultés. La force motrice derrière la libéralisation du commerce agricole au cours de la dernière décennie – l’augmentation énorme de la portée, du pouvoir et des parts de marché des sociétés transnationales, non seulement à l’échelle internationale mais à l’intérieur même des marchés locaux et nationaux par les transactions internes et les filiales – est entièrement absente du rapport. Il n’est question que de marchés, de signaux de marché et de prix. Devant ces « faits » et ces « perspectives », comment pouvons-nous comprendre les véritables mécanismes à l’œuvre et aborder les enjeux de manière significative?

Alors que les agences internationales viennent soudainement de découvrir le sous-investissement dans l’agriculture, les investissements dans les marchés indiciels des produits de base ont augmenté de USD 13 milliards en 2003 à USD 260 milliards en mars 2008 – et pourraient bientôt atteindre le billion de dollars, selon certains analystes. Les fonds d’investissement privés et les fonds spéculatifs – des investisseurs centrés sur les rendements élevés à court terme – débordent du marché à terme et injectent maintenant des milliards dans l’acquisition de terres agricoles, d’intrants et d’infrastructures. Pourtant, le document d’information de la FAO pour la Conférence de Rome n’accorde que deux paragraphes indifférents au phénomène dans sa « Brève analyse des récentes évolutions » et le passe sous silence dans ses « Options ». Aucun lobbying n’a été nécessaire pour supprimer les appels à la re-réglementation des marchés financiers lors de la Conférence – le sujet n’a même pas fait l’objet de discussions sérieuses. Pourtant, même une taxe modeste sur ces énormes profits permettrait de dégager des ressources substantielles pour entreprendre la remise en état du système alimentaire.

Les acteurs principaux étant rendus invisibles – notamment des sociétés et des investisseurs financiers qui dictent de plus en plus quels types d’aliments sont cultivés, récoltés, transformés et commercialisés, à quel prix et de quelle façon – il ne nous reste qu’un « plan d’action » qui dit essentiellement aux pauvres que rien ne changera. Les gouvernements qui auraient pu, à Rome, manifester leur engagement à s’acquitter de leurs obligations en droit international de protéger et de faire appliquer le droit aux aliments ont plutôt abandonné cette occasion aux lobbies agroalimentaires.

L’aide aux pays en développement confrontés à un déficit commercial découlant d’importations alimentaires massives ne peut corriger le problème fondamental. Ce qu’offre l’OMC ne peut qu’exacerber la faim mondiale, quels que soient les vagues murmures de « durabilité » dans lesquels ces propositions sont enveloppées.

Le Groupe professionnel des travailleurs/euses de l’agriculture de l’UITA, réuni en Inde en 2005 juste avant la réunion ministérielle de l’OMC à Hong Kong, a fait valoir avec insistance que les vrais enjeux pour les travailleurs/euses agricoles n’étaient encore une fois pas sur la table : « des ressources soutenues doivent être mobilisées à l’échelle internationale afin de faciliter et soutenir les mesures de recouvrement visant à renverser les dommages sociaux et environnementaux découlant des méthodes de production intensive orientées vers l’exportation, ainsi qu’à rebâtir l’agriculture pour lui permettre de servir ses fins premières, à savoir le droit à des aliments sains, adéquats et nutritifs, produits dans des conditions de travail décentes ». La Conférence de Rome a conclu trois années additionnelles de perte de temps et de vies.



Lewis Black on KKR

12 06 2008



Une nouvelle poursuite de 5 M$ contre Écosociété

12 06 2008

repris de voix de faits:


La maison d’édition indépendante Écosociété, qui a publié le livre Noir Canada, dénonçant les pratiques de compagnies aurifères canadiennes en Afrique, fait face à une nouvelle poursuite en diffamation de 5 M$ intentée par la minière Banro Corporation [dont le plus gros actionnaire est le Capital Group qui détient environs 13% mais Banro a aussi comme actionnaire le régime de pensions du Canada à hauteur de 2% auquel nous cotisons tous et Teachers, le régime de pension des profs au secondaire de l’Ontario].

Écosociété est déjà confrontée à une première poursuite de 6 M$ déposée par Barrick Gold à la suite de la publication du livre.

Selon l’éditeur, il s’agit dans les deux cas de poursuites-bâillon, aussi connues sous le nom de SLAPP (Strategic Lawsuit Against Public Participation).

La suite ici.



Film de la semaine: L’Argent: Chute de l’Argentine

31 05 2008

Voici un excellent film:


L’Argent Chute de l’Argentine 1 sur 4
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L’Argent Chute de l’Argentine 2 sur 4
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L’Argent Chute de l’Argentine 3 sur 4
envoyé par LeLibrePenseur
L’Argent Chute de l’Argentine 4 sur 4
envoyé par LeLibrePenseurPour en savoir plus sur la création de l’argent, cliquez ici.



Film de la semaine: L’affaire Clearstream

11 05 2008


Affaire clearstream 1
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Affaire clearstream 2
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Affaire clearstream 3
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Affaire clearstream 4
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Les pilotes d’avions dépassé(e)s? C’est ce que souhaite l’industrie aérospaciale.

28 03 2008

repris de Intelligence Online:

Quand les drones côtoieront les avions de ligne européens

 Les principaux fabricants européens de drones aériens viennent de se regrouper au sein du consortium Air4All. Ils espèrent obtenir l’autorisation d’insérer leurs appareils dans le trafic aérien en Europe. La rentabilité du secteur est en jeu.

Les innombrables applications de sécurité intérieure promises aux drones en Europe sont suspendues à une condition : leur ouvrir un accès permanent à l’espace aérien. Actuellement, les autorisations ne sont délivrées qu’à titre exceptionnel par des autorités nationales, dans des espaces restreints.

Douze industriels européens du secteur, réunis au sein du consortium Air4All (voir schéma), planchent depuis janvier pour faire sauter ce verrou. Ils ont tenu un premier forum à l’Agence européenne de défense à Bruxelles le 20 février et rencontreront les responsables d’Eurocontrol du 6 au 8 mai. Air4All devra aussi lever les réticences des opinions publiques et des instances européennes de certification, au premier rang desquelles l’Agence européenne de sécurité aérienne (AESA). Des progrès substantiels devront être réalisés, notamment dans les technologies anticollision et de contrôle des appareils.

Ce sont toutes les applications de Homeland Security qui sont en jeu à l’horizon 2015 : surveillance des frontières et des côtes, contrôle de foules, opérations anti-terroristes, sécurisation de sites sensibles, etc. Certains gouvernements ont déjà recours aux drones dans leur espace aérien national pour la surveillance du trafic routier (Suisse), des frontières (Israël, Etats-Unis) ou le renseignement urbain (France, IOL nº565).

Les applications militaires (entraînement, survol d’Etats européens pour accéder à un pays tiers) sont aussi conditionnées à ouverture de l’espace aérien. Ceci explique la forte implication de l’Agence européenne de défense, qui finance les travaux d’Air4All et cherche à assurer la pérennité d’une industrie que les commandes militaires ne suffisent pas à rentabiliser.



Film de la semaine: Mafias

25 03 2008

Désolé pour le retard.

Voici un court vidéo intéressants:

LES MAFIAS:

Le Dessous des cartes les Mafias
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Nationalisation des coûts, privatisations des profits: le bel exemple

24 03 2008

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(gauche: JP Morgan Chase, droite: Siège social de Bear Stearns)

Les évènements des dernières semaines exemplifient à merveille le concept de la nationalisations des coûts et de la privatisation des profits (dont la nouvelle forme à la mode sont les PPP). La banque Bear Stearns vient de faire faillite grâce à la « crise hypothècaire ». Bear Stearns a 30 milliards de dollars d’instruments finaciers adossés à des hypothèques jugés irrecupérable, c’est pour cette raison que la banque a fait faillite: ses avoirs ont étés réduits à zero alors que ses dettes (substentielles) sont toujours là. Quelle est la solution à ce problème? Le gouvernement des États-Unis s’endettera un peu plus afin de donner 29 milliards de dollars à Bears Sterns (via la Fed) afin de remettre la banque sur pied. Le petit peuple pay donc les coûts de la restauration de la banque mais Bear Sterns qui par la suite pourra continuer à faire des grand profit n’appartiendra pas au gouverenement, mais à JP Morgan Chase qui elle déboursera seulement 2 milliards (1 milliard pour payer le milliard restant des hypothèques et 1 autre milliard pour «acheter» Bear Stearns). Le coût est donc nationtionalisé, alors que les profits appartiendrons seulement à JP Morgan Chase.

source: The Times 



L’annulation de la dette du tiers-monde n’est rien comparé à la crise hypothécaire

19 03 2008

repris du réseau voltaire:

par Éric Toussaint*, Damien Millet*
Alors que de grandes banques et des fonds de placement s’effondrent un peu partout dans les pays du Nord, les dirigeants des principales banques mondiales évoquent une simple correction du système, certes douloureuse, mais pas dramatique. Pour Damien Millet et Éric Toussaint, cette réaction est bien la preuve que l’annulation de la dette du tiers-monde —qui serait moins sèvére que l’actuelle crise— n’est pas une utopie, mais une exigence réalisable.

Depuis août 2007, les banques nord-américaines et européennes sont sous les feux de l’actualité à cause de la crise très sévère qu’elles traversent, et qu’elles font traverser au système économique néolibéral dans son ensemble. Le montant actuel des dépréciations d’actifs auxquelles elles ont dû procéder dépasse 200 milliards de dollars. Plusieurs services d’études des banques et des économistes chevronnés considèrent que la facture dépassera 1000 milliards de dollars [1].

Comment les banques ont-elles pu construire un montage de dettes aussi irrationnel ? Avides de profits, les organismes de crédits hypothécaires ont prêté à un secteur de la population déjà fortement endetté. Les conditions de ces prêts à haut rendement (pour le prêteur) constituent une véritable arnaque : le taux est fixe et raisonnable au cours des deux premières années puis augmente fortement ensuite. Les prêteurs affirmaient aux emprunteurs que le bien qu’ils achetaient gagnerait rapidement de la valeur vu l’augmentation des prix du secteur immobilier. Le hic, c’est que la bulle du secteur immobilier a fini par exploser en 2007 et les prix ont commencé inexorablement à baisser. Comme le nombre de défauts de paiement s’est considérablement accru, les organismes de crédit hypothécaire ont éprouvé des difficultés à rembourser leurs dettes. Les grandes banques, pour se protéger, ont refusé de leur octroyer de nouveaux prêts ou ont exigé des taux beaucoup plus élevés. Mais la spirale ne s’est pas arrêtée là car les banques avaient acheté les créances hypothécaires en très grande quantité, et largement hors bilan en créant des sociétés spécifiques appelées Structured Investment Vehicles (SIV), qui finançaient l’achat de créances hypothécaires à haut rendement transformés en titres (CDO, Collateralized Debt Obligations).

A partir d’août 2007, les investisseurs ont cessé d’acheter les commercial papers émis sans garantie par les SIV dont la santé et la crédibilité s’étaient fortement détériorées. En conséquence, les SIV ont manqué de liquidité pour acheter les crédits hypothécaires titrisés et la crise s’est amplifiée. Les grandes banques qui avaient créé ces SIV ont dû assumer les engagements de ceux-ci pour éviter qu’ils ne tombent en faillite. Alors que jusque-là les opérations des SIV ne faisaient pas partie de leur comptabilité (ce qui leur permettait de dissimuler les risques pris), elles ont dû reprendre dans leur bilan les dettes des SIV.

Résultat : panique à bord ! Aux États-Unis, 84 sociétés de crédits hypothécaires ont fait faillite ou cessé partiellement leur activité entre le 1er janvier et le 17 août 2007, contre seulement 17 sur toute l’année 2006. En Allemagne, la banque IKB et l’Institut public SachsenLB ont été sauvés d’extrême justesse. Récemment, l’Angleterre a dû nationaliser la banque Northern Rock tombée en faillite. Le 13 mars 2008, le fonds Carlyle Capital Corporation (CCC), connu pour sa proximité affichée avec le clan Bush, s’est effondré : ses dettes représentaient 32 fois ses fonds propres. Le lendemain, la prestigieuse banque états-unienne Bear Stearns (5e banque d’affaire aux États-Unis), à cours de liquidités, a appelé à l’aide la Réserve fédérale des États-Unis (Fed) pour obtenir un financement d’urgence. Elle sera rachetée par la banque JP Morgan Chase pour une bouchée de pain.

Plusieurs segments du marché de la dette constituent des constructions bancales en train de s’effondrer. Ils entraînent dans leurs déboires les puissantes banques, les hedge funds, les fonds d’investissement qui les avaient créés. Le sauvetage des institutions financières privées est réalisé grâce à l’intervention massive des pouvoirs publics. Privatisation des bénéfices, socialisation des pertes sont encore une fois de mise.

Mais une question se pose : pourquoi les banques, qui aujourd’hui n’hésitent pas à effacer des dettes douteuses par dizaines de milliards de dollars, ont-elles toujours refusé d’annuler les créances des pays en développement ? Elles font là la démonstration que c’est parfaitement possible et tout à fait nécessaire. Rappelons qu’à l’origine des dettes actuelles réclamées par les banques à ces pays, on trouve des dictatures criminelles, des régimes corrompus, des dirigeants fidèles aux grandes puissances et aux créanciers. Les grandes banques ont prêté sans compter à des régimes aussi peu recommandables que ceux de Mobutu au Zaïre, de Suharto en Indonésie, aux dictatures latino-américaines des années 1970-1980 sans oublier le régime d’apartheid en Afrique du Sud. Comment peuvent-elles continuer d’infliger le joug de la dette à des peuples qui ont souffert de régimes dictatoriaux qu’elles ont elles-mêmes financés ? Sur le plan juridique, de nombreuses dettes odieuses figurent dans leurs livres de compte et n’ont pas à être remboursées. Mais les banques continuent d’exiger leurs remboursements.

Rappelons également que la crise de la dette du tiers-monde a été provoquée en 1982 par la hausse brutale et unilatérale des taux d’intérêts décidée par la Fed. Auparavant les banques privées avaient prêté à tour de bras à taux variable à des pays déjà surendettés, finalement incapables de faire face. Aujourd’hui, l’histoire se répète, mais au Nord cette fois et d’une manière spécifique : les ménages surendettés des États-Unis sont devenus incapables de rembourser leur emprunt hypothécaire à taux variable car la bulle de l’immobilier a éclaté.

Les effacements de dette que les banques réalisent donnent raison à tous ceux qui, comme le CADTM, revendiquent une annulation de la dette des pays en développement. Pourquoi ? Parce que la dette à long terme des pouvoirs publics du tiers-monde envers les banques internationales atteignait 181,9 milliards de dollars en 2006 [2]. Depuis août 2007, elles ont déjà dû effacer un montant bien supérieur, et ce n’est pas fini…

Les grandes banques privées ont donc triplement fauté :

- elles ont construit de désastreux montages de dette privée qui ont conduit à la catastrophe actuelle ;

- elles ont prêté à des dictatures et ont obligé les gouvernements démocratiques qui ont succédé à rembourser jusqu’au dernier centime cette dette odieuse ;

- elles refusent d’annuler des dettes des pays en développement alors que leur remboursement implique une détérioration des conditions de vie des populations.

Pour toutes ces raisons, il faut exiger qu’elles rendent des comptes sur leurs agissements au cours des décennies passées. Les gouvernements des pays du Sud doivent réaliser des audits de leur dette, comme le fait l’Équateur aujourd’hui, et répudier toutes leurs créances odieuses et illégitimes. Les banquiers leur démontrent que c’est parfaitement possible. Il s’agira du premier pas pour rendre à la finance le rôle qui lui revient, celui d’outil au service de l’être humain. De tous les êtres humains.

Éric Toussaint
Éric Toussaint est président du CADTM Belgique (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde). Dernier livre publié : Banque du Sud et nouvelle crise internationale, CADTM/Syllepse, 2008.

Damien Millet
Damien Millet est secrétaire général du CADTM France (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde). Dernier livre publié : Dette odieuse (avec Frédédric Chauvreau), CADTM/Syllepse, 2006.

[1] Le service d’étude de Goldman Sachs estimait le 7 mars 2008 les pertes à 1156 milliards de dollars, George Magnus de UBS avançait en février un chiffre supérieur à 1000 milliards, Nouriel Roubini de l’Université de New York- émet l’hypothèse d’une perte d’au moins 1000 milliards de dollars.

[2] Banque mondiale, Global Development Finance 2007.

 



La convergeance médiatique et la presse indépendante au Québec

17 03 2008

repris de l’aut’e journal:

13 mars 2008

Pierre Dubuc

Au Québec, le poids exceptionnel de la concentration de la presse se fait de plus en plus sentir. Deux grands groupes, Power Corporation et Quebecor contrôlent tous les quotidiens sauf Le Devoir dont la part du marché – 2,5 % du tirage total – est insignifiante. Un troisième groupe, Transcontinental, se partage avec Quebecor la majorité des hebdos régionaux.

Mis à part quelques irréductibles indépendants marginaux, toutes les imprimeries du Québec sont propriété du Groupe Transcontinental et de Quebecor. Transcontinental imprime les journaux de Power Corporation, groupe avec lequel il est également en partenariat pour la production du journal Métro à Montréal. Quebecor est propriétaire de Messageries Dynamiques, la plus importante agence de distribution et Transcontinental possède Publi-Sac. Signalons que Le Devoir est imprimé par Quebecor. À cette concentration horizontale s’ajoute la convergence avec les médias électroniques.

Au Québec, c’est le marché qui est marginal

Face à ces géants, la presse indépendante doit en plus se développer dans le petit marché francophone du Québec. Si, dans des pays comme la France ou les États-Unis, il y a un marché pour ce qui est marginal, au Québec, c’est l’ensemble du marché qui est marginal. Autrement dit, si on peut trouver en France ou aux États-Unis un bassin suffisant d’abonnés ou de donateurs pour soutenir une publication indépendante, l’équivalent est très difficile au Québec à cause de l’exiguïté du marché.

Pour bien comprendre la signification de cette situation, il n’est pas inintéressant de comparer la situation des grands quotidiens français à celle leurs homologues québécois. Par exemple, le quotidien Le Monde a un tirage d’environ 540 000 exemplaires. Ramené à l’échelle du Québec, où la population francophone est dix fois inférieure à celle de la France, cela donnerait un tirage de 54 000 exemplaires, soit à peine plus que le tirage du Devoir (28 000 la semaine et 45 000 la fin de semaine), mais beaucoup moins que celui de La Presse (200 000 la semaine). Le tirage de Libération (150 000 exemplaires) ne serait que de 15 000 au Québec, soit moins que le tirage du Devoir en semaine.

Abonnement, distribution gratuite, ventes en kiosques

Mais à cause des économies d’échelle, Le Monde peut compter sur 320 journalistes dont 20 correspondants étrangers. Complication supplémentaire pour la presse indépendante, le public québécois, contrairement par exemple au public canadien-anglais, n’a pas une très grande habitude de l’abonnement. Les gens préfèrent acheter une publication en kiosque plutôt que de profiter d’offres d’abonnement à prix réduit.

Cette situation est aggravée par la distribution des journaux gratuits. Amorcé avec le journal culturel Voir, le phénomène touche les hebdos régionaux, les journaux de quartier, de même que les quotidiens avec le journal Métro et 24 heures de Quebecor à Montréal. Ajoutons que le Journal de Montréal et le Journal de Québec bénéficient également une large distribution gratuite dans tous les restaurants du Québec.

Après une désastreuse tentative de vente en kiosques échelonnée sur plusieurs années – expérience partagée par de nombreux autres journaux alternatifs dont le dernier en date est sans doute le journal de l’Union paysanne – suivant l’exemple de Recto-Verso, l’aut’journal a choisi la voie de la distribution gratuite.

Nous pourrions épiloguer longtemps sur les difficultés de la vente en kiosques (publications mal distribuées, mauvais placement) et nous plaindre du fait qu’il n’existe pas, comme en France, de législation qui oblige, par exemple, les marchands à bien positionner, à la vue de tous, un journal comme le Canard enchaîné. Au Québec, le placement est fait par le distributeur en fonction de critères de vente et de marketing.

Mais nous devons reconnaître qu’il y a des explications plus fondamentales à ces échecs. En plus de la petitesse du marché dont nous avons déjà parlé, il n’y a pas de tradition culturelle au Québec qui porte les lecteurs à acheter notre type de publication.

Pour qu’une publication puisse percer sur le marché de la vente en kiosques, il faut un gros tirage, de la publicité dans les autres médias (radio, télévision) pour faire connaître son existence. Tout cela coûte beaucoup de sous et ne peut être financé que par la publicité. Ce qui boucle la boucle et nous renvoie au problème de départ.

Une presse libre est une presse militante

L’histoire des médias nous a appris que la presse militante n’existe que par le soutien des militantes et des militants. Souvent la presse militante est produite et soutenue par un parti politique. Ce n’est pas notre cas au Québec. Malgré l’existence d’un important mouvement souverainiste, celui-ci n’a pas d’organe de presse propre, une situation sans doute unique au monde. Même lorsque son membership atteignait 300 000 membres, le Parti Québécois n’a jamais jugé bon de produire de publications pour ses militants, après l’échec du quotidien Le Jour.

La situation est similaire du côté du mouvement syndical. Après l’échec de l’hebdomadaire Québec-Presse, le mouvement syndical a décliné toute invitation à investir massivement dans un journal de masse. Au cours des années, le mouvement syndical a même supprimé ses publications à plus large rayonnement que ses rangs internes. Le revue Mouvement de la CEQ, aujourd’hui la CSQ, est disparue, tout comme l’hebdomadaire Nouvelles-CSN.

L’aut’journal et d’autres publications progressistes ont de la difficulté à obtenir un soutien régulier des principales organisations syndicales, même si celles-ci ne manquent pas à chacun de leurs congrès de dénoncer la concentration des médias et appeler au développement d’une presse libre et indépendante.

Il faut se cracher dans les mains et relever nos manches, comme disait Félix Leclerc. Le développement d’une presse libre et indépendante repose donc entre nos mains. Il nous faut relever le défi, malgré les conditions difficiles que nous venons de décrire, de produire une presse d’actualité, intéressante, professionnelle et militante.

L’aut’journal, 24 ans plus tard

Fondé en 1984, l’aut’journal se définit toujours 24 ans plus tard comme un mensuel québécois, indépendant et indépendantiste, ouvrier et populaire. Pour caractériser le journalisme que nous voulons pratiquer, nous avons inscrit dans le cartouche cette citation de Jacques Guay, aujourd’hui décédé, qui fut, avant de se joindre à l’équipe de l’aut’journal, de l’expérience de Québec-Presse et fondateur du département de journalisme de l’Université Laval. La citation se lit comme suit : « Informer, c’est mordre à l’os tant qu’il y reste de quoi ronger, renoncer à la béatitude et lutter. C’est croire que le monde peut changer ! »

Dans le premier numéro de l’aut’journal, nous faisions part en éditorial de notre parti-pris pour une information différente. Une information qui parle des luttes ouvrières et populaires, luttes qui ne trouvent pas leur place dans les grands quotidiens – combien ont de journalistes attitrés aux affaires syndicales ?

Nous exprimions aussi notre volonté de présenter un aut’point de vue sur les grandes questions de l’actualité dont le traitement est souvent biaisé par les conflits d’intérêts des propriétaires des médias. Prenons deux exemples pour illustrer notre propos.

Deux exemples de conflits d’intérêts

Depuis plusieurs années, la santé figure en première place des préoccupations des citoyennes et des citoyens et les grands médias ont noirci des centaines de milliers de pages sur le sujet. La privatisation est la solution le plus souvent avancée pour régler le problème des listes d’attente et faire face au défi du vieillissement de la population. Cependant, nos médias évitent soigneusement de mentionner qui seraient les principaux bénéficiaires de cette privatisation, c’est-à-dire les compagnies d’assurances.

Aux États-Unis, il est admis par tous les observateurs de la scène politique que c’est le lobby des compagnies d’assurances qui a coulé le projet du président Clinton, lors de son premier mandat, d’instaurer un système public de santé sur le modèle canadien. Au Canada, ce lobby ne semble pas exister. Du moins, les grands médias n’en parlent jamais. Serait-ce parce que Power Corporation, le propriétaire par l’entremise de Gesca des principaux quotidiens du Québec, est également le propriétaire des deux plus importantes compagnies d’assurances au Canada : la Great-West et la London Life ?

Un autre exemple du conflit d’intérêts dans lequel baignent les médias est la question du transport en commun. Il arrive souvent que la moitié des pages du Journal de Montréal et du Journal de Québec soient consacrées à de la publicité automobile. Dans le cas de La Presse, les seuls revenus de la publicité automobile dépassent les revenus des abonnements. Comment espérer que ces médias fassent la promotion du transport en commun ?

Les médias indépendants et les idées nouvelles

Les médias indépendants peuvent également être à l’origine d’idées nouvelles. C’est dans les pages de l’aut’journal qu’a été lancé l’appel qui allait donner naissance en 1997 au Rassemblement pour une alternative politique (RAP), l’ancêtre de l’Union des forces progressistes (UFP) et de Québec solidaire. Cet appel était accompagné d’un plaidoyer pour une réforme du mode de scrutin avec la publication par l’aut’journal du livre de Paul Cliche Pour un scrutin proportionnel. L’idée a si bien fait son chemin qu’elle a donné lieu à la tenue d’états généraux sur la réforme du mode de scrutin.

C’est également dans l’aut’journal que le concept de club politique a vu le jour, s’est développé et a été inscrit dans les statuts du Parti Québécois, à la faveur de l’action du club politique Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre), une autre initiative de l’aut’journal.

Le concept de revenu de citoyenneté a d’abord été propagé au Québec par l’aut’journal qui a publié le Manifeste pour un Revenu de citoyenneté du professeur Michel Bernard et du syndicaliste bien connu Michel Chartrand.

Un succès avec des moyens de fortune

Au départ, l’aut’journal tirait à 1 500 exemplaires et, la distribution étant tributaire de manifestations ou d’événements publics, il arrivait souvent qu’à peine la moitié de ces copies soient distribuées. Aujourd’hui, notre tirage s’est stabilisé à 20 000 exemplaires. Près de 5 000 d’entre eux sont postés à chaque mois à nos abonnés, individuels ou de groupe, et les 15 000 autres exemplaires sont distribuées gratuitement à travers le Québec par les bons offices d’un petit distributeur privé.

Nous publions également, mais de façon irrégulière, la revue L’Apostrophe. Nous en sommes au dixième numéro. Nous avons édité neuf livres, la grande majorité d’entre eux en collaboration avec d’autres maisons d’édition.

Notre budget annuel est insignifiant. Il tourne autour de 130 000 $. Depuis trois ans seulement, nous avons un employé salarié, notre secrétaire Louis Bourgea. De façon un peu paradoxale, nous pouvons affirmer que notre principale source de financement réside dans le fait que toutes nos collaboratrices et collaborateurs ne reçoivent aucune rémunération pour leurs articles.

Nos autres sources de financement sont les abonnements, la vente de livres, la publicité – provenant presque exclusivement des organisations syndicales et des maisons d’édition – les spectacles-bénéfices. Le problème de sous-financement est commun à tous les médias indépendants. Au cours de nos 22 ans d’existence, nous avons essayé par différents moyens de nous sortir du sous-financement chronique et avons tiré des leçons de ces expériences.

Les grands médias vivent de la publicité

Les revenus publicitaires sont la principale source de financement des grands médias. Ils représentent 80% des revenus des quotidiens. Cette situation ne date pas d’hier. Le premier journal à voir le jour en Amérique, le Pennsylvania Packet and Daily Advertiser, fondé en 1784, consacrait plus de 60% de son espace à la publicité.

Quoi de plus normal alors que de chercher à obtenir ne serait-ce qu’une petite pointe de l’immense tarte des dépenses publicitaires, se disent les journaux communautaires et indépendants. Pour notre part, nous n’y avons pas cru un seul instant étant donné le caractère de notre publication. Mais les échecs récents et spectaculaires de magazines ou journaux communautaires – Recto-verso ou À cause au Saguenay-Lac Saint-Jean – ou d’expériences passées comme Québec-Presse ont confirmé notre analyse.

À ceux qui rêvent d’un quotidien progressiste, j’aime citer l’échec d’une expérience d’un journal… de droite ! Soit celle du National Post. Quand, en 1998, Conrad Black a publié le National Post à Toronto, il a déclaré qu’il n’aurait pu se lancer dans cette aventure s’il n’avait pas été propriétaire de Southam News, qui possédait des imprimeries, des réseaux de distribution et un bassin de journaux dans lequel Black a pu puiser des journalistes pour le Post.

Malgré cela, trois années plus tard, le Post était toujours déficitaire et Black lançait la serviette et vendait ses actions. Pourquoi ? Parce que les grandes agences de publicité que Black avait pourtant traité aux petits oignons, les propriétaires à coups de banquets, de voyages et de cadeaux n’avaient pas cru à son aventure. Ils étaient restés fidèles au Globe and Mail, au Toronto Star, tout en profitant de la concurrence du Post pour exiger de ces grands journaux des réductions des tarifs publicitaires. Comment pourrions-nous envisager la création d’un quotidien – progressiste de surcroît – sans posséder d’imprimeries, de réseaux de distribution et sans… recettes publicitaires?

Tirer les leçons de nos expériences

Examinons des expériences plus modestes, soit celles de Recto-Verso et le journal À cause au Saguenay Lac-Saint-Jean. L’équipe de Recto-Verso avait pressenti que la distribution gratuite était la voie de l’avenir et la seule façon de contourner les monopoles de la distribution. Elle a fait le pari qu’un magazine progressiste de belle tenue serait en mesure d’attirer, au même titre que les publications traditionnelles, de la publicité commerciale et gouvernementale pour financer ses activités.

Cependant, la publicité commerciale n’a jamais vraiment été au rendez-vous et la revue n’a pu combler un déficit accumulé de 200 000 $. La décision subite de Patrimoine Canada de retirer les subventions aux publications distribuées gratuitement a donné le coup de grâce au magazine en le privant annuellement de 30 000 $. Nous avons suivi avec intérêt, mais un certain scepticisme, les efforts du magazine dans sa recherche de commanditaires commerciaux. Nous ne partagions pas l’avis selon lequel de belles publications, avec un tirage important, réussiraient à attirer des commanditaires si le prix de la publicité était proportionnellement inférieur à ce qu’il en coûte dans des revues traditionnelles à grand tirage.

Selon la logique capitaliste pure, telle que formulée par Friedrich Hayek, le pape du néolibéralisme, une telle décision semblait fondée. Malheureusement, ça ne fonctionne pas ainsi. Le marché n’est pas constitué d’un agrégat d’individus, mais de classes sociales. Les propriétaires des grandes agences de publicité ont plus que de simples liens d’affaires avec les propriétaires des grands médias. Ils font partie du même réseau social et politique. Somme toute, les analyses de Karl Marx sont plus pertinentes que celle de Hayek.

Recto-Verso a pu compter pendant un certain temps sur la publicité gouvernementale pour financer la production du magazine et sur les programmes gouvernementaux d’économie sociale pour rémunérer son personnel. L’arrivée au pouvoir du gouvernement Charest et ses compressions budgétaires ont compromis ces deux sources de financement.

Comme dans le cas de la publicité commerciale, le système des relations entretenues avec le personnel politique est essentiel et l’équipe de Recto-Verso avait évidemment plus d’accointances avec le Parti Québécois qu’avec le Parti Libéral. Recto-Verso n’entretenait pas beaucoup de relations avec le Parti Libéral fédéral. Aussi Patrimoine Canada a pu couper d’un trait de plume sa subvention de 30 000 $, mais ne touchera jamais aux subventions de près de deux millions de dollars accordées annuellement tant à Quebecor qu’au Groupe Transcontinental pour leurs magazines.

Le journal À cause s’est buté essentiellement aux mêmes obstacles. Après un départ sur les chapeaux de roue, la publicité espérée n’était pas au rendez-vous et la suppression des programmes gouvernementaux jeunesse avec l’arrivée au pouvoir des libéraux sonnèrent rapidement le glas de la publication.

Nous venons de voir comment un changement de gouvernement a contribué à la faillite de deux publications avec la suppression des programmes gouvernementaux dont elles bénéficiaient. Notre expérience est encore plus éloquente.

L’aut’journal et les subventions gouvernementales (ou leur absence)

À la suggestion d’amis de la presse indépendante qui ne comprenaient pas pourquoi nous ne cherchions pas à obtenir ces subventions gouvernementales auxquelles, selon eux, nous avions parfaitement droit, nous avons présenté une modeste demande au chantier de l’économie sociale lors du lancement de la revue L’Apostrophe.

Après avoir dû consacrer un temps considérable à remplir les obligations et formulaires nécessaires, nous avons présenté une demande pour le financement de trois permanents. C’est beaucoup trop ! nous a-t-on répondu. Alors, nous avons retravaillé la demande pour ne demander le financement que d’une seule personne. Cette fois, la réponse a été : Ce n’est pas assez structurant pour l’industrie (sic!) !.

Mais de quelle industrie, parlait-on ? Nous ne l’avons jamais su. Toujours est-il qu’après de longs mois de discussion, le fonctionnaire responsable de notre dossier nous a dit, sur le ton de la confidence : Vous êtes très critique, vous savez . Autrement dit, ce n’est pas moi, ni aucun autre fonctionnaire qui va recommander l’acceptation de votre projet.

Une autre expérience encore plus explicite confirmait notre profond scepticisme quant à l’obtention de subventions gouvernementales. Au mois de mars 2001, nous comparaissions avec Recto-Verso devant la commission parlementaire chargée d’examiner la concentration de la presse. Notre mémoire dénonçait l’effet de cette concentration sur les médias indépendants et réclamait des mesures de soutien de l’État à la presse indépendante.

En pleine commission parlementaire, le député d’Outremont, Pierre Étienne Laporte se déclara publiquement opposé à toute subvention directe ou indirecte à l’aut’journal parce que en 1995, vous m’avez attribué le prix de la traîtrise, à l’aut’journal, pour une déclaration que j’ai faite alors que j’étais président du Conseil de la langue française. Et le député de dire devant ses collègues que le prix de la traîtrise était le prix Cugnet et de devoir expliquer, en se couvrant de ridicule, devant un auditoire abasourdi que le Prix Cugnet avait été instauré par l’aut’journal en déshonneur de Jean-Baptiste Cugnet qui avait guidé les troupes de Wolfe sur les plaines d’Abraham en 1759 !!!

Soulignons que Recto-Verso et l’aut’journal demandaient, entre autres, dans leur mémoire que le gouvernement autorise des fondations, mises sur pied pour recueillir des fonds pour la presse indépendante, à pouvoir émettre des reçus pour fins fiscales comme cela se pratique dans le cas des fondations de charité ou des partis politiques. Nous croyons toujours que ce serait la meilleure forme de financement pour la presse indépendante. Elle oblige les médias à faire eux-mêmes des efforts de financement et assure leur autonomie et leur indépendance à l’égard de l’État.

L’alternative aux grands médias : Internet

L’arrivée des nouveaux médias nous offre peut-être cette fenêtre tant recherchée si nous savons l’utiliser. Une lecture attentive de l’histoire des médias nous apprend qu’à chaque fois qu’une situation politique s’est trouvée bloquée par l’opposition des grands médias, la solution est toujours venue de l’utilisation d’un nouveau média.

Ainsi, dans les années 1930, Franklin Delano Roosevelt a contourné l’opposition des grands médias écrits à son New Deal avec ses causeries au coin du feu à la radio. À la fin des années 1950, de Gaulle a imposé sa solution à la guerre d’Algérie en ayant également recours à un nouveau média, la télévision, pour rejoindre le grand public et défier une presse hostile.
De même, au Québec, la télévision a joué un rôle de premier plan dans la lutte contre le duplessisme et le déclenchement de la Révolution tranquille. Maurice Duplessis abhorrait ce nouveau média, dont nous pouvons dire qu’il a produit le personnage politique le plus important de son époque : René Lévesque.

Sommes-nous aujourd’hui dans une situation historique comparable ? La solution à la concentration des médias réside-t-elle dans l’utilisation des nouvelles technologies ? Nous le croyons. Nous pouvons nous inspirer de réussites passées dont nous n’avons jamais pris réellement conscience. Par exemple, on peut affirmer que les souverainistes doivent une bonne partie de leur succès passé à l’utilisation intelligente qu’ils ont faite depuis trente ans du seul moyen de communication de masse à leur disposition pour la diffusion de leurs idées, le recrutement et le financement, soit le téléphone !

Aujourd’hui, un segment de plus en plus important de la population du Québec a accès à Internet, ce qui représente un bassin de population suffisant pour développer de nouveaux moyens de communication de masse.

Les nouveaux médias ont déjà démontré leur pertinence politique. En mars 2004, à quelques jours des élections générales, des attentats terroristes causaient la mort de près de 200 personnes en Espagne. Le gouvernement Asnar et les grands médias s’empressaient d’en attribuer la responsabilité à l’ETA basque, malgré les démentis de cette organisation. Rapidement, la société civile flaira l’arnaque et, au moyen d’Internet et de messages envoyés par cellulaires, démasqua les manœuvres du gouvernement. La vérité éclata au grand jour et le gouvernement Asnar fut défait aux élections.

Aux États-Unis, Howard Dean candidat à l’investiture au parti démocrate, opposé à la guerre en Irak, utilisa de façon fort habile Internet pour se faire connaître et recueillir des fonds pour sa campagne. Mais sa campagne s’écroula lorsqu’il poussa un grand cri ( Byaaahh ) lors d’une assemblée publique et que ce Dean Scream comme on l’appela fut diffusé en boucle par les grands médias hostiles à sa candidature. Cette fois-ci, les grands médias traditionnels remportaient la victoire sur les nouveaux médias. Mais Internet a quand même réussi à ébranler les colonnes de l’establishment du Parti démocrate.

Au Québec, nous sommes très en retard sur l’utilisation politique des nouveaux médias. Alors, pourquoi pas mettre sur pied un quotidien Internet ? Un quotidien qui ne nécessite ni imprimerie, ni réseaux de distribution ! C’est un projet auquel nous travaillons présentement avec la mise en ligne de l’aut’journal au-jour-le-jour.

Pierre Dubuc
Cet article est paru dans le numéro 10 (automne 2007) de la revue L’Apostrophe, la revue de l’aut’journal



La démission de l’amiral Fallon relance les hostilités en Irak

14 03 2008

repris du réseau voltaire:

Contrairement à ce qui a été écrit dans la presse dominante, l’amiral William Fallon n’a pas été limogé par ce qu’il s’opposait au président Bush à propos d’une attaque contre l’Iran. Il a démissionné de sa propre initiative après que l’accord qu’il avait négocié et conclu avec Téhéran, Moscou et Pékin ait été saboté par la Maison-Blanche. Le choix de l’administration Bush relance la guerre en Irak et expose gravement les GI’s face à une Résistance désormais soutenue de l’extérieur sans retenue.

Il était presque 22h GMT, mardi 11 mars 2008, lorsque le commandant en chef du Central Command, l’amiral William Fallon, annonça depuis l’Irak qu’il présentait sa démission. Immédiatement à Washington, le secrétaire à la Défense, son ami Robert Gates, dans une conférence de presse improvisée indiquait qu’il acceptait cette décision à regret. Dans les minutes qui suivirent, la rumeur d’une possible attaque états-unienne contre l’Iran se répandit partout dans le monde. En effet, la démission de l’amiral aurait été exigée par la Maison-Blanche à la suite de la publication d’un reportage par le mensuel Esquire [1] rapportant des propos « francs » de l’officier à propos du président Bush. Or, dans le même article, on pouvait lire qu’un renvoi de l’amiral marquerait le signal ultime de la guerre.

Pourtant, cette interprétation est erronée. Elle ignore l’évolution du rapport de forces à Washington. Pour comprendre ce qui est en jeu, revenons un instant en arrière. Nos lecteurs, qui ont été régulièrement informés dans nos colonnes des débats en cours à Washington, se souviendront des menaces de démission de Fallon [2], de la mutinerie des officiers supérieurs [3], des dessous d’Annapolis [4], et de l’infiltration de l’OTAN au Liban [5] que nous avons rapportés dans ces colonnes avant tout le monde ; des révélations qui ont été contestées lors de leur publication et qui sont aujourd’hui largement attestées. Nous ajouterons ici des informations inédites sur les négociations conduites par Fallon.

Le Plan Fallon

Alors que l’establishment états-unien avait approuvé l’entrée en guerre contre l’Irak dans l’espoir d’en tirer de substantiels profits économiques, il a progressivement déchanté. Cette opération génère des coûts directs et indirects démesurés, mais ne rapporte qu’à quelques uns. Dès 2006, la classe dirigeante s’est inquiétée de mettre fin à cette aventure. Elle contestait à la fois le surdéploiement des troupes, l’isolement diplomatique grandissant, et l’hémoragie financière. Elle trouva son expression à travers le rapport Baker-Hamilton qui condamnait le projet de remodelage du Grand Moyen-Orient, et préconisait un retrait militaire d’Irak coordonné avec un rapprochement diplomatique avec Téhéran et Damas.

Sous cette amicale pression, le président Bush fut contraint de limoger Donald Rumsfeld et de le remplacer par Robert Gates (lui-même membre de Commission Baker-Hamilton). Un groupe de travail bipartisan —la Commission Armitage-Nye— fut mis en place pour définir de manière consensuelle une nouvelle politique. Mais il s’avéra que le tandem Bush-Cheney n’avait pas renoncé à ses projets et utilisait ce groupe de travail pour endormir ses rivaux tout en continuant à fourbir ses armes contre l’Iran. Coupant court à ces manœuvres, Gates donna carte blanche à un groupe d’officiers supérieurs qu’il avait fréquenté à l’époque de Bush père. Ceux-ci publièrent, le 3 décembre 2007, un rapport des agences de renseignement discréditant le discours mensonger de la Maison-Blanche sur le prétendue menace iranienne. En outre, ils tentèrent d’imposer au président Bush un rééquilibrage de sa politique proche-orientale au détriment d’Israël.

L’amiral William Fallon exerce une autorité morale sur ce groupe —incluant l’amiral Mike McConnell (directeur national du renseignement), le général Michael Hyden (directeur de la CIA), le général George Casey (chef d’état-major de l’armée de terre), et plus tard l’amiral Mike Mullen (chef-d’état-major inter-armes)—. Homme de sang froid, doué d’une brillante intelligence, il est l’un des derniers grands patrons des forces armées à avoir servi au Vietnam. Préoccupé par la multiplication des théâtres d’opération, par la dispersion des forces et l’épuisement des troupes, il a ouvertement contesté un leadership civil dont la politique ne peut conduire les États-Unis qu’à la défaite.

Dans le prolongement de cette mutinerie, ce groupe d’officiers supérieurs fut autorisé à négocier une sortie de crise honorable avec l’Iran et à préparer un retrait d’Irak. Selon nos sources, ils imaginèrent un accord en trois volets :
- 1. Les États-Unis feraient adopter par le Conseil de sécurité une dernière résolution contre l’Iran pour ne pas perdre la face. Mais cette résolution serait vide et Téhéran s’en accommoderait.
- 2. Mahmoud Ahmadinejad se rendrait en Irak où il affirmerait les intérêts régionaux de l’Iran. Mais ce voyage serait purement symbolique et Washington s’en accommoderait.
- 3. Téhéran pèserait de toute son influence pour normaliser la situation en Irak, et faire passer les groupes qu’il soutient de la résistance armée à l’intégration politique. Cette stabilisation permettrait au Pentagone de retirer ses troupes sans défaite. En contrepartie, Washington cesserait son soutien aux groupes armés de l’opposition iranienne, notamment aux Moujahidines du peuple.

Toujours selon nos sources, Robert Gates et ce groupe d’officiers, encadrés par le général Brent Scowcroft (ancien conseiller national de sécurité), sollicitèrent l’aide de la Russie et de la Chine pour appuyer ce processus. D’abord perplexes, Moscou et Pékin s’assurèrent de l’assentiment forcé de la Maison-Blanche avant de répondre positivement, soulagés d’éviter un conflit incontrôlable.

Vladimir Poutine prit l’engagement de ne pas profiter militairement du retrait US, mais exigea qu’on en tire les conséquences politiques. Il fut donc convenu que la conférence d’Annapolis accoucherait d’une souris, tandis qu’une conférence globale sur le Proche-Orient serait organisée à Moscou pour débloquer les dossiers que l’administration Bush n’avait cessé d’envenimer.
De même Poutine accepta de faciliter le compromis irano-US, mais s’inquiéta d’un Iran trop fort à la frontière méridionale de la Russie. À titre de garantie, il fut convenu que l’Iran accepterait ce qu’il avait toujours refusé : de ne pas fabriquer seul son combustible nucléaire.

Les négociations avec Hu Jintao furent plus complexes, car les dirigeants chinois étaient choqués de découvrir à quel point l’administration Bush leur avait menti à propos de la prétendue menace iranienne. Il fallait donc d’abord rétablir la confiance bilatérale. Heureusement, l’amiral Fallon, qui il y a peu encore commandait le PacCom (zone Pacifique), entretenait des relations de courtoisie avec les Chinois.
Il fut convenu que Pékin laisserait passer une résolution anti-iranienne formelle au Conseil de sécurité, mais que la formulation de ce texte n’entraverait aucunement le commerce sino-iranien.

Le sabotage

Au premier abord, tout sembla fonctionner. Moscou et Pékin acceptèrent de jouer les figurants à Annapolis et de voter la résolution 1803 contre l’Iran. Tandis que le président Ahmadinejad savoura sa visite officielle à Bagadad où il rencontra en secret le chef d’état-major interarmes US, Mike Mullen, pour planifier la baisse de la tension en Irak. Mais le tandem Bush-Cheney ne s’avouait pas vaincu. Il sabota dès qu’il le put cette mécanique bien huilée.

Premièrement, la conférence de Moscou disparut dans les sables mouvants des mirages orientaux avant même d’avoir existé. Deuxièmement, Israël se lança à l’assaut de Gaza et l’OTAN déploya sa flotte au large du Liban de manière à relancer l’embrasement général du Grand Moyen-Orient, alors que Fallon s’efforçait d’éteindre les foyers d’incendie un à un. Troisièmement, la Maison-Blanche, habituellement si prompte à sacrifier ses employés, refusa de lâcher les Moujahidines du peuple.
Exaspérés les Russes massaient leur flotte au sud de Chypre pour surveiller les bâtiments de l’OTAN et envoyaient Sergeï Lavrov en tournée au Proche-Orient avec mission d’armer la Syrie, le Hamas et le Hezbollah pour rééquilibrer le Levant. Tandis que les Iraniens, furieux d’avoir été abusés, encourageaient la Résistance irakienne à casser du GI’s.

Voyant ses efforts réduits à néant, l’amiral Fallon démissionnait, seul moyen pour lui de conserver à terme son honneur et sa crédibilité face à ses interlocuteurs. L’interview d’Esquire, publié deux semaines plus tôt, n’est ici qu’un prétexte.

L’heure de vérité

Dans les trois prochaines semaines, le tandem Bush-Cheney va jouer son va-tout en Irak en faisant parler les armes. Le général David Petraeus, poussera à l’extrême son programme de contre-insurrection de manière à se présenter victorieux devant le Congrès, début avril. Simultanément, la Résistance irakienne, désormais soutenue à la fois par Téhéran, Moscou et Pékin, va multiplier les embuscades et chercher à tuer le maximum d’occupants.

Il appartiendra alors à l’establishment états-unien de tirer les conclusions du champ de bataille. Soit il jugera les résultats de Petraeus sur le terrain acceptables et le tandem Bush-Cheney terminera son mandat sans encombres. Soit, pour éviter le spectre de la défaite, il lui faudra sanctionner la Maison-Blanche et reprendre d’une manière ou d’une autre les négociations que l’amiral Fallon avait conduites.

Simultanément, Ehud Olmert interrompra les négociations initiées avec le Hamas via l’Égypte. Il chauffera la région jusqu’à la visite du président Bush en mai.

Cette fièvre régionale devrait redynamiser le dispositif Bush, qu’il s’agisse des investissements dans le domaine militaro-industriel du fonds Carlyle, au bord de la faillite, ou de la campagne électorale de John McCain.

Vu de Washington, faut-il continuer à sacrifier la vie des GI’s pour une guerre qui a déjà coûté 3 trilliards de dollars et faire haïr les États-Unis même par leurs plus fidèles partenaires alors qu’elle n’a rapporté qu’à quelques sociétés détenues par le clan Bush et ses amis ?

Thierry Meyssan



Le Franc CFA: piller l’Afrique sans laisser de traces.

7 03 2008

repris de OCNUS:

Par Dr. Gary K. Busch 22/2/08

L’une des influences les plus importantes dans la vie économique et politique des Etats africains qui étaient des colonies françaises dans le passé c’est l’impact d’une monnaie commune ; le Franc de la Communauté Financière de l’Afrique (« CFA »). Il y a en effet deux francs CFA distincts en circulation. Le premier est celui de l’Union Economique et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMAO) qui comprend huit pays Ouest Africains ( Bénin, Burkina Faso, Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal et Togo). Le deuxième c’est celui de la Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC) qui comprend six pays d’Afrique Centrale (Cameroun, République Centrafricaine, Tchad, Congo-Brazzaville, Guinée-Équatoriale et Gabon), cette division correspond à l’AOF (Afrique Occidentale Française) pré-coloniale et AEF(Afrique Equatoriale Française), avec l’exception que la Guinée-Bissau était une colonie portugaise et la Guinée Equatoriale une colonie Espagnole dans le passé.

Chacun de ces deux groupes produit son propre franc CFA. Le franc CFA de l’UEMAO est produit par la BCEAO( Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et le franc CFA de la CEMAC est produit par la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale). Ces monnaies étaient estimées à 100 F CFA pour chaque franc Français, mais après que la France a rejoint la zone Euro de la Communauté Européenne à un taux fixe de 6,65957 francs Français pour un Euro, le taux du CFA par rapport à l’Euro fut fixé à 665, 957 F CFA pour chaque Euro, maintenant le ratio de 100 pour 1. Il est important de noter que c’est la responsabilité de la Trésorerie Française de garantir la convertibilité du Franc CFA à l’Euro.

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La politique monétaire gouvernant une agrégation aussi diverses de pays est simplifiée parce qu’elle est en fait opérée par la Trésorerie Française, avec aucune aux autorités fiscales centrales ni de l’UEMAO, ni de la BEAC. Sous les termes d’accord qui mirent sur pieds ces banques et la CFA, la Banque Centrale de chaque pays est obligée de maintenir au moins 65% de ses réserves d’échanges étrangers dans une « compte d’opérations » tenu par la Trésorerie Française, de même que 20% en plus pour couvrir d’autres obligations financières.

Les banques centrales de la CFA imposent aussi un CAP sur les crédits étendus à chacun des Etats membres équivalent à 20% des revenus publiques de ce pays au cours de l’année précédente. Bien que la BEAC et la BCEAO aient des facilités de découvert avec la Trésorerie Française, les DRAWDOWNS sur ces facilités de découverts sont sujets au consentement de la Trésorerie Française. Le dernier mot c’est celui de la Trésorerie française qui a investi les réserves étrangères des pays africains en son propre nom à la Bourse de Paris.

En un mot, plus de 80% des réserves étrangères de ces pays africains sont déposées dans les « comptes d’opérations » contrôlés par la Trésorerie française. Les deux banques CFA sont africaines de nom, mais ne possèdent pas de politiques monétaires propres à elles. Les pays eux-mêmes ignorent, il ne leur est même dit, quel pourcentage de la cagnotte de leurs réserves étrangères tenues par les la Trésorerie Française leur appartient en tant que groupe ou individuellement. Les gains de l’investissement de ces fonds dans la cagnotte de la Trésorerie Française sont supposés être ajoutés à la cagnotte, mais aucune comptabilité d’aucun de ces changes n’est adressée ni aux banques, ni aux pays. Le cercle limité des hauts cadres de la Trésorerie Française qui ont connaissance des montants des « comptes d’opérations » où ces fonds sont investis ; qui savent s’il y a des bénéfices sur ces investissements ; ont la prohibition de ne livrer aucune de ces informations aux banques CFA ou aux banques centrales des Etats africains.

Cela rend impossible pour les Etats Africains de réguler leur propre politique monétaire. Les pays les plus inefficaces et les plus gaspilleurs sont capables d’employer les réserves étrangères des pays plus prudents sans aucune intervention significative des pays les plus riches et couronnés de succès. Le fait que, pendant que le PIB français grandit et que la parité de l’Euro face au dollar (principale monnaie du commerce international) apprécie, il y a le danger constant que le franc CFA pourrait être fixé à un taux d’échange très élevé. Ceci freine la croissance dans le commerce entre l’Afrique et le reste du monde et permet aux autres pays, spécialement en Asie, d’employer leurs taux d’échange plus flexibles pour gagner des parts de marché, supplantant l’Afrique.

La création et le maintien de la domination Française des économies de l’Afrique francophone sont le produit d’une longue période de colonisation française et la dépendance apprise des Etats africains. Pour la majeure partie de l’Afrique francophone, leurs banques centrales n’ont que des pouvoirs limités. Il y a des économies dont la vulnérabilité face à une économie de plus en plus globalisée s’accroît de jour en jour. Il ne peut y avoir de politique de commerce sans référence aux réserves. Les politiciens et les partis élus pour promouvoir la croissance, la réforme, les changements dans le commerce et les politiques fiscales sont relégués au second plan à moins qu’il n y ait l’approbation de la Trésorerie Française qui rationne leurs fonds. Il y en a plusieurs qui objectent à la continuation de ce système. Le Président Abdoulaye Wade du Sénégal a déclaré ceci très clairement : « L’argent du peuple africain bloqué en France doit être rapatrié en Afrique afin de profiter aux économies des Etats de la BCEAO. L’on ne peut pas avoir des milliards de milliards placés dans les marchés bousiers étrangers et en même temps dire qu’on est pauvre, et aller ensuite quémander de l’argent »

Comment Cela est-il Arrivé ?

Ce système de dépendance est une résultante directe des politiques coloniales du gouvernement français. Dans la période immédiate après-guerre, après la signature des accords de Bretton Woods en juillet 1944, l’économie Française avait besoin de se relever de toute urgence. Pour l’aider dans ce processus, elle créa le franc CFA au sein de ses colonies d’Afrique afin de garantir un marché captif pour ses produits. La décision principale qui découla des accords de Bretton Woods c’était l’abandon des Standards de l’Or. En un mot, le nouveau système donnait une place dominante au dollar. Les autres monnaies virent leur taux d’échange être indexé au dollar. Les réserves des banques centrales Européennes en ce temps là étaient constituées de monnaies à valeur douteuses d’après-guerre qui avaient été dévalorisées des fluctuations de la monnaie. Pour cette raison, la France avait besoin des monnaies de ses colonies pour soutenir sa compétitivité avec ses rivaux Américains et Britanniques. De Gaulle et Pierre Mendès, son principal conseillé économique, rencontrèrent des dirigeants africains et développèrent un pacte colonial qui garantirait que ceci dans un traité (avec des clauses publiques et des clauses secrètes). Le génie derrière tout cela c’était Jacques Foccart, le « Mister Africa » Français.

La décolonisation au Sud du Sahara ne se fit pas comme De Gaulle l’avait prévu. Il aurait voulu une Communauté Franco-Africaine qui interrompit l’indépendance totale. Mais lorsque la guinée de Sékou Touré vota « non » au référendum de 1958 concernant cette Communauté, l’idée fut effectivement morte. La Guinée fut propulsée dans les ténèbres à cause de sa décision et un semblant de Communauté fut mise sur pieds, mais l’appel à l’indépendance totale se montra difficile à résister.

Sans y être vraiment préparé, en 1960, De Gaulle avait à improviser des structures pour une collection de petits Etats nouvellement indépendants, chacun avec un drapeau, un hymne et un siège aux Nations Unies, mais souvent avec de petits atouts précieux. C’est à ce niveau que Foccart eut à jouer un rôle essentiel, celui d’un architecte d’une série d’accords de Coopération avec chacun des nouveaux Etats dans les secteurs des finances et de l’Economie, de la culture et l’éducation, et de l’armée. Il y avait onze pays impliqués à l’origine : Mauritanie, Sénégal, Côte d’Ivoire, Dahomey (actuel Bénin), Haute Volta(actuel Burkina Faso), Niger, Tchad, Gabon, République Centrafricaine, Congo-Brazzaville et Madagascar. Le Togo et le Cameroun, anciens Territoires Administratifs des Nations Unies, furent aussi co-optés dans le club. Ainsi furent aussi, plus tard le Mali et les anciens territoires Belges (Rwanda-Urundi, actuel Rwanda et Burundi, et le Congo-Kinshasa), quelques-unes des ex-territoires portugais, ainsi que les Iles Comores et le Djibouti, qui avaient aussi été sous la domination française pendant plusieurs années mais devinrent indépendants dans les années 1970. Tout cet ensemble fut placé sous un nouveau Ministère de la Coopération, créé en 1961, séparé du Ministère des Affaires des Départements et Territoires d’Outre-mer (connus sous le DOM-TOM) qui les administraient tous auparavant.

La clé de tout ceci était l’accord signé entre la France et ses colonies nouvellement libérées d’Afrique qui embrigadèrent ces colonies dans l’étreinte économique et militaire de la France. Ce pacte colonial non seulement créa l’institution du franc CFA, mais aussi, il créa un mécanisme légal sous lequel la France obtint une place de choix dans la vie économique et politique de ses colonies.

Les accords du Pacte Colonial garantirent une préférence spéciale à la France dans les processus politiques, commerciaux et de la défense dans les pays Africains. Au niveau de la défense, il accepta deux sortes de contact continuel. Le premier était l’accord militaire ouvert sur la coopération militaire ou les accords d’Aide Militaire Technique (AMT), qui n’étaient pas légalement contraignantes, et pouvaient être suspendus selon les circonstances. Ils couvraient l’Education, la formation des soldats et des forces de sécurité Africaines. Le second type, secret et contraignant, consistait en des accords de défense supervisés et conduits par le Ministère de la Défense Français, qui servait de base légale pour des interventions Françaises. Ces accords permirent à la France d’avoir des troupes pré-déployées en Afrique ; en d’autres termes, des Unités de l’armée française présentes de façon permanente sur une base rotative dans des bases et des camps militaires en Afrique, entièrement gérées par les Français.

Selon l’Annexe II de l’accord de Défense signés entre les gouvernements de la République Française, de la République de Côte d’Ivoire, de la République de Dahomey et de la République du Niger le 24 Avril 1961, la France a la priorité dans l’acquisition de ces « matières premières classés comme stratégiques ». En effet, selon l’article 2 de l’accord, ‘la République Française informe régulièrement la République de Côte d’Ivoire ( et les deux autres) de la politique qu’elle compte adopter concernant les matières premières et les produits, en tenant compte des besoins généraux de la défense, de l’évolution des ressources et la situation du marché mondial ».

Selon l’article 3, « la République de Côte d’Ivoire (et les deux autres) informent la République Française des politiques qu’ils comptent suivre concernant les matières premières stratégiques et les produits, et les mesures qu’ils se proposent d’adopter afin d’appliquer ces politiques. » et pour conclure, l’article 5 :
« Concernant ces même produits, la République de Côte d’Ivoire (et les deux autres), pour les besoins de la défense, les réserve en priorité pour la vente à la République de France, après avoir satisfait aux besoins de la consommation interne, et ils importeront ce dont ils ont besoin prioritairement de la France. » la réciprocité entre les signataires n’était pas une négociation d’égal à égal, mais elle reflétait la dominance de la puissance coloniale qui avait, dans le cas de ces pays, une « indépendance » organisée quelques mois avant ( en Août 1960).

En résumé, le pacte colonial maintenait le contrôle de la France sur les économies des Etats Africains ; il prit possession des réserves de monnaie étrangères ; il contrôla les matières premières stratégiques de pays, il posta des troupes dans le pays avec le droit de libre circulation ; il exigea que tous les équipements militaires soient acquis de la France ; il prit en charge la formation de l’armée et de la police, il exigea que les hommes d’affaire français soient autorisés à avoir le monopole des entreprises dans des secteurs clés (Eau, Electricité, Ports, Transports, Energies, etc.). La France non seulement imposa des restrictions sur les importations de quantités de produits en dehors de la zone franc, mais aussi elle imposa des quantités minima d’importations de la France. Ces traités sont encore en vigueur et opérationnels.

La création d’un tel système n’était pas le produit de l’Assemblé Nationale Française ou le résultat d’aucun processus démocratique. C’était la résultante des politiques guidées par un groupuscule dans le bureau du Président, la « Cellule Africain », initialement présidée par Foccart. Pendant le demi-siècle passé, le puissante et secrète « Cellule Africaine » a surveillé les intérêts stratégiques de la France en Afrique, gouvernant sur un grand andain d’anciennes colonies françaises. Agissant comme une commande générale, la cellule utilise l’armée Française comme un marteau pour installer des gouvernants qu’elle estime conciliantes avec les intérêts français. En retour, ces pays donnent à des industries Françaises la primeur sur leur pétrole et d’autres ressources naturelles. Mettant à l’écart des canaux diplomatiques traditionnels, la cellule ne fait des rapports qu’à une personne : Le Président. Les liens serrés de la cellule au géant du pétrole Elf Aquitaine, dont les dirigeants furent emprisonnés pour corruption, était une source d’embarras. Et un ancien chef de la cellule a été condamné suite à des accusations de trafique d’armes en Angola. Ces problèmes politiques hautement controversés ne furent jamais soulevés avant aucunes des structures démocratiquement élues de la France. La politique africaine est le domaine privé du bureau du Président.

Cela était vrai de De Gaulle, Mittérand, Giscard d’Estaing et Chirac. Sarkozy n’a apparemment pas de contacts ou d’ambitions dans ce domaine et a laissé la Cellule de Chirac en place.

L’Impact du Pacte Colonial

Certaines des conséquences pour les pays africains de la continuation de la dépendance sont évidentes—manque de compétition ; dépendance de l’Economie française ; dépendance de l’Armée Française ; et la politique porte- ouverte pour les entreprises privées françaises. Cependant, il y a des différences subtiles qui ressortent.

Les compagnies Françaises en Afrique francophone, en vertu de leur statut oligarchique ou de monopole, contribuent pour une part substantielle au PIB de ces pays. De façon plus importante, ils sont très souvent le seul groupe de gros payeurs d’impôts. Dans plusieurs de ces pays, les compagnies françaises paient plus de 50% des impôts sur le revenu national recueillis. Cela leur donne un statut unique. Assez fréquemment, les français disent que sans les compagnies françaises, l’économie des pays africains s’effondrerait. Couplé avec l’incapacité d’accès à ses propres ressources naturelles pour un pays, cela est vrai sans l’ombre d’un doute. Cependant, il ne s’en suit pas que des compagnies privées d’autres pays comme les USA et la Chine ne pourraient pas contribuer également. C’est l’une des raisons pour lesquelles les Français sont si inquiets concernant l’ouverture à la compétition sur le marché.

Un autre aspect c’est l’incapacité pour les pays francophones à collecter les impôts des citoyens ordinaires. Dans un pays comme la Côte d’Ivoire qui a été divisé pendant un certain nombre d’années entre le Nord rebelle et le Sud loyaliste, la collecte des impôts dans les régions rebelles a été impossible. Les rebelles se sont engraissés avec les taxes et les frais imposés à leurs populations captives, ainsi que de la vente des biens volés de leurs régions. Ils ne veulent pas déposer les armes parce que cela aura un effet économique néfaste sur eux, pas uniquement politique.

Le manque d’une force citoyenne qui paie des taxes creuse un gouffre entre le gouvernement et les citoyens ; la responsabilité mutuelle manque à l’équation. C’est le devoir de l’Assemblée Nationale de légiférer des programmes basés sur l’approvisionnement de l’Etat en revenus, mais s’il y a des revenus insuffisants, l’Assemblée Nationale est frustrée dans son rôle. Si 80% des fonds vont en France en tant que contribution au projet CFA, il ne reste que très peu pour que les ministres et l’Assemblée Nationale les affectent aux projets sociaux.

Dans plusieurs pays francophones, souffrant dans des conditions de sécheresse, de manque de nourriture ; manque de soins de santé ; il n y a que l’ « Aide3 française aux trésors nationaux qui les soutiennent. Cette « aide » est très souvent leur propre argent que les Français ont acheminé jusqu’à eux.

Il y en a plusieurs en Afrique qui ont vu et compris le problème du franc CFA et le Pacte Colonial ; Mamadou Koulibaly, le Président de l’Assemblée Nationale de la Côte d’Ivoire a été un critique remarquable du Pacte Colonial et la dominance du franc CFA. Il a écrit un livre excellent sur le sujet et donne des conférences et des interviews sur ce sujet régulièrement. Le problème est que très peu comprennent l’iniquité fondamentale de ce système français ; y compris beaucoup d’africains.

Si les nations africaines veulent assurer leur croissance, et prendre part pleinement aux opportunités de la globalisation, elles doivent être libérées des fers de cet albatros colonial. Afin d’attirer d’autres investissements directs dans les économies, par opposition à juste un portefeuille d’investissement, cette situation doit changer. Dans les termes du Président Koulibaly, « En Afrique, nous n’avons pas besoin des armes, nos problèmes ne sont pas dus au manque d’argent. Ma conviction est que nous devons premièrement déclarer clairement nos droits d’appartenance sur notre propre terre et aux ressources de notre sol qui furent emportées par les colons lorsqu’ils conquirent nos pays, et qui sont encore emportés à travers le Pacte Colonial ».

Source:Ocnus.net 2007



Film de la semaine: Iraq for sale

1 03 2008

Banned excerpts:



Films de la semaine

23 02 2008

Je vous présente trois films cette semaine:

Cover-Up: Behind the Iran-contra affair

Cointelpro: the FBI’s war on Black America

Les pays riches sont-ils en faillite?


Les pays riches sont-ils en faillite? 1
envoyé par edyes
Les pays riches sont-ils en faillite? 2
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Les pays riches sont-ils en faillite? 3
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Les pays riches sont-ils en faillite? 4
envoyé par edyes



Censure pour protéger l’évasion fiscale

21 02 2008

repris de Branchez-vous, une partie des documents censurés, incluant les documents montrant les fraudes fiscales et le blanchissement d’argent ont été recopiés ici sur mon blogue, jusqu’à dernière nouvelle ils étaient aussi disponible sur les sites mirroir de wikileaks comme wikileaks.cx:

Wikileaks.org mis hors service par une cour de Californie

wikileaks.gif

Wikileaks, un site collaboratif controversé mettait à la disposition du public des documents confidentiels de société ou d’États.

Wikileaks, qui encourageait, par souci de transparence, les fuites au sein des entreprises et des gouvernements a été désactivé à la suite d’une injonction émise par une cour californienne.

Des documents liés aux activités d’une banque suisse dans les Îles Caïman sont à l’origine de cette injonction.

L’ex-vice-président de la succursale du groupe bancaire Julius Baer aux Îles Caïman serait responsable de cette fuite de documents qui prêtent à la banque suisse des activités de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale.

Dynabot, l’hébergeur de Wikileaks, a reçu l’ordre d’effacer toutes traces du site sur ses serveurs aux États-Unis. Toutefois, certaines pages du site, hébergées en Belgique et en Inde seraient encore accessibles.

De plus, la cour exige que lui soit transmises toutes les informations relatives aux souscripteurs, aux contacts, aux factures ainsi que les adresses IP utilisées pour accéder au compte du nom de domaine de Wikileaks.

Wikileaks affirme que l’ordre de la cour est inconstitutionnel et que le site a vigoureusement été censuré.

Depuis sa fondation en 2006 par des journalistes, mathématiciens et informaticiens dissidents des États-Unis, d’Europe, d’Australie, de Taïwan et d’Afrique du Sud, Wikileaks aurait publié plus de 1,2 million de documents provenant de sources anonymes.

par Marc-André Brouillard



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