Film de la semaine: L’Argent: Chute de l’Argentine

31 05 2008

Voici un excellent film:


L’Argent Chute de l’Argentine 1 sur 4
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L’Argent Chute de l’Argentine 2 sur 4
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L’Argent Chute de l’Argentine 3 sur 4
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L’Argent Chute de l’Argentine 4 sur 4
envoyé par LeLibrePenseurPour en savoir plus sur la création de l’argent, cliquez ici.



Le groupe Carlyle achète Booz Allen Hamilton

30 05 2008

article repris d’Intelligence Online:

Parmi les 80 vice-présidents de la branche gouvernementale de Booz Allen Hamilton, acquise par le Carlyle Group (lire l’éditorial p.1), une dizaine sont explicitement en charge d’une agence américaine de renseignement.

Au siège de Booz Allen Hamilton à McLean en Virginie, les vice-présidents “renseignement” gèrent essentiellement deux types de prestation : la formation des cadres et la fourniture de systèmes critiques aux agences. Quasiment toutes font appel à ses services : NSA, DIA, CIA, NRO, NGA (voir schéma). Même l’IARPA, nouvelle cellule R&D de l’Office of the Director of National Intelligence (ODNI), s’appuie sur les évaluations technologiques de la firme.

La formation des personnels du renseignement constitue une rente pour Booz Allen. Depuis près de dix ans, le groupe coache les cadres du NRO (programme Future Focus). Il a aussi briefé 1 500 analystes de la DIA sur la culture “maison” et les outils de partage du renseignement. En 2005, le FBI lui avait confié la formation d’urgence de 1 000 nouveaux analystes (ACES Program). A l’ODNI, en plus de développer des modules de formations inter-agences, les consultants de Booz Allen travaillent beaucoup sur les ressources humaines, en développant un annuaire de compétences, en supervisant et rationalisant le recours à des sous-traitants et en évaluant le “climat social” qui règne dans la communauté.

Au niveau équipement, Booz Allen est positionné sur les contrats les plus sensibles : conception des nouveaux outils de cryptographie (Cryptographic Modernization Program, NSA) ; modernisation d’infrastructures informatiques (contrat Ground Breaker, NSA, et Encore II, DISA) ; mise en place d’un système de partage du renseignement (contrat Diescon 3, DIA), etc.



Film de la semaine: L’affaire Clearstream

11 05 2008


Affaire clearstream 1
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Affaire clearstream 2
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Affaire clearstream 3
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Nationalisation des coûts, privatisations des profits: le bel exemple

24 03 2008

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(gauche: JP Morgan Chase, droite: Siège social de Bear Stearns)

Les évènements des dernières semaines exemplifient à merveille le concept de la nationalisations des coûts et de la privatisation des profits (dont la nouvelle forme à la mode sont les PPP). La banque Bear Stearns vient de faire faillite grâce à la “crise hypothècaire”. Bear Stearns a 30 milliards de dollars d’instruments finaciers adossés à des hypothèques jugés irrecupérable, c’est pour cette raison que la banque a fait faillite: ses avoirs ont étés réduits à zero alors que ses dettes (substentielles) sont toujours là. Quelle est la solution à ce problème? Le gouvernement des États-Unis s’endettera un peu plus afin de donner 29 milliards de dollars à Bears Sterns (via la Fed) afin de remettre la banque sur pied. Le petit peuple pay donc les coûts de la restauration de la banque mais Bear Sterns qui par la suite pourra continuer à faire des grand profit n’appartiendra pas au gouverenement, mais à JP Morgan Chase qui elle déboursera seulement 2 milliards (1 milliard pour payer le milliard restant des hypothèques et 1 autre milliard pour «acheter» Bear Stearns). Le coût est donc nationtionalisé, alors que les profits appartiendrons seulement à JP Morgan Chase.

source: The Times 



Peux-tu me vendre un service?

16 12 2007

Power corporation aimerais bien acheter Hydro-Québec … mais entre-temps, Power Corporation (GDF, Suez)  et Gaz Métro poussent pour l’utilisation de plus de gaz naturel pour le chauffage car avec ça ils font de l’argent. Poussez pour l’utilisation du gaz naturel peux prendre plusieurs formes:

  • Pousser pour l’augmentation des tarifs d’électricité, comme ça le gaz naturel sera plus compétitif.
  • Pousser pour l’exportation de plus d’électricité, comme ça le manque à gagner pourra être comblé par le gaz.
  • Ne pas pousser pour l’efficacité énergétique et de meilleur isolations.
  • Pousser pour Rabaska …
  • Pousser pour l’éolien ne soit pas nationalisé afin de garder les prix assez élevé pour ne pas porter atteinte au gaz naturel.
  • etc. etc.


Film de la semaine: Crimes économiques dans les Grands Lacs Africains

24 11 2007


Notes:

  • Gécamine est la plus grosse société minière d’État du Congo
  • La MIBA est la société minière d’État du Congo pour le diamant
  • Phelps Dodge est une filière de Freeport-McMoran Copper and Gold
  • Sengamine est détenue à 85% par First African Diamonds Ltd qui a, par la suite, changé son nom en Entreprise Minière du Kasaï-Oriental SARL ou EMIKOR, c’est une société appartenant à Mike Nunn (anciennement chez De Beers) qui détient aussi Afgem, Amari Holdings, Xceldiam et Tanzanite One.

Voici des explications de Congolite:

Mines : des milliards de boni pour le “quatrième pillage”

25 juillet 2006 - Au lendemain de la ratification par le gouvernement de Transition du contrat controversé de Kinross Forrest Limited (KFL) sur les riches installations de la Gécamines à Kamoto, George Forrest prit l’ avion pour le Canada. Il avait créé spécialement KFL, basée aux Iles Vierges Britanniques pour négocier en montrant comme partenaire principal la Kinross Gold où oeuvrait Arthur Ditto. Il se produisit alors une chose extraordinaire. Kinross Gold ne fit pas état de cet important contrat, mais la firme aurait découvert subitement que le projet minier congolais portait sur le cuivre et le cobalt et lui était incompatible parce qu’elle était spécialisée dans l’or. Instantanément, KFL fut revendue à Balloch Resources, une minuscule société d’exploration minière qui avait l’avantage d’être cotée à la bourse de Toronto. Balloch changera son nom en Katanga Mining Limited (KML) et remplacera complètement Kinross Forrest Limited comme partenaire de la Gecamines dans la joint venture Kamoto Copper Company (KCC). Le titre en bourse de KML se mit à grimper vertigineusement, et il fut décidé d’allouer à KFL le bénéfice de 570 millions de dollars en représentation de la valeur de KFL dans le projet de KCC.Cette transaction a été achevée au moment de la remise et reprise des mines et installations par la Gécamines. Indication : les nouveaux investisseurs, ou “mining jackers”, n’ arrachent pas uniquement des contrats déséquilibrés qui leur assurent jusqu’à 75 % de bénéfices plantureux sur des dizaines d’années, une situation que Colette Braeckman a qualifiée de « troisième pillage ». Ces affairistes réalisent de plantureux profits immédiats en boursicotant leur portefeuille garni presque exclusivement par les apports gratuits de la Gécamines ou de la Miba. Ceci est clairement illustré par la similitude des courbes des cotations en bourse des sociétés qui n’ont même pas encore commencé à opérer sur le terrain. Il y a même des OPA hostiles. Il existait des soupçons sur les intentions réelles du “mining jacking”, voilà que les chartes boursières et le volume des transactions financières dévoilent cette course à la spéculation et à l’enrichissement. Ce qui est bonifié, c’est la perspective de la bonne affaire et le gouffre abyssal entre la dépense d’investissement et la rémunération exceptionnelle. Tout se passe comme si le Congo était comme un vulgaire tableau ramassé à bas prix au marché aux puces pour être revendu dans les galeries d’art à sa véritable valeur d’une toile de maître. Le Congo est l’ objet d’ un capitalisme sauvage et victime consentante d’un “quatrième pillage”.

Katanga Mining Limited

Le « premier pillage » avait été réalisé sous Mobutu. Monsieur Robert Crem l’a évoqué en ces termes : « j’ estime que le préjudice subi par la GECAMINES, de 1967 à 1984, s’ est chiffré entre 3 et 4 milliards de dollars américains au profit des sociétés du groupe de la Société Générale de Belgique et entre 4 et 5 milliards de dollars américains prélevés par le Pouvoir, par toutes sortes de ponctions et de commissions occultes. En un mot, le groupe SGB et le Pouvoir s’ étaient partagés la « bête »!!! un terme utilisé par un administrateur belge ». En février 1990, Mobutu et la bande à Kengo Wa Ndondo s’ emparèrent de 500 millions de dollars américains des réserves financières de la Gécamines en échange de la démocratisation.

Anvil Mining Limited

Le « second pillage » a été l’oeuvre de Laurent Désiré Kabila qui inaugura le système de rémunération des factures et primes de guerre en ressources naturelles et autres formes de richesses. Il a littéralement vendu le pays et pavé le chemin pour le Rwanda, l’Ouganda et toutes les hordes de pilleurs qui ont déferlé sur le pays depuis 1997. C’ est sur ce second pillage que le Panel de l’ ONU s’était penché. Le rapport de 2002 en a fait une évaluation en ces termes : « le réseau d’élite congolais et zimbabwéen ayant des intérêts politiques, militaires et commerciaux cherche à garder la mainmise sur les principales ressources naturelles– les diamants, le cobalt, le cuivre et le germanium – se trouvant dans la zone tenue par le Gouvernement. Au cours des trois dernières années, ce réseau a transféré des actifs représentant au moins 5 milliards de dollars du secteur minier public à des entreprises privées qu’il contrôle, sans verser aucune indemnité ni prestation au Trésor public de la République Démocratique du Congo ».

Rubicon Minerals

Le « troisième pillage », dénoncé notamment par les ONG et Le Monde Diplomatique, a porté sur les nouveaux contrats signés à la hâte en cours de période de Transition. Ces conventions ont engagé les avoirs miniers de la Miba (diamant) et de la Gécamines (cuivre, cobalt, cassitérite, germanium, zinc, etc.). Rien qu’à la Gécamines, on a bradé 55 % de ses gisements à Kolwezi (Kamoto, Kov, Dima, Dikuluwe, Ruwe, etc.) valant 176 milliards de dollars, ses 31 % à Tenke et Fungurume pour la valeur de 95 milliards, sans oublier des joyaux importants du restant de se 14 % des mines à Likasi, Lubumbashi et Kipushi et évalués à 44 milliards de dollars américains. A ces réserves minérales, qui auraient dû être négociées pour 300 milliards de dollars, s’ajoutent les valeurs des installations industrielles, des infrastructures, fonds de commerce technique, etc. L’ addition est lourde. Le ” troisième pillage” est profond et fondamental.

Nikanor

Côté congolais, les “mining jackers”, ou prétendus investisseurs et arracheurs de contrats, ont soutenu que Miba et Gécamines n’avaient pas d’ argent. Mais ils ont avoué qu’ ils en étaient également dépourvu, en promettant qu’ ils rechercheraient les fonds nécessaires. L’ incapacité financière des Miba et Gécamines était momentanée, car il aurait suffi d’une meilleure gestion pour réaliser des auto-financements ou emprunter auprès de Bailleurs de fonds des capitaux modestes qui se remboursent en moins de cinq années. De plus, les partenaires étrangers ont soutenu que les gisements non exploités n’ ont aucune valeur négociable, ce qui a convaincu les autorités de la Transition à les remettre quasi gratuitement. Les mêmes ont aussitôt étalé ces mêmes ressources minières pour obtenir et garantir des prêts, attirer des acheteurs de leurs droits d’ exploitation et encaisser des plus values colossales. Ce faisant, ils ont bel et bien négocié à l’extérieur les valeurs minérales congolaises. Car ce sont TOUS les bénéficiaires des contrats qui les ont immédiatement revendus. Et de bien entendu, ces cessions des valeurs congolaises n’ ont pas été gratuites. Mais ni Miba, ni Gécamines propriétaires des avoirs négociés n’ont encaissé un penny.

Adastra Minerals

La zimbabwéenne Oryx Natural Resources, agissant par sa filiale African Mining Investment Ltd. (AMIL), a revendu ses 80 % dans la Sengamines au Sud-Africain Mike Nunn, à travers First African Diamonds Ltd. Depuis, Sengamines est devenue « EMIKOR » (Entreprise Minière de Kasai Oriental SARL). La Miba qui avait été dépouillée de la concession kimberlitique n’ a rien touché de la revente de sa concession de 800 KM2 et que Oryx avait évaluée à 2 milliards de dollars US. Deux autres zimbabwéens ont revendu leurs acquisitions congolaises gratuites. 64 % de Shaford Capital de Billy Rautenbach ont été vendus à CAMEC (Central African Mining & Exploration Company) pour 80 millions de dollars au nez et à la barbe de la Gécamines partenaire à 20 % dans Boss Mining. Tremalt Limited de John Bredenkamp a été rachetée par Dan Gertler International (DGI) avec la particularité que le zimbabwéen n’ a jamais investi véritablement, tandis que la Gécamines maintenue à 20 % dans Kababankola Mining Company n’a même jamais touché de dividendes. On retrouve Dan Gertler avec 75 % dans le contrat DRC Copper Project (DCP) pour la fameuse mine KOV de la Gécalmines. Gertler a aussitôt évaluée la mine à 2 milliards de dollars américains permettant à la société NIKANOR de lever 400 millions de dollars à la bourse AIM de Londres et d’ obtenir la capitalisation boursière la plus importante avec un poids de 1,2 milliards de dollars US. La Gécamines avec ses 25 % n’ a pas bénéficié du moindre sou, alors que cette flambée des valeurs lui est due entièrement et pleinement.

Lundin Mining

Lundin Holdings Limited avait vendu à Phelps Dodge ses 55 % dans Tenke Fungurume Mining (TFM) en empochant une valeur boursière multipliée par 7. Mais, en prime, Lundin s’est vu octroyer par le gouvernement de Transition une rallonge de 24,75 % prélevés sur la participation de la Gécamines qui a été réduite de 45 à 12,5 % du capital de TFM. De la jungle des affaires a surgi Tiger Resources, associée à Orgaman de Damseaux qui a rachète les 60 % de l’ association avec la Gécamines dans la Société Minière de Kabolela et de Kipese (SMKK) et les 60 % dans SEK (Société d’ Exploitation de Kipoi). La société Demourra a vendu les 80 % de participation dans Société Minière de Kolwezi (SMK) à Anvil Mining pour la mine souterraine et à Chemaf pour la partie supérieure sans retombées sur la Gecamines, généreuse donatrice maintenue à 20 % du capital. Africo Resources Ltd a racheté 75 % de la joint venture Société d’ Exploitation des Gisements de Kalukundi (SWANMINES) ce qui a porté sa capitalisation boursière à 94.797.392 de dollars canadiens, sans rémunération pour la Gécamines qui n’ a obtenu que 25 % du capital pour 100 % des apports. De son côté First Quantum a réalisé une OPA hostile et pris le contrôle de Adastra Minerals avec 275 millions de C $ pour contrôler 87,5 % de KMT (Kingamiambo Musonoi Tailings) laissant la Gécamines sur le carreau avec 12,5 %. Le groupe Forrest a revendu à la Copper Resources Corporation ses 75 % dans la Minière de Musoshi et Kinsenda SARL (MMK), au nez et à la barde de Sodimico.

Tenke Mining

Cette liste des affaires juteuses avec le patrimoine de l’Etat reste exemplative. Mais on peut évaluer toutes ses transactions en milliards de dollars américains au cours de la dernière année de la Transition. Mais les valeurs boursières vont grimper en flèche lorsque les projets commenceront à produire et à distribuer des dividendes. Ces manipulations posent le problème philosophique et moral du capitalisme sauvage. Il y aurait des émotions, même dans les pays les plus libéraux. La France reste vigilante sur toute prise de contrôle de ses fleurons industriels par des étrangers. La bourse allemande Deutsche Börse, qui gère la place de Francfort a résisté à rejoindre Euronext (Paris, Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne) lors de leur rachat par la Bourse de New York. Même les Etats Unis ont fait de la résistance à la société Dubai Ports World qui proposait 6,8 milliards de dollars pour racheter les grands terminaux portuaires basés à New York, New Jersey, Baltimore, La Nouvelle-Orléans, Miami et Philadelphie. Au Congo-même, le capitalisme sauvage avait été placé sous contrôle par Léopold II, en soumettant les sociétés par actions à des autorisations par décrets. En 1966, Mobutu avait imposé la domiciliation au Congo des opérations d’exploitation, ce qui emportait leur domiciliation fiscale congolaise. Ainsi, les deux dirigeants autocrates et réputés prédateurs étaient de fervents nationalistes.

First Quantum Minerals

Voilà qu’au XXIème siècle, un gouvernement de Transition livre à des spéculateurs toutes les richesses minérales substantielles du pays. C’est le Congo qui est désormais à la merci des humeurs des bourses. Cela pose un problème sérieux de souveraineté dans la mesure où la maîtrise des ressources naturelles est un attribut de cette souveraineté. De plus, les ” mining jackers” confirment que les titres miniers ont de la valeur et servent de garanties pour leurs financements et profits privés. La République n’a plus de gisements ou de participations financières consistantes qui pourraient lui servir de garanties dans ses propres dossiers de financements internationaux et à long terme. La République est nue pour avoir rhabillé l’ étranger. La République reste au biberon de la communauté internationale alors qu’ au même moment des milliards de dollars sont échangés et spéculés. La Transition a lancé le « quatrième pillage » qui se porte bien. Il n’ y a encore personne pour l’ arrêter. Pas encore.

Nestor Kisenga



La privatisation de l’argent: une introduction

22 11 2007

Faux 3 piastres

Après avoir discuter avec certaines personnes, dont certains banquiers, à propos de la fraude qu’est le système bancaire à réserve fractionnelle et m’être vu répondre en premier lieu que «c’était normal», je me suis rendu compte que si même les banquiers ne voient pas l’ampleur de la fraude à moins d’être présenté avec un exemple vraiment flagrant, je ne peux pas m’attendre à ce que tout le monde puisse voir la fraude pour ce qu’elle est sans que je donne un exemple vraiment flagrant. Donc, avant de procéder à la partie III de la série (à propos de l’inflation et des cycles économiques), je vais rajouter une introduction (le présent billet) à la partie I, qui sera simplement un exemple flagrant, un exemple presque caricatural: l’exemple du Canada.

Mais avant il convient de reprendre, en quelques mots l’analogie de l’île. Admettons qu’une dizaine de personnes décident de s’établir sur une île déserte afin de bâtir une communauté. Ils sont arrivés avec beaucoup de matériel pour construire leur île mais qu’avec très peux d’argent: seulement la monnaie qui s’adonnait à se trouver dans leur portefeuille. Ils réalisent donc très vite qu’ils vont devoir créer de l’argent afin de satisfaire à leurs échanges économiques. Une personne, appelons-la Sophie, propose une solution: elle va imprimer de l’argent chez elle et va le prêter, moyennant intérêts, à tout ceux et celles dans lesquels elle aura confiance d’être repayée. Si vous étiez une des personnes de l’île (autre que Sophie) serriez vous d’accord avec ce marché? J’espère croire que toute personne sensée refuserait cette arnaque pas très subtile. Et pourtant, c’est exactement le système mis en place à peu près partout dans le monde!

Le Canada, le «plusse meilleur pays au monde», est un exemple particulièrement flagrant parce qu’il n’y a pas de taux de réserve minimale. Ceci veut dire la chose suivante. Je peux être complètement fauché, mais si j’obtiens l’autorisation du ministère d’ouvrir ma banque, sans avoir une seule cenne (centime pour les utilisateurs/rices de francs), je peux commencer à prêter de l’argent, pire encore, il n’y a pas de limite sur la quantité d’argent que je peux prêter. C’est pas des blagues, j’ai vraiment aucun argent, même pas l’argent de quelqu’un d’autre qui aurait déposé de l’argent chez ma banque, zéro, nada, niet, pas une cenne, mais je peux prêter autant d’argent que je veux. L’argent que je prête c’est de l’argent virtuel que je crée de toutes pièces, je ne fais qu’inscrire le montant au compte de la personne qui emprunte. Sur ce «prêt» que je fournie à la malheureuse personne qui m’emprunte de l’argent je demande des intérêts qui peuvent varier entre 6% pour un prêt hypothécaire à 30% pour les cartes de crédit* les plus usurières (au Canada). Mais d’un autre coté, l’argent que je crée de toutes pièces est bien réelle dans le sens que peux acheter ce que je veux avec: je peux acheter une voiture si je le veux, sans avoir une cenne, je n’ai qu’à inscrire le montant au compte du concessionnaire automobile. Mais, comme je suis une banque, la majorité de l’argent que je crée sert à faire des prêts aux gens. Notez aussi que si j’ai pas d’argent pour commencer mais je prête un million de dollars à quelqu’un, j’inscris ce montant dans son compte et donc, dans mon livre comptable j’ai 1 million de dollars de dépôts et un million de dollars de prêts, donc superficiellement on dirait que je prête l’argent que les gens déposent chez ma banque! Cette exemple n’est pas juste un exemple farfelu, la quasi-totalité de l’argent créé (95% environ) au Canada (et dans la majorité des autres pays) l’est par les banques, exactement de la même manière qu’illustré par mon hypothétique banque qui commence sans le sou.

En fait, c’est comme une taxe, collectivement, on paie plus de 6% d’intérêts sur tout l’argent en existence au pays! Pour tout dollar en existence, il y a quelqu’un qui paie de l’intérêt dessus! En fait on peu même le vérifier facilement l’exactitude de cette affirmation. Selon la Banque du Canada, en 2006, il y avait environ 1000 milliards de dollars en circulation au Canada (incluant les devises étrangères), dont seulement environ 46 milliards en argent comptant hors des banques (argent créé par la Banque du Canada). Parallèlement, en regardant sur Reuters et les sites respectifs des banques ont voit que collectivement, la CIBC, la Banque de Montréal, TD, la Banque de Nouvelle-Écosse, la Banque Royale, la Banque Nationale, les Caisses Desjardins et la Banque Laurentienne (les banques privés [car c’est pratiquement ce que Desjardins est devenu] ayant les plus grosses parts de marché au Canada), ont récoltés 87 milliards de dollars en intérêts**. Si ont suppose que les banques mentionnée ci haut ont collectivement 100% des parts du marché, ça veut dire que collectivement, nous payons 8,7% d’intérêt par année sur toute l’argent en circulation.

Nous payons une taxe de 8,7% par année aux banques privés pour utiliser les dollars canadiens créés par les banques privées. Mais cette taxes fonctionne à l’inverse de la l’impôt sur le revenu avec lequel nous sommes familiers. En effet, l’impôt sur le revenu est gradué de façon que les pauvres n’en paient presque pas tandis que les riches en paient (ou du moins seraient censé payer s’il n’y avait pas de paradis fiscaux) une portion croissante de leurs revenus. Pour la taxe sur l’argent c’est le contraire, les pauvres qui n’arrivent même pas à payer leur facture de carte de crédit paient un taux d’environ 20% sur l’argent qu’ils utilisent, tandis que les riches qui ont trop d’argent reçoivent un «remboursement de taxe» d’environs 5% sur l’argent qu’ils ont.

Comparons cette taxe perçoivent les banques sur la création de l’argent aux taxes et impôts des gouvernements. Le gouvernement fédéral a perçu environs 200 milliards de dollars en taxes, impôts et cotisations de toutes sortes en 2006 (ceci n’inclue pas les revenus des sociétés d’État ou des activités de l’État), de ce montant, 33 milliards étaient utilisés pour payer les intérêts sur la dette. Ceci veut dire qu’en 2006 nous avons payé 167 milliards de dollars pour les services du gouvernement fédéral*** comparé à 87 milliards de dollars en taxes pour le droit d’utiliser l’argent créé par les banques. Cela veut dire qu’un tiers [87/(87+167)*100% = 34% ] de nos «taxes» servent à payer les banques pour le droit d’utiliser l’argent qu’elles crée. Regardons les choses d’une perspective. Admettons que l’argent est créé par le gouvernement au lieu d’être créé par les banques, déjà le gouvernement n’aurait pas besoin d’emprunter donc il n’aurait pas de dette et donc n’aurait pas à payer 33 milliards pour servir la dette mais en plus, au cours de 2006, les banques ont créé environ 100 milliards de dollars donc si gouvernement était celui qui créait l’argent, il aurait eu, en 2006, 100 milliards de dollars de plus qu’il aurait créé à la place des banques et donc aurait besoin de collecté 100 milliards de dollars de moins en taxes et impôts. Ce qui fait, qu’au lieu de collecter 200 milliards de dollars en taxes et impôts comme le gouvernement du Canada l’a fait en 2006, il aurait pu collecté seulement 67 milliards de dollars en taxes et impôts et fournir exactement les mêmes services! Ceci représente un rabais de 67% sur les taxes et impôts collectés!

J’imagine qu’à ce point-ci vous vous demandez, si c’est si profitable d’être une banque, pourquoi est-ce qu’il n’y a pas de gens qui fondent des banques au lieu de faire autre chose. «C’est quoi la pogne?» En fait, collectivement les banques sont très profitables, mais individuellement ce n’est pas nécessairement le cas. Toute la profitabilité usurière repose sur l’hypothèse que les banques peuvent prêter de l’argent qu’elles créent. Cela peut seulement se faire si les gens qui emprunte de l’argent ne demandent pas d’avoir leur argent en main propre ou ne transfère pas cet argent vers un autre banque, i.e. l’argent qui est prêté par la banque reste dans cette banque, la banque récolte alors de l’intérêt sur l’argent mais elle n’a pas a fournir l’argent. Ceci n’est pas un problème pour une grosse banque car si elle prête 100 000 $ à quelqu’un, même si la personne dépense son 100 000$ d’un coup, il y a de grosses chances que la personne qui reçoit les 100 000$ va encaisser son chèque dans son compte chez la même grosse banque et donc l’argent ne sortira jamais de cette banque, la banque n’aura jamais à vraiment fournir l’argent. Et même si la personne qui reçois le 100 000$ va le déposer chez une autre banque, en moyenne il y aura quelqu’un d’autre qui déposera un 100 000$ provenant de la seconde banque dans un compte de la première banque, ce qui rééquilibra la chose et ferra en sorte qu’aucune banque ne fournira réellement d’argent. En pratique les grandes banques n’ont besoins que de 2-3% de tout l’argent qu’elles prêtent pour satisfaire à la demande. Mais évidemment s’il y a un flux net d’argent d’une banque vers une autre, la banque déficitaire devra emprunter l’argent qui lui manque ce qui aura pour effet qu’elle récoltera de l’intérêt non pas sur de l’argent qu’elle a créé mais sur de l’argent qu’elle a emprunté. Cela et largement moins profitable et si le transfert d’argent se fait trop vite, la banque n’aura pas le temps d’emprunter assez d’argent pour répondre à ses obligations et sera forcée de faire faillite. Ce genre de situation est beaucoup plus probable pour une petite banque. Mais, cela peut arriver même aux grosses banque, si tout le monde allait sortir son argent en argent comptant, toutes les banques ferraient faillite, car collectivement elles possèdent moins de 5% de tout l’argent qui est déposée chez elles. L’autre 95% est de l’argent qu’elles ont créé en faisant des prêts mais qui est resté déposé (pas nécessairement par la même personne) chez les banques.

La majorité des pays ne sont pas comme le Canada, et fonctionnent avec un système bancaire à réserve fractionnelle avec un taux de réserve minimum non nul. Quoi que cela soit mieux en théorie, en pratique cela revient exactement au même simplement parce que c’est toujours les banques privées qui créent la majorité de l’argent. La partie I de cette série parle donc du cas plus général du système bancaire à réserve fractionnelle ou le taux de réserve minimal est arbitraire. Le cas du Canada que l’on vient de considérer est le cas spécifique où le taux est nul. La partie II de la série est une analyse comptable plus détaillée du processus de création d’argent dans un système bancaire de réserve fractionnelle. La partie III traitera de l’inflation et des cycles économiques. Une grande majorité des articles ou médias ou politiciens qui critiquent le système bancaire à réserve fractionnelle préconisent de retourner en arrière et de remettre en place un système monétaire basé sur l’or. La partie IV expliquera pourquoi cela n’est pas la bonne solution et proposeras certaines solutions alternatives. Finalement la partie V fournira des références pour des ressources supplémentaires sur le sujet.

*Visa appartient aux banques membres (quoiqu’elle va bientôt être introduite en bourse) et MasterCard quoique coté en bourse appartient surtout aux banques dont les plus grosses parts appartiennent à Banque of América (11% via Marisco), Fidelity Investements (8%) et Goldman Sachs (4,5%) . Mais, de toute façon, Visa et MasterCard ne sont que fournisseurs de solutions informatiques, ce sont les banques émettrices qui perçoivent l’intérêt sur les dettes de carte de crédit et ce sont les banques qui perçoivent aussi les frais de transactions d’environ 2% (et de 1% environ pour les carte de débit) auprès des commerçant(e)s sur toutes les transactions effectuées par le biais des réseau Visa, MasterCard (et aussi Interac).

**RBC: 22,2 milliards, Scotia: 17,7 milliards, TD: 15,5 milliards, CIBC: 13,2 milliards, BMO: 13 milliards, BN: 4 milliards, Laurentienne:  0,8 milliards, Desjardins: 0,6 milliards.

***Bon d’accord, c’est vrai que je ne vois pas trop l’utilité des «services» du gouvernement fédéral (la guerre en Afghanistan je ne trouve pas que c’est un service qui m’est rendu), mais le problème est que c’est difficile de faire une comparaison avec le gouvernement du Québec puisque je ne peut pas trouver les données de l’intérêt perçu seulement au Québec. Mais juste pour avoir une idée, les revenus du gouvernement du Québec étaient de 55,1 milliards de dollars en 2006 incluant 9,6 milliards de transferts fédéraux et les revenus des sociétés d’États et de ce montant 7 milliards était utilisés pour servir la dette. On peut estimer les intérêts perçus au Québec par les Banque en multipliant les intérêts perçus au Canada par la proportion de l’économie canadienne qui est québécoise: en 2006 le PIB du Québec était de 260 milliards et le PIB du Canada était 1280 milliards, donc le Québec représente à peu près 20% de l’économie canadienne donc on s’attendrait à ce que les banques aient récoltés 20%*87 milliard = 18 milliards de dollars en intérêts. Donc au Québec on a payé une taxe d’environ 18 milliards de dollars pour pouvoir utiliser l’argent créé par les banques [ce montant est à comparer aux 550 millions par année qu’il faudrait pour instaurer la gratuité scolaire à tous les niveaux au Québec] tandis qu’on payait 48 milliards de dollars pour recevoir les services du gouvernement (santé, éducation, transport en commun, etc.) ce qui veut dire que les taxes pour payer l’utilisation de l’argent créé par les banques représentaient 27% du montant total!

Allez à la partie: I II III IV V



Chavez: cheval de Troy de l’impérialisme

17 11 2007

En 1913, aux États-Unis, les banques voulaient faire passer la loi établissant la Fed (banque centrale des ÉU qui appartient aux grandes banques étasuniennes) . Les banques rédigèrent la loi mais décrièrent dans les médias qu’ils étaient contre la loi, que la loi serait mauvaise pour l’industrie bancaire, et faisaient tout pour sembler l’opposer. Woodrow Wilson, président des ÉU à l’époque, était membre du parti Démocrate, le parti qui avait opposé une loi semble au Federal Reserve Act quelques années auparavant. Mais Woodrow Wilson était l’homme de J.P. Morgan et signa le projet de loi en loi après que le projet de loi fût frauduleusement approuvé à l’unanimité par 3 sénateurs au Sénat le 23 décembre 1913 alors que le reste des sénateurs étaient déjà partis en vacances. Chavez serait-il un Woodrow Wilson contemporain? Après le coup d’État raté de 2002 et les manœuvres des déstabilisations entreprises contre Chavez par la suite il semble bien qu’il ait cédé à la pression et aux menaces et soit devenu l’homme des multinationales pétrolières et minières. Dans un billet précédent je reprenait un texte en espagnole à ce propos. En voici un en français trouvé au CMAQ:

Venezuela: INSURGENTES contre la Réforme Constitutionnelle

 

* Plusieurs organisations et individus du Venezuela, impliqués au sein de différentes luttes sociales et possédant diverses approches de la gauche critique et anti-autoritaire, ont convergé dans l’espace INSURGENTES (INSURGÉS) et ont pris position en ce qui concerne la “réforme�? proposée initialement par le Président de la République, Hugo Chávez.

 

Normalement au sein d’un État, la constitution doit toujours refléter les rapports de force entre les diverses classes sociales que compose la société. La “réforme�? qui est actuellement proposée au Venezuela exprime plutôt le triomphe obtenu par le capital transnational durant le coup d’État et le sabotage pétrolier de 2002-2003. Cette victoire du capitalisme s’est manifestée et se manifeste encore aujourd’hui par la création d’entreprises mixtes et par l’arrivée de nouvelles concessions minero-pétrolières en faveur du capital étranger.

La “réforme�? proposée par le président Chávez, les modifications réalisées par l’Assemblée nationale et celles qui s’annonceront, s’inscrivent au sein même du programme de réajustement du capitalisme mondial qui cherchent à abolir les obstacles qui empêchent l’augmentation des profits. Ce plan de transformation tente de s’approprier du contrôle des ressources énergétiques et minières tout en favorisant la libre circulation du capital ainsi que de celle des biens et services. Ce phénomène est ce qu’on appelle la globalisation ou la mondialisation de l’économie qui revendique la nature prédatrice du capital mondial.

En tant que fournisseur énergique, minier et de devises, le Venezuela s’est converti en un des fervents partisans de l’économie capitaliste. Il est possible d’affirmer que ce dernier s’insère complètement dans le modèle de civilisation pervers et génocidaire qui encourage la rentabilité des grandes entreprises énergétiques et minières au détriment du bien-être des populations.

L’objectif principal que poursuit le grand capital avec cette “réforme�? est celui de donner une autorité constitutionnelle à la propriété mixte établie entre l’État national et le capital privé (via les entreprises mixtes), ce qui par conséquent implique remettre la souveraineté dans les mains des transnationales et des gouvernements étrangers, non seulement en ce qui concerne le pétrole, mais également en ce qui a trait à l’industrie minière et à l’ensemble des services publics.

Cette alliance — État et capital privé — s’est vus légaliser durant l’année 2006 par l’Assemblée nationale lorsque, sans aucune consultation, celle-ci a approuvé le Contrat cadre des entreprises mixtes. Par l’entremise de cette entente, les entreprises pétrolières transnationales ont passé du rôle de fournisseur de service à celui de propriétaires détenant plus de 40% des hydrocarbures que contient le sous-sol du territoire vénézuélien. Ce nouveau partenariat représente donc l’essence de la “réforme�? et explique également la rapidité avec laquelle le gouvernement désire donner une légitimité électorale à cette nouvelle escroquerie politique. Une fois après avoir atteint son objectif principal, le capitalisme globalisé en marche avec le gouvernement bolivarien effectueront une série de changements complémentaires pour assurer l’intensification et la stabilité de ce nouveau modèle. À partir de ce moment, la propriété mixte deviendra la base économique de la société vénézuélienne, non seulement en ce qui concerne l’industrie pétrolière, mais également en ce qui a trait à l’ensemble des branches de l’économie.

Pour parvenir à ses fins, le gouvernement — favorisant les intérêts du capital international — doit introduire de nombreux changements dont les suivants :

1. Concentration du pouvoir dans les mains du Président de la République (Articles 11, 16, 18, 70, 136, 141, 156, 158, 167, 184, 185, 225, 230, 236, 251, 252, 305, 307, 318, 320, 321, 328, 329 et les dispositions transitoires), en flagrante contradiction avec le principe de participation et de leadership populaire.

Dans la “réforme�? proposée, il est possible d’observer l’attribution de vastes pouvoirs au Président de la République qui ne sont soumis à aucun autre contrôle: Chef de l’État, lead