Le rapport confidentiel de leurs excellences

20 02 2008

repris de la Lettre du Continent:

  Le rapport confidentiel de leurs excellences
 
    Le Quai d’Orsay a demandé aux ambassadeurs de France en poste sur le continent noir ce qu’ils pensaient de la politique en Afrique. Pas bête… Voici les réponses intelligentes.
 
A l’exception de quelques “opinions dissidentes” qui réclament “plus de multilatéralisation de l’aide ou une force navale en remplacement des bases militaires terrestres”, les ambassadeurs de France en Afrique sont pour la plupart favorables à un retour à la bonne vieille aide bilatérale, certains plaidant même pour une aide liée aux contrats pour les groupes français. “Face à l’arrivée des nouveaux venus, les entreprises françaises ont trop tendance à s’endormir sur leur capital historique, privilégiant le retour sur investissement rapide à la vision à long terme”, relève la synthèse du Quai d’Orsay des “contributions nourries, diversifiées et riches” des ambassadeurs. Ces chefs de poste notent cependant que ces sociétés, qui constituent “un socle solide” pour saisir les nouvelles opportunités sur un continent en plein boom, ont su “résister aux crises” comme celle de la Côte d’Ivoire. Les diplomates en profitent pour envoyer une boule puante sur leurs collègues de Bercy qui ferment les missions économiques ou réduisent le nombre de postes en “totale déphasage avec le dynamisme africain”.

L’image de la France est “brouillée”. Après avoir reconnu la réelle créativité des Africains pour utiliser “le levier concurrentiel” avec l’arrivée des nouveaux pays émergents (Chine, Inde, Malaisie, Indonésie, Brésil et pays du Golfe) et l’entrée à la vitesse grand V de la “jeunesse africaine dans le village global”, leurs excellences reconnaissent que l’image de la France en Afrique est “brouillée”. Ce qui, en langage diplomatique, est déjà très grave… “Moins négative qu’on ne pourrait le croire en Afrique anglophone (…), cette image oscille entre attirance et répulsion dans nos anciennes colonies, au gré du soutien politique ou des interventions militaires. Leur reproche balance, inconfortablement pour nous, entre l’accusation d’ingérence ou d’inaction suivant la posture adoptée”. Les diplomates estiment que “la présence militaire est reconnue sauf exception comme positive, pourvu qu’elle ne vienne pas en appui à des régimes peu recommandables et qu’elle soit limitée dans la durée. Nous ne devrons pas pour autant nous dispenser d’un réexamen des textes dépassés (accords de défense…)”. Il n’y a plus qu’à le demander gentiment au ministère de la défense…

Faire à nouveau claquer le drapeau tricolore ! Non seulement les “francophones les plus modérés” ont l’impression d’être “délaissés, voire de ne pas être payés en retour par une France en repli (immigration-visas, rédaction de l’aide, traitement des anciens combattants), avec le risque réel que les jeunes générations se détournent de la France pour rejoindre de nouveaux partenaires”. Mais les Africains en général se disent “fatigués de recevoir des leçons de morale, de bonne gouvernance et de gestion, mêlant arrogance et charité, de tous les contributeurs”. Cette critique s’applique aussi aux “conditionnalités” des institutions financières internationales. L’Union européenne, “premier contributeur en Afrique”, est ainsi exécutée par les ambassadeurs de France. Ils jugent qu’elle n’est plus “une alternative crédible à l’aide bilatérale du fait de sa faible efficacité”. Dommage de ne pas s’en être aperçu avant… Bref, leurs excellences souhaitent redéployer en grand le drapeau tricolore sur la hune de leur résidence et, si on leur donne des sous, reprendre la coopération de substitution ! “Notre compétence est particulièrement reconnue et attendue en matière de formation des formateurs, de gouvernance, de justice, de sécurité et d’environnement”, se rassurent les ambassadeurs.

La francophonie en berne à Paris, encore fleurie en Afrique. Au moment où l’OIF (Organisation internationale de la francophonie) a, enfin, trouvé sa “maison” à Paris, avenue Bosquet, à un jet d’encre du Medef (patronat français), et que la chaîne francophone TV 5 est martyrisée par l’audiovisuel extérieur français, la demande de culture francophone serait forte sur le terrain. “La baisse des budgets, la saturation du réseau des établissements français, la diminution des bourses scolaires et surtout les restrictions en matière de visas pour études” ne répondent pas vraiment à l’engouement local pour la langue (et les manières) de Voltaire, se lamentent les ambassadeurs de France.



Appérçus de la Françafrique

15 02 2008

NOIR SILENCE, FX Verschave JT
envoyé par sur_vivant


trafic d’armes itw verschave
envoyé par sur_vivant



Ce que pourrait acheter l’argent gaspillée en guerroyant en Iraq

9 02 2008



Opération « Juste Cause » au Venezuela ?

3 02 2008

repris du réseau Voltaire:

Le Journal « Le Monde » et la propagande de guerre états-unienne
Opération « Juste Cause » au Venezuela ?
par Romain Migus

Le quotidien français Le Monde, connu pour se comporter en fidèle relais de la propagande atlantiste, vient de reprendre à son compte les imputations de l’administration Bush contre le gouvernement vénézuélien l’accusant de participer au trafic mondial des drogues. Or, cette affirmation —qui n’est aucunement étayée et qui est contredite par les rapports de l’ONU— est un classique de Washington pour justifier d’opérations militaires.

 

L’homme d’affaires et trafiquant de drogues Walter Del Nogal (à gauche) a réussi à se faire photographier à l’issue d’une réunion publique avec la maire chaviste de Caracas, Juan Barreto (avec la canne). Une photo qui suffit à l’administration Bush et au Monde pour conclure qu’Hugo Chavez est impliqué dans le narco-trafic.

Le 8 août 2005, le gouvernement vénézuélien mettait fin à la collaboration qu’entretenaient ses services de lutte contre les drogues avec leurs homologues états-uniens de la Drug Enforcement Administration (DEA). La raison invoquée : les agents nord-américains passaient le plus clair de leur temps à des activités d’espionnage au lieu de la dite coopération. La DEA possédait notamment des bureaux au sein même du Bureau National Antidrogue vénézuélien (ONA, en espagnol), auxquels le propre directeur de l’ONA n’avait pas accès. Cette rupture avec la DEA n’isole pas le Venezuela dans la lutte anti-drogues puisque ce pays maintient 50 accords internationaux dans ce domaine avec 37 pays, la plupart européens [1].

Mais dès l’expulsion de la DEA, le problème de santé publique mondiale que représente la lutte contre le trafic des drogues allait se transformer au Venezuela en un thème récurrent de la guerre politico-médiatique.

Sans la DEA, les résultats s’améliorent

Et pourtant, sans les financements et la coopération états-unienne, le Venezuela allait rapidement afficher des résultats surprenants. Alors que les services vénézuéliens avaient saisi 43 tonnes de cocaïne en 2004, grâce à la collaboration de la DEA, ce chiffre allait augmenter à 77,5 tonnes en 2005 alors que la DEA était expulsée. Malgré une légère baisse en 2007 à 57,5 tonnes, les saisies de cocaïne au Venezuela restent largement supérieures à celles pratiquées avec la collaboration de l’agence états-unienne [2]. Selon l’ONU, depuis l’expulsion de la DEA, le Venezuela est depuis trois années consécutives le troisième pays comptabilisant les plus fortes saisies de cocaïne au monde. De nombreux parrains des drogues ont été arrêtés au Venezuela dans cette même période et certains ont été remis aux autorités colombiennes. De manière générale, le gouvernement vénézuélien a mis sous les verrous 4 000 trafiquants, ainsi que 68 fonctionnaires de police accusés de collaborer avec le crime organisé. Pour l’année 2007, le Venezuela a fermé 12 laboratoires clandestins qui produisaient jusqu’à 1 tonne de cocaïne par jour.

Le rapport mondial sur les drogues de l’ONU pour 2007 rappelle quelques chiffres éclairants. Le plus grand producteur de cocaïne est la Colombie avec 62 % de la production mondiale [3], le plus grand producteur d’opium au monde est l’Afghanistan qui concentre 92 % de la production [4]. Ces deux pays comptent sur une présence massive de l’armée des États-unis sur leur territoire, par le Plan Colombie pour l’un et l’occupation « Liberté Immuable » pour l’autre. Malgré l’occupation militaire états-unienne, le rapport de l’ONU nous enseigne que les résultats en matière de lutte anti-drogue dans ces pays sont catastrophiques. Pire, dans le cas de l’Afghanistan, la production a même augmenté entre 2005 et 2006.

En ce qui concerne la consommation, les États-Unis sont de très loin le plus grand consommateur mondial de drogues. À titre d’exemple, la ville de New York a une consommation de cocaïne par habitant près de 12 fois supérieure à celle de la ville de Paris. [5]

50 % de la cocaïne présente sur le territoire états-unien entrent par la côte Pacifique et 38 % entrent en longeant le littoral des pays d’Amérique centrale [6]. Autrement dit, 88 % de la cocaïne présente aux États-Unis ne transitent pas, selon l’ONU, par le Venezuela.

Le retour rapide sur les chiffres de la lutte contre les drogues au Venezuela nous semble nécessaire pour saisir l’ampleur d’un récent article du Monde, faisant du gouvernement vénézuélien un complice du trafic de drogue [7] . On y apprend qu’un homme d’affaire vénézuélien, Walter Del Nogal, est en passe d’être condamné en Italie pour trafic de drogue. Mais l’article précise que Del Nogal est réputé proche du gouvernement vénézuélien dont il aurait financé les campagnes de plusieurs élus, en jetant même le doute sur le président Chavez.

L’affaire Del Nogal

Revenons sur les faits. Del Nogal est arrêté à Palerme en septembre 2007. Le 4 octobre, le procureur général de la République bolivarienne du Venezuela, Isaias Rodriguez, rappelle que deux procureurs vénézuéliens enquêtaient déjà sur Del Nogal avant que ce dernier soit appréhendé en Italie [8]. Il souligne aussi que les autorités judiciaires vénézuéliennes ont offert leur coopération à l’enquête des juges italiens. Le 15 octobre, tous les biens, avoirs, sociétés, jets privés, voitures et immeubles appartenant à Del Nogal ont été saisis par la justice vénézuélienne et mis à la disposition de la ONA, comme le rappelle Le Monde. Quant aux accusations du quotidien du soir révélant une photo de Del Nogal (à gauche sur le cliché) avec le maire de l’agglomération de Caracas, Juan Barreto (de face, avec cravate, sur le cliché), ce dernier s’en est expliqué. Il s’agissait d’une réunion de membres de son parti politique avec de nombreux entrepreneurs afin de solliciter des fonds pour leurs campagnes électorales, ce qui est légal au Venezuela. De nombreuses photos ont été prises ce soir-là, des personnalités politiques s’affichant avec de nombreux entrepreneurs vénézuéliens, parmi eux Walter Del Nogal.

Quant à l’opposant social-démocrate Julio Montoya, cité par Le Monde, le maire Juan Barreto l’a menacé de porter plainte pour diffamation si celui-ci n’apportait pas des preuves formelles du lien supposé du maire de Caracas avec le trafic de drogue. Devant l’incapacité de Montoya d’apporter plus que la photo prise durant la soirée avec les entrepreneurs, les accusations ont cessé.

Du moins au Venezuela, puisque Le Monde revient à la charge, sans apporter de preuves supplémentaires. La suspicion est même lancée non seulement sur le maire de Caracas mais aussi sur des responsables du gouvernement ainsi que sur le propre président de la république, Hugo Chavez.

Ce journalisme d’imputation est habituel lorsqu’il s’agit du Venezuela. Mais on peut se demander pourquoi Le Monde et Paolo A. Paranagua, normalement si rapides à se lancer dans le lynchage médiatique et la désinformation sur le Venezuela, ont décidé de ne parler que maintenant d’une affaire qui a pourtant commencé, il y a plus de quatre mois. Qu’est ce qui les a motivé pour revenir sur un fait qui appartient désormais plus à la justice qu’à l’information en temps réels ?

Vers une opération « Juste Cause » au Venezuela ?

Le 20 janvier 2007, lors d’une visite en Colombie, le directeur du Bureau de la politique de contrôle des drogues de la Maison-Blanche —qui a rang de ministre et gère un budget de 19 milliards de dollars—, John P. Walters, a déclaré « qu’Hugo Chavez est en train de devenir un important facilitateur du trafic de cocaïne vers l’Europe et d’autres régions de l’hémisphère », comprendre les États-Unis.

Immédiatement, les media commerciaux vénézuéliens vont se faire l’écho des propos de Walters, d’autant plus qu’ils interviennent peu après la demande d’Hugo Chavez de considérer la FARC comme un groupe belligérant et non comme des « narco-terroristes ». L’intention de Walters est facilement compréhensible. Il s’agit d’accuser Hugo Chavez de collusion avec le trafic de drogue international. Cette accusation fut la pierre angulaire médiatique qui avait légitimé l’intervention des États-Unis au Panama en 1989, et dans une moindre mesure l’invasion de l’Afghanistan en 2001 (en plus du terrorisme). Ce fut aussi la raison invoquée pour la mise en place du Plan Colombie et le renforcement de l’aide militaire au gouvernement colombien dans sa guerre contre la guérilla. En bref, c’est une puissante arme dans la propagande de guerre préalable à toute intervention militaire.

Or comme nous l’avons vu, l’affirmation de John Walters est contredite par les faits. Autant le Rapport Mondial sur les Drogues de l’ONU, que le Mécanisme d’évaluation multilatéral de l’Organisation des États américains soulignent les excellents résultats du Venezuela dans la lutte anti-drogue.

La déclaration de John Walters va être démentie par le président du Bureau national anti-drogue vénézuélien, par l’ambassadeur du Venezuela à l’Organisation des États américains, par l’Assemblée nationale vénézuélienne, et par le président Chavez.

Qu’importe que le gouvernement vénézuélien et les organismes multilatéraux prétendent le contraire, les déclarations de John Walters ont pour but de créer l’illusion dans l’opinion publique mondiale que le gouvernement vénézuélien est lié au trafic des drogues en vue de légitimer les pires atrocités.

Pourquoi donc, quatre mois après les faits, le journal Le Monde et Paolo A. Paranagua décident de ressortir un fait divers pour peu qu’il concorde avec une énième offensive des États-Unis contre le Venezuela ?

Qui sommes nous pour le quotidien du soir et pour Paolo A. Paranagua ? Des lecteurs dignes d’une information objective ou de simples cibles de la propagande de guerre états-unienne ?

Rappelons que les statuts de l’Alliance atlantique, modifiés lors du cinquantenaire de l’Organisation, autorisent désormais les forces de l’OTAN à participer à des opérations militaires hors de leur zone géographique dans le cadre de la « guerre mondiale contre les drogues ».

Documents joints

  World Drug Report 2007, Nations Unies.
(PDF – 7.3 Mo)


Les options de ventes (puts) du 11 sept. 2001

25 01 2008

Repris de MTL911Truth:


Benoit Perron
envoyé par ebolBenoit Perron est un animateur radio sur les ondes de CISM 89,3 FM (radio université Montréal) tous les mardis 9:00 am – 10:30am , ainsi que sur les ondes de la radio Libre de Montréal CIBL 101,5 fm, tous les mardis, de 1:00pm – 2:00pm . Il est aussi président d’Energie Solaire Québec (www.esq.qc.ca) ainsi que chargé de cours en sciences de l’environnement à l’Université du Québec à Montréal et conférencier.
www.myspace.com/benoitperron



Kucinich sur le vote utile

20 01 2008



Film de la semaine: Sibel Edmonds: Kill the Messanger

18 01 2008

Désolé mais la version française semble avoir été censurée par google: Sibel Edmonds – Une femme à abattre

Mais il y a toute même cette bande annonce sous-titrée:



Sur la constitution européenne

9 01 2008

repris de Voltairenet:

Un « mini-traité » de… 1300 pages

Étienne Chouard : les traités européens servent les intérêts de ceux qui les écrivent

par Silvia Cattori*

Signature of the Berlin declaration by Hans-Gert Pöttering, Angela Merkel and José Manuel Barroso

En 2005, un Français comme les autres, Étienne Chouard, professeur au lycée Marcel Pagnol de Marseille, a présenté sur son blog ses analyses du projet de Traité constitutionnel européen. Au cours de la campagne référendaire, son site suscite un véritable engouement et devient l’un des plus fréquentés de France. Tranchant avec l’opacité des discours officiels, la simplicité de ses argumentaires touche un vaste public pour qui « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement ». Silvia Cattori a rencontré ce citoyen exemplaire qui revient sur le devant de la scène à l’occasion de la signature du mini-traité européen. Il raconte son parcours et décrit sa vision d’institutions selon lui dénaturées.


Silvia Cattori : En consultant votre site internet on découvre, qu’en 2004, vous étiez favorable au Traité constitutionnel européen, mais qu’après en avoir étudié son contenu, vous avez radicalement changé d’avis. Pourriez-vous nous résumer les raisons de votre revirement ?

Étienne Chouard : Ma trajectoire est celle de quelqu’un qui faisait confiance aux politiciens. Je ne faisais pas de politique. Quand j’ai commencé à comprendre ce qu’étaient devenues les institutions européennes, je suis tombé de haut. Je me suis rendu compte que les hommes au pouvoir étaient en train d’écrire eux-mêmes les limites de leur pouvoir, qu’il y en avait pas ou peu, et qu’elles étaient écrites de façon à ce que nous ne comprenions rien.

Dans les institutions européennes, plus aucun acteur n’est responsable de ses actes devant les citoyens ; il y a quelques apparences de responsabilité, mais ce sont des faux semblants, des leurres.
Mais surtout, le Parlement ne compte pour rien dans les institutions : il n’a pas l’initiative des lois, il ne participe à l’élaboration de la loi que sous la tutelle (la surveillance ?) du Conseil des ministres qui s’est promu co-législateur au mépris de la plus élémentaire et indispensable séparation des pouvoirs, et encore, pas dans tous les domaines ! En effet, il y a des domaines soumis à ce qu’on appelle les « procédures législatives spéciales », une vingtaine, dont on n’affiche la liste nulle part, et dans lesquels le Conseil des ministres décide seul, sans le Parlement. Le saviez-vous ?

C’est impressionnant de voir le nombre d’institutions européennes non élues qui ont un pouvoir important et mal contrôlé.

La Banque centrale européenne, non plus, ne rend de comptes à personne. C’est extravagant, la façon dont cela a été écrit : on voit bien, on voit partout, que ce sont des ministres qui ont écrit ces règles sur mesure, pour eux-mêmes.

En regardant bien, on s’aperçoit même que ces institutions ont été écrites plus pour l’intérêt des banques et des multinationales que pour l’intérêt général. On peut se demander pourquoi.

Quand on lit le livre de Jean-Pierre Chevènement, on découvre que Jean Monet, cette icône, ce symbole de l’Europe, ce quasi saint pour les « eurolâtres », était un banquier français qui vivait aux États-Unis et qui s’était imprégné de leurs valeurs. En fait, il avait conçu et construit l’Union européenne pour affaiblir l’Europe, pour empêcher les souverainetés populaires de se reconstruire après la guerre. Il l’écrit lui-même ! C’est consternant !

Quand on lit les traités européens avec ces lunettes, ils ressemblent à cette vision-là de Monet : ces institutions permettent aux multinationales d’écrire le droit et interdisent aux parlements nationaux et aux peuples de s’y opposer. C’est un régime inacceptable ; pourtant, Monet et ses fidèles nous l’ont imposé par voie de traités depuis 50 ans sans que le peuple n’ait jamais vraiment son mot à dire.

Il y a eu un simulacre de débat sur Maastricht ; je vous rappelle, qu’alors, on n’a absolument pas parlé d’institutions ; on a parlé de monnaie, certes, mais même pas de ce qui compte le plus en matière monétaire : on ne nous a rien dit, notamment, de l’abandon total de la création monétaire aux banques privées (article 104) qui est pourtant un pur scandale, la cause majeure de la dette publique qui asphyxie nos États et une cause importante du chômage endémique qui asphyxie nos économies.

En 1992, on ne nous a invités à débattre que de l’indépendance de la Banque centrale et de la nouvelle monnaie unique, qui sont sans doute de bonnes choses. Mais, de la faiblesse du Parlement, de la confusion des pouvoir, de l’indépendance des juges, de l’impuissance des citoyens, de la révision sans référendum, de toutes ces honteuses et dangereuses institutions, on n’a pas du tout parlé. Du vote de Maastricht, on ne peut donc pas dire honnêtement qu’il cautionne les institutions.

Si on envisage l’ensemble de la construction européenne sur cinquante ans, les peuples n’ont donc finalement pas eu droit au moindre débat sur l’essentiel.

La seule fois où on nous a demandé vraiment notre avis, en 2005, la première fois où on nous a retiré le bâillon, on a crié « Non ! » Aussitôt, on nous a remis le bâillon et puis le viol a recommencé. Et on nous dit : « Vous n’en voulez pas, mais vous l’aurez quand même, par la voie parlementaire… »

2007 a donc confirmé ce que 2005 avait révélé : la méthode et le contenu du traité de Lisbonne confirment que l’on a une bande de violeurs aux manettes, et ce qui se passe là, c’est un coup d’État. C’est un coup de force. La définition du coup d’État, c’est un pouvoir exécutif qui ne se plie pas au suffrage universel. Nous y sommes.

Silvia Cattori : Tout cela a pu se faire car les citoyens ont abandonné leurs responsabilités et s’en sont remis naïvement à leurs représentants sans sans imaginer qu’ils pouvaient abuser de leurs pouvoirs et sans contrôler leur action.

Étienne Chouard : Oui. Le mensonge est partout et les gens honnêtes n’osent pas y croire. On parle d’un mini traité simplifié, qui n’est ni « mini », ni « simplifié ». Il faut lire trois mille pages maintenant pour savoir ce qu’il y a dans le traité de Lisbonne. C’est extrêmement compliqué. Il y a toutes sortes de renvois et tout ce qui était dans le traité de 2005 se retrouve ici. Même ce qu’ils ont dit vouloir retirer. L’hymne, ils vont le garder. Le drapeau va rester. La référence à l’euro va rester. Ils ont dit qu’ils retireraient le drapeau. Mais vous le croyez, qu’ils vont le retirer ? Ils ont retiré l’étiquette « constitution ». Mais sur une fiole de poison, qu’est-ce qui est dangereux ? L’étiquette ou le poison ? Quand on retire l’étiquette, est-ce que le poison est moins dangereux ?

On nous prend pour des imbéciles.

C’est une constitution, à l’évidence, mais une mauvaise constitution écrite par des gens qui ne devaient pas l’écrire. On a des élus, mais ce n’est pas à eux d’écrire la constitution. Je tiens à cette idée forte : ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir ; ce n’est pas aux parlementaires, aux ministres, aux juges, d’écrire la constitution ; c’est à d’autres, à des gens désintéressés.

Il n’y a pas d’autre moyen, pour nous les simples citoyens, d’être protégés contre les abus de pouvoir, qu’une Assemblée constituante, mais attention : surtout pas élue parmi les candidats des partis, car les partis ont de nombreux membres au pouvoir dont les amis écriraient à nouveau des règles pour eux-mêmes et on n’en sortirait pas.

Ce que Giscard lui-même a affirmé [1] de ce traité de Lisbonne devrait amener les 16 millions d’électeurs qui ont voté non à descendre dans la rue, car c’est le même traité que le précédent, illisible, et s’il est compliqué, Giscard dit que c’est pour rendre impossible le référendum ; Giscard dit aussi que tout ce qui tenait à cœur aux Conventionnels en 2004 se retrouve dans le traité de Lisbonne, sauf que c’est dans un ordre différent.

Ma conclusion est celle-ci : tout cela arrive parce que ceux qui écrivent les règles les écrivent pour eux-mêmes et qu’ils trichent.

Silvia Cattori : Aucun acteur n’a de compte à rendre ?

Étienne Chouard : Aucun ; les citoyens ne comptent pour rien. Ils n’ont aucun moyen de résister contre les abus de pouvoir dans ces institutions. Le seul bon moyen serait le référendum d’initiative populaire et nous ne l’avons pas. Je dirais même qu’on ne l’aura jamais si ce sont des représentants élus qui écrivent les règles. Le droit de pétition (de l’article 11 du traité de Lisbonne consolidé) n’a aucune valeur contraignante. On n’a pas besoin d’un article comme ça pour faire des pétitions : même si on le retirait, les gens pourraient toujours faire pétition.

Silvia Cattori : Le traité de Lisbonne ne comporte-t-il pas au moins un élément positif, par exemple la possibilité pour un État de sortir de l’Union européenne ?

Étienne Chouard : Oui, et cela existait déjà dans le TCE rejeté en 2005, et c’est repris, comme tout le reste.

Silvia Cattori : Dans ce cas de figure, comment un État qui le souhaiterait pourrait-il sortir de l’Union ? Cette procédure est-elle applicable ?

Étienne Chouard : Cela ne serait pas simple de sortir de l’Union européenne et cela coûterait très cher ; il y a beaucoup de rouages en œuvre ; il faudrait un gouvernement très déterminé. Cette situation de non-retour me fait penser à l’AGCS (l’Accord Général sur le Commerce des Services) d’où on ne peut pas sortir non plus : cet accord (négocié et signé sans nous en parler, dans le plus grand secret) a le même génome antidémocratique que l’Union européenne : ce sont les mêmes qui l’ont conçu, ce sont les mêmes intérêts qui sont servis : les multinationales et les banques.

À quoi sert l’AGCS ? À faire disparaître toutes les contraintes sur le commerce des services. Aujourd’hui, un État souverain peut encore interdire quantité d’abus pour se protéger contre les investisseurs prédateurs : quand une grande entreprise veut venir s’installer quelque part, le pays a ses propres règles pour défendre son droit social, son droit environnemental, son droit fiscal, ses ressources naturelles, etc.

Cela va disparaître : Les États, dans les négociations secrètes de l’AGCS, sont en train de s’interdire d’interdire (aux entreprises), les uns les autres : je ne t’interdis plus cela, mais toi, tu arrêtes de m’interdire ça… Les citoyens vont se retrouver nus, sans défense et personne n’en parle ! Tous les services publics sont menacés par ces mécanismes. Et cela est irréversible : les amendes que les États acceptent de devoir payer en cas de retrait ne sont pas payables, tellement elles sont prohibitives.

Les accords de l’AGCS sont donc négociés en secret par une personne seule : le commissaire européen au commerce extérieur… Une personne seule pour 480 millions de personnes négocie en secret des accords décisifs qui lèsent tout le monde de façon irréversible. C’est un pur scandale, c’est très grave.

Silvia Cattori : En voyant les chefs d’État et de gouvernement de l’Union signer le traité à Lisbonne qu’avez-vous ressenti ?

Étienne Chouard : L’impression d’être violenté, à l’évidence, et par ceux-là mêmes qui prétendent partout me défendre… L’impression d’être dans un piège contrôlé par des menteurs professionnels et des voleurs en bande. Ce qui me désole est que les gens ne soient pas du tout informés et ne se sentent donc pas concernés.

Silvia Cattori : Il y a un aspect très important qui est également peu présent dans le débat : la politique étrangère de l’Union ; la participation de ses principaux membres à des opérations militaires via l’OTAN. Or, là aussi, alors que les sondages montrent que les citoyens sont très majoritairement opposés à ces guerres illégales, ils sont totalement impuissants à les empêcher. Alors que les invasions de l’Afghanistan et de l’Irak se révélent être des aventures coloniales, M. Sarkozy tente de resserrer les liens de l’Union européenne et des États-Unis dans la perspective d’un conflit avec l’Iran dans l’intérêt d’Israël. Que pensez-vous de cet aspect de l’Union ?

Étienne Chouard : On a l’impression que tout cela a été programmé depuis le début. Cela s’est fait de manière progressive. Le Non les a un peu ralentis mais, deux ans plus tard, les autorités font passer le traité en force. Et les citoyens ne réagissent pas, ce qui confirme sans doute les gouvernants dans l’opinion qu’ils ont tous les droits. L’ambiance est au pessimisme. Oui, ils peuvent enlever des enfants africains dans les écoles, oui ils peuvent aller faire la guerre au bout du monde. Il faut lire Alain Badiou (De quoi Sarkozy est-il le nom). Les critiques des médias ont été si virulentes contre ce livre que j’ai failli ne pas le lire. Je le trouve pourtant passionnant. C’est très bien analysé ; il dit bien que l’ambiance n’est pas au pétainisme, mais au néo pétainisme.

Il faut aussi lire François-Xavier Verschave (« De la Françafrique à la Mafiafrique , pour commencer) pour comprendre que la décolonisation n’a pas eu lieu.

Silvia Cattori : Votre réflexion rejoint celle que le sociologue Jean-Claude Paye a conduit à propos des libertés fondamentales dans l’Union [2]. Comme vous, il constate que les institutions ont été construites de telle façon que les décisions échappent aux citoyens.

Étienne Chouard : Effectivement, je ne suis pas le seul à le dire, loin de là, et en fait, tous ceux qui étudient honnêtement les institutions sont scandalisés et regrettent d’avoir trop fait confiance à leurs élus.

Silvia Cattori : Ces sommets, Lisbonne, le G 8, ne seraient donc que des mascarades où des dirigeants, entre festins et embrassades, prennent des décisions sans en référer à leurs mandants comme si on était dans un système dictatorial ?

Étienne Chouard : Ce n’est pas —encore— une dictature car, dans une dictature, il n’y a pas de liberté d’opinion ni d’expression. C’est donc plus soft que cela, c’est poli, c’est joli à voir, c’est en train de devenir totalitaire, mais il y a moins de prise à la critique, c’est plus difficile à condamner. Le discours mensonger, inversant les valeurs, Orwell l’annonçait fort bien dans 1984, consistait à dire « la guerre, c’est la paix », « le travail ; c’est la liberté », et le simple fait de le répéter retire des armes aux résistants potentiels. La manipulation par le langage fonctionne bien. Elle demande, de la part des résistants, une formation, un apprentissage de ces manipulations.

Silvia Cattori : Quels outils les partisans du non ont-ils pour vaincre ces obstacles ?

Étienne Chouard : Il y en a un qui sera peut-être assez fort : c’est une requête individuelle auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), qui ne fait pas partie de l’Union européenne mais dont l’Union a signé la Convention qu’elle doit donc respecter.

La Cour peut être saisie par une unique personne contre un État. C’est une cour qui protège les individus isolés.

Son argumentation est puissante (voyez le site 29mai.eu), je m’en sers déjà à tout propos. La requête consiste à attaquer l’État français pour violation de l’article 3 du protocole 1 de la Convention qui dit que les « hautes parties contractantes s’engagent à garantir à leurs citoyens des élections libres qui permettent un libre choix du corps législatif ».

En fait, notre corps législatif est désormais très largement européen. Et au niveau européen, est-ce que le corps législatif est élu ? Pour l’essentiel, non : nous n’avons pas le choix. Le corps législatif en France, ce n’est pas l’Assemblée nationale : 80 % des nouvelles lois qui s’appliquent en France sont des normes européennes automatiquement transposées dans notre droit national, sans vrai débat parlementaire.

Alors, qu’en est-il donc en Europe ?

Au niveau constituant d’abord, c’est une CIG (Conférence intergouvernementale, non élue) qui écrit et corrige les traités, c’est-à-dire la Constitution européenne (qui cache désormais son nom, hypocritement). Les parlements (les seuls qui soient élus) ne peuvent que ratifier ou pas les traités écrits par des non élus, en bloc : ils n’ont ni droit d’initiative, ni droit d’amendement : ils sont donc réduits à la portion congrue, alors que ce sont eux qui sont élus !

Au niveau constituant, donc, le pouvoir échappe aux élus.

Ensuite, les lois ordinaires européennes sont écrites par la Commission (non élue) qui a l’exclusivité et l’initiative des lois, et ces lois sont ensuite discutées et votées par le Conseil des ministres (non élu) en « codécision » avec le Parlement européen (le seul qui soit élu).

Mais —écoutez bien cela, c’est essentiel— il n’y a pas codécision sur tous les sujets : il y a une quantité de sujets où des non élus (Commission et Conseil) décident seuls de la loi européenne.

Ces domaines où les exécutifs écrivent ce que j’appelle des lois sans parlement (c’est plus clair que l’expression chafouine « procédures législatives spéciales ») sont soigneusement cachés, ils n’y a pas de liste : demandez donc à vos parlementaires ou à vos ministres ou à vos journalistes de vous dire quelques uns de ces domaines : ils ne les connaissent pas eux-mêmes (ou alors ce sont de vrais bandits de ne pas en parler clairement à tout le monde).

Cette stérilisation progressive du suffrage universel est une raison solide d’attaquer l’État français pour violation de la Convention européenne des droits de l’homme : nos propres représentants sont en train de vider nos votes de toute force : la démocratie agonise dans un décor factice de démocratie simulée.

Une seule requête suffit, mais en en envoyant des milliers, on crée une force politique en appui d’une requête juridique.

C’est gratuit. Si on perd, cela n’aura coûté que le timbre d’envoi.

De plus, la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a intérêt à montrer quelle sert à quelque chose, et c’est un cas d’école (inédit) qui pourrait faire jurisprudence.

En tout cas, c’est le seul moyen dont nous disposons, nous : simples citoyens. Tous les autres moyens dépendent de nos représentants, parlementaires et ministres, qui ont montré qu’ils sont décidés à nous violer. Si on attend d’eux qu’ils nous défendent, on va attendre longtemps, c’est perdu d’avance.

Cette requête donne de l’espoir car la Cour peut bloquer le processus de ratification, le temps de décider sur le fond. Il me semble que c’est une arme puissante, nouvelle.

Silvia Cattori : Que dites-vous à ces citoyens suisses et norvégiens qui ont refusé jusqu’ici d’adhérer à l’Union européenne, généralement qualifiés d’« attardés qui refusent le progrès » par leurs détracteurs ?

Étienne Chouard : J’espère pour eux qu’ils vont continuer de résister. Je les envie, car j’ai l’impression que nous sommes enfermés par nos propres élus dans un piège épouvantable. Notre désindustrialisation a commencé et elle va à grand pas. On nous oblige à ouvrir nos frontières avec des pays qui ne respectent ni les droits du travail, ni les droits environnementaux, ni aucune des contraintes que nous imposons à nos propres entreprises en vertu du progrès social. Mis en concurrence déloyale avec des pays qui sont si peu comparables, on ne peut que continuer de dégringoler vers la ruine générale.

Ne riez pas : des pays ont déjà vécu cette descente aux enfers en appliquant ces mauvaises recettes : voyez le cas effrayant de l’Argentine, cobaye du néolibéralisme…

Silvia Cattori : Si on demandait aux citoyens s’ils veulent rester ou sortir de l’Union, que choisiraient-ils selon vous ?

Étienne Chouard : le coup d’État de Lisbonne me conduit à me demander s’il ne faut pas sortir de toute urgence de cette UE-MB (Union européenne des multinationales et des banques). Je commence effectivement à désespérer de changer l’UE, dont le programme génétique semble être conçu contre les peuples et contre la démocratie.

Peut-être faut-il sortir de cette UE-là pour construire enfin une vraie société européenne, voulue et défendue par les peuples concernés (et pas par leurs élites décalées).

Silvia Cattori : Pourquoi ne pas faire campagne pour en sortir carrément, si les chances de revenir sur le traité sont nulles ?

Étienne Chouard : Je n’ai pas encore renoncé à mon rêve européen de fraternité. Je voudrais que l’on recommence avec moins de pays à la place de ce monstre conçu par et pour les grandes corporations. Là on est en train de marier des peuples avec le consentement de leurs « pères ». Un mariage réussi et durable se fait forcément avec le consentement des peuples concernés.

Silvia Cattori : Les sociaux-démocrates ne portent-ils pas la principale part de responsabilité dans cette forme de construction européenne ? Jacques Delors n’a-t-il pas fait l’Europe du marché ?

Étienne Chouard : Jacques Delors et la plupart des leaders socialistes nous ont évidemment trompés, ils nous ont menti mille fois, et cette évidente trahison des chefs de la gauche est une catastrophe pour le pays.

Je leur faisais confiance, et très particulièrement à Jacques Delors : je me souviens du dernier jour avant le référendum de Maastricht : Jacques Delors nous avait parlé à la télévision ; il avouait qu’on n’avait encore pas « fait de social » jusque-là en Europe, mais il prenait date avec nous, solennellement, en nous regardant avec ses yeux bleus tristes et sincères, il nous a promis ardemment de commencer à « faire du social » dès le lendemain de notre vote Oui. Il nous l’a promis pour qu’on vote OUI. Quinze ans après, nous sommes plus que jamais en recul social sur tous les plans… J’ai l’impression d’avoir été trompé par un des hommes en qui je faisais le plus confiance. C’est triste et révoltant à la fois.

La chute est rude.

Silvia Cattori : Vous avez parlé d’abandon total de la création monétaire. Vous pouvez préciser de quoi il s’agit ?

Étienne Chouard : Il y a un rouage essentiel qui m’est apparu cette année. Je commence même à y voir le cœur du piège, le diamant central, le moteur de notre impuissance… C’est l’article 104 de Maastricht (qui est devenu l’article 123 du traité de Lisbonne).

Il dit ceci : « Les États n’ont plus le droit d’emprunter auprès de leurs banques centrales ». Pour le commun des mortels c’est incompréhensible.

De quoi s’agit-il ? Depuis des siècles, les États ont abandonné une partie de leur pouvoir de créer la monnaie aux banques privées : les banques ont obtenu des gouvernants, très certainement par corruption, le droit (fondamental) de créer la monnaie.

Mais au moins, jusqu’à une période récente (1974 en France), les États partageaient encore avec les banques privées le droit de créer la monnaie : quand un État avait besoin d’argent pour créer des voies ferrées, des logements ou des hôpitaux, l’État créait lui même sa monnaie, et il ne devait pas payer d’intérêts pendant les remboursements – ne relâchez pas votre attention et n’oubliez pas : c’est le point crucial, celui qui vous condamne aux travaux forcés au profit de rentiers oisifs.

C’est comme cela que l’État créait la monnaie : l’État empruntait auprès de sa banque centrale (qui créait cette monnaie pour l’occasion) et, au fur et à mesure où l’État remboursait cet emprunt, la Banque centrale détruisait cet argent, mais sans faire payer d’intérêts à l’État !

Depuis 1974 en France, à l’époque du serpent monétaire européen, l’État —et c’est sans doute pareil dans les autres pays européens— s’est interdit à lui-même d’emprunter auprès de sa banque centrale et il s’est donc lui-même privé de la création monétaire. Donc, l’État (c’est-à-dire nous tous !) s’oblige à emprunter auprès d’acteurs privés, à qui il doit donc payer des intérêts, et cela rend évidemment tout beaucoup plus cher.

Dans quel intérêt ? L’intérêt général ? Vous plaisantez, sans doute !

Je vous fais remarquer que, précisément depuis 1974, la dette publique ne cesse d’augmenter et le chômage aussi.

Je prétends que c’est lié.

Ce n’est pas fini : depuis 1992, avec l’article 104 du traité de Maastricht, cette interdiction pour les États de créer la monnaie a été hissée au plus haut niveau du droit : international et constitutionnel. Irréversible, quoi, et hors de portée des citoyens.

On ne l’a dit pas clairement : on a dit qu’il y avait désormais interdiction d’emprunter à la Banque centrale, ce qui n’est pas honnête, pas clair, et ne permet pas aux gens de comprendre. Si l’article 104, disait « Les États ne peuvent plus créer la monnaie, maintenant ils doivent l’emprunter auprès des acteurs privés en leur payant un intérêt ruineux qui rend tous les investissements publics hors de prix mais qui fait aussi le grand bonheur des riches rentiers, propriétaires de fonds à prêter à qui voudra les emprunter », il y aurait eu une révolution.

Ce hold-up scandaleux coûte à la France environ 80 milliards par an (*) et nous ruine année après année ; mais on ne peut plus rien faire.

Ce sujet devrait être au cœur de toutes nos luttes sociales, le fer de lance de la gauche et de la droite républicaines. Au lieu de cela, personne n’en parle. C’est consternant.

Silvia Cattori : C’est difficile pour le citoyen d’imaginer que leurs élus se compromettent tous à ce point. Finalement ce sont des citoyens isolés, qui comme vous, s’investissent de manière désintéressée, qui reprennent en main le débat que leurs élus ont abandonné.

Étienne Chouard : Il y a des gens qui se battent. Maurice Allais, prix Nobel d’économie, tempête contre la création monétaire abandonnée aux banques privées ; il proteste énergiquement et affirme que c’est une honte, que les banques privées se comportent (parce qu’on les y autorise) comme des faux monnayeurs et que cela nous ruine. L’esprit libre Maurice Allais dit aussi que les multinationales qui nous imposent ce grand marché dérégulé sont malfaisantes. L’ultra libéral Maurice Allais dénonce la « chienlit laisser-fairiste » de l’Union européenne. Peut-on être plus clair ?

Et bien, ce monsieur qui a voué un grande partie de sa vie à l’étude de la monnaie et qui a probablement reçu tous les honneurs et toutes les médailles du monde, ce grand spécialiste de la monnaie est « triquard » (interdit de tribune) dans les grands médias, il n’arrive plus à publier ni dans Le Monde, ni dans Le Figaro.

Qui ne voit le lien évident entre la persécution d’un citoyen courageux qui appuie là où ça fait mal et le fait que les grands médias aient été achetés -et soient désormais contrôlés- précisément par des multinationales et des banques ?

Maurice Allais développe une idée majeure (que nous devrions tous étudier) quand il dit qu’il faut rendre la création monétaire aux États, à une banque centrale indépendante, qu’il faut que la banque européenne (BCE) récupère la création monétaire en la reprenant aux banques privées.

 Silvia Cattori
Journaliste suisse.

[1] « La boîte à outils du traité de Lisbonne », par Valéry Giscard d’Estaing, Le Monde du 26 octobre 2007.

[2] Lire l’entretien de Silvia Cattori avec Jean-Claude Paye : « Les lois anti-terroristes. Un Acte constitutif de l’Empire », Réseau Voltaire, 12 septembre 2007.



Film de la semaine

5 01 2008

What I’ve Learned About U.S. Foreign Policy – The War Against The Third World



Film de la semaine: Confessions of an Economic Hitman

29 12 2007

PART I:

PART II:



Avec la mort de Bhutto, les échecs des États-Unis s’approfondissent

28 12 2007

courriel reçu:

(cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Avec la mort de Bhutto, les échecs des États-Unis s’approfondissent

par Mike Ely

Benazir Bhutto, une libérale pro-occidentale notoirement connue pour sa corruption, éduquée à Oxford et Harvard, est retournée au Pakistan au moment où le présent allié des États-Unis dans ce pays, le général-dictateur Musharraf, commençait à vaciller. Elle attendait de Musharraf qu’il se stabilise en lui offrant de partager une partie de son pouvoir (et de son argent).

Maintenant elle est morte. Il est difficile de mettre le doigt sur toutes les retombées qu’aura cet assassinat, mais il est presque certain qu’elles seront majeures. La mort de Bhutto est un moment problématique majeur pour l’impérialisme américain et sa campagne pour l’hégémonie.

CNN a immédiatement présenté les nouvelles d’un angle tendancieux en demandant si des éléments «voyous» au sein du gouvernement pakistanais auraient pu être impliqués. Mais les supporters de Bhutto n’ont pas vu de raison de soupçonner autre chose qu’une implication officielle au plus haut niveau – et dans les émeutes nationales qui ont suivi, ils et elles ont ciblé tous les symboles visibles du dictateur militaire Musharraf.

Il y a une courte liste de suspects pour cet assassinat: Musharraf lui-même et son appareil militaire, qui ne font désormais plus face à une rivale pour le pouvoir et le soutien des États-Unis. Les brutales forces théocratiques islamistes au sein de l’ISI (les services secrets pakistanais). Ou les différentes forces islamistes entretenues et défendues par l’ISI – incluant les talibans afghans et les «combattants étrangers» d’Al-Qaeda (ces deux groupes qui sont d’ailleurs basés dans le nord-ouest du Pakistan avec la protection de l’ISI).

Il y a eu précédemment d’intenses conflits entre Musharraf et les islamistes de l’ISI – à propos de son approbation à l’invasion impérialiste de l’Afghanistan et aux intrusions américaines au Pakistan. Il est probable que des islamistes étaient derrière plusieurs tentatives d’assassinat contre Musharraf. Toutefois, quand il était question de Bhutto, ces forces avaient un vrai terrain d’entente. N’importe lequel d’entre eux pourrait l’avoir tuée, ou il pourrait fort bien s’agir d’un complot conjoint contre un ennemi commun.

Cet évènement détériore grandement la situation globale des États-Unis et ce, pour plusieurs raisons:

1) Les États-Unis n’ont maintenant plus de solution de rechange pour Musharraf. C’était une révélation publique embarrassante pour les États-Unis de prétendre «lutter pour la démocratie» à travers le monde – tout en soutenant en même temps le dictateur militaire Musharraf au Pakistan, en finançant ses opérations à coups de plusieurs millions, en minimisant l’importance de sa répression éhontée du système judiciaire, de la primauté du droit et des élections à l’occidentale. Encore pire (du point de vue des États-Unis) était le fait que Musharraf perdait sa mainmise sur le pays, puisque la population était presque unanimement opposée à son alliance avec les États-Unis. Bhutto, qui dirigeait une des rares forces laïques ayant des racines profondes parmi les masses pauvres du Pakistan, attendait dans les coulisses (peut-être pour une victoire présidentielle démocrate en novembre et un «nouveau visage» pour la soi-disant «guerre au terrorisme». La mort de Bhutto ne met pas fin à l’instabilité au Pakistan – elle va maintenant s’intensifier, alors que les États-Unis ont perdu leur principale candidate de remplacement à Musharraf.

2) La mort de Bhutto renforcit la position des forces théocratiques islamistes au Pakistan. Son parti, le Parti du peuple pakistanais était si étroitement centré sur elle (et l’héritage de sa famille) qu’il est difficile d’imaginer que, sans elle, ce parti pourra continuer à viser d’accéder au même niveau de pouvoir. Le reste de l’opposition libérale au gouvernement actuel est extrêmement fragmenté et souvent discrédité aux yeux de la population.

3) L’élimination de Bhutto poursuit l’objectif de rendre encore plus difficile pour les États-Unis de «pourchasser» Al-Qaeda et les théocrates islamistes talibans au Pakistan. Et il est bien possible que c’est ce qui se produira. Il va être plus difficile pour plusieurs forces de s’exprimer en faveur des actions des États-Unis, ne serait-ce parce qu’elles pourraient subir le même sort que Bhutto. Par ailleurs, cet assassinat arrive à un moment où la situation des États-Unis en Afghanistan a empiré, et où les États-Unis considéraient ouvertement l’augmentation de la taille de ses forces d’occupation afin de prévenir une perte stratégique majeure là-bas.

4) Un véritable cauchemar se dessine pour l’impérialisme américain – leurs attaques contre Al-Qaeda, leur invasion de l’Afghanistan et toute leur offensive globale pourrait mener à ceci: provoquer l’émergence d’une théocratie possédant l’arme nucléaire dans l’un des plus grands pays musulmans du monde. Il est difficile d’imaginer un plus grand échec pour sa politique et sa guerre. Les États-Unis ont transféré des technologies de contrôle nucléaire sophistiquées à des forces au sein de l’armée pakistanaise qu’ils considéraient «fiables» – cela signifiant que les États-Unis ont demandé (en échange pour leur aide grandissante) un contrôle – secret, mais néanmoins réel – sur l’arsenal nucléaire pakistanais. Mais ces mesures désespérées révèlent la peur des États-Unis d’une théocratie islamiste au Pakistan, non pas sa confiance qu’une telle théocratie peut être évitée.

5) Tout accroissement de l’instabilité du Pakistan et tout renforcement des forces islamistes pakistanaises ont un grand impact sur les frontières du pays. Une crise renouvelée pourrait surgir n’importe quand dans le territoire contesté du Cachemire et le long de la frontière indo-pakistanaise. Cela signifie qu’il y a un réel danger d’une confrontation militaire régionale, d’une guerre même (et même d’échanges nucléaires d’un côté à l’autre de la frontière, avec des pertes humaines horrifiques).

6) L’instabilité grandissante au Pakistan «fixe sur place» des parties énormes de l’armée indienne. Cela a des implications réelles pour les mouvements révolutionnaires en Asie du Sud. La pression monte pour que le gouvernement indien et son armée concentrent leur attention sur sa région frontalière occidentale et sur la possibilité d’une guerre majeure – plutôt que sur la mise en place de campagnes de contre-insurrection contre les forces maoïstes à l’intérieur de l’Inde. Et l’imprévisibilité croissante de son ennemi nucléaire à l’ouest signifie que le gouvernement indien pourrait être considérablement plus réticent à considérer des expéditions militaires réactionnaires contre le Népal (comme la militarisation de sa frontière nord et l’occupation de la région frontalière agricole du Terai dans le sud du Népal, dans l’éventualité d’une victoire maoïste).



With Rudy Giuliani, corruption runs deap …

16 12 2007

Town Hall Meeting June 27 2001.
Larry Hanley,President of ATU Local 726,tries to ask then Mayor Rudy Giuliani about an inside deal to grant bus routes to connected private bus companies that contibuted to his campaigns.

Pat Lynch, President of NYC Patrolmen’s Benevolent Association, NY-1, May 3, 2007: “Rudy Giuliani doesn’t deserve to be president”

How Giuliani Made $30 Million Without Even Trying
By Steve Benen, The Carpetbagger Report 14/12/07
Dec 15, 2007 – 11:22:12 AM Email this article
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Giuliani and Asher met in 2002 when Asher demonstrated his Matrix database software [ndlr: Multistate Anti-Terrorism Information Exchange (MATRIX) datamining system is a spying system proclaimed to help state law enforcement officials identify potential terrorists. The Matrix program was shut down in June 2005 after federal funding was cut in the wake of public concerns over privacy and state surveillance] for the former mayor, who was reportedly impressed enough to strike a business deal: Giuliani Partners would represent Asher’s company, Seisint, as part of a very lucrative arrangement. GP got $2 million per year, a commission on Seisint’s government sales, plus stock options that were worth a bundle after LexisNexis [ndlr: part of Reed Elsevier] bought Seisint in 2004.

Giuliani’s association with Asher became somewhat controversial lately, after Asher’s name popped up in a California public corruption indictment. But the business partnership looks even more interesting today, in light of this report in Time.

GP pulled in more than $30 million for just one year’s work on Seisint’s behalf, company records show…. But the Seisint deal wasn’t as perfect as it seemed. One problem: the payment of percentages or commissions to “solicit or secure” government contracts is prohibited by federal law and laws of some states. Tom Susman, ethics chairman of the American League of Lobbyists, says the bar on commissions is intended to eliminate incentives for middlemen to bend the rules to land a contract. A GP official who refused to be named insists that the firm never received “commissions” from Seisint — despite what Brauser and Latham remember and despite the fact that payments to GP are labeled “commissions” in both the minutes of a Seisint board meeting and a key financial statement.

Instead, says the official, GP earned “special bonuses” based on the achievement of corporate “milestones.”

Please. Giuliani’s firm lobbied to help Seisint secure lucrative government contracts. Seisint, in turn, paid the firm “commissions.” But now Giuliani’s team want to redefine the word, in order to make it legal — they weren’t “commissions,” they were “special bonuses.” Even by Giuliani standards, this kind of lying is just insulting.

Wait, it gets worse.

Seisint was using Giuliani’s name to open doors and secure contracts, but Giuliani insists he was never a lobbyist, and never registered as a lobbyist.

But this doesn’t add up. Giuliani’s firm pulled in $30 million thanks to Seisint. How, exactly, does Giuliani justify all of this money? If it wasn’t money earned by commission, and it wasn’t generated by lobbyist fees, what was Seisint paying $30 million for?

Rudy never registered as a lobbyist because even though he and his clients were using his name to advance their interests with the federal and state governments, he claimed he never actually lobbied. And now the commissions he got for securing government contracts through his savvy “not lobbying” aren’t really commissions but “special bonuses.”

Nice work if you can get it. Unless it all turns out to be illegal.

Which, in this case, given all the lobbying Giuliani did, it might very well be.

This is exactly why Giuliani has tried to keep his business work secret and free of public scrutiny. His client list, that we know of, includes the makers  [i.e. Purdue Pharma] of OxyContin (Giuliani personally met with the DEA chief when the agency launched a criminal investigation of the company), an official in Qatar with known ties to Osama bin Laden and other terrorists, and a cocaine smuggler with a database company that apparently paid Giuliani $30 million for work he claims not to have done.

How Giuliani even has the chutzpah to run for public office (worse yet, the presidency) with this record is amazing. And how any thinking person could even consider voting for him is a mystery.

Source:Ocnus.net 2007



ex-CIA agents tell of their experience at the agency

6 12 2007



Léopold II: Génocide au Congo

5 12 2007


genocide_congo
Uploaded by caidland
Il est à noter qu’Arte peut se permettre ce film car cela fait une centaine d’années que Léopold II est mort mais le génocide au Congo ne s’est pas arrêté avec la mort de Léopold II. Enviant à la Belgique les richesses du Congo, le Canada, les États-Unis, la France, le Royaume Uni, l’Allemagne, la Chine, Israël, le Liban, l’Australie etc. se sont mis de la partie et participent actuellement au génocide lucratif en RDC [voir 1 2 3 4] (en fait c’est la communauté internationale toute entière qui viole le Congo), génocide qui de par son envergure éclipse même l’Holocauste de la Seconde Guerre et le Génocide rwandais: depuis 1998 seulement, entre 3 millions et 5 millions de personnes sont mortes des conflits au Congo, plus de 17 000 enfants soldats ont été recrutés et le viole des femmes est devenu systématique. Voici un extrait de congopanorama à ce sujet:

Rape has become a defining characteristic of the five-year war in the DRC, according to Anneke Van Woudenberg, the Congo specialist for Human Rights Watch. So, too, has mutilation of the victims.

“Last year, I was stunned when a 30-year-old woman in North Kivu had her lips and ears cut off and eyes gouged out after she was raped, so she couldn’t identify or testify against her attackers. Now, we are seeing more and more such cases,” she says.

As the troops of coccupation from Rwanda and Uganda constantly sought new ways to terrorize, their barbarity became more frenzied.

I, too, was sickened by what I saw and heard. In three decades of covering war, I had never before come across the cases described to me by Congolese doctors, such as gang-rape victims having their labia pierced and then padlocked.

“They usually die of massive infection,” I was told.

Based on personal testimonies collected by Human Rights Watch, it is estimated that as many as 30 percent of rape victims are sexually tortured and mutilated during the assaults, usually with spears, machetes, sticks or gun barrels thrust into their vaginas.

Increasingly, the trigger is being pulled. About 40 percent of rape victims, usually the younger ones, aged 8 to 19, are abducted and forced to become sex slaves.

“The country is in an utter state of lawlessness; it’s complete anarchy,” says Woudenberg. “In this culture of impunity, people know they can get away with anything. Every armed group is equally culpable.”

In the Congo, rape is a cheaper weapon of war than bullets. Experts estimate that some 60 percent of all combatants in the DRC are infected with HIV/AIDS. As women rarely have access to expensive antiretroviral drugs, sexual assaults all too often become automatic death sentences.

Médecins Sans Frontières operates five health clinics offering antiretrovirals in the conflict zone of northeastern DRC, but many women don’t know about the drugs and cannot travel safely to the centers. Moreover, according to Helen O’Neill, a nurse who set up MSF’s sexual-violence treatment program, such drugs must be taken within forty-eight to seventy-two hours of the rape to prevent infection.

If a woman has been exposed to the virus, the treatment is 80 percent effective. But in the Congo, rape victims who are not captive sex slaves must walk for days or weeks, often with massive injuries, and risk new capture by roving rebel bands, before reaching assistance.



Washington avait donné son feu vert pour l’état d’urgence au Pakistan et pour l’invasion du Koweït

4 12 2007

repris de Voltairenet:


Le Wall Street Journal [1] révèle les dessous de la proclamation de la loi martiale au Pakistan : les membres du cabinet de Pervez Musharraf ont montré aux journalistes les comptes-rendus des réunion qu’ils ont eu avec les officiels US pour les informer de leur projet. George Bush et Condoleeza Rice —qui se sont déclarés « surpris » par la décision de Musharraf— étaient au courant au moins une semaine des projets du dictateur.

À l’époque, ni le Département d’État, ni la Maison-Blanche n’ont manifesté d’opposition notable à ces projets…

Dans les jours qui ont précédé l’annonce de l’instauration de la loi martiale, le 3 novembre 2007, les conseillers et directeurs de cabinet de Pervez Musharraf ont eu une série de réunions avec des diplomates U.S. à Islamabad au cours desquels ils ont exposé à plusieurs reprises les intentions du général-président et son projet d’instauration de la loi martiale. Ces affirmations sont confirmées par des officiels pakistanais et U.S.

L’un des principaux conseillers de Pervez Musharraf a déclaré que les critiques U.S. de ce projet ont été retenues, voire inexistantes, ce qui avait été interprété par l’état-major pakistanais comme un signe que la Maison-Blanche donnait son feu vert à l’opération. « Je leur ai dit, si vous avez une meilleure solution, donnez-la nous » explique un officiel pakistanais. « On nous a répondu, nous n’avons pas d’opinion sur cette affaire ».

Voilà qui rappelle une autre histoire, vieille de 17 ans : le 25 juillet 1990 un certain Saddam Hussein avait eu une réunion avec l’ambassadrice US à Bagdad, April Glaspie, et lui avait demandé par écrit si les USA émettaient une objection à ce que les troupes irakiennes interviennent en territoire frontalier koweitien pour s’emparer des installations de pompage qui captaient illégalement du pétrole irakien.

Après consultation avec le secrétaire d’État de George Bush Senior, James Baker III, l’ambassadrice avait répondu (l’enregistrement a été rendu public en 1991 lors de la commission d’enquête du Congrès) :

« Nous n’avons pas d’opinion sur votre dispute frontalière avec le Koweit.. (…) Cette affaire ne concerne pas l’Amérique. James Baker a donne des instructions à nos porte-parole officiels pour qu’ils insistent particulièrement sur ce point. »

« Nous n’avons pas d’opinion… », en langage diplomatique, cela veut dire « OK, vous pouvez y aller ». Glaspie avait d’ailleurs reconnu, toujours lors de la commission d’enquête de 1991 que : « Nous avons tacitement donné le feu vert à Saddam Hussein pour envahir l’Irak ».

[1] « Pakistan Alerted U.S. It Planned Emergency Rule », par Jay Solomon and Peter Wonacott, The Wall Street Journal, 23 novembre 2007.




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