Film de la semaine: L’Argent: Chute de l’Argentine

31 05 2008

Voici un excellent film:


L’Argent Chute de l’Argentine 1 sur 4
envoyé par LeLibrePenseur
L’Argent Chute de l’Argentine 2 sur 4
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L’Argent Chute de l’Argentine 3 sur 4
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L’Argent Chute de l’Argentine 4 sur 4
envoyé par LeLibrePenseurPour en savoir plus sur la création de l’argent, cliquez ici.



Film de la semaine: Le mythe de la bonne guerre

25 04 2008

Voici Le mythe de la bonne guerre où Jacques Pauwels parle de certains mythes de la seconde guerre. Je ne peux pas affirmer être d’accord avec toutes ses hypothèses mais c’est quand même intéressant comme analyse.



Films de la semaine: Vivir la Utopia & Bonus

29 03 2008

Film sur la révolution espagnole de 1936:

Et voici deux courts vidéos bonus sur les candidat(e)s à la présidentielle étasunien(ne)s:



Nationalisation des coûts, privatisations des profits: le bel exemple

24 03 2008

L'image “http://i.a.cnn.net/money/galleries/2007/fortune/0704/gallery.MBA_employers.fortune/images/11_jp_morgan_chase.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.L'image “http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e7/383_Madison_Ave_Bear_Stearns_C_R_Flickr_1.jpg/450px-383_Madison_Ave_Bear_Stearns_C_R_Flickr_1.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

(gauche: JP Morgan Chase, droite: Siège social de Bear Stearns)

Les évènements des dernières semaines exemplifient à merveille le concept de la nationalisations des coûts et de la privatisation des profits (dont la nouvelle forme à la mode sont les PPP). La banque Bear Stearns vient de faire faillite grâce à la « crise hypothècaire ». Bear Stearns a 30 milliards de dollars d’instruments finaciers adossés à des hypothèques jugés irrecupérable, c’est pour cette raison que la banque a fait faillite: ses avoirs ont étés réduits à zero alors que ses dettes (substentielles) sont toujours là. Quelle est la solution à ce problème? Le gouvernement des États-Unis s’endettera un peu plus afin de donner 29 milliards de dollars à Bears Sterns (via la Fed) afin de remettre la banque sur pied. Le petit peuple pay donc les coûts de la restauration de la banque mais Bear Sterns qui par la suite pourra continuer à faire des grand profit n’appartiendra pas au gouverenement, mais à JP Morgan Chase qui elle déboursera seulement 2 milliards (1 milliard pour payer le milliard restant des hypothèques et 1 autre milliard pour «acheter» Bear Stearns). Le coût est donc nationtionalisé, alors que les profits appartiendrons seulement à JP Morgan Chase.

source: The Times 



L’annulation de la dette du tiers-monde n’est rien comparé à la crise hypothécaire

19 03 2008

repris du réseau voltaire:

par Éric Toussaint*, Damien Millet*
Alors que de grandes banques et des fonds de placement s’effondrent un peu partout dans les pays du Nord, les dirigeants des principales banques mondiales évoquent une simple correction du système, certes douloureuse, mais pas dramatique. Pour Damien Millet et Éric Toussaint, cette réaction est bien la preuve que l’annulation de la dette du tiers-monde —qui serait moins sèvére que l’actuelle crise— n’est pas une utopie, mais une exigence réalisable.

Depuis août 2007, les banques nord-américaines et européennes sont sous les feux de l’actualité à cause de la crise très sévère qu’elles traversent, et qu’elles font traverser au système économique néolibéral dans son ensemble. Le montant actuel des dépréciations d’actifs auxquelles elles ont dû procéder dépasse 200 milliards de dollars. Plusieurs services d’études des banques et des économistes chevronnés considèrent que la facture dépassera 1000 milliards de dollars [1].

Comment les banques ont-elles pu construire un montage de dettes aussi irrationnel ? Avides de profits, les organismes de crédits hypothécaires ont prêté à un secteur de la population déjà fortement endetté. Les conditions de ces prêts à haut rendement (pour le prêteur) constituent une véritable arnaque : le taux est fixe et raisonnable au cours des deux premières années puis augmente fortement ensuite. Les prêteurs affirmaient aux emprunteurs que le bien qu’ils achetaient gagnerait rapidement de la valeur vu l’augmentation des prix du secteur immobilier. Le hic, c’est que la bulle du secteur immobilier a fini par exploser en 2007 et les prix ont commencé inexorablement à baisser. Comme le nombre de défauts de paiement s’est considérablement accru, les organismes de crédit hypothécaire ont éprouvé des difficultés à rembourser leurs dettes. Les grandes banques, pour se protéger, ont refusé de leur octroyer de nouveaux prêts ou ont exigé des taux beaucoup plus élevés. Mais la spirale ne s’est pas arrêtée là car les banques avaient acheté les créances hypothécaires en très grande quantité, et largement hors bilan en créant des sociétés spécifiques appelées Structured Investment Vehicles (SIV), qui finançaient l’achat de créances hypothécaires à haut rendement transformés en titres (CDO, Collateralized Debt Obligations).

A partir d’août 2007, les investisseurs ont cessé d’acheter les commercial papers émis sans garantie par les SIV dont la santé et la crédibilité s’étaient fortement détériorées. En conséquence, les SIV ont manqué de liquidité pour acheter les crédits hypothécaires titrisés et la crise s’est amplifiée. Les grandes banques qui avaient créé ces SIV ont dû assumer les engagements de ceux-ci pour éviter qu’ils ne tombent en faillite. Alors que jusque-là les opérations des SIV ne faisaient pas partie de leur comptabilité (ce qui leur permettait de dissimuler les risques pris), elles ont dû reprendre dans leur bilan les dettes des SIV.

Résultat : panique à bord ! Aux États-Unis, 84 sociétés de crédits hypothécaires ont fait faillite ou cessé partiellement leur activité entre le 1er janvier et le 17 août 2007, contre seulement 17 sur toute l’année 2006. En Allemagne, la banque IKB et l’Institut public SachsenLB ont été sauvés d’extrême justesse. Récemment, l’Angleterre a dû nationaliser la banque Northern Rock tombée en faillite. Le 13 mars 2008, le fonds Carlyle Capital Corporation (CCC), connu pour sa proximité affichée avec le clan Bush, s’est effondré : ses dettes représentaient 32 fois ses fonds propres. Le lendemain, la prestigieuse banque états-unienne Bear Stearns (5e banque d’affaire aux États-Unis), à cours de liquidités, a appelé à l’aide la Réserve fédérale des États-Unis (Fed) pour obtenir un financement d’urgence. Elle sera rachetée par la banque JP Morgan Chase pour une bouchée de pain.

Plusieurs segments du marché de la dette constituent des constructions bancales en train de s’effondrer. Ils entraînent dans leurs déboires les puissantes banques, les hedge funds, les fonds d’investissement qui les avaient créés. Le sauvetage des institutions financières privées est réalisé grâce à l’intervention massive des pouvoirs publics. Privatisation des bénéfices, socialisation des pertes sont encore une fois de mise.

Mais une question se pose : pourquoi les banques, qui aujourd’hui n’hésitent pas à effacer des dettes douteuses par dizaines de milliards de dollars, ont-elles toujours refusé d’annuler les créances des pays en développement ? Elles font là la démonstration que c’est parfaitement possible et tout à fait nécessaire. Rappelons qu’à l’origine des dettes actuelles réclamées par les banques à ces pays, on trouve des dictatures criminelles, des régimes corrompus, des dirigeants fidèles aux grandes puissances et aux créanciers. Les grandes banques ont prêté sans compter à des régimes aussi peu recommandables que ceux de Mobutu au Zaïre, de Suharto en Indonésie, aux dictatures latino-américaines des années 1970-1980 sans oublier le régime d’apartheid en Afrique du Sud. Comment peuvent-elles continuer d’infliger le joug de la dette à des peuples qui ont souffert de régimes dictatoriaux qu’elles ont elles-mêmes financés ? Sur le plan juridique, de nombreuses dettes odieuses figurent dans leurs livres de compte et n’ont pas à être remboursées. Mais les banques continuent d’exiger leurs remboursements.

Rappelons également que la crise de la dette du tiers-monde a été provoquée en 1982 par la hausse brutale et unilatérale des taux d’intérêts décidée par la Fed. Auparavant les banques privées avaient prêté à tour de bras à taux variable à des pays déjà surendettés, finalement incapables de faire face. Aujourd’hui, l’histoire se répète, mais au Nord cette fois et d’une manière spécifique : les ménages surendettés des États-Unis sont devenus incapables de rembourser leur emprunt hypothécaire à taux variable car la bulle de l’immobilier a éclaté.

Les effacements de dette que les banques réalisent donnent raison à tous ceux qui, comme le CADTM, revendiquent une annulation de la dette des pays en développement. Pourquoi ? Parce que la dette à long terme des pouvoirs publics du tiers-monde envers les banques internationales atteignait 181,9 milliards de dollars en 2006 [2]. Depuis août 2007, elles ont déjà dû effacer un montant bien supérieur, et ce n’est pas fini…

Les grandes banques privées ont donc triplement fauté :

- elles ont construit de désastreux montages de dette privée qui ont conduit à la catastrophe actuelle ;

- elles ont prêté à des dictatures et ont obligé les gouvernements démocratiques qui ont succédé à rembourser jusqu’au dernier centime cette dette odieuse ;

- elles refusent d’annuler des dettes des pays en développement alors que leur remboursement implique une détérioration des conditions de vie des populations.

Pour toutes ces raisons, il faut exiger qu’elles rendent des comptes sur leurs agissements au cours des décennies passées. Les gouvernements des pays du Sud doivent réaliser des audits de leur dette, comme le fait l’Équateur aujourd’hui, et répudier toutes leurs créances odieuses et illégitimes. Les banquiers leur démontrent que c’est parfaitement possible. Il s’agira du premier pas pour rendre à la finance le rôle qui lui revient, celui d’outil au service de l’être humain. De tous les êtres humains.

Éric Toussaint
Éric Toussaint est président du CADTM Belgique (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde). Dernier livre publié : Banque du Sud et nouvelle crise internationale, CADTM/Syllepse, 2008.

Damien Millet
Damien Millet est secrétaire général du CADTM France (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde). Dernier livre publié : Dette odieuse (avec Frédédric Chauvreau), CADTM/Syllepse, 2006.

[1] Le service d’étude de Goldman Sachs estimait le 7 mars 2008 les pertes à 1156 milliards de dollars, George Magnus de UBS avançait en février un chiffre supérieur à 1000 milliards, Nouriel Roubini de l’Université de New York- émet l’hypothèse d’une perte d’au moins 1000 milliards de dollars.

[2] Banque mondiale, Global Development Finance 2007.

 



Films de la semaine

23 02 2008

Je vous présente trois films cette semaine:

Cover-Up: Behind the Iran-contra affair

Cointelpro: the FBI’s war on Black America

Les pays riches sont-ils en faillite?


Les pays riches sont-ils en faillite? 1
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Les pays riches sont-ils en faillite? 2
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Les pays riches sont-ils en faillite? 3
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Les pays riches sont-ils en faillite? 4
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Le Ministère de l’abondance

9 02 2008

Ministère de l’Abondance

(photo: Bureau of Labor Statistics avec une enseigne qui lui sied)

Aux États-Unis (mais la situation ne doit pas être trop différe

Aux États-Unis (mais la situation ne doit pas être trop différente au Canada ou en Europe), la manipulation politique des données économiques gouvernementales est à ce point sévère qu’un consultant en économie se spécialise dans la rectification des données gouvernementales pour les entreprises qui font usage de ces données. La situation est à ce point sévère qu’on croyerait le Ministère de l’abondance du livre 1983 qui déclare une prospérité économique toujours grandissante d’année en année alors qu’en réalité elle se détériore sans cesse. 

Voici le texte explicatif que donne le consultant en question à propos des données du gouvernement, ce qui suis est ma traduction en français (pour lire l’original en anglais cliquez ici):

Le Ministère de l’abondance

Introduction et considérations générales

En 1996, en plein milieu du miracle économique de l’ère Clinton, la fondation Kaiser a entrepris un sondage du public étasunien que se voulait montrer à quel point l’électorat avait perdu contact avec la réalité économique. La majorité des étasuniens croyaient que l’inflation et le chômage étaient beaucoup plus élevés et que la croissance économique était beaucoup plus faible que ce qui était rapporté par le gouvernement. Le Washington Post se plaignit de l’ignorance du public envers l’économie. On trouverait les mêmes résultats aujourd’hui.

Ni la Fondation Kaiser ni le Washington Post comprit qu’il y avait et qu’il y a toujours un bonne raison pour l’écart entre les perceptions communes et les données du gouvernement : les données gouvernementales sont biaisées sont biaisées dans une direction politiquement correcte et de plus en plus divergent de l’expérience de tous les jours et de la réalité. Cette tendance a vraiment pris son élan vers le milieu des années 80. Les chiffres gouvernementaux d’inflations et de chômage sont sous-estimés alors que données l’emplois ou ayant trait à la performance économique sont surestimés et ce intentionnellement.

Pendants des années, j’ai [ndlr : je = Walter J. Williams] entrepris des sondages auprès d’économistes des affaires afin savoir comment elles et ils percevaient la qualité des données économiques gouvernementales. Voici deux d’entres eux :

  • L’économiste en chef d’une grande entreprise de vente au détail me dit : «La qualité varie. Les données des ventes au détail sont terribles mais les données sur la masse monétaire sont assez bonnes.»

  • L’économiste en chef d’une grande banque opina : «Il y un problème avec les données de la masse monétaire mais pour ce qui est des ventes au détail je crois que c’est assez bon.»

Le point est que quand l’économiste connaît bien le domaine, elle ou il se rend compte des limites et des distorsions des données économiques apparentés. Recueillir et diffuser des informations sur des composantes de l’économie étasunienne à intervalles réguliers rapprochés (à chaque mois) est presque impossible. Néanmoins, la majorité des fonctionnaires statisticien(ne)s à Washington travaillent assidûment afin de fournir les meilleurs informations disponibles dans les limites du système existant. Un certain nombre de distorsions des données n’est toute fois pas accidentel.

Ce qui suit est un court aperçu du système de diffusion des données économiques et la façon dont l’on peut voir ses données. Les prochaines sections se pencheront chacune sur un sujet spécifique : l’inflation, le PIB et le déficit budgétaire [ndlr : et l’index des prix à la consommation (IPC). Ce qui fait cinq sections incluant celle-ci]. D’autres aspects pourront être adressés sur demande.

La publications sur une base régulière des statistiques économiques si populaires de nos jours comme le produit intérieur brut/produit national brut (PIB/PNB), le taux de chômage et l’indice des prix à la consommation (IPC) débuta dans la décennie suivant la seconde guerre mondiale. La manipulation politique moderne de ces données débuta par après dès que cela fut possible en révisant la méthodologie et souvent en incorporant un biais systématique dans la direction politiquement voulue. Cela a eu pour effet que la réalité économique sous-jacente aux données économiques a souvent échappé aux investisseurs et économistes qui dépendaient des données gouvernementales. Voyez :

  • Sous l’administration de Kennedy, le chômage fut redéfini en ajoutant le concept de «travailleurs découragés» afin de réduire le taux de chômage, cette donnée suivie par tous.

  • Quand Lyndon Johnson n’aimait pas la croissance du PIB qui allait être publiée, il la renvoyait au Département du commerce et il le fit jusqu’à ce que le Département sorte une figure qui lui plaisait. L’administration de Johnson est aussi responsable d’avoir bidouillé la comptabilité qui cache la majore partie du déficit budgétaire fédéral.

  • Richard Nixon eut un conflit très publicisé avec le Bureau des statistiques du travail [ndlr : Bureau of Labor Statistics] à propos des données sur le chômage. Il y a deux taux de chômages, un «brute» et un ajusté pour éliminer les effets saisonniers, Nixon souhaitait publier, à chaque mois, uniquement le plus petit des deux chiffres sans dévoiler au public lequel était publié. Alors que cette façon de faire fut considérée frauduleuse à l’époque et ne fut jamais implémentée, cette même méthodologie fut introduite par l’administration de Bush fils en 2004 sous prétexte que c’était la «fine pointe de la technologie».

  • L’administration de Carter fut prise à sous-estimer intentionnellement le taux d’inflation.

  • Des changements systématiques furent introduits sous l’administration de Carter pour hausser la croissance du PIB/PND publié de manière régulière. Les manipulations les plus extrêmes eurent par contre lieu lors de la crise de liquidité de 1987. En plus de l’intervention de la Banque de réserve de New York sur les bourses de contrats à termes [ndlr : futures markets] pour soutenir les cours des actions en bourse après le krach du 19 octobre, sous les ordres directs de la Réserve fédérale [ndlr : the Fed] et du Département du trésor des États-Unis, des manipulations grossières directes des données portant sur le déficit commercial des États-Unis furent utilisés en conjonction avec une intervention massive sur le marché des changes pour aider à mettre fin à la chute du dollar étasunien ainsi que pour essayer d’atténuer la panique qui s’était emparée du marché des changes fin 1987.

  • L’administration de Bush père débuta les efforts pour une réduction systématique du taux d’inflation de l’IPC publié et développa une façon extérieur au système de manipuler le PIB publié [ndlr : je crois que par cela l’auteur veut dire qu’en diminuant l’inflation publiée cela augmente automatiquement le PIB sans avoir à modifier directement les données sous-jacentes au PIB] dans le but d’aider la campagne de réélection de Bush père en 1992 qui ultimement échouera.

  • Comme l’ex-secrétaire au Département du travail Bob Reich l’a expliqué dans ses mémoires, l’administration de Clinton s’était rendue compte, à travers ses sondages du public, que si le gouvernement édulcorait ses données économiques, assez de gens y croiraient que cela pouvait devenir déterminant lors d’élections serrées. Par conséquence, toute parcelle d’intégrité qui aurait put survivre jusque là dans le système de diffusion des données économiques s’évaporèrent lors de la présidence de Clinton. Le chômage fut redéfini pour éliminer cinq millions de travailleurs découragés diminuant du fait le taux de chômage ; les méthodologies firent changée pour réduire les indicateurs de pauvreté, pour réduire l’inflation de l’IPC, pour gonfler la croissance du PIB, etc.

  • L’administration de Bush fils a continuée dans la lancé de celle de Clinton. Tout spécialement, l’administration de Bush a mis en place la structure pour l’adoption d’un nouvel IPC minimisant encore plus l’inflation et l’administration a aussi redéfinie le PIB et le concept d’ajustement des effets saisonniers.

Le résultat de ces manipulations systématiques, si la méthodologie utilisée en 1980 était utilisée pour analyser les données actuelles, la croissance de 3,0% au deuxième quart du PIB annualisé et ajusté pour l’inflation serait inférieur d’à peu près trois pourcent (ce qui veut dire que la croissance du PIB serait en fait nulle ou négative). De la même manière, l’actuelle inflation de l’IPC est sous évaluée d’environ 2,7% comparativement à la méthodologie pre-Clinton (l’inflation serait donc en fait 5,7%) et le taux de chômage est sous-évalué d’environ sept pourcent par rapport à sa définition originelle et ce que beaucoup de gens considèreraient être le vrai taux de chômage (qui serait alors de 12,5%).

À propos des résultats financiers des opérations fédérales, l’application de la comptabilité d’exercice i et des principes de comptabilité généralement acceptés (GAAP) aux comptes du gouvernement fédéral révèle un déficit de 3,7 billions (3700 milliards) de dollars pour l’année fiscale de 2003, tel que rapporté par le Département du trésor des Etats-Unis, cela est a contraster avec le déficit de 374 milliards de dollars rapporté selon une comptabilité de caisseii.

Les facteurs clés à prendre en compte avec toutes diffusion de données économiques :

Lire ou écouter les statistiques économiques dans les médias financiers n’a que peu de valeur à moins que le contexte des donnée divulguées soit claire et que soit bien détaillé tout ajustement des données : ajustement pour l’inflation, ajustement pour les effets saisonniers ou ajustement découlant de toute révision.

Ajustement pour les effets saisonniers : Les statistiques populaires sont fréquemment ajustées pour soustraire les tendances qui reviennent sur une base régulière, année après année, ou qui sont liées aux jours d’affaires ou de bourse. Les ventes au détail sont par exemple plus nombreuses durant le temps des Fêtes ; un autre exemple est qu’il y a des années bissextiles où février a un jour de plus.

Bien que l’ajustement saisonnier soit un outil légitime permettant de faire meilleures comparaisons mois sur mois ou trimestre sur trimestre de données qui sinon pourraient être biaisée par des tendances saisonnières, il s’avère que le gouvernement a des problèmes avec ses ajustements. Certaines données s’ajustent très mal : les demandes de prestation de chômage hebdomadaires ou encore les effet saisonnier sur l’emploi des vacances et de l’année scolaire.

Une façon de éviter les complications des tendances saisonnière est de regarder la variation sur une base annuelle, juillet 2004 par rapport à juillet 2003 par exemple. Ces variations sur une base annuelle sont largement exemptes de distorsions saisonnières.

Les biais saisonniers sont typiquement calculés annuellement sur la base des tendances des années récentes. Le Bureau des statistiques du travail [ndlr : Bureau of Labor Statistics] décida par contre depuis janvier 2004 de réviser et des recalculer ses biais saisonniers à chaque mois.

Ajustement pour l’inflation : Si l’inflation augmente de 3,0% pour l’année et que les ventes augmentent de 2,0% pour la même année, alors les ventes ont en fait chutées de 1,0% après ajustement pour l’inflation [ndlr : plus précisément, la croissance des ventes ajustée pour l’inflation est de 100%*(1,02/1,03-1)= -0,97%]. Ce genre d’ajustement pour tenir compte des effets de l’inflation est une façon tout à fait justifiée de regarder les données.

Les tournures de phrases qui veulent dire que les données ont été ajustées pour l’inflation sont entres autres : réel, en dollars constants, en dollars de 2000, en dollars de 2000-chaîne pondérés. Les tournures de phrases voulant dire que les données n’ont pas été ajustées sont entre autres : nominal et en dollars courants.

La donnée statistique économique ajustée pour l’inflation la plus suivie est le PIB qui reflète croissance de l’économie en dollars moins la croissance de l’inflation. Donc si l’inflation est sous-évaluée, le PIB sera surévalué en conséquence.

Type de croissance : Le taux de croissance rapporté est-il mensuel, annuel ou bien annualisé ? La majorité des données économiques publiées mensuellement sont des taux de croissances mensuel (la croissance par rapport au mois précédent). Les données trimestrielles donnent habituellement la croissance par rapport au trimestre précédent (comme par exemple l’indice du coût à l’embauche) et ce parfois à un taux annualisé (comme pour le PIB par exemple).

Comme mentionné précédemment, les tendances les plus significatives se voient dans les changement annuel même si ces tendance sont très peu publicisées. Les changements d’année en année (ce qui a la façon dont la plus part des entreprise analysent leurs ventes – Comment je me compare à l’année précédente ?) éliminent habituellement les distorsions saisonnières des donnée non ajustées et les distorsions résiduelles des données ajustées.

Révision : La majeure partie des données économiques subit régulièrement des révisions parfois significatives. Les données sont typiquement révisées au cours des quelques parutions subséquentes après la publication initiale et annuellement par la suite au cours d’une sorte de révision étalon quand le gouvernement obtient de meilleures données ou des données plus complètes. Une donnée mensuelle peu apparaître forte ou faible simplement à cause d’une révision des données de la période précédente.

L’IPC et le taux de chômage non ajustés pour les effets saisonniers sont deux indices qui ne sont pas révisés à moins qu’une erreur ait été faite ou que leur définition soit changée. S’il y a changement de définition, alors la donnée antérieure n’est plus comparable a la nouvelle donnée mais les médias de la finance ne portent que très peu attention à ces détails.

i Méthode de comptabilisation qui consiste à tenir compte, dans la détermination du résultat net d’une entité, des produits et des charges découlant des opérations d’un exercice lorsque les produits sont gagnés et les charges engagées, sans considération du moment où les opérations sont réglées par un encaissement ou un décaissement ou de toute autre façon. [http://www.granddictionnaire.com/]

ii Méthode qui consiste à constater les produits au moment où ils font l’objet d’un encaissement et à imputer les charges aux résultats de l’exercice au cours duquel elles font l’objet d’un décaissement. [http://www.granddictionnaire.com/]

En plus de cette introduction, il explique plus en détail les situations particulières du chômage, du déficit, de l’inflation et du PIB.

Preuve que le monsieur en question dit vrai (du moins pour ce qui est de la dette), voici un extrait de ce que les auditeurs du gouvernement fédéral des États-Unis ont à dire à propos des états financiers du gouvernement en 2003 (donc avant même la guerre d’Iraq) (vous pouvez lire l’original en cliquant ici):

«As in the 6 previous fiscal years, certain material weaknesses
in internal control and in selected accounting and reporting practices resulted in
conditions that continued to prevent us from being able to provide the Congress and
American citizens an opinion as to whether the consolidated financial statements of the
U.S. government are fairly stated in conformity with U.S. generally accepted accounting
principles. […] There are three primary reasons why the consolidated financial statements remained
unauditable for fiscal year 2003: (1) serious financial management problems at the
Department of Defense (DOD), (2) the federal government’s inability to account for
billions of dollars of transactions between federal government entities, and (3) the federal
government’s ineffective process for preparing the consolidated financial statements.»



Rigged Markets de Al Jazeera

29 11 2007
Rigged Markets    
 
 
 
 
 
 
 
 
Max Keiser bets on a winner

Free markets are meant to be fair, but are they really?

The smallest investor in the stock market is meant to face the same odds as the richest, and that is what makes free markets free.

Free markets are also meant to provide all participants with the same information about stocks, bonds, and currencies – that way all the investors have an equal chance of making a profit.

The market also allows investors to pool their resources into mutual or hedge funds, so they can punch way above their weight.

Whereas mutual funds are weighted in favour of the small investor, and are highly regulated, hedge funds are far riskier products and are weighted in favour of wealthy people who are seen as sophisticated enough to take risks that ordinary investors cannot. They are hardly regulated at all – so that everybody comes out of the market a supposed winner.

In Max Keiser’s latest viewpoint film, he argues that hedge and mutual funds are manipulated to benefit brokers, bankers and the richest investors, to the detriment of those with less power and less money.

He explains his view that free markets are not in fact free or fair, but in fact rigged – he thinks that even governments have a finger in the free market pie.

Watch this episode of People & Power here:

Part 1:

Part 2: This episode of People & Power aired from 20 May 2007



Chavez: cheval de Troy de l’impérialisme

17 11 2007

En 1913, aux États-Unis, les banques voulaient faire passer la loi établissant la Fed (banque centrale des ÉU qui appartient aux grandes banques étasuniennes) . Les banques rédigèrent la loi mais décrièrent dans les médias qu’ils étaient contre la loi, que la loi serait mauvaise pour l’industrie bancaire, et faisaient tout pour sembler l’opposer. Woodrow Wilson, président des ÉU à l’époque, était membre du parti Démocrate, le parti qui avait opposé une loi semble au Federal Reserve Act quelques années auparavant. Mais Woodrow Wilson était l’homme de J.P. Morgan et signa le projet de loi en loi après que le projet de loi fût frauduleusement approuvé à l’unanimité par 3 sénateurs au Sénat le 23 décembre 1913 alors que le reste des sénateurs étaient déjà partis en vacances. Chavez serait-il un Woodrow Wilson contemporain? Après le coup d’État raté de 2002 et les manœuvres des déstabilisations entreprises contre Chavez par la suite il semble bien qu’il ait cédé à la pression et aux menaces et soit devenu l’homme des multinationales pétrolières et minières. Dans un billet précédent je reprenait un texte en espagnole à ce propos. En voici un en français trouvé au CMAQ:

Venezuela: INSURGENTES contre la Réforme Constitutionnelle

 

* Plusieurs organisations et individus du Venezuela, impliqués au sein de différentes luttes sociales et possédant diverses approches de la gauche critique et anti-autoritaire, ont convergé dans l’espace INSURGENTES (INSURGÉS) et ont pris position en ce qui concerne la “réforme�? proposée initialement par le Président de la République, Hugo Chávez.

 

Normalement au sein d’un État, la constitution doit toujours refléter les rapports de force entre les diverses classes sociales que compose la société. La “réforme�? qui est actuellement proposée au Venezuela exprime plutôt le triomphe obtenu par le capital transnational durant le coup d’État et le sabotage pétrolier de 2002-2003. Cette victoire du capitalisme s’est manifestée et se manifeste encore aujourd’hui par la création d’entreprises mixtes et par l’arrivée de nouvelles concessions minero-pétrolières en faveur du capital étranger.

La “réforme�? proposée par le président Chávez, les modifications réalisées par l’Assemblée nationale et celles qui s’annonceront, s’inscrivent au sein même du programme de réajustement du capitalisme mondial qui cherchent à abolir les obstacles qui empêchent l’augmentation des profits. Ce plan de transformation tente de s’approprier du contrôle des ressources énergétiques et minières tout en favorisant la libre circulation du capital ainsi que de celle des biens et services. Ce phénomène est ce qu’on appelle la globalisation ou la mondialisation de l’économie qui revendique la nature prédatrice du capital mondial.

En tant que fournisseur énergique, minier et de devises, le Venezuela s’est converti en un des fervents partisans de l’économie capitaliste. Il est possible d’affirmer que ce dernier s’insère complètement dans le modèle de civilisation pervers et génocidaire qui encourage la rentabilité des grandes entreprises énergétiques et minières au détriment du bien-être des populations.

L’objectif principal que poursuit le grand capital avec cette “réforme�? est celui de donner une autorité constitutionnelle à la propriété mixte établie entre l’État national et le capital privé (via les entreprises mixtes), ce qui par conséquent implique remettre la souveraineté dans les mains des transnationales et des gouvernements étrangers, non seulement en ce qui concerne le pétrole, mais également en ce qui a trait à l’industrie minière et à l’ensemble des services publics.

Cette alliance — État et capital privé — s’est vus légaliser durant l’année 2006 par l’Assemblée nationale lorsque, sans aucune consultation, celle-ci a approuvé le Contrat cadre des entreprises mixtes. Par l’entremise de cette entente, les entreprises pétrolières transnationales ont passé du rôle de fournisseur de service à celui de propriétaires détenant plus de 40% des hydrocarbures que contient le sous-sol du territoire vénézuélien. Ce nouveau partenariat représente donc l’essence de la “réforme�? et explique également la rapidité avec laquelle le gouvernement désire donner une légitimité électorale à cette nouvelle escroquerie politique. Une fois après avoir atteint son objectif principal, le capitalisme globalisé en marche avec le gouvernement bolivarien effectueront une série de changements complémentaires pour assurer l’intensification et la stabilité de ce nouveau modèle. À partir de ce moment, la propriété mixte deviendra la base économique de la société vénézuélienne, non seulement en ce qui concerne l’industrie pétrolière, mais également en ce qui a trait à l’ensemble des branches de l’économie.

Pour parvenir à ses fins, le gouvernement — favorisant les intérêts du capital international — doit introduire de nombreux changements dont les suivants :

1. Concentration du pouvoir dans les mains du Président de la République (Articles 11, 16, 18, 70, 136, 141, 156, 158, 167, 184, 185, 225, 230, 236, 251, 252, 305, 307, 318, 320, 321, 328, 329 et les dispositions transitoires), en flagrante contradiction avec le principe de participation et de leadership populaire.

Dans la “réforme�? proposée, il est possible d’observer l’attribution de vastes pouvoirs au Président de la République qui ne sont soumis à aucun autre contrôle: Chef de l’État, leader du gouvernement, administrateur des finances publiques et du budget national, auteur des Accords et Traités internationaux et également celui qui les ratifient, Commandant en chef des Forces armées avec le pouvoir d’intervenir dans l’ensemble des unités et de décider des promotions de ses officiers, agent responsable de la création et du contrôle des nouveaux services territoriaux, autorité en charge de la distribution des budgets pour les missions, personne responsable de nommer les vices présidents, d’établir et de disposer des réserves internationales, inspecteur et directeur du Conseil national du gouvernement et du Conseil d’État et enfin l’individu en charge d’établir et de diriger unilatéralement le Plan de développement du pays.

L’intention d’attribuer au Président de la République la faculté de nommer les autorités locales et régionales constitue une usurpation du droit de choisir ses représentants et se retrouve en flagrante contradiction avec la proposition de l’article 70 qui propose d’élire les responsables des charges publiques. En fait, le Président détiendra ce droit en toute complicité avec l’Assemblée nationale et le reste des pouvoirs publics.

2. La bureaucratisation et le contrôle du mouvement social (à travers la modification des articles 67, 70, 136, 141 et 184).

L’État légifère et réglemente la participation au sein du “Pouvoir populaire�? en fonction d’une forme unique et obligatoire. Il faut noter que le “Pouvoir populaire�? émerge au sein des institutions établies et qu’il est administré par ces dernières. C’est ainsi que l’exécutif dirige dans son ensemble la dynamique communautaire afin d’arracher l’autonomie historique des mouvements sociaux au Venezuela. Le pouvoir — qui dans la constitution réside dans les mains du peuple— est accaparé et il est désormais arbitrairement et inconstitutionnellement “transféré�? aux communautés par le Président lui-même.

Pour participer au sein du “Pouvoir populaire�?, il est obligatoire d’être inscrit dans les organisations prédéfinies par l’exécutif, ce qui présuppose en fait la perte des droits à la libre association et à la libre participation décrit au sein même de l’article 67.

3. La dérégulation et la flexibilité de la main-d’oeuvre se voient légalisées et présentées aux travailleurs-travailleuses comme une avancée révolutionnaire pour approuver la “réforme�? (Article 70, 87, 90 et 141)

L’étendard historique de la réduction de la journée de travail est repris dans le but d’ajuster les relations de travail aux exigences de la mondialisation capitaliste qui dépend de moins en moins du travail pour l’accumulation du capital. Les grandes multinationales ont imposé progressivement les modalités en ce qui concerne le temps de travail, rémunérant en fonction des heures travaillées, de manière à se déprendre de l’obstacle que représentent les travailleurs dans cette nouvelle réalité mondiale.

Il faut prendre en considération que la Constitution de la République Bolivarienne du Venezuela (CRBV) envisage déjà dans son article 90, la réduction de la journée de travail; dans l’article 86, il annonce l’établissement d’un système national de sécurité sociale gratuit, universel et public; dans l’article 92 et la quatrième disposition transitoire, numéro trois, il est question de la rétroactivité des prestations sociales à travers des lois spéciales. C’est ainsi que les « avancées révolutionnaires » présentées par le Président ne nécessitent pas d’une réforme en tant que telle, car elles figurent déjà au sein de la constitution actuelle. Par ailleurs, le temps libre promis aux travailleurs et travailleuses à l’article 90, suite à la réforme devait être programmé et organisé par les patrons, mais avec la modification réalisée par l’Assemblée nationale sur cette dernière, cette fonction sera désormais réservée à l’État.

4. La militarisation de la société vénézuélienne. (Article 11, 328, 329 et les dispositions transitoires)

Avec cette “réforme�?, il est possible d’observer l’intention de consolider le projet impérial qui réside dans l’utilisation, une fois de plus, des militaires latino-américains en tant qu’agent contre-insurrectionnel, responsable d’appliquer la répression lors des conflits internes et de combattre dans la guerre antidrogue. Cette intention se cristallise en incorporant au rôle des Forces armées bolivariennes une nouvelle doctrine militaire qui consiste à inclure la “milice populaire bolivarienne�? dans le maintien de l’ordre public et de la paix interne tout en étant responsable de certaines fonctions de la police administrative et des enquêtes juridiques.

Cette dimension des changements proposés affectera et aggravera directement la situation des Droits humains au Venezuela. La militarisation existante dans l’ensemble des sphères de notre société n’est rien de plus que le prélude pour l’établissement d’un État totalitaire, clairement explicité dans la réforme et déjà en vigueur dans le Code pénal ainsi que dans la Loi sur la police nationale et contre le terrorisme. Toutes ces législations ont été approuvées au niveau du pouvoir exécutif. Il est évident que ces lois sont l’instrumentalisation pratique, politico-policier, de la « réforme » qui cherche à garantir au Capital, la paix et la sécurité pour le développement de ses affaires. Dans cette optique, la modification de l’article 337 de notre Carta Magna rend possible la suspension des procédures normales et du droit à l’information durant un État d’exception, ce qui signifie donner une autorité constitutionnelle à la doctrine pénale pour la création d’un l’État policier. En bref, l’État vénézuélien, fidèle à son histoire de répression, ratifie une fois de plus le monopole de l’exercice de la violence contre sa population, comme il a été le cas durant les massacres du Caracazo, El Amparo, Yumare, Cantaura, La Paragua, Alto Llano dans l’État d’Apure, Barrio Kennedy, incluant également le massacre d’avril 2002 perpétué par les deux clans.
Dans cet objectif de perpétration de la violence, le Ministère de la défense a annoncé l’entraînement de cinq mille franc tireurs pour « sauvegarder les intérêts de l’État socialiste en particulier dans des cas où l’ordre public pourrait être perturbé atteignant ainsi la tranquillité normale de la ville et spécialement lorsque la sécurité présidentielle est en jeu » (Éd. 569, QUINTO DIA). C’est ainsi qu’on assiste à la consolidation d’une plate-forme pour intensifier la répression, neutraliser et écraser n’importe quelle manifestation de protestation populaire contre les violations de l’État.

_L’essence capitaliste de l’État vénézuélien ne se réforme pas, il s’intensifie plutôt!_

Dans la Constitution bolivarienne du Venezuela de 1999, dans ses articles 299, 301 et 303, l’initiative privée jointe à l’État se voit octroyé le rôle de promouvoir le développement du pays; l’investissement étranger se fait accorder les mêmes traitements et avantages que celui du capital local tandis que les entreprises mixtes de l’industrie pétrolière sont institutionnalisées. Ces articles, essence du régime socio-économique du pays, n’ont pas été modifiés dans la « réforme » proposée par le Président. Il est important de souligner que les membres de l’assemblée dans une jonglerie de mots, tente d’occulter la véritable essence de la nouvelle constitution, en modifiant seulement en surface les articles 299, 301 et 303 conservant ainsi le fond néolibéral et capitaliste de l’ordre existant contenu explicitement dans les articles réformés 112, 113 et 115. Ces derniers se sont limités à changer et à substituer des mots soutenant ainsi l’intention de fond. Par exemple dans l’article 301, ils ont éliminé le paragraphe final où il est question d’offrir le même traitement aux entreprises étrangères que celui octroyé aux compagnies nationales. Mais de l’autre côté, ils ont donné une autorité constitutionnelle aux entreprises mixtes qui sont présentement en opération et qui continuent de transiger avec des entreprises transnationales et avec des gouvernements étrangers.

Toutes ces entreprises et gouvernements étrangers qui forment les entreprises mixtes sont toutefois sujets de droit international, violant ainsi l’article 13 de la CRBV qui affirme textuellement : « Le territoire national ne pourra jamais être cédé, transgressé, soumis ou aliéné, temporairement ou partiellement, à un État étranger ou à d’autres sujets du droit international ». Par exemple, il est inconstitutionnel d’établir des entreprises mixtes avec les gouvernements comme Cuba, la Colombie, le Brésil, le Panama, le Nicaragua, l’Iran, l’Algérie, la Chine, le Vietnam et également avec des entreprises comme Chevron, Gazpron, Repsol, BP, China petroleum, Lukoil, Mitsubishi, etc.

Les altérations aux articles 112, 113 et 115 proposées dans la « réforme » sont dans le but précis de donner une autorité constitutionnelle à la création des entreprises mixtes dans l’ensemble des sphères de l’économie nationale, processus initié à partie de l’ouverture de l’industrie pétrolière au capital étranger à partir de la décennie 1990. Avec la « réforme », la propriété d’une bonne partie de nos réserves minières et pétrolières (jusqu’à 49%) sera reconnue constitutionnellement aux transnationales.

Ceci explique l’acharnement inconditionnel du gouvernement pour accélérer la modification de la Carta Magna. Ce dernier désire garantir le rôle assigné à notre pays par les centres mondiaux de domination dans la division internationale du capital et du travail, rôle qui consiste à mettre à leur disposition une main d’œuvre bon marché ainsi que les ressources naturelles de notre pays.

Par ailleurs, les entreprises mixtes de l’industrie pétrolière et minière impliquent la destruction de plus d’un million carré de l’écosystème (incluant 500 mille carré du territoire maritime) pour l’exploration et l’exploitation pétrolière, en plus des conséquences écologiques bien connues. La dernière réserve dédiée à la pêche qui se situe entre l’île Margarita, Los Testigos et Puerto Sucre sera détruite au profit du projet du gazoduc Gran Mariscal d’Ayacucho (CIGMA). Le plan minier national exposé par le Président implique plus de 52% du territoire national et il est principalement situé dans les zones détenant une grande biodiversité comme il est le cas de l’État Bolivar, Amozonas, Delta Amacuro, Sierra de Perijá et les Andes. Seulement dans Perijá, il est calculé que dû aux concessions aux transnationale, l’extraction du charbon risque de mettre en péril plus de 500 milles hectares de forêts et plus de 7 millions de tonnes de végétations primaires.

L’impact environnemental implicite dans la réforme proposée constitue un immense écocide qui recouvre l’ensemble du pays. Il est important de comprendre que l’Intégration de l’infrastructure régionale sud-américaine (IIRSA) s’inscrit dans les plans du capital international. Ce programme de destruction est envisagé dans la Loi sur les mines approuvée par l’Assemblée nationale et qui sera mise en pratique à travers la Loi habilitante par le Président de la République.

Nous réitérons que ce document présenté par le gouvernement n’est pas une simple « réforme », nous sommes devant des modifications qui portent atteintes et transgressent les principes fondamentaux établis dans les premiers articles de la Constitution.

En somme, la « réforme » désire établir en tant que norme juridique maximale, la garantie de la « gouvernementalité » à travers la réélection continue, la militarisation de la société, la flexibilité des normes du travail (perte progressive des droits des travailleurs-travailleuees), la concentration du pouvoir politique dans les mains du Président de la République et le contrôle du mouvement social. Toutes des transformations exigées par les centres mondiaux du pouvoir.

Cette réforme de la Carta Magna ne solutionnera pourtant pas les problèmes d’insécurité, d’impunité, de chômage, du logement, de la santé, de l’éducation, du machisme, de la violence familiale et contre les femmes, et le manque de protection sociale qui affectent les Vénézuéliens et Vénézuéliennes, spécialement dans les secteurs les plus opprimés et exploités de la société. Ces maux propres au développement capitaliste dans l’État vénézuélien se sont intensifiés dans les neuf dernières années, dues à la corruption, à l’improvisation et à l’inefficacité de ce gouvernement, malgré les énormes ressources de la rente pétrolière qui rapporte au gouvernement une prospérité jamais connue dans l’histoire du pays.

La lutte sociale permanente contre tous les pouvoirs établis est l’unique façon d’appliquer, dans les faits, l’accomplissement des droits qualifiés comme universels, indivisibles et interdépendants exprimés dans la Déclaration universelle des droits humains laquelle affirme dans son premier article : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ». Les droits humains ne se négocient pas avec le capitalisme et ce, dans aucun contexte et dans aucune circonstance. Avec cette réforme, les droits conquis à travers les luttes du peuple vénézuélien prétendent être confisqué par le pouvoir étatique.

Donc, nous convoquons à tous les ouvriers et ouvrières, paysans et paysannes, étudiants et étudiantes, autochtones, exclu-e-s, intellectuel-le-s ainsi que tous les réseaux sociaux, c’est-à-dire à l’ensemble du peuple vénézuélien, à rejeter la « réforme ». Celle-ci constitue un déguisement pour l’implantation d’un capitalisme d’État militarisé suivant les modèles chinois et cubain garantissant du même coup une plus grande efficacité aux administrateurs locaux de la mondialisation dans l’exercice servile de leurs fonctions.

Seulement les luttes sociales du peuple et de ses organisations véritablement autonomes devant n’importe quel pouvoir constitué, peuvent entraîner les changements que la société vénézuélienne réclame depuis l’arrivée dans ces terres de la fameuse « civilisation occidentale ».

Caracas 30.10.07

Les membres adhérant à l’espace Insurgentes du Venezuela:
Le Collectif Pueblo y Consciencia (Maracay), La Cruz Negra Anarquista de Venezuela, le groupe Soberania, le journal El Libertario, le groupe Defensores de Bolivar, �?gora27-UCV, Tercer Camino, Cecavid (Lara), Justicia y Paz (Aragua), El Conuco de la Vida (Trujillo), La Libertaria (Biscucuy). Domingo Alberto Rangel, Migdalia Valdez, Victor Felizardo, Victor Poleo, Narlis Díaz, Rafael Uzcátegui, Eudes Vera, Manuel Martínez y Osmar Castillo, Pablo Hernández, Noel León, Rosa Pérez, Guillermo Sira, Nelson Méndez, Lexys Rendón, Humberto Decarli, Hisvet Fernández, Elié Habalian, Luisa Arias, Enrique Márquez, Douglas Fermín, Douglas Bravo, Francisco Prada, Rossabel Arauz, Luís Aguilera, Domingo Andrade, Antonio Decena, María Walter, Fernando Herrera, Esteban Mejías, Luís Silva, Nathaly Vásquez, Ingrid Vegas, Domingo Andrade, Nidia Cárdenas, Luis Cipriano Rodríguez, Rodolfo Rico. (signature en ajout permanent)

www.insurgentes.org.ve – contacto@insurgentes.org.ve

[Original en español publicado en El Libertario, # 51, Venezuela, Noviembre 2007 www.nodo50.org/ellibertario]



Film de la semaine: ZEITGEIST

10 11 2007

english con subtítulos en español

Et voici une adaptation française de la première partie faite par James:


Notes:

It is not the «central banking system» which is a problem as such but the fractional reserve banking system. The USA is a notable exception but most countries’ central bank (including the UK now) is owned by the governement and redistributes its profites to the governement.

Warburg = Warburg Pincus + M.M. Warburg&Co + UBS

Rockefeller = Exxon (ex-Standard Oil) + JP Morgan Chase

John Pierpont Morgan = JP Morgan Chase + Morgan Stanley + Deutsche Bank +USX (ex US-Steel)

I.G. Farben = Agfa+BASF+Bayer+Aventis

Washington Post= 18% Berkshire Hathaway, 7% JP Morgan, Barclay’s 2% etc.

New York Times Co. = 22% T. Rowe Price, 7% Morgan Stanley, 10% Fidelity Inv., 5% Barclay’s, etc.

Time magazine = Time Warner

The complete interview with Aaron Russo can be found here: http://video.google.ca/videoplay?docid=5420753830426590918

Clarifications from the makers of the film:

15:25-15:27
The December 25th birthday denoted to Jesus Christ, as stated by the narration, is not written in the Bible, although it is practiced traditionally. However, this date, known in the Pagan world for the birth of the ‘Sun God’ at the Winter Solstice, is in fact implied by the astronomical symbolism during the birth sequence.
More on this point is addressed in the Interactive Transcript.

53:56-53:59
The text reads:
[« Collapse Characteristics of World T. Center 1, 2 & 7 fit the Controlled Demolition Model Exactly »]
-WTC 7 fits the C.D. model exactly, however Towers 1 and 2 were, in fact, EXPLOSIONS rather than implosions. The means of the demolition of Towers 1 and 2 would be considered « unconventional ». The free fall speed; collapse « into its own footprint » and other such goals of controlled demolition, are however confluent.

1:04:09 -1:04:16
The video here is of the Madrid Bombings of 2004, not the London Bombings of 2005.
It is used as a creative expression and example.

1:09:22- 1:11:05
These extracts from the JFK speech entitled « The President and the Press » from April 27, 1961,
are used as a dramatized introduction to Part 3, and are not exactly in context with the original intent
of JFK’s speech. Though President Kennedy does indeed address the peril of secrecy, denouncing

« secret societies », « secret oaths » and « secret proceedings » in his statements, the latter section is
related to his views on Communism and not these societies.

1:17:14-1:17:20:
The narration states regarding W.Wilson and the Federal Reserve Act:
« Years Later Woodrow Wilson wrote in regret… »
– The notion of « years later » is incorrect. The quote is taken from his book
« The New Freedom » and it was written the same year he signed the Federal Reserve Act.

1:23:35 -1:23:38
There are 2 errors stated in the narration, one computational, the other technical.
1) It should say: (correction in italics) « Roughly 25% of the average worker’s income is taken via this tax »
[According the Bureau of Labor Statistics, the average US salary is about $36,000
which translates to a 25% Federal Income Tax. * 35% is the high tax bracket ]

2) This 25% is not a flat tax against the entire income of that single person for the year.
Rather, the tax is « graduated ». In other words, it is a generalization to say « 25% is taxed », where as there are 2 tax rate brackets under this one, and income is taxed based on each bracket combined, in a graduated manner. Consequently, the statement « you work 3 months out of the year… » is not accurate as it would be less than that in light of the « graduated » nature.

1:27.35-1:27:40:
There is a statement error in the narration. It should say: (correction in italics)
-« J.D. Rockefeller made 200 million dollars off of it [WWI]. That’s about 1.9 Billion by today’s standards »
[It was stated as « 1.9 Trillion », which was misspoken and intended to have been read « Billion », not « Trillion ».
Note: Based on the Consumer Price Index (not the GDP used initially), this conversion can also be figured
at about 3 Billion dollars]



7 Countries Considering Abandoning the US Dollar

8 11 2007

repris de currency trading:

 

By Jessica Hupp

November 6th, 2007

It’s no secret that the dollar is on a downward spiral. Its value is dropping, and the Fed isn’t doing a whole lot to change that. As a result, a number of countries are considering a shift away from the dollar to preserve their assets. These are seven of the countries currently considering a move from the dollar, and how they’ll have an effect on its value and the US economy.

  1. Saudi Arabia: The Telegraph reports that for the first time, Saudi Arabia has refused to cut interest rates along with the US Federal Reserve. This is seen as a signal that a break from the dollar currency peg is imminent. The kingdom is taking “appropriate measures” to protect itself from letting the dollar cause problems for their own economy. They’re concerned about the threat of inflation and don’t want to deal with “recessionary conditions” in the US. Hans Redeker of BNP Paribas believes this creates a “very dangerous situation for the dollar,” as Saudi Arabia alone has management of $800 billion. Experts fear that a break from the dollar in Saudi Arabia could set off a “stampede” from the dollar in the Middle East, a region that manages $3,500 billion.
  2. South Korea: In 2005, Korea announced its intention to shift its investments to currencies of countries other than the US. Although they’re simply making plans to diversify for the future, that doesn’t mean a large dollar drop isn’t in the works. There are whispers that the Bank of Korea is planning on selling $1 billion US bonds in the near future, after a $100 million sale this past August.
  3. China: After already dropping the dollar peg in 2005, China has more trouble up its sleeve. Currently, China is threatening a “nuclear option” of huge dollar liquidation in response to possible trade sanctions intended to force a yuan revaluation. Although China “doesn’t want any undesirable phenomenon in the global financial order,” their large sum of US dollars does serve as a “bargaining chip.” As we’ve noted in the past, China has the power to take the wind out of the dollar.
  4. Venezuela: Venezuela holds little loyalty to the dollar. In fact, they’ve shown overt disapproval, choosing to establish barter deals for oil. These barter deals, established under Hugo Chavez, allow Venezuela to trade oil with 12 Latin American countries and Cuba without using the dollar, shorting the US its usual subsidy. Chavez is not shy about this decision, and has publicly encouraged others to adopt similar arrangements. In 2000, Chavez recommended to OPEC that they “take advantage of high-tech electronic barter and bi-lateral exchanges of its oil with its developing country customers,” or in other words, stop using the dollar, or even the euro, for oil transactions. In September, Chavez instructed Venezuela’s state oil company Petroleos de Venezuela SA to change its dollar investments to euros and other currencies in order to mitigate risk.
  5. Sudan: Sudan is, once again, planning to convert its dollar holdings to the euro and other currencies. Additionally, they’ve recommended to commercial banks, government departments, and private businesses to do the same. In 1997, the Central Bank of Sudan made a similar recommendation in reaction to US sactions from former President Clinton, but the implementation failed. This time around, 31 Sudanese companies have become subject to sanctions, preventing them from doing trade or financial transactions with the US. Officially, the sanctions are reported to have little effect, but there are indications that the economy is suffering due to these restrictions. A decision to move Sudan away from the dollar is intended to allow the country to work around these sanctions as well as any implemented in the future. However, a Khartoum committee recently concluded that proposals for a reduced dependence on the dollar are “not feasible.” Regardless, it is clear that Sudan’s intent is to attempt a break from the dollar in the future.
  6. Iran: Iran is perhaps the most likely candidate for an imminent abandonment of the dollar. Recently, Iran requested that its shipments to Japan be traded for yen instead of dollars. Further, Iran has plans in the works to create an open commodity exchange called the Iran Oil Bourse. This exchange would make it possible to trade oil and gas in non-dollar currencies, the euro in particular. Athough the oil bourse has missed at least three of its announced opening dates, it serves to make clear Iran’s intentions for the dollar. As of October 2007, Iran receives non-dollar currencies for 85% of its oil exports, and has plans to move the remaining 15% to currencies like the United Arab Emirates dirham.
  7. Russia: Iran is not alone in its desire to establish an alternative to trading oil and other commodities in dollars. In 2006, Russian President Vladmir Putin expressed interest in establishing a Russian stock exchange which would allow “oil, gas, and other goods to be paid for in Roubles.” Russia’s intentions are no secret–in the past, they’ve made it clear that they’re wary of holding too many dollar reserves. In 2004, Russian central bank First Deputy Chairmain Alexei Ulyukayev remarked, “Most of our reserves are in dollars, and that’s a cause for concern.” He went on to explain that, after considering the dollar’s rate against the euro, Russia is “discussing the possibility of changing the reserve structure.” Then in 2005, Russia put an end to its dollar peg, opting instead to move towards a euro alignment. They’ve discussed pricing oil in euros, a move that could provide a large shift away from the dollar and towards the euro, as Russia is the world’s second-largest oil exporter.

What does this all mean?

Countries are growing weary of losing money on the falling dollar. Many of them want to protect their financial interests, and a number of them want to end the US oversight that comes with using the dollar. Although it’s not clear how many of these countries will actually follow through on an abandonment of the dollar, it is clear that its status as a world currency is in trouble.

Obviously, an abandonment of the dollar is bad news for the currency. Simply put, as demand lessens, its value drops. Additionally, the revenue generated from the use of the dollar will be sorely missed if it’s lost. The dollar’s status as a cheaply-produced US export is a vital part of our economy. Losing this status could rock the financial lives of both Americans and the worldwide economy.



Confessions of an Economic Hitman

1 10 2007

The 1973 oil crisis and the US dollar. John Perkins addresses the veterans for peace:

PART I:


PART II:

PART III:

And as a little bonus … the confession of a Walmart Hitman:



Image du jour

20 09 2007

Membres Bilderberg 2007

Notez que la liste diffère de celle que l’on peut trouver ici. Je ne pourrais dire laquelle est plus exacte. Par exemple la liste ci-haut dit que David Rockerfeller n’y a pas assisté alors que indymedia marseille dit qu’il a assisté. Notez la présence de Philip Zelikow qui a dirigé la commission sur le 11 septembre.



Le système bancaire à réserve fractionnelle: la privatisation de l’argent (partie II)

17 09 2007

dixpiastresbmo

Ceci est la deuxième partie d’une série d’au moins trois articles. La première partie est ici. Cette partie est plus technique (et peut être sautée sans perdre trop de l’aspect qualitatif de la chose) mais n’est pas vraiment plus difficile, il suffit d’un peu plus de patience. Dans cet article, on reprend, généralise et étend l’exemple de la partie I aux transactions bancaires les plus communes. Dans le prochain article (partie III) on parlera de l’inflation dans un système bancaire à réserve fractionnelle et d’un peu d’histoire.

Second exemple: plus technique et plus mathématique mais quand même relativement facile

Maintenant prenons notre banque préférée, la banque Grôssbanque. En décembre 1949 la banque Grôssbanque a imprimé un gros billet de R$ (un gros chiffre) et l’a ensuite converti en beaucoup de billets de 100$ et en argent électronique (des «blips» dans l’ordinateur de la banque centrale au nom de Grôssbanque, librement convertibles en argent papier) auprès de la banque centrale tout à fait légalement. Grôssbanque a donc R$ qui lui appartient, mais elle a aussi, grâce aux dépôts de ses dépositeurs (c’est-à-dire les gens qui ont un compte en banque chez Grôssbanque), D$ dans ses coffres forts. Grôssbanque a donc une réserve d’argent de (R+D)$ (cases jaunes dans le Tableau I). Grôssbanque veut faire de l’argent, elle veut donc prêter un maximum d’argent pour un gagner un maximum d’intérêt dessus. Combien d’argent Grôssbanque peut-elle prêter au maximum? Naïvement on croirait que ce serait R$, l’argent qui lui appartient, ou en tout cas, certainement rien de plus que (R+D)$ l’argent qu’elle entrepose dans ses coffres forts. Éh bien non. Grôssbanque peut prêter beaucoup plus que ce qui lui appartient ou que ce qui est déposé dans ses coffres: Grôssbanque peu prêter tant que les réserves de ses coffres forts représentent plus de T% de ses obligations envers ses clients. Autrement dit, si M$ est le montant maximal que peut prêter Grôssbanque, alors on a que:

T = (R+D)/(M+D) * 100

car l’argent que Grôssbanque doit rendre disponible à ses clients est le M$ qu’elle leurs prête et les D$ qu’ils ont déposé eux-mêmes dans leur compte chez Grôssbanque et l’argent qui est en fait disponible à Grôssbanque est le R$ qui lui appartient et les D$ que ses clients lui ont «prêté». La loi requiert alors que le ratio de ces deux quantités soit d’au moins T%. On peu réécrire l’équation d’en haut comme suit:

M = (100/T)*R + (100/T-1)*D

Donc si T est inférieur à 50 (ce qui est le cas pour la majorité des pays), on aura bien que M, le montant d’argent maximal que peux prêter la banque est supérieur à R+D, l’argent qu’a la banque dans ses coffres! Par exemple, pour T = 10% comme aux États-Unis on a M = 10*R + 9*D! La banque crée donc de l’argent qui n’existait pas avant! Notons par ailleurs que plus T est petit, plus la banque peut créer de l’argent. Si T = 0 (un taux minimal de réserve de 0%) cela veut dire que la banque peut créer et prêter autant d’argent qu’elle le veut, indépendamment de l’argent qu’elle possède vraiment ou de l’argent déposé chez elle par des dépositeurs, c’est la situation au Canada depuis 1994.

Pour ce qui suit, nous utiliserons des mini-simili-tableaux-comptables où sont comptabilisées chaque transactions. Notons que le mot passif indique une dette donc, dans la colonne «peuple passif» on inscrit tout ce que le peuple a de dette. Le mot actif indique un avoir, une possession. Et donc l’avoir net du peuple (la case rouge) est le total de la colonne actif moins le total de la colonne passif. Pour Grôssbanque, on a la même chose, ce qu’elle possède est dans la colonne actif et ce qu’elle doit est la colonne passif. Notons ici que pour ce qui est des cases jaunes, l’argent que tient Grôssbanque, la case jaune foncée (brunâtre/kaki) contient l’argent qu’elle est obligé de tenir «dans ses coffres» afin de maintenir son taux de réserve minimal et la case jaune pâle consiste en l’argent «excessif».

Dans ce qui suit, nous allons chercher à calculer l’argent total qui existe au pays. Comment fait-on cela? Premièrement on doit prendre note que l’argent disponible dans le système, c’est le total de l’argent qui peut être utilisé pour acheter des choses. Mais avec quoi peut-on acheter des choses? On peut acheter des choses avec de l’argent comptant détenu par le particuliers, donc le montant dans la case rose fait parti de l’argent total, on peut acheter des choses avec l’argent dans son compte en banque, donc la case bleue fait parti de l’argent total du système, les réserves minimales de la banque ne peuvent pas être utilisées pour acheter des choses car elles doivent rester dans les «coffres de la banque», donc la case jaune foncée ne contribue pas à l’argent total du système, la case jaune pâle par contre est «l’excédant de réserves» de la banque, elle peut donc en disposer comme elle l’entend, donc la case jaune pâle contribue à l’argent total du système. Notons que toutes les cases dans les colonnes «passif» sont des dettes, donc on ne peut pas acheter des choses avec ça, elles ne contribuent donc pas à l’argent total du système. Notons aussi que même si elles sont des dettes, ces cases jaunes n’enlèvent pas d’argent du système (sauf au moment où elles sont repayées). En effet, si Marie Tremblay a une hypothèque restante de 30000$ et a aussi 30000$ dans son compte en banque, elle peut quand même acheter une voiture de l’année à 30000$, elle n’a donc pas zéro dollars mais bien 30000$ et une dette de 30000$. Par contre, comme un le verra plus tard, si à la place d’acheter sa voiture de l’année et de donner ses 30000$ à quelqu’un d’autre, Marie repaie son hypothèque, alors pouf, ces 30000$ disparaissent en fumée, 30000$ viennent d’être détruits. Mais revenons à nos moutons, on a donc que l’argent total dans le système, le montant qui peux être utiliser pour acheter des chose est la somme des cases rose, bleu et jaune pâle.

Récapitulons: au tout début Grôssbanque a R$ qui lui appartient et « le peuple » a D$ qui lui appartient en argent comptant.

On a donc la situation du Tableau 1:

 

Tableau 1:

pics1

Dans le tableau 1 on met que l’argent créé par Grôssbanque et la Banque centrale sont zéro, ce n’est pas exactement vrai, mais bon, pour simplifier les choses on fait comme si ce l’était, comme si on commençait à zéro. On fait comme si l’argent qui existe au tout début n’a été créé par personne. L’argent qui peut être utilisé pour acheter des choses est l’argent que le peuple a en comptant et l’argent que Grôssbanque a dans ses coffres. Car vu que Grôssbanque n’a aucune obligation de fournir de l’argent à quiconque, toute son argent est libre est Grôssbanque n’a pas besoin de garder des réserves car (T/100)* 0 = 0. On a donc zéro dans la case jaune foncée et le restant R dans la case jaune pâle. Et donc, l’argent total dans le système est D+R comme on aurait pu s’y attendre naïvement.

Après un bout de temps le peuple décide qu’il veut mettre son argent à la banque. Le peuple sort donc son argent de dessous et de dedans ses matelas et ouvre des comptes chez Grôssbanque où la totalité de son argent (D$) est déposé. Donc, dans le Tableau 2, dans la case rose de l’argent comptant du peuple on met zéro car le peuple n’a plus d’argent comptant et dans la case bleu de ses comptes en banque on met D$.
Tableau 2:

t2

Du côté de Grôssbanque, Grôssbanque a une dette de D$ envers le peuple car le peuple lui a prêté D$. Cette dette paie des intérêts faibles (comptes épargnes) ou nuls (comptes chèques), on met donc D$ dans la case verte de la colonne passif de Grôssbanque. La case verte est ce que Grôssbanque doit au peuple car c’est l’argent qui est dans les comptes en banque du peuple. La case verte et la case bleue contiennent et contiendront donc toujours le même montant. Dans les coffres de Grôssbanque il y a maintenant R$ qui lui apparient et D$ déposé par le peuple, donc (R+D)$ en tout. Le montant total d’argent que Grôssbanque doit mettre à la disponibilité du peuple (l’argent du peuple dans ses comptes en banque) est de D$, donc Grôssbanque doit garder T/100% de ce montant en réserve est peut faire ce qu’elle veut avec le reste. On a donc que les réserves minimales qu’elle doit garder sont de (T/100)*D$, on met donc ce chiffre dans la case jaune foncée. Dans la case jaune pâle on met les réserves totales (R+D) de Grôssbanque moins ses réserves minimale, donc : R+D – (T/100)*D. Et donc l’argent total qui peut être utilisé pour acheter des choses est la case bleue plus la case jaune pâle, c’est-à-dire que l’argent total dans le système est de D+R+(1-T/100)*D = (R+(2-T/100)*D)$. Ceci est plus qu’avant ! Il y a (1-T/100)*D$ de plus créé par la banque. Pour donner une idée concrète de ce que cela représente, si le peuple avait un million de dollars (D=1000000) et si le taux de réserve minimal est de 10% (T=10) alors 900000$ (900 miles dollars) serait créés. Il y a donc eu création d’argent (par la banque) car une partie de l’argent du peuple, (1-T/100)*D$, peut être utilisé deux fois en même temps ! Le peuple peut utiliser ses D$ comme il l’entend, mais Grôssbanque peut aussi utiliser (1-T/100)*D$ de ces D$ pour acheter ce qu’elle veut car Grôssbanque n’a besoin de garder que T% des dépôts de ses client(e)s dans ses coffres. Notons que le taux de réserve, l’argent dans les coffres de Grôssbanque (somme des deux cases jaunes) diviser par l’argent qu’elle doit rendre disponible à ses clients (case verte) est (R+D)/D*100% ce qui est plus de T% donc Grôssbanque peut faire plus de prêts au peuple puisqu’elle a des réserves excessives. Notons aussi que vu que par définition, dans la case jaune foncée, on a le montant de la case verte multipliée par T/100, le taux de réserve sera à T% lorsque l’argent libre de Grôssbanque, la case jaune pâle, est à zéro. Tant qu’il reste de l’argent libre à Grôssbanque, Grôssbanque peut prêter plus d’argent au peuple.

C’est bien le cas présentement, comme nous l’avons précédemment calculer au deuxième paragraphe, Grôssbanque peux prêter M$= [(100/T)*R + (100/T-1)*D]$ de plus au peuple (pour des hypothèques par exemple). Pour ce faire, Grôssbanque écrit simplement un crédit de M$ aux comptes du peuple. Les comptes du peuple, la case bleue, ont donc maintenant (D+M)$ comme on peut le voir dans le Tableau 3. Evidemment, la banque ne prête pas cet argent gratuitement, elle prête à un taux d’intérêt relativement élevé. Le peuple contracte donc ainsi une dette à intérêt élevé auprès de Grôssbanque : les deux cases beiges. La case verte est l’argent que Grôssbanque doit fournir au peuple s’il décide de vider ses comptes en banque chez Grôssbanque, on a donc D+M dollars dans cette case.
Tableau 3:

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Mais d’où provient donc les M$ = [(100/T)*R + (100/T-1)*D]$ que Grôssbanque prête ainsi au peuple ? Il y a premièrement les R$ que Grôssbanque possède, mais ensuite il y aussi les (M-R)$ = (100/T-1)*(D+R)$ que Grôssbanque crée de toutes pièces mais qui n’existe réellement pas et donc qu’elle doit «détruire» à un moment donné. Notons que ce montant d’argent est bien plus que le montant d’argent qu’y existait au début : si le taux minimum de réserve est de 10% alors T = 10 le montant d’argent créé de toutes pièces par Grôssbanque est 9*(D+R) donc neuf fois le montant total d’argent initial ! Bien entendu comme, pour Grôssbanque, l’argent qu’elle crée de toutes pièce est pour elle comme une sorte d’emprunt sans aucun frais d’intérêt qu’elle peut prêter à des taux d’intérêts élevés, Grôssbanque est peu encline à détruire cet argent créé de toutes pièces.

Mais qu’arrive-t-il si Marie, une personne du peuple, sort x$ (en argent comptant disons, car si elle donne un chèque ou paie débit rien ne se passe de notre point de vu) pour acheter une maison ? Premièrement si Marie sort x$ comptant, alors elle a x$ en argent comptant (ou «libre») et doit soustraire x$ au montant de son compte en banque (case bleue). Deuxièmement les réserves de Grôssbanque sont aussi diminuées de x$ car Grôssbanque doit puiser dans ses réserves pour donner x$ à Marie, donc Grôssbanque a donc des réserves de (R+D-x)$ . Mais de par la loi Grôssbanque doit maintenir des réserves d’au moins (T/100)*(D+M-x)$ = [D+R-(T/100)x]$. Grôssbanque se retrouve donc dans une situation illégale, ses réserves sont à court de (1-T/100)*x$, ce que le note en mettent (1-T/100)*x dans la case jaune pâle passif. C’est-à-dire que Grôssbanque est dans le rouge pour ce qui est de son Argent «libre». Par définition on définit y comme étant y = (1-T/100)*x afin de se simplifier un peu la vie. Notez bien aussi que comme le peuple a autant d’argent avant que Marie ait retiré de l’argent qu’après mais que Grôssbanque se retrouve avec un déficit de y$ dans son argent «libre» après le retrait cela veut dire qu’en retirant x$ en argent comptant, Marie a entraîné la destruction de y$. Plus concrètement, si Marie a retiré 10 000$ et que le taux de réserve minimal est de 10% alors y$ = 90 000$ et donc Marie aurait forcé la banque à détruire 90 000$ de l’argent qu’elle avait préalablement créé. Vous noterez que dans le Tableau 4. Grôssbanque a en effet créé y$ de moins que dans le Tableau 3.

Tableau 4:

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Grôssbanque a alors deux solutions, soit elle emprunte de l’argent d’une autre banque, soit elle emprunte directement à la banque centrale. Comme on suppose ici que Grôssbanque représente l’ensemble des banque du pays, Grôssbanque emprunte y$ de la banque centrale à un taux d’intérêt moyen (plus haut que le taux d’un compte épargne mais plus bas qu’un taux hypothécaire). Grôssbanque emprunte donc cet argent est la laisse dans ses coffres afin de satisfaire à son taux de réserve minimum requis comme on peut le voir dans le Tableau 5. Mais ces y$ que la banque centrale a prêté à Grôssbanque viennent d’être créé par la banque centrale, soit en les imprimant sur du papier pour ensuite les livrer à Grôssbanque ou plus probablement simplement en l’inscrivant dans le système informatique. On rajoute donc y$ = (1-T/100)*x$ aux réserves de Grôssbanque ce qui a pour effet de remettre la case jaune pâle à zéro. Par contre, Grôssbanque contracte une dette de y$ envers la banque centrale, on l’inscrit dans la case orange à intérêt moyen. Notons que les y$ créé par la banque centrale remplacent exactement les y$ détruit lors du retrait par Marie de x$. L’effet global donc de retirer de l’argent à son compte en banque (dans un système de réserve fractionnelle où T n’est pas zéro) est de détruire de l’argent créé par des banques privées et le remplacer par de l’argent créé par la banque centrale. Contrairement à l’argent qu’elle crée elle-même, une banque privée doit payer des intérêts (quoi que moins que le peuple en général) sur l’argent créé ainsi par la Banque centrale. Donc si plusieurs personnes commencent à retirer de l’argent en même temps d’une banque privée cela peut lui coûter très cher (c’est ce qui se passe actuellement avec la banque anglaise Northern Rock) et même si les gens retire assez d’argent pour qui la banque centrale ne veuille plus lui prêter de l’argent alors la banque privée peut faire faillite.

Tableau 5:

t5

Par la suite Marie donne ses x$ en argent comptant à Julie en échange d’une belle maison en Gaspésie. Il n’y a alors aucun changement dans notre Tableau car il n’y pas de transaction entre Grôssbanque et le peuple, seulement un échange entre une personne du peuple et une autre.

Tableau 6:

t6

Évidemment, Julie ne désire pas garder un gros montant d’argent ayant la valeur d’une maison en argent comptant chez elle, donc elle va porter cet argent à la banque, elle dépose donc x$ dans son compte chez Grôssbanque. Ceci a pour effet qu’elle n’a plus d’argent comptant, donc la case rose est remise à zéro. Cela ajoute aussi x$ aux comptes du peuple donc on ajoute x à la case bleu et à la case verte. Et finalement cela rajoute x$ aux réserves de Grôssbanque qui sont donc maintenant de (D+R+y). Comme les réserves minimal que doit avoir Grôssbanque sont de (D+M)*(T/100)=D+R, Grôssbanque a y$ d’argent libre, comme on peu le constater dans le tableau 7.

Tableau 7:

t7

Comme Grôssbanque a y$ d’argent libre, elle peut faire ce qu’elle veut avec cet argent et, par exemple, elle peut repayer sa dette envers la banque centrale. Grôssbanque repaie donc sa dette envers la banque centrale, pour ce faire elle utilise sont argent «libre» et donc la case jaune pâle est remise à zéro. Puis, comme Grôssbanque a repayé sa dette, la case orange est aussi remise à zéro et l’on obtient le Tableau 8 qui est en fait la même chose que le Tableau 3 car on est revenu à la même situation. Les y$ que Grôssbanque donne à la Banque centrale soit sous forme papier soit sous forme électronique sont alors effectivement «détruits» par la banque centrale. Si l’argent était sous forme électronique alors elle est réellement détruite, si l’argent était sous forme papier alors (si l’argent est toujours en bon état) l’argent est tout simplement retiré de la circulation et placé dans un coffre fort pour être entreposé jusqu’au moment ou la banque centrale aura besoin de créer plus d’argent papier, alors la banque centrale pourra sortir cet argent et le mettre en circulation.

Tableau 8:

t8

Maintenant qu’arrive-t-il si Marie arrive à économiser assez d’argent pour payer une partie ou le tout de son hypothèque ? Marie fait un paiement de H$ à la banque. Comment procède-t-on pour effectuer le paiement ? Premièrement, elle paie H$ de ses dettes donc les cases beiges, les dettes du peuple envers Grôssbanque, diminuent de H$. Deuxièmement, elle effectue ce paiement à partir de sont comte bancaire donc H$ est débité de son compte donc on enlève H à la bleu et à la case verte. Mais puisque la case verte a changée, les réserves minimales que doit garder Grôssbanque ne sont plus les mêmes. Les réserves minimales sont maintenant (T/100)*(D+M-H)$ et donc il y a T*H/100$ qui devaient être dans la réserve mais qui sont maintenant «libérés». Et donc globalement, il y a H$ de moins parce que le peuple a perdu H$ en repayant la banque mais la banque a T*H/100$ de plus dont elle peut disposer comme elle veut et donc en somme (1-T/100)*H$ que Grôssbanque avait créé ont été détruits comme vous le constaterai en comparant le Tableau 9. avec le Tableau 8. Et donc si l’hypothèque H de Marie était de 100 000$, et que le taux de réserve minimal est de 10%, en repayant son hypothèque de 100 000$ il y 90 000$ qui sont partis en fumé.

Tableau 9:

t7.3

Évidemment, Grôssbanque va la reprêter un maximum d’argent à quelqu’un d’autre afin de pouvoir gagner de l’intérêt dessus. Et donc, par exemple, Grôssbanque pourrait prêter H$ (c’est évidemment le maximum qu’elle peut prêter si elle recrée les (1-T/100)*H$ qui viennent de disparaître) à Jean afin qu’il s’achète un voiture de l’année. On retrouve alors exactement la même situation qu’on avait avant que Marie paie son hypothèque comme on peut le constater en comparant les Tableau 10. et 8.

Tableau 10:

t7.6

Mais notez que si Jean pense que ça va mal au travail et qu’il risque de perdre son emploi ou que son salaire va être coupé ou va stagner alors il ne voudra pas emprunter pour acheter une voiture. Et si Grôssbanque trouve personne pour emprunter plus d’argent alors les (1-T/100)*H$ ne réapparaîtront pas et il y aura réellement moins d’argent dans le système.

C’est pour ça qu’à la télé ou dans les journaux, on parle tant du «sentiment des consommateurs» ou de «l’indice de confiance des consommateurs». Et c’est pour ça qu’on incite subtilement les gens à dépenser et non pas à économiser. Car, dans le système actuel de réserve fractionnelle, même si individuellement chaque individu à avantage à économiser devant une économie ralentissente, si les consommateurs en général sentent que les temps vont être durs et se mettent à économiser et payer leurs dettes au lieu de dépenser et consommer, des sommes massives d’argent vont être détruites (non seulement ça, mais la «vitesse» de l’argent, la vitesse avec l’argent change de mains, diminue, ceci a le même effet que la destruction de l’argent comme nous allons le voir dans la partie III de cette série d’articles). Et qui dit moins d’argent dit une économie qui roule moins vite. Qui dit moins d’argent, dit aussi pas assez d’argent pour acheter tous les biens produits. Les entreprises ont donc le choix entre ne pas vendre leurs produits, ou les vendre en dessous du prix coûtant. Ceci précipitera donc une récession. Cette sorte de récession est ce que les économistes (une bande de crack-potes avec des oeillères plus grosses que la tête) et les médias (soit totalement ignorants, soit décevant intentionnellement les gens) aiment à appeler une «crise de surproduction» (cette expression me fait tellement rire, elle est tellement absurde, elle est pire que le double-speak orwellien et l’absurde d’Ionesco combinés, comment se peut-il que l’on produise trop alors qu’il y toujours pleins de gens dans la pauvreté la plus abjecte, pleins de gens sans nourriture, sans maison, avec que peu de vêtements, alors qu’il y a toujours pleins de gens qui travaille à se briser le dos mais qui arrivent à peine joindre les bouts?!? comment peut-il y avoir surproduction dans de telles circonstances??). La solution dans le système actuel? La destruction des moyens de production: la fermeture d’usines et d’entreprises par la faillite (une partie de leurs équipement et infrastructures se font acheter à rabais par les plus grosses entreprises qui ont assez d’argent en réserve pour survivre la récession (un exemple actuel de ça est l’annonce hier du possible achat de Nothern Rock par HSBC ou Lloyds en Angleterre) mais ne sont pas utilisées dans l’immédiat car les stocks sont suffisant pour satisfaire à la «demande») pour les plus petites qui sont plus vulnérables et la fermeture temporaire des moyens de productions des plus grosses entreprises. Cela «résout» le problème de deux façons: premièrement, la masse d’employé(e)s licencié(e)s ne peuvent plus se permettre «le luxe» d’économiser et de payer leurs dettes (ce qui détruit l’argent), certain(e)s doivent même s’endetter (ce qui crée de l’argent) de nouveau juste pour survivre, deuxièmement, les petites et moyennes entreprises ayant été éliminées il y a moins de produits sur le marché, l’offre et plus faible, il y a donc une sorte de rééquilibrage de l’offre et de la demande, mais plus important encore, les grandes entreprises se trouvent en position de quasi-monopole, elles peuvent donc fixer leurs prix (au dessus du prix coûtant) sans égare au fait que la population en général n’a plus les moyens de payer ces prix (parce qu’il n’y a plus autant d’argent le système), de toute façon, la population peut toujours s’endetter (ce qui crée de l’argent) afin de se loger et de se nourrir. Donc en fait, une récession n’est pas si mal (c’est même très bien), pour les plus grandes entreprises car cela élimine la compétition et leur permet de garder une position dominante, et comme bonus, elles peuvent se rééquiper, augmenter leurs concessions d’exploitations de ressources naturelles (terres agricoles, champs de pétrole, quotas de production, mines, etc.) et agrandir leur infrastructure à peu de frais en achetant les résidus de leurs défuntes compétitrices. Des récessions à intervalles réguliers sont presque essentielles aux grandes entreprises (et banques) afin de préserver leur position dominante, d’ailleurs ces compagnies (mais surtout les banques) ne manquent pas d’inciter régulièrement la banque centrale à provoquer des récessions, et comme les dirigeant(e)s de la banque centrale sont des banquièr(e)s qui ont déjà et qui retournerons sûrement travailler dans le secteur privé les banques privées et les entreprises qu’elles représentes n’ont pas trop de mal à se faire entendre. Mais le plus drôle dans tout ça, c’est qu’on entend souvent dire que le problème de surproduction est inhérent au capitalisme. Strictement parlant c’est totalement faux, ce problème est inhérent au système bancaire que nous utilisons, par exemple, dans un pays où l’on utiliserait un système bancaire de Crédit Social (voir la section «articles de mise en contexte» du blogue) on n’aurait pas de problème inhérent de «surproduction» et ce serait toujours un système capitaliste (dans le sens que les moyens de productions peuvent toujours être de la propriété privée).

Après qu’un an soit passé (ou quelconque période) le temps de verser et de collecter les intérêts est arrivé. Grôssbanque doit payer de faibles (ou pas du tout si c’est un compte chèque) intérêts au peuple sur le montant dans la case verte du Tableau 10. et le peuple doit payer des intérêts élevés sur le montant inscrit à la case beige. Disons que la banque reçoit I$ en intérêts et dois payer i$ en intérêts au peuple. I est un montant supérieur à i sinon la banque ferrait vite faillite et dans la pratique ce nombre est immense. Soit donc P$ = (I-i)$ le montant nette que Grôssbanque reçoit du peuple. Alors le peuple doit payer un montant P$ à Grôssbanque. Comment faire ? La case verte qui est égal à la case bleu est le montant d’argent que Grôssbanque doit au peuple, il suffit donc de soustraire P de ces deux cases. Mais alors, le montant de réserve minimum devient (T/100)*(D+M-P)$= [D+R-(T/100)*P]$ ce qui veut dire que l’argent «libre» de la banque est (T/100)*P. Par contre le peuple a perdu P$ donc globalement il y a eu destruction de (1-T/100)*P$ et la situation est comme illustrée au Tableau 11.

Tableau 11:

t9
Mais évidemment, encore une fois, Grôssbanque voulant maximiser ses profits va prêter autant d’argent qu’elle peut dans la limite du légal. Le montant maximum K$ qu’elle peut prêter est tel que (D+R)/(K+[D+M-P]) = T/100. Ce qui signifie que K = P. Donc Grôssbanque peut (créer et) prêter P$ au peuple. Puisque Grôssbanque prête P$ de plus au peuple, en plus du M$ déjà prêté, on devra ajouter P aux cases beiges. Grôssbanque doit mettre l’argent à disposition du peuple dans leur comptes en banque et donc on doit aussi ajouter P à la case bleu et à la case verte. Pour ce qui de l’argent «libre» de la banque on sait qu’il n’en restera plus car on a choisi de prêter le maximum d’argent. On se retrouve donc avec la situation suivante telle que décrite par le Tableau 12.

Tableau 12:

t10
Et on voit donc qu’au bout du compte, le montant total d’argent est le même qu’avant que les intérêts soient payés sauf que maintenant le peuple est plus endetté et plus pauvre et Grôssbanque est plus riche.

Mais maintenant qu’arrive-t-il si la population du pays augmente et production du pays augmente ? Il y a plus de gens et plus de produit donc on a besoins de plus d’argent dans le système pour pouvoir continuer toutes les transactions quotidiennes au même rythme qu’avant. Comment fait-on pour augmenter le quantité d’argent dans le système ? C’est assez bizarre mais c’est tout de même assez simple. Si la banque centrale décide qu’on doit augmenter la quantité d’argent en circulation, elle crée N$ disons et elle les prête (de façon presque permanente) aux banques privées à un taux d’intérêt moyen. Grôssbanque reçoit donc un prêt de N$ de la banque centrale et donc les réserves de Grôssbanque augmentent de N$ mais aussi ses dettes à intérêt moyen (case orange) augmentent de N$. On se retrouve donc dans la situation du Tableau 13.

Tableau 13:

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Évidemment, Grôssbanque ne va pas laisser l’argent se reposer dans ses coffres car elle doit payer de l’intérêt sur cet argent et donc si l’argent reste dans ses coffres à rien faire Grôssbanque va perdre de l’argent. Grôssbanque veut faire comme d’habitude et prêter le plus d’argent possible à un haut taux d’intérêt. La question est donc de savoir combien d’argent Grôssbanque peut prêter au peuple. Les réserves de Grôssbanque sont maintenant (R+D+N)$. Le montant maximal qui K$ qui peut être prêté doit satisfaire à l’équation (R+D+N)/(D+M+K)=T/100 ce qui impose que K = (100/T)*N. Ce qui veut dire par exemple, si T = 10, que Grôssbanque peut prêter 10 fois le montant d’argent qui lui a été prêté par la banque centrale. Ceci veut dire que Grôssbanque crée 9*N$ à partir de rien, totalement gratuitement et ensuite prête cet argent au peuple à des taux d’intérêts élevés. Pour ce qui est du N$ que la banque centrale lui a prêté elle le prête aussi à un taux d’intérêt élevé, plus élevé que le taux moyen auquel la banque centrale lui a prêté. On se retrouve donc dans la situation décrite par le Tableau 14.

Tableau 14:

t12

Ce qui est le plus scandaleux est que, à toute fin pratique, cette méthode de créer l’argent est l’unique méthode utilisée. Ceci veux dire que (si T = 10 mais dans les faits T tourne plus au tours de 2) pour chaque dollars créé par le gouvernement, 9 dollars sont créés par des banques privées. Non seulement ça mais pour créer plus d’argent il faut absolument que quelqu’un quelque part s’endette et donc si un jour toutes les dettes étaient payées il ne resterait presque plus d’argent ! En fait la situation est encore pire que ça parce que pour des pays comme le Canada, l’Angleterre et la Suède, T=0 et donc les banques privées peuvent créer autant d’argent qu’elles le souhaitent. Et pour les autres pays, le taux minimal de réserve ne s’applique pas sur tous les comptes bancaires mais seulement les comptent courants (les comptes chèques) et donc les banque peuvent créer autant d’argent qu’elles le veulent tant que cet argent se retrouve dans des comptent épargne. Les banque doivent seulement satisfaire à la contrainte que R/C >T/100 où R est le montant d’argent que la banque a dans ses coffres, C est la somme des montants de tous les comptes courants de cette banque et T est le taux minimal de réserve.

Pour mieux comprendre l’amplitude de l’argent créé par les banques privées regardez le graphique ci-dessous qui se rapporte aux dollars étasuniens. M1 est l’argent «libre» des banques et les comptes courants. M2 est, grosso modo, les M1 plus les comptes épargnes, les comptent d’investissement, etc. et M3 est, grosso modo, M2 plus les dollars étasuniens à l’extérieur du réseau financier étasunien (en Suisse par exemple).

 

Components of US money supply (M1, M2, and M3) since 1959

 

Dans les prochaines parties de la série nous aborderons l’inflation et les cycles économiques.

Autres parties de la série: Partie I, Partie II, Partie III, Partie IV

sources:

  1. http://en.wikipedia.org/wiki/Fractional_reserve_banking
  2. http://en.wikipedia.org/wiki/Reserve_requirement
  3. http://en.wikipedia.org/wiki/Local_currency
  4. http://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_du_Canada#Histoire
  5. http://en.wikipedia.org/wiki/Bank_of_Canada#History
  6. http://en.wikipedia.org/wiki/Royal_Canadian_Mint
  7. http://en.wikipedia.org/wiki/Full-reserve_banking#Monetary_reform
  8. http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9dit_social
  9. http://fr.wikipedia.org/wiki/Finance_islamique
  10. http://en.wikipedia.org/wiki/Islamic_banking#Principles
  11. Lois sur la Banque du Canada
  12. http://en.wikipedia.org/wiki/Money_supply


L’hypocrisie de la Banque d’Angleterre et du Canada

13 09 2007

http://www.rumble.net/travel/photos/uk2003/september/bank-of-england.jpghttp://www.fineart.utoronto.ca/canarch/ontario/ottawa.jpgs/ott-35.jpg Les banques centrales du Canada et d’Angleterre se donne un ton moralisateur en critiquant la Banque centrale européenne (BCE), la FED et les autres banques centrales qui injectent des liquidités dans leurs systèmes bancaires respectif pour venir en aide aux spéculateurs qui se sont laissés entrainer dans une surenchère des prix des instruments financiers. Pour les aider, les banques centrales telles la FED et la BCE injectent de l’argent dans les banques commerciales ce qui permet à ces dernières de créer plus d’argent (par le biais du système bancaire à reserve fractionnelle) qui va permettre de maintenir les prix élevés des dits instruments financiers et ainsi éviter la ruine des spéculateurs peu scrupuleux. La banque du Canada et d’Angleterre argumentent avec raison que cela ne fera que remettre à plus tard la crise financière et pire encore, cela donnera confiance aux spéculateurs que chaque fois qu’ils sont dans le pétrin les banques centrales courreront à leur rescousse (ce qui a été le cas historiquement).

Ce que la BdC et la BdA omettent de mentionner par contre est que contrairement aux autres pays, le taux de réserve minimal dans ces deux pays est de 0% et donc ils n’ont pas besoins d’injecter plus d’argent dans leur banques commerciales pour que ces dernières crée assez d’argent pour venir à la rescousse des investisseurs! Le système bancaire canadien et anglais est déjà systémiquement biaisé en faveur des spéculateurs qui pouvent être automatiquement sauvés par le système! Sachant que les systèmes anglais et canadien sont encore plus sécuritaire pour la débauche spéculative, ces discours moralisateurs ne sont que pure hypocrisie!




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