Les forces de l’ordre étasuniennes procèdent à des arrestations au Canada!

19 06 2008

repris de Radio-Canada:

Vers des patrouilles conjointes permanentes

Le Canada et les États-Unis envisagent de signer un traité afin de permettre à des équipes conjointes de la Garde côtière américaine (US Coast Guard, USCG) et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de patrouiller dans les deux pays.

Le projet émane d’une expérience tentée l’été dernier. Pendant deux mois, 25 agents de la GRC et autant de soldats de la USCG ont patrouillé conjointement les 100 kilomètres de frontière que les deux pays partagent dans les eaux du fleuve Saint-Laurent entre Cornwall, en Ontario, et Salaberry-de-Valleyfield, au Québec.

Les soldats américains, sous la supervision des agents de la police fédérale canadienne, ont pu procéder à plusieurs arrestations en sol canadien. Ils ont notamment intercepté 187 bateaux et saisi 100 kilogrammes de marijuana et plus d’un million de cigarettes de contrebande.

Normalement, la frontière maritime internationale qui sépare les deux pays empêcherait une telle opération.

Dans un rapport préliminaire de la GRC dont Radio-Canada a obtenu copie, la police fédérale canadienne et la Garde côtière américaine recommandent la signature d’un traité entre les deux pays afin de rendre ces patrouilles permanentes. Le Canada voudrait confier à ces équipes conjointes la protection des côtes est et ouest du pays ainsi que la voie maritime du Saint-Laurent, à la hauteur de Cornwall.

Les responsables policiers autant américains que canadiens évoquent les craintes d’attentats terroristes pour justifier le fait de donner un caractère permanent à l’expérience.

Le rapport recommande aussi d’associer la communauté mohawk d’Akwesasne au projet, nommé Shiprider. Il propose également d’élargir l’application du programme à une quinzaine d’autres localités, où le Canada et les États-Unis partagent des eaux communes.

À Ottawa, l’opposition a dénoncé le projet et a soutenu qu’il mettait en péril la souveraineté canadienne. « Pourquoi les conservateurs acceptent-ils que les agents américains fassent la loi en sol canadien, pourquoi renoncer à la souveraineté canadienne? », a demandé le député néo-démocrate Peter Julien.

Le ministre de la Sécurité publique du Canada, Stockwell Day, assure que la souveraineté du Canada est protégée et que le programme est un succès.



Le groupe Carlyle achète Booz Allen Hamilton

30 05 2008

article repris d’Intelligence Online:

Parmi les 80 vice-présidents de la branche gouvernementale de Booz Allen Hamilton, acquise par le Carlyle Group (lire l’éditorial p.1), une dizaine sont explicitement en charge d’une agence américaine de renseignement.

Au siège de Booz Allen Hamilton à McLean en Virginie, les vice-présidents « renseignement » gèrent essentiellement deux types de prestation : la formation des cadres et la fourniture de systèmes critiques aux agences. Quasiment toutes font appel à ses services : NSA, DIA, CIA, NRO, NGA (voir schéma). Même l’IARPA, nouvelle cellule R&D de l’Office of the Director of National Intelligence (ODNI), s’appuie sur les évaluations technologiques de la firme.

La formation des personnels du renseignement constitue une rente pour Booz Allen. Depuis près de dix ans, le groupe coache les cadres du NRO (programme Future Focus). Il a aussi briefé 1 500 analystes de la DIA sur la culture « maison » et les outils de partage du renseignement. En 2005, le FBI lui avait confié la formation d’urgence de 1 000 nouveaux analystes (ACES Program). A l’ODNI, en plus de développer des modules de formations inter-agences, les consultants de Booz Allen travaillent beaucoup sur les ressources humaines, en développant un annuaire de compétences, en supervisant et rationalisant le recours à des sous-traitants et en évaluant le « climat social » qui règne dans la communauté.

Au niveau équipement, Booz Allen est positionné sur les contrats les plus sensibles : conception des nouveaux outils de cryptographie (Cryptographic Modernization Program, NSA) ; modernisation d’infrastructures informatiques (contrat Ground Breaker, NSA, et Encore II, DISA) ; mise en place d’un système de partage du renseignement (contrat Diescon 3, DIA), etc.



Proteus, discret think-tank de prospective de l’ODNI

9 04 2008

repris d’Intelligence Online:

Parmi les nombreux programmes gérés par la branche gouvernementale de Booz Allen Hamilton, actuellement en vente, figure Proteus USA, think-tank fondé et financé par l’ODNI.

Depuis son lancement par l’Office of the Director of National Intelligence (ODNI) à la fin 2005, le think-tank d’études prospectives Proteus USA monte en puissance au sein de la communauté américaine du renseignement. Il réunit aujourd’hui plus de 500 experts issus des principales agences (CIA, NSA, NGA, NRO), des plus hauts échelons du Pentagone et du privé (voir schéma).

Outre le financement de recherches et l’organisation d’un colloque annuel de prospective en géostratégie – le prochain se tiendra en septembre à Carlisle, Pennsylvanie -, Proteus conçoit des outils et méthodes pour appréhender l’avenir dans sa complexité, à l’usage des élites de la sécurité nationale. Il s’appuie notamment sur un jeu de rôle conçu en interne, le Protean Media Critical Thinking Game, utilisé comme support de formation d’analystes seniors.

Pour la première fois cette année, le colloque de Proteus sera organisé conjointement avec le Global Futures Forum (GFF), émanation du Global Futures Partnership, la cellule de prospective de la CIA. Alors que Proteus est très peu ouvert sur l’extérieur et cible principalement les structures décisionnelles américaines, le GFF développe un réseau pérenne d’experts internationaux qui réunit aujourd’hui plus de 30 nationalités. Conçu au sein de la CIA avec le concours de l’Université de Harvard et de la Rand, le GFF s’appuie sur le concept de Collaborative Intelligence et organise des ateliers hors des frontières américaines (au Canada, au Center for Security Studies de Zurich, etc.), sur des problématiques opérationnelles : terrorisme, trafics illicites, prolifération, radicalisation…



La démission de l’amiral Fallon relance les hostilités en Irak

14 03 2008

repris du réseau voltaire:

Contrairement à ce qui a été écrit dans la presse dominante, l’amiral William Fallon n’a pas été limogé par ce qu’il s’opposait au président Bush à propos d’une attaque contre l’Iran. Il a démissionné de sa propre initiative après que l’accord qu’il avait négocié et conclu avec Téhéran, Moscou et Pékin ait été saboté par la Maison-Blanche. Le choix de l’administration Bush relance la guerre en Irak et expose gravement les GI’s face à une Résistance désormais soutenue de l’extérieur sans retenue.

Il était presque 22h GMT, mardi 11 mars 2008, lorsque le commandant en chef du Central Command, l’amiral William Fallon, annonça depuis l’Irak qu’il présentait sa démission. Immédiatement à Washington, le secrétaire à la Défense, son ami Robert Gates, dans une conférence de presse improvisée indiquait qu’il acceptait cette décision à regret. Dans les minutes qui suivirent, la rumeur d’une possible attaque états-unienne contre l’Iran se répandit partout dans le monde. En effet, la démission de l’amiral aurait été exigée par la Maison-Blanche à la suite de la publication d’un reportage par le mensuel Esquire [1] rapportant des propos « francs » de l’officier à propos du président Bush. Or, dans le même article, on pouvait lire qu’un renvoi de l’amiral marquerait le signal ultime de la guerre.

Pourtant, cette interprétation est erronée. Elle ignore l’évolution du rapport de forces à Washington. Pour comprendre ce qui est en jeu, revenons un instant en arrière. Nos lecteurs, qui ont été régulièrement informés dans nos colonnes des débats en cours à Washington, se souviendront des menaces de démission de Fallon [2], de la mutinerie des officiers supérieurs [3], des dessous d’Annapolis [4], et de l’infiltration de l’OTAN au Liban [5] que nous avons rapportés dans ces colonnes avant tout le monde ; des révélations qui ont été contestées lors de leur publication et qui sont aujourd’hui largement attestées. Nous ajouterons ici des informations inédites sur les négociations conduites par Fallon.

Le Plan Fallon

Alors que l’establishment états-unien avait approuvé l’entrée en guerre contre l’Irak dans l’espoir d’en tirer de substantiels profits économiques, il a progressivement déchanté. Cette opération génère des coûts directs et indirects démesurés, mais ne rapporte qu’à quelques uns. Dès 2006, la classe dirigeante s’est inquiétée de mettre fin à cette aventure. Elle contestait à la fois le surdéploiement des troupes, l’isolement diplomatique grandissant, et l’hémoragie financière. Elle trouva son expression à travers le rapport Baker-Hamilton qui condamnait le projet de remodelage du Grand Moyen-Orient, et préconisait un retrait militaire d’Irak coordonné avec un rapprochement diplomatique avec Téhéran et Damas.

Sous cette amicale pression, le président Bush fut contraint de limoger Donald Rumsfeld et de le remplacer par Robert Gates (lui-même membre de Commission Baker-Hamilton). Un groupe de travail bipartisan —la Commission Armitage-Nye— fut mis en place pour définir de manière consensuelle une nouvelle politique. Mais il s’avéra que le tandem Bush-Cheney n’avait pas renoncé à ses projets et utilisait ce groupe de travail pour endormir ses rivaux tout en continuant à fourbir ses armes contre l’Iran. Coupant court à ces manœuvres, Gates donna carte blanche à un groupe d’officiers supérieurs qu’il avait fréquenté à l’époque de Bush père. Ceux-ci publièrent, le 3 décembre 2007, un rapport des agences de renseignement discréditant le discours mensonger de la Maison-Blanche sur le prétendue menace iranienne. En outre, ils tentèrent d’imposer au président Bush un rééquilibrage de sa politique proche-orientale au détriment d’Israël.

L’amiral William Fallon exerce une autorité morale sur ce groupe —incluant l’amiral Mike McConnell (directeur national du renseignement), le général Michael Hyden (directeur de la CIA), le général George Casey (chef d’état-major de l’armée de terre), et plus tard l’amiral Mike Mullen (chef-d’état-major inter-armes)—. Homme de sang froid, doué d’une brillante intelligence, il est l’un des derniers grands patrons des forces armées à avoir servi au Vietnam. Préoccupé par la multiplication des théâtres d’opération, par la dispersion des forces et l’épuisement des troupes, il a ouvertement contesté un leadership civil dont la politique ne peut conduire les États-Unis qu’à la défaite.

Dans le prolongement de cette mutinerie, ce groupe d’officiers supérieurs fut autorisé à négocier une sortie de crise honorable avec l’Iran et à préparer un retrait d’Irak. Selon nos sources, ils imaginèrent un accord en trois volets :
- 1. Les États-Unis feraient adopter par le Conseil de sécurité une dernière résolution contre l’Iran pour ne pas perdre la face. Mais cette résolution serait vide et Téhéran s’en accommoderait.
- 2. Mahmoud Ahmadinejad se rendrait en Irak où il affirmerait les intérêts régionaux de l’Iran. Mais ce voyage serait purement symbolique et Washington s’en accommoderait.
- 3. Téhéran pèserait de toute son influence pour normaliser la situation en Irak, et faire passer les groupes qu’il soutient de la résistance armée à l’intégration politique. Cette stabilisation permettrait au Pentagone de retirer ses troupes sans défaite. En contrepartie, Washington cesserait son soutien aux groupes armés de l’opposition iranienne, notamment aux Moujahidines du peuple.

Toujours selon nos sources, Robert Gates et ce groupe d’officiers, encadrés par le général Brent Scowcroft (ancien conseiller national de sécurité), sollicitèrent l’aide de la Russie et de la Chine pour appuyer ce processus. D’abord perplexes, Moscou et Pékin s’assurèrent de l’assentiment forcé de la Maison-Blanche avant de répondre positivement, soulagés d’éviter un conflit incontrôlable.

Vladimir Poutine prit l’engagement de ne pas profiter militairement du retrait US, mais exigea qu’on en tire les conséquences politiques. Il fut donc convenu que la conférence d’Annapolis accoucherait d’une souris, tandis qu’une conférence globale sur le Proche-Orient serait organisée à Moscou pour débloquer les dossiers que l’administration Bush n’avait cessé d’envenimer.
De même Poutine accepta de faciliter le compromis irano-US, mais s’inquiéta d’un Iran trop fort à la frontière méridionale de la Russie. À titre de garantie, il fut convenu que l’Iran accepterait ce qu’il avait toujours refusé : de ne pas fabriquer seul son combustible nucléaire.

Les négociations avec Hu Jintao furent plus complexes, car les dirigeants chinois étaient choqués de découvrir à quel point l’administration Bush leur avait menti à propos de la prétendue menace iranienne. Il fallait donc d’abord rétablir la confiance bilatérale. Heureusement, l’amiral Fallon, qui il y a peu encore commandait le PacCom (zone Pacifique), entretenait des relations de courtoisie avec les Chinois.
Il fut convenu que Pékin laisserait passer une résolution anti-iranienne formelle au Conseil de sécurité, mais que la formulation de ce texte n’entraverait aucunement le commerce sino-iranien.

Le sabotage

Au premier abord, tout sembla fonctionner. Moscou et Pékin acceptèrent de jouer les figurants à Annapolis et de voter la résolution 1803 contre l’Iran. Tandis que le président Ahmadinejad savoura sa visite officielle à Bagadad où il rencontra en secret le chef d’état-major interarmes US, Mike Mullen, pour planifier la baisse de la tension en Irak. Mais le tandem Bush-Cheney ne s’avouait pas vaincu. Il sabota dès qu’il le put cette mécanique bien huilée.

Premièrement, la conférence de Moscou disparut dans les sables mouvants des mirages orientaux avant même d’avoir existé. Deuxièmement, Israël se lança à l’assaut de Gaza et l’OTAN déploya sa flotte au large du Liban de manière à relancer l’embrasement général du Grand Moyen-Orient, alors que Fallon s’efforçait d’éteindre les foyers d’incendie un à un. Troisièmement, la Maison-Blanche, habituellement si prompte à sacrifier ses employés, refusa de lâcher les Moujahidines du peuple.
Exaspérés les Russes massaient leur flotte au sud de Chypre pour surveiller les bâtiments de l’OTAN et envoyaient Sergeï Lavrov en tournée au Proche-Orient avec mission d’armer la Syrie, le Hamas et le Hezbollah pour rééquilibrer le Levant. Tandis que les Iraniens, furieux d’avoir été abusés, encourageaient la Résistance irakienne à casser du GI’s.

Voyant ses efforts réduits à néant, l’amiral Fallon démissionnait, seul moyen pour lui de conserver à terme son honneur et sa crédibilité face à ses interlocuteurs. L’interview d’Esquire, publié deux semaines plus tôt, n’est ici qu’un prétexte.

L’heure de vérité

Dans les trois prochaines semaines, le tandem Bush-Cheney va jouer son va-tout en Irak en faisant parler les armes. Le général David Petraeus, poussera à l’extrême son programme de contre-insurrection de manière à se présenter victorieux devant le Congrès, début avril. Simultanément, la Résistance irakienne, désormais soutenue à la fois par Téhéran, Moscou et Pékin, va multiplier les embuscades et chercher à tuer le maximum d’occupants.

Il appartiendra alors à l’establishment états-unien de tirer les conclusions du champ de bataille. Soit il jugera les résultats de Petraeus sur le terrain acceptables et le tandem Bush-Cheney terminera son mandat sans encombres. Soit, pour éviter le spectre de la défaite, il lui faudra sanctionner la Maison-Blanche et reprendre d’une manière ou d’une autre les négociations que l’amiral Fallon avait conduites.

Simultanément, Ehud Olmert interrompra les négociations initiées avec le Hamas via l’Égypte. Il chauffera la région jusqu’à la visite du président Bush en mai.

Cette fièvre régionale devrait redynamiser le dispositif Bush, qu’il s’agisse des investissements dans le domaine militaro-industriel du fonds Carlyle, au bord de la faillite, ou de la campagne électorale de John McCain.

Vu de Washington, faut-il continuer à sacrifier la vie des GI’s pour une guerre qui a déjà coûté 3 trilliards de dollars et faire haïr les États-Unis même par leurs plus fidèles partenaires alors qu’elle n’a rapporté qu’à quelques sociétés détenues par le clan Bush et ses amis ?

Thierry Meyssan



Film de la semaine: Saddam Husein, le procès que vous ne verrez pas

8 03 2008



Film de la semaine: Iraq for sale

1 03 2008

Banned excerpts:



Films de la semaine

23 02 2008

Je vous présente trois films cette semaine:

Cover-Up: Behind the Iran-contra affair

Cointelpro: the FBI’s war on Black America

Les pays riches sont-ils en faillite?


Les pays riches sont-ils en faillite? 1
envoyé par edyes
Les pays riches sont-ils en faillite? 2
envoyé par edyes
Les pays riches sont-ils en faillite? 3
envoyé par edyes
Les pays riches sont-ils en faillite? 4
envoyé par edyes



Ce que pourrait acheter l’argent gaspillée en guerroyant en Iraq

9 02 2008



Film de la semaine: Sibel Edmonds: Kill the Messanger

18 01 2008

Désolé mais la version française semble avoir été censurée par google: Sibel Edmonds – Une femme à abattre

Mais il y a toute même cette bande annonce sous-titrée:



Film de la semaine: Confessions of an Economic Hitman

29 12 2007

PART I:

PART II:



Avec la mort de Bhutto, les échecs des États-Unis s’approfondissent

28 12 2007

courriel reçu:

(cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Avec la mort de Bhutto, les échecs des États-Unis s’approfondissent

par Mike Ely

Benazir Bhutto, une libérale pro-occidentale notoirement connue pour sa corruption, éduquée à Oxford et Harvard, est retournée au Pakistan au moment où le présent allié des États-Unis dans ce pays, le général-dictateur Musharraf, commençait à vaciller. Elle attendait de Musharraf qu’il se stabilise en lui offrant de partager une partie de son pouvoir (et de son argent).

Maintenant elle est morte. Il est difficile de mettre le doigt sur toutes les retombées qu’aura cet assassinat, mais il est presque certain qu’elles seront majeures. La mort de Bhutto est un moment problématique majeur pour l’impérialisme américain et sa campagne pour l’hégémonie.

CNN a immédiatement présenté les nouvelles d’un angle tendancieux en demandant si des éléments «voyous» au sein du gouvernement pakistanais auraient pu être impliqués. Mais les supporters de Bhutto n’ont pas vu de raison de soupçonner autre chose qu’une implication officielle au plus haut niveau – et dans les émeutes nationales qui ont suivi, ils et elles ont ciblé tous les symboles visibles du dictateur militaire Musharraf.

Il y a une courte liste de suspects pour cet assassinat: Musharraf lui-même et son appareil militaire, qui ne font désormais plus face à une rivale pour le pouvoir et le soutien des États-Unis. Les brutales forces théocratiques islamistes au sein de l’ISI (les services secrets pakistanais). Ou les différentes forces islamistes entretenues et défendues par l’ISI – incluant les talibans afghans et les «combattants étrangers» d’Al-Qaeda (ces deux groupes qui sont d’ailleurs basés dans le nord-ouest du Pakistan avec la protection de l’ISI).

Il y a eu précédemment d’intenses conflits entre Musharraf et les islamistes de l’ISI – à propos de son approbation à l’invasion impérialiste de l’Afghanistan et aux intrusions américaines au Pakistan. Il est probable que des islamistes étaient derrière plusieurs tentatives d’assassinat contre Musharraf. Toutefois, quand il était question de Bhutto, ces forces avaient un vrai terrain d’entente. N’importe lequel d’entre eux pourrait l’avoir tuée, ou il pourrait fort bien s’agir d’un complot conjoint contre un ennemi commun.

Cet évènement détériore grandement la situation globale des États-Unis et ce, pour plusieurs raisons:

1) Les États-Unis n’ont maintenant plus de solution de rechange pour Musharraf. C’était une révélation publique embarrassante pour les États-Unis de prétendre «lutter pour la démocratie» à travers le monde – tout en soutenant en même temps le dictateur militaire Musharraf au Pakistan, en finançant ses opérations à coups de plusieurs millions, en minimisant l’importance de sa répression éhontée du système judiciaire, de la primauté du droit et des élections à l’occidentale. Encore pire (du point de vue des États-Unis) était le fait que Musharraf perdait sa mainmise sur le pays, puisque la population était presque unanimement opposée à son alliance avec les États-Unis. Bhutto, qui dirigeait une des rares forces laïques ayant des racines profondes parmi les masses pauvres du Pakistan, attendait dans les coulisses (peut-être pour une victoire présidentielle démocrate en novembre et un «nouveau visage» pour la soi-disant «guerre au terrorisme». La mort de Bhutto ne met pas fin à l’instabilité au Pakistan – elle va maintenant s’intensifier, alors que les États-Unis ont perdu leur principale candidate de remplacement à Musharraf.

2) La mort de Bhutto renforcit la position des forces théocratiques islamistes au Pakistan. Son parti, le Parti du peuple pakistanais était si étroitement centré sur elle (et l’héritage de sa famille) qu’il est difficile d’imaginer que, sans elle, ce parti pourra continuer à viser d’accéder au même niveau de pouvoir. Le reste de l’opposition libérale au gouvernement actuel est extrêmement fragmenté et souvent discrédité aux yeux de la population.

3) L’élimination de Bhutto poursuit l’objectif de rendre encore plus difficile pour les États-Unis de «pourchasser» Al-Qaeda et les théocrates islamistes talibans au Pakistan. Et il est bien possible que c’est ce qui se produira. Il va être plus difficile pour plusieurs forces de s’exprimer en faveur des actions des États-Unis, ne serait-ce parce qu’elles pourraient subir le même sort que Bhutto. Par ailleurs, cet assassinat arrive à un moment où la situation des États-Unis en Afghanistan a empiré, et où les États-Unis considéraient ouvertement l’augmentation de la taille de ses forces d’occupation afin de prévenir une perte stratégique majeure là-bas.

4) Un véritable cauchemar se dessine pour l’impérialisme américain – leurs attaques contre Al-Qaeda, leur invasion de l’Afghanistan et toute leur offensive globale pourrait mener à ceci: provoquer l’émergence d’une théocratie possédant l’arme nucléaire dans l’un des plus grands pays musulmans du monde. Il est difficile d’imaginer un plus grand échec pour sa politique et sa guerre. Les États-Unis ont transféré des technologies de contrôle nucléaire sophistiquées à des forces au sein de l’armée pakistanaise qu’ils considéraient «fiables» – cela signifiant que les États-Unis ont demandé (en échange pour leur aide grandissante) un contrôle – secret, mais néanmoins réel – sur l’arsenal nucléaire pakistanais. Mais ces mesures désespérées révèlent la peur des États-Unis d’une théocratie islamiste au Pakistan, non pas sa confiance qu’une telle théocratie peut être évitée.

5) Tout accroissement de l’instabilité du Pakistan et tout renforcement des forces islamistes pakistanaises ont un grand impact sur les frontières du pays. Une crise renouvelée pourrait surgir n’importe quand dans le territoire contesté du Cachemire et le long de la frontière indo-pakistanaise. Cela signifie qu’il y a un réel danger d’une confrontation militaire régionale, d’une guerre même (et même d’échanges nucléaires d’un côté à l’autre de la frontière, avec des pertes humaines horrifiques).

6) L’instabilité grandissante au Pakistan «fixe sur place» des parties énormes de l’armée indienne. Cela a des implications réelles pour les mouvements révolutionnaires en Asie du Sud. La pression monte pour que le gouvernement indien et son armée concentrent leur attention sur sa région frontalière occidentale et sur la possibilité d’une guerre majeure – plutôt que sur la mise en place de campagnes de contre-insurrection contre les forces maoïstes à l’intérieur de l’Inde. Et l’imprévisibilité croissante de son ennemi nucléaire à l’ouest signifie que le gouvernement indien pourrait être considérablement plus réticent à considérer des expéditions militaires réactionnaires contre le Népal (comme la militarisation de sa frontière nord et l’occupation de la région frontalière agricole du Terai dans le sud du Népal, dans l’éventualité d’une victoire maoïste).



ex-CIA agents tell of their experience at the agency

6 12 2007



Washington avait donné son feu vert pour l’état d’urgence au Pakistan et pour l’invasion du Koweït

4 12 2007

repris de Voltairenet:


Le Wall Street Journal [1] révèle les dessous de la proclamation de la loi martiale au Pakistan : les membres du cabinet de Pervez Musharraf ont montré aux journalistes les comptes-rendus des réunion qu’ils ont eu avec les officiels US pour les informer de leur projet. George Bush et Condoleeza Rice —qui se sont déclarés « surpris » par la décision de Musharraf— étaient au courant au moins une semaine des projets du dictateur.

À l’époque, ni le Département d’État, ni la Maison-Blanche n’ont manifesté d’opposition notable à ces projets…

Dans les jours qui ont précédé l’annonce de l’instauration de la loi martiale, le 3 novembre 2007, les conseillers et directeurs de cabinet de Pervez Musharraf ont eu une série de réunions avec des diplomates U.S. à Islamabad au cours desquels ils ont exposé à plusieurs reprises les intentions du général-président et son projet d’instauration de la loi martiale. Ces affirmations sont confirmées par des officiels pakistanais et U.S.

L’un des principaux conseillers de Pervez Musharraf a déclaré que les critiques U.S. de ce projet ont été retenues, voire inexistantes, ce qui avait été interprété par l’état-major pakistanais comme un signe que la Maison-Blanche donnait son feu vert à l’opération. « Je leur ai dit, si vous avez une meilleure solution, donnez-la nous » explique un officiel pakistanais. « On nous a répondu, nous n’avons pas d’opinion sur cette affaire ».

Voilà qui rappelle une autre histoire, vieille de 17 ans : le 25 juillet 1990 un certain Saddam Hussein avait eu une réunion avec l’ambassadrice US à Bagdad, April Glaspie, et lui avait demandé par écrit si les USA émettaient une objection à ce que les troupes irakiennes interviennent en territoire frontalier koweitien pour s’emparer des installations de pompage qui captaient illégalement du pétrole irakien.

Après consultation avec le secrétaire d’État de George Bush Senior, James Baker III, l’ambassadrice avait répondu (l’enregistrement a été rendu public en 1991 lors de la commission d’enquête du Congrès) :

« Nous n’avons pas d’opinion sur votre dispute frontalière avec le Koweit.. (…) Cette affaire ne concerne pas l’Amérique. James Baker a donne des instructions à nos porte-parole officiels pour qu’ils insistent particulièrement sur ce point. »

« Nous n’avons pas d’opinion… », en langage diplomatique, cela veut dire « OK, vous pouvez y aller ». Glaspie avait d’ailleurs reconnu, toujours lors de la commission d’enquête de 1991 que : « Nous avons tacitement donné le feu vert à Saddam Hussein pour envahir l’Irak ».

[1] « Pakistan Alerted U.S. It Planned Emergency Rule », par Jay Solomon and Peter Wonacott, The Wall Street Journal, 23 novembre 2007.



Iraqi MPs demand timetable for withdrawal of US troops

28 11 2007


Iraqi MPs demand timetable for withdrawal

Is the U.N. troop mandate defying Iraqi law?

Thursday November 22nd, 2007

Raed Jarrar is an architect and political analyst currently based in Washington DC. He was born in Baghdad and spent most of his life in Iraq, where he obtained his first degree in architecture at the University of Baghdad. He also founded an NGO called “Emaar” that carried out community work in Baghdad.

James Paul has been Executive Director of Global Policy Forum since its foundation in late 1993. He is a prominent figure in the NGO advocacy community at the United Nations and a well-known speaker and writer on the UN and global policy issues. Born in New York City, he earned a B.A. from Harvard College, M.A. from Oxford University, and his Ph.D. from New York University in 1975 with a specialty in comparative politics.



Malalai Joya: Afghan woman parliamentarian speaks out

28 11 2007


Afghanistan: Caught between extremes

Malalai Joya: Afghan woman parliamentarian speaks out

Friday November 16th, 2007




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