David Cameron serait-il secrètement un communiste?

20 09 2007

http://blocs.mesvilaweb.cat/media/MDYtMDAxIENhbWVyb24gTGVmdCBUdXJu_56162_6129_1.jpg«Sous les Travaillistes (Labor) la prospérité économique du RU a été construite sur une montagne de dettes»* a récemment affirmé David Cameron, chef du parti conservateur du RU comme vous pouvez le voir dans le vidéo au bas de cet article (après son intervention sur l’équité salariale (!?!) qui semble être plus à propos de donner plus contrats pour les compagnies d’auditeurs comme la compagnie qui a organisé sa présentation (KPMG) qu’à propos d’apporter une réelle équité salariale). Ceci est une drôle d’affirmation de la part d’un conservateur puisque comme expliqué à la fin du deuxième article de la série sur le système bancaire à réserve fractionnelle, le système financier actuel impose que la croissance «soit construite sur une montagne de dette» donc à moins que Cameron soit un communiste ou un créditiste il est difficile d’imaginer qu’il puisse proposer autre chose. En écoutant plus en détail ce que Cameron a à dire on se rend vite compte qu’il ne s’est effectivement pas trompé de parti, il ne compte pas changer le système financier. En effet, il ne compte implémenter que deux mesures concrètes. Premièrement rendre la direction de la Banque d’Angleterre indépendante du gouvernement!? De toute évidence, cela n’aura absolument aucun effet sur la nécessité du système actuel se créer des dettes pour financer la croissance, l’effet que cela aura est d’enlever tout contrôle du public (déjà minime) sur la politique monétaire du pays via les élections. Deuxièmement, permettre aux institutions financières d’échanger toutes les informations de leurs client(e)s entre-elles!! Cela, aura évidemment encore une fois aucun effet sur la nécessité de la création de dettes mais représentera un important revers en ce qui a trait à la protection de la vie privée!

Cameron a aussi suggérer la possibilité d’une autre mesure concrète mais il ne semblait pas aussi certain de vouloir la réaliser car il le pose comme une question: «devrait-on requérir les mêmes réserves pour les nouveaux véhicules financiers que pour prêts?» Simplement dit, il demande s’il le taux de réserve minimal devrait s’appliquer sur aussi sur les nouveaux véhicules financiers aux lieux de seulement les comptes chèques. Notons que l’Angleterre avec un taux minimal de 0.35% est considéré dans les milieux financiers comme ayant effectivement un taux de zéro mais si ce taux devait s’appliquer sur autre chose que seuls les comptes courant peut-être que cela changerait quelque chose. Les nouveaux véhicules financiers dont parle Cameron sont les obligations de dettes collatéralisées (CDO en anglais) et les conduits (SIV = Structured investement vehicle). Ces instruments on exacerbé la «crise», surtout les conduits qui grosso modo sont la chose suivante.

Une banque à Londres, disons Goldman Sachs (GS), établie une banque virtuelle dans un paradis fiscal, disons Banque SIV inc. à Jersey, pour ne payer aucune taxe ou impôt sur l’ensemble des transactions ainsi que pour échapper à l’inspections des autorités financières (ainsi quand Cameron parle de transparence, il parle dans le vide tant que les institutions financières des pays normaux auront le droit de faire des transactions avec et dans les paradis fiscaux). Cette banque virtuelle n’aura qu’une seule fonction, premièrement elle émets des obligations à très court terme appellées billets de trésorie et avec l’argent ramassée elle achète des obligations ou des dettes à long terme (comme des hypothèques) afin de pouvoir profiter de la courbe de taux. Ensuite, GS divise la Banque SIV inc. en parts et la vend à petits morceaux à ses clients (fonds d’investissement, fonds de retraites, autres banques, etc.) et en garde possiblement une partie. Ces morceaux peuvent êtres ultérieurement «repackagés» (repackager signifiant qu’une nouvelle banque SIV2 est établie qui achète les parts de SIV1 pour ses obligations) avec d’autres instruments financiers en obligations de dettes collatéralisées (ODC). Ces OCD sont ensuite repackagées en d’autres OCD qui sont eux mêmes repackagées, et ainsi de suite ad infinitum. Le problème avec ce genre d’instrument est que si l’argent vient à manquer et que la courbe des taux vient à «s’inverser» alors la banque SIV inc. ne peut se refinancer (émettre d’autres dettes à court terme pour repayer sa dette à court terme précédente lorsque cette dernière vient à échéance) et donc doit faire faillite. Mais si SIV1 fait faillite, alors toute la montagne de SIV/OCD constuite avec comme base SIV1 s’écroule et pleins d’investisseur/spéculateurs perdent pleins d’argent et ils ne sont pas content donc ils exigent des banques centrales (vu qu’ils sont les seuls à comprendre plus ou moins la finance ils n’ont jamais de difficulté à convaincre les banques centrales d’agir comme ils le demandent car la banque centrale sais que les gens ordinaires ne s’opposeront jamais à ce que la banque centrale fait pour manque de compréhension et ce sans compté que les gens aux banques centrales sont le plus souvent issus de banques privées et leurs amis et connaissances travaillent dans les banques privées) qu’elles versent pleins d’argent dans le système afin d’abaisser les taux d’intérêts à court terme. Cela permet aux banques SIV de ne pas faire faillite immédiatement et donc permet aux gens qui savent se qu’ils font de se débarrasser au plus vite de ces «Nouveaux instruments financiers» et de les refiler à un public dupe qui a repris confiance dans les marchés (ADDENDUM: comme c’est ouvertement admis par Reuters ici). Tout ça pour dire que ce dernier questionnement de Cameron aiderait en effet un peu à stabiliser les marchés financiers car devant garder des réserves, les banques SIV pourraient survivre quelque jours de plus s’ils n’arrivaient pas à se refinancer immédiatement. Par contre, cela ne changera rien au fait que sous le système actuel, la création d’argent se fait via la création de dette et donc toute croissance économique sera toujours faite «sur le dos d’une montagne de dettes».

Sur un autre sujet, Cameron révèle des choses intéressante. En effet il mentionne que le secteur financier a contribuer pour un tier de la croissance économque du Ru au cours de la dernière année et on peut vérifier que le secteur financier compte pour environs 27% de l’économie du RU alors que Cameron dit qu’il ne paie que 10% des taxes et impôts!! Ya d’l'crosse à que’qu’part!
*«under Labour our economic growth has been built on a mountain of debt»



Le système bancaire à réserve fractionnelle: la privatisation de l’argent (partie II)

17 09 2007

dixpiastresbmo

Ceci est la deuxième partie d’une série d’au moins trois articles. La première partie est ici. Cette partie est plus technique (et peut être sautée sans perdre trop de l’aspect qualitatif de la chose) mais n’est pas vraiment plus difficile, il suffit d’un peu plus de patience. Dans cet article, on reprend, généralise et étend l’exemple de la partie I aux transactions bancaires les plus communes. Dans le prochain article (partie III) on parlera de l’inflation dans un système bancaire à réserve fractionnelle et d’un peu d’histoire.

Second exemple: plus technique et plus mathématique mais quand même relativement facile

Maintenant prenons notre banque préférée, la banque Grôssbanque. En décembre 1949 la banque Grôssbanque a imprimé un gros billet de R$ (un gros chiffre) et l’a ensuite converti en beaucoup de billets de 100$ et en argent électronique (des «blips» dans l’ordinateur de la banque centrale au nom de Grôssbanque, librement convertibles en argent papier) auprès de la banque centrale tout à fait légalement. Grôssbanque a donc R$ qui lui appartient, mais elle a aussi, grâce aux dépôts de ses dépositeurs (c’est-à-dire les gens qui ont un compte en banque chez Grôssbanque), D$ dans ses coffres forts. Grôssbanque a donc une réserve d’argent de (R+D)$ (cases jaunes dans le Tableau I). Grôssbanque veut faire de l’argent, elle veut donc prêter un maximum d’argent pour un gagner un maximum d’intérêt dessus. Combien d’argent Grôssbanque peut-elle prêter au maximum? Naïvement on croirait que ce serait R$, l’argent qui lui appartient, ou en tout cas, certainement rien de plus que (R+D)$ l’argent qu’elle entrepose dans ses coffres forts. Éh bien non. Grôssbanque peut prêter beaucoup plus que ce qui lui appartient ou que ce qui est déposé dans ses coffres: Grôssbanque peu prêter tant que les réserves de ses coffres forts représentent plus de T% de ses obligations envers ses clients. Autrement dit, si M$ est le montant maximal que peut prêter Grôssbanque, alors on a que:

T = (R+D)/(M+D) * 100

car l’argent que Grôssbanque doit rendre disponible à ses clients est le M$ qu’elle leurs prête et les D$ qu’ils ont déposé eux-mêmes dans leur compte chez Grôssbanque et l’argent qui est en fait disponible à Grôssbanque est le R$ qui lui appartient et les D$ que ses clients lui ont «prêté». La loi requiert alors que le ratio de ces deux quantités soit d’au moins T%. On peu réécrire l’équation d’en haut comme suit:

M = (100/T)*R + (100/T-1)*D

Donc si T est inférieur à 50 (ce qui est le cas pour la majorité des pays), on aura bien que M, le montant d’argent maximal que peux prêter la banque est supérieur à R+D, l’argent qu’a la banque dans ses coffres! Par exemple, pour T = 10% comme aux États-Unis on a M = 10*R + 9*D! La banque crée donc de l’argent qui n’existait pas avant! Notons par ailleurs que plus T est petit, plus la banque peut créer de l’argent. Si T = 0 (un taux minimal de réserve de 0%) cela veut dire que la banque peut créer et prêter autant d’argent qu’elle le veut, indépendamment de l’argent qu’elle possède vraiment ou de l’argent déposé chez elle par des dépositeurs, c’est la situation au Canada depuis 1994.

Pour ce qui suit, nous utiliserons des mini-simili-tableaux-comptables où sont comptabilisées chaque transactions. Notons que le mot passif indique une dette donc, dans la colonne «peuple passif» on inscrit tout ce que le peuple a de dette. Le mot actif indique un avoir, une possession. Et donc l’avoir net du peuple (la case rouge) est le total de la colonne actif moins le total de la colonne passif. Pour Grôssbanque, on a la même chose, ce qu’elle possède est dans la colonne actif et ce qu’elle doit est la colonne passif. Notons ici que pour ce qui est des cases jaunes, l’argent que tient Grôssbanque, la case jaune foncée (brunâtre/kaki) contient l’argent qu’elle est obligé de tenir «dans ses coffres» afin de maintenir son taux de réserve minimal et la case jaune pâle consiste en l’argent «excessif».

Dans ce qui suit, nous allons chercher à calculer l’argent total qui existe au pays. Comment fait-on cela? Premièrement on doit prendre note que l’argent disponible dans le système, c’est le total de l’argent qui peut être utilisé pour acheter des choses. Mais avec quoi peut-on acheter des choses? On peut acheter des choses avec de l’argent comptant détenu par le particuliers, donc le montant dans la case rose fait parti de l’argent total, on peut acheter des choses avec l’argent dans son compte en banque, donc la case bleue fait parti de l’argent total du système, les réserves minimales de la banque ne peuvent pas être utilisées pour acheter des choses car elles doivent rester dans les «coffres de la banque», donc la case jaune foncée ne contribue pas à l’argent total du système, la case jaune pâle par contre est «l’excédant de réserves» de la banque, elle peut donc en disposer comme elle l’entend, donc la case jaune pâle contribue à l’argent total du système. Notons que toutes les cases dans les colonnes «passif» sont des dettes, donc on ne peut pas acheter des choses avec ça, elles ne contribuent donc pas à l’argent total du système. Notons aussi que même si elles sont des dettes, ces cases jaunes n’enlèvent pas d’argent du système (sauf au moment où elles sont repayées). En effet, si Marie Tremblay a une hypothèque restante de 30000$ et a aussi 30000$ dans son compte en banque, elle peut quand même acheter une voiture de l’année à 30000$, elle n’a donc pas zéro dollars mais bien 30000$ et une dette de 30000$. Par contre, comme un le verra plus tard, si à la place d’acheter sa voiture de l’année et de donner ses 30000$ à quelqu’un d’autre, Marie repaie son hypothèque, alors pouf, ces 30000$ disparaissent en fumée, 30000$ viennent d’être détruits. Mais revenons à nos moutons, on a donc que l’argent total dans le système, le montant qui peux être utiliser pour acheter des chose est la somme des cases rose, bleu et jaune pâle.

Récapitulons: au tout début Grôssbanque a R$ qui lui appartient et “le peuple” a D$ qui lui appartient en argent comptant.

On a donc la situation du Tableau 1:

 

Tableau 1:

pics1

Dans le tableau 1 on met que l’argent créé par Grôssbanque et la Banque centrale sont zéro, ce n’est pas exactement vrai, mais bon, pour simplifier les choses on fait comme si ce l’était, comme si on commençait à zéro. On fait comme si l’argent qui existe au tout début n’a été créé par personne. L’argent qui peut être utilisé pour acheter des choses est l’argent que le peuple a en comptant et l’argent que Grôssbanque a dans ses coffres. Car vu que Grôssbanque n’a aucune obligation de fournir de l’argent à quiconque, toute son argent est libre est Grôssbanque n’a pas besoin de garder des réserves car (T/100)* 0 = 0. On a donc zéro dans la case jaune foncée et le restant R dans la case jaune pâle. Et donc, l’argent total dans le système est D+R comme on aurait pu s’y attendre naïvement.

Après un bout de temps le peuple décide qu’il veut mettre son argent à la banque. Le peuple sort donc son argent de dessous et de dedans ses matelas et ouvre des comptes chez Grôssbanque où la totalité de son argent (D$) est déposé. Donc, dans le Tableau 2, dans la case rose de l’argent comptant du peuple on met zéro car le peuple n’a plus d’argent comptant et dans la case bleu de ses comptes en banque on met D$.
Tableau 2:

t2

Du côté de Grôssbanque, Grôssbanque a une dette de D$ envers le peuple car le peuple lui a prêté D$. Cette dette paie des intérêts faibles (comptes épargnes) ou nuls (comptes chèques), on met donc D$ dans la case verte de la colonne passif de Grôssbanque. La case verte est ce que Grôssbanque doit au peuple car c’est l’argent qui est dans les comptes en banque du peuple. La case verte et la case bleue contiennent et contiendront donc toujours le même montant. Dans les coffres de Grôssbanque il y a maintenant R$ qui lui apparient et D$ déposé par le peuple, donc (R+D)$ en tout. Le montant total d’argent que Grôssbanque doit mettre à la disponibilité du peuple (l’argent du peuple dans ses comptes en banque) est de D$, donc Grôssbanque doit garder T/100% de ce montant en réserve est peut faire ce qu’elle veut avec le reste. On a donc que les réserves minimales qu’elle doit garder sont de (T/100)*D$, on met donc ce chiffre dans la case jaune foncée. Dans la case jaune pâle on met les réserves totales (R+D) de Grôssbanque moins ses réserves minimale, donc : R+D – (T/100)*D. Et donc l’argent total qui peut être utilisé pour acheter des choses est la case bleue plus la case jaune pâle, c’est-à-dire que l’argent total dans le système est de D+R+(1-T/100)*D = (R+(2-T/100)*D)$. Ceci est plus qu’avant ! Il y a (1-T/100)*D$ de plus créé par la banque. Pour donner une idée concrète de ce que cela représente, si le peuple avait un million de dollars (D=1000000) et si le taux de réserve minimal est de 10% (T=10) alors 900000$ (900 miles dollars) serait créés. Il y a donc eu création d’argent (par la banque) car une partie de l’argent du peuple, (1-T/100)*D$, peut être utilisé deux fois en même temps ! Le peuple peut utiliser ses D$ comme il l’entend, mais Grôssbanque peut aussi utiliser (1-T/100)*D$ de ces D$ pour acheter ce qu’elle veut car Grôssbanque n’a besoin de garder que T% des dépôts de ses client(e)s dans ses coffres. Notons que le taux de réserve, l’argent dans les coffres de Grôssbanque (somme des deux cases jaunes) diviser par l’argent qu’elle doit rendre disponible à ses clients (case verte) est (R+D)/D*100% ce qui est plus de T% donc Grôssbanque peut faire plus de prêts au peuple puisqu’elle a des réserves excessives. Notons aussi que vu que par définition, dans la case jaune foncée, on a le montant de la case verte multipliée par T/100, le taux de réserve sera à T% lorsque l’argent libre de Grôssbanque, la case jaune pâle, est à zéro. Tant qu’il reste de l’argent libre à Grôssbanque, Grôssbanque peut prêter plus d’argent au peuple.

C’est bien le cas présentement, comme nous l’avons précédemment calculer au deuxième paragraphe, Grôssbanque peux prêter M$= [(100/T)*R + (100/T-1)*D]$ de plus au peuple (pour des hypothèques par exemple). Pour ce faire, Grôssbanque écrit simplement un crédit de M$ aux comptes du peuple. Les comptes du peuple, la case bleue, ont donc maintenant (D+M)$ comme on peut le voir dans le Tableau 3. Evidemment, la banque ne prête pas cet argent gratuitement, elle prête à un taux d’intérêt relativement élevé. Le peuple contracte donc ainsi une dette à intérêt élevé auprès de Grôssbanque : les deux cases beiges. La case verte est l’argent que Grôssbanque doit fournir au peuple s’il décide de vider ses comptes en banque chez Grôssbanque, on a donc D+M dollars dans cette case.
Tableau 3:

t3

Mais d’où provient donc les M$ = [(100/T)*R + (100/T-1)*D]$ que Grôssbanque prête ainsi au peuple ? Il y a premièrement les R$ que Grôssbanque possède, mais ensuite il y aussi les (M-R)$ = (100/T-1)*(D+R)$ que Grôssbanque crée de toutes pièces mais qui n’existe réellement pas et donc qu’elle doit «détruire» à un moment donné. Notons que ce montant d’argent est bien plus que le montant d’argent qu’y existait au début : si le taux minimum de réserve est de 10% alors T = 10 le montant d’argent créé de toutes pièces par Grôssbanque est 9*(D+R) donc neuf fois le montant total d’argent initial ! Bien entendu comme, pour Grôssbanque, l’argent qu’elle crée de toutes pièce est pour elle comme une sorte d’emprunt sans aucun frais d’intérêt qu’elle peut prêter à des taux d’intérêts élevés, Grôssbanque est peu encline à détruire cet argent créé de toutes pièces.

Mais qu’arrive-t-il si Marie, une personne du peuple, sort x$ (en argent comptant disons, car si elle donne un chèque ou paie débit rien ne se passe de notre point de vu) pour acheter une maison ? Premièrement si Marie sort x$ comptant, alors elle a x$ en argent comptant (ou «libre») et doit soustraire x$ au montant de son compte en banque (case bleue). Deuxièmement les réserves de Grôssbanque sont aussi diminuées de x$ car Grôssbanque doit puiser dans ses réserves pour donner x$ à Marie, donc Grôssbanque a donc des réserves de (R+D-x)$ . Mais de par la loi Grôssbanque doit maintenir des réserves d’au moins (T/100)*(D+M-x)$ = [D+R-(T/100)x]$. Grôssbanque se retrouve donc dans une situation illégale, ses réserves sont à court de (1-T/100)*x$, ce que le note en mettent (1-T/100)*x dans la case jaune pâle passif. C’est-à-dire que Grôssbanque est dans le rouge pour ce qui est de son Argent «libre». Par définition on définit y comme étant y = (1-T/100)*x afin de se simplifier un peu la vie. Notez bien aussi que comme le peuple a autant d’argent avant que Marie ait retiré de l’argent qu’après mais que Grôssbanque se retrouve avec un déficit de y$ dans son argent «libre» après le retrait cela veut dire qu’en retirant x$ en argent comptant, Marie a entraîné la destruction de y$. Plus concrètement, si Marie a retiré 10 000$ et que le taux de réserve minimal est de 10% alors y$ = 90 000$ et donc Marie aurait forcé la banque à détruire 90 000$ de l’argent qu’elle avait préalablement créé. Vous noterez que dans le Tableau 4. Grôssbanque a en effet créé y$ de moins que dans le Tableau 3.

Tableau 4:

t4

Grôssbanque a alors deux solutions, soit elle emprunte de l’argent d’une autre banque, soit elle emprunte directement à la banque centrale. Comme on suppose ici que Grôssbanque représente l’ensemble des banque du pays, Grôssbanque emprunte y$ de la banque centrale à un taux d’intérêt moyen (plus haut que le taux d’un compte épargne mais plus bas qu’un taux hypothécaire). Grôssbanque emprunte donc cet argent est la laisse dans ses coffres afin de satisfaire à son taux de réserve minimum requis comme on peut le voir dans le Tableau 5. Mais ces y$ que la banque centrale a prêté à Grôssbanque viennent d’être créé par la banque centrale, soit en les imprimant sur du papier pour ensuite les livrer à Grôssbanque ou plus probablement simplement en l’inscrivant dans le système informatique. On rajoute donc y$ = (1-T/100)*x$ aux réserves de Grôssbanque ce qui a pour effet de remettre la case jaune pâle à zéro. Par contre, Grôssbanque contracte une dette de y$ envers la banque centrale, on l’inscrit dans la case orange à intérêt moyen. Notons que les y$ créé par la banque centrale remplacent exactement les y$ détruit lors du retrait par Marie de x$. L’effet global donc de retirer de l’argent à son compte en banque (dans un système de réserve fractionnelle où T n’est pas zéro) est de détruire de l’argent créé par des banques privées et le remplacer par de l’argent créé par la banque centrale. Contrairement à l’argent qu’elle crée elle-même, une banque privée doit payer des intérêts (quoi que moins que le peuple en général) sur l’argent créé ainsi par la Banque centrale. Donc si plusieurs personnes commencent à retirer de l’argent en même temps d’une banque privée cela peut lui coûter très cher (c’est ce qui se passe actuellement avec la banque anglaise Northern Rock) et même si les gens retire assez d’argent pour qui la banque centrale ne veuille plus lui prêter de l’argent alors la banque privée peut faire faillite.

Tableau 5:

t5

Par la suite Marie donne ses x$ en argent comptant à Julie en échange d’une belle maison en Gaspésie. Il n’y a alors aucun changement dans notre Tableau car il n’y pas de transaction entre Grôssbanque et le peuple, seulement un échange entre une personne du peuple et une autre.

Tableau 6:

t6

Évidemment, Julie ne désire pas garder un gros montant d’argent ayant la valeur d’une maison en argent comptant chez elle, donc elle va porter cet argent à la banque, elle dépose donc x$ dans son compte chez Grôssbanque. Ceci a pour effet qu’elle n’a plus d’argent comptant, donc la case rose est remise à zéro. Cela ajoute aussi x$ aux comptes du peuple donc on ajoute x à la case bleu et à la case verte. Et finalement cela rajoute x$ aux réserves de Grôssbanque qui sont donc maintenant de (D+R+y). Comme les réserves minimal que doit avoir Grôssbanque sont de (D+M)*(T/100)=D+R, Grôssbanque a y$ d’argent libre, comme on peu le constater dans le tableau 7.

Tableau 7:

t7

Comme Grôssbanque a y$ d’argent libre, elle peut faire ce qu’elle veut avec cet argent et, par exemple, elle peut repayer sa dette envers la banque centrale. Grôssbanque repaie donc sa dette envers la banque centrale, pour ce faire elle utilise sont argent «libre» et donc la case jaune pâle est remise à zéro. Puis, comme Grôssbanque a repayé sa dette, la case orange est aussi remise à zéro et l’on obtient le Tableau 8 qui est en fait la même chose que le Tableau 3 car on est revenu à la même situation. Les y$ que Grôssbanque donne à la Banque centrale soit sous forme papier soit sous forme électronique sont alors effectivement «détruits» par la banque centrale. Si l’argent était sous forme électronique alors elle est réellement détruite, si l’argent était sous forme papier alors (si l’argent est toujours en bon état) l’argent est tout simplement retiré de la circulation et placé dans un coffre fort pour être entreposé jusqu’au moment ou la banque centrale aura besoin de créer plus d’argent papier, alors la banque centrale pourra sortir cet argent et le mettre en circulation.

Tableau 8:

t8

Maintenant qu’arrive-t-il si Marie arrive à économiser assez d’argent pour payer une partie ou le tout de son hypothèque ? Marie fait un paiement de H$ à la banque. Comment procède-t-on pour effectuer le paiement ? Premièrement, elle paie H$ de ses dettes donc les cases beiges, les dettes du peuple envers Grôssbanque, diminuent de H$. Deuxièmement, elle effectue ce paiement à partir de sont comte bancaire donc H$ est débité de son compte donc on enlève H à la bleu et à la case verte. Mais puisque la case verte a changée, les réserves minimales que doit garder Grôssbanque ne sont plus les mêmes. Les réserves minimales sont maintenant (T/100)*(D+M-H)$ et donc il y a T*H/100$ qui devaient être dans la réserve mais qui sont maintenant «libérés». Et donc globalement, il y a H$ de moins parce que le peuple a perdu H$ en repayant la banque mais la banque a T*H/100$ de plus dont elle peut disposer comme elle veut et donc en somme (1-T/100)*H$ que Grôssbanque avait créé ont été détruits comme vous le constaterai en comparant le Tableau 9. avec le Tableau 8. Et donc si l’hypothèque H de Marie était de 100 000$, et que le taux de réserve minimal est de 10%, en repayant son hypothèque de 100 000$ il y 90 000$ qui sont partis en fumé.

Tableau 9:

t7.3

Évidemment, Grôssbanque va la reprêter un maximum d’argent à quelqu’un d’autre afin de pouvoir gagner de l’intérêt dessus. Et donc, par exemple, Grôssbanque pourrait prêter H$ (c’est évidemment le maximum qu’elle peut prêter si elle recrée les (1-T/100)*H$ qui viennent de disparaître) à Jean afin qu’il s’achète un voiture de l’année. On retrouve alors exactement la même situation qu’on avait avant que Marie paie son hypothèque comme on peut le constater en comparant les Tableau 10. et 8.

Tableau 10:

t7.6

Mais notez que si Jean pense que ça va mal au travail et qu’il risque de perdre son emploi ou que son salaire va être coupé ou va stagner alors il ne voudra pas emprunter pour acheter une voiture. Et si Grôssbanque trouve personne pour emprunter plus d’argent alors les (1-T/100)*H$ ne réapparaîtront pas et il y aura réellement moins d’argent dans le système.

C’est pour ça qu’à la télé ou dans les journaux, on parle tant du «sentiment des consommateurs» ou de «l’indice de confiance des consommateurs». Et c’est pour ça qu’on incite subtilement les gens à dépenser et non pas à économiser. Car, dans le système actuel de réserve fractionnelle, même si individuellement chaque individu à avantage à économiser devant une économie ralentissente, si les consommateurs en général sentent que les temps vont être durs et se mettent à économiser et payer leurs dettes au lieu de dépenser et consommer, des sommes massives d’argent vont être détruites (non seulement ça, mais la «vitesse» de l’argent, la vitesse avec l’argent change de mains, diminue, ceci a le même effet que la destruction de l’argent comme nous allons le voir dans la partie III de cette série d’articles). Et qui dit moins d’argent dit une économie qui roule moins vite. Qui dit moins d’argent, dit aussi pas assez d’argent pour acheter tous les biens produits. Les entreprises ont donc le choix entre ne pas vendre leurs produits, ou les vendre en dessous du prix coûtant. Ceci précipitera donc une récession. Cette sorte de récession est ce que les économistes (une bande de crack-potes avec des oeillères plus grosses que la tête) et les médias (soit totalement ignorants, soit décevant intentionnellement les gens) aiment à appeler une «crise de surproduction» (cette expression me fait tellement rire, elle est tellement absurde, elle est pire que le double-speak orwellien et l’absurde d’Ionesco combinés, comment se peut-il que l’on produise trop alors qu’il y toujours pleins de gens dans la pauvreté la plus abjecte, pleins de gens sans nourriture, sans maison, avec que peu de vêtements, alors qu’il y a toujours pleins de gens qui travaille à se briser le dos mais qui arrivent à peine joindre les bouts?!? comment peut-il y avoir surproduction dans de telles circonstances??). La solution dans le système actuel? La destruction des moyens de production: la fermeture d’usines et d’entreprises par la faillite (une partie de leurs équipement et infrastructures se font acheter à rabais par les plus grosses entreprises qui ont assez d’argent en réserve pour survivre la récession (un exemple actuel de ça est l’annonce hier du possible achat de Nothern Rock par HSBC ou Lloyds en Angleterre) mais ne sont pas utilisées dans l’immédiat car les stocks sont suffisant pour satisfaire à la «demande») pour les plus petites qui sont plus vulnérables et la fermeture temporaire des moyens de productions des plus grosses entreprises. Cela «résout» le problème de deux façons: premièrement, la masse d’employé(e)s licencié(e)s ne peuvent plus se permettre «le luxe» d’économiser et de payer leurs dettes (ce qui détruit l’argent), certain(e)s doivent même s’endetter (ce qui crée de l’argent) de nouveau juste pour survivre, deuxièmement, les petites et moyennes entreprises ayant été éliminées il y a moins de produits sur le marché, l’offre et plus faible, il y a donc une sorte de rééquilibrage de l’offre et de la demande, mais plus important encore, les grandes entreprises se trouvent en position de quasi-monopole, elles peuvent donc fixer leurs prix (au dessus du prix coûtant) sans égare au fait que la population en général n’a plus les moyens de payer ces prix (parce qu’il n’y a plus autant d’argent le système), de toute façon, la population peut toujours s’endetter (ce qui crée de l’argent) afin de se loger et de se nourrir. Donc en fait, une récession n’est pas si mal (c’est même très bien), pour les plus grandes entreprises car cela élimine la compétition et leur permet de garder une position dominante, et comme bonus, elles peuvent se rééquiper, augmenter leurs concessions d’exploitations de ressources naturelles (terres agricoles, champs de pétrole, quotas de production, mines, etc.) et agrandir leur infrastructure à peu de frais en achetant les résidus de leurs défuntes compétitrices. Des récessions à intervalles réguliers sont presque essentielles aux grandes entreprises (et banques) afin de préserver leur position dominante, d’ailleurs ces compagnies (mais surtout les banques) ne manquent pas d’inciter régulièrement la banque centrale à provoquer des récessions, et comme les dirigeant(e)s de la banque centrale sont des banquièr(e)s qui ont déjà et qui retournerons sûrement travailler dans le secteur privé les banques privées et les entreprises qu’elles représentes n’ont pas trop de mal à se faire entendre. Mais le plus drôle dans tout ça, c’est qu’on entend souvent dire que le problème de surproduction est inhérent au capitalisme. Strictement parlant c’est totalement faux, ce problème est inhérent au système bancaire que nous utilisons, par exemple, dans un pays où l’on utiliserait un système bancaire de Crédit Social (voir la section «articles de mise en contexte» du blogue) on n’aurait pas de problème inhérent de «surproduction» et ce serait toujours un système capitaliste (dans le sens que les moyens de productions peuvent toujours être de la propriété privée).

Après qu’un an soit passé (ou quelconque période) le temps de verser et de collecter les intérêts est arrivé. Grôssbanque doit payer de faibles (ou pas du tout si c’est un compte chèque) intérêts au peuple sur le montant dans la case verte du Tableau 10. et le peuple doit payer des intérêts élevés sur le montant inscrit à la case beige. Disons que la banque reçoit I$ en intérêts et dois payer i$ en intérêts au peuple. I est un montant supérieur à i sinon la banque ferrait vite faillite et dans la pratique ce nombre est immense. Soit donc P$ = (I-i)$ le montant nette que Grôssbanque reçoit du peuple. Alors le peuple doit payer un montant P$ à Grôssbanque. Comment faire ? La case verte qui est égal à la case bleu est le montant d’argent que Grôssbanque doit au peuple, il suffit donc de soustraire P de ces deux cases. Mais alors, le montant de réserve minimum devient (T/100)*(D+M-P)$= [D+R-(T/100)*P]$ ce qui veut dire que l’argent «libre» de la banque est (T/100)*P. Par contre le peuple a perdu P$ donc globalement il y a eu destruction de (1-T/100)*P$ et la situation est comme illustrée au Tableau 11.

Tableau 11:

t9
Mais évidemment, encore une fois, Grôssbanque voulant maximiser ses profits va prêter autant d’argent qu’elle peut dans la limite du légal. Le montant maximum K$ qu’elle peut prêter est tel que (D+R)/(K+[D+M-P]) = T/100. Ce qui signifie que K = P. Donc Grôssbanque peut (créer et) prêter P$ au peuple. Puisque Grôssbanque prête P$ de plus au peuple, en plus du M$ déjà prêté, on devra ajouter P aux cases beiges. Grôssbanque doit mettre l’argent à disposition du peuple dans leur comptes en banque et donc on doit aussi ajouter P à la case bleu et à la case verte. Pour ce qui de l’argent «libre» de la banque on sait qu’il n’en restera plus car on a choisi de prêter le maximum d’argent. On se retrouve donc avec la situation suivante telle que décrite par le Tableau 12.

Tableau 12:

t10
Et on voit donc qu’au bout du compte, le montant total d’argent est le même qu’avant que les intérêts soient payés sauf que maintenant le peuple est plus endetté et plus pauvre et Grôssbanque est plus riche.

Mais maintenant qu’arrive-t-il si la population du pays augmente et production du pays augmente ? Il y a plus de gens et plus de produit donc on a besoins de plus d’argent dans le système pour pouvoir continuer toutes les transactions quotidiennes au même rythme qu’avant. Comment fait-on pour augmenter le quantité d’argent dans le système ? C’est assez bizarre mais c’est tout de même assez simple. Si la banque centrale décide qu’on doit augmenter la quantité d’argent en circulation, elle crée N$ disons et elle les prête (de façon presque permanente) aux banques privées à un taux d’intérêt moyen. Grôssbanque reçoit donc un prêt de N$ de la banque centrale et donc les réserves de Grôssbanque augmentent de N$ mais aussi ses dettes à intérêt moyen (case orange) augmentent de N$. On se retrouve donc dans la situation du Tableau 13.

Tableau 13:

t11

Évidemment, Grôssbanque ne va pas laisser l’argent se reposer dans ses coffres car elle doit payer de l’intérêt sur cet argent et donc si l’argent reste dans ses coffres à rien faire Grôssbanque va perdre de l’argent. Grôssbanque veut faire comme d’habitude et prêter le plus d’argent possible à un haut taux d’intérêt. La question est donc de savoir combien d’argent Grôssbanque peut prêter au peuple. Les réserves de Grôssbanque sont maintenant (R+D+N)$. Le montant maximal qui K$ qui peut être prêté doit satisfaire à l’équation (R+D+N)/(D+M+K)=T/100 ce qui impose que K = (100/T)*N. Ce qui veut dire par exemple, si T = 10, que Grôssbanque peut prêter 10 fois le montant d’argent qui lui a été prêté par la banque centrale. Ceci veut dire que Grôssbanque crée 9*N$ à partir de rien, totalement gratuitement et ensuite prête cet argent au peuple à des taux d’intérêts élevés. Pour ce qui est du N$ que la banque centrale lui a prêté elle le prête aussi à un taux d’intérêt élevé, plus élevé que le taux moyen auquel la banque centrale lui a prêté. On se retrouve donc dans la situation décrite par le Tableau 14.

Tableau 14:

t12

Ce qui est le plus scandaleux est que, à toute fin pratique, cette méthode de créer l’argent est l’unique méthode utilisée. Ceci veux dire que (si T = 10 mais dans les faits T tourne plus au tours de 2) pour chaque dollars créé par le gouvernement, 9 dollars sont créés par des banques privées. Non seulement ça mais pour créer plus d’argent il faut absolument que quelqu’un quelque part s’endette et donc si un jour toutes les dettes étaient payées il ne resterait presque plus d’argent ! En fait la situation est encore pire que ça parce que pour des pays comme le Canada, l’Angleterre et la Suède, T=0 et donc les banques privées peuvent créer autant d’argent qu’elles le souhaitent. Et pour les autres pays, le taux minimal de réserve ne s’applique pas sur tous les comptes bancaires mais seulement les comptent courants (les comptes chèques) et donc les banque peuvent créer autant d’argent qu’elles le veulent tant que cet argent se retrouve dans des comptent épargne. Les banque doivent seulement satisfaire à la contrainte que R/C >T/100 où R est le montant d’argent que la banque a dans ses coffres, C est la somme des montants de tous les comptes courants de cette banque et T est le taux minimal de réserve.

Pour mieux comprendre l’amplitude de l’argent créé par les banques privées regardez le graphique ci-dessous qui se rapporte aux dollars étasuniens. M1 est l’argent «libre» des banques et les comptes courants. M2 est, grosso modo, les M1 plus les comptes épargnes, les comptent d’investissement, etc. et M3 est, grosso modo, M2 plus les dollars étasuniens à l’extérieur du réseau financier étasunien (en Suisse par exemple).

 

Components of US money supply (M1, M2, and M3) since 1959

 

Dans les prochaines parties de la série nous aborderons l’inflation et les cycles économiques.

Autres parties de la série: Partie I, Partie II, Partie III, Partie IV

sources:

  1. http://en.wikipedia.org/wiki/Fractional_reserve_banking
  2. http://en.wikipedia.org/wiki/Reserve_requirement
  3. http://en.wikipedia.org/wiki/Local_currency
  4. http://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_du_Canada#Histoire
  5. http://en.wikipedia.org/wiki/Bank_of_Canada#History
  6. http://en.wikipedia.org/wiki/Royal_Canadian_Mint
  7. http://en.wikipedia.org/wiki/Full-reserve_banking#Monetary_reform
  8. http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9dit_social
  9. http://fr.wikipedia.org/wiki/Finance_islamique
  10. http://en.wikipedia.org/wiki/Islamic_banking#Principles
  11. Lois sur la Banque du Canada
  12. http://en.wikipedia.org/wiki/Money_supply


Image du jour

14 09 2007

Guide visuel du budget fédéral étasunien (cliquez pour agrandir):

http://img177.imageshack.us/img177/9366/thebudgetgraphcom3000vu8.jpg



L’hypocrisie de la Banque d’Angleterre et du Canada

13 09 2007

http://www.rumble.net/travel/photos/uk2003/september/bank-of-england.jpghttp://www.fineart.utoronto.ca/canarch/ontario/ottawa.jpgs/ott-35.jpg Les banques centrales du Canada et d’Angleterre se donne un ton moralisateur en critiquant la Banque centrale européenne (BCE), la FED et les autres banques centrales qui injectent des liquidités dans leurs systèmes bancaires respectif pour venir en aide aux spéculateurs qui se sont laissés entrainer dans une surenchère des prix des instruments financiers. Pour les aider, les banques centrales telles la FED et la BCE injectent de l’argent dans les banques commerciales ce qui permet à ces dernières de créer plus d’argent (par le biais du système bancaire à reserve fractionnelle) qui va permettre de maintenir les prix élevés des dits instruments financiers et ainsi éviter la ruine des spéculateurs peu scrupuleux. La banque du Canada et d’Angleterre argumentent avec raison que cela ne fera que remettre à plus tard la crise financière et pire encore, cela donnera confiance aux spéculateurs que chaque fois qu’ils sont dans le pétrin les banques centrales courreront à leur rescousse (ce qui a été le cas historiquement).

Ce que la BdC et la BdA omettent de mentionner par contre est que contrairement aux autres pays, le taux de réserve minimal dans ces deux pays est de 0% et donc ils n’ont pas besoins d’injecter plus d’argent dans leur banques commerciales pour que ces dernières crée assez d’argent pour venir à la rescousse des investisseurs! Le système bancaire canadien et anglais est déjà systémiquement biaisé en faveur des spéculateurs qui pouvent être automatiquement sauvés par le système! Sachant que les systèmes anglais et canadien sont encore plus sécuritaire pour la débauche spéculative, ces discours moralisateurs ne sont que pure hypocrisie!



La Russie se réaffirme comme puissance mondiale

10 09 2007

http://www.innovationsinnewspapers.com/uploaded_images/Kremlin-784933.jpgLa Russie a été très active ces derniers temps en ce qui concerne la reprise de son influence internationale perdue en 1989. Deux choses en particulier ont retenu mon attention:

  • La Russie prend sa place dans au sein du système financier international. Traditionnellement, l’europe et sûretout les ÉU contrôlent la finance internationale de façon incontesté. Une des places où cela est assez évident est la nomination des présidents des institutions financières internationales. Depuis toujours, le président de la Banque Mondiale est un étasunien choisi par Washington et le président du FMI un européen choisi par l’Europe. Car même si tous les pays membres (tous les pays du monde pratiquement) votent sur ces nominations, dû à leur contributions financières plus importantes aux réserves des institutions, les ÉU et l’Europe contrôlent assez de votes (les ÉU ont 17% des votes et les pays européens 33% pour un total de presque 50%) pour (presque) pouvoir, en collusion l’un avec l’autre, décider unilatéralements de tous ce qui se fait à ces deux institutions. L’Europe a décidé en fin juillet dernier qu’elle proposerait Dominique Strauss-Kahn, politicien français du Parti socialist. Donc dans le cours normal des chose Strauss-Kahn serait garanti d’obtenir la position convoitée grâce à l’appuie étasunien. Mais voici que la Russie (2.70% des votes) vient jetter des bâtons dans les roues de l’entente étasuno-européenne: elle propose son propre candidat, l’ancien Premier ministre tchèque Josef Tošovský. Évidemment la Russie n’a aucune chance d’imposer son candidat toute seule, mais notons que ceci surevient au moment où les pays africains viennent de se faire refuser pas l’Europe et les ÉU la possibilité d’augmenter le nombre de voix qu’ils détiennent au FMI; certains pays en développement tels la Chine, la Corée du Sud et la Turquie ont demandé d’augmenter leur pourcentage de voix aux dépends de l’Europe et obtenu l’appui étasunien mais évidemment l’Europe bloque toujours le changement (un tel changement devrait être approuvé avec 85% des voix). Il est donc fort à parier que ces pays ne voterons pas pour le candidat européen. Par ailleurs, il y a une grande tension entre la Russie et les ÉU et les ÉU et l’Europe de l’ouest par rapport aux installations de bouclier antimissile étasuniens que les ÉU souhaitent mettre en place en Pologne et en République Tchèque, donc en proposant un tchèque, la Russie essaie de ramenner ces pays dans son camps, sûretout que si Strass-Kahn n’avait pas été là ce aurait été le polonais Marek Belka qui aurait été le candidat européen.

sources: FT Asia Times

  • Deuxièmement la Russie augmente considérablement sa présence en Asie du Sud et en Océanie de par ces accords et collaborations suivante:
    • Accord avec l’Australie pour importer 825 millions de dollars d’uranium par année.
    • Accord de collaboration pétrolière avec l’Indonésie dans ce pays.
    • Ventes d’armes considérables à l’Indonésie.

source: FT



La «guerre civile» ivoirienne

9 09 2007

Carte de l'AfriqueJe vous présente ici un article du Dr. Emmanuel Tano Zagbla, ivorien d’origine, à propos de la guerre civile ivoirienne:

POURQUOI ENCORE LA FRANCE ?

Chers compatriotes,

Je viens encore une fois vous livrer mes sentiments quant au dénouement de la crise dans notre cher Pays. La situation actuelle me semble être guidée d’une folie politique extraordinaire. En voici les motifs.

Au lendemain du Coup d’Etat manqué du 19 Septembre 2002, j’étais l’un des premiers à indexer la France comme l’auteur de ce coup. Les gestes de la Chiraquie et de ses mendiants africains vont alors se dessiner : de l’Etat Major Tactique implanté au milieu du pays par l’armée française jusqu’à l’accouchement des fameux accords de Linas Marcoussis me donneront raison . Le refus des autorités françaises d’appliquer les accords de coopération militaire marquait l’évidence du parrainage de la France vis-à-vis de ce qu’on se précipitait à qualifier comme une crise Ivoiro- Ivoirienne.

Cette guerre de la France contre la Côte d’Ivoire, abondamment expliquée par notre très digne et respecté Président de l’Assemblée Nationale, Prof. Mamadou Koulibaly, doit porter chaque Ivoirien à réfléchir quant au retard accumulé par notre pays dans sa coopération avec la France. Avec la guerre qu’elle nous mène depuis Septembre 2002, nous comprenons aisément que notre pays n’a jamais eu un vrai partenaire au développement.

Et pourquoi allons-nous continuer à rêver lorsqu’on nous propose de belles paroles vidées de leur vrai sens comme partenaires au développement, bailleurs de fonds, aides au développement, etc. Où puise-t-on cet argent pour nous aider ? Que signifie le terme développement pour les Ivoiriens ?

En premier lieu, nous avons le devoir du respect envers nos Institutions, en cherchant de renforcer leurs capacités décisionnelles. Celà signifie que nous devons appuyer nos institutions lorsqu’elles s’engagent à améliorer les conditions de vie de la population. Lorsqu’on aura suffisamment à manger dans notre pays, que tous les habitants pourront se faire soigner dans les hôpitaux , dispensaires, et n’importe quel centre de santé, et que nos enfants seront tous inscrits dans les écoles, alors on pourra aussi parler de développement. Nous avons tous les moyens de notre développement ; malheureusement notre mentalité fait défaut ! Et pourtant, nous n’avons pas besoin des grandes puissances pour changer cette mentalité déficitaire envers notre pays, notre Peuple. Nous devons être moins dépendants des autres. Nous avons la chance d’avoir un pays riche en matières premières. La primauté de l’intérêt national doit inspirer toutes nos actions si nous voulons bâtir une Nation respectée et digne. Il faudrait que nous levions de la tête nos complexes du passé vis-à-vis de la « mère Patrie ». Nous avons assez de ressources nous permettant de traiter directement avec toutes les puissances étrangères dans tous les domaines sans devoir faire recours aux autres, surtout ceux qui cherchent à freiner notre épanouissement. Ainsi, si nous saurions faire bon usage des expériences acquises depuis le 19 Septembre 2002, notre pays s’en sortirait sans devoir subir d’autres humiliations, d’autant que nous aspirons à une émancipation dans tous les domaines, surtout économique. Ainsi, avons-nous le devoir de nous libérer définitivement du « Pacte Coloniale » , en formulant de nouvelles bases pour notre système économique.

Beaucoup ont rapidement oublié les fondements de la crise que traverse notre pays ; évitons d’évoquer des arguments qui n’ont rien à voir avec le rétablissement de la PAIX.

Je le disais depuis longtemps qu’il n’y aura pas d’élection en Côte d’Ivoire, du moins tant que la Chiraquie sera aux affaires en France. Nous avons qu’à convaincre les rebelles ivoiriens à rentrer dans la République, afin qu’ensemble, nous menions la guerre de libération de la Côte d’Ivoire.

Au lendemain de la barbarie devant l’Hôtel l’Ivoire, c’est-à-dire la massive tuerie d’Ivoiriens aux mains nues par l’armée française, je ne croyais pas qu’on allait revenir en arrière dans notre combat pour l’émancipation.

Certains frères et amis de part le monde voudraient bien savoir si nous avons une dignité en Côte d’Ivoire! Je me suis déjà posé cette question après avoir lu le programme de la visite de notre Premier Ministre en France (KONAN BANNY). Sans faux fuyant, je suis très déçu de l’orientation du PM quant à sa politique étrangère. Les Ivoiriens ne peuvent pas accepter aussi facilement ce retour dans les bras de la France. Cette France qui n’a que deux choses à faire dans notre pays: désarmer ses rebelles et retirer du sol Ivoirien toute son armée. Voilà le contenu du discours que le PM devrait livrer à la Chiraquie durant sa visite à Paris.

En se jettant à nouveau dans les bras de la France, le PM efface d’un seul coup tout les acquis du Peuple Ivoirien: l’émancipation par le sang versé par des milliers de compatriotes assassinés par la France et son armée. Comment peut-on oublier aussi facilement ces méfaits? Les Ivoiriennes et les Ivoiriens sont morts inutilement? Avec toutes les matières premières que nous avons, il ne serait pas aussi difficile de trouver un autre partenaire plus fiable. Et pourtant, notre Premier Ministre a de grandes compétences en matière économique. Il doit se valoriser dans ce sens, en créant une Banque Centrale de Côte d’Ivoire. Et oui, Mr Banny peut maintenir le plus longtemps possible son poste de Premier Ministre s’il le désire, à la seule condition qu’il mette en place un mécanisme portant création de la Banque Centrale de COTE D’Ivoire. Et d’ailleurs, c’est tout ce que les Ivoiriens demandent : l’émancipation du pays avec ses propres structures. On ne peut pas créer les conditions de développement avec l’actuel système monétaire axé sur le Franc CFA. La résolution de la crise ivoirienne doit être globale et définitive. Ceci dit, il y a deux voies à suivre :

- Entamer des discussions franches et sincères avec les autorités françaises portant sur la dénonciation des accords du Pacte Colonial ;

- Créer une monnaie nationale ivoirienne pour relancer notre économie. Voilà ce que doivent faire tous ceux qui aiment sincèrement la Côte d’Ivoire. Il est temps qu’on travaille pour nous et pas pour les autres.

Quant à la querelle autour du désarmement et de l’identification, je voudrais dire tout simplement que la présence massive de militaires de l’ONUCI et de la force Licorne dans notre pays devrait être une garantie pour initier le désarmement avant l’identification. C’est une question de logique, mais surtout de dignité pour les Ivoiriens. Malheureusement, nous sommes en train de perdre trop de temps avec ces arguments qui n’ont rien à voir avec la résolution de la guerre de la France contre la Côte d’Ivoire.

 

Dr. EMMANUEL TANO ZAGBLA –

ezagbla@yahoo.com

 

(Avant le voyage du PM Konan Banny à Paris)



L’île des naufragés

5 09 2007

dixpiastresbmoJe suis toujours en trains d’écrire la partie II de la série d’articles sur la privatisation de l’argent, ça prend plus de temps que j’aurais cru, en parti parce que j’en ai plus long à écrire que je pensais. Entre temps je vous présente un article copier du site http://www.prolognet.qc.ca/clyde/.

L’île des naufragés

Fable qui fait comprendre le mystère de l’argent

Par Louis Even
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Sauvés du naufrage

Une explosion a détruit leur bateau. Chacun s’agrippait aux premières pièces flottantes qui lui tombaient sous la main. Cinq ont fini par se trouver réunis sur cette épave, que les flots emportent à leur gré. Des autres compagnons de naufrage, aucune nouvelle.

Depuis des heures, de longues heures, il scrutent l’horizon: quelque navire en voyage les apercevrait-il? Leur radeau de fortune échouerait-il sur quelque rivage hospitalier?

Tout à coup, un cri a retenti: Terre! Terre là-bas, voyez! Justement dans la direction où nous poussent les vagues!

Et à mesure que se dessine, en effet, la ligne d’un rivage, les figures s’épanouissent.

Ils sont cinq:

François, le grand et vigoureux charpentier qui a le premier lancé le cri: Terre!

Paul, cultivateur; c’est lui que vous voyez en avant, à gauche, à genoux, une main à terre, l’autre accrochée au piquet de l’épave;

Jacques, spécialisé dans l’élevage des animaux: c’est l’homme au pantalon rayé qui, les genoux à terre, regarde dans la direction indiquée;

Henri, l’agronome horticulteur, un peu corpulent, assis sur une valise échappée au naufrage;

Thomas, le prospecteur minéralogiste, c’est le gaillard qui se tient debout en arrière, avec une main sur l’épaule du charpentier.

2. Une île providentielle

Remettre les pieds sur une terre ferme, c’est pour nos hommes un retour à la vie.

Une fois séchés, réchauffés, leur premier empressement est de faire connaissance avec cette île où ils sont jetés loin de la civilisation. Cette île qu’ils baptisent L’Ile des Naufragés.

Une rapide tournée comble leurs espoirs. L’île n’est pas un désert aride. Ils sont bien les seuls hommes à l’habiter actuellement. Mais d’autres ont dû y vivre avant eux, s’il faut en juger par les restes de troupeaux demi-sauvages qu’ils ont rencontrés ici et là. Jacques, l’éleveur, affirme qu’il pourra les améliorer et en tirer un bon rendement.

Quant au sol de l’île, Paul le trouve en grande partie fort propice à la culture.

Henri y a découvert des arbres fruitiers, dont il espère pouvoir tirer grand profit.

François y a remarqué surtout les belles étendues forestières, riches en bois de toutes sortes: ce sera un jeu d’abattre des arbres et de construire des abris pour la petite colonie.

Quant à Thomas, le prospecteur, ce qui l’a intéressé, c’est la partie la plus rocheuse de l’île. I1 y a noté plusieurs signes indiquant un sous-sol richement minéralisé. Malgré l’absence d’outils perfectionnés, Thomas se croit assez d’initiative et de débrouillardise pour transformer le minerai en métaux utiles.

Chacun va donc pouvoir se livrer à ses occupations favorites pour le bien de tous. Tous sont unanimes à louer la Providence du dénouement relativement heureux d’une grande tragédie.

3. Les véritables richesses

Et voilà nos hommes à l’ouvrage.

Les maisons et des meubles sortent du travail du charpentier. Les premiers temps, on s’est contenté de nourriture primitive. Mais bientôt les champs produisent et le laboureur a des récoltes.

A mesure que les saisons succèdent aux saisons, le patrimoine de l’Ile s’enrichit. I1 s’enrichit, non pas d’or ou de papier gravé, mais des véritables richesses: des choses qui nourrissent, qui habillent, qui logent, qui répondent à des besoins.

La vie n’est pas toujours aussi douce qu’ils souhaiteraient. Il leur manque bien des choses auxquelles ils étaient habitués dans la civilisation. Mais leur sort pourrait être beaucoup plus triste.

D’ailleurs, ils ont déjà connu des temps de crise au Canada. Ils se rappellent les privations subies, alors que des magasins étaient trop pleins à dix pas de leur porte. Au moins, dans l’Ile des Naufragés, personne ne les condamne à voir pourrir sous leurs yeux des choses dont ils ont besoin. Puis les taxes sont inconnues. Les ventes par le shérif ne sont pas à craindre.

Si le travail est dur parfois, au moins on a le droit de jouir des fruits du travail.

Somme toute, on exploite l’île en bénissant Dieu, espérant qu’un jour on pourra retrouver les parents et les amis, avec deux grands biens conservés: la vie et la santé.

4. Un inconvénient majeur

Nos hommes se réunissent souvent pour causer de leurs affaires.

Dans le système économique très simplifié qu’ils pratiquent, une chose les taquine de plus en plus: ils n’ont aucune espèce de monnaie. Le troc, l’échange direct de produits contre produits, a ses inconvénients. Les produits à échanger ne sont pas toujours en face l’un de l’autre en même temps. Ainsi, du bois livré au cultivateur en hiver ne pourra être remboursé en légumes que dans six mois.

Parfois aussi, c’est un gros article livré d’un coup par un des hommes, et il voudrait en retour différentes petites choses produites par plusieurs des autres hommes, à des époques différentes.

Tout cela complique les affaires. S’il y avait de l’argent dans la circulation, chacun vendrait ses produits aux autres pour de l’argent. Avec l’argent reçu, il achèterait des autres les choses qu’il veut, quand il les veut et qu’elles sont là.

Tous s’entendent pour reconnaître la commodité que serait un système d’argent. Mais aucun d’eux ne sait comment en établir un. Ils ont appris à produire la vraie richesse, les choses. Mais ils ne savent pas faire les signes, l’argent.

Ils ignorent comment l’argent commence, et comment le faire commencer quand il n’y en a pas et qu’on décide ensemble d’en avoir… Bien des hommes instruits seraient sans doute aussi embarrassés; tous nos gouvernements l’ont bien été pendant dix années avant la guerre. Seul, l’argent manquait au pays, et le gouvernement restait paralysé devant ce problème.

5. Arrivée d’un réfugié

Un soir que nos hommes, assis sur le rivage, ressassent ce problème pour la centième fois, ils voient soudain approcher une chaloupe avironnée par un seul homme.

On s’empresse d’aider le nouveau naufragé. On lui offre les premiers soins et on cause. Il parle français, bien que les traits de son visage indiquent une autre origine.

On apprend que c’est un Européen échappé lui aussi à un naufrage et seul survivant. Son nom: Martin Golden.

Heureux d’avoir un compagnon de plus, nos cinq hommes l’accueillent avec chaleur et lui font visiter la colonie.

-”Quoique perdus loin du reste du monde, lui disent-ils, nous ne sommes pas trop à plaindre. La terre rend bien; la forêt aussi. Une seule chose nous manque: nous n’avons pas de monnaie pour faciliter les échanges de nos produits.”

-”Bénissez le hasard qui m’amène ici! répond Martin. L’argent n’a pas de mystère pour moi. Je suis un banquier, et je puis vous installer en peu de temps un système monétaire qui vous donnera satisfaction.”

Un banquier !… Un banquier !… Un ange venu tout droit du ciel n’aurait pas inspiré plus de révérence. N’est-on pas habitué, en pays civilisé, à s’incliner devant les banquiers, qui contrôlent les pulsations de la finance ?

6. Le dieu de la civilisation

-”Monsieur Martin, puisque vous êtes banquier, vous ne travaillerez pas dans l’île. Vous allez seulement vous occuper de notre argent.

-”Je m’en acquitterai avec la satisfaction, comme tout banquier, de forger la prospérité commune.

-”Monsieur Martin, on vous bâtira une demeure digne de vous. En attendant, peut-on vous installer dans l’édifice qui sert à nos réunions publiques ?

-”Très bien, mes amis. Mais commençons par décharger les effets de la chaloupe que j’ai pu sauver dans le naufrage: une petite presse, du papier et accessoires, et surtout un petit baril que vous traiterez avec grand soin.”

On décharge le tout. Le petit baril intrigue la curiosité de nos braves gens.

-”Ce baril, déclare Martin, c’est un trésor sans pareil. I1 est plein d’or !”

Plein d’or ! Cinq âmes faillirent s’échapper de cinq corps. Le dieu de la civilisation entré dans l’Ile des Naufragés. Le dieu jaune, toujours caché, mais puissant, terrible, dont la présence, l’absence ou les moindres caprices peuvent décider de la vie de 100 nations !

-”De l’or ! Monsieur Martin, vrai grand banquier! Recevez nos hommages et nos serments de fidélité.

-”De l’or pour tout un continent, mes amis. Mais ce n’est pas de l’or qui va circuler. I1 faut cacher l’or: l’or est l’âme de tout argent sain. L’âme doit rester invisible. Je vous expliquerai tout cela en vous passant de l’argent.”

7. Un enterrement sans témoin

Avant de se séparer pour la nuit, Martin leur pose une dernière question:

-”Combien vous faudrait-il d’argent dans l’île pour commencer, pour que les échanges marchent bien ?”

On se regarde. On consulte humblement Martin lui-même. Avec les suggestions du bienveillant banquier, on convient que $200 pour chacun paraissent suffisants pour commencer. Rendez-vous fixé pour le lendemain soir.

Les hommes se retirent, échangent entre eux des réflexions émues, se couchent tard, ne s’endorment bien que vers le matin, après avoir longtemps rêvé d’or les yeux ouverts.

Martin, lui, ne perd pas de temps. I1 oublie sa fatigue pour ne penser qu’à son avenir de banquier. A la faveur du petit jour, il creuse un trou, y roule son baril, le couvre de terre, le dissimule sous des touffes d’herbe soigneusement placées, y transplante même un petit arbuste pour cacher toute trace.

Puis, il met en œuvre sa petite presse, pour imprimer mille billets d’un dollar. En voyant les billets sortir, tout neufs, de sa presse, il songe en lui même:

-”Comme ils sont faciles à faire, ces billets ! Ils tirent leur valeur des produits qu’ils vont servir à acheter. Sans produits, les billets ne vaudraient rien. Mes cinq naïfs de clients ne pensent pas à cela. Ils croient que c’est l’or qui garantit les piastres. Je les tiens par leur ignorance !”

Le soir venu, les cinq arrivent en courant près de Martin.

8. A qui l’argent frais fait?

Cinq piles de billets étaient là, sur la table.

-”Avant de vous distribuer cet argent, dit le banquier, il faut s’entendre.

“L’argent est basé sur l’or. L’or, placé dans la voûte de ma banque, est à moi. Donc, l’argent est à moi… Oh! ne soyez pas tristes. Je vais vous prêter cet argent, et vous l’emploierez à votre gré. En attendant, je ne vous charge que l’intérêt. Vu que l’argent est rare dans l’Ile, puisqu’il n’y en a pas du tout, je crois être raisonnable en demandant un petit intérêt de 8 pour cent seulement.

-”En effet, monsieur Martin, vous êtes très généreux.

-”Un dernier point, mes amis. Les affaires sont les affaires, même entre grands amis. Avant de toucher son argent, chacun de vous va signer ce document: c’est l’engagement par chacun de rembourser capital et intérêts, sous peine de confiscation par moi de ses propriétés. Oh ! une simple garantie. Je ne tiens pas du tout à jamais avoir vos propriétés, je me contente d’argent. Je suis sûr que vous garderez vos biens et que vous me rendrez l’argent.

-”C’est plein de bons sens, monsieur Martin. Nous allons redoubler d’ardeur au travail et tout rembourser.

-”C’est cela. Et revenez me voir chaque fois que vous avez des problèmes. Le banquier est le meilleur ami de tout le monde… Maintenant, voici à chacun ses deux cents dollars.”

Et nos cinq hommes s’en vont ravis, les piastres plein les mains et plein la tête.

9. Un problème d’arithmétique

L’argent de Martin a circulé dans l’Ile. Les échanges se sont multipliés en se simplifiant. Tout le monde se réjouit et salue Martin avec respect et gratitude.

Cependant, le prospecteur, est inquiet. Ses produits sont encore sous terre. I1 n’a plus que quelques piastres en poche. Comment rembourser le banquier à l’échéance qui vient?

Après s’être longtemps creusé la tête devant son problème individuel, Thomas l’aborde socialement:

“Considérant la population entière de l’île, songe-t-il, sommes nous capables de tenir nos engagements? Martin a fait une somme totale de $1000. Il nous demande au total $1080. Quand même nous prendrions ensemble tout l’argent de l’île pour le lui porter, cela ferait 1000 pas 1080. Personne n’a fait les $80 de plus. Nous faisons des choses, pas des piastres. Martin pourra donc saisir toute l’île, parce que tous ensemble, nous ne pouvons rembourser capital et intérêts.

“Si ceux qui sont capables remboursent pour eux-mêmes sans se soucier des autres, quelques-uns vont tomber tout de suite, quelques autres vont survivre. Mais le tour des autres viendra et le banquier saisira tout. Il vaut mieux s’unir tout de suite et régler cette affaire socialement.”

Thomas n’a pas de peine à convaincre les autres que Martin les a dupés. On s’entend pour un rendez-vous général chez le banquier.

10. Bienveillance du banquier

Martin devine leur état d’âme, mais fait bon visage. L’impulsif François présente le cas:

-”Comment pouvons-nous vous apporter $1080 quand il n’y a que $1000 dans toute l’ile ?

-”C’est l’intérêt, mes bons amis. Est-ce que votre production n’a pas augmenté ?

-”Oui, mais l’argent, lui, n’a pas augmenté. Or, c’est justement de l’argent que vous réclamez, et non pas des produits. Vous seul pouvez faire de l’argent. Or vous ne faites que $1000 et vous demandez $1080. C’est impossible!

-”Attendez, mes amis. Les banquiers s’adaptent toujours aux conditions, pour le plus grand bien du public… Je ne vais vous demander que l’intérêt. Rien que $80. Vous continuerez de garder le capital.

-”Vous nous remettez notre dette ?

-”Non pas. Je le regrette, mais un banquier ne remet jamais une dette. Vous me devrez encore tout l’argent prêté. Mais vous ne me remettrez chaque année que l’intérêt, je ne vous presserai pas pour le remboursement du capital. Quelques-uns parmi vous peuvent devenir incapables de payer même leur intérêt, parce que l’argent va de l’un à l’autre. Mais organisez-vous en nation, et convenez d’un système de collection. On appelle cela taxer. Vous taxerez davantage ceux qui auront plus d’argent, les autres moins. Pourvu que vous m’apportiez collectivement le total de l’intérêt, je serai satisfait et votre nation se portera bien.”

Nos hommes se retirent, mi calmés, mi-pensifs.

11. L’extase de Martin Golden

Martin est seul. Il se recueille. Il conclut:

“Mon affaire est bonne. Bons travailleurs, ces hommes, mais ignorants. Leur ignorance et leur crédulité font ma force. Ils voulaient de l’argent, je leur ai passé des chaînes. Ils m’ont couvert de fleurs pendant que je les roulais.

“Oh! grand Rothschild, je sens ton génie de banquier s’emparer de mon être. Tu l’as bien dit, illustre maître: “Qu’on m’accorde le contrôle de la monnaie d’une nation et je me fiche de qui fait ses lois”. Je suis le maître de l’Ile des Naufragés, parce que je contrôle son système d’argent.

Je pourrais contrôler un univers. Ce que je fais ici, moi, Martin Golden, je puis le faire dans le monde entier. Que je sorte un jour de cet îlot: je sais comment gouverner le monde sans tenir de sceptre.

“Ma délectation souveraine serait de verser ma philosophie dans des têtes de chrétiens: banquiers, chefs d’industrie, politiciens, sauveurs du peuple, professeurs, journalistes, ils seraient mes valets. La masse des chrétiens s’endort mieux dans son esclavage, quand les contremaîtres d’esclaves sont eux-mêmes des chrétiens.”

Et toute la structure du système bancaire rothschildien se dresse dans l’esprit ravi de Martin.

12. Crise de vie chère

Cependant, la situation empire dans l’Ile des Naufragés. La productivité a beau augmenter, les échanges ralentissent. Martin pompe régulièrement ses intérêts. I1 faut songer à mettre de l’argent de côté pour lui. L’argent colle, il circule mal.

Ceux qui paient le plus de taxes crient contre les autres et haussent leurs prix pour trouver compensation. Les plus pauvres, qui ne paient pas de taxes, crient contre la cherté de la vie et achètent moins.

Le moral baisse, la joie de vivre s’en va. On n’a plus de cœur à l’ouvrage. A quoi bon? Les produits se vendent mal; et quand ils se vendent, il faut donner des taxes pour Martin. On se prive. C’est la crise. Et chacun accuse son voisin de manquer de vertu et d’être la cause de la vie chère.

Un jour, Henri, réfléchissant au milieu de ses vergers, conclut que le “progrès” apporté par le système monétaire du banquier a tout gâté dans l’Ile. Assurément, les cinq hommes ont leurs défauts; mais le système de Martin nourrit tout ce qu’il y a de plus mauvais dans la nature humaine.

Henri décide de convaincre et rallier ses compagnons. Ils commence par Jacques. C’est vite fait: “Eh ! dit Jacques, je ne suis pas savant, moi; mais il y a longtemps que je le sens: le système de ce banquier-là est plus pourri que le fumier de mon étable du printemps dernier !”

Tous sont gagnés l’un après l’autre, et une nouvelle entrevue avec Martin est décidée.

13. Chez le forgeur de chaînes

Ce fut une tempête chez le banquier:

-”L’argent est rare dans l’île, monsieur, parce que vous nous l’ôtez. On vous paie, on vous paie, et on vous doit encore autant qu’au commencement. On travaille, on fait de plus belles terres, et nous voilà plus mal pris qu’avant votre arrivée. Dette! Dette! Dette par-dessus la tête !

-”Allons, mes amis, raisonnons un peu. Si vos terres sont plus belles, c’est grâce à moi. Un bon système bancaire est le plus bel actif d’un pays. Mais pour en profiter, il faut garder avant tout la confiance dans le banquier. Venez à moi comme à un père… Vous voulez d’autre argent ? Très bien. Mon baril d’or vaut bien des fois mille dollars… Tenez, je vais hypothéquer vos nouvelles propriétés et vous prêter un autre mille dollars tout de suite.

-”Deux fois plus de dette ? Deux fois plus d’intérêt à payer tous les ans, sans jamais finir?

-”Oui, mais je vous en prêterai encore, tant que vous augmenterez votre richesse foncière; et vous ne me rendrez jamais que l’intérêt. Vous empilerez les emprunts; vous appellerez cela dette consolidée. Dette qui pourra grossir d’année en année. Mais votre revenu aussi. Grâce à mes prêts, vous développerez votre pays.

-”Alors, plus notre travail fera l’île produire, plus notre dette totale augmentera ?

-”Comme dans tous les pays civilisés. La dette publique est un baromètre de la prospérité.”

14. Le loup mange les agneaux

-”C’est cela que vous appelez monnaie saine, monsieur Martin ? Une dette nationale devenue nécessaire et

impayable, ce n’est pas sain, c’est malsain.

-”Messieurs, toute monnaie saine doit être basée sur l’or et sortir de la banque à l’état de dette. La dette nationale est une bonne chose: elle place; les gouvernements sous la sagesse incarnée dans les banquiers. A titre de banquier, je suis un flambeau de civilisation dans votre île.

-”Monsieur Martin, nous ne sommes que des ignorants, mais nous ne voulons point de cette civilisation-là ici. Nous n’emprunterons plus un seul sou de vous. Monnaie saine ou pas saine, nous ne voulons plus faire

affaire avec vous.

-”Je regrette cette décision maladroite, messieurs. Mais si vous rompez avec moi, j’ai vos signatures. Remboursez-moi immédiatement tout, capital et intérêts.

-”Mais c’est impossible, monsieur. Quand même on vous donnerait tout l’argent de l’île, on ne serait pas quitte.

-”Je n’y puis rien. Avez-vous signé, oui ou non? Oui? Eh bien, en vertu de la sainteté des contrats, je saisis toutes vos propriété gagées, tel que convenu entre nous, au temps où vous étiez si contents de m’avoir. Vous ne voulez pas servir de bon gré la puissance suprême de l’argent, vous la servirez de force. Vous continuerez à exploiter l’Ile, mais pour moi et à mes conditions. Allez. Je vous passerai mes ordres demain.

15. Le contrôle des journaux

Comme Rothschild, Martin sait que celui qui contrôle le système d’argent d’une nation contrôle cette nation. Mais il sait aussi que, pour maintenir ce contrôle, il faut entretenir le peuple dans l’ignorance et l’amuser avec autre chose.

Martin a remarqué que, sur les cinq insulaires, deux sont conservateurs et trois sont libéraux. Cela paraît dans les conversations des cinq, le soir, surtout depuis qu’ils sont devenus ses esclaves. On se chicane entre bleus et rouges.

De temps en temps, Henri, moins partisan, suggère une force dans le peuple pour faire pression sur les gouvernants… Force dangereuse pour toute dictature.

Martin va donc s’appliquer à envenimer leurs discordes politiques le plus possible.

I1 se sert de sa petite presse et fait paraître deux feuilles hebdomadaires: “Le Soleil”, pour les rouges; “L’Etoile”, pour les bleus. “Le Soleil” dit en substance: Si vous n’êtes plus les maîtres chez vous, c’est à cause de ces arriérés de bleus, toujours collés aux gros intérêts.

“L’Etoile” dit en substance: Votre dette nationale est l’œuvre des maudits: rouges, toujours prêts aux aventures politiques.

Et nos deux groupements politiques se chamaillent de plus belle, oubliant le véritable forgeur de chaînes, le contrôleur de l’argent, Martin.

16. Une épave précieuse

Un jour, Thomas, le prospecteur, découvre, échouée au fond d’une anse, au bout de l’ile et voilée par de hautes herbes, une chaloupe de sauvetage, sans rame, sans autre trace de service qu’une caisse assez bien conservée.

I1 ouvre la caisse: outre du linge et quelques menus effets, son attention s’arrête sur un livre-album en assez

bon ordre, intitulé:

Première année de Vers Demain

Curieux, notre homme s’assied et ouvre ce volume. Il lit. Il dévore. I1 s’illumine:

“Mais, s’écrie-t-il, voilà ce qu’on aurait dû savoir depuis longtemps.

“L’argent ne tire nullement sa valeur de l’or, mais des produits que l’argent achète.

“L’argent peut être une simple comptabilité, les crédits passant d’un compte à l’autre selon les achats et les ventes. Le total de l’argent en rapport avec le total de la production.

“A toute augmentation de production, doit correspondre une augmentation équivalente d’argent… Jamais d’intérêt à payer sur l’argent naissant… Le progrès représenté, non pas par une dette publique, mais par un dividende égal à chacun… Les prix, ajustés au pouvoir d’achat par un coefficient des prix. Le Crédit Social…”

Thomas n’y tient plus. Il se lève et court, avec son livre, faire part de sa splendide découverte à ses quatre compagnons.

17. L’argent, simple comptabilité

Et Thomas s’installe professeur:

“Voici, dit-il, ce qu’on aurait pu faire, sans le banquier, sans or, sans signer aucune dette.

“J’ouvre un compte au nom de chacun de vous. A droite, les crédits, ce qui ajoute au compte; à gauche, les débits, ce qui le diminue.

“On voulait chacun $200 pour commencer. D’un commun accord, décidons d’écrire $200 au crédit de chacun. Chacun a tout de suite $200.

“François achète des produits de Paul, pour $10. Je retranche 10 à François, il lui reste 190. J’ajoute 10 à Paul, il a maintenant 210. “Jacques achète de Paul pour $8. Je retranche 8 à Jacques, il garde 192. Paul, lui, monte à 218.

 

“Paul achète du bois de François, pour $15. Je retranche 15 à Paul, il garde 203; j’ajoute 15 à François, il remonte à 205.

“Et ainsi de suite; d’un compte à l’autre, tout comme des piastres en papier vont d’une poche à l’autre.

“Si l’un de nous a besoin d’argent pour augmenter sa production, on lui ouvre le crédit nécessaire, sans intérêt. Il rembourse le crédit une fois la production vendue. Même chose pour les travaux publics.

“On augmente aussi, périodiquement, les comptes de chacun d’une somme additionnelle, sans rien ôter à personne, en correspondance au progrès social. C’est le dividende national L’argent est ainsi un instrument de service.

18. Désespoir du banquier

Tous ont compris. La petite nation est devenue créditiste. Le lendemain, le banquier Martin reçoit une lettre signée des cinq:

“Monsieur, vous nous avez endettés et exploités sans aucune nécessité. Nous n’avons plus besoin de vous pour régir notre système d’argent. Nous aurons désormais tout l’argent qu’il nous faut, sans or, sans dette, sans voleur. Nous établissons immédiatement dans l’Ile des Naufragés le système du Crédit Social. Le dividende national remplacera la dette nationale.

“Si vous tenez à votre remboursement, nous pouvons vous remettre tout l’argent que vous avez fait pour nous, pas plus. Vous ne pouvez réclamer ce que vous n’avez pas fait.

Martin est au désespoir. C’est son empire qui s’écroule. Les cinq devenus créditistes, plus de mystère d’argent ou de crédit pour eux.

“Que faire? Leur demander pardon, devenir comme l’un d’eux ? Moi, banquier, faire cela ?… Non. Je vais plutôt essayer de me passer d’eux et de vivre à l’écart.

19. Supercherie mise à jour

Pour se protéger contre toute réclamation future possible, nos hommes ont décidé de faire signer au banquier un document attestant qu’il possède encore tout ce qu’il avait en venant dans l’île.

D’où l’inventaire général: la chaloupe, la petite presse et… le fameux baril d’or.

Il a fallu que Martin indique l’endroit, et l’on déterre le baril. Nos hommes le sortent du trou avec beaucoup moins de respect cette fois. Le Crédit Social leur a appris à mépriser le fétiche or.

Le prospecteur, en soulevant le baril, trouve que pour de l’or, ìa ne pèse pas beaucoup: “Je doute fort que ce baril soit plein d’or”, dit-il.

L’impétueux François n’hésite pas plus longtemps. Un coup de hache et le baril étale son contenu: d’or, pas une once! Des roches – rien que de vulgaires roches sans valeur!…

Nos hommes n’en reviennent pas:

-”Dire qu’il nous a mystifiés à ce point-là, le misérable! A-t-il fallu être gogos, aussi, pour tomber en extase devant le seul mot OR!

-”Dire que nous lui avons gagé toutes nos propriétés pour des bouts de papier basés sur quatre pelletées de roches! Voleur doublé de menteur!

-”Dire que nous nous sommes boudés et haïs les uns les autres pendant des mois et des mois pour une supercherie pareille! Le démon!” A peine François avait-il levé sa hache que le banquier partait à toutes jambes vers la forêt.

———————————-

La «fable» est légèrement trompeuse dans le sens que le banquier va dépenser une partie de l’argent qu’il gagne, en effet dans le cas présenté le banquier pourrait acheter 80$ de biens et après il serait théoriquement possible pour les villageois de payer toutes leurs dettes après un an. Le problème vient du fait que, les banques privées créent environ 95% de l’argent et gagnent (présentement au Canada) environs 6% d’intérêts sur cette argent. Donc pour presque tous l’argent que vous avez, si ce n’est pas vous, il y a quelqu’un quelque part qui paie de l’intérêt dessus.

Alors que la création d’argent devrait la prérogative de l’État (selon la constitution entre autres) le gouvernement a délaissé se lucratif droit à des entreprises privées et pire encore, lorsque celui-ci a besoins d’argent, il l’empruntes à ces dernières à un coût très élevé (par exemple, presqu’un septième du budget de Québec est consacré aux paiement de ces intérêts).

source: http://www.prolognet.qc.ca/clyde/



La Suisse sacrifiée sur l’autel de l’impérialisme étasunien

23 08 2007

Suisse sur l'autel de l'impérialisme étasunien

La Suisse (du moins le peuple suisse) se sacrifie au nom de l’impérialisme étasunien. Et ce, de par deux fois ! Le premier sacrifice est financier/monétaire, le second est militaire.

 

La Suisse, pays du secret bancaire, a toujours eu d’amples réserves de devises étrangères et d’or. Les États-Unis, avec leurs dépenses faramineuses pour payer la guerre en Irak et en Afghanistan et le reste de son budget militaire gargantuesque imprime et emprunte de l’argent à un rythme effréné, tellement que la FED a arrêté de publier le 26 mars 2006 le montant total de dollars US hors des États-Unis (plus précisément la FED a arrêté de publier l’agrégat monétaire M3). Si l’on tient compte en plus du déficit commercial et du compte courant énorme des États-Unis il est évident que le dollar US est en train de perdre de sa valeur à grands pas. La seule chose soutenant le pouvoir d’achat du dollar US est l’achat massif de bons du trésor étasuniens par les pays asiatiques (principalement la Chine). Mais la Chine a récemment affirmé qu’elle souhaite diversifier ses avoirs (c’est-à-dire moins de bons du trésor et plus de capitaux propres, plus d’achat d’entreprises et de capitaux étasuniens) ce qui aura pour effet d’augmenter le nombre de dollars en circulation et donc de diminuer leur pouvoir d’achat. D’ailleurs la Chine a déjà commencé, elle a acheté 10% de la banque d’investissement étasunienne Blackstone et a offert d’acquérir une partie de la banque anglaise Barclays afin d’aider cette dernière à acheter la banque néerlandaise ABM AMRO. Le Koweït a déjà désindexé son dinar du dollar US afin de contrer l’inflation que cela causait à cause de la chute du dollar vis-à-vis de l’euro et la Syrie fit de même en juillet. Par ailleurs, la demande en minéraux et en particulier, la demande de l’or est en pleine croissance et le prix de l’or croît en conséquence. Que fait la Suisse dans tout ça ? La Banque nationale suisse (banque centrale) vend ses réserves d’or à la pelleté : 250 tonnes d’or à vendre avant septembre 2009 ! Cet or sera sûrement vendu pour des dollars ou des bons du trésor US, l’autre type de réserve communément utilisée par les banques centrales. Ainsi cet or ira droit dans les coffres de la FED ce qui l’aidera à soutenir la valeur du dollar (grâce à la valeur grandissante de l’or) faces au dépenses de la guerre. La Suisse paie donc pour la machine de guerre étasunienne.

 

Deuxièmement, côté militaire, la Suisse a dissout ses troupes de montagne servant à défendre la Suisse afin de libérer des ressources financières et matérielles afin de former des troupes étrangères, principalement étasuniennes, britanniques et israélienne pour leur guerres d’agressions. Par ailleurs, le Conseil national suisse a récemment approuvé l’augmentation du nombre de troupes suisses pouvant être déployées hors de la Suisse de 250 à 500. La Suisse sacrifie non seulement sa défense pour participer aux guerres impérialistes mais elle délaisse par le fait même sa neutralité historique qui lui fut si chère.

 

Sources : Horizons et débats 1, 2, 3



La Chine menace les ÉU d’une crise financière

15 08 2007

ÉU finançant la guerre en IrakLe 8 Août dernier, M. Xia Bin, chef des finances au centre de recherche en développement, haut gradé du parti communiste chinois, remarquait que les réserves considérables de la banque centrale de Chine en dollars et obligations étasunienne (évaluées à 1300 milliards de dollars) «contribuaient grandement au maintiens du dollar étasunien comme devise de réserve intérnationale».   En référence aux possibles sanctions des ÉU envers la Chine pour la forcer à faire apprécier le RMB (devise de la Chine), monsieur Xia avait ces mots à dire: dans l’évantualité de tels sanction, «la Chine n’aura d’autres choix que de vendre des dollars étasuniens, ce qui pourrait mener à une dépréciation massive de la valeur du dollars».  Une menace à peine voilée.

À ce sujet il est très intéressant de lire l’article de Paul Craig Roberts, ancien vice-secretaire à la trésorie des ÉU sous Reagan:  http://www.counterpunch.org/roberts08082007.html



Le système bancaire à réserve fractionnelle: la privatisation de l’argent (partie I)

9 08 2007

dixpiastresbmo

Ce billet est la suite logique de l’introduction que vous pouvez trouver ici: «La privatisation de l’argent: une introduction».

Qui crée la monnaie? Vous croyez surement, comme la majorité des gens, que c’est votre gouvernement qui crée la monnaie de votre pays. Rien n’est plus faux. La grande majorité de l’argent est créée par des banques privées, environs 95% [7] pour être plus précis (on parle ici de création net d’argent et non pas du renouvèlement des vieux billets par des nouveaux). Autrement dit, seulement environs 5% de l’argent en circulation est créée par votre gouvernement, on comprend mieux alors pourquoi le gouvernement doit continuellement emprunté de l’argent aux frais des contribuables et aux profits des banques! En 1912, comme l’atteste la photo ci-haut, cela était plus visible car les banques privées imprimaient monnaie (et étaient pratiquement les seules à le faire [5]), ce qu’elles ne font plus. L’argent imprimé par les banques privées étaient en circulation au Canada jusqu’en janvier 1950 et ces billets sont encore valide dans le sens que la Banque du Canada est toujours tenue de les accepter et de les échanger pour des nouveau billets ([11] article 26 alinéa 2). Mais, comment les banques privées peuvent créée de l’argent sans en imprimer? C’est ce que nous allons voir.

Le système bancaire à réserve fractionnelle, si simple mais que personne ne comprend

À la base, la création d’argent commence en effet par l’impression de billet papiers et le battage de pièces de monnaie par le gouvernement (à l’exception des États-Unis où, pour créer de l’argent, le gouvernement fédéral doit préalablement s’endetter en émettant des obligations, mais nous ne parlerons pas de cet cas particulièrement frauduleux et nous nous concentrerons plutôt sur le cas générique). Par exemple, au Canada, la Banque du Canada (banque centrale) imprime les billets et peut créer de la monnaie électronique et la Monnaie royale canadienne (société de la Couronne depuis 1969 [6]) bat la monnaie. Une fois cette argent fraichement créée il y a deux façon de la distribuer:

  1. Payer les créditeurs de la banque centrale: c’est-à-dire payer les gens qui travaillent à la banque centrale ou eux qui ont vendu de l’or, de l’argent, de l’équipement, de la machinerie, des immeubles, etc. à la banque centrale ([11] article 25 alinéa 1).
  2. Échanger cet argent contre d’autres formes d’argent comme par exemple: des devises étrangères, de l’argent électronique créée par des banque privées, des billets de banque imprimées par des banques privées qui étaient en circulation avant 1950 (pour ce qui est du Canada, maintenant ce genre d’échange n’a pas lieu souvent mais en ‘49-’50 la Banque du Canada a converti la majorité des billets de banque privés en l’argent que nous utilisons maintenant), des billets de la Banque du Canada usés, etc.

Et c’est ici que commence la deuxième vague de création de l’argent, celle qui produit la majorité de l’argent: l’argent électronique créée par les banques commerciales. Bien que cette argent soit créée sous forme électronique, elle est toute aussi vraie que l’argent en papier ou en métal, car la banque centrale a l’obligation ([11] art. 26, al. 1-2) d’imprimer assez de billets pour échanger l’argent électronique déposée par une banque privée à la banque centrale en billets de banque de papier.

Mais comment-donc cet argent électronique est-il créé par les banques commerciales? Chaque pays, de par ses lois, défini un taux de réserve T (qui peut changer de temps à autre mais qui est toujours inférieur à 100%), nous utiliserons T=10% par la suite ce qui correspond au taux en vigueur aux États-Unis. Pour connaitre le taux en vigueur dans d’autre pays, référez-vous à la Table 1 colligée d’après [2].
TABLE 1:

  Réserves minimales légales
     

Pays Réserve
    fractionnelle
    requise (%)
  Australie 0.00
  Canada 0.00
  Mexique 0.00
  Suède 0.00
  Royaume-Uni 0.00
  Eurozone 2.00
  Slovaquie 2.00
  Suisse 2.50
  Chili 4.50
  Inde 7.00
  Bulgarie 8.00
  Lettonie 8.00
  Burundi 8.50
  Hongrie 8.75
  Chine 11.50
  Pakistan 7.00
  Ghana 9.00
  États-Unis 10.00
  Estonie 15.00
  Zambie 17.50
  Croatie 19.00
  Tadjikistan 20.00
  Surinam 35.00
  Jordanie 80.00

Exemple: le tour de magie, 100$ dans un chapeau/banque magique devient 1000$

Le principe de base pour que les banques puisse créer de l’argent est le suivant: elle peuvent prêter plus d’argent qu’elles ont dans leurs coffres! Le montant maximal qu’elles ont le droit de prêter est déterminer par le taux de réserve minimal (10% pour le prochain exemple) et le montant d’argent qu’elles ont dans leurs coffres (leurs réserves). Les banques peuvent «créer» et prêter autant argent qu’elles le veulent tant que le ratio de leurs réserves (l’argent dans leurs coffres) par rapport à l’argent total inscrit dans les comptes des gens, le taux de réserve, soit supérieur au taux minimal. Donnons notre premier exemple concret: Moi, Monsieur Banquier, va voir le gouvernement de mon pays et me fais octroyer une licence pour partir ma propre banque: Grôssbanque. Je ne suis pas bien riche mais il me reste 100$ de mon remboursement de taxes du gouvernement que j’utilise comme capital de base pour Grôssbanque: Grôssbanque a un réserve d’argent de 100$. Le lendemain, Mlle. Entrepreneuse vient à mon bureau pour faire un emprunt pour démarrer son entreprise. Comme le taux de réserve minimal est de 10% et que j’ai une réserves de 100$ et que 10% de 1000$ est 100$, j’ai le droit de prêter jusqu’à 1000$ à Mlle. Entrepreneuse. Je lui fais donc une offre super concurrentielle: je lui prête 1000$ pour 2 ans à un taux d’intérêt de 7% annuel payable annuellement. Ainsi, je sort le livre comptable de Grôssbanque et sous la colonne «compte chèque de Mlle. Entreprise» j’inscris 1000$. Il va s’en dire que je ne paie pas d’intérêt sur les comptes chèque. Je vends ensuite un carnet de chèque à Mlle. Entrepreneuse pour 10$, j’ai donc maintenant 110$ de réserve. Mes réserves sont de 110$ et le total d’argent inscrit dans les comptes des gens est de 1000$, le ratio est donc 11% ce qui est supérieur au 10% minimal, je pourrais donc faire d’autres prêts. Bien entendu, je viens de prêter, 1000$ à Mlle. Entrepreneuse mais ces 1000$ n’existaient pas avant, je les ai inventé de toutes pièces. Mais c’est pas trop grave, tant que Mlle. Entrepreneuse n’essaie pas de sortir plus que 110$ de son compte, elle ne se rendra compte de rien. Et au pire, même si elle veux retirer plus de 110$, je peux toujours me tirer d’affaire en empruntant l’argent nécessaire à la banque centrale à un taux d’intérêt annuel de 5%, je sort donc toujours gagnant (Mlle. Entrepreneuse, n’étant pas une banque, n’a malheureusement pour elle et heureusement pour moi, pas le droit d’emprunter directement à banque centrale). Aussi, j’essaie de minimiser la propension de Mlle. Entrepreneuse à retirer de l’argent en chargeant des frais relativement élevés pour ces transactions, cela l’encourage de payer par chèque. D’ailleurs, deux jour plus tard un M. Fournisseur vient chez Grôssbanque avec un chèque de 200$ tiré sur le compte de Mlle. Entrepreneuse car il lui a vendu de l’équipement pour son entreprise. Tant bien que mal, je réussi à le convaincre de ne pas retirer les 200$ (que je n’ai pas) tout de suite mais de plutôt ouvrir un compte Super-méga-ultra-épargne chez Grôssbanque payant un intérêt annuel faramineux de 3% payable annuellement. Je sort donc encore une fois le livre comptable de Grôssbanque et je modifie l’entrée sous «compte chèque Mlle. Entrepreneuse» à 800$ et je commence une nouvelle colonne, «compte épargne M. Fournisseur», sous laquelle j’écris 200$. Mes réserves sont alors toujours 110$ et le total d’argent dans les comptes des gens est de 200$ + 800$ = 1000$, le ratio est donc toujours 11%, j’ai donc des réserves excessives comme on dit. Un ans passe sans qu’il n’y ait plus aucune transaction dans ces comptes. À la fin de l’année Mlle. Entrepreneuse me doit 70$ = 7% de 1000$ en intérêts et je dois 6$ = 3% de 200$ à M. Entrepreneur. Je ressorts donc le livre comptable et je change le montant sous la colonne «compte chèque Mlle. Entrepreneuse» à 730$ et le montant sous la colonne «compte épargne M. Fournisseur» à 206$. Au bout de la première année donc, j’ai fais un profit de 74$ (=10+70-6) sur un capital initial de 100$ en prêtant 1000$ qui n’avait jamais existé. C’est pas mal quand même! Et ce qui est encore mieux, c’est que mes réserves sont toujours 110$ mais le total de l’argent inscrit dans les comptes des gens est de 730$ + 206$ = 936$ et donc le ratio,le taux de réserve, est de 11,8%, je pourrais donc créer et prêter encore 164$ pour ramener mon taux de réserve à 10%. Dans un an encore, Mlle. Entrepreneuse me devra 70$ d’intérêts plus 1000$ pour repayer son prêt initial mais comme elle n’a que 730$ dans son compte chèque, elle devra trouver ailleurs (les profits de son entreprise peut-être) les 340$ restant pour me les donner. Si elle n’est pas capable de payer je pourrai peut-être lui fournir un autre prêt pour qu’elle puisse payer son prêt antérieur, mais cette fois si à un taux d’intérêt plus élevé car elle aura une mauvaise cote de crédit.

En fait, je vous ai menti un petit peu dans le dernier exemple, car seulement les comptes en banque considérés comme «liquides» doivent être pris en considération dans le calcul du ratio, cela veut dire que les comptes d’épargne ne sont généralement pas compris dans ce calcul, donc le compte de M. Fournisseur n’a pas besoin d’être inclus. Donc, après la première année le taux de réserve serait vraiment 110$/730$ * 100% = 15% et Grôssbanque pourrait en effet créer et prêter 364$ de plus à la place de 164$ de plus afin de ramener le taux de réserve au taux minimal de 10%! Dans le prochain exemple, pour se simplifier la vie, on fait comme si les comptes d’épargnent étaient pris en compte dans le calcul du taux de réserve. Dans la table 2 (source: [2] ) ci-bas on voit les vrais taux de réserves moyens de différents pays au cours du temps.

TABLE 2:

  Taux de réserves
moye ns
 
  Pays 1968 1978 1988 1998
  Royaume-Uni 20.5 15.9 5.0 3.1
  Turquie 58.3 62.7 30.8 18.0
  Allemagne 19.0 19.3 17.2 11.9
  États-Unis 12.3 10.1 8.5 10.3


Autres parties de la série: Introduction, Partie I, Partie II, Partie III, Partie IV
ERRATUM: Le taux de réserve minimal pour le RU est en fait pas exactement 0 mais 0,35% mais ce taux est purement symbolique puisque les banques gardent en fait un taux bien plus élevé (1-2%) afin de pouvoir répondre à la demande des gens qui veulent retirer de l’argent comptant.

sources:

  1. http://en.wikipedia.org/wiki/Fractional_reserve_banking
  2. http://en.wikipedia.org/wiki/Reserve_requirement
  3. http://en.wikipedia.org/wiki/Local_currency
  4. http://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_du_Canada#Histoire
  5. http://en.wikipedia.org/wiki/Bank_of_Canada#History
  6. http://en.wikipedia.org/wiki/Royal_Canadian_Mint
  7. http://en.wikipedia.org/wiki/Full-reserve_banking#Monetary_reform
  8. http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9dit_social
  9. http://fr.wikipedia.org/wiki/Finance_islamique
  10. http://en.wikipedia.org/wiki/Islamic_banking#Principles
  11. Lois sur la Banque du Canada



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