Maison-Blanche 2008 : un show anti-démocratique

29 05 2008

repris du Réseau Voltaire:

par Sandro Cruz* L’élection du président aux États-Unis, tous les quatre ans, est l’occasion d’un grand spectacle médiatique qui tient le monde en haleine. Ce système électoral fort complexe est contrôlé par l’oligarchie et donne l’illusion d’une souveraineté populaire contre laquelle il a été conçu. Thierry Meyssan répond à nos questions sur le fonctionnement méconnu de la « démocratie » made in USA

Sandro Cruz : Les États-Unis sont en pleine campagne électorale présidentielle. Trois candidats sont en lice. Quel regard portez-vous sur eux ?

Thierry Meyssan : En premier lieu, il importe de noter qu’il n’y a pas que trois candidats à la candidature (McCain chez les républicains, Clinton et Obama chez les démocrates), car de petits partis auront aussi leurs candidats, et des indépendants peuvent se présenter dans certains États. Il y avait dix-sept candidats en 2004, alors que les médias européens n’en ont cité que trois.

En 2008, il y aura au moins un candidat libertarien, un vert et deux trotskistes (le « vrai » Roger Calero et le « faux » Brian Moore, appointé par la CIA), un prohibitionniste (le pasteur Gene Amondson), un représentant du parti des contribuables (désormais dénommé parti de la Constitution), plus un indépendant (Ralph Nader)

Toutefois, ces petits candidats ne sont pas autorisés à se présenter sur tout le territoire et ne totaliseront probablement pas 5 % des voix. Le républicain et le démocrate rafleront la mise. C’est pourquoi les médias non-US ne s’intéressent qu’à MM. McCain, Obama et Mme Clinton. Ils ont tort, car si les petits candidats n’ont pas de crédibilité pour accéder à la Maison-Blanche, leur activisme laboure la société états-unienne et influence à terme le discours politique.

Vous me demandez ce que je pense des grands candidats c’est-à-dire ce que cela changera dans la politique des États-Unis si c’est l’un plutôt que l’autre qui est élu. Je pense que vous posez la question à l’envers. Vous conviendrez que l’actuel président, George W. Bush, n’a pas les capacités pour gouverner. C’est une marionnette derrière laquelle se cache le vrai pouvoir. Et si la politique des États-Unis ne se décide pas aujourd’hui dans le Bureau ovale, pourquoi voulez-vous qu’il en soit autrement l’an prochain ?

L’oligarchie est maintenant face à un dilemme :
- 1. Soit continuer la politique coloniale actuelle ;
- 2. Soit revenir à une forme d’impérialisme plus présentable.
Compte tenu de l’emballement de la crise financière et des échecs militaires, la poursuite de l’aventurisme peut conduire à la chute, mais aussi, pourquoi revenir en arrière quand on n’y est pas directement forcé ?

Si McCain correspond au premier terme de l’alternative et Obama au second, Clinton peut s’adapter à l’un comme à l’autre. C’est le sens de son maintien dans la course alors qu’elle aurait dû jeter l’éponge depuis longtemps. En réalité, après des mois de luttes intestines, l’oligarchie états-unienne vient de choisir. Comme on le voit avec les négociations en cours et divers accords de paix au Pakistan, en Irak, au Liban, en Syrie et en Palestine, elle a renoncé au « clash des civilisations » et au « remodelage du Grand Moyen-Orient ».

Obama offre deux qualités : d’une part, il a fait campagne sur le thème du changement et peut donc facilement incarner un renouveau en politique étrangère ; d’autre part, l’oligarchie majoritairement blanche préfère laisser à un noir la responsabilité d’annoncer la faillite du pays et d’affronter les inévitables révoltes sociales qui suivront.

Sandro Cruz : Pouvez-vous nous expliquer maintenant comment fonctionne ce scrutin ? Ce système électoral ?

Thierry Meyssan : C’est un casse-tête que l’immense majorité des citoyens ne comprend pas. Dès la fondation des États-Unis, les choses ont été volontairement embrouillées et elles ont été complexifiées avec le temps. La Constitution des États-Unis a été conçue en réaction à la Déclaration d’indépendance. Il s’agissait d’arrêter un processus potentiellement révolutionnaire et de créer une oligarchie nationale qui se substitue à l’aristocratie britannique. Alexander Hamilton —le principal père de la Constitution— a imaginé un système pour empêcher toute forme de souveraineté populaire : le fédéralisme.

Ce mot est équivoque. Dans la vieille Europe, on l’utilise pour désigner une forme d’union politique démocratique qui respecte les identités particulières et maintient des souverainetés partielles. On pense à la Confédération helvétique par exemple. Hamilton, quant à lui, a pensé le système non de bas en haut, mais de haut en bas. Il n’a pas fédéré des communautés locales pour créer un État, mais il a divisé l’État en utilisant des communautés locales. C’est cette ambigüité qui est l’origine de la Guerre de Sécession (laquelle je vous le rappelle n’a aucun rapport avec l’esclavage qui a été aboli par le Nord au cours de la guerre pour enrôler les noirs en masse). (…)

Sandro Cruz : Ne nous emballons pas, je vous arrête-là… Effectivement ce système est d’une grande complexité et nous devons aller doucement pour bien décortiquer la chose. J’aimerais que cette interview reste aussi un manuel pour les profanes. Vous venez de dire qu’ : « Il n’a pas fédéré des communautés locales pour créer un État, mais il a divisé l’État en utilisant des communautés locales. » J’ai de la peine à saisir la deuxième partie de votre phrase. Tout de même, il y a quelqu’un à la tête de ces États. Et ce quelqu’un vient d’une communauté locale. Alors, qui détient le pouvoir politique dans ces États ? Est-ce que à ce niveau il y a une vrai choix démocratique ?

Thierry Meyssan : Alexander Hamilton était obsédé par sa hantise de la « populace » et sa volonté de créer une oligarchie états-unienne équivalente à la gentry britannique. Au cours du temps, son courant politique a imaginé toutes sortes de verrous pour tenir le peuple loin de la politique.

Comme toujours, chaque État dispose de ses propres lois. D’une manière générale, elles visent à limiter la possibilité de créer un parti politique et de présenter des candidats aux diverses élections. Dans la plupart des scrutins locaux, il est interdit de se présenter sans l’investiture d’un parti et il est impossible en pratique de créer un nouveau parti.

Le système le plus caricatural est celui du New Jersey où il faut réunir 10 % des électeurs pour pouvoir créer un nouveau parti, une condition que chacun sait irréalisable et qui interdit définitivement aux petits partis états-uniens de disposer d’une section au New Jersey.

C’est un système entièrement fermé sur lui-même dans lequel, au final, la vie politique a été confisquée par les responsables des deux grands partis au niveau de chaque État. Il est impensable de pouvoir jouer un rôle si l’on n’est pas au préalable coopté par ces gens là.

Je reviens à l’élection présidentielle. Alexander Hamilton a donné le pouvoir aux États fédérés. Ils désignent des grands électeurs, dont le nombre est fixé en fonction de leur population. Ce sont ces grands électeurs qui élisent le président des États-Unis, pas les citoyens. Au XVIIIe siècle, aucun État ne consultait sa population à ce sujet, aujourd’hui chaque État procède à une consultation. Lorsqu’en 2000, Al Gore a saisi la Cour suprême à propos de la fraude électorale en Floride, la Cour a rappelé la Constitution : c’est le gouverneur de Floride qui désigne les grands électeurs, pas la population de la Floride, et les problèmes intérieurs de la Floride ne regardent pas Washington.

Comprenez bien : les États-Unis ne sont pas, n’ont jamais été et ne veulent pas, être un État démocratique. C’est un système oligarchique qui accorde une grande importance à l’opinion publique pour se prémunir d’une révolution. À de très rares exceptions, comme Jessie Jackson, aucun politicien US ne demande de réforme de la Constitution et de reconnaissance de la souveraineté populaire. C’est pourquoi il est particulièrement plaisant d’entendre M. Bush annoncer qu’il va « démocratiser » le monde en général et le Grand Moyen-Orient en particulier.

Sandro Cruz : Précisez s’il vous plaît, électeurs et grand électeurs sont-ils les mêmes personnages ? Les mêmes cadres du parti ?

Thierry Meyssan : : Non, non. Il y a une confusion qui provient du langage. Dans un système à deux degrés, la terminologie des sciences politiques distingue les électeurs de base, des grands électeurs. Mais aux États-Unis, le mot « électeur » ne s’applique qu’aux grands électeurs, car dans les premières décennies des États-Unis, le peuple ne participait pas aux consultations électorales.

Ainsi, le président des États-Unis est élu par un « Collège électoral » de 538 membres. Chaque État dispose d’autant de grands électeurs qu’il a de sièges de parlementaires (députés et sénateurs) au Congrés. Les colonies, comme Porto Rico ou l’ile de Guam sont exclues du processus.

Chaque État choisit ses propres règles pour désigner ses grands électeurs. Dans la pratique, elles tendent à s’harmoniser. Aujourd’hui, tous les États —sauf le Maine et le Nebraska qui ont inventé des systèmes complexes— considèrent que les grands électeurs représentent la majorité de leur population.

Dans le cas où les grands électeurs ne parviendraient pas à dégager une majorité et que l’on aurait deux candidats ex-aequo, c’est la Chambre des représentants qui élirait le président et le Sénat qui élirait le vice-président.

Sandro Cruz : Les primaires permettent-elles ou non aux électeurs de choisir les candidats ? Quel est le rôle des super-délégués ?

Thierry Meyssan : Les primaires et des conventions ont deux objectifs. En interne, elles permettent de tâter le pouls de l’opinion publique et d’évaluer ce que l’on peut lui infliger. En externe, elles donnent au reste du monde l’illusion que cette oligarchie est une démocratie.

On croit souvent que les primaires permettent d’éviter les combines d’état-major et de laisser les militants de base des grands partis choisir leur candidat. Pas du tout. Les primaires ne sont pas organisées par les partis politiques, mais par l’État local ! Elles sont conçues, dans la lignée d’Hamilton, pour garantir le contrôle oligarchique du système et barrer la route aux candidatures dissidentes.

Chaque État a ses propres règles pour désigner ses délégués aux Conventions fédérales des partis. Il y a six méthodes principales, plus des méthodes mixtes. Parfois, il faut être encarté au parti pour voter, parfois les sympathisants peuvent voter avec les militants, parfois tous les citoyens peuvent voter aux primaires des deux partis, parfois ils peuvent tous voter mais uniquement à la primaire du parti de leur choix, parfois les deux partis tiennent une primaire commune à un tour, d’autres fois encore à deux tours, Toutes les combinaisons de ces méthodes sont possibles. Chaque primaire, dans chaque État, a donc un sens différent.

Et puis il y a des États qui n’ont pas de primaires, mais des caucus. Par exemple, l’Iowa organise des scrutins distincts dans chacun de ses 99 comtés, qui élisent des délégués locaux, lesquels tiennent des primaires au second degré pour élire les délégués aux Conventions nationales. C’est très exactement le système du prétendu « centralisme démocratique » cher aux Staliniens.

Traditionnellement, ce cirque commence en février et dure six mois, mais cette année le parti démocrate a modifié son calendrier. Il a avancé le début et voulu répartir les dates pour faire durer le plaisir presque une année complète. Cette décision unilatérale n’a pas été facile à mettre en œuvre et a provoqué beaucoup de désordre car, je le répète, les primaires et caucus ne sont par organisés par les partis, mais par les États.

À la fin, les délégués se retrouvent à la Convention de leur parti. Ils y sont rejoints par les super-délégués. Lesquels, contrairement à ce que leur dénomination laisse croire, ne sont délégués par personne. Ce sont des membres de droit, c’est-à-dire des notables et des apparatchiks. Les super-délégués représentent l’oligarchie et sont suffisamment nombreux pour faire pencher la balance dans un sens ou l’autre, en passant outre le résultat des primaires et causus. Ils seront environ 20 % à la convention démocrate et presque 25 % à la convention républicaine (mais là ce ne sera qu’une formalité puisque McCain reste le seul en lice).

Sandro Cruz : À quoi servent les primaires et caucus par État ? Comment doit-on les interpréter ?

Thierry Meyssan : Je viens de vous le démontrer, ils ne servent à rien. Tout au moins pour ce qui concerne la désignation des candidats. Par contre, ce grand show permet de réduire la conscience politique des États-Uniens à presque zéro. Les grands médias nous tiennent en haleine en comptabilisant les délégués et les dons. On parle désormais de la « course » à la Maison-Blanche et de records, comme s’il s’agissait d’un téléthon ou de la Star Academy.

On maintient artificiellement un « suspens » pour capter l’attention des foules et marteler le plus grand nombre de fois possible un message. Avez vous observé le nombre de fois où les grands médias nous ont annoncé que ce mardi serait décisif ? Mais à chaque fois, un résultat inexplicable permet au candidat en difficulté de rebondir pour que le show continue. En réalité, le spectacle est truqué. Dans 17 États, des machines à voter ont été installées sans aucune possibilité de vérification des résultats électroniques [1]. Autant ne pas voter du tout et laisser les organisateurs se débrouiller tout seuls pour inventer les résultats.

Tout cela s’accompagne de messages subliminaux douteux. Par exemple, McCain a choisi comme slogan la « défense de la liberté et de la dignité ». Ce qu’il explicite comme la liberté religieuse et l’abolition de l’esclavage. On a quand même du mal à croire que ce soit là les préoccupations premières des citoyens de base. À qui s’adresse donc ce slogan ?
Mme Clinton affiche : « Chacun a une place ». Elle veut dire que, si elle était au pouvoir, personne ne serait laissé sur le bord du chemin. Mais cela signifie aussi que les gens doivent rester à leur place et qu’ils ne doivent pas s’aviser d’en changer et se de mêler des affaires de l’oligarchie.
Obama, quant à lui, apparaît avec le slogan « Change » écrit sur son pupitre. Cela veut dire que les États-Unis ont besoin de changement, mais cela fait aussi bureau de change. Le mot « change » en anglais désigne la monnaie que l’on rend. En pleine crise financière, c’est assez distrayant.

Sandro Cruz : Dans un article récent [2], vous avez écrit que le président des États-Unis est toujours l’homme du complexe militaro-industriel. Dans cette optique, pensez-vous que John McCain sera élu ?

Thierry Meyssan : Là encore, vous posez la question à l’envers. Les trois principaux candidats en lice sont en train de multiplier les signes d’allégeance au complexe militaro-industriel. C’est une mise aux enchères dans laquelle McCain n’a effectivement pas besoin de faire ses preuves, mais où ses concurrents ne sont pas en reste. Ainsi, nous avons entendu Obama se proposer pour bombarder le Pakistan et, il y a quelques jours, nous avons vu Clinton menacer l’Iran d’être « enlevé » de la carte par le feu nucléaire. Qui peut dire mieux ?

Après des mois de campagne, ces trois candidats sont arrivés à un consensus absolu sur les principaux points de politique étrangère et de défense :
Ils considèrent que la défense d’Israël est un objectif stratégique des États-Unis ; ils n’ont aucun plan de sortie d’Irak ; ils présentent l’Iran et le Hezbollah libanais comme une menace majeure pour la stabilité internationale.

Cependant, il existe une différence entre ces candidats et elle correspond au débat qui vient de se clore au sein du complexe militaro-industriel. McCain et son conseiller Kissinger soutiennent le principe de l’affrontement direct tandis qu’Obama et son conseiller Brzezinski proposent la domination par proxies interposés. Clinton et sa conseillère Albright incarnent un impérialisme normatif qui n’est plus de mise. J’écris souvent sur Voltairenet.org à propos de ce débat stratégique (notamment au moment du rapport des agences de renseignement sur l’Iran [3] et de la démission de l’amiral Fallon [4]) et c’est de lui que dépend la désignation du prochain président.

Dans l’article que vous citez, j’ai noté que Clinton n’avait pas la confiance du complexe militaro-industriel. Je n’ai pas changé d’avis. Sa thématique n’intéresse plus l’industrie d’armement. Et ses contorsions, qu’il s’agisse de sa fréquentation secrète de la Fellowship Foundation ou de ses déclarations maximalistes sur l’Iran, n’y changeront rien. Au moment où vous m’interrogez, dire que « Clinton est cuite » n’est pas original, c’était le titre d’un quotidien new-yorkais la semaine dernière. Mais je l’ai écris alors que la presse européenne la portait encore au pinacle.

Ne nous laissons pas submerger par les problématiques que nous imposent les grands médias. Savoir si les États-Unis vont maintenir avec McCain 100 000 GI et 200 000 mercenaires en Irak ou s’ils vont avec Obama diminuer le nombre de GI’s et augmenter celui des mercenaires ne change pas grand chose. La vraie question, c’est de savoir si les États-Unis ont encore les moyens de leurs ambitions et peuvent gouverner le monde —comme les néoconservateurs persistent à la prétendre— ou s’ils sont minés de l’intérieur et doivent abandonner leur rêve impérial pour éviter l’effondrement —comme l’a déjà expliqué la Commission Baker-Hamilton—. Or, la vertigineuse baisse du dollar a sonné la fin de l’empire. Il fallait 8 dollars, pour acheter un baril de pétrole il y a dix ans. Il en faut 135 aujourd’hui et il en faudra probablement 200 dans deux mois. En outre, la débandade des milices du clan Hariri, qui ont pris la fuite et abandonné le terrain au Hezbollah en quelques heures en jetant leurs armes dans les poubelles, montre qu’il n’est plus possible de sous-traiter la police de l’empire.

Dans ces conditions, McCain n’offre plus aucun intérêt pour l’oligarchie. Obama et Brzezinski sont les seuls porteurs d’un projet alternatif : sauver l’empire en privilégiant l’action secrète (peu onéreuse) sur la guerre (trop coûteuse).

Sandro Cruz : Effectivement, c’est très étonnant de voir que Barak Obama qui dit vouloir un changement dans la société états-unienne ait choisi comme conseiller Brzezinski, quand on sait que ce dernier est un idéologue qui s’est impliqué dans des opérations secrètes sordides, des coup d’États, des sabotages divers et d’autres actions criminelles.

Thierry Meyssan : : J’ai rencontré Zbignew Brzezinski [5], il y a trois semaines [6], je l’ai entendu développer un discours déjà parfaitement rodé du renouveau US. Il a condamné tous les excès visibles de la politique bushienne, de Guantanamo à l’Irak, et habilement rappelé ses succès contre l’Union soviétique.

Cependant je ne pense pas que le prochain président des États-Unis aura le loisir de mettre en œuvre une nouvelle « grande stratégie ». Il est déjà trop tard. Barak Obama sera confronté à la cessation de paiement de plusieurs États fédérés, qui ne pourront plus verser les salaires de leurs fonctionnaires, ni assurer les services publics [7]. Il sera trop occupé par le chaos intérieur pour réaliser les plans de Brzezinski.

Sandro Cruz
Vice-président du Réseau Voltaire et directeur de l’Agencia informe de prensa internacional (IPI).

 

Sandro Cruz : Les États-Unis sont en pleine campagne électorale présidentielle. Trois candidats sont en lice. Quel regard portez-vous sur eux ?

Thierry Meyssan : En premier lieu, il importe de noter qu’il n’y a pas que trois candidats à la candidature (McCain chez les républicains, Clinton et Obama chez les démocrates), car de petits partis auront aussi leurs candidats, et des indépendants peuvent se présenter dans certains États. Il y avait dix-sept candidats en 2004, alors que les médias européens n’en ont cité que trois.

En 2008, il y aura au moins un candidat libertarien, un vert et deux trotskistes (le « vrai » Roger Calero et le « faux » Brian Moore, appointé par la CIA), un prohibitionniste (le pasteur Gene Amondson), un représentant du parti des contribuables (désormais dénommé parti de la Constitution), plus un indépendant (Ralph Nader)

Toutefois, ces petits candidats ne sont pas autorisés à se présenter sur tout le territoire et ne totaliseront probablement pas 5 % des voix. Le républicain et le démocrate rafleront la mise. C’est pourquoi les médias non-US ne s’intéressent qu’à MM. McCain, Obama et Mme Clinton. Ils ont tort, car si les petits candidats n’ont pas de crédibilité pour accéder à la Maison-Blanche, leur activisme laboure la société états-unienne et influence à terme le discours politique.

Vous me demandez ce que je pense des grands candidats c’est-à-dire ce que cela changera dans la politique des États-Unis si c’est l’un plutôt que l’autre qui est élu. Je pense que vous posez la question à l’envers. Vous conviendrez que l’actuel président, George W. Bush, n’a pas les capacités pour gouverner. C’est une marionnette derrière laquelle se cache le vrai pouvoir. Et si la politique des États-Unis ne se décide pas aujourd’hui dans le Bureau ovale, pourquoi voulez-vous qu’il en soit autrement l’an prochain ?

L’oligarchie est maintenant face à un dilemme :
- 1. Soit continuer la politique coloniale actuelle ;
- 2. Soit revenir à une forme d’impérialisme plus présentable.
Compte tenu de l’emballement de la crise financière et des échecs militaires, la poursuite de l’aventurisme peut conduire à la chute, mais aussi, pourquoi revenir en arrière quand on n’y est pas directement forcé ?

Si McCain correspond au premier terme de l’alternative et Obama au second, Clinton peut s’adapter à l’un comme à l’autre. C’est le sens de son maintien dans la course alors qu’elle aurait dû jeter l’éponge depuis longtemps. En réalité, après des mois de luttes intestines, l’oligarchie états-unienne vient de choisir. Comme on le voit avec les négociations en cours et divers accords de paix au Pakistan, en Irak, au Liban, en Syrie et en Palestine, elle a renoncé au « clash des civilisations » et au « remodelage du Grand Moyen-Orient ».

Obama offre deux qualités : d’une part, il a fait campagne sur le thème du changement et peut donc facilement incarner un renouveau en politique étrangère ; d’autre part, l’oligarchie majoritairement blanche préfère laisser à un noir la responsabilité d’annoncer la faillite du pays et d’affronter les inévitables révoltes sociales qui suivront.

Sandro Cruz : Pouvez-vous nous expliquer maintenant comment fonctionne ce scrutin ? Ce système électoral ?

Thierry Meyssan : C’est un casse-tête que l’immense majorité des citoyens ne comprend pas. Dès la fondation des États-Unis, les choses ont été volontairement embrouillées et elles ont été complexifiées avec le temps. La Constitution des États-Unis a été conçue en réaction à la Déclaration d’indépendance. Il s’agissait d’arrêter un processus potentiellement révolutionnaire et de créer une oligarchie nationale qui se substitue à l’aristocratie britannique. Alexander Hamilton —le principal père de la Constitution— a imaginé un système pour empêcher toute forme de souveraineté populaire : le fédéralisme.

Ce mot est équivoque. Dans la vieille Europe, on l’utilise pour désigner une forme d’union politique démocratique qui respecte les identités particulières et maintient des souverainetés partielles. On pense à la Confédération helvétique par exemple. Hamilton, quant à lui, a pensé le système non de bas en haut, mais de haut en bas. Il n’a pas fédéré des communautés locales pour créer un État, mais il a divisé l’État en utilisant des communautés locales. C’est cette ambigüité qui est l’origine de la Guerre de Sécession (laquelle je vous le rappelle n’a aucun rapport avec l’esclavage qui a été aboli par le Nord au cours de la guerre pour enrôler les noirs en masse). (…)

Sandro Cruz : Ne nous emballons pas, je vous arrête-là… Effectivement ce système est d’une grande complexité et nous devons aller doucement pour bien décortiquer la chose. J’aimerais que cette interview reste aussi un manuel pour les profanes. Vous venez de dire qu’ : « Il n’a pas fédéré des communautés locales pour créer un État, mais il a divisé l’État en utilisant des communautés locales. » J’ai de la peine à saisir la deuxième partie de votre phrase. Tout de même, il y a quelqu’un à la tête de ces États. Et ce quelqu’un vient d’une communauté locale. Alors, qui détient le pouvoir politique dans ces États ? Est-ce que à ce niveau il y a une vrai choix démocratique ?

Thierry Meyssan : Alexander Hamilton était obsédé par sa hantise de la « populace » et sa volonté de créer une oligarchie états-unienne équivalente à la gentry britannique. Au cours du temps, son courant politique a imaginé toutes sortes de verrous pour tenir le peuple loin de la politique.

Comme toujours, chaque État dispose de ses propres lois. D’une manière générale, elles visent à limiter la possibilité de créer un parti politique et de présenter des candidats aux diverses élections. Dans la plupart des scrutins locaux, il est interdit de se présenter sans l’investiture d’un parti et il est impossible en pratique de créer un nouveau parti.

Le système le plus caricatural est celui du New Jersey où il faut réunir 10 % des électeurs pour pouvoir créer un nouveau parti, une condition que chacun sait irréalisable et qui interdit définitivement aux petits partis états-uniens de disposer d’une section au New Jersey.

C’est un système entièrement fermé sur lui-même dans lequel, au final, la vie politique a été confisquée par les responsables des deux grands partis au niveau de chaque État. Il est impensable de pouvoir jouer un rôle si l’on n’est pas au préalable coopté par ces gens là.

Je reviens à l’élection présidentielle. Alexander Hamilton a donné le pouvoir aux États fédérés. Ils désignent des grands électeurs, dont le nombre est fixé en fonction de leur population. Ce sont ces grands électeurs qui élisent le président des États-Unis, pas les citoyens. Au XVIIIe siècle, aucun État ne consultait sa population à ce sujet, aujourd’hui chaque État procède à une consultation. Lorsqu’en 2000, Al Gore a saisi la Cour suprême à propos de la fraude électorale en Floride, la Cour a rappelé la Constitution : c’est le gouverneur de Floride qui désigne les grands électeurs, pas la population de la Floride, et les problèmes intérieurs de la Floride ne regardent pas Washington.

Comprenez bien : les États-Unis ne sont pas, n’ont jamais été et ne veulent pas, être un État démocratique. C’est un système oligarchique qui accorde une grande importance à l’opinion publique pour se prémunir d’une révolution. À de très rares exceptions, comme Jessie Jackson, aucun politicien US ne demande de réforme de la Constitution et de reconnaissance de la souveraineté populaire. C’est pourquoi il est particulièrement plaisant d’entendre M. Bush annoncer qu’il va « démocratiser » le monde en général et le Grand Moyen-Orient en particulier.

Sandro Cruz : Précisez s’il vous plaît, électeurs et grand électeurs sont-ils les mêmes personnages ? Les mêmes cadres du parti ?

Thierry Meyssan : : Non, non. Il y a une confusion qui provient du langage. Dans un système à deux degrés, la terminologie des sciences politiques distingue les électeurs de base, des grands électeurs. Mais aux États-Unis, le mot « électeur » ne s’applique qu’aux grands électeurs, car dans les premières décennies des États-Unis, le peuple ne participait pas aux consultations électorales.

Ainsi, le président des États-Unis est élu par un « Collège électoral » de 538 membres. Chaque État dispose d’autant de grands électeurs qu’il a de sièges de parlementaires (députés et sénateurs) au Congrés. Les colonies, comme Porto Rico ou l’ile de Guam sont exclues du processus.

Chaque État choisit ses propres règles pour désigner ses grands électeurs. Dans la pratique, elles tendent à s’harmoniser. Aujourd’hui, tous les États —sauf le Maine et le Nebraska qui ont inventé des systèmes complexes— considèrent que les grands électeurs représentent la majorité de leur population.

Dans le cas où les grands électeurs ne parviendraient pas à dégager une majorité et que l’on aurait deux candidats ex-aequo, c’est la Chambre des représentants qui élirait le président et le Sénat qui élirait le vice-président.

Sandro Cruz : Les primaires permettent-elles ou non aux électeurs de choisir les candidats ? Quel est le rôle des super-délégués ?

Thierry Meyssan : Les primaires et des conventions ont deux objectifs. En interne, elles permettent de tâter le pouls de l’opinion publique et d’évaluer ce que l’on peut lui infliger. En externe, elles donnent au reste du monde l’illusion que cette oligarchie est une démocratie.

On croit souvent que les primaires permettent d’éviter les combines d’état-major et de laisser les militants de base des grands partis choisir leur candidat. Pas du tout. Les primaires ne sont pas organisées par les partis politiques, mais par l’État local ! Elles sont conçues, dans la lignée d’Hamilton, pour garantir le contrôle oligarchique du système et barrer la route aux candidatures dissidentes.

Chaque État a ses propres règles pour désigner ses délégués aux Conventions fédérales des partis. Il y a six méthodes principales, plus des méthodes mixtes. Parfois, il faut être encarté au parti pour voter, parfois les sympathisants peuvent voter avec les militants, parfois tous les citoyens peuvent voter aux primaires des deux partis, parfois ils peuvent tous voter mais uniquement à la primaire du parti de leur choix, parfois les deux partis tiennent une primaire commune à un tour, d’autres fois encore à deux tours, Toutes les combinaisons de ces méthodes sont possibles. Chaque primaire, dans chaque État, a donc un sens différent.

Et puis il y a des États qui n’ont pas de primaires, mais des caucus. Par exemple, l’Iowa organise des scrutins distincts dans chacun de ses 99 comtés, qui élisent des délégués locaux, lesquels tiennent des primaires au second degré pour élire les délégués aux Conventions nationales. C’est très exactement le système du prétendu « centralisme démocratique » cher aux Staliniens.

Traditionnellement, ce cirque commence en février et dure six mois, mais cette année le parti démocrate a modifié son calendrier. Il a avancé le début et voulu répartir les dates pour faire durer le plaisir presque une année complète. Cette décision unilatérale n’a pas été facile à mettre en œuvre et a provoqué beaucoup de désordre car, je le répète, les primaires et caucus ne sont par organisés par les partis, mais par les États.

À la fin, les délégués se retrouvent à la Convention de leur parti. Ils y sont rejoints par les super-délégués. Lesquels, contrairement à ce que leur dénomination laisse croire, ne sont délégués par personne. Ce sont des membres de droit, c’est-à-dire des notables et des apparatchiks. Les super-délégués représentent l’oligarchie et sont suffisamment nombreux pour faire pencher la balance dans un sens ou l’autre, en passant outre le résultat des primaires et causus. Ils seront environ 20 % à la convention démocrate et presque 25 % à la convention républicaine (mais là ce ne sera qu’une formalité puisque McCain reste le seul en lice).

Sandro Cruz : À quoi servent les primaires et caucus par État ? Comment doit-on les interpréter ?

Thierry Meyssan : Je viens de vous le démontrer, ils ne servent à rien. Tout au moins pour ce qui concerne la désignation des candidats. Par contre, ce grand show permet de réduire la conscience politique des États-Uniens à presque zéro. Les grands médias nous tiennent en haleine en comptabilisant les délégués et les dons. On parle désormais de la « course » à la Maison-Blanche et de records, comme s’il s’agissait d’un téléthon ou de la Star Academy.

On maintient artificiellement un « suspens » pour capter l’attention des foules et marteler le plus grand nombre de fois possible un message. Avez vous observé le nombre de fois où les grands médias nous ont annoncé que ce mardi serait décisif ? Mais à chaque fois, un résultat inexplicable permet au candidat en difficulté de rebondir pour que le show continue. En réalité, le spectacle est truqué. Dans 17 États, des machines à voter ont été installées sans aucune possibilité de vérification des résultats électroniques [1]. Autant ne pas voter du tout et laisser les organisateurs se débrouiller tout seuls pour inventer les résultats.

Tout cela s’accompagne de messages subliminaux douteux. Par exemple, McCain a choisi comme slogan la « défense de la liberté et de la dignité ». Ce qu’il explicite comme la liberté religieuse et l’abolition de l’esclavage. On a quand même du mal à croire que ce soit là les préoccupations premières des citoyens de base. À qui s’adresse donc ce slogan ?
Mme Clinton affiche : « Chacun a une place ». Elle veut dire que, si elle était au pouvoir, personne ne serait laissé sur le bord du chemin. Mais cela signifie aussi que les gens doivent rester à leur place et qu’ils ne doivent pas s’aviser d’en changer et se de mêler des affaires de l’oligarchie.
Obama, quant à lui, apparaît avec le slogan « Change » écrit sur son pupitre. Cela veut dire que les États-Unis ont besoin de changement, mais cela fait aussi bureau de change. Le mot « change » en anglais désigne la monnaie que l’on rend. En pleine crise financière, c’est assez distrayant.

Sandro Cruz : Dans un article récent [2], vous avez écrit que le président des États-Unis est toujours l’homme du complexe militaro-industriel. Dans cette optique, pensez-vous que John McCain sera élu ?

Thierry Meyssan : Là encore, vous posez la question à l’envers. Les trois principaux candidats en lice sont en train de multiplier les signes d’allégeance au complexe militaro-industriel. C’est une mise aux enchères dans laquelle McCain n’a effectivement pas besoin de faire ses preuves, mais où ses concurrents ne sont pas en reste. Ainsi, nous avons entendu Obama se proposer pour bombarder le Pakistan et, il y a quelques jours, nous avons vu Clinton menacer l’Iran d’être « enlevé » de la carte par le feu nucléaire. Qui peut dire mieux ?

Après des mois de campagne, ces trois candidats sont arrivés à un consensus absolu sur les principaux points de politique étrangère et de défense :
Ils considèrent que la défense d’Israël est un objectif stratégique des États-Unis ; ils n’ont aucun plan de sortie d’Irak ; ils présentent l’Iran et le Hezbollah libanais comme une menace majeure pour la stabilité internationale.

Cependant, il existe une différence entre ces candidats et elle correspond au débat qui vient de se clore au sein du complexe militaro-industriel. McCain et son conseiller Kissinger soutiennent le principe de l’affrontement direct tandis qu’Obama et son conseiller Brzezinski proposent la domination par proxies interposés. Clinton et sa conseillère Albright incarnent un impérialisme normatif qui n’est plus de mise. J’écris souvent sur Voltairenet.org à propos de ce débat stratégique (notamment au moment du rapport des agences de renseignement sur l’Iran [3] et de la démission de l’amiral Fallon [4]) et c’est de lui que dépend la désignation du prochain président.

Dans l’article que vous citez, j’ai noté que Clinton n’avait pas la confiance du complexe militaro-industriel. Je n’ai pas changé d’avis. Sa thématique n’intéresse plus l’industrie d’armement. Et ses contorsions, qu’il s’agisse de sa fréquentation secrète de la Fellowship Foundation ou de ses déclarations maximalistes sur l’Iran, n’y changeront rien. Au moment où vous m’interrogez, dire que « Clinton est cuite » n’est pas original, c’était le titre d’un quotidien new-yorkais la semaine dernière. Mais je l’ai écris alors que la presse européenne la portait encore au pinacle.

Ne nous laissons pas submerger par les problématiques que nous imposent les grands médias. Savoir si les États-Unis vont maintenir avec McCain 100 000 GI et 200 000 mercenaires en Irak ou s’ils vont avec Obama diminuer le nombre de GI’s et augmenter celui des mercenaires ne change pas grand chose. La vraie question, c’est de savoir si les États-Unis ont encore les moyens de leurs ambitions et peuvent gouverner le monde —comme les néoconservateurs persistent à la prétendre— ou s’ils sont minés de l’intérieur et doivent abandonner leur rêve impérial pour éviter l’effondrement —comme l’a déjà expliqué la Commission Baker-Hamilton—. Or, la vertigineuse baisse du dollar a sonné la fin de l’empire. Il fallait 8 dollars, pour acheter un baril de pétrole il y a dix ans. Il en faut 135 aujourd’hui et il en faudra probablement 200 dans deux mois. En outre, la débandade des milices du clan Hariri, qui ont pris la fuite et abandonné le terrain au Hezbollah en quelques heures en jetant leurs armes dans les poubelles, montre qu’il n’est plus possible de sous-traiter la police de l’empire.

Dans ces conditions, McCain n’offre plus aucun intérêt pour l’oligarchie. Obama et Brzezinski sont les seuls porteurs d’un projet alternatif : sauver l’empire en privilégiant l’action secrète (peu onéreuse) sur la guerre (trop coûteuse).

Sandro Cruz : Effectivement, c’est très étonnant de voir que Barak Obama qui dit vouloir un changement dans la société états-unienne ait choisi comme conseiller Brzezinski, quand on sait que ce dernier est un idéologue qui s’est impliqué dans des opérations secrètes sordides, des coup d’États, des sabotages divers et d’autres actions criminelles.

Thierry Meyssan : : J’ai rencontré Zbignew Brzezinski [5], il y a trois semaines [6], je l’ai entendu développer un discours déjà parfaitement rodé du renouveau US. Il a condamné tous les excès visibles de la politique bushienne, de Guantanamo à l’Irak, et habilement rappelé ses succès contre l’Union soviétique.

Cependant je ne pense pas que le prochain président des États-Unis aura le loisir de mettre en œuvre une nouvelle « grande stratégie ». Il est déjà trop tard. Barak Obama sera confronté à la cessation de paiement de plusieurs États fédérés, qui ne pourront plus verser les salaires de leurs fonctionnaires, ni assurer les services publics [7]. Il sera trop occupé par le chaos intérieur pour réaliser les plans de Brzezinski.

 Sandro Cruz
Vice-président du Réseau Voltaire et directeur de l’Agencia informe de prensa internacional (IPI).
Les articles de cet auteur
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[1] « Comment truquer les primaires US », Réseau Voltaire, 3 février 2008.

[2] « La continuité du pouvoir US, derrière la Maison-Blanche », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 24 février 2008.

[3] « Washington décrète un an de trêve globale », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 décembre 2007.

[4] « La démission de l’amiral Fallon relance les hostilités en Irak », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 13 mars 2008.

[5] « La stratégie anti-russe de Zbigniew Brzezinski », par Arthur Lepic, Réseau Voltaire, 22 octobre 2004.

[6] La princesse Dariga Nazarbayeva avait invité à Almaty (Khazakhstan) M. Brzezinski comme orateur du débat d’ouverture de l’Eurasian Media Forum et M. Meyssan comme orateur au débat de clôture. Cette conférence annuelle rassemble des analystes politiques et les grands médias de Russie, de Chine et d’Asie centrale.

[7] « USA : la crise des subprimes menace la moitié des États fédérés de faillite », Réseau Voltaire, 30 janvier 2008.

 



La démission de l’amiral Fallon relance les hostilités en Irak

14 03 2008

repris du réseau voltaire:

Contrairement à ce qui a été écrit dans la presse dominante, l’amiral William Fallon n’a pas été limogé par ce qu’il s’opposait au président Bush à propos d’une attaque contre l’Iran. Il a démissionné de sa propre initiative après que l’accord qu’il avait négocié et conclu avec Téhéran, Moscou et Pékin ait été saboté par la Maison-Blanche. Le choix de l’administration Bush relance la guerre en Irak et expose gravement les GI’s face à une Résistance désormais soutenue de l’extérieur sans retenue.

Il était presque 22h GMT, mardi 11 mars 2008, lorsque le commandant en chef du Central Command, l’amiral William Fallon, annonça depuis l’Irak qu’il présentait sa démission. Immédiatement à Washington, le secrétaire à la Défense, son ami Robert Gates, dans une conférence de presse improvisée indiquait qu’il acceptait cette décision à regret. Dans les minutes qui suivirent, la rumeur d’une possible attaque états-unienne contre l’Iran se répandit partout dans le monde. En effet, la démission de l’amiral aurait été exigée par la Maison-Blanche à la suite de la publication d’un reportage par le mensuel Esquire [1] rapportant des propos « francs » de l’officier à propos du président Bush. Or, dans le même article, on pouvait lire qu’un renvoi de l’amiral marquerait le signal ultime de la guerre.

Pourtant, cette interprétation est erronée. Elle ignore l’évolution du rapport de forces à Washington. Pour comprendre ce qui est en jeu, revenons un instant en arrière. Nos lecteurs, qui ont été régulièrement informés dans nos colonnes des débats en cours à Washington, se souviendront des menaces de démission de Fallon [2], de la mutinerie des officiers supérieurs [3], des dessous d’Annapolis [4], et de l’infiltration de l’OTAN au Liban [5] que nous avons rapportés dans ces colonnes avant tout le monde ; des révélations qui ont été contestées lors de leur publication et qui sont aujourd’hui largement attestées. Nous ajouterons ici des informations inédites sur les négociations conduites par Fallon.

Le Plan Fallon

Alors que l’establishment états-unien avait approuvé l’entrée en guerre contre l’Irak dans l’espoir d’en tirer de substantiels profits économiques, il a progressivement déchanté. Cette opération génère des coûts directs et indirects démesurés, mais ne rapporte qu’à quelques uns. Dès 2006, la classe dirigeante s’est inquiétée de mettre fin à cette aventure. Elle contestait à la fois le surdéploiement des troupes, l’isolement diplomatique grandissant, et l’hémoragie financière. Elle trouva son expression à travers le rapport Baker-Hamilton qui condamnait le projet de remodelage du Grand Moyen-Orient, et préconisait un retrait militaire d’Irak coordonné avec un rapprochement diplomatique avec Téhéran et Damas.

Sous cette amicale pression, le président Bush fut contraint de limoger Donald Rumsfeld et de le remplacer par Robert Gates (lui-même membre de Commission Baker-Hamilton). Un groupe de travail bipartisan —la Commission Armitage-Nye— fut mis en place pour définir de manière consensuelle une nouvelle politique. Mais il s’avéra que le tandem Bush-Cheney n’avait pas renoncé à ses projets et utilisait ce groupe de travail pour endormir ses rivaux tout en continuant à fourbir ses armes contre l’Iran. Coupant court à ces manœuvres, Gates donna carte blanche à un groupe d’officiers supérieurs qu’il avait fréquenté à l’époque de Bush père. Ceux-ci publièrent, le 3 décembre 2007, un rapport des agences de renseignement discréditant le discours mensonger de la Maison-Blanche sur le prétendue menace iranienne. En outre, ils tentèrent d’imposer au président Bush un rééquilibrage de sa politique proche-orientale au détriment d’Israël.

L’amiral William Fallon exerce une autorité morale sur ce groupe —incluant l’amiral Mike McConnell (directeur national du renseignement), le général Michael Hyden (directeur de la CIA), le général George Casey (chef d’état-major de l’armée de terre), et plus tard l’amiral Mike Mullen (chef-d’état-major inter-armes)—. Homme de sang froid, doué d’une brillante intelligence, il est l’un des derniers grands patrons des forces armées à avoir servi au Vietnam. Préoccupé par la multiplication des théâtres d’opération, par la dispersion des forces et l’épuisement des troupes, il a ouvertement contesté un leadership civil dont la politique ne peut conduire les États-Unis qu’à la défaite.

Dans le prolongement de cette mutinerie, ce groupe d’officiers supérieurs fut autorisé à négocier une sortie de crise honorable avec l’Iran et à préparer un retrait d’Irak. Selon nos sources, ils imaginèrent un accord en trois volets :
- 1. Les États-Unis feraient adopter par le Conseil de sécurité une dernière résolution contre l’Iran pour ne pas perdre la face. Mais cette résolution serait vide et Téhéran s’en accommoderait.
- 2. Mahmoud Ahmadinejad se rendrait en Irak où il affirmerait les intérêts régionaux de l’Iran. Mais ce voyage serait purement symbolique et Washington s’en accommoderait.
- 3. Téhéran pèserait de toute son influence pour normaliser la situation en Irak, et faire passer les groupes qu’il soutient de la résistance armée à l’intégration politique. Cette stabilisation permettrait au Pentagone de retirer ses troupes sans défaite. En contrepartie, Washington cesserait son soutien aux groupes armés de l’opposition iranienne, notamment aux Moujahidines du peuple.

Toujours selon nos sources, Robert Gates et ce groupe d’officiers, encadrés par le général Brent Scowcroft (ancien conseiller national de sécurité), sollicitèrent l’aide de la Russie et de la Chine pour appuyer ce processus. D’abord perplexes, Moscou et Pékin s’assurèrent de l’assentiment forcé de la Maison-Blanche avant de répondre positivement, soulagés d’éviter un conflit incontrôlable.

Vladimir Poutine prit l’engagement de ne pas profiter militairement du retrait US, mais exigea qu’on en tire les conséquences politiques. Il fut donc convenu que la conférence d’Annapolis accoucherait d’une souris, tandis qu’une conférence globale sur le Proche-Orient serait organisée à Moscou pour débloquer les dossiers que l’administration Bush n’avait cessé d’envenimer.
De même Poutine accepta de faciliter le compromis irano-US, mais s’inquiéta d’un Iran trop fort à la frontière méridionale de la Russie. À titre de garantie, il fut convenu que l’Iran accepterait ce qu’il avait toujours refusé : de ne pas fabriquer seul son combustible nucléaire.

Les négociations avec Hu Jintao furent plus complexes, car les dirigeants chinois étaient choqués de découvrir à quel point l’administration Bush leur avait menti à propos de la prétendue menace iranienne. Il fallait donc d’abord rétablir la confiance bilatérale. Heureusement, l’amiral Fallon, qui il y a peu encore commandait le PacCom (zone Pacifique), entretenait des relations de courtoisie avec les Chinois.
Il fut convenu que Pékin laisserait passer une résolution anti-iranienne formelle au Conseil de sécurité, mais que la formulation de ce texte n’entraverait aucunement le commerce sino-iranien.

Le sabotage

Au premier abord, tout sembla fonctionner. Moscou et Pékin acceptèrent de jouer les figurants à Annapolis et de voter la résolution 1803 contre l’Iran. Tandis que le président Ahmadinejad savoura sa visite officielle à Bagadad où il rencontra en secret le chef d’état-major interarmes US, Mike Mullen, pour planifier la baisse de la tension en Irak. Mais le tandem Bush-Cheney ne s’avouait pas vaincu. Il sabota dès qu’il le put cette mécanique bien huilée.

Premièrement, la conférence de Moscou disparut dans les sables mouvants des mirages orientaux avant même d’avoir existé. Deuxièmement, Israël se lança à l’assaut de Gaza et l’OTAN déploya sa flotte au large du Liban de manière à relancer l’embrasement général du Grand Moyen-Orient, alors que Fallon s’efforçait d’éteindre les foyers d’incendie un à un. Troisièmement, la Maison-Blanche, habituellement si prompte à sacrifier ses employés, refusa de lâcher les Moujahidines du peuple.
Exaspérés les Russes massaient leur flotte au sud de Chypre pour surveiller les bâtiments de l’OTAN et envoyaient Sergeï Lavrov en tournée au Proche-Orient avec mission d’armer la Syrie, le Hamas et le Hezbollah pour rééquilibrer le Levant. Tandis que les Iraniens, furieux d’avoir été abusés, encourageaient la Résistance irakienne à casser du GI’s.

Voyant ses efforts réduits à néant, l’amiral Fallon démissionnait, seul moyen pour lui de conserver à terme son honneur et sa crédibilité face à ses interlocuteurs. L’interview d’Esquire, publié deux semaines plus tôt, n’est ici qu’un prétexte.

L’heure de vérité

Dans les trois prochaines semaines, le tandem Bush-Cheney va jouer son va-tout en Irak en faisant parler les armes. Le général David Petraeus, poussera à l’extrême son programme de contre-insurrection de manière à se présenter victorieux devant le Congrès, début avril. Simultanément, la Résistance irakienne, désormais soutenue à la fois par Téhéran, Moscou et Pékin, va multiplier les embuscades et chercher à tuer le maximum d’occupants.

Il appartiendra alors à l’establishment états-unien de tirer les conclusions du champ de bataille. Soit il jugera les résultats de Petraeus sur le terrain acceptables et le tandem Bush-Cheney terminera son mandat sans encombres. Soit, pour éviter le spectre de la défaite, il lui faudra sanctionner la Maison-Blanche et reprendre d’une manière ou d’une autre les négociations que l’amiral Fallon avait conduites.

Simultanément, Ehud Olmert interrompra les négociations initiées avec le Hamas via l’Égypte. Il chauffera la région jusqu’à la visite du président Bush en mai.

Cette fièvre régionale devrait redynamiser le dispositif Bush, qu’il s’agisse des investissements dans le domaine militaro-industriel du fonds Carlyle, au bord de la faillite, ou de la campagne électorale de John McCain.

Vu de Washington, faut-il continuer à sacrifier la vie des GI’s pour une guerre qui a déjà coûté 3 trilliards de dollars et faire haïr les États-Unis même par leurs plus fidèles partenaires alors qu’elle n’a rapporté qu’à quelques sociétés détenues par le clan Bush et ses amis ?

Thierry Meyssan



Clinton votes for war in Iran

28 11 2007


Why, Senator Clinton?

We ask Clinton why she voted for an amendment that could be used as support for attacking Iran

Thursday October 18th, 2007

On September 26th, Senator Clinton voted for the Kyl-Lieberman Amendment, which designates the Iranian Revolutionary Guard as a terrorist organization. She was the only Democratic Presidential candidate who voted for the resolution.


« This isn’t our present policy of keeping the military option on the table. It is, for all practical purposes, mandating the military option. »

-Senator Jim Webb



La riposte iranienne bis

25 11 2007

 Ghawar

(cliquez sur les images pour les agrandir)

Dans un billet précédent,  je mentionnais qu’en cas d’attaque par les États-Unis, l’Iran pourrait provoquer un choque pétrolier sans précédant en bombardant les terminaux pétroliers et gazier des «alliés» des États-Unis dans la région, soit le Koweït, l’Iraq, l’Arabie Saoudite, le Bahreïn, le Qatar et les Émirats Arabes Unis en plus d’arrêter ses propres exportations.   Ces pays exportent 16 millions de barils de pétrole par jour, soit l’équivalant des importations des États-Unis et de la Chine combinés! Mais après avoir écrit ce billet, le doute me pris, même si la majorité des réserves pétrolière d’Arabie Saoudite longent le Golf persique, il se pourrait qu’une partie significative des terminaux pétroliers soient sur la Mer rouge, dans quel cas ils seraient plus à l’abri de l’Iran.

Terminaux pétroliers Arabie Saoudite

Le champs pétrolier Ghawar en Arabie Saoudite est les plus grand champ pétrolier au monde, et avec sa production de plus de 5 millions de barils de pétrole par jour il compte pour au moins la moitié de la production saoudienne et 6,25% de la production mondiale de pétrole. Or, sur Google Maps, on peut suivre les oléoduc et gazoduc partant de Ghawar. En suivant leur parcours, on se rend compte qu’ils mène à quatre sites autour de la ville de Najmah (le point vert et les trois points rouges sur la carte tout en haut), directement sur le Golf persique face à l’Iran, exactement au point d’Arabie Saoudite le plus près d’Iran! De ces quatre sites, trois sont des terminaux pétroliers (photo ci-haut) et un (le point vert) est une centrale électrique (photo ci-bas). Par ailleurs, si on suit les fils haute-tension qui partent de la centrale électrique on se rend compte que cette centrale alimente toute la côte de l’Arabie Saoudite en électricité en plus d’alimenter le champ pétrolier Ghawar lui-même en électricité. Une frappe iranienne sur ces quatre sites permettrait donc non seulement d’empêcher l’exportation de la production pétrolière de Ghawar mais aussi l’arrêt de la production de Ghawar pour manque d’électricité.

Électricité Ghawar

Il semble très difficile de voir comment les États-Unis et l’Arabie Saoudite pourraient se prémunir d’une telle attaque à moins de construire des oléoduc de Ghawar à la Mer rouge et de construire une autre centrale électrique ailleurs. Les États-Unis ont promis de protéger leurs «alliés» avec un bouclier anti-missile en cas de guerre, mais comme tous les essaies ont révélés jusqu’à présent, ce  bouclier ne marche pas.



Film de la semaine: S.A.I.C.

17 11 2007

Effet_papillon_saic
Uploaded by figaromuz

Chose intéressante, le vidéo promotionnel de la SAIC que vous pouvez voir ci-bas, montre dans sa section «Homeland Security» deux personnes en train d’analyser une carte de l’Iran:



Film de la semaine: Where the US gets its info on Iran

3 11 2007

Trouvé et plagié de l’information clearinghouse:

 

Gunning for Iran

 

Exposed : Where The U.S. gets its
« intelligence » about Iran’s nuclear program

You must’ve heard the howls of protest from the International
Atomic Energy Agency after the release of a US House of
Representatives report on Iran’s nuclear program. The IAEA
branded the American report « outrageous and dishonest » for
asserting that Tehran’s nuclear plans were geared towards
weapons. This, of course, was just the latest flare-up in the
running debate over Iran’s supposed nuclear ambitions. So where
is Washington getting its information?

Try an Iranian opposition group known as the Mujahedin-e-Khalq –
MeK for short. Given the debacle over Saddam’s non-existent WMDs
in Iraq, you’d reckon there’d have to be a touch of caution
where Iranian exiles peddling nuclear secrets are concerned. But
as Bronwyn Adcock tells it, when the MeK speaks, Washington
hardliners listen.

Broadcast 11/04/06-

Dateline

Australia – Runtime 27 Minutes

Reporter – Bronwyn Adcock

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TRANSCRIPT Three weeks ago in
New York, journalists were summoned to this hotel for a
press conference. It has been organised by this man –
Alireza Jafarzadeh, an Iranian exile who regularly
reveals what he claims is inside information on Iran’s
nuclear program.
ALIREZA JAFARZADEH, MUJAHEDIN-E-KHALQ LOBBYIST: I
would like to share with you today the information I’ve
gotten from the very same sources that have proven
accurate in the past.
Today, Jafarzadeh announces he’s discovered an
apparently sinister new development.

ALIREZA JAFARZADEH: A very important aspect of the
Iran regime’s nuclear weapons program is actually laser
enrichment, and the information I’ve gotten from my
sources today suggests that Iran is heavily involved in
laser enrichment program.

As always, the information is incredibly detailed,
with maps, names and addresses. Since 2002, Jafarzadeh
and the Iranian opposition group he’s connected to, the
Mujahedin-e-Khalq, or MeK, have made nearly 20
intelligence revelations, in press conferences from
Paris to New York, Washington and London.

ALIREZA JAFARZADEH: And they are scheduled to be
able to get the bomb by 2005.

The MeK revelations have had an extraordinary
impact, sparking inspections in Iran by the nuclear
watchdog, the International Atomic Energy Agency.
According to the MeK, Iran is building a nuclear bomb,
and the world should be very afraid.

ALIREZA JAFARZADEH: I think the world has to take
the Iranian regime’s threat very, very seriously. These
ayatollahs believe in what they say, believe that they
can eliminate Israel off the map, they can eliminate the
superpowers.

According to this Iranian opposition group, there
is only one solution.

ALIREZA JAFARZADEH: You need to slay the dragon.
This is the solution. You need to slay the dragon, which
means regime change.

The MeK is playing a key role in what’s shaping up
as one of the critical contests of our time – the
stand-off between the US and Iran, played out here at
the United Nations General Assembly two weeks ago.

PRESIDENT GEORGE BUSH AT UN: Iran must abandon its
nuclear weapons ambitions.

AHMADINEJAD, IRAN PRESIDENT AT UN, (Translation): All
our nuclear activities are transparent and peaceful and
fully overseen by the IAEA

CROWD: Down with terrorist! Ahmadinejad terrorist!
Down with terrorist!

Outside the United Nations that day Alireza
Jafarzadeh and the Mujahedin-e-Khalq, are again trying
to get their opinion heard.

ALIREZA JAFARZADEH: Obtaining the bomb, the
nuclear bomb would unquestionably give Tehran the upper
hand in the region.

And some powerful forces in the West are
listening. The MeK’s main backer in Washington is a
newly formed think tank called the Iran Policy
Committee, headed by a former Reagan White House
official, Professor Raymond Tanter.

PROFESSOR RAYMOND TANTER, IRAN POLICY COMMITTEE:
The regime change clock has to start. Right now, the
regime change clock is not even ticking.

In the Iran Policy Committee, Professor Tanter has
created a powerful grouping of former CIA, Pentagon and
White House officials. At forums like this briefing on
Capitol Hill, the group is trying to convince the
American Government that the MeK can help them achieve
the goal of regime change.

PROFESSOR RAYMOND TANTER: We didn’t choose the
Mujahedin-e-Khalq. The data hit us between the eyes. The
analysis passes what I call ‘the interocular test’ – it
hits you right between the eyes. I invented that phrase.

CROWD (Translation): Ahmadinejad terrorist!
Ahmadinejad terrorist! Down with the terrorist!

But for some, the sight of exile groups bearing
gifts of intelligence for the West just brings back bad
memories.

PROFESSOR GARY SICK, COLOMBIA UNIVERSITY: In the
past, on Iraq, we were fed a lot of false information to
try to get our attention and to get us to do what we
did. We bought it, and I have a very hard time
understanding how anybody can maintain a straight face
and say, « Again, » we should do the same thing all over
again.

Professor Gary Sick has served on the National
Security Council under three presidents. He was the
principle White House aide for Iran during the Iranian
revolution and hostage crisis, and has followed the
country closely ever since. He’s extremely sceptical
about the MeK.

PROFESSOR GARY SICK: When people get enthusiastic
about this, I just have to look at the history of the
organisation, the way it’s behaved, the way it’s done
all of the things that it’s done, and I simply can’t see
it, I really can’t see it. I find it very difficult to
explain why people would get so enthusiastic about this
group.

The MeK does have an extraordinary history. A
militant left-wing movement, it participated in the 1979
Iranian revolution that overthrew the Shah. But
afterwards, when the ayatollahs took power, the MeK
began fighting the new regime.

It carried out bombings that killed senior Islamic
leaders, and many of its members were executed.

In the 1980s it moved its military base to Saddam
Hussein’s Iraq. From here at Camp Ashraf it launched
attacks across the border, and successfully carried out
assassinations and bombings within Iran. The MeK’s
military heyday has long since passed. Less than 3,000
fighters remain in a camp now guarded by Americans.
What’s more, the group’s often violent past has left it
officially listed as a terrorist organisation in the
United States, the European Union and Australia.

The real action for the MeK now is in the West, where a
bevy of lobbyists is operating, including Ali Safavi
here in London. Safavi has devoted most of his adult
life to the MeK struggle. Now he’s working to get the
group taken off the terrorist list. His office located
around the corner from parliament.

ALI SAFAVI, NATIONAL COUNCIL OF RESISTANCE OF
IRAN: And obviously the office is very close so that it
would be more convenient, both for us and for them.

Being listed as a terrorist organisation stands
between the MeK and real political credibility. Safavi
claims the group was only put on the list by governments
trying to win favour with Iran.

ALI SAFAVI: It has nothing to do with the nature,
with the conduct, or the activities of the Mujahedin. It
is basically a bargaining chip.

Ali Safavi is trying to convince the West of the
apparently impressive democratic credentials of the MeK
and its political wing, the NCRI.

ALI SAFAVI: The NCRI basically advocates a
secular, democratic form of government, a government
that is based on the separation of church and the state
or mosque and state, if you will.

Leading the concerted charm offensive is the
group’s leader, Maryam Rajavi, who’s based in Paris.
She’s offering up an enticing proposition to the West.

MARYAM RAJAVI, (Translation): Today I’ve come to
tell you that the international community doesn’t have
to choose between mullahs with an atomic bomb and war. A
third way exists. A democratic change by the Iranian
people and organised resistance.

Maryam Rajavi says if the MeK is just taken off
the terrorist list, it will be a sign for the people of
Iran to rise up and overthrow their government. It’s
this proposition that’s winning support with the Iran
Policy Committee in Washington and in parliaments around
the West.

Here at the European Parliament, British Conservative MP
Brian Binley tells a group of MeK supporters that the
majority of the House of Commons and 130 members in the
House of Lords are behind the group.

BRIAN BINLEY, BRITISH CONSERVATIVE MP: Because
they are the antithesis of the dictatorial
fundamentalists that rule in modern-day Iran today, and,
indeed, the very antithesis of a regime that I believe
poses the greatest threat to global security that we
face as a global people.

Binlay was converted to the cause after being
approached by an MeK supporter in the halls of
Parliament.

BRIAN BINLEY: I met with a gentleman called
Nasser, who is a supporter of the National Council, and
we talked. And he works in and around the House, as a
lobbyist, I suppose you would say. And we talked, and I
liked what he had to say, and, more importantly, what he
had to say seemed credible in the way that I’ve just
explained.

PROFESSOR GARY SICK: These are people who really
believe that Iran…the regime should be changed, that
this regime of mullahs should be done away with. And you
look around, and you don’t see any other place where you
can put a lever. And I must say for the Mujahedin, to
give them full credit, they are very good at their
propaganda.

According to Gary Sick, the MeK’s origins at the
time of the revolution were anything but democratic.

PROFESSOR GARY SICK: There, too, they weren’t
talking about democracy, they were talking about power,
and who took over. And there was certainly no sign from
where I sat in the White House that these people were in
any way trying to bring democracy to Iran. They were
trying to get rid of the group that had taken over and
install themselves in power. And I think that pretty
well describes what they’ve been doing ever since.

Massoud Khodabeanedeh says that the MeK is not
only undemocratic but that internally, it operates like
a cult. Now living in the United Kingdom, Khodabeanedeh
was a high-level member for more than 15 years.

MASSOUD KHODABEANEDEH, FORMER MEK MEMBER: They
have a charismatic leader, they use psychological
methods to convince people and keep people. Their wealth
is always serving the leader, not the people. They try
to get the money out of the people and keep it. They cut
people from their past, their family. They are very
restrictive in that way. There is Maryam and Massoud and
me, as his bodyguard.

Khodabeanedeh worked as security for the MeK’s
leadership in Iraq but left after becoming disenchanted.
He is now one of the most outspoken critics of the
organisation.

MASSOUD KHODABEANEDEH: Later on it came to these
sessions of self-confession, which again, is a cult…
every cult has got it – which you have to come, and
every day come to the meeting, explain what you have
been thinking about, or what even you have been dreaming
about, and even if you don’t have, they will hint that
you have to lie, you have to make up something. So the
collective pressure would be on you and they purify you.

REPORTER: So all women wore headscarves?

ANNE: Yeah. It was a part of the uniform. It was
actually the uniform.

Massoud Khodabanedeh’s wife, Anne, was also a
member for seven years, inspired to join by an Iranian
boyfriend and an interest in Islam.

ANNE: I became full-time in 1990. After going on
hunger strike for two weeks, I was on a real high and I
devoted myself to them. And that devotion was
encouraged, and I was told at some point fairly early on
that all you have to do is choose your leader and follow
that leader. And you don’t have to make any decisions.
And that leader, of course, was Maryam Rajavi.

Both Anne and Massoud say that in order to
encourage devotion to the leadership family
relationships were discouraged.

ANNE: When it actually comes to being a liberating
movement for women, I would say just the opposite
pertains, that they forced women to separate from their
children, forced women to divorce their spouse, they
forced them to give up any thought of having a normal
family life and family relationship. Even relationships
with their siblings in the same organisation are, well,
banned really. You might meet them but you can’t be a
sibling, you can’t show more closeness to them you would
show to Maryam Rajavi.

The MeK leadership totally rejects these
allegations and accuses Massoud Khodabanedeh of being on
the payroll of Iranian intelligence. A charge he in turn
denies. An even more serious allegation, though,
concerns the group’s relationship with Saddam Hussein
during its 15 years in Iraq. This recently revealed
footage shows Massoud Rajavi, the husband of Maryam and
co-leader of the MeK, with the former Iraqi dictator.

ALI SAFAVI: The Mujahedin were forced to relocate
in Iraq, and in the years they were in Iraq, from 1986
onwards, they were completely independent of their host,
both in political terms, in ideological terms, in
organisational terms and in military terms.

REPORTER: So there was no collaboration between
the Mujahedin and Saddam?

ALI SAFAVI: Absolutely not.

However, many sources, including the US State
Department dispute this, saying Iraq supplied the MeK
with weapons and received military assistance from the
Iranian exiles. Former member Massoud Khodabanedeh says
that after the first Gulf War in 1991 Saddam’s security
chief, Taha Yassin Ramadan, asked the MeK to help
suppress the Kurds.

MASSOUD KHODABEANEDEH: The way that it was done, I
remember that in the meetings with Taha Yassin Ramadan,
who was in favour of Mujahedin, and who very much
praised the Mujahedin for their loyalty. He divided the
forces because he didn’t have much forces after the war
in ’91, so he had only enough to suppress the uprising
in the south, so he left the north in hands of Rajavi.

Massoud says he saw first-hand a Kurdish village
that had been destroyed by the Mujahedin.

REPORTER: What happened to the village?

MASSOUD KHODABEANEDEH: It was just flattened down,
the whole village. Villages in Iraq are small villages,
and with say 20 tanks, you can see what damage can be
done. But it was deliberately flattened.

REPORTER: And this was done by the Mujahedin?

MASSOUD KHODABEANEDEH: By the Mujahedin. They were
there when I was passing the tanks and victoriously
celebrating.

Massoud also says that during his time with the
MeK its members were fed a diet of anti-imperialist and
anti-American propaganda. He believes now they’re trying
to reinvent themselves for a new, Western benefactor.

MASSOUD KHODABEANEDEH: Especially when they went
to Iraq, they didn’t see that one day Saddam would fall
so they have openly been anti-Western all the years that
they were there relying on Saddam. Any democratic face
that they put is a false face.

REPORTER: Why do you think they are putting on
this false face now?

MASSOUD KHODABEANEDEH: There is no other choice.
After Saddam falls, there is no other choice.

The MeK denies this aspect of its past. It says
that anyone making such allegations is being either
directly or indirectly influenced by Iranian
intelligence.

ALI SAFAVI: It is far more than a bit of a
propaganda campaign. In fact the Iranian regime has
spent hundreds of millions of dollars engaging in
propaganda.

In Washington, the MeK’s main American backers
also reject any criticism.

PROFESSOR RAYMOND TANTER: We are familiar with all
the allegations and we have looked at all these
allegations and we have found them to be baseless. And
we’re smart, we’re not idiots. I’m a professor at the
University of Michigan and Georgetown University and I
think I can tell whether a person is saying something to
dupe me. And Human Rights Watch and various others who
say the MeK and NCRI are changing their face in order to
appeal to groups like the Iran Policy Committee haven’t
done their research.

While the MeK and their supporters say they’ve
nothing in its history to be ashamed of, experts say
that’s not how it’s viewed in its homeland.

PROFESSOR GARY SICK: They are certainly despised,
there’s no two ways about that. They are seen as
turncoats, they are seen as traitors, people who joined
Iran’s enemies to try to overthrow the government.

For a group claiming it can make the Iranian
population rise up and overthrow the government, this
apparent lack of internal legitimacy is a major problem.

REPORTER: How much support do you have in Iran, in
numbers?

ALI SAFAVI: Well, you know that our movement from
day one has called for free elections under UN
supervision. I think if such an election were held,
without question… our movement would get most of the
votes.

DOHKI FASSIHIAN: The claim that the MeK would
actually win any support or win any elections inside
Iran is really preposterous.

Dokhi Fassihian is the former executive director
of the National Iranian American Council, a non-partisan
group. She spent much of the 1990s in Iran and knows the
political scene well.

DOHKI FASSIHIAN: In fact they are hated and
detested in Iran because of their role in siding with
the Iraqis in the very, very long and bloody Iran-Iraq
war. And so, I would say that even more so than Iranian
Americans, Iranians inside Iran really do hate the MeK
and really don’t understand why some governments and
some officials abroad can support such an undemocratic
group and such a violent group.

Political credentials aside, the strongest claim
the MeK has on Western attention is its intelligence on
Iran’s nuclear program.

REPORTER: How good are your sources, your
intelligence from Iran?

ALIREZA JAFARZADEH: Well, the intelligence is the
best that exists anywhere. The best track record in
terms of intelligence regarding Iran comes from the
sources of the Mujahedin-e-Khalq and the NCRI. It wasn’t
the intelligence community of the US, or Britain, or
other Western countries that discovered Natanz.

The MeK’s biggest claim to fame has been its
revelation in 2002 that Iran had a secret nuclear site
at a place called Natanz. After the announcement, the
International Atomic Energy Agency confronted Iran and
Iran opened the site for inspection.

DAVID ALBRIGHT, INSTITUTE OF SCIENCE AND
INTERNATIONAL SECURITY: So I think the Iranian
opposition group, what they did, their real contribution
was to start a chain of events where Iran had to admit
that it had its secret gas centrifuge program and other
secret nuclear programs, and help get the IAEA into Iran
to start uncovering a whole set of misleading statements
or hidden facilities in Iran. This building was sized to
hold 1,000 centrifuges, but could actually hold more.

David Albright is a physicist and president of the
Institute for Science and International Security in
Washington DC. He’s an expert on secret nuclear weapons
programs throughout the world. While he credits the MeK
with bringing Natanz to the world’s attention, the site
was not in breech of the Non-Proliferation treaty.
Albright also says later revelations have not proven as
useful.

DAVID ALBRIGHT: Since then, their record has been
a lot more mixed and a lot of revelations about things
going on, related to making nuclear weapons. IAEA went
to one place and found nothing. There was some equipment
that was imported, they said it was related to nuclear
weapons. It turned out on analysis it wasn’t even
suitable for use on a nuclear weapons program. So I
think that you have to read beyond the detail and try to
make sense out of it, and often it doesn’t make any, or
it’s just speculation.

Dateline also understands that the IAEA has
examined much of the intelligence provided by the MeK
and its political wing, the NCRI, and while it agrees
several early claims were on target, the rest have been
unreliable.

REPORTER: All their revelations paint a picture of
Iran having an incredibly advanced nuclear weapons
program. Would you agree with that assessment?

DAVID ALBRIGHT: It’s relative to what? I mean,
compared to Iraq, which had nothing, yeah, it’s quite
advanced. Are they close to building a bomb? Most
assessments, including our own, are that no, they are
not.

PROFESSOR RAYMOND TANTER: No-one knows whether the
revelations are true so how can one make a statement
that the NCRI-MeK revelations are off? Intelligence
people say this, but they don’t back it up. Because
journalists don’t do a good job in querying them. « What
is your evidence? » « Oh, I can’t say. » Hello, that’s not
right.

REPORTER: But by the same token, if the NCRI holds
a press conference saying, « Look we’ve got these
documents, we know this information, » and there’s
nothing else to back it up, how can you be sure that’s
true?

PROFESSOR RAYMOND TANTER: Look, intelligence is an
art. What you need is to use the NCRI-MeK allegations as
lead information, which you compare with info you
acquire independently.

REPORTER: But if revelations are being made, and
they’re not proven, and they’re put out there in the
media and put out there as a case for regime change, and
they’re not actually substantiated, isn’t that alarmist?

PROFESSOR RAYMOND TANTER: How do you prove
revelations with a totalitarian Islamist fascist regime?

The MeK knows that hardliners in Washington are
desperate for any information that will confirm their
suspicions of Iran.

PROFESSOR GARY SICK: So if the MeK is trying to
get credibility as a group that the US should cooperate
with in trying to overthrow the regime, focusing on the
nuclear side is an absolutely logical place for them to
focus, so I don’t blame them for doing that. I think
that’s an area that is going to attract attention, it’s
going to get them a following, and it will attract the
attention of people in Washington.

According to former member Massoud Khodabanedeh,
the MeK is just trying to stay alive.

MASSOUD KHODABEANEDEH: They want to survive. They
are saying, « Take us off. » The end game is « Take us off
the list of terrorism and use us. »

And in a clear convergence of interests, Professor
Tanter from the Iran Policy Committee is happy to help.

PROFESSOR RAYMOND TANTER: I am not a lobbyist for
the MeK and the NCRI, I’m a lobbyist for America, which
is different. You keep asking me questions which imply
that I am trying to push the MeK on to people.

REPORTER: But you are promoting their cause,
you’re trying to get them off…

PROFESSOR RAYMOND TANTER: I am not promoting their
cause, I am promoting American interests. There is a
difference.

REPORTER: You’re not suggesting they are
necessarily a good replacement government, you are
saying rather they are a good tool for Western
interests?

PROFESSOR RAYMOND TANTER: That’s what you asked
me, they are a tool for Western interests, yes. They are
accused of being a tool of Western interests by the
regime. It’s true!

REPORTER: And they are a tool for Western
interests?

PROFESSOR RAYMOND TANTER: Yes! They want to be a
part of the West.

 

 

(In accordance with Title 17
U.S.C. Section 107, this material is distributed without profit
to those who have expressed a prior interest in receiving the
included information for research and educational purposes.
Information Clearing House has no affiliation whatsoever with
the originator of this article nor is Information Clearing House
endorsed or sponsored by the originator.)



La Riposte Iranienne

17 10 2007

En cas d’attaque de l’Iran, les commandos de la marine Iranienne s’attaqueraient aux bateaux commerciaux (dont les tankers pétroliers), et au terminal pétrolier Al Faw en Iraq. Ils aideraient aussi la marine à poser des mines marines dans le Golf persique. Pour ce faire l’Iran a acheté une grande variété de mines navales russes dont les derniers models MDM-6, PKM-1 & MShM. Ces actions arrêteraient la quasi-totalité des exportations pétrolières d’Arabie Saoudite, d’Iraq du Kuweït, d’Iran, du Bahreïn du Qatar et des Émirats. L’Arabie Saoudite, l’Iraq et le Kuweït à eux seuls représentent plus de 20% des importations pétrolières des États-Unis. Avec le pétrole présentement à 88$ le baril et l’OPEC produisant à capacité maximale selon les analystes, une guerre contre l’Iran pourrait facilement faire monter ce prix à 150$. Voici en vidéo l’entraînement des commando et militaires iraniens.




Israël entraine des Kurdes dans le nord de l’Iraq

8 10 2007

Un reportage de la BBC vient de reporté que des commandos israéliens auraient entrainé des Kurdes dans le nord de l’Iraq. En plus d’entrainer des unités d’élites, les contracteurs israéliens (de la compagnie Interop fondée par un ancien du Mossad) ont aussi aider à la construction d’un aéroport. La BBC se demande si ces opérations ne viseraient pas à assurer une base d’atterrissage et de réapprovisionnement pour les avions israéliens après une attaque sur l’Iran car les avions israéliens ne peuvent pas franchir une assez longue distance pour faire un aller-retour sans se réapprovisionner. Apparemment la stratégie privilégiée d’Israël pour attaquer l’Iran serait de partir de la corne de l’Afrique (partir de la péninsule arabique n’est pas politiquement envisageable et partir d’Israël permet trop facilement de se faire repérer) pour ensuite atterrir dans le nord de l’Iraq après l’attaque. N’est-ce pas étrange alors qu’il n’y a pas trop longtemps (janvier dernier) les ÉU et l’Éthiopie ont envahi la Somalie (exactement l’emplacement idéal d’où lancer une attaque sur l’Iran) qui est maintenant bien dans le camp étasunien, au point où le ministre de l’intérieur somalien est un ancien marine des ÉU!

[kml_flashembed movie= »http://www.liveleak.com/player.swf?autostart=false&token=a60_1191797838″ width= »450″ height= »370″ wmode= »transparent » /]



Israël bombarderait l’Iran le 15 octobre 2007

2 10 2007

http://www.irancartoon.com/120/occupation/Carlos%20Latuff/Ehud_Olmert_madness.jpgou du moins entre la fin du Ramadan (13 octobre) et la fin de 2007, possiblement suivit d’une attaque étasunienne dépendant des réactions internationales. Du moins c’est ce que Poutine aurait dit à Téhéran selon le Canard Enchaîné.

Sources: 1 2 3



Confessions of an Economic Hitman

1 10 2007

The 1973 oil crisis and the US dollar. John Perkins addresses the veterans for peace:

PART I:


PART II:

PART III:

And as a little bonus … the confession of a Walmart Hitman:



Vidéo d’Ahmadinejad à Columbia: regardez-le par vous-même

26 09 2007

http://msnbcmedia1.msn.com/j/msnbc/Components/Photos/061129/061129_ahmadinejad_vlrg_4a.widec.jpg Cliquez ici pour voir les discours du président de Columbia ainsi que l’allocution d’Ahmadinejad à Columbia.



Carlyle, les Desmarais et le toujours corrompu Sarkozy

13 09 2007

http://fr.altermedia.info/images/CarlyleGroup2.jpgJe vous présente ici un premier court métrage de James André. Malgré certaines erreurs et inexactitudes le vidéo est très intéressant. Comme erreurs il y a par exemple que la guerre en Iraq coûte 400 milliards de dollars et non pas 400 millions, et cela represente plus de 1000$ par étasunien(ne)s mais beaucoup mais toujours beaucoup moins d’un million de dollars par personne comme il l’affirme, . Une autre affirmation qu’il fait qui n’a aucun sense est que «Power corporation […] a des liens directe avec la guerre en Iraq, c’est pourquoi le Canada est en Afghanistan»: premièrement il n’y a aucune implication logique entre l’affirmation que Power corportation (PCC) soit impliqué avec la guerre en Iraq et la guerre en Afghanistan; deuxièmement, la prémisse est fausse, s’il n’y était que de PCC il n’y aurait pas eu de guerre en Iraq car PCC possède une partie de Total et Total avait avantage à ce que Saddam reste parce qu’elle avait signé des contrats pétroliers (contrats annulés après l’invasion étasunienne) avec lui (Total avait presque le monopole des champs Irakiens), d’ailleur c’est pourquoi le Canada et la France s’opposèrent si fortement à la guerre en Iraq (Chrétien et Martin étant liés à PCC et Total étant une compagnie «française»). En revanche il soulève de très bon points dont entre autres les deux suivants:

[kml_flashembed movie="http://youtube.com/v/LYdgXCo4aYE" width="425" height="350" wmode="transparent" /]

Notez que ce n’est pas seulement James et moins qui avons noté ces faits, une recherche rapide sur internet nous révèle les articles suivants (dont un du très «mainstream» «Le Monde») étayant ces deux même points: Le Grand soir Tendences Les Affaires Le Monde

(cliquez sur les images pour agrandir)
Pourcentages de participation au 31 décembre 2006.(1) Par l’entremise de sa filiale en propriété exclusive, Power Financial Europe B.V., la Corporation Financière Power détenait une participation de 50 % dans Parjointco N.V., et Parjointco détenait 61,4 % des droits de vote et une participation de 54,1 % dans Pargesa Holding S.A.(2) Participation, directe et indirecte, de 65 % des droits de vote.OrganigrammeLe capital de Suez est réparti comme suit:

Répartition du capital par nature d’actionnaire au 31 Janvier 2007

capital repartition

3puces.gifPosition des principaux actionnaires au 31 Janvier 2007

 

principaux actionnaires


3puces.gifDonnées sur le capital au 31 août 2007

Nombre d’actions existantes
1 296 893 026 actions

Nombre de droits de vote
1 446 286 565 droits de vote

ADDENDUM 2:

En fait les Desmarais contrôlent plus de 5% de Total S.A. et non pas 3% comme les tableau ci-dessus pourraient laisser croire: en plus des 3,8% détenus à travers le GBL, il y a 1,3% détenu par Kermadec filiale à 100% de CNP elle même détenue et contrôlée par la famille Frère alliés des Desmarais et en plus de ça les Desmarais Sr. détient directement à titre personnel 4000 actions de Total et Desmarais Jr. 2000 actions. En tout cela fait 5,23% du capital et 5,09% des droits de votes de Total S.A.



Halliburton a vendu de la technologie nucléaire à l’Iran

7 09 2007

http://liberty.hypermart.net/cgi-bin/blogs/media/cheney_nuclear2.jpgHalliburton, la compagnie de Dick Cheney, vice-president des États-Unis sous George W Bush, a vendu des composantes clées pour la facrications de réacteurs nucléaires à l’Iran. Plus spécifiquement, Halliburton fait affaire avec la compagnie iranienne Oriental Oil Kish et était en étroite collaboration avec Cyrus Nasseri, membre du conseil d’administration de la compagnie pétrolière privée iranienne. La partie amusante est que Cyrus Nasseri est un membre important du programme iranien de développement nucléaire. Sachant que Cheney a déjà averti l’iran qu’il ne la laisserait pas avoir des armes nucléaires et que dans le cas ou l’iran continurait son programme nucléaire toute les options seraient sur la tables quant aux méthodes pour l’en empêcher*, ceci est assez rigolo.

*“The Iranian regime needs to know that if it stays on its present course, the international community is prepared to impose meaningful consequences,” Cheney said in a speech to the pro-Israel lobbying group AIPAC.

“For our part, the United States is keeping all options on the table,” he said. “We will not allow Iran to have a nuclear weapon.”

sources: Market Watch et Project Censored



Washington compte s’en prendre aux Kurdes

11 08 2007

kurdmireLes grands alliés de l’armée étasunienne dans sa guerre contre Saddam, les Kurdes, se retrouvent maintenant dans la ligne de mire de ces même étasuniens! Les ÉU comptent organiser, conjointement avec la Turquie, une opération contre le PKK (Parti des travailleurs kurdes, parti indépendantist kurde). Il y aurrait deux raison pour une telle action:

  • Plaire à la Turquie qui n’apprécie guère les actions et motifs du PKK
  • Tuer les opposants Kurdes aux lois pétrolières préconisées par les ÉU permétant la libre exploitation du pétrole irakien par les grandes pétrolières.

La menace étasunienne aurait déjà porté fruit car les authorités kurde d’Irak auraient promis d’empêcher les activités du PKK, et les Kurdes viennent d’approuver une loi pétrolière régionale pour l’exploitation pétrolière par les grandes pétrolières.

sources:



The U.S. could perpetrate a terrorist attack on themselves according to Zbigniew Brzeziński

14 07 2007

In a Financial Times article, (http://www.ft.com/cms/s/f04dd46e-b262-11db-a79f-0000779e2340.html), Zbigniew Brzezinski, former national security adviser to President Jimmy Carter, warns that the Bush administration could try to orchestrate a terrorist attack on the U.S. and then blame it on Iran. The objective would be to facilitate declaring a war against Iran, just as the 9/11 attacks permitted the wars on Afghanistan and Iraq.




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