Derniers rebondissments de l’affaire Hariri

12 06 2008

repris du réseau Voltaire:

Répression politique

Un collaborateur du Réseau Voltaire incarcéré à Berlin

La répression contre le Réseau Voltaire se poursuit. Jürgen Cain Külbel, vient d’être incarcéré à Berlin. Les arguties juridiques employées pour le condamner ne masquent pas l’intention politique de cette décision : notre collaborateur avait démontré que le chef de la mission d’enquête de l’ONU sur l’assassinat de Rafic Hariri avait des liens financiers avec les assassins, et que son principal assistant est un agent de la CIA impliqué dans des enlèvements en Europe.

 

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La prison berlinoise où a été incarcéré le journaliste Jürgen Cain Külbel, coupable d’avoir révélé l’action de la CIA dans l’assassinat de Rafic Hariri, l’organisation de la fausse piste syrienne, et la manipulation de la Commission d’enquête de l’ONU.

 

 

Jürgen Cain Külbel, collaborateur du Réseau Voltaire, a été incarcéré à Berlin. Il lui est reproché d’avoir violé une décision du Tribunal des référés en maintenant un lien actif sur son site Internet vers un article de Voltairenet.org [1]

Cette affaire rocambolesque est une machination de plus de la CIA pour intimider Jürgen Cain Külbel et les collaborateurs du Réseau Voltaire. Voici le mécanisme de cette opération :

Ancien enquêteur de la police est-allemande, Jürgen Cain Külbel a conduit, en tant que journaliste, une enquête indépendante sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri. Il a publié ses conclusions dans un livre édité en allemand et en arabe : Le Dossier Hariri [2] . Il y reprend et approfondi des éléments déjà présentés par le Réseau Voltaire [3]. Thierry Meyssan avait montré qu’une association d’opposants libanais en exil, l’U.S. Committee for a Free Lebanon (USCFL), avait connaissance à l’avance du crime et avait immédiatement lancé une campagne de communication visant à détourner les soupçons vers la Syrie [4]. L’USCFL, que la CIA destinait à former un gouvernement fantôche au Liban en cas d’intervention militaire US, est donc complice, au moins passivement, du meurtre. Talaat Ramih avait montré que l’ancien procureur allemand Detlev Mehlis, devenu chef de la mission d’enquête des Nations Unies, avait été employé par le Washington Institute for Near East Policy (WINEP) [5]. En relevant que l’USCFL est une émanation du WINEP, Jürgen Cain Külbel a montré que le chef de la mission de l’ONU était un ancien employé de personnes impliquées dans le meurtre sur lequel il était chargé d’enquêter. Continuant sur sa lancée, il a établi le rôle de l’assistant principal de Detlev Mehlis, le commissaire principal Gerhard Lehmann, dans les enlèvements perpétrés par la CIA en Europe depuis 2001. M. Lehmann a ainsi été formellement reconnu par une des victimes, Khaled El-Masri [6]. Plusieurs éléments laissent à penser que M. Lehmann pourrait également être impliqué dans la « disparition » à Paris du témoin clé de l’affaire Hariri, Zuhair As-Siddik, le 13 mars dernier [7]

Dès la publication de son livre en allemand, Jürgen Cain Külbel a été approché par un militant palestinien connu résidant en Allemagne, Said Dudin, qui s’est proposé d’éditer l’ouvrage en arabe et d’en assurer la promotion. Mais lorsque M. Külbel est venu à Damas, donner une conférence à la Bibliothèque nationale syrienne, à l’invitation de Syria Alghad (institut de recherche politique membre du Réseau Voltaire), M. Dudin a fait son possible pour discréditer son auteur. L’éditeur a exhorté l’assistance à attaquer les ambassades occidentales et a multiplié les déclarations incendiaires pour déplacer l’attention des médias.

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Conférence de Jürgen Cain Külbel, le 8 mai 2006, à la Bibliothèque nationale syrienne (Damas).

De retour en Allemagne, Jürgen Cain Külbel a tenté d’en savoir plus sur ce saboteur. Il a alors découvert que le prétendu militant de la cause palestinienne était le fils de Mustafa Dudin, un agent secret israélien placé directement sous le commandement du général Ariel Sharon. Découvert, Mustafa Dudin avait été exécuté par la Résistance. Poursuivant ses recherches, Jürgen Cain Külbel découvrit dans les archives de la Stasi, l’ancienne police politique est-allemande, des documents attestant que Said Dudin lui-même était de longue date un agent de la CIA infiltré dans la gauche radicale allemande. Ces documents ont été publiés sur Voltairenet.org [8].

Introduisant une action juidiciaire en référé, Said Dudin a obtenu que le Tribunal de Berlin enjoigne M. Külbel de ne plus faire mention d’aucune manière que ce soit de l’incident survenu à Damas, des fonctions de son père dans les services israéliens et de ses fonctions personnelles à la CIA. Obéissant à la Raison d’État, le Tribunal n’a retenu que les témoignages produits par M. Dudin et a écarté ceux produits M. Külbel, y compris celui du prince Issa El-Ayoubi, vice-président du Réseau Voltaire et petit-neveu du fondateur de la République arabe syrienne, qui avait assisté à l’incident de Damas où il s’était opposé à M. Dudin. En outre, le Tribunal a écarté les documents de la Stasi en vertu d’une loi allemande d’amnistie qui fait interdiction de leur mention.

Or, Jürgen Cain Külbel ayant ultérieurement maintenu sur son site Internet personnel un lien actif vers celui du Réseau Voltaire qui contient les documents illégalement rendus publics de la Stasi, le Tribunal l’a condamné à 10 jours de prison ferme pour violation de son injonction.

 

[1] Page incriminée : « Le journaliste d’investigation face aux manipulations des services secrets », entretien de Jürgen Cain Külbel avec Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 30 juillet 2007.

[2] Mordakte Hariri, Unterdrückte Spuren im Libanon par Jügen Cain Külbel, édition Zeitgeschichte Band 34, 2006 (ISBN 3-89706-860-5).

[3] « Attentat contre Rafic Hariri : Une enquête biaisée ? », par Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 15 septembre 2006.

[4] « Les plans de l’US Committee for a Free Lebanon », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 8 mars 2005.

[5] « La commission Mehlis discréditée », par Talaat Ramih, Réseau Voltaire, 9 décembre 2005.

[6] Allégations de détentions secrètes et de transferts illégaux de détenus concernant des États membres du Conseil de l’Europe, rapport de Dick Marty au Conseil de l’Europe, 12 juin 2006, § 99 et 130.

[7] « Kouchner a « perdu » le témoin-clé de l’enquête Hariri », par Jürgen Cain Külbel, Réseau Voltaire, 21 avril 2008.

[8] Ibid.

 



La démission de l’amiral Fallon relance les hostilités en Irak

14 03 2008

repris du réseau voltaire:

Contrairement à ce qui a été écrit dans la presse dominante, l’amiral William Fallon n’a pas été limogé par ce qu’il s’opposait au président Bush à propos d’une attaque contre l’Iran. Il a démissionné de sa propre initiative après que l’accord qu’il avait négocié et conclu avec Téhéran, Moscou et Pékin ait été saboté par la Maison-Blanche. Le choix de l’administration Bush relance la guerre en Irak et expose gravement les GI’s face à une Résistance désormais soutenue de l’extérieur sans retenue.

Il était presque 22h GMT, mardi 11 mars 2008, lorsque le commandant en chef du Central Command, l’amiral William Fallon, annonça depuis l’Irak qu’il présentait sa démission. Immédiatement à Washington, le secrétaire à la Défense, son ami Robert Gates, dans une conférence de presse improvisée indiquait qu’il acceptait cette décision à regret. Dans les minutes qui suivirent, la rumeur d’une possible attaque états-unienne contre l’Iran se répandit partout dans le monde. En effet, la démission de l’amiral aurait été exigée par la Maison-Blanche à la suite de la publication d’un reportage par le mensuel Esquire [1] rapportant des propos « francs » de l’officier à propos du président Bush. Or, dans le même article, on pouvait lire qu’un renvoi de l’amiral marquerait le signal ultime de la guerre.

Pourtant, cette interprétation est erronée. Elle ignore l’évolution du rapport de forces à Washington. Pour comprendre ce qui est en jeu, revenons un instant en arrière. Nos lecteurs, qui ont été régulièrement informés dans nos colonnes des débats en cours à Washington, se souviendront des menaces de démission de Fallon [2], de la mutinerie des officiers supérieurs [3], des dessous d’Annapolis [4], et de l’infiltration de l’OTAN au Liban [5] que nous avons rapportés dans ces colonnes avant tout le monde ; des révélations qui ont été contestées lors de leur publication et qui sont aujourd’hui largement attestées. Nous ajouterons ici des informations inédites sur les négociations conduites par Fallon.

Le Plan Fallon

Alors que l’establishment états-unien avait approuvé l’entrée en guerre contre l’Irak dans l’espoir d’en tirer de substantiels profits économiques, il a progressivement déchanté. Cette opération génère des coûts directs et indirects démesurés, mais ne rapporte qu’à quelques uns. Dès 2006, la classe dirigeante s’est inquiétée de mettre fin à cette aventure. Elle contestait à la fois le surdéploiement des troupes, l’isolement diplomatique grandissant, et l’hémoragie financière. Elle trouva son expression à travers le rapport Baker-Hamilton qui condamnait le projet de remodelage du Grand Moyen-Orient, et préconisait un retrait militaire d’Irak coordonné avec un rapprochement diplomatique avec Téhéran et Damas.

Sous cette amicale pression, le président Bush fut contraint de limoger Donald Rumsfeld et de le remplacer par Robert Gates (lui-même membre de Commission Baker-Hamilton). Un groupe de travail bipartisan —la Commission Armitage-Nye— fut mis en place pour définir de manière consensuelle une nouvelle politique. Mais il s’avéra que le tandem Bush-Cheney n’avait pas renoncé à ses projets et utilisait ce groupe de travail pour endormir ses rivaux tout en continuant à fourbir ses armes contre l’Iran. Coupant court à ces manœuvres, Gates donna carte blanche à un groupe d’officiers supérieurs qu’il avait fréquenté à l’époque de Bush père. Ceux-ci publièrent, le 3 décembre 2007, un rapport des agences de renseignement discréditant le discours mensonger de la Maison-Blanche sur le prétendue menace iranienne. En outre, ils tentèrent d’imposer au président Bush un rééquilibrage de sa politique proche-orientale au détriment d’Israël.

L’amiral William Fallon exerce une autorité morale sur ce groupe —incluant l’amiral Mike McConnell (directeur national du renseignement), le général Michael Hyden (directeur de la CIA), le général George Casey (chef d’état-major de l’armée de terre), et plus tard l’amiral Mike Mullen (chef-d’état-major inter-armes)—. Homme de sang froid, doué d’une brillante intelligence, il est l’un des derniers grands patrons des forces armées à avoir servi au Vietnam. Préoccupé par la multiplication des théâtres d’opération, par la dispersion des forces et l’épuisement des troupes, il a ouvertement contesté un leadership civil dont la politique ne peut conduire les États-Unis qu’à la défaite.

Dans le prolongement de cette mutinerie, ce groupe d’officiers supérieurs fut autorisé à négocier une sortie de crise honorable avec l’Iran et à préparer un retrait d’Irak. Selon nos sources, ils imaginèrent un accord en trois volets :
- 1. Les États-Unis feraient adopter par le Conseil de sécurité une dernière résolution contre l’Iran pour ne pas perdre la face. Mais cette résolution serait vide et Téhéran s’en accommoderait.
- 2. Mahmoud Ahmadinejad se rendrait en Irak où il affirmerait les intérêts régionaux de l’Iran. Mais ce voyage serait purement symbolique et Washington s’en accommoderait.
- 3. Téhéran pèserait de toute son influence pour normaliser la situation en Irak, et faire passer les groupes qu’il soutient de la résistance armée à l’intégration politique. Cette stabilisation permettrait au Pentagone de retirer ses troupes sans défaite. En contrepartie, Washington cesserait son soutien aux groupes armés de l’opposition iranienne, notamment aux Moujahidines du peuple.

Toujours selon nos sources, Robert Gates et ce groupe d’officiers, encadrés par le général Brent Scowcroft (ancien conseiller national de sécurité), sollicitèrent l’aide de la Russie et de la Chine pour appuyer ce processus. D’abord perplexes, Moscou et Pékin s’assurèrent de l’assentiment forcé de la Maison-Blanche avant de répondre positivement, soulagés d’éviter un conflit incontrôlable.

Vladimir Poutine prit l’engagement de ne pas profiter militairement du retrait US, mais exigea qu’on en tire les conséquences politiques. Il fut donc convenu que la conférence d’Annapolis accoucherait d’une souris, tandis qu’une conférence globale sur le Proche-Orient serait organisée à Moscou pour débloquer les dossiers que l’administration Bush n’avait cessé d’envenimer.
De même Poutine accepta de faciliter le compromis irano-US, mais s’inquiéta d’un Iran trop fort à la frontière méridionale de la Russie. À titre de garantie, il fut convenu que l’Iran accepterait ce qu’il avait toujours refusé : de ne pas fabriquer seul son combustible nucléaire.

Les négociations avec Hu Jintao furent plus complexes, car les dirigeants chinois étaient choqués de découvrir à quel point l’administration Bush leur avait menti à propos de la prétendue menace iranienne. Il fallait donc d’abord rétablir la confiance bilatérale. Heureusement, l’amiral Fallon, qui il y a peu encore commandait le PacCom (zone Pacifique), entretenait des relations de courtoisie avec les Chinois.
Il fut convenu que Pékin laisserait passer une résolution anti-iranienne formelle au Conseil de sécurité, mais que la formulation de ce texte n’entraverait aucunement le commerce sino-iranien.

Le sabotage

Au premier abord, tout sembla fonctionner. Moscou et Pékin acceptèrent de jouer les figurants à Annapolis et de voter la résolution 1803 contre l’Iran. Tandis que le président Ahmadinejad savoura sa visite officielle à Bagadad où il rencontra en secret le chef d’état-major interarmes US, Mike Mullen, pour planifier la baisse de la tension en Irak. Mais le tandem Bush-Cheney ne s’avouait pas vaincu. Il sabota dès qu’il le put cette mécanique bien huilée.

Premièrement, la conférence de Moscou disparut dans les sables mouvants des mirages orientaux avant même d’avoir existé. Deuxièmement, Israël se lança à l’assaut de Gaza et l’OTAN déploya sa flotte au large du Liban de manière à relancer l’embrasement général du Grand Moyen-Orient, alors que Fallon s’efforçait d’éteindre les foyers d’incendie un à un. Troisièmement, la Maison-Blanche, habituellement si prompte à sacrifier ses employés, refusa de lâcher les Moujahidines du peuple.
Exaspérés les Russes massaient leur flotte au sud de Chypre pour surveiller les bâtiments de l’OTAN et envoyaient Sergeï Lavrov en tournée au Proche-Orient avec mission d’armer la Syrie, le Hamas et le Hezbollah pour rééquilibrer le Levant. Tandis que les Iraniens, furieux d’avoir été abusés, encourageaient la Résistance irakienne à casser du GI’s.

Voyant ses efforts réduits à néant, l’amiral Fallon démissionnait, seul moyen pour lui de conserver à terme son honneur et sa crédibilité face à ses interlocuteurs. L’interview d’Esquire, publié deux semaines plus tôt, n’est ici qu’un prétexte.

L’heure de vérité

Dans les trois prochaines semaines, le tandem Bush-Cheney va jouer son va-tout en Irak en faisant parler les armes. Le général David Petraeus, poussera à l’extrême son programme de contre-insurrection de manière à se présenter victorieux devant le Congrès, début avril. Simultanément, la Résistance irakienne, désormais soutenue à la fois par Téhéran, Moscou et Pékin, va multiplier les embuscades et chercher à tuer le maximum d’occupants.

Il appartiendra alors à l’establishment états-unien de tirer les conclusions du champ de bataille. Soit il jugera les résultats de Petraeus sur le terrain acceptables et le tandem Bush-Cheney terminera son mandat sans encombres. Soit, pour éviter le spectre de la défaite, il lui faudra sanctionner la Maison-Blanche et reprendre d’une manière ou d’une autre les négociations que l’amiral Fallon avait conduites.

Simultanément, Ehud Olmert interrompra les négociations initiées avec le Hamas via l’Égypte. Il chauffera la région jusqu’à la visite du président Bush en mai.

Cette fièvre régionale devrait redynamiser le dispositif Bush, qu’il s’agisse des investissements dans le domaine militaro-industriel du fonds Carlyle, au bord de la faillite, ou de la campagne électorale de John McCain.

Vu de Washington, faut-il continuer à sacrifier la vie des GI’s pour une guerre qui a déjà coûté 3 trilliards de dollars et faire haïr les États-Unis même par leurs plus fidèles partenaires alors qu’elle n’a rapporté qu’à quelques sociétés détenues par le clan Bush et ses amis ?

Thierry Meyssan



Film de la semaine: Saddam Husein, le procès que vous ne verrez pas

8 03 2008



Film de la semaine: Iraq for sale

1 03 2008

Banned excerpts:



Films de la semaine

23 02 2008

Je vous présente trois films cette semaine:

Cover-Up: Behind the Iran-contra affair

Cointelpro: the FBI’s war on Black America

Les pays riches sont-ils en faillite?


Les pays riches sont-ils en faillite? 1
envoyé par edyes
Les pays riches sont-ils en faillite? 2
envoyé par edyes
Les pays riches sont-ils en faillite? 3
envoyé par edyes
Les pays riches sont-ils en faillite? 4
envoyé par edyes



Film de la semaine: Sibel Edmonds: Kill the Messanger

18 01 2008

Désolé mais la version française semble avoir été censurée par google: Sibel Edmonds – Une femme à abattre

Mais il y a toute même cette bande annonce sous-titrée:



Film de la semaine

5 01 2008

What I’ve Learned About U.S. Foreign Policy – The War Against The Third World



Avec la mort de Bhutto, les échecs des États-Unis s’approfondissent

28 12 2007

courriel reçu:

(cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Avec la mort de Bhutto, les échecs des États-Unis s’approfondissent

par Mike Ely

Benazir Bhutto, une libérale pro-occidentale notoirement connue pour sa corruption, éduquée à Oxford et Harvard, est retournée au Pakistan au moment où le présent allié des États-Unis dans ce pays, le général-dictateur Musharraf, commençait à vaciller. Elle attendait de Musharraf qu’il se stabilise en lui offrant de partager une partie de son pouvoir (et de son argent).

Maintenant elle est morte. Il est difficile de mettre le doigt sur toutes les retombées qu’aura cet assassinat, mais il est presque certain qu’elles seront majeures. La mort de Bhutto est un moment problématique majeur pour l’impérialisme américain et sa campagne pour l’hégémonie.

CNN a immédiatement présenté les nouvelles d’un angle tendancieux en demandant si des éléments «voyous» au sein du gouvernement pakistanais auraient pu être impliqués. Mais les supporters de Bhutto n’ont pas vu de raison de soupçonner autre chose qu’une implication officielle au plus haut niveau – et dans les émeutes nationales qui ont suivi, ils et elles ont ciblé tous les symboles visibles du dictateur militaire Musharraf.

Il y a une courte liste de suspects pour cet assassinat: Musharraf lui-même et son appareil militaire, qui ne font désormais plus face à une rivale pour le pouvoir et le soutien des États-Unis. Les brutales forces théocratiques islamistes au sein de l’ISI (les services secrets pakistanais). Ou les différentes forces islamistes entretenues et défendues par l’ISI – incluant les talibans afghans et les «combattants étrangers» d’Al-Qaeda (ces deux groupes qui sont d’ailleurs basés dans le nord-ouest du Pakistan avec la protection de l’ISI).

Il y a eu précédemment d’intenses conflits entre Musharraf et les islamistes de l’ISI – à propos de son approbation à l’invasion impérialiste de l’Afghanistan et aux intrusions américaines au Pakistan. Il est probable que des islamistes étaient derrière plusieurs tentatives d’assassinat contre Musharraf. Toutefois, quand il était question de Bhutto, ces forces avaient un vrai terrain d’entente. N’importe lequel d’entre eux pourrait l’avoir tuée, ou il pourrait fort bien s’agir d’un complot conjoint contre un ennemi commun.

Cet évènement détériore grandement la situation globale des États-Unis et ce, pour plusieurs raisons:

1) Les États-Unis n’ont maintenant plus de solution de rechange pour Musharraf. C’était une révélation publique embarrassante pour les États-Unis de prétendre «lutter pour la démocratie» à travers le monde – tout en soutenant en même temps le dictateur militaire Musharraf au Pakistan, en finançant ses opérations à coups de plusieurs millions, en minimisant l’importance de sa répression éhontée du système judiciaire, de la primauté du droit et des élections à l’occidentale. Encore pire (du point de vue des États-Unis) était le fait que Musharraf perdait sa mainmise sur le pays, puisque la population était presque unanimement opposée à son alliance avec les États-Unis. Bhutto, qui dirigeait une des rares forces laïques ayant des racines profondes parmi les masses pauvres du Pakistan, attendait dans les coulisses (peut-être pour une victoire présidentielle démocrate en novembre et un «nouveau visage» pour la soi-disant «guerre au terrorisme». La mort de Bhutto ne met pas fin à l’instabilité au Pakistan – elle va maintenant s’intensifier, alors que les États-Unis ont perdu leur principale candidate de remplacement à Musharraf.

2) La mort de Bhutto renforcit la position des forces théocratiques islamistes au Pakistan. Son parti, le Parti du peuple pakistanais était si étroitement centré sur elle (et l’héritage de sa famille) qu’il est difficile d’imaginer que, sans elle, ce parti pourra continuer à viser d’accéder au même niveau de pouvoir. Le reste de l’opposition libérale au gouvernement actuel est extrêmement fragmenté et souvent discrédité aux yeux de la population.

3) L’élimination de Bhutto poursuit l’objectif de rendre encore plus difficile pour les États-Unis de «pourchasser» Al-Qaeda et les théocrates islamistes talibans au Pakistan. Et il est bien possible que c’est ce qui se produira. Il va être plus difficile pour plusieurs forces de s’exprimer en faveur des actions des États-Unis, ne serait-ce parce qu’elles pourraient subir le même sort que Bhutto. Par ailleurs, cet assassinat arrive à un moment où la situation des États-Unis en Afghanistan a empiré, et où les États-Unis considéraient ouvertement l’augmentation de la taille de ses forces d’occupation afin de prévenir une perte stratégique majeure là-bas.

4) Un véritable cauchemar se dessine pour l’impérialisme américain – leurs attaques contre Al-Qaeda, leur invasion de l’Afghanistan et toute leur offensive globale pourrait mener à ceci: provoquer l’émergence d’une théocratie possédant l’arme nucléaire dans l’un des plus grands pays musulmans du monde. Il est difficile d’imaginer un plus grand échec pour sa politique et sa guerre. Les États-Unis ont transféré des technologies de contrôle nucléaire sophistiquées à des forces au sein de l’armée pakistanaise qu’ils considéraient «fiables» – cela signifiant que les États-Unis ont demandé (en échange pour leur aide grandissante) un contrôle – secret, mais néanmoins réel – sur l’arsenal nucléaire pakistanais. Mais ces mesures désespérées révèlent la peur des États-Unis d’une théocratie islamiste au Pakistan, non pas sa confiance qu’une telle théocratie peut être évitée.

5) Tout accroissement de l’instabilité du Pakistan et tout renforcement des forces islamistes pakistanaises ont un grand impact sur les frontières du pays. Une crise renouvelée pourrait surgir n’importe quand dans le territoire contesté du Cachemire et le long de la frontière indo-pakistanaise. Cela signifie qu’il y a un réel danger d’une confrontation militaire régionale, d’une guerre même (et même d’échanges nucléaires d’un côté à l’autre de la frontière, avec des pertes humaines horrifiques).

6) L’instabilité grandissante au Pakistan «fixe sur place» des parties énormes de l’armée indienne. Cela a des implications réelles pour les mouvements révolutionnaires en Asie du Sud. La pression monte pour que le gouvernement indien et son armée concentrent leur attention sur sa région frontalière occidentale et sur la possibilité d’une guerre majeure – plutôt que sur la mise en place de campagnes de contre-insurrection contre les forces maoïstes à l’intérieur de l’Inde. Et l’imprévisibilité croissante de son ennemi nucléaire à l’ouest signifie que le gouvernement indien pourrait être considérablement plus réticent à considérer des expéditions militaires réactionnaires contre le Népal (comme la militarisation de sa frontière nord et l’occupation de la région frontalière agricole du Terai dans le sud du Népal, dans l’éventualité d’une victoire maoïste).



Statistiques du mois de novembre

19 12 2007

Les dix billets les plus consultés de novembre:

1) Le système bancaire à reserve fractionnelle: la privatisation de l’argent partie I

2) La Croix Rouge aurait volé les victimes de Katrina.

3) Carlyle, les Desmarais et le toujours corrompu Sarkozy

4) Une super bonne technique de propagande: semer le doute

5) La privatisation de l’argent: une introduction

6) L’eau en bouteille de Pepsi, Aquafina, est de l’eau du robinet

7) L’armée française se masse aux frontières du Soudan

8) Xavier Caféïne censuré

9) L’arche de Zoé, que faisaient Nicolas, Cécilia et François dans cette galère

10) Gécamines: un colonisateur à peine chassé qu’un autre arrive

Les pages consultées par certaines institutions:

Mairie de Paris (Bien le bonjour très cher(ère) fidel(èle) lecteur(rice) de la Mairie de Paris!):

Est arrivé sur ce blogue directement.

A visité les pages:

Fidelity Investments:

Est arrivé sur ce blogue en cherchant pour « rfid tunis » et via netvibes.com.

A visité les pages:

La Banque mondiale:

Est arrivé sur ce blogue directement, via le cmaq, et via un compte courriel hotmail.

A visité les pages:

BNP- Paribas:

Est arrivé sur ce blogue via le cmaq, et en cherchant « axa brookfield », « banque populaire r+ », « eni retail congo », « incident bnpparibas en afrique » (hmmm… cherchent-ils à savoir si leur exploitation de l’Afrique est connue?) et « soudan bnp paribas » (ah.. la BNP ferrait-elle partie de la déstabilisation du Soudan? Ce ne serait pas surprenant vu leur affinité avec Total et Power Corporation.).

A visité les pages:

Ministère de la Justice du Canada:

Est arrivé sur ce blogue en recherchant « desouches cour des comptes », « francophonie desouches cour des comptes » et « ddhp francophonie ». Se pourrait-il que les pots-de-vins peut-être versés par Christine Desouches, déléguée aux droits de l’homme et à la démocratie à l’Organisation internationale de la Francophonie, anciennement chargée de mission au Cabinet du ministre de la Coopération et qui a obtenu un doctorat honoris causa l’an dernier de l’UdeM, aient été découverts par le Ministère de la Justice?

A visité les pages:

Airbus (EADS):

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Google:

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Ministère des relations internationales du Québec:

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Total S.A.:

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EDF:

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Ministère des Finances Bèlge:

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Société Générale:

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Banque Populaire:

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Caisse de dépôt et de placement du Québec

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Crédit Agricole:
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Cowen & Co (banque d’investissement):

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A visité les pages:

Ministère des Affaire étrangères Belge:

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SOFEMA:
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Dow Chemical:

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BAE (le plus gros producteur d’armes britanique):

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A visité les pages:

Banque Piguet (appartient à la Banque Cantonale Vaudoise à 83%):

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Bechtel:

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A visité les pages:

Chambre des communes du Canada:

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http://www.fsausomali.org/fileadmin/template/main/themes/images/CARE_logo.jpg ONG CARE (Atlanta, leur siège social):

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Commission Européenne :

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Hermes:
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Natexis (COFACE) (appartient à la Banque Populaire):

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The image “http://www.apisq-qcga.ca/english/images/Logo/logo_gaz-metro.gif” cannot be displayed, because it contains errors.GazMétro:

Est arrivé sur ce blogue en cherchant pour: «Rabaska Carlyle». GazMétro est un des partenaires du Projet Rabaska…Le Groupe Carlyle ne parait pas sur le site du projet, mais se pourrait-il que le Groupe Carlyle soit derrière le projet aussi??

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http://www.coresecurity.com/files/images/clients_2006/energy_utilities/hydro_quebec.gifHydro-Québec:

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http://www.bcs.org/upload/img_200/jpmorgan.jpgJP Morgan Chase:

Est arrivé sur ce blogue en cherchant pour: « »tax evasion » malta».

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http://mobilephonedevelopment.com/wp-content/images/kpmg.gifKPMG:

Est arrivé sur ce blogue en cherchant pour: «géopolitique bénin».

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The image “http://www.rlrs.ca/francais/aboutus/images/brookfieldlogo.gif” cannot be displayed, because it contains errors.Médisolution:

Est arrivé sur ce blogue en cherchant pour: «medisolution+comments».

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Ministère des Affaires étrangères de France:

Est arrivé sur ce blogue en cherchant pour: «xianyang sarkozy».

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http://www.fiskobel.com/iusr/links/LINK70290200412021035PM.gifMinistère de la Justice Belge:

Est arrivé sur ce blogue en cherchant pour: «george forrest tanzania china». Wow! Il semble que le ministère de la justice belge s’intéresse à George Forrest, leur ressortissant sans scrupule, qui pille l’Afrique! Espérons que ce n’est pas pour le protéger!

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http://www.mosrp.uh.edu/images/PETROCHINA.jpgPetrochina:

Est arrivé sur ce blogue en cherchant pour: «’block c + sudan’».

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Bureau du conseil privé (bureau du Premier Ministre du Canada): Est arrivé sur ce blogue en cherchant pour: «histoire petrole map» .

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http://www.projections.be/images/references/rw.gifRégion Wallonne:

Est arrivé sur ce blogue en cherchant pour: «position belgique résolution onu 1756 rdc» .

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http://www.politicalresources.net/senat-be.gifSénat de Belgique:

Est arrivé sur ce blogue en cherchant pour: « »résolution 1756 du conseil »» .

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http://www.webdrain.com/afbeeldingen/20051114_sns_bank.gifSNS Bank N.V.:

Est arrivé sur ce blogue en cherchant pour: «at&t tantalum congo» . AT&T serait-il impliqué dans les attrocités au Congo?

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http://www.haiticulture.ch/images/ch_small.GIFGouvernement Fédéral Suisse:

Est arrivé sur ce blogue en cherchant pour: «fausse conférence de presse incendie fema» .

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https://www.satotravel.com/images/travelResources/stateDept.gif US State Departement:

Est arrivé sur ce blogue en cherchant pour: «strategic resources corporation south africa» . Hmm… le département d’État ferait-il appelle aux services de ces mercenaires?

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The image “http://content.answers.com/main/content/wp/en-commons/thumb/0/09/50px-Un-flag-square.png” cannot be displayed, because it contains errors.ONU (NYC et Genève):

Est arrivé sur ce blogue en cherchant pour: «gaz petrole 8-10 septembre 2007» et .

A visité les pages:

Par ailleurs, plusieurs personnes se rendu ici après avoir fait une recherche pour Benjamin de Rothschild en prison. Ça ma surpris, j’ai donc fais la même recherche et en effet, à partir de sa résidence non loin de celle du président de la république française, il s’amusait à viser une policière avec sont fusil muni d’un pointeur laser, ce qui blessa la cornée de la policière:

Le baron Benjamin de Rothschild remis en liberté

samedi 29 septembre 2007 10h44

L’information avait été révélée par Europe 1… Benjamin de Rothschild a passé la journée de vendredi en garde à vue à Paris. Le baron a finalement été remis en liberté en fin d’après-midi. Il est accusé d’avoir blessé une gardienne de la paix en l’aveuglant avec un stylo laser d’après la version officielle. Mais, selon nos informations, il aurait utilisé un fusil à visée laser. Le baron aurait finalement présenté ses excuses à la policière.

Le fils de Nadine de Rothschild a été laissé libre après une journée de garde à vue à Paris. Le baron de 44 ans était mis en cause dans le cadre d’une enquête sur une blessure effectuée à une gardienne de la paix, à l’oeil.Le banquier a avoué lors de sa garde à vue avoir malencontreusement ébloui la jeune femme, avec un stylo laser. Toutefois selon notre correspondant sur place, il aurait utilisé un fusil à visée laser. Enfin, le riche héritier assure qu’il n’a pas délibérément visé la policière. Le baron a, par l’intermédiaire de son avocat, « présenté ses excuses à ce gardien de la paix ».

Les faits s’étaient déroulés tôt vendredi matin. Une policière de faction dans la rue juste à côté de l’Elysée avait ressenti une brûlure à l’oeil droit, tout en distinguant une lumière, depuis une fenêtre du 10, rue de l’Elysée, adresse de l’hôtel particulier de Benjamin de Rothschild. Le baron avait ensuite été interpellé.

La gardienne de la paix souffre de brûlures. Elle a une petite lésion de la cornée à l’oeil droit, qui lui vaut 5 jours d’arrêt de travail.



Chavez a-t-il truqué les résultats du référendum … pour perdre?

10 12 2007

Reforma Venezuela No Reforma Venezuela Si

Dans un billet précédent je reproduisais un courriel qui m’avait été envoyé dans lequel on apprenait qu’un message d’un agent de la CIA à Caracas, Michael Middleton Steere, au directeur de la CIA, Michael V. Hayden détaillant l’opération Tenaille (déstabilisation et coup d’État pendant le référendum du 2 déc.) aurait été intercepté et diffusé au Vénézuela. Récemment, COMAGUER a traduit ce mémo de l’espagnole au français sur Oulala. La traduction est reproduite au bas de ce billet (à notez que c’est une traduction d’un texte espagnole qui est lui-même une traduction d’un texte anglais, donc si vous souhaitez une plus grande fidélité par rapport au message originelle et connaissez l’espagnole, vous préférez sûrement lire la version espagnole en cliquant ici). En lisant ce texte attribué à la CIA (et pour l’instant rien ne porte à croire que c’est un faux, cf. les témoignages des ex-agents de la CIA), je me suis graduellement mis à me demandé si Chavez n’aurait pas effectivement truqué les résultats du référendum comme l’en accusait préventivement l’opposition, mais dans le sens du «non». Je m’explique.

Premièrement, si le mémo est authentique et que le plan de coup d’État étasunien a des chances de réussir, il est claire qu’il est avantageux pour Chavez  de perdre le référendum car le plan étasunien dépend de la victoire du «Si» pour être implanté. Chavez est donc en face d’une alternative: soit il perd le référendum et ne peux pas implémenter les réformes qu’il souhaite mais il reste en place et peux implémenter la majorité de ces réformes (sauf pour environs six d’entres elles: la possibilité de réélection indéfinie, la création de deux nouveaux types de propriété (mixte et collective), la possibilité de déclarer un état d’exception où certaines libertés seraient suspendues, plus de pouvoir aux conseils communaux et autre composantes du «Pouvoir Populaire» et  le changement à la hausse des pourcentages de la population requise pour demander des référendum) mais de faire face à une revers législatif temporaire et possiblement devoir céder le pouvoir dans cinq ans ou se voir reverser par un coup d’État orchestré par les États-Unis qui placeraient sûrement une marionnette au service de la classe dirigeante des ÉU à sa place au palais de Miraflores.  Personnellement, étant à sa place et ayant la possibilité de choisir, je choisirais clairement la première option, perdre le référendum.

Deuxièmement, comme pour le référendum  sur l’ALÉCA au Costa-Rica (quoique moins prononcé dans le cas du Vénézuela), les sondages, ont constamment montrer que le «Si» était en avance sur le «No» d’environs 10 points. La tendance était relativement stable, contrairement à ce qui se passait en même temps à Québec (qui a eu le vote le même jour avec un taux participation semblable) où Régis Lebeaume, dans son ascension fulgurante,  gagnait une dizaine de points sur sa plus proche rivale, Ann Bourget à chaque sondage successif. De plus, il ne s’est rien passer dans les deux dernière semaine qui justifierait un changement de la donne et la CIA estime elle-même qu’il est impossible de renverser la tendance. Plus significatif encore, les sondages de sortie des urnes rapportaient que le «Si» étaient gagnant avec une avance de 6 à points (la majorité des médias semblent avoir enlevé cette nouvelle de leur site mais en voici un rapporte ce fait: JDD), si l’on suppose que ces sondages avaient une marge d’erreur de 3,5% 19 fois sur 20 (comme la quasi totalité des sondages de ce type) et qu’ils prédisent que le «Si» allait le remporter à 53% contre 47% (la borne inférieur des sondages de sortie des urnes rapportés par les médias occidentaux) alors la probabilité que le «No» gagne est inférieure à 5% (4,3% plus précisément)! Statistiquement c’est donc assez peux probable que le «No» l’ait emporté surtout que les sondages à la sortie des urnes sont habituellement très fiables.

Traduction par COMAGUER du Mémo attribué à la CIA:

SUJET :

ETAT D’AVANCEMENT DE LA PHASE TERMINALE DE L’OPERATION TENAZA

L’auteur MICHAEL MIDDLETON STEERE fait référence à la directive 33623- g- 0217 qui a fixé le programme de l’opération et fait état de son développement

Scénario électoral

Comme indiqué dans le rapport précédent, les tendances des intentions de vote se maintiennent. Selon les diverses évaluations réalisées, y compris les nôtres le OUI a un avantage de 10 à 13 points (soit 57% pour le OUI et 44 % pour le NON). Ces estimations se situent dans le cadre d’une abstention qui avoisine 60 % des inscrits

Selon nos estimations cette tendance est irréversible à court terme, c’est-à-dire que dans les 15 jours qui viennent ces pourcentages ne peuvent pas être modifiés de manière significative.

D’un autre côté, la campagne publicitaire organisée par le PLAN (TENAZA) et les désertions dans les rangs gouvernementaux (PODEMOS-BADUEL par exemple)* ont permis de faire perdre à CHAVEZ 6 points par rapport à son niveau initial, comme cela s’était produit dans des campagnes précédentes où il avait démarré avec un avantage de 15 à 20 %. Cependant il faut s’attendre à ce que cesse leur impact ….

*(Podemos est un petit groupe politique qui avait soutenu CHAVEZ en 99 et BADUEL est un général aujourd’hui en retraite qui a tourné casaque.)

Donc le OUI va gagner mais le PLAN TENAZA a prévu diverses mesures pur faire face au succès du OUI, l’auteur les expose

Empêcher le référendum ou ignorer ses résultats même si dans le même temps on appelle à voter NON. Cette tactique peut paraître contradictoire mais dans la conjoncture électorale actuelle il est nécessaire de combiner ces deux tâches. Dans les jours qui nous restent nous pouvons intensifier les actions visant à empêcher le référendum et simultanément préparer le terrain pour en ignorer le résultat.

Dans la préparation de la non-reconnaissance des résultats du référendum, il est apparu important d’enraciner dans l’opinion l’idée de la victoire du NON et nous continuons à travailler dans ce sens avec les sondeurs que nous avons recrutés. Dans le même temps nous poursuivons une campagne soutenue pour le NON et nous travaillons à la critique de la COMMISSION ELECTORALE NATIONALE et à ses relations avec une série de tricheries de manière à créer dans l’opinion le sentiment de fraude. Dans ce but, nous insistons sur les faiblesses des listes électorales en relation avec une équipe d’experts d’universitaires dont la renommée académique rend crédible une manipulation des listes électorales. De la même façon on sème le doute sur la couleur des urnes et sur les machines à voter.

Dans ce contexte neutraliser le vote du 2 Décembre est consubstantiel avec la consigne VOTE ET RESTE SUR PLACE pour pouvoir susciter une explosion qui nous permette d’exécuter la directive du PLAN TENAZA. Sur ce dernier point, nous avons prévu avec les forces alliées de commencer à donner des informations dans les premières heures de l’après-midi du Dimanche 2 Décembre, en exploitant les premiers sondages dans les bureaux de vote. L’opération montée nécessite une coordination avec les médias au niveau international, comme prévu.

Suit un développement sur les difficultés rencontrées à faire travailler ensemble les divers groupes d’opposition à CHAVEZ et le détail sur ceux qui sont prêts en divers points du territoire à créer au soir du vote :

« Des foyers de contestation engendrant un climat d’ingouvernabilité qui culmine dans un soulèvement d’une partie substantielle de la population »

Cependant il nous parait raisonnable que ce travail opérationnel soit conduit par l’agence (NDT : la CIA) pour éviter des complications pour l’ambassade.

Les tâches immédiates de la phase terminale :

La combinaison des manipulations antérieures (empêcher le référendum, dénoncer la fraude, et occuper la rue) pour une issue victorieuse de notre opération requiert un effort diplomatique soutenu pour isoler encore plus CHAVEZ sur le terrain international, pour créer l’unité de l’opposition et chercher l’alliance des abstentionnistes et des votants du NON, pour augmenter la pression dans la rue dans les jours précédant le 2 Décembre , pour soutenir avec vigueur la propagande contre le gouvernement, exécuter les actions militaires de soutien aux mobilisations et déboucher sur les opérations préparées de nos forces cantonnées sur la base voisine (NDT : probablement en Colombie). Le soutien des équipes venant du pays vert et bleu est coordonné ainsi que l’action maritime depuis le pays bleu et les frontières avec le pays vert sont libres dans les points de passage déterminés.

(NDT :Le code pays n’est pas en clair mais il est probable que sont impliqués la Colombie, la Guyana où le Ministre de « l’attaque » US ROBERT GATES s’est rendu récemment et TRINIDAD ET TOBAGO pour la partie maritime)

L’auteur passe en suite en revue les actions programmées pour les manifestations de rue des étudiants d’opposition, programme qui a été effectivement mis en œuvre depuis et fait la liste de universitaires et universités privées qui les soutiennent

Comme vous le savez, un des objectifs de l’OPERATION TENAZA est de prendre le contrôle d’une partie du territoire et des institutions avec le soutien des citoyens mécontents dans un laps de temps compris entre 72 et 120 heures, délai estimé comme le minimum pour passer à la phase explosive dans laquelle s’inscrit le coup d’Etat militaire.

L’auteur souligne ensuite le rôle clé dans le futur coup d’Etat de la Garde nationale mais remarque qu’elle manque d’unité de commandement puis il indique, en bon fonctionnaire qu’il est, que les 8 millions de dollars qui ont été affectés aux actions de propagande ont pratiquement tous été dépensés et que pour d’autres versements il faudrait les faire sur un autre compte car le précédent a été identifié par le gouvernement vénézuelien.

P.S.

Source : COMAGUER

Pour finir, voici une petite image amusante trouvée sur flickr. À cause d’un positionnement malheureux de leur banderole, la banderole du parti Primero Justicia, accusé d’être une organisation de façade de la CIA par le gouvernement de Chavez (ceci et à prendre dans le contexte de la déclaration de Steere que «En este último aspecto debo informarle que de los $8 millones que fueron transferidos casi todo han sido gastado en propaganda, publicidad y contribuciones a algunas de las organizaciones de fachada.», i.e. les 8 millions de dollars ont été dépensés en propagande, publicité et versés à des organisations de façade), se lit «ERO CIA». Or, ERO, en espagnole, a pour définition: «Dans les potagers d’Aragon (Espagne), l’ensemble des terres, destinées à la culture de légumes.» À cause de ce positionnement malheureux donc, leur banderole se lit «POTAGER À LÉGUME CIA»!

ERO CIA

Note:

Ce texte pourrait peut-être laisser croire que j’appuie le «Si» du référendum. Ceci n’est pas le cas, comme le montre un texte repris sur ce blogue. Malgré le fait que je n’ai rien contre le fait qu’il n’y ait pas de limite à la réélection à la présidence (au Canada comme dans plusieurs autres pays il n’y pas de limites et ce n’est pas un problème) et que je soit favorable à certains article de la réforme (dont celui d’une retraite pour les travailleur/ses autonome et celui de la prise de contrôle de la banque centrale par le gouvernement) je suis profondément opposé à d’autres articles dont la hausse du pourcentage de votants requis pour déclencher des référendums, la possibilité de déclarer un État d’exception (c’est le genre de loi que passent Bush et Blair, quelle sorte d’alternative est Chavez s’il se met à les copier?!) et la création de propriété mixte qui légalise la reprivatisation à moitié du pétrole.

Note 2:

C’est vraiment étrange, on dirait que google image «censure» les images de Chavistas en rouge tenant des pancartes rouges avec une bulle disant «Si» que l’on voit tant dans les médias. Quand j’ai fait une recherche pour trouver des images pour ce texte (j’ai recherché «reforma venezuela»), je n’ai pas réussi à trouvé des images de pancartes «Si» sur google alors que les pancartes «No» sortaient par dizaines. J’ai finalement dû recourir à une recherche sur yahoo…



ex-CIA agents tell of their experience at the agency

6 12 2007



Washington avait donné son feu vert pour l’état d’urgence au Pakistan et pour l’invasion du Koweït

4 12 2007

repris de Voltairenet:


Le Wall Street Journal [1] révèle les dessous de la proclamation de la loi martiale au Pakistan : les membres du cabinet de Pervez Musharraf ont montré aux journalistes les comptes-rendus des réunion qu’ils ont eu avec les officiels US pour les informer de leur projet. George Bush et Condoleeza Rice —qui se sont déclarés « surpris » par la décision de Musharraf— étaient au courant au moins une semaine des projets du dictateur.

À l’époque, ni le Département d’État, ni la Maison-Blanche n’ont manifesté d’opposition notable à ces projets…

Dans les jours qui ont précédé l’annonce de l’instauration de la loi martiale, le 3 novembre 2007, les conseillers et directeurs de cabinet de Pervez Musharraf ont eu une série de réunions avec des diplomates U.S. à Islamabad au cours desquels ils ont exposé à plusieurs reprises les intentions du général-président et son projet d’instauration de la loi martiale. Ces affirmations sont confirmées par des officiels pakistanais et U.S.

L’un des principaux conseillers de Pervez Musharraf a déclaré que les critiques U.S. de ce projet ont été retenues, voire inexistantes, ce qui avait été interprété par l’état-major pakistanais comme un signe que la Maison-Blanche donnait son feu vert à l’opération. « Je leur ai dit, si vous avez une meilleure solution, donnez-la nous » explique un officiel pakistanais. « On nous a répondu, nous n’avons pas d’opinion sur cette affaire ».

Voilà qui rappelle une autre histoire, vieille de 17 ans : le 25 juillet 1990 un certain Saddam Hussein avait eu une réunion avec l’ambassadrice US à Bagdad, April Glaspie, et lui avait demandé par écrit si les USA émettaient une objection à ce que les troupes irakiennes interviennent en territoire frontalier koweitien pour s’emparer des installations de pompage qui captaient illégalement du pétrole irakien.

Après consultation avec le secrétaire d’État de George Bush Senior, James Baker III, l’ambassadrice avait répondu (l’enregistrement a été rendu public en 1991 lors de la commission d’enquête du Congrès) :

« Nous n’avons pas d’opinion sur votre dispute frontalière avec le Koweit.. (…) Cette affaire ne concerne pas l’Amérique. James Baker a donne des instructions à nos porte-parole officiels pour qu’ils insistent particulièrement sur ce point. »

« Nous n’avons pas d’opinion… », en langage diplomatique, cela veut dire « OK, vous pouvez y aller ». Glaspie avait d’ailleurs reconnu, toujours lors de la commission d’enquête de 1991 que : « Nous avons tacitement donné le feu vert à Saddam Hussein pour envahir l’Irak ».

[1] « Pakistan Alerted U.S. It Planned Emergency Rule », par Jay Solomon and Peter Wonacott, The Wall Street Journal, 23 novembre 2007.




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