Divide et impera: la stratégie au Soudan de l’Empire romain aux pétrolières occidentales

9 10 2007

Néron Kouchner

Ça fait un certain temps que je n’ai pas parlé du Soudan, donc parlons-en, voici un nouveau billet dans la suite des précédents: 1 2 3 4 5 6 7

Du temps de l’Empire romain, l’énergie avec laquelle tout fonctionne, de la machine de guerre aux grands travaux publics en passant par le transport (la galère) est humaine, principalement des esclaves. Ces esclaves sont obtenus par la conquête. L’économie romaine reposait donc entièrement sur la conquête, dès que la croissance de la conquête s’est mise à stagner et l’entrée d’énergie (les esclaves et aussi la nourriture car l’Italie s’était beaucoup dépeuplée, les jeunes hommes étant déployés aux frontières et la grande concentration de la propriété des terres faisait en sorte que ces dernières n’étaient pas utilisée à pleine capacité et l’Italie était très dépendante de l’Égypte pour se nourrir) s’est conséquemment mise à diminuer, l’Empire a rapidement amorcer une décente dont il ne s’est jamais remis. Mais revenons à nos moutons, en 30 av. J.-C. C. Cornelius Gallus soumet le royaume de Koush (l’actuel Soudan) romain ce qui lui permet surement de faire le pleins d’énergie et de ramener plusieurs esclaves à Rome. Dix ans plus tard par contre le Royaume Koush s’affranchit du joug romain et ne sera plus jamais sous son emprise, et pas parce que Rome n’aura pas essayé. Néron, 80 ans plus tard voulait envahir le Royaume de Koush de nouveau. Sa stratégie? Semer la division. Il meurt toute fois en l’en 68 ce qui met fin à sa campagne.

Près de deux millénaire plus tard, Chevron, compagnie de Condeleeza Rice, ministre des Affaires étrangère étasunienne, en 1974, et Total S.A. pétrolière française contrôlée par les familles Demarais et Frère avec l’aide de leur sociétés respectives Power Corporation et Frère-Bourgeois en étroite collaboration avec BNP-Paribas, en 1980, s’établirent au Soudan pour en exploiter le pétrole et rapatrier cette énergie des temps «modernes». Vers 1990 les deux compagnies fuient le Soudan pour cause de guerre civile (en effet les habitants du sud Soudan et du Darfour, où ce trouve le pétrole, ne sont guère heureux de voir ces compagnies partir avec leur richesses naturelles sans recevoir la moindre compensation). Entre temps Chevron va même vendre les droits de ses concessions mais en profitera pour construire un oléoduc de l’Atlantique au Tchad, voisin du Soudan qui contient aussi du précieux carburant mais en moindre quantité. Maintenant qu’un semblant de paix est revenu, ces deux pétrolières veulent revenir. Mais, dans les conditions actuelle, s’il y a une vraie paix, c’est la Chine, aura la majorité de ressources pétrolières du pays ce que ces deux pétrolières ne veulent guère. Que faire? Suivre l’exemple de Néron avant eux qui était venu chercher de l’énergie lui-aussi: divide et impera. Et c’est là que notre bon ami, Kouchner, ancien consultant de Total au Myanmar (oui, vous avez bien lu, au Myanmar, il fut chargé de blanchir les atrocités de Total dans cette affreuse dictature) fait son entrée au secours des pauvres pétrolières. Kouchner pousse pour des sanctions sur le Soudan et menace Khartoum d’une invasion «humanitaire» de l’ONU ou de la France afin de pouvoir faire chantage et dicter les termes de la paix entre les rebelles et Khartoum. Kouchner a deux instruments pour ce faire, le premier est une ONG qu’il aida à fonder, le Collectif Urgence Darfour (utilisé à des fins de propagandes pour des sanctions contre Khartoum), et le deuxième est qu’il est ministre des Affaires étrangères de la France. La paix qu’il veut? Une paix qui divise, une paix qui sépare les champs pétroliers de Khartoum et les divisent en deux plus petits morceaux plus facile à contrôler. Un tel arrangement aura le double avantage d’automatiquement retirer les champs pétroliers à la Chine qui a signé ses contrats avec Khartoum, or comme les champs ne seront plus sous le contrôle de Khartoum les contrats déjà signés par la chine seront nuls. Cette paix, elle a déjà été signée en 2005! Cette paix, déjà signée en 2005, prévoie des élections en 2008-2009, de quoi distraire le gouvernement à Khartoum. Un référendum sur l’indépendance du Darfour (une des deux régions pétrolières) en 2010, référendum surement aussi indépendant que les élections en Afghanistan et en 2011 un référendum sur l’indépendance du sud Soudan. On peut être certains que «l’occident» s’assurera que les gens de ces deux régions voteront du bon bord, surtout qu’à présent ils n’ont aucune raison de ne pas écouter ceux qui les abritaient lors de leur conflit avec Khartoum (en effet l’armé française est actuellement collé sur la frontière entre le Darfour et le Tchad du côté Tchad protégeant les bases arrières des rebelles au Tchad). Je crois donc m’être trompé dans mes articles antérieurs, le Canada et l’Europe ne cherchent pas à renverser le régime en place à Khartoum, seulement lui retirer son pétrole ce qui est beaucoup plus humanitaire… Notons aussi que grâce à l’oléoduc de Chevron, après la division du Soudan il ne sera pas du tout nécessaire de faire affaire avec Khartoum, le pétrole pourra être acheminer directement à l’océan Atlantique. Cela a aussi l’avantage d’éviter la région du Proche Orient. Le Canada et l’Europe (France) ne cherche dont pas a renverser le régime, ils gardent simplement la pression sur Khartoum afin de veiller à la bonne exécution de leur plan.

Cette sage et ancienne méthode de diviser pour régner a été utilisée très souvent récemment par «l’occident», pensons à l’ancienne Yougoslavie, ou encore mieux, au vote il quelque jour au Sénat étasunien de diviser l’Iraq en trois parties. L’iraq entière semble trop réticente à passer la loi sur le pétrole écrite par l’industrie pétrolière et sur laquelle les États-Unis insistent. La région Kurde d’Iraq elle a été beaucoup plus accommodante envers les demandes étasunienne. Peut-être une région Chi’ite ou une région Sunnite serait tout aussi accommodante …

sources: 1 2 3



Les juifs ne sont pas sionistes, les sionistes ne sont pas juifs

7 10 2007

Vidéo piqué de Réactionism Watch: les déclaration d’un Rabin anti-sioniste à Bruxelles. Il est vrai que selon beaucoup de juifs, des plus orthodoxes aux plus «modernes», le sionisme est contraire à la religion juive. Le christianisme a un peu le même problème, voyez-vous Jésus en train de livrer la guerre à l’Iraq ou l’Afghanistan? Et pourtant Bush et ses supporteurs se réclament être de fervents chrétiens…



Image du jour

6 10 2007

SS Hugo Boss

Explication: La compagnie qui fabriquait les uniformes SS était Hugo Boss. Hugo Boss employait des prisonniers de guerres et prisonniers politiques réduits à l’état d’esclavage pour fabriquer les uniformes. Si vous croyez que l’esclavage par des compagnies d’une telle envergure est révolu, détrompez-vous, Total S.A. , compagnie pétrolière française contrôle par les Desmarais et leur Power Corporation en concert avec la famille Frère belge et sa compagnie Frère-Bourgeois, utilise toujours l’esclavage pour ses travaux d’exploitation gazière au Myanmar.



Total au banc des accusés

1 10 2007

Comme vous pouvez le voir dans le «flux des nouvelles» à droite, la Belgique reprend son procès de Total pour ses activités d’esclavage au Myanmar. Voici ce qu’on peut trouver sur TrialWatch à propos des procès passés de Total au Myanmar:

Thierry Desmarest

contexte : Birmanie (Myanmar) Recherche
lieu du procès : Belgique Recherche
statut : Inculpé
description du statut : Accusé en 2002 en Belgique de complicité pour crimes contre l’humanité au Myanmar; procédure en cours
fonction : Directeur de TOTAL EXPLORATION COMPANY de 1992 à 1999, responsable de la partie stratégique du projet de pipeline dans la région de Yadana au Myanmar
faits procédure légale
Thierry Desmarest est né le 18 décembre 1945. Il a obtenu ses diplômes de l’Ecole Polytechnique en 1966 et de l’Ecole Nationale Supérieure des Mines en 1970. Depuis 1981 il a occupé plusieurs postes au sein de TOTAL EXPLORATION PRODUCTION, jusqu’à ce qu’il en soit finalement nommé Président en 1989. La même année il est aussi entré dans la direction de la compagnie. Après que TOTAL ait fusionné avec Petrofina en 1999 (Totalfina), Thierry Desmarest a prit la tête de la direction administrative et est devenu le Président Directeur Général de Totalfina. En 2000 Totalfina a fusionné avec Elf Aquitaine (TotalFinaElf) et Desmarest a de nouveau été élu à la tête de la direction administrative et nommé PDG.En tant que directeur de TOTAL EXPLORATION PRODUCTION (1989-95), Desmarest était en charge du projet de pipeline Yadana, et donc de l’entièreté de la partie stratégique des opérations de TOTAL au Myanmar. Dans la région de Tenasserim, la sécurité du projet de pipeline avait été assignée aux bataillons de l’armée birmane. Bien que TOTAL et sa direction auraient été au courant des fréquentes et systématiques violations des droits de l’homme perpétrées par ces bataillons, ils sont suspectés de leur avoir donné un soutien moral, financier, logistique et militaire.

Desmarest est accusé d’avoir personnellement signé des contrats avec les généraux birmans à Rangoon le 10 septembre 1994. Plusieurs rapports d’organisations de droits de l’homme, témoignages de victimes de travail forcé ainsi que des documents internes de TOTAL seraient des preuves que TOTAL et sa direction étaient au courant des crimes que leurs partenaires militaires commettaient.

Il est par ailleurs allégué que TOTAL aurait payé des compensations à 463 victimes de travail forcé entre décembre 1995 et janvier 1996; ceci démontrerait qu’ils étaient clairement au courant du sérieux de la situation.

Les crimes contre l’humanité perpétrés par les forces de sécurité sont considérés comme ayant eu le soutien de TOTAL; la compagnie serait ainsi complice de ces crimes.

Hervé Madeo

contexte : Birmanie (Myanmar) Recherche
lieu du procès : Belgique Recherche
statut : Inculpé
description du statut : Accusé en 2002 de complicité de crimes contre l’humanité au Myanmar. Accusé en Belgique en 2002 pour emprisonnement illégal pendant la construction du pipeline
fonction : Directeur de TMEP (1992-1999), responsable de la gestion du projet de pipeline dans la région de Yadana au Myanmar
faits procédure légale
Hervé Madeo est un citoyen français. En tant que directeur de TOTAL MYANMAR EXPLORATION PRODUCTION (1992-1999), Madeo était responsable des opérations de TOTAL en territoire birman. Il a ainsi été impliqué dans un projet de pipeline dans la région de Yadana. Dans la région de Tenasserim, des bataillons militaires étaient responsables de la sécurité du projet de pipeline. Bien que TOTAL et sa direction auraient été au courant des fréquentes et systématiques violations des droits de l’homme perpétrées par ces bataillons, ils sont suspectés de leur avoir donné un soutien moral, financier, logistique et militaire.Il est dit que plusieurs rapports d’organisations de droits de l’homme, témoignages de victimes de travail forcé ainsi que des documents internes de TOTAL prouvent que TOTAL et sa direction étaient pleinement au courant des crimes que leurs partenaires militaires commettaient.

Par exemple, Madeo aurait été informé de manière répétée et personnelle par la direction de UNOCAL des risques de travail forcé. Il est par ailleurs allégué que TOTAL aurait payé des compensations à 463 victimes de travail forcé entre décembre 1995 et janvier 1996; ceci démontrerait qu’ils étaient clairement au courant du sérieux de la situation. Les crimes contre l’humanité perpétrés par les forces de sécurité sont considérés comme ayant eu le soutien de TOTAL; la compagnie serait ainsi complice de ces crimes.

 
faits procédure légale
Le 25 juin 2002, Hervé Madeo et Thierry Desmarest (voir ‘ramifications’) ont fait l’objet d’une plainte pénale à Bruxelles par quatre victimes de violations de droits de l’homme au Myanmar. Celles-ci ont accusé Madeo de participation à des crimes contre l’humanité. Selon les plaignants, Madeo est accusé de complicité pour crimes contre l’humanité, perpétrés au Myanmar par les bataillons militaires qui étaient chargés de la sécurité du projet de pipeline.Le 5 août 2003, des pressions diplomatiques et économiques ont obligé les législateurs belges à modifier la loi de compétence universelle de 1993: toutes les plaintes déposées depuis dix ans dû être examinées par la Cour de cassation, et seules celles dont les poursuites correspondaient encore aux critères de la nouvelle législation ont continué à être traitées.

Le 5 mai 2004, la Cour de cassation qui examinait les dossiers sur les abus des droits de l’homme au Myanmar, a sollicité de la Cour d’arbitrage qu’elle réponde à la question préliminaire suivante: n’est-il pas discriminatoire et donc contraire à la
Constitution belge de priver subitement le réfugié reconnu et résident en Belgique d’un recours qu’il avait valablement introduit devant les juridictions belges ?

Le 13 avril 2005 la Cour d’arbitrage a répondu à cette question par l’affirmative: selon la Convention sur le statut des réfugiés de 1951, un réfugié a droit au même accès aux tribunaux qu’un citoyen de l’Etat en question (art. 16). Du fait que l’un des plaignants est un réfugié reconnu, l’affaire doit être traitée de la même manière que pour un citoyen belge.

Toutefois, le 29 juin 2005, et malgré cet avis, la Cour de cassation belge a jugé la plainte contre TOTAL irrecevable, mettant ainsi fin aux poursuites en Belgique.

Le 21 avril 2006, la Cour d’arbitrage, sur recours des plaignants, a annulé le jugement du 29 juin 2005. Cet arrêt devrait conduire à la reprise de l’instruction dans ce dossier.

 
faits procédure légale
Au mois d’août 2002 deux citoyens birmans (l’un d’eux avait 13 ans au moment des faits), victimes de travail forcé dans le cadre du projet de pipeline birman, ont intenté une action auprès des tribunaux français. Ils accusent l’entreprise française TOTAL d’emprisonnement illégal. L’affaire est dirigée contre Thierry Desmarest et Hervé Madeo (cf. «ramifications»).Dans leurs témoignages, les plaignants expliquaient comment ils ont été forcés de quitter leurs villages et de vivre et travailler à coté du pipeline. Ils ont aussi donné des informations au sujet de la conduite des bataillons militaires birmans sur le terrain (aussi appelés bataillons „TOTAL“) ainsi qu’au sujet de la violence physique et verbale qui prévalait là-bas. Les plaignants prétendent que la direction de TOTAL était pleinement au courant de la situation.

Parmi les charges déposées contre la direction de TOTAL et leurs représentants locaux, il y avait le recrutement et le payement des bataillons de l’armée birmane, ce qui a promulgué le travail forcé sur le projet du pipeline.

Au mois d’octobre 2002, un magistrat français a commencé à examiner les possibles charges pour emprisonnement illégal pendant la construction du pipeline au Myanmar.

Les premiers témoins on été entendus et les victimes ont pris part aux procédures judiciaires.

Au mois d’octobre 2003, les personnes responsables pour le projet de pipeline birman ont été entendues par le magistrat en charge.

Le 11 janvier 2005, la Cour de Nanterre a décidé que la procédure allait continuer.



Statistiques du Blogue pour les deux premiers mois

1 10 2007

Les dix billets les plus consultés au cour des deux premiers mois d’existence de ce blogue:

  1. L’Affaire Elf: le pillage de l’Afrique
  2. La privatisation de l’argent: le système bancaire à réserve fractionnelle (partie I)
  3. Gécamines: un colonisateur à peine chassé qu’un autre arrive
  4. Une super bonne technique de propagande: semer le doute
  5. Xavier Caféïne censuré
  6. L’eau en bouteille de Pepsi, Aquafina, est de l’eau du robinet
  7. Système de santé: 2 problèmes, 2 solutions
  8. La chute de Mobutu et l’histoire récente de la région des Grands lacs
  9. Flagrante corruption chez Sarkozy
  10. La clé du succès des Dumont, Harper, Sarkozy, Bush de ce monde

J’ai pensé que ce serait intéressant de vous dire aussi quel étaient les pages consultées par les gens de certaines grandes corporations ou institutions. Grâce à Google Analytics, il est possible de le savoir sauf pour les institutions comme les agences de renseignement qui camouflent leur provenance. Les voici:

La Mairie de Paris:

La Banque mondiale:

Pour ce qui est de la Banque mondiale, je me suis rendu compte qu’il ont fait un logiciel pour surveillé ce qui est dit de la Banque sur Internet et que la majorité des visites de la Banque mondiale provenaient de gens qui utilisaient ce logiciel.

Assemblée nationale du Québec:

Commission européenne:

Établissement de recherche pour la défense (Ottawa):

BNP-Paribas:

Bechtel:

Chambre des commune du Canada:

Cargill-Dow (filiale de Cargill et Dow Chemicals chacun possédant la moitié de la compagnie):

Deutsche Bank

Deutscher Bundestag (Parlement allemand):

Exxon:

Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture:

Fortis:

Google inc.:

FMI:

KPMG:

Ministère de la solidarité et de la sécurité sociale (Québec):

Ministère du travail (DAGEMO – Paris):

Ministerio de justicia (Madrid):

Ministère des affaires étrangères belge:

Bank of New York (Pershing LLC):

Gouvernement du Luxembourg:

Société Générale:

Sofreco:

Apparament Sofreco s’est rendu compte que je parlais d’elle :)

Total S.A.:

Verizon:



Sarkozy met un cure-dent dans les roues de Total

28 09 2007

Lacrymo MyanmarGrâce à la pression des média et des citoyen(ne)s, Sarkozy a sommé toutes les sociétés françaises, et nommément Total, de geler tous investissements au Myanmar (cela ne semble pas avoir force de loi et c’est surement temporaire mais c’est déjà un début). C’est plus symbolique qu’autre chose et tous ce tapage à propos d’ajouter des sanctions n’est évidemment que pétage de broue mais peut-être, avec assez de pressions, Sarkozy sera-t-il forcé de forcer Total à quitter le Myanmar. Si cela arrive, alors la Junte s’effondre de suite.

Par ailleurs, Amnistie Internationale a elle aussi commencé une pétition en ligne que vous pouvez signer en cliquant ici.

Ci-bas un téléjournal récent (Bernars Kouchner a été engagé par Total pour légitimer sa présence au Myanmar, voir liens en-dessus du vidéo):


Birmanie Total Kouchner
envoyé par inet
http://birmanie.total.com/fr/controverse/p_4_4.htmhttp://birmanie.total.com/fr/publications/rapport_bkconseil.pdfhttp://www.fidh.org/spip.php?article357Et voici un vidéo japonais montrant la mort d’un journaliste japonais tué par la Junte (double-cliquez dessus s’il affiche une erreur):


Et voici un vidéoreportage en directe des rues de Yangoun d’Aljazira:



Un autre indice que le Canada et la France veulent renverser le gouvernement soudanais

27 09 2007

Darfur peace talks Abuja May 2006Je suis dernièrement tombé sur un article qui révèle que le chef d’une faction du Mouvement de libération du Soudan (un des plus grands groupes opposés à Khartoum), Abdulwahid Mohamed Nour, est hébergé par la France et dirige son mouvement depuis Paris!

Voici les billets précédent à propos du Canada et de la France au Soudan: 1 2 3 4 5 6

J’ai aussi trouvé un site internet fort intéressant (http://www.ecosonline.org/) où on peut trouver l’info sur les compagnies opérant au Soudan:

 

Companies (click on the link for additional info)

  • Consortia
    • Al Qahtani & Others (block 12A)
      Shareholders are:

      • 33% Al Qahtani
      • 20% Ansan
      • 20% Sudapet
      • 15% Dindir
      • 7% Hi Tech
      • 5% A.A. In.
    • Ansan (block 17)
      Shareholders are:

      • 66% Ansan Wikfs
      • 34% Sudapet
    • CNPCIS (block 6)
      Shareholders are:

      • 95% CNPC
      • 5% Sudapet
    • Greater Nile Petroleum Operating Company (GNPOC) (block 1,2 and 4)
      Joint operating company, owned by:

      • 40% CNPC International (Nile) Ltd. , (CINL), a subsidiary of China National Petroleum Corporation

      • 30% PETRONAS Carigali Nile Ltd. , (PCNL), a subsidiary of PETROLIAM NASIONAL BERHAD (Petronas)

      • 25% ONGC Nile Ganga BV, (ONGBV), a subsidiary of ONGC Videsh Limited

      • 5% Sudapet Ltd. (Sudapet)
    • Petro Sa (block 14)
      Joint operating company, owned by:

      • 80% Petro SA
      • 20% Sudapet
    • SudaPak I (block 9 and 11)
      Joint operating company, owned by:

      • 85% Zafir Petroleum
      • 15% Sudapet
    • SudaPak II (block A)
      Shareholders are:

      • 83% Zafir
      • 17% Sudapet
    • Total (block B)
      Joint operating company, owned by:

      • 32,5% Total
      • 32,5% Marathon
      • 25% Kufpec
      • 10% Sudapet
  • National companies

    • Hegleig (Sudan)
      Holds:

      • 8% of block C (Operated by APCO)
    • Hi Tech Petroleum Group (Sudan)
      Holds:

      • 60% of block C (Operated by APCO)
      • 8% of bloc 8 (Operated by WNPOC-3)
      • 7% of block 12A (Operatted by Qahtani & Others)
      • 5% of block 15 (Operated by Petronas)
    • Sudan Petroleum Company (Sudapet) (Sudan)
      Holds:

      • 34% of block 17 (Operated by Ansan)
      • 20% of block 12A (Operated by Qahtani & Others)
      • 20% of block 14 (Operated by PetroSa)
      • 17% of block A (Operated by Sudapak II)
      • 17% of block C (Operated by APCO)
      • 15% of block 8 (Operated by WNPOC-3)
      • 15% of block 9 and 11 (Operated by Sudapak I)
      • 15% of block 15 (Operated by Petronas)
      • 10% of block B (Operated by Total)
      • 13% of block 5B (Operated by WNPOC-2)
      • 8% of block 3 and 7 (Operated by PDOC)
      • 7% of block 5A (Operated by WNPOC-1)
      • 5% of block 1, 2 and 4 (Operated by GNPOC)
      • 5% of block 6 (Operated by CNPCIS)
  • International companies

    • Al Qahtani (Saudi Arabia)
      Holds:

      • 33% of block 12A (Operated by Al Qahtani & Others)
    • China National Petroleum Company (CNPC) (China)
      Holds:

      • 95% of block 6 (Operated by CNPCIS)
      • 41% of block 3 and 7 (Operated by PDOC)
      • 40% of block 1, 2 and 4 (Operated by GNPOC)
      • 35% of Block 15 (Operated by Petronas)
    • Ansan (Yemen)
      Holds:

      • 66% of block 17 (Operated by Ansan)
      • 20% of block 12A (Operated by Al Qahtani & Others)
    • Dindir Group Holds:
      • 12% of block 12A (Operated by Al Qahtani & Others)
    • Lundin Petroleum (Sweden/Switzerland)
      Holds:

      • 24,5% of block 5B (Operated by WNPOC-2)
    • ONGC Videsh Ltd (India)
      Holds:

      • 25% of block 1, 2 and 4 (Operated by GNPOC)
      • 24,125% of block 5A (Operated by WNPOC-1)
      • 23,5% of block 5B (Operated by WNPOC-2)
    • Petronas (Malaysia)
      Holds:

      • 77% of block 8 (Operated by WNPOC-3)
      • 68, 875% of block 5A (Operated by WNPOC-1)
      • 39% of block 5B (Operated by WNPOC-2)
      • 40% of block 3 and 7 (Operated by PDOC)
      • 35% of block 15 (Operated by Petronas)
      • 30% of block 1, 2 and 4 (Operated by GNPOC)
    • PetroSA (South Africa)
      Holds:

      • 80% of block 14
    • Sinopec (China)
      Holds:

      • 6% of block 3 and 7 ( Petrodar)
    • Total (France/Belgium)
      Holds:

      • 32,5% of block B (Operated by Total)


Appuyez les manifestants birmans

26 09 2007

Cliquez ici pour signer une pétition appuyant les manifestants birmans destinée au conseil de sécurité de l’ONU.



Qu’est-ce que la Françafrique?

26 09 2007

Voici une courte introduction sur la Françafrique:


Qu’est-ce que la Francafrique ?
envoyé par laVielesGensVoici un plus long vidéo pour en savoir plus:Partie I


De la françafrique à la mafiafrique1/7
envoyé par sur_vivantPartie II


De la françafrique à la mafiafrique 2
envoyé par sur_vivantPartie III


De la françafrique à la mafiafrique 3
envoyé par sur_vivantPartie IV


De la françafrique à la mafiafrique 4
envoyé par sur_vivantPartie V


De la françafrique à la mafiafrique 5
envoyé par sur_vivantPartie VI


De la françafrique à la mafiafrique 6
envoyé par sur_vivantPartie VII


De la françafrique à la mafiafrique 7
envoyé par sur_vivantEt ceci est une entrevue du Dr. Zagbla témoignant que la Françafrique est toujours bien vivante en Côte d’Ivoire.



La cupidité de Total amènera-elle la chute des dictateurs sanguinaires qu’elle soutient?

25 09 2007

À la mi-août la junte militaire qui contrôle le Myanmar (Birmanie) a augmenté le prix du pétrole de 500%. Le pétrole du Myanmar est exploité par Total S.A.(et Cheveron la compagnie de Condeleeza Rice) (Total est détenue en partie par Power Corporation et Paul Desmarais Jr siège sur le Conseil d’administration de Total). Serait-ce une demande de Total, pour augmenter ses profits au détriment des birman(ne)s déjà (littéralement) esclaves de cette Junte militaire qui ne saurait se maintenir sans l’aide de Total? En tout cas ça en a été assez de la patience des birman(ne)s, à commencé par les moines bouddhistes. Mais aujourd’hui la junte à envoyer l’armé pour encercler les manifestants. Va-t-elle réprimer ces manifestations pacifiques dans le sang comme elle l’a déjà fait en 1988 où l’armé avait massacré au dessus de 3000 personnes? Pour l’instant la junte se contente de payer des bandes de voyous pour attaquer violemment les manifestants.

sources: FT Reuters



Image du jour

20 09 2007

Membres Bilderberg 2007

Notez que la liste diffère de celle que l’on peut trouver ici. Je ne pourrais dire laquelle est plus exacte. Par exemple la liste ci-haut dit que David Rockerfeller n’y a pas assisté alors que indymedia marseille dit qu’il a assisté. Notez la présence de Philip Zelikow qui a dirigé la commission sur le 11 septembre.



Carlyle, les Desmarais et le toujours corrompu Sarkozy

13 09 2007

http://fr.altermedia.info/images/CarlyleGroup2.jpgJe vous présente ici un premier court métrage de James André. Malgré certaines erreurs et inexactitudes le vidéo est très intéressant. Comme erreurs il y a par exemple que la guerre en Iraq coûte 400 milliards de dollars et non pas 400 millions, et cela represente plus de 1000$ par étasunien(ne)s mais beaucoup mais toujours beaucoup moins d’un million de dollars par personne comme il l’affirme, . Une autre affirmation qu’il fait qui n’a aucun sense est que «Power corporation [...] a des liens directe avec la guerre en Iraq, c’est pourquoi le Canada est en Afghanistan»: premièrement il n’y a aucune implication logique entre l’affirmation que Power corportation (PCC) soit impliqué avec la guerre en Iraq et la guerre en Afghanistan; deuxièmement, la prémisse est fausse, s’il n’y était que de PCC il n’y aurait pas eu de guerre en Iraq car PCC possède une partie de Total et Total avait avantage à ce que Saddam reste parce qu’elle avait signé des contrats pétroliers (contrats annulés après l’invasion étasunienne) avec lui (Total avait presque le monopole des champs Irakiens), d’ailleur c’est pourquoi le Canada et la France s’opposèrent si fortement à la guerre en Iraq (Chrétien et Martin étant liés à PCC et Total étant une compagnie «française»). En revanche il soulève de très bon points dont entre autres les deux suivants:

Notez que ce n’est pas seulement James et moins qui avons noté ces faits, une recherche rapide sur internet nous révèle les articles suivants (dont un du très «mainstream» «Le Monde») étayant ces deux même points: Le Grand soir Tendences Les Affaires Le Monde

(cliquez sur les images pour agrandir)
Pourcentages de participation au 31 décembre 2006.(1) Par l’entremise de sa filiale en propriété exclusive, Power Financial Europe B.V., la Corporation Financière Power détenait une participation de 50 % dans Parjointco N.V., et Parjointco détenait 61,4 % des droits de vote et une participation de 54,1 % dans Pargesa Holding S.A.(2) Participation, directe et indirecte, de 65 % des droits de vote.OrganigrammeLe capital de Suez est réparti comme suit:

Répartition du capital par nature d’actionnaire au 31 Janvier 2007

capital repartition

3puces.gifPosition des principaux actionnaires au 31 Janvier 2007

 

principaux actionnaires


3puces.gifDonnées sur le capital au 31 août 2007

Nombre d’actions existantes
1 296 893 026 actions

Nombre de droits de vote
1 446 286 565 droits de vote

ADDENDUM 2:

En fait les Desmarais contrôlent plus de 5% de Total S.A. et non pas 3% comme les tableau ci-dessus pourraient laisser croire: en plus des 3,8% détenus à travers le GBL, il y a 1,3% détenu par Kermadec filiale à 100% de CNP elle même détenue et contrôlée par la famille Frère alliés des Desmarais et en plus de ça les Desmarais Sr. détient directement à titre personnel 4000 actions de Total et Desmarais Jr. 2000 actions. En tout cela fait 5,23% du capital et 5,09% des droits de votes de Total S.A.



Film: Le rôle des banques dans la destruction planètaire

12 09 2007

En néerlandais sous-titré en anglais
Pour débuter le film faites un clique-droit audessus de la barre et cliquez «play».



Retour sur les dernières élections en RDC

8 09 2007

où Joseph Kabila a gagné bien entendu.

http://news.bbc.co.uk/olmedia/1260000/images/_1261231_kabila1509.jpg

(photo: J. Kabila et J. Chirac)

Texte copier de: http://www.survie-france.org/article.php3?id_article=663

RD-Congo « Pourquoi la transition est-elle bloquée ? », de Bapuwa Mwamba, Le Phare 9 Juillet 2006
Dans la nuit de vendredi 7 au samedi 8 juillet, des hommes armés se sont introduits au domicile du journaliste Bapuwa Mwamba à Matete, et l’ont abattu de deux coups de feu. Un assassinat qui vise une fois de plus un homme des médias. Journaliste de talent, Bapuwa Mwamba est mort au front, ainsi qu’en témoigne sa dernière analyse publiée dans Le Phare 2875 du jeudi 06 juillet 2006. Une sorte de testament qui lui a probablement coûté la vie. Nous reproduisons ci-dessous cet article.

(Le Phare 09/07/2006)

Après trois ans de transition démocratique, la situation politique se complique en République démocratique du Congo à la veille des élections. Le Comité international d’accompagnement de la transition n’est plus d’aucun secours. Les acteurs politiques congolais sont en quête de nouveaux médiateurs extérieurs au moment où la campagne électorale bat son plein. La transition a pris fin le 30 Juin pour des élections qui doivent avoir lieu le 30 Juillet 2006.

Depuis un certain temps, la tension politique est palpable en République démocratique du Congo. A l’insécurité croissante qui règne à l’Est du pays, en Ituri, à la frontière avec l’Ouganda, s’est ajouté un regain d’activités des milices. Les atteintes aux droits de l’homme fréquentes et causées le plus souvent par les Forces armées de la RDC (Fardc) font désormais partie du paysage congolais. Ne parlons pas des tracasseries policières devenues partout monnaie courante. Les membres de l’armée et la police gagnent un salaire de misère irrégulièrement versé et l’Etat ne fonctionne pas.

Intolérance politique et intimidations policières Kinshasa connaît un malaise politique dont témoignent plusieurs manifestations. Des actes de provocation ou d’intolérance se multiplient à l’encontre de la population, des partis politiques et même des pays étrangers qui soutiennent le Congo. Des bouclages ont été organisés en mars dernier dans certains quartiers populaires de Kinshasa où de jeunes gens ont été massivement arrêtés et emportés. De nombreuses personnalités politiques, dont des candidats à la présidence de la République ont été mis en résidence surveillée après la manifestation du 24 mars 2006 organisée par les partisans de l’ ” Union pour la Démocratie et le Progrès Social ” (UDPS), un parti d’opposition, pour exiger un dialogue politique avant la tenue des prochaines élections.

- Affaires Kuthino et mercenaires

Le 14 mai 2006, le pasteur Kutino Fernando, initiateur du Mouvement ” Sauvons le Congo ” a été arrêté et maltraité par les ” forces de l’ordre ” pour des motifs de subversion non encore avérés. Cet incident a provoqué une vive réaction dans la population de Kinshasa. Une dizaine d’hommes politiques, parmi lesquels des candidats à l’élection présidentielle ont signé une pétition exigeant sa libération. Deux Vice-Présidents, Jean Pierre Bemba du “Mouvement de Libération du Congo ” (MLC) et Azarias Ruberwa du ” Rassemblement congolais pour la démocratie “(RCD) se sont ouvertement prononcés chacun pour sa libération. J.P. Bemba s’est même rendu de manière spectaculaire à la prison de Makala pour le saluer. Il y a l’affaire de 32 “mercenaires “, montée par le Ministère de l’Intérieur et impliquant sans preuves des ressortissants américains, nigérians et même sud-africains. Les diplomates des pays concernés ont aussitôt protesté et exigé que les accusations soient prouvées. Le Vice-Président de la République en charge de la Commission ” Politique, Défense et Sécurité “, le Ministre de la Défense et le Chef d’Etat-Major ont dit avoir appris avec surprise la nouvelle par les médias. Le gouvernement n’avait pas discuté de la question.

Dans cette confusion, lesdits mercenaires ont été précipitamment relâchés et expulsés du Congo, faute de pouvoir éclaircir les motifs d’arrestation. Et les auteurs de ce montage ne sont pas sanctionnés.

- Hold up politique au-delà du 30 juin

Un groupe d’organisations politiques avec à sa tête deux vice-présidents, Azarias Ruberwa et Jean Pierre Bemba s’est rendu le 28 Juin au Gabon pour demander au Président gabonais sa médiation en vue d’organiser un dialogue politique au Congo. Pendant ce temps, le Président Joseph Kabila a commençait sa campagne politique au Kivu pour les élections présidentielles et législatives fixées au 30 juillet prochain. Face à cette escalade de provocations/protestations dont on ne peut mesurer les dégâts dans l’opinion publique, le Comité International d’Accompagnement de la Transition (CIAT) s’est senti obligé d’intervenir pour dénoncer les abus de pouvoir et exiger le calme et la sérénité à l’approche des élections.

Le malaise politique a été accentué par la prolongation jusqu’au 30 Juillet de la transition politique de 3 ans qui devrait prendre fin le 30 Juin 2006. Le Président de la Commission électorale indépendante (CEI), l’Abbé Malu Malu qui a fait cette prolongation n’a pas de compétence requise. Mais, il a le soutien de la Communauté internationale, du Président Joseph Kabila et ses alliés.

- Fracture politique nationale

Depuis lors la classe politique est divisée en deux camps : les partisans et les adversaires de la concertation préalable aux élections. La Conférence épiscopale catholique, par la bouche de son Président Mgr Monsengwo, ancien Président de la Conférence nationale souveraine (1992), exige une concertation politique des signataires de l’ ” Accord Global et Inclusif ” (AGI) de la transition avant la tenue des élections. Cette position rejoint celle de l’opposition politique représentée par le parti d’Etienne Tshisekedi de l’UDPS et ses alliés, auxquels se sont joints le MLC et la grande majorité des chrétiens catholiques et protestants. Le but de la concertation est de prolonger la transition légalement, sécuriser les élections, garantir un égal accès aux media et s’assurer l’acceptation des résultats des urnes. Il s’agirait, par ce biais, de garantir la paix durable en réaffirmant deux principes : le consensus et l’inclusivité.

A une question sur l’hostilité croissante à l’égard de la communauté internationale “Monseigneur Monsengwo dit :” Lorsqu’on considère la réaction des Congolais, cet énervement est dû au fait qu’ils ont l’impression que les jeux sont déjà faits, qu’on a déjà choisi qui gouverne le Congo et que le reste ne sert à rien. Il faut donc- pour calmer les esprits- que la classe politique et la société civile en discutent et dialoguent… Il faut qu’il y ait un consensus, avec un acte formel de la classe politique et de la société civile pour arriver à s’entendre sur l’après-30 Juin. Personne ne peut le faire tout seul unilatéralement. Nous alertons l’opinion car, si l’on n’y prend garde, nous risquons de préparer des turbulences. Mgr Monsengwo a fait une tournée en Belgique pour expliquer le bien fondé de ce dialogue. Abondant dans le même sens, le cardinal Etsou refuse à quiconque le droit de précipiter les élections pour faire le lit aux violences.

- Le CIAT a choisi son camp Les élections ne peuvent avoir une perspective démocratique que si elles sont le fruit d’un dialogue franc entre Congolais. La position de la Communauté internationale est surprenante. Loin de faciliter la tâche aux Congolais divisés entre partisans et adversaires de la concertation, des membres importants du CIAT ajoutent de l’huile au feu en prenant publiquement position dans ce débat. Carlo de Philippi, chef de la délégation européenne écrit : ” En outre l’attitude d’une partie de la communauté internationale accentue cette tendance en donnant l’impression qu’elle soutient Joseph Kabila “. Il estime aussi que les membres de la Communauté européenne aujourd’hui divisés face aux acteurs congolais de la transition auront plus de difficultés à coordonner leurs efforts après les élections. L’attitude partisane du CIAT à la fin de la transition suscite des interrogations.

Réunis à Sun City, en Afrique du Sud, en 2001, les acteurs politiques congolais ont cru nécessaire, pour restaurer la paix et l’unité du Congo, de créer le “Comité international d’accompagnement de la transition” (CIAT) et d’en faire une institution de la transition démocratique. Une fois restaurées la paix et l’unité du Congo, cette institution est apparue cependant comme un facteur de crise et particulièrement à l’heure où, les acteurs politiques congolais ont besoin de son aide pour passer à l’étape supérieure : les élections.

- L’interpellation de Carlo De Filippi

“Depuis le début de la transition, la Communauté internationale n’a pas su ou pas voulu s’opposer aux manœuvres dilatoires des dirigeants congolais. De ce point de vue, l’installation au pouvoir, suite à Sun City, des anciens belligérants s’est révélée être une erreur tant elle a favorisé, sur fond de méfiance réciproque ; et les pratiques de corruption et de mauvaise gouvernance, et les manœuvres dilatoires et leur volonté de rester au pouvoir coûte que coûte “. Ces propos – c’est nous qui soulignons – ne sont pas d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, président de l’ “Union pour la Démocratie et la Progrès Social “(UDPS), le plus grand parti d’opposition, mais de Carlo de Philippi, chef de la Délégation européenne. C’est un extrait de son rapport politique confidentiel, sur la République Démocratique du Congo, du 5 mai 2006.” Ecrit au moment critique de la crise de la transition démocratique congolaise, ce rapport constate – sans dénoncer, puisqu’il est confidentiel -l’irresponsabilité des dirigeants politiques congolais, mais aussi la complicité consciente ou non du CIAT dans la crise actuelle. Ce dernier a l’habitude de jouer au sauveur – Jésus – quand tout va bien, et de se laver les mains comme Ponce Pilate quand ça ne va pas. Le caractère confidentiel de ce rapport politique cache mal les responsabilités de la Communauté internationale.

- 1+4 = 0 : le peuple persiste et signe

” Les pratiques de corruption et de mauvaise gouvernance, et les manœuvres dilatoires et leur volonté de rester au pouvoir coûte que coûte ” ont été maintes fois dénoncées avec force par les Congolais eux-mêmes, mais la Communauté internationale a choisi de se taire ou de les condamner rituellement pour la forme. Au cours de la manifestation du 30 Juin 2005 organisée par l’UDPS, on entendait les masses crier le slogan ” 1+4 = 0 “. Azarias Ruberwa, Président du ” Rassemblement congolais pour la démocratie ” (RCD) et Vice-Président de la République en charge de la Commission Politique, Défense et Sécurité avait tenu les mêmes propos, à Goma (à l’Est du Congo) et dans un mouvement de colère et de révolte consécutive au massacre de Gatumba. C’était au milieu de l’année 2004. Sur le fond, ces trois acteurs de la transition disaient la même chose successivement, à une année d’intervalle. On était donc prévenu de l’aggravation de la crise.

- EUFOR : aveu d’échec

Au moment où prend fin la transition, l’Union européenne vient au secours de la Monuc avec la Force européenne pour ” dissuader les fauteurs de troubles “, pour reprendre l’expression d’Aldo Ajelo de l’Union européenne. Ce n’est pas un indice de succès. Comment comprendre cet échec de la transition ? Depuis Sun City, il a manqué au CIAT deux valeurs fondamentales pour la réussite de la transition démocratique : l’engagement pour la démocratie ou la gouvernance et la neutralité vis-à-vis des acteurs politiques congolais. De par sa composition, la ” Communauté internationale d’accompagnement de la transition ” (CIAT) est dominée par les Occidentaux (Les Etats-Unis et l’Europe) et notamment par les anciennes métropoles coloniales. Il s’agit des pays qui ont d’importants intérêts au Congo et qui ont combattu les patriotes, les démocrates et les nationalistes congolais depuis l’élimination physique de P. E. Lumumba, premier ministre élu, le 17 janvier 1961. Il s’agit des pays qui sont fort mêlés à l’histoire mobutiste et sanglante de ce pays. Il est difficile de se débarrasser de cette longue histoire de prédation qui a durablement marqué les pratiques et les attitudes des anciennes métropoles coloniales à l’égard du Congo et des Congolais.

- Prime aux belligérants

Depuis Sun City et Prétoria, le CIAT a consacré la suprématie des militaires (les belligérants) sur les civils. A travers les rebelles ” congolais “, c’est avec leurs parrains étrangers qu’on négociait. Le CIAT a sacrifié le critère démocratique ou de gouvernance quand, après Sun City, il s’agissait de former le gouvernement. Ainsi, de par sa composition, le CIAT est congénitalement incapable de promouvoir la démocratie dans ce pays. C’est ce qui se voit depuis Sun City.

- La RDC sous la coupe des Occidentaux

1° Du fait d’avoir en son sein les anciennes métropoles coloniale, le CIAT, en tant qu’institution de la transition, ne pouvait faire un bon usage du droit d’ingérence dans les affaires intérieures du Congo, tant est forte la tentation de privilégier leurs immenses intérêts. Et donc de re-coloniser en favorisant les plus serviles des Congolais. Comment faire la médiation dans ces conditions ?

2° Après Sun City, bon nombre de diplomates occidentaux auraient tout fait pour écarter du gouvernement les partis ayant une large représentation populaire, les seuls intéressés à défendre la démocratie et l’intégration de l’armée .Il a ainsi manqué au gouvernement 1+4 une force politique interne de propulsion vers la démocratie. Arthur Zahidi Ngoma, Vice-Président de la République ” représentant de l’opposition non armée “, n’a pas d’audience connue dans les masses populaires, Abdulaye Yerodia Ndombasi, également Vice-Président, est du parti du Président Kabila, le PPRD. Ainsi, de larges masses populaires ne se sentent pas représentées au gouvernement. Faut-il rappeler que pour combattre Patrice Emery Lumumba, premier ministre élu en 1960, les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne et la Belgique ont provoqué les sécessions au Congo ? Une fois éliminé physiquement Lumumba, ils ont restauré l’unité du Congo. En 1964, ils ont fait de Moïse Tshombe, ancien Président de la sécession du Katanga, une province congolaise, le premier ministre congolais. Pour combattre Mobutu, qu’ils ont propulsé au pouvoir et soutenu 32 ans durant, ils ont, à l’exception de la France et sous le couvert africain du Rwanda et de l’Ouganda, financé la guerre de 1996-97 et soutenu Laurent Désiré Kabila. Et pour faire pression sur ce dernier, devenu Chef d’Etat, ils ont, ensemble, provoqué et soutenu la guerre de 1998-2002. Une fois ce dernier physiquement éliminé, ils ont, sous la pression des populations congolaises – résistance des jeunesses Maï Maï – , décidé de restaurer l’unité du Congo. Et, comme en 1964, les anciens rebelles sont au sommet du pouvoir à Kinshasa. Ce sont des Vice-Présidents.

3° Les anciennes métropoles coloniales sont également parmi les pays qui assurent la formation des forces de répression : l’armée, la police et les services congolais de renseignements, qui relèvent du domaine sensible de souveraineté du Congo. La France s’occupe de la police et la Belgique de l’armée. La première s’est trouvée mêlée au conflit Hutu/Tutsi en 1994 et la deuxième, la Belgique, a fomenté de nombreux conflits ethniques au Congo dont le plus meurtrier au Kasaï en 1959. Elle a également élaboré une politique au Rwanda et au Burundi qui a servi de base au génocide dans les deux pays. La Belgique a la responsabilité non seulement morale, mais également politique de l’assassinat de Lumumba. Elle n’a en outre aucune expérience à apporter en matière d’intégration de l’armée.

4° Au niveau des élections, la communauté internationale, principalement les pays qui ont soutenu Mobutu, essaie de marginaliser les candidats les plus représentatifs de la population au profit des plus serviles à leurs intérêts. Certains diplomates du CIAT ont plusieurs fois manqué à un devoir de réserve en prenant rapidement position sur des questions où les Congolais devaient d’abord discuter entre eux, par exemple la question de la prolongation de la transition du 30 Juin au 30 Juillet, date fixée unilatéralement par le Président de la CEI dans une matière politique où il n’a pas de compétence.

- L’Eufor plus coûteuse que les concertations

Ces attitudes de la part des responsables qui étaient censés jouer le rôle de médiation et de réserve sur des questions sensibles n’ont fait qu’encourager les tensions entre les Congolais. A plusieurs reprises la position du CIAT a été justifiée par des raisons budgétaires. Il n’est cependant pas difficile de démontrer que la Force européenne (Eufor), 1600 hommes, à laquelle la Monuc a fait appel, coûte de loin plus cher que la concertation que désirent les Congolais. Ces derniers n’ont été associés ni à la conception ni à l’élaboration du projet de l’Eufor. Totalement ignorées, les autorités congolaises n’ont fait qu’avaliser. Leurs compatriotes ont suivi en spectateurs à la télévision un débat au parlement allemand sur une question concernant au plus haut point leur pays. Quelle frustration !

Ces attitudes de la part de certains membres du CIAT accréditent l’idée que Joseph Kabila est déjà choisi par les puissances occidentales comme Président de la RDC pour pouvoir couvrir les contrats léonins déjà signés et confirmer la suppression de la loi Bakajika ((la terre appartient à l’Etat), qui épargnait aux Congolais les cruels problèmes de terre qui se posent au Zimbabwe et en Afrique du Sud.

- L’exclusion de tous les dangers

L’enjeu de la concertation c’est le retour probable, dans le champ électoral, du leader historique de l’opposition, Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Poussé à l’auto-exclusion par toutes sortes de manœuvres du pouvoir soutenu par la Communauté internationale, le leader de l’UDPS pratique le boycott des élections. Une situation qui arrange beaucoup Joseph Kabila, Général-Major des FARDC, héritier du trône de son père Laurent Désiré Kabila, assassiné le 16 janvier 2001 après trois ans et demi de pouvoir à la tête de l’Etat congolais. Joseph Kabila a de nombreux atouts : le soutien évident à l’Est du pays où il passe pour l’artisan de la paix, d’importants moyens financiers acquis dans la gestion opaque et discrétionnaire du pays, un soutien extérieur assuré. Tout cela ne l’empêche pas de craindre le face-à-face avec les autres ex-Belligérants et le retour d’un adversaire, non-violent, dépourvu du temps, de soutiens extérieurs et de moyens financiers pour faire la campagne électorale. Sans la concertation, qui jouit du soutien de la hiérarchie catholique et des deux vice-présidents, anciens rebelles, les résultats des élections ne seront probablement pas acceptés. Tout le problème est là !

2006-07-06

2006-07-09 (Bapuwa Mwamba)

BAPUWA tshimanga



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8 09 2007
The Atlas of War and Peace, Earthscan 2003

source: New Internationalist




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