La convergeance médiatique et la presse indépendante au Québec

17 03 2008

repris de l’aut’e journal:

13 mars 2008

Pierre Dubuc

Au Québec, le poids exceptionnel de la concentration de la presse se fait de plus en plus sentir. Deux grands groupes, Power Corporation et Quebecor contrôlent tous les quotidiens sauf Le Devoir dont la part du marché – 2,5 % du tirage total – est insignifiante. Un troisième groupe, Transcontinental, se partage avec Quebecor la majorité des hebdos régionaux.

Mis à part quelques irréductibles indépendants marginaux, toutes les imprimeries du Québec sont propriété du Groupe Transcontinental et de Quebecor. Transcontinental imprime les journaux de Power Corporation, groupe avec lequel il est également en partenariat pour la production du journal Métro à Montréal. Quebecor est propriétaire de Messageries Dynamiques, la plus importante agence de distribution et Transcontinental possède Publi-Sac. Signalons que Le Devoir est imprimé par Quebecor. À cette concentration horizontale s’ajoute la convergence avec les médias électroniques.

Au Québec, c’est le marché qui est marginal

Face à ces géants, la presse indépendante doit en plus se développer dans le petit marché francophone du Québec. Si, dans des pays comme la France ou les États-Unis, il y a un marché pour ce qui est marginal, au Québec, c’est l’ensemble du marché qui est marginal. Autrement dit, si on peut trouver en France ou aux États-Unis un bassin suffisant d’abonnés ou de donateurs pour soutenir une publication indépendante, l’équivalent est très difficile au Québec à cause de l’exiguïté du marché.

Pour bien comprendre la signification de cette situation, il n’est pas inintéressant de comparer la situation des grands quotidiens français à celle leurs homologues québécois. Par exemple, le quotidien Le Monde a un tirage d’environ 540 000 exemplaires. Ramené à l’échelle du Québec, où la population francophone est dix fois inférieure à celle de la France, cela donnerait un tirage de 54 000 exemplaires, soit à peine plus que le tirage du Devoir (28 000 la semaine et 45 000 la fin de semaine), mais beaucoup moins que celui de La Presse (200 000 la semaine). Le tirage de Libération (150 000 exemplaires) ne serait que de 15 000 au Québec, soit moins que le tirage du Devoir en semaine.

Abonnement, distribution gratuite, ventes en kiosques

Mais à cause des économies d’échelle, Le Monde peut compter sur 320 journalistes dont 20 correspondants étrangers. Complication supplémentaire pour la presse indépendante, le public québécois, contrairement par exemple au public canadien-anglais, n’a pas une très grande habitude de l’abonnement. Les gens préfèrent acheter une publication en kiosque plutôt que de profiter d’offres d’abonnement à prix réduit.

Cette situation est aggravée par la distribution des journaux gratuits. Amorcé avec le journal culturel Voir, le phénomène touche les hebdos régionaux, les journaux de quartier, de même que les quotidiens avec le journal Métro et 24 heures de Quebecor à Montréal. Ajoutons que le Journal de Montréal et le Journal de Québec bénéficient également une large distribution gratuite dans tous les restaurants du Québec.

Après une désastreuse tentative de vente en kiosques échelonnée sur plusieurs années – expérience partagée par de nombreux autres journaux alternatifs dont le dernier en date est sans doute le journal de l’Union paysanne – suivant l’exemple de Recto-Verso, l’aut’journal a choisi la voie de la distribution gratuite.

Nous pourrions épiloguer longtemps sur les difficultés de la vente en kiosques (publications mal distribuées, mauvais placement) et nous plaindre du fait qu’il n’existe pas, comme en France, de législation qui oblige, par exemple, les marchands à bien positionner, à la vue de tous, un journal comme le Canard enchaîné. Au Québec, le placement est fait par le distributeur en fonction de critères de vente et de marketing.

Mais nous devons reconnaître qu’il y a des explications plus fondamentales à ces échecs. En plus de la petitesse du marché dont nous avons déjà parlé, il n’y a pas de tradition culturelle au Québec qui porte les lecteurs à acheter notre type de publication.

Pour qu’une publication puisse percer sur le marché de la vente en kiosques, il faut un gros tirage, de la publicité dans les autres médias (radio, télévision) pour faire connaître son existence. Tout cela coûte beaucoup de sous et ne peut être financé que par la publicité. Ce qui boucle la boucle et nous renvoie au problème de départ.

Une presse libre est une presse militante

L’histoire des médias nous a appris que la presse militante n’existe que par le soutien des militantes et des militants. Souvent la presse militante est produite et soutenue par un parti politique. Ce n’est pas notre cas au Québec. Malgré l’existence d’un important mouvement souverainiste, celui-ci n’a pas d’organe de presse propre, une situation sans doute unique au monde. Même lorsque son membership atteignait 300 000 membres, le Parti Québécois n’a jamais jugé bon de produire de publications pour ses militants, après l’échec du quotidien Le Jour.

La situation est similaire du côté du mouvement syndical. Après l’échec de l’hebdomadaire Québec-Presse, le mouvement syndical a décliné toute invitation à investir massivement dans un journal de masse. Au cours des années, le mouvement syndical a même supprimé ses publications à plus large rayonnement que ses rangs internes. Le revue Mouvement de la CEQ, aujourd’hui la CSQ, est disparue, tout comme l’hebdomadaire Nouvelles-CSN.

L’aut’journal et d’autres publications progressistes ont de la difficulté à obtenir un soutien régulier des principales organisations syndicales, même si celles-ci ne manquent pas à chacun de leurs congrès de dénoncer la concentration des médias et appeler au développement d’une presse libre et indépendante.

Il faut se cracher dans les mains et relever nos manches, comme disait Félix Leclerc. Le développement d’une presse libre et indépendante repose donc entre nos mains. Il nous faut relever le défi, malgré les conditions difficiles que nous venons de décrire, de produire une presse d’actualité, intéressante, professionnelle et militante.

L’aut’journal, 24 ans plus tard

Fondé en 1984, l’aut’journal se définit toujours 24 ans plus tard comme un mensuel québécois, indépendant et indépendantiste, ouvrier et populaire. Pour caractériser le journalisme que nous voulons pratiquer, nous avons inscrit dans le cartouche cette citation de Jacques Guay, aujourd’hui décédé, qui fut, avant de se joindre à l’équipe de l’aut’journal, de l’expérience de Québec-Presse et fondateur du département de journalisme de l’Université Laval. La citation se lit comme suit : « Informer, c’est mordre à l’os tant qu’il y reste de quoi ronger, renoncer à la béatitude et lutter. C’est croire que le monde peut changer ! »

Dans le premier numéro de l’aut’journal, nous faisions part en éditorial de notre parti-pris pour une information différente. Une information qui parle des luttes ouvrières et populaires, luttes qui ne trouvent pas leur place dans les grands quotidiens – combien ont de journalistes attitrés aux affaires syndicales ?

Nous exprimions aussi notre volonté de présenter un aut’point de vue sur les grandes questions de l’actualité dont le traitement est souvent biaisé par les conflits d’intérêts des propriétaires des médias. Prenons deux exemples pour illustrer notre propos.

Deux exemples de conflits d’intérêts

Depuis plusieurs années, la santé figure en première place des préoccupations des citoyennes et des citoyens et les grands médias ont noirci des centaines de milliers de pages sur le sujet. La privatisation est la solution le plus souvent avancée pour régler le problème des listes d’attente et faire face au défi du vieillissement de la population. Cependant, nos médias évitent soigneusement de mentionner qui seraient les principaux bénéficiaires de cette privatisation, c’est-à-dire les compagnies d’assurances.

Aux États-Unis, il est admis par tous les observateurs de la scène politique que c’est le lobby des compagnies d’assurances qui a coulé le projet du président Clinton, lors de son premier mandat, d’instaurer un système public de santé sur le modèle canadien. Au Canada, ce lobby ne semble pas exister. Du moins, les grands médias n’en parlent jamais. Serait-ce parce que Power Corporation, le propriétaire par l’entremise de Gesca des principaux quotidiens du Québec, est également le propriétaire des deux plus importantes compagnies d’assurances au Canada : la Great-West et la London Life ?

Un autre exemple du conflit d’intérêts dans lequel baignent les médias est la question du transport en commun. Il arrive souvent que la moitié des pages du Journal de Montréal et du Journal de Québec soient consacrées à de la publicité automobile. Dans le cas de La Presse, les seuls revenus de la publicité automobile dépassent les revenus des abonnements. Comment espérer que ces médias fassent la promotion du transport en commun ?

Les médias indépendants et les idées nouvelles

Les médias indépendants peuvent également être à l’origine d’idées nouvelles. C’est dans les pages de l’aut’journal qu’a été lancé l’appel qui allait donner naissance en 1997 au Rassemblement pour une alternative politique (RAP), l’ancêtre de l’Union des forces progressistes (UFP) et de Québec solidaire. Cet appel était accompagné d’un plaidoyer pour une réforme du mode de scrutin avec la publication par l’aut’journal du livre de Paul Cliche Pour un scrutin proportionnel. L’idée a si bien fait son chemin qu’elle a donné lieu à la tenue d’états généraux sur la réforme du mode de scrutin.

C’est également dans l’aut’journal que le concept de club politique a vu le jour, s’est développé et a été inscrit dans les statuts du Parti Québécois, à la faveur de l’action du club politique Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre), une autre initiative de l’aut’journal.

Le concept de revenu de citoyenneté a d’abord été propagé au Québec par l’aut’journal qui a publié le Manifeste pour un Revenu de citoyenneté du professeur Michel Bernard et du syndicaliste bien connu Michel Chartrand.

Un succès avec des moyens de fortune

Au départ, l’aut’journal tirait à 1 500 exemplaires et, la distribution étant tributaire de manifestations ou d’événements publics, il arrivait souvent qu’à peine la moitié de ces copies soient distribuées. Aujourd’hui, notre tirage s’est stabilisé à 20 000 exemplaires. Près de 5 000 d’entre eux sont postés à chaque mois à nos abonnés, individuels ou de groupe, et les 15 000 autres exemplaires sont distribuées gratuitement à travers le Québec par les bons offices d’un petit distributeur privé.

Nous publions également, mais de façon irrégulière, la revue L’Apostrophe. Nous en sommes au dixième numéro. Nous avons édité neuf livres, la grande majorité d’entre eux en collaboration avec d’autres maisons d’édition.

Notre budget annuel est insignifiant. Il tourne autour de 130 000 $. Depuis trois ans seulement, nous avons un employé salarié, notre secrétaire Louis Bourgea. De façon un peu paradoxale, nous pouvons affirmer que notre principale source de financement réside dans le fait que toutes nos collaboratrices et collaborateurs ne reçoivent aucune rémunération pour leurs articles.

Nos autres sources de financement sont les abonnements, la vente de livres, la publicité – provenant presque exclusivement des organisations syndicales et des maisons d’édition – les spectacles-bénéfices. Le problème de sous-financement est commun à tous les médias indépendants. Au cours de nos 22 ans d’existence, nous avons essayé par différents moyens de nous sortir du sous-financement chronique et avons tiré des leçons de ces expériences.

Les grands médias vivent de la publicité

Les revenus publicitaires sont la principale source de financement des grands médias. Ils représentent 80% des revenus des quotidiens. Cette situation ne date pas d’hier. Le premier journal à voir le jour en Amérique, le Pennsylvania Packet and Daily Advertiser, fondé en 1784, consacrait plus de 60% de son espace à la publicité.

Quoi de plus normal alors que de chercher à obtenir ne serait-ce qu’une petite pointe de l’immense tarte des dépenses publicitaires, se disent les journaux communautaires et indépendants. Pour notre part, nous n’y avons pas cru un seul instant étant donné le caractère de notre publication. Mais les échecs récents et spectaculaires de magazines ou journaux communautaires – Recto-verso ou À cause au Saguenay-Lac Saint-Jean – ou d’expériences passées comme Québec-Presse ont confirmé notre analyse.

À ceux qui rêvent d’un quotidien progressiste, j’aime citer l’échec d’une expérience d’un journal… de droite ! Soit celle du National Post. Quand, en 1998, Conrad Black a publié le National Post à Toronto, il a déclaré qu’il n’aurait pu se lancer dans cette aventure s’il n’avait pas été propriétaire de Southam News, qui possédait des imprimeries, des réseaux de distribution et un bassin de journaux dans lequel Black a pu puiser des journalistes pour le Post.

Malgré cela, trois années plus tard, le Post était toujours déficitaire et Black lançait la serviette et vendait ses actions. Pourquoi ? Parce que les grandes agences de publicité que Black avait pourtant traité aux petits oignons, les propriétaires à coups de banquets, de voyages et de cadeaux n’avaient pas cru à son aventure. Ils étaient restés fidèles au Globe and Mail, au Toronto Star, tout en profitant de la concurrence du Post pour exiger de ces grands journaux des réductions des tarifs publicitaires. Comment pourrions-nous envisager la création d’un quotidien – progressiste de surcroît – sans posséder d’imprimeries, de réseaux de distribution et sans… recettes publicitaires?

Tirer les leçons de nos expériences

Examinons des expériences plus modestes, soit celles de Recto-Verso et le journal À cause au Saguenay Lac-Saint-Jean. L’équipe de Recto-Verso avait pressenti que la distribution gratuite était la voie de l’avenir et la seule façon de contourner les monopoles de la distribution. Elle a fait le pari qu’un magazine progressiste de belle tenue serait en mesure d’attirer, au même titre que les publications traditionnelles, de la publicité commerciale et gouvernementale pour financer ses activités.

Cependant, la publicité commerciale n’a jamais vraiment été au rendez-vous et la revue n’a pu combler un déficit accumulé de 200 000 $. La décision subite de Patrimoine Canada de retirer les subventions aux publications distribuées gratuitement a donné le coup de grâce au magazine en le privant annuellement de 30 000 $. Nous avons suivi avec intérêt, mais un certain scepticisme, les efforts du magazine dans sa recherche de commanditaires commerciaux. Nous ne partagions pas l’avis selon lequel de belles publications, avec un tirage important, réussiraient à attirer des commanditaires si le prix de la publicité était proportionnellement inférieur à ce qu’il en coûte dans des revues traditionnelles à grand tirage.

Selon la logique capitaliste pure, telle que formulée par Friedrich Hayek, le pape du néolibéralisme, une telle décision semblait fondée. Malheureusement, ça ne fonctionne pas ainsi. Le marché n’est pas constitué d’un agrégat d’individus, mais de classes sociales. Les propriétaires des grandes agences de publicité ont plus que de simples liens d’affaires avec les propriétaires des grands médias. Ils font partie du même réseau social et politique. Somme toute, les analyses de Karl Marx sont plus pertinentes que celle de Hayek.

Recto-Verso a pu compter pendant un certain temps sur la publicité gouvernementale pour financer la production du magazine et sur les programmes gouvernementaux d’économie sociale pour rémunérer son personnel. L’arrivée au pouvoir du gouvernement Charest et ses compressions budgétaires ont compromis ces deux sources de financement.

Comme dans le cas de la publicité commerciale, le système des relations entretenues avec le personnel politique est essentiel et l’équipe de Recto-Verso avait évidemment plus d’accointances avec le Parti Québécois qu’avec le Parti Libéral. Recto-Verso n’entretenait pas beaucoup de relations avec le Parti Libéral fédéral. Aussi Patrimoine Canada a pu couper d’un trait de plume sa subvention de 30 000 $, mais ne touchera jamais aux subventions de près de deux millions de dollars accordées annuellement tant à Quebecor qu’au Groupe Transcontinental pour leurs magazines.

Le journal À cause s’est buté essentiellement aux mêmes obstacles. Après un départ sur les chapeaux de roue, la publicité espérée n’était pas au rendez-vous et la suppression des programmes gouvernementaux jeunesse avec l’arrivée au pouvoir des libéraux sonnèrent rapidement le glas de la publication.

Nous venons de voir comment un changement de gouvernement a contribué à la faillite de deux publications avec la suppression des programmes gouvernementaux dont elles bénéficiaient. Notre expérience est encore plus éloquente.

L’aut’journal et les subventions gouvernementales (ou leur absence)

À la suggestion d’amis de la presse indépendante qui ne comprenaient pas pourquoi nous ne cherchions pas à obtenir ces subventions gouvernementales auxquelles, selon eux, nous avions parfaitement droit, nous avons présenté une modeste demande au chantier de l’économie sociale lors du lancement de la revue L’Apostrophe.

Après avoir dû consacrer un temps considérable à remplir les obligations et formulaires nécessaires, nous avons présenté une demande pour le financement de trois permanents. C’est beaucoup trop ! nous a-t-on répondu. Alors, nous avons retravaillé la demande pour ne demander le financement que d’une seule personne. Cette fois, la réponse a été : Ce n’est pas assez structurant pour l’industrie (sic!) !.

Mais de quelle industrie, parlait-on ? Nous ne l’avons jamais su. Toujours est-il qu’après de longs mois de discussion, le fonctionnaire responsable de notre dossier nous a dit, sur le ton de la confidence : Vous êtes très critique, vous savez . Autrement dit, ce n’est pas moi, ni aucun autre fonctionnaire qui va recommander l’acceptation de votre projet.

Une autre expérience encore plus explicite confirmait notre profond scepticisme quant à l’obtention de subventions gouvernementales. Au mois de mars 2001, nous comparaissions avec Recto-Verso devant la commission parlementaire chargée d’examiner la concentration de la presse. Notre mémoire dénonçait l’effet de cette concentration sur les médias indépendants et réclamait des mesures de soutien de l’État à la presse indépendante.

En pleine commission parlementaire, le député d’Outremont, Pierre Étienne Laporte se déclara publiquement opposé à toute subvention directe ou indirecte à l’aut’journal parce que en 1995, vous m’avez attribué le prix de la traîtrise, à l’aut’journal, pour une déclaration que j’ai faite alors que j’étais président du Conseil de la langue française. Et le député de dire devant ses collègues que le prix de la traîtrise était le prix Cugnet et de devoir expliquer, en se couvrant de ridicule, devant un auditoire abasourdi que le Prix Cugnet avait été instauré par l’aut’journal en déshonneur de Jean-Baptiste Cugnet qui avait guidé les troupes de Wolfe sur les plaines d’Abraham en 1759 !!!

Soulignons que Recto-Verso et l’aut’journal demandaient, entre autres, dans leur mémoire que le gouvernement autorise des fondations, mises sur pied pour recueillir des fonds pour la presse indépendante, à pouvoir émettre des reçus pour fins fiscales comme cela se pratique dans le cas des fondations de charité ou des partis politiques. Nous croyons toujours que ce serait la meilleure forme de financement pour la presse indépendante. Elle oblige les médias à faire eux-mêmes des efforts de financement et assure leur autonomie et leur indépendance à l’égard de l’État.

L’alternative aux grands médias : Internet

L’arrivée des nouveaux médias nous offre peut-être cette fenêtre tant recherchée si nous savons l’utiliser. Une lecture attentive de l’histoire des médias nous apprend qu’à chaque fois qu’une situation politique s’est trouvée bloquée par l’opposition des grands médias, la solution est toujours venue de l’utilisation d’un nouveau média.

Ainsi, dans les années 1930, Franklin Delano Roosevelt a contourné l’opposition des grands médias écrits à son New Deal avec ses causeries au coin du feu à la radio. À la fin des années 1950, de Gaulle a imposé sa solution à la guerre d’Algérie en ayant également recours à un nouveau média, la télévision, pour rejoindre le grand public et défier une presse hostile.
De même, au Québec, la télévision a joué un rôle de premier plan dans la lutte contre le duplessisme et le déclenchement de la Révolution tranquille. Maurice Duplessis abhorrait ce nouveau média, dont nous pouvons dire qu’il a produit le personnage politique le plus important de son époque : René Lévesque.

Sommes-nous aujourd’hui dans une situation historique comparable ? La solution à la concentration des médias réside-t-elle dans l’utilisation des nouvelles technologies ? Nous le croyons. Nous pouvons nous inspirer de réussites passées dont nous n’avons jamais pris réellement conscience. Par exemple, on peut affirmer que les souverainistes doivent une bonne partie de leur succès passé à l’utilisation intelligente qu’ils ont faite depuis trente ans du seul moyen de communication de masse à leur disposition pour la diffusion de leurs idées, le recrutement et le financement, soit le téléphone !

Aujourd’hui, un segment de plus en plus important de la population du Québec a accès à Internet, ce qui représente un bassin de population suffisant pour développer de nouveaux moyens de communication de masse.

Les nouveaux médias ont déjà démontré leur pertinence politique. En mars 2004, à quelques jours des élections générales, des attentats terroristes causaient la mort de près de 200 personnes en Espagne. Le gouvernement Asnar et les grands médias s’empressaient d’en attribuer la responsabilité à l’ETA basque, malgré les démentis de cette organisation. Rapidement, la société civile flaira l’arnaque et, au moyen d’Internet et de messages envoyés par cellulaires, démasqua les manœuvres du gouvernement. La vérité éclata au grand jour et le gouvernement Asnar fut défait aux élections.

Aux États-Unis, Howard Dean candidat à l’investiture au parti démocrate, opposé à la guerre en Irak, utilisa de façon fort habile Internet pour se faire connaître et recueillir des fonds pour sa campagne. Mais sa campagne s’écroula lorsqu’il poussa un grand cri ( Byaaahh ) lors d’une assemblée publique et que ce Dean Scream comme on l’appela fut diffusé en boucle par les grands médias hostiles à sa candidature. Cette fois-ci, les grands médias traditionnels remportaient la victoire sur les nouveaux médias. Mais Internet a quand même réussi à ébranler les colonnes de l’establishment du Parti démocrate.

Au Québec, nous sommes très en retard sur l’utilisation politique des nouveaux médias. Alors, pourquoi pas mettre sur pied un quotidien Internet ? Un quotidien qui ne nécessite ni imprimerie, ni réseaux de distribution ! C’est un projet auquel nous travaillons présentement avec la mise en ligne de l’aut’journal au-jour-le-jour.

Pierre Dubuc
Cet article est paru dans le numéro 10 (automne 2007) de la revue L’Apostrophe, la revue de l’aut’journal



IEDM: Idées pour enrichir le boss

19 11 2007



Castonguay: l’histoire d’un vendeur d’assurance acheté

16 11 2007

repris de l’Aut’Journal:

04 novembre 2007

Pierre Dubuc

Présenté comme le « père » de l’assurance-maladie, Claude Castonguay a été nommé par le gouvernement Charest à la tête d’un comité dont on s’attend paradoxalement à ce qu’il ouvre grande la porte au privé dans notre système de santé. Pourquoi ce revirement à 180% ?

Depuis le début des années 1960, Claude Castonguay a joué un rôle important dans plusieurs dossiers politiques et économiques. Son parcours est à maints égards celui d’une certaine élite québécoise. Dans cette série d’articles, nous revenons sur la carrière de Claude Castonguay.

Quand René Lévesque traitait Claude Castonguay de « profiteur du milieu des affaires »

« Je n’ai aucune leçon à recevoir des profiteurs du milieu des affaires ! », lance René Lévesque à Claude Castonguay lors d’une prise de bec publique en 1978 au Grand Théâtre de Québec. C’est Castonguay lui-même qui relate l’anecdote dans « Mémoires d’un révolutionnaire tranquille » publié chez Boréal en 2005.

Castonguay s’était dit contrarié que Lévesque fasse campagne pour Louise Beaudoin qui briguait les suffrages lors d’une élection partielle dans un événement commandité par La Laurentienne.

La réaction de Lévesque était pourtant bien légitime. Claude Castonguay faisait partie de cette élite nationaliste québécoise qui a tourné le dos au Parti Québécois après avoir obtenu des avantages des milieux d’affaires canadiens-anglais à la faveur de la montée du mouvement souverainiste.

Claude Castonguay avait signé en juin 1977 avec 325 autres personnes une lettre adressée à René Lévesque et à Camille Laurin affirmant que le projet de loi 101 allait trop loin et qu’il aurait de graves répercussions sur le développement économique du Québec.

Cette dénonciation de l’exode des sièges sociaux de Montréal vers Toronto était bien hypocrite de la part des milieux d’affaires francophones qui allaient en profiter pour occuper l’espace laissé vacant. D’ailleurs, le même Castonguay raconte avec un délice non dissimulé l’établissement en 1987 du siège social de la Laurentienne en face de l’édifice de la Sun Life.

Un parcours caractéristique

Le parcours de Claude Castonguay est caractéristique de la trajectoire de la bourgeoisie québécoise au cours des années 1960 et 1970. Un des tout premiers actuaires québécois, il se joint à deux petites compagnies d’assurances québécoises, l’Industrielle et la Laurentienne. En 1957, le financier Jean-Louis Lévesque lui offre la direction de la branche d’assurance sur la vie de la Prévoyance.

Castonguay reconnaît qu’à cette époque, les compagnies d’assurances québécoises « faisaient figure de naines face aux nombreuses sociétés canadiennes et américaines actives dans notre marché ». Elles « embauchaient, écrit-il, plusieurs des agents et courtiers francophones les plus compétents, lesquels contribuaient à maintenir l’emprise de ces sociétés sur le marché québécois des assurances ».

« J’avais du mal, poursuit-il, à accepter le comportement de certains de ces individus qui, à cause de la petite taille de notre compagnie, nous considéraient comme inférieurs et ne se gênaient pas pour nous dénigrer auprès de leurs clients. C’est au cours de ces années que j’ai conçu un profond désir non seulement de réussir sur le plan professionnel, mais surtout de contribuer chaque fois que l’occasion se présenterait, à notre développement et à notre affranchissement collectifs. »

On s’émancipe de la tutelle étrangère avec l’aide d’Hydro-Québec

En 1962, il forme avec son collègue Pierre Lemay le premier cabinet de conseillers en actuariat. Mais, incapable de trouver une source de crédit local à cause de la faiblesse des institutions financières québécoises, il se résout « à céder, en retour d’une marge de crédit limitée, la moitié de la propriété de notre cabinet à une grande firme américaine de courtage en assurances ».

Quelques années plus tard, ils rachètent « à coût exorbitant », avoue-t-il, la pleine propriété de son cabinet. Ce rachat fut rendu possible par l’intervention de l’État québécois. Son associé Pierre Lemay décrochera un important contrat d’Hydro-Québec, soit d’intégrer tous les régimes de retraite et d’assurance collective des employés des compagnies nationalisées.

En 1966, Claude Castonguay se verra confier la co-présidence de la Commission royale d’enquête sur la santé et le bien-être social qui accouchera, entre autres, de notre régime d’assurance santé. Le plan proposé s’inscrivait dans la perspective du rapport Marsh en Angleterre et des politiques préconisées par le néo-démocrate canadien Tommy Douglas. Au Québec, dans un marché de l’assurance dominé par les entreprises étrangères, l’intervention de l’État faisait consensus, même parmi les milieux d’affaires québécois.

La politique, c’est pas assez payant !

En 1970, Castonguay répond à l’appel de Robert Bourassa et devient le ministre chargé de l’implantation du régime d’assurance santé. Son entrée en politique n’est sans doute pas étrangère à son mariage avec Mimi Fauteux, arrière-petite fille du premier ministre Honoré Mercier, dont le grand oncle Lomer Gouin a occupé la même fonction. L’oncle Gérard Fauteux a été juge en chef de la Cour suprême du Canada et le père a été député à Québec et à Ottawa avant de terminer sa carrière comme lieutenant-gouverneur du Québec.

Trois ans plus tard, à la surprise générale, Castonguay quitte la politique. À l’époque, on a beaucoup spéculé sur ses motifs. Les souverainistes croyaient y déceler des divergences politiques avec Robert Bourassa et un ralliement possible de l’ancien ministre à leur camp. Dans ses mémoires, Castonguay nous apprend que ses raisons étaient beaucoup plus triviales.
« Mes dépenses courantes, écrit-il, étaient plus élevées que mon salaire de ministre. »

Quand les milieux d’affaires profitent de l’essor du mouvement souverainiste

L’élection du Parti Québécois en 1976 allait provoquer un grand branle-bas économico-politique au Québec et au Canada-anglais. Pour empêcher l’élite des affaires québécoises d’apporter son appui au mouvement souverainiste, les milieux d’affaires canadiens-anglais consentirent à une série de concessions.

Claude Castonguay décrit très bien ce qui s’est passé dans le cas de La Laurentienne dont il a rejoint la direction en 1977. La Laurentienne se vit offrir par Paul Desmarais l’Imperial Life, une entreprise basée à Toronto « dont l’acquisition, reconnaît Castonguay, ferait en quelque sorte entrer La Laurentienne dans la cour des grands ». Mais le défi était de taille, car le chiffre d’affaires de l’Imperial était au moins cinq fois plus élevé que celui de La Laurentienne.

Castonguay raconte comment « Paul Desmarais avait accepté de nous rencontrer et, à notre grand soulagement, de garder sous le sceau de la confidence, les discussions qui s’amorçaient, alors qu’il aurait fort bien pu annoncer haut et fort son intention de se départir de l’Imperial Life, ce qui aurait sûrement attiré des offres plus intéressantes que la nôtre ».

Castonguay ajoute que « Desmarais me confia qu’il savait très bien qu’il aurait pu obtenir davantage, mais qu’il préférait voir l’Imperial passer entre des mains québécoises ». La Laurentienne dont l’actif était de 150 millions avala donc l’Imperial Life et son actif de 750 millions. Castonguay fut nommé au poste de président du conseil de la compagnie et à la présidence du holding créé en vue de cette acquisition.

Attaché à double tour à la cause fédéraliste

Mais ce n’était pas tout. Au début de l’année référendaire 1980, La Laurentienne acquiert de l’homme d’affaires montréalais Lorne Webster le groupe Prenor, constitué principalement des Prévoyants du Canada, assurance vie et assurances générales. Comme les affaires des Prévoyants et celles de la Laurentienne et de la Prévoyance étaient largement complémentaires, on put procéder assez rapidement à la fusion des entreprises.

« Grâce à cette transaction, écrit Castonguay, La Laurentienne voyait sa taille doubler. La Prévoyance gagna les premiers rangs des sociétés d’assurances générales au Québec et était désormais active dans toutes les provinces à l’ouest du Québec. » Avec des intérêts coast-to-coast, les dirigeants de La Laurentienne avaient maintenant un intérêt au maintien de l’unité du Canada.

C’est sans doute également pour s’assurer de la fidélité de Castonguay au fédéralisme canadien, qu’il reçoit au printemps 1978 une invitation de David Rockefeller de faire partie de la Commission Trilatérale.

Faut-il se surprendre que lors du référendum de 1980, Claude Castonguay se prononce publiquement contre la souveraineté avec l’accord des principaux actionnaires de La Laurentienne!? Et que René Lévesque l’ait traité, dès 1978, de « profiteur du milieu des affaires »?

Quand la loi Mulroney l’emporte sur la loi Parizeau

En 1981, on assiste à la création de la Corporation du Groupe La Laurentienne. En novembre 1982, Claude Castonguay s’en voit confier l’entière direction. La Laurentienne avait alors besoin de lever des capitaux pour assurer sa croissance, mais faisait face à un obstacle de taille puisque la loi sur les assurances ne permettait pas à une mutuelle d’assurance de créer un holding.

Castonguay rappelle qu’il obtint alors du ministre des Finances du Québec, Jacques Parizeau, l’adoption d’une loi permettant la création d’un holding québécois regroupant sous un même chapeau un ensemble de services financiers qui donnerait à La Laurentienne une longueur d’avance sur les compagnies d’assurance à charte fédérale.

La prise de contrôle de la Banque d’Épargne

Mais les appétits de La Laurentienne et de Castonguay ne s’arrêtent pas là. Ils élaborent le projet de prendre le contrôle de la Banque d’Épargne de la Cité et du District de Montréal.

Déjà en 1977, le Mouvement Desjardins avait tenté d’opérer une fusion entre la Banque d’Épargne dont elle détenait 12% du capital-actions et la Banque Provinciale qu’elle contrôlait à 25%. Jacques Parizeau avait salué l’initiative en déclarant : « Il ne serait pas mauvais de regrouper les avoirs fermes des Québécois ».

Cela avait provoqué une violente et rapide contre-offensive menée tambour battant par la Banque Royale et sa quasi-filiale la Banque Canadienne-Nationale. En une seule journée, des blocs entiers d’actions avaient changé de mains, provoquant la réorganisation complète de l’organigramme de la Banque d’Épargne de façon à empêcher sa prise de contrôle par le Mouvement Desjardins.

Au cours des années 1980, La Laurentienne est devenue le principal actionnaire de la Banque d’Épargne. Elle en détenait en propre un bloc de 10% de ses actions, un autre 10% obtenu lors de la transaction avec Lorne Webster de Prenor et, enfin, un bloc de 20% avec deux autres actionnaires, Marc Bourgie et Antoine Turmel président de Provigo, qui détenaient chacun un bloc représentant 10%.

La loi Parizeau, c’est bien ! Mais la loi Mulroney, c’est mieux !

Le surintendant des banques à Ottawa voulut bloquer cette prise de contrôle en rappelant que la loi sur les banques ne permettait pas à un actionnaire de détenir plus de 10% des actions.

Cependant, les dirigeants de La Laurentienne lui firent remarquer que, si la Loi sur les banques d’épargne stipulait qu’un actionnaire ne pouvait disposer de plus de 10% des votes, elle ne restreignait pas, contrairement à la Loi sur les banques à charte, le nombre d’actions que pouvait détenir un même actionnaire. Mais le gouvernement libéral ne voulait rien savoir.

La situation changea du tout au tout avec l’arrivée des conservateurs de Brian Mulroney au pouvoir à la faveur, rappelons-le, du « beau risque » de René Lévesque. La loi fut rapidement modifiée et dès le lendemain de son adoption, relate Castonguay, « nous prenions le contrôle de la banque qui devint la Banque Laurentienne du Canada ».

Faut-il se surprendre que Claude Castonguay ait appuyé l’entente du Lac Meech et l’Accord de Charlottetown ? Faut-il s’étonner qu’il se montre dans ses mémoires très critique à l’égard de Pierre Trudeau et de Jean Chrétien et qu’il considère que Mulroney – qui l’a nommé sénateur –« a été un grand Premier ministre »!?

Réécrire l’assurance santé à la lumière du jugement Chaoulli

Après avoir bouffé l’Imperial Life et la Banque d’Épargne, Claude Castonguay et les dirigeants de La Laurentienne avaient de grandes ambitions internationales et voulaient entre autres s’implanter sur le marché américain.

Dans ses mémoires, Claude Castonguay raconte la mésaventure de La Laurentienne dans sa tentative de prendre le contrôle d’une compagnie d’assurance dont le siège social était situé à Wilmington au Delaware.

Une séance publique fut convoquée, conformément aux lois de l’État, pour l’étude du projet par le commissaire aux assurances qui est, aux États-Unis, un fonctionnaire élu. Avant la comparution, « un digne monsieur nous approcha », relate Castonguay, qui se présenta comme représentant de la puissante famille Dupont, dont le siège social est à Wilmington.

« Il nous annonça en termes plutôt directs, poursuit Castonguay, que les Dupont n’accepteraient jamais que la seule compagnie d’assurance vie de Wilmington passe sous contrôle étranger » tout en soulignant que le commissaire aux assurances, qui devait songer à sa réélection, était bien au fait de cette réalité. « Presque au même moment, le commissaire informait les personnes présentes que, comme par hasard, l’audience était reportée à une date indéterminée », de conclure un Castonguay qui venait de goûter au double discours des Américains sur le libre-échange.

Quand on se fait « planter » dans sa propre cour

Les avancées de La Laurentienne sur la scène internationale furent somme toutes modestes. Bien plus, sur la scène locale, les compagnies d’assurance du groupe – qui détenaient d’importants investissements dans l’immobilier – furent incapables de faire face au krach immobilier des années 1990. Elles n’eurent d’autre choix que de « fusionner » avec le Mouvement Desjardins pour le plus grand déplaisir de Castonguay qui voyait ainsi s’écrouler le travail de plus quinze années.

Aujourd’hui, les compagnies d’assurances québécoises n’ont plus comme objectif principal sur le marché local de prendre la place d’institutions étrangères comme c’était le cas au cours des années 1960 et 1970. C’est en grande partie fait. Elles cohabitent entre autres avec la Great-West et la London Life de Paul Desmarais, celui-là même qui leur est venu en aide au cours des années 1970. Elles n’expriment plus non plus les mêmes ambitions internationales qu’au cours des années 1980. La « balloune » s’est dégonflée.

Désormais, leur cible est le système public qui leur apparaît comme leur principal « concurrent » et elles s’emploient à le démanteler.

Dans ce contexte, il ne faut pas se surprendre de voir Claude Castonguay saluer le jugement Chaoulli de la Cour suprême du Canada et essayer d’en élargir la portée. Le jugement Chaoulli remet en cause l’interdiction d’un système privé parallèle dont Castonguay rappelle pourtant que « c’est moi qui ai fait introduire cette prohibition en 1970 alors que j’étais ministre de la Santé » !!!

Castonguay souligne que « la possibilité de souscrire à une assurance privée implique nécessairement l’accès à des services privées qui, à toutes fins utiles, n’existent pas aujourd’hui ». Le jugement Chaoulli permet, selon son interprétation, l’injection de ressources financières pour la création de cliniques privées, d’hôpitaux et d’autres ressources. « Le jugement autorise même, écrit-il, l’utilisation par le privé des ressources du système public, comme les blocs opératoires au-delà des heures régulières. »

Autrement dit, le secteur privé québécois, qui n’aurait pu grandir sans l’appui du secteur public, s’apprête aujourd’hui à le cannibaliser avec la bénédiction de celui qui l’a créé !




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