Le Franc CFA: piller l’Afrique sans laisser de traces.

7 03 2008

repris de OCNUS:

Par Dr. Gary K. Busch 22/2/08

L’une des influences les plus importantes dans la vie économique et politique des Etats africains qui étaient des colonies françaises dans le passé c’est l’impact d’une monnaie commune ; le Franc de la Communauté Financière de l’Afrique (« CFA »). Il y a en effet deux francs CFA distincts en circulation. Le premier est celui de l’Union Economique et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMAO) qui comprend huit pays Ouest Africains ( Bénin, Burkina Faso, Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal et Togo). Le deuxième c’est celui de la Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC) qui comprend six pays d’Afrique Centrale (Cameroun, République Centrafricaine, Tchad, Congo-Brazzaville, Guinée-Équatoriale et Gabon), cette division correspond à l’AOF (Afrique Occidentale Française) pré-coloniale et AEF(Afrique Equatoriale Française), avec l’exception que la Guinée-Bissau était une colonie portugaise et la Guinée Equatoriale une colonie Espagnole dans le passé.

Chacun de ces deux groupes produit son propre franc CFA. Le franc CFA de l’UEMAO est produit par la BCEAO( Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et le franc CFA de la CEMAC est produit par la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale). Ces monnaies étaient estimées à 100 F CFA pour chaque franc Français, mais après que la France a rejoint la zone Euro de la Communauté Européenne à un taux fixe de 6,65957 francs Français pour un Euro, le taux du CFA par rapport à l’Euro fut fixé à 665, 957 F CFA pour chaque Euro, maintenant le ratio de 100 pour 1. Il est important de noter que c’est la responsabilité de la Trésorerie Française de garantir la convertibilité du Franc CFA à l’Euro.

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La politique monétaire gouvernant une agrégation aussi diverses de pays est simplifiée parce qu’elle est en fait opérée par la Trésorerie Française, avec aucune aux autorités fiscales centrales ni de l’UEMAO, ni de la BEAC. Sous les termes d’accord qui mirent sur pieds ces banques et la CFA, la Banque Centrale de chaque pays est obligée de maintenir au moins 65% de ses réserves d’échanges étrangers dans une « compte d’opérations » tenu par la Trésorerie Française, de même que 20% en plus pour couvrir d’autres obligations financières.

Les banques centrales de la CFA imposent aussi un CAP sur les crédits étendus à chacun des Etats membres équivalent à 20% des revenus publiques de ce pays au cours de l’année précédente. Bien que la BEAC et la BCEAO aient des facilités de découvert avec la Trésorerie Française, les DRAWDOWNS sur ces facilités de découverts sont sujets au consentement de la Trésorerie Française. Le dernier mot c’est celui de la Trésorerie française qui a investi les réserves étrangères des pays africains en son propre nom à la Bourse de Paris.

En un mot, plus de 80% des réserves étrangères de ces pays africains sont déposées dans les « comptes d’opérations » contrôlés par la Trésorerie française. Les deux banques CFA sont africaines de nom, mais ne possèdent pas de politiques monétaires propres à elles. Les pays eux-mêmes ignorent, il ne leur est même dit, quel pourcentage de la cagnotte de leurs réserves étrangères tenues par les la Trésorerie Française leur appartient en tant que groupe ou individuellement. Les gains de l’investissement de ces fonds dans la cagnotte de la Trésorerie Française sont supposés être ajoutés à la cagnotte, mais aucune comptabilité d’aucun de ces changes n’est adressée ni aux banques, ni aux pays. Le cercle limité des hauts cadres de la Trésorerie Française qui ont connaissance des montants des « comptes d’opérations » où ces fonds sont investis ; qui savent s’il y a des bénéfices sur ces investissements ; ont la prohibition de ne livrer aucune de ces informations aux banques CFA ou aux banques centrales des Etats africains.

Cela rend impossible pour les Etats Africains de réguler leur propre politique monétaire. Les pays les plus inefficaces et les plus gaspilleurs sont capables d’employer les réserves étrangères des pays plus prudents sans aucune intervention significative des pays les plus riches et couronnés de succès. Le fait que, pendant que le PIB français grandit et que la parité de l’Euro face au dollar (principale monnaie du commerce international) apprécie, il y a le danger constant que le franc CFA pourrait être fixé à un taux d’échange très élevé. Ceci freine la croissance dans le commerce entre l’Afrique et le reste du monde et permet aux autres pays, spécialement en Asie, d’employer leurs taux d’échange plus flexibles pour gagner des parts de marché, supplantant l’Afrique.

La création et le maintien de la domination Française des économies de l’Afrique francophone sont le produit d’une longue période de colonisation française et la dépendance apprise des Etats africains. Pour la majeure partie de l’Afrique francophone, leurs banques centrales n’ont que des pouvoirs limités. Il y a des économies dont la vulnérabilité face à une économie de plus en plus globalisée s’accroît de jour en jour. Il ne peut y avoir de politique de commerce sans référence aux réserves. Les politiciens et les partis élus pour promouvoir la croissance, la réforme, les changements dans le commerce et les politiques fiscales sont relégués au second plan à moins qu’il n y ait l’approbation de la Trésorerie Française qui rationne leurs fonds. Il y en a plusieurs qui objectent à la continuation de ce système. Le Président Abdoulaye Wade du Sénégal a déclaré ceci très clairement : « L’argent du peuple africain bloqué en France doit être rapatrié en Afrique afin de profiter aux économies des Etats de la BCEAO. L’on ne peut pas avoir des milliards de milliards placés dans les marchés bousiers étrangers et en même temps dire qu’on est pauvre, et aller ensuite quémander de l’argent »

Comment Cela est-il Arrivé ?

Ce système de dépendance est une résultante directe des politiques coloniales du gouvernement français. Dans la période immédiate après-guerre, après la signature des accords de Bretton Woods en juillet 1944, l’économie Française avait besoin de se relever de toute urgence. Pour l’aider dans ce processus, elle créa le franc CFA au sein de ses colonies d’Afrique afin de garantir un marché captif pour ses produits. La décision principale qui découla des accords de Bretton Woods c’était l’abandon des Standards de l’Or. En un mot, le nouveau système donnait une place dominante au dollar. Les autres monnaies virent leur taux d’échange être indexé au dollar. Les réserves des banques centrales Européennes en ce temps là étaient constituées de monnaies à valeur douteuses d’après-guerre qui avaient été dévalorisées des fluctuations de la monnaie. Pour cette raison, la France avait besoin des monnaies de ses colonies pour soutenir sa compétitivité avec ses rivaux Américains et Britanniques. De Gaulle et Pierre Mendès, son principal conseillé économique, rencontrèrent des dirigeants africains et développèrent un pacte colonial qui garantirait que ceci dans un traité (avec des clauses publiques et des clauses secrètes). Le génie derrière tout cela c’était Jacques Foccart, le « Mister Africa » Français.

La décolonisation au Sud du Sahara ne se fit pas comme De Gaulle l’avait prévu. Il aurait voulu une Communauté Franco-Africaine qui interrompit l’indépendance totale. Mais lorsque la guinée de Sékou Touré vota « non » au référendum de 1958 concernant cette Communauté, l’idée fut effectivement morte. La Guinée fut propulsée dans les ténèbres à cause de sa décision et un semblant de Communauté fut mise sur pieds, mais l’appel à l’indépendance totale se montra difficile à résister.

Sans y être vraiment préparé, en 1960, De Gaulle avait à improviser des structures pour une collection de petits Etats nouvellement indépendants, chacun avec un drapeau, un hymne et un siège aux Nations Unies, mais souvent avec de petits atouts précieux. C’est à ce niveau que Foccart eut à jouer un rôle essentiel, celui d’un architecte d’une série d’accords de Coopération avec chacun des nouveaux Etats dans les secteurs des finances et de l’Economie, de la culture et l’éducation, et de l’armée. Il y avait onze pays impliqués à l’origine : Mauritanie, Sénégal, Côte d’Ivoire, Dahomey (actuel Bénin), Haute Volta(actuel Burkina Faso), Niger, Tchad, Gabon, République Centrafricaine, Congo-Brazzaville et Madagascar. Le Togo et le Cameroun, anciens Territoires Administratifs des Nations Unies, furent aussi co-optés dans le club. Ainsi furent aussi, plus tard le Mali et les anciens territoires Belges (Rwanda-Urundi, actuel Rwanda et Burundi, et le Congo-Kinshasa), quelques-unes des ex-territoires portugais, ainsi que les Iles Comores et le Djibouti, qui avaient aussi été sous la domination française pendant plusieurs années mais devinrent indépendants dans les années 1970. Tout cet ensemble fut placé sous un nouveau Ministère de la Coopération, créé en 1961, séparé du Ministère des Affaires des Départements et Territoires d’Outre-mer (connus sous le DOM-TOM) qui les administraient tous auparavant.

La clé de tout ceci était l’accord signé entre la France et ses colonies nouvellement libérées d’Afrique qui embrigadèrent ces colonies dans l’étreinte économique et militaire de la France. Ce pacte colonial non seulement créa l’institution du franc CFA, mais aussi, il créa un mécanisme légal sous lequel la France obtint une place de choix dans la vie économique et politique de ses colonies.

Les accords du Pacte Colonial garantirent une préférence spéciale à la France dans les processus politiques, commerciaux et de la défense dans les pays Africains. Au niveau de la défense, il accepta deux sortes de contact continuel. Le premier était l’accord militaire ouvert sur la coopération militaire ou les accords d’Aide Militaire Technique (AMT), qui n’étaient pas légalement contraignantes, et pouvaient être suspendus selon les circonstances. Ils couvraient l’Education, la formation des soldats et des forces de sécurité Africaines. Le second type, secret et contraignant, consistait en des accords de défense supervisés et conduits par le Ministère de la Défense Français, qui servait de base légale pour des interventions Françaises. Ces accords permirent à la France d’avoir des troupes pré-déployées en Afrique ; en d’autres termes, des Unités de l’armée française présentes de façon permanente sur une base rotative dans des bases et des camps militaires en Afrique, entièrement gérées par les Français.

Selon l’Annexe II de l’accord de Défense signés entre les gouvernements de la République Française, de la République de Côte d’Ivoire, de la République de Dahomey et de la République du Niger le 24 Avril 1961, la France a la priorité dans l’acquisition de ces « matières premières classés comme stratégiques ». En effet, selon l’article 2 de l’accord, ‘la République Française informe régulièrement la République de Côte d’Ivoire ( et les deux autres) de la politique qu’elle compte adopter concernant les matières premières et les produits, en tenant compte des besoins généraux de la défense, de l’évolution des ressources et la situation du marché mondial ».

Selon l’article 3, « la République de Côte d’Ivoire (et les deux autres) informent la République Française des politiques qu’ils comptent suivre concernant les matières premières stratégiques et les produits, et les mesures qu’ils se proposent d’adopter afin d’appliquer ces politiques. » et pour conclure, l’article 5 :
« Concernant ces même produits, la République de Côte d’Ivoire (et les deux autres), pour les besoins de la défense, les réserve en priorité pour la vente à la République de France, après avoir satisfait aux besoins de la consommation interne, et ils importeront ce dont ils ont besoin prioritairement de la France. » la réciprocité entre les signataires n’était pas une négociation d’égal à égal, mais elle reflétait la dominance de la puissance coloniale qui avait, dans le cas de ces pays, une « indépendance » organisée quelques mois avant ( en Août 1960).

En résumé, le pacte colonial maintenait le contrôle de la France sur les économies des Etats Africains ; il prit possession des réserves de monnaie étrangères ; il contrôla les matières premières stratégiques de pays, il posta des troupes dans le pays avec le droit de libre circulation ; il exigea que tous les équipements militaires soient acquis de la France ; il prit en charge la formation de l’armée et de la police, il exigea que les hommes d’affaire français soient autorisés à avoir le monopole des entreprises dans des secteurs clés (Eau, Electricité, Ports, Transports, Energies, etc.). La France non seulement imposa des restrictions sur les importations de quantités de produits en dehors de la zone franc, mais aussi elle imposa des quantités minima d’importations de la France. Ces traités sont encore en vigueur et opérationnels.

La création d’un tel système n’était pas le produit de l’Assemblé Nationale Française ou le résultat d’aucun processus démocratique. C’était la résultante des politiques guidées par un groupuscule dans le bureau du Président, la « Cellule Africain », initialement présidée par Foccart. Pendant le demi-siècle passé, le puissante et secrète « Cellule Africaine » a surveillé les intérêts stratégiques de la France en Afrique, gouvernant sur un grand andain d’anciennes colonies françaises. Agissant comme une commande générale, la cellule utilise l’armée Française comme un marteau pour installer des gouvernants qu’elle estime conciliantes avec les intérêts français. En retour, ces pays donnent à des industries Françaises la primeur sur leur pétrole et d’autres ressources naturelles. Mettant à l’écart des canaux diplomatiques traditionnels, la cellule ne fait des rapports qu’à une personne : Le Président. Les liens serrés de la cellule au géant du pétrole Elf Aquitaine, dont les dirigeants furent emprisonnés pour corruption, était une source d’embarras. Et un ancien chef de la cellule a été condamné suite à des accusations de trafique d’armes en Angola. Ces problèmes politiques hautement controversés ne furent jamais soulevés avant aucunes des structures démocratiquement élues de la France. La politique africaine est le domaine privé du bureau du Président.

Cela était vrai de De Gaulle, Mittérand, Giscard d’Estaing et Chirac. Sarkozy n’a apparemment pas de contacts ou d’ambitions dans ce domaine et a laissé la Cellule de Chirac en place.

L’Impact du Pacte Colonial

Certaines des conséquences pour les pays africains de la continuation de la dépendance sont évidentes—manque de compétition ; dépendance de l’Economie française ; dépendance de l’Armée Française ; et la politique porte- ouverte pour les entreprises privées françaises. Cependant, il y a des différences subtiles qui ressortent.

Les compagnies Françaises en Afrique francophone, en vertu de leur statut oligarchique ou de monopole, contribuent pour une part substantielle au PIB de ces pays. De façon plus importante, ils sont très souvent le seul groupe de gros payeurs d’impôts. Dans plusieurs de ces pays, les compagnies françaises paient plus de 50% des impôts sur le revenu national recueillis. Cela leur donne un statut unique. Assez fréquemment, les français disent que sans les compagnies françaises, l’économie des pays africains s’effondrerait. Couplé avec l’incapacité d’accès à ses propres ressources naturelles pour un pays, cela est vrai sans l’ombre d’un doute. Cependant, il ne s’en suit pas que des compagnies privées d’autres pays comme les USA et la Chine ne pourraient pas contribuer également. C’est l’une des raisons pour lesquelles les Français sont si inquiets concernant l’ouverture à la compétition sur le marché.

Un autre aspect c’est l’incapacité pour les pays francophones à collecter les impôts des citoyens ordinaires. Dans un pays comme la Côte d’Ivoire qui a été divisé pendant un certain nombre d’années entre le Nord rebelle et le Sud loyaliste, la collecte des impôts dans les régions rebelles a été impossible. Les rebelles se sont engraissés avec les taxes et les frais imposés à leurs populations captives, ainsi que de la vente des biens volés de leurs régions. Ils ne veulent pas déposer les armes parce que cela aura un effet économique néfaste sur eux, pas uniquement politique.

Le manque d’une force citoyenne qui paie des taxes creuse un gouffre entre le gouvernement et les citoyens ; la responsabilité mutuelle manque à l’équation. C’est le devoir de l’Assemblée Nationale de légiférer des programmes basés sur l’approvisionnement de l’Etat en revenus, mais s’il y a des revenus insuffisants, l’Assemblée Nationale est frustrée dans son rôle. Si 80% des fonds vont en France en tant que contribution au projet CFA, il ne reste que très peu pour que les ministres et l’Assemblée Nationale les affectent aux projets sociaux.

Dans plusieurs pays francophones, souffrant dans des conditions de sécheresse, de manque de nourriture ; manque de soins de santé ; il n y a que l’ « Aide3 française aux trésors nationaux qui les soutiennent. Cette « aide » est très souvent leur propre argent que les Français ont acheminé jusqu’à eux.

Il y en a plusieurs en Afrique qui ont vu et compris le problème du franc CFA et le Pacte Colonial ; Mamadou Koulibaly, le Président de l’Assemblée Nationale de la Côte d’Ivoire a été un critique remarquable du Pacte Colonial et la dominance du franc CFA. Il a écrit un livre excellent sur le sujet et donne des conférences et des interviews sur ce sujet régulièrement. Le problème est que très peu comprennent l’iniquité fondamentale de ce système français ; y compris beaucoup d’africains.

Si les nations africaines veulent assurer leur croissance, et prendre part pleinement aux opportunités de la globalisation, elles doivent être libérées des fers de cet albatros colonial. Afin d’attirer d’autres investissements directs dans les économies, par opposition à juste un portefeuille d’investissement, cette situation doit changer. Dans les termes du Président Koulibaly, « En Afrique, nous n’avons pas besoin des armes, nos problèmes ne sont pas dus au manque d’argent. Ma conviction est que nous devons premièrement déclarer clairement nos droits d’appartenance sur notre propre terre et aux ressources de notre sol qui furent emportées par les colons lorsqu’ils conquirent nos pays, et qui sont encore emportés à travers le Pacte Colonial ».

Source:Ocnus.net 2007



Film de la semaine: Crimes économiques dans les Grands Lacs Africains

24 11 2007


Notes:

  • Gécamine est la plus grosse société minière d’État du Congo
  • La MIBA est la société minière d’État du Congo pour le diamant
  • Phelps Dodge est une filière de Freeport-McMoran Copper and Gold
  • Sengamine est détenue à 85% par First African Diamonds Ltd qui a, par la suite, changé son nom en Entreprise Minière du Kasaï-Oriental SARL ou EMIKOR, c’est une société appartenant à Mike Nunn (anciennement chez De Beers) qui détient aussi Afgem, Amari Holdings, Xceldiam et Tanzanite One.

Voici des explications de Congolite:

Mines : des milliards de boni pour le « quatrième pillage »

25 juillet 2006 – Au lendemain de la ratification par le gouvernement de Transition du contrat controversé de Kinross Forrest Limited (KFL) sur les riches installations de la Gécamines à Kamoto, George Forrest prit l’ avion pour le Canada. Il avait créé spécialement KFL, basée aux Iles Vierges Britanniques pour négocier en montrant comme partenaire principal la Kinross Gold où oeuvrait Arthur Ditto. Il se produisit alors une chose extraordinaire. Kinross Gold ne fit pas état de cet important contrat, mais la firme aurait découvert subitement que le projet minier congolais portait sur le cuivre et le cobalt et lui était incompatible parce qu’elle était spécialisée dans l’or. Instantanément, KFL fut revendue à Balloch Resources, une minuscule société d’exploration minière qui avait l’avantage d’être cotée à la bourse de Toronto. Balloch changera son nom en Katanga Mining Limited (KML) et remplacera complètement Kinross Forrest Limited comme partenaire de la Gecamines dans la joint venture Kamoto Copper Company (KCC). Le titre en bourse de KML se mit à grimper vertigineusement, et il fut décidé d’allouer à KFL le bénéfice de 570 millions de dollars en représentation de la valeur de KFL dans le projet de KCC.Cette transaction a été achevée au moment de la remise et reprise des mines et installations par la Gécamines. Indication : les nouveaux investisseurs, ou « mining jackers », n’ arrachent pas uniquement des contrats déséquilibrés qui leur assurent jusqu’à 75 % de bénéfices plantureux sur des dizaines d’années, une situation que Colette Braeckman a qualifiée de « troisième pillage ». Ces affairistes réalisent de plantureux profits immédiats en boursicotant leur portefeuille garni presque exclusivement par les apports gratuits de la Gécamines ou de la Miba. Ceci est clairement illustré par la similitude des courbes des cotations en bourse des sociétés qui n’ont même pas encore commencé à opérer sur le terrain. Il y a même des OPA hostiles. Il existait des soupçons sur les intentions réelles du « mining jacking », voilà que les chartes boursières et le volume des transactions financières dévoilent cette course à la spéculation et à l’enrichissement. Ce qui est bonifié, c’est la perspective de la bonne affaire et le gouffre abyssal entre la dépense d’investissement et la rémunération exceptionnelle. Tout se passe comme si le Congo était comme un vulgaire tableau ramassé à bas prix au marché aux puces pour être revendu dans les galeries d’art à sa véritable valeur d’une toile de maître. Le Congo est l’ objet d’ un capitalisme sauvage et victime consentante d’un « quatrième pillage ».

Katanga Mining Limited

Le « premier pillage » avait été réalisé sous Mobutu. Monsieur Robert Crem l’a évoqué en ces termes : « j’ estime que le préjudice subi par la GECAMINES, de 1967 à 1984, s’ est chiffré entre 3 et 4 milliards de dollars américains au profit des sociétés du groupe de la Société Générale de Belgique et entre 4 et 5 milliards de dollars américains prélevés par le Pouvoir, par toutes sortes de ponctions et de commissions occultes. En un mot, le groupe SGB et le Pouvoir s’ étaient partagés la « bête »!!! un terme utilisé par un administrateur belge ». En février 1990, Mobutu et la bande à Kengo Wa Ndondo s’ emparèrent de 500 millions de dollars américains des réserves financières de la Gécamines en échange de la démocratisation.

Anvil Mining Limited

Le « second pillage » a été l’oeuvre de Laurent Désiré Kabila qui inaugura le système de rémunération des factures et primes de guerre en ressources naturelles et autres formes de richesses. Il a littéralement vendu le pays et pavé le chemin pour le Rwanda, l’Ouganda et toutes les hordes de pilleurs qui ont déferlé sur le pays depuis 1997. C’ est sur ce second pillage que le Panel de l’ ONU s’était penché. Le rapport de 2002 en a fait une évaluation en ces termes : « le réseau d’élite congolais et zimbabwéen ayant des intérêts politiques, militaires et commerciaux cherche à garder la mainmise sur les principales ressources naturelles– les diamants, le cobalt, le cuivre et le germanium – se trouvant dans la zone tenue par le Gouvernement. Au cours des trois dernières années, ce réseau a transféré des actifs représentant au moins 5 milliards de dollars du secteur minier public à des entreprises privées qu’il contrôle, sans verser aucune indemnité ni prestation au Trésor public de la République Démocratique du Congo ».

Rubicon Minerals

Le « troisième pillage », dénoncé notamment par les ONG et Le Monde Diplomatique, a porté sur les nouveaux contrats signés à la hâte en cours de période de Transition. Ces conventions ont engagé les avoirs miniers de la Miba (diamant) et de la Gécamines (cuivre, cobalt, cassitérite, germanium, zinc, etc.). Rien qu’à la Gécamines, on a bradé 55 % de ses gisements à Kolwezi (Kamoto, Kov, Dima, Dikuluwe, Ruwe, etc.) valant 176 milliards de dollars, ses 31 % à Tenke et Fungurume pour la valeur de 95 milliards, sans oublier des joyaux importants du restant de se 14 % des mines à Likasi, Lubumbashi et Kipushi et évalués à 44 milliards de dollars américains. A ces réserves minérales, qui auraient dû être négociées pour 300 milliards de dollars, s’ajoutent les valeurs des installations industrielles, des infrastructures, fonds de commerce technique, etc. L’ addition est lourde. Le  » troisième pillage » est profond et fondamental.

Nikanor

Côté congolais, les « mining jackers », ou prétendus investisseurs et arracheurs de contrats, ont soutenu que Miba et Gécamines n’avaient pas d’ argent. Mais ils ont avoué qu’ ils en étaient également dépourvu, en promettant qu’ ils rechercheraient les fonds nécessaires. L’ incapacité financière des Miba et Gécamines était momentanée, car il aurait suffi d’une meilleure gestion pour réaliser des auto-financements ou emprunter auprès de Bailleurs de fonds des capitaux modestes qui se remboursent en moins de cinq années. De plus, les partenaires étrangers ont soutenu que les gisements non exploités n’ ont aucune valeur négociable, ce qui a convaincu les autorités de la Transition à les remettre quasi gratuitement. Les mêmes ont aussitôt étalé ces mêmes ressources minières pour obtenir et garantir des prêts, attirer des acheteurs de leurs droits d’ exploitation et encaisser des plus values colossales. Ce faisant, ils ont bel et bien négocié à l’extérieur les valeurs minérales congolaises. Car ce sont TOUS les bénéficiaires des contrats qui les ont immédiatement revendus. Et de bien entendu, ces cessions des valeurs congolaises n’ ont pas été gratuites. Mais ni Miba, ni Gécamines propriétaires des avoirs négociés n’ont encaissé un penny.

Adastra Minerals

La zimbabwéenne Oryx Natural Resources, agissant par sa filiale African Mining Investment Ltd. (AMIL), a revendu ses 80 % dans la Sengamines au Sud-Africain Mike Nunn, à travers First African Diamonds Ltd. Depuis, Sengamines est devenue « EMIKOR » (Entreprise Minière de Kasai Oriental SARL). La Miba qui avait été dépouillée de la concession kimberlitique n’ a rien touché de la revente de sa concession de 800 KM2 et que Oryx avait évaluée à 2 milliards de dollars US. Deux autres zimbabwéens ont revendu leurs acquisitions congolaises gratuites. 64 % de Shaford Capital de Billy Rautenbach ont été vendus à CAMEC (Central African Mining & Exploration Company) pour 80 millions de dollars au nez et à la barbe de la Gécamines partenaire à 20 % dans Boss Mining. Tremalt Limited de John Bredenkamp a été rachetée par Dan Gertler International (DGI) avec la particularité que le zimbabwéen n’ a jamais investi véritablement, tandis que la Gécamines maintenue à 20 % dans Kababankola Mining Company n’a même jamais touché de dividendes. On retrouve Dan Gertler avec 75 % dans le contrat DRC Copper Project (DCP) pour la fameuse mine KOV de la Gécalmines. Gertler a aussitôt évaluée la mine à 2 milliards de dollars américains permettant à la société NIKANOR de lever 400 millions de dollars à la bourse AIM de Londres et d’ obtenir la capitalisation boursière la plus importante avec un poids de 1,2 milliards de dollars US. La Gécamines avec ses 25 % n’ a pas bénéficié du moindre sou, alors que cette flambée des valeurs lui est due entièrement et pleinement.

Lundin Mining

Lundin Holdings Limited avait vendu à Phelps Dodge ses 55 % dans Tenke Fungurume Mining (TFM) en empochant une valeur boursière multipliée par 7. Mais, en prime, Lundin s’est vu octroyer par le gouvernement de Transition une rallonge de 24,75 % prélevés sur la participation de la Gécamines qui a été réduite de 45 à 12,5 % du capital de TFM. De la jungle des affaires a surgi Tiger Resources, associée à Orgaman de Damseaux qui a rachète les 60 % de l’ association avec la Gécamines dans la Société Minière de Kabolela et de Kipese (SMKK) et les 60 % dans SEK (Société d’ Exploitation de Kipoi). La société Demourra a vendu les 80 % de participation dans Société Minière de Kolwezi (SMK) à Anvil Mining pour la mine souterraine et à Chemaf pour la partie supérieure sans retombées sur la Gecamines, généreuse donatrice maintenue à 20 % du capital. Africo Resources Ltd a racheté 75 % de la joint venture Société d’ Exploitation des Gisements de Kalukundi (SWANMINES) ce qui a porté sa capitalisation boursière à 94.797.392 de dollars canadiens, sans rémunération pour la Gécamines qui n’ a obtenu que 25 % du capital pour 100 % des apports. De son côté First Quantum a réalisé une OPA hostile et pris le contrôle de Adastra Minerals avec 275 millions de C $ pour contrôler 87,5 % de KMT (Kingamiambo Musonoi Tailings) laissant la Gécamines sur le carreau avec 12,5 %. Le groupe Forrest a revendu à la Copper Resources Corporation ses 75 % dans la Minière de Musoshi et Kinsenda SARL (MMK), au nez et à la barde de Sodimico.

Tenke Mining

Cette liste des affaires juteuses avec le patrimoine de l’Etat reste exemplative. Mais on peut évaluer toutes ses transactions en milliards de dollars américains au cours de la dernière année de la Transition. Mais les valeurs boursières vont grimper en flèche lorsque les projets commenceront à produire et à distribuer des dividendes. Ces manipulations posent le problème philosophique et moral du capitalisme sauvage. Il y aurait des émotions, même dans les pays les plus libéraux. La France reste vigilante sur toute prise de contrôle de ses fleurons industriels par des étrangers. La bourse allemande Deutsche Börse, qui gère la place de Francfort a résisté à rejoindre Euronext (Paris, Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne) lors de leur rachat par la Bourse de New York. Même les Etats Unis ont fait de la résistance à la société Dubai Ports World qui proposait 6,8 milliards de dollars pour racheter les grands terminaux portuaires basés à New York, New Jersey, Baltimore, La Nouvelle-Orléans, Miami et Philadelphie. Au Congo-même, le capitalisme sauvage avait été placé sous contrôle par Léopold II, en soumettant les sociétés par actions à des autorisations par décrets. En 1966, Mobutu avait imposé la domiciliation au Congo des opérations d’exploitation, ce qui emportait leur domiciliation fiscale congolaise. Ainsi, les deux dirigeants autocrates et réputés prédateurs étaient de fervents nationalistes.

First Quantum Minerals

Voilà qu’au XXIème siècle, un gouvernement de Transition livre à des spéculateurs toutes les richesses minérales substantielles du pays. C’est le Congo qui est désormais à la merci des humeurs des bourses. Cela pose un problème sérieux de souveraineté dans la mesure où la maîtrise des ressources naturelles est un attribut de cette souveraineté. De plus, les  » mining jackers » confirment que les titres miniers ont de la valeur et servent de garanties pour leurs financements et profits privés. La République n’a plus de gisements ou de participations financières consistantes qui pourraient lui servir de garanties dans ses propres dossiers de financements internationaux et à long terme. La République est nue pour avoir rhabillé l’ étranger. La République reste au biberon de la communauté internationale alors qu’ au même moment des milliards de dollars sont échangés et spéculés. La Transition a lancé le « quatrième pillage » qui se porte bien. Il n’ y a encore personne pour l’ arrêter. Pas encore.

Nestor Kisenga



Les Congolaises et Congolais sont trahi(e)s de nouveau!

14 11 2007

jianada digu0zhuyiLors de la dernière campagne électorale de la RDC, l’opinion publique congolaise avait réussi à soutirer une unique promesse aux candidats imposés au Congo par les puissances impérialistes (Canada, ÉU, Europe, Australie): réviser les contrats scandaleux (dit léonins au Congo) attribuées aux compagnies minières qui ont (entre beaucoup d’autres choses) financé Laurent D. Kabila (père de l’actuel « président ») lors de sont coup d’État pour venir au pouvoir au Congo. «Élu», Joseph Kabila a en effet procédé à l’établissent d’une commission pour réviser les contrats, mais il y a quelques jours, Kabila, fidèle à ses Maîtres impérialistes et trahissant le peuple congolais de nouveau, abandonna la vraie révision. Voici des précision de Congolite:

La révisitation face à une tentative de crime presque parfait (1)

12 novembre 2007 – Alors que la Commission Gouvernementale de Révisitation des Contrats Miniers devait rendre son rapport en toute transparence, les travaux ont été clôturés dans la précipitation, et sans le concours des experts et des représentants de la Société Civile qui avaient été conviés. Par coïncidence, les trois contrats les plus décriés (TFM [Tenke Fungurume Mining], KCC [Kamoto Copper Company = Groupe George Forrest et sa filiale Katanga Mining] et DCP [DRC copper/cobalt project= Nikanor depuis acheté par Katanga Mining, projet financé par Glencore]) se sont renforcés, ce qui vide l’exercice de sa véritable substance. Par coïncidence, les décideurs des combinaisons minières décriées ont été installé à la tête d’organes politiques, ce qui constitue un obstacle à tout débat public à des réajustements équitables. Face à cette organisation, la désinformation est organisée, et même assumée par une presse muette et un public qui n’a pas soif de l’information. La boucle est presque bouclée, comme pour un crime (presque) parfait. Le pillage minier est à l’ordre du jour depuis 2000, depuis que l’ONU avait lancé le fameux Panel qui avait mis au grand jour la politique du pillage des ressources naturelles et non renouvelables et l’implication des belligérants congolais et de leurs sponsors ou alliés étrangers. Les rapports du Panel furent ensuite adoptés par le Dialogue InterCongolais de Sun City où il fut décidé que le Parlement de Transition monterait une commission ayant le pouvoir d’inspecter et de redresser tous les contrats conclus de 1996 à 2003. Ce fut la fameuse Commission Lutundula qui avait dévoilé le pillage orchestré en haut lieu et même sa poursuite sous la Transition. Mais non seulement le rapport Lutundula n’a jamais été débattu, les contrats les plus importants et, par cela même, les plus léonins, ont été conclus dans la précipitation en automne 2005. Ce fut le bradage ultime destiné à léguer à la postérité un déséquilibre évident en faveur de spéculateurs internationaux, contre, selon toute vraisemblance, des dividendes cachées en faveur des décideurs d’époque, et dirigeants d’aujourd’hui et de demain. Mais les pressions de l’opinion publique ont été telles que les deux camps des présidentiables du second tour des élections avaient fini par faire du réexamen des contrats miniers l’une de leurs rares promesses électorales.

Le gouvernement du marxiste et intransigeant Gizenga allait-il rétablir la Nation dans ses droits à la juste et meilleure rémunération de ses richesses naturelles? Il semble que non. Certes Gizenga a désigné un filleul politique comme ministre des mines, mais les observateurs ont relevé que c’est le vice-ministre issu du clan présidentiel qui dirige le ministère des mines. De même, le plan de gouvernement quinquennal et le budget 2007 n’ont jamais intégré les ressources pouvant provenir d’une meilleure gestion des richesses minérales. Gizenga n’aurait pas fait une omission dissemblable s’il avait opté pour le maintien des contrats miniers décriés. Par contre, le gouvernement issu des urnes avait la capacité de légitimer les contrats issus des régimes dits « illégitimes ». Dès lors, certains analystes craignaient que la mise sur pied d’une Commission Gouvernementale de Révisitation des Contrats Miniers ne fût qu’une astuce pour blanchir ce qui est le plus décrié. Mais à la condition qu’on éloigne le débat de la scène publique. Dans la transparence, l’énumération du standard général des contrats miniers avec la précipitation à allouer des gains abusifs et à long terme ne pourrait jamais résister à l’indignation de l’opinion publique. Partenaires extérieurs et complices au Pouvoir étaient alliés objectivement pour que la Commission fonctionne comme une sorte de blanchisserie et à guichet fermé. Cette alliance aura été facilitée par le fait que les dossiers miniers sont entre les mêmes mains, depuis toutes ces dernières années; et ceux qui avaient dribblé tour à tour le Panel de l’ONU et la Commission Lutundula détiennent toujours le pouvoir politique.

Lorsque fin 2005, il devint évident que le rapport Lutundula serait étouffé, des fuites généreuses furent organisées, et le document se retrouva sur Internet. Les responsables politiques se réfugièrent derrière l’absence de validité d’un document qui n’ avait pas connu de publication officielle. Mais aucune autorité n’avait jamais mis en cause les constats et les conclusions des commissaires. En 2007, plusieurs verrous avaient été mis en place pour encadrer la Commission de Révisitation meublée de fonctionnaires méprisés que l’on a même tenté d’encadrer avec une maison suisse qui avait représenté les intérêts étrangers dans les mêmes contrats. La pourriture du dossier aurait été telle que tous les verrous de sécurité auraient sauté. Les nouveaux commissaires de 2007 n’ont retenu aucun contrat. Autrement dit, tous les contrats ont été rejetés, avec, en prime, des critiques acerbes et des recommandations pour en renégocier certains. Suite à des pressions pour modifier le texte, le rapport a connu des fuites organisées. Tout aussi généreusement qu’en 2005. Une fois de plus, l’autorité a dénoncé l’absence de validité d’un rapport qui n’aurait pas encore été signé. Une fois de plus, aucune autorité n’a contesté le moindre aspect récriminatoire des conclusions de la Commission de Révisitation. Il avait été aisé de bloquer le rapport parlementaire Lutundula, d’autant que l’intéressé aurait avoué une complicité objective en intégrant l’Alliance Pour la Majorité Présidentielle (AMP) dont des ONG avaient retracé le financement par les contrats miniers. En 2007, une marge de manœuvre existe encore, selon des observateurs. Toutes les sociétés impliquées, particulièrement dans le Katanga minier, réalisent des actions dites sociales pour faire croire qu’elles sont profitables aux populations. Entre un démagogue comme le gouverneur Moïse Katumbi et les contractants léonins il se crée ainsi des synergies pour la désinformation et empêcher toute relecture des contrats. L’autre piste suivie est de mettre le pays devant le fait accompli. Tel est le cas avec les contrats miniers chinois en échange de travaux d’infrastructures que personne ne rejetterait. Est-ce à dire que les dés sont pipés. La réponse serait affirmative.

Hilaire Kashala (A suivre)
______________________________________________________________

AVERTISSEMENT : De commun accord, notre groupe d’experts comprenant Hilaire Kashala, Nestor Kisenga, Philippe Mutamba, Victor Ngoy, Valérien Ngoy et Jean Kyalwe, nous avions renoncé à diffuser nos analyses sur la question minière. L’israélien Dan Gertler nous avait menacés, ainsi que les sites qui nous diffusaient, alors que les faits et toutes les sources étaient exacts. En particulier, un magazine avait estimé sa fortune personnelle à 500 millions de dollars, mais dans sa réplique Gertler avait avoué qu’il ne pesait 250 millions, qui restent excessifs et qui proviennent essentiellement de ses affaires et affinités congolaises qui lui ont servi de tremplin. Nous avions décidé d’ignorer Gertler, jusqu’au jour où l’israélien avait loué un bandeau publicitaire sur un des sites qui nous diffusaient. On a arrêté. Car l’essentiel avait été fait : nous avions montré que l’accès à l’Internet et aux dépêches boursières sont des outils indispensables. Malheureusement, il ne se trouve toujours pas de journaux ou sites congolais qui suivent cette actualité. Le sujet n’intéresse pas davantage la presse francophone internationale. Nous avons maintenant décidé d’écrire de temps à autre, chaque fois que nous sentirons un silence pesant et insultant pour notre intelligence et notre nationalisme



Rothschild: juge et partie dans le pillage du Congo

13 11 2007

repris de Congolite:

Révision des contrats miniers : les Ong congolaises accusent la Compagnie Benjamin De Rothschild d’être juge et partie

(image: logo de la Compagnie Benjamin de Rothschild)

12 juillet 2007 – Un vent favorable a fait parvenir à Congolité un mémorandum des Ong membres du Forum de la Société Civile Congolaise (FSC), dans lequel ces organisations non-gouvernementales dénoncent des conflits d’intérêts dans le processus de la revisitation des contrats miniers initiée par le gouvernement. Ces Ong accusent, entre autres, la Compagnie Benjamin De Rothschild d’être, à la fois, juge et partie. En effet, selon les Ong, « Il se dégage de l’analyse des conflits d’intérêts que la Compagnie Benjamin De Rothschild ne devrait pas en ce temps offrir ses services comme expert au gouvernement de la RDC. » Car, ces Ong ont établi un lien direct entre la Banque de Rothschild (une filiale de la Compagnie Benjamin De Rothschild) et les entreprises suivantes : Adastra (ancienne AMF); Anglo American; American Diamond Buyers [appartient aux même gens que Adastra]; Barrack Gold; De Beers; Kingamyambo Musonoi Tailings (KMT) [filière d’Adastra]; Kinross Gold [filière du Groupe Forrest]; Nikanor [depuis fusionnée avec Katanga Mining, filière du groupe Forrest]; Quantum Minerals; Phelps Dodge [appartient à Freeport]; Umicore (anciennement Union Minière). Ces entreprises en consultance financière à la Compagnie Benjamin de Rothschild « sont celles-là même qui ont le gros des contrats miniers en RDC qui nécessitent une révision en priorité dans tous les domaines : cuivre, cobalt, diamant et or. De ce fait, les Ong membres du FSC recommandent que la Compagnie de Rothschild se récuse et que l’Etat congolais décline son expertise. Par conséquent, les Ong demandent à la Compagnie de Rothschild de se récuser comme Expert. Le document dénonce aussi d’autres conflits d’intérêts. Les Ong attirent « l’attention sur le fait que les contrats les plus importants ont été signés sous l’autorité des membres du gouvernement de transition dont certains sont encore aux affaires publiques à ce jour ou représentant des entreprises privées ». « La plupart des contrats ont été signés à l’avantage d’entreprises d’origine des pays membres de l’ancien Comité international d’accompagnement de la transition (Ciat) qui n’avaient pas intégré la question de bonne gouvernance dans son mandat », rapporte le mémorandum.

MEMORANDUM DES ONG DE LA RDC ADRESSE AU MINISTRE DES MINES EN RAPPORT AVEC LE PROCESSUS DE REVISION DES CONTRATS MINIERS

1. Introduction

o Les organisations non gouvernementales (ONG) membres du Forum de la Société Civile Congolaise (FSC) vous transmettent par le présent Mémo les points saillants qui nécessitent l’attention de la commission gouvernementale de « revisitation » des contrats miniers et des informations relatives aux conflits d’intérêts dans les dossiers sous étude.

o Vous trouverez ci-dessous des préoccupations majeures, notamment celles relatives aux renseignements faisant état des conflits d’intérêts des experts internationaux et leurs liens avec des banques privées qui agissent en bourse comme consultant en techniques financières au nom de certaines entreprises minières mises en cause.

2. Justification de la révision des contrats, selon les ONG membres du Forum

o La Résolution 1803 du Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU) pose le principe de la souveraineté permanente des peuples sur leurs ressources qui servent l’intérêt communautaire. Ce principe revient également dans la Charte économique des droits et des responsabilités des Etats de 1974 qui se réfère à l’ordre économique international.

o La résolution 1756 du Conseil de Sécurité de l’ONU renouvelant le mandat de la MONUC établit le lien direct entre l’exploitation illégale des ressources naturelles par les entreprises multinationales, l’élite congolaise, l’insécurité ainsi que le trafic d’armes en RDC. Faits établis depuis 2002 par le panel d’experts de l’ONU qui rattache les intérêts des entreprises privées à la guerre déclenchée en RDC depuis 1996.

o Le 15 mai 2007, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a proposé au gouvernement de la RDC, comme solution à la consolidation de la paix dans le pays, alternative appuyée par la communauté internationale, l’extension de l’autorité de l’Etat sur tout le territoire; l’établissement du contrôle effectif sur les ressources naturelles; et l’amélioration de la gestion des ressources de la RDC.

o Le 11 juin 2007, le Ministre des mines a procédé au lancement officiel des travaux de la commission de revisitation des contrats miniers signés en grande partie en période de guerre, conformément a son arrêté n°2745/cab.min/mines/01/ du 20 avril 2007 portant mise sur pied de la commission ministérielle chargée de la « revisitation » des contrats miniers. L’esprit et la lettre de cette décision rejoignent la recommandation du Secrétaire Général des Nations Unies qui, au mois de févier 2007, proposait la communion d’efforts des secteurs public et privé pour promouvoir la sécurité, la bonne gouvernance, assurer la transparence dans les affaires et dresser un code de bonne conduite du secteur privé en RDC.

o Se référant au droit congolais, les ONG estiment que bien des contrats sont contraires aux lois et dispositions constitutionnelles sur les droits individuels collectifs. A titre d’exemple, l’article 3 du Code minier dispose que « les sites et concessions minières sont la propriété exclusive et inaliénable de l’Etat congolais », et l’article 9 de la Constitution de la RDC du 18 février 2006 rappelle la souveraineté permanente de l’Etat sur ses ressources tel qu’énoncé par la résolution 1803 du Conseil de Sécurité des Nations Unies ci-haut invoquée.

3. Préoccupations

o Les ONG membres du FSC sont préoccupées par les limites de compétence dans le chef des personnes qui ont négocié les contrats miniers pour le compte des entreprises minières congolaises. Il s’avère que la plupart des contrats en cause ont porté sur des gisements connus et documentés, mais qui n’ont pas respecté la procédure d’appel d’offre.

o Les organes des entreprises publiques appelés à les engager ont souvent outrepassé leurs pouvoirs, soit par manque d’autorisation, soit par manque d’approbation du ministère de tutelle.

o Les contrats signés ont généralement fait l’objet de beaucoup d’avenants qui les ont dénaturés par la suite.

o Concernant les partenaires privés, les ONG ont de même relevé que certains ont vendu ou cédé des titres miniers obtenus sous contrat d’amodiation. Cette pratique n’est ni autorisée ni conforme au code minier congolais et ni à celui de bonne conduite généralement accepté par les entreprises minières et bourses internationales.

o Du point de vue économique et technique, il n’y a pas eu au préalable de valorisation réelle des concessions ou gisements faisant l’objet des contrats.

o La plupart de partenaires sans moyens financiers propres n’ont pas tenu compte de la clause sociale pour les travailleurs et les populations congolaises. Ils se sont battus pour avoir la part du lion consacrant des graves inégalités au détriment de l’Etat et des entreprises congolais, privant ainsi la population de son droit de jouir des richesses de son pays, comme l’énonce les articles 53 et suivants de la Constitution de la RDC.

o Les royalties payées, toutes choses restant égales par ailleurs, ne sont pas identiques pour les partenaires. Elles sont calculées tantôt sur des recettes nettes tantôt sur des recettes brutes.

o Par conséquent, depuis la signature des dits contrats, le secteur minier n’a pas contribué à l’amélioration du PIB, des revenus à l’exportation et des recettes budgétaires de l’Etat. En sus, les entreprises minières n’ont réussi ni à relancer leurs activités, ni à réduire les dettes. Elles ont perdu la capacité de refaire leurs fonds propres et de réhabiliter l’outil de production.

4. Préoccupations spécifiques aux conflits d’intérêts

o Les ONG voudraient attirer l’attention sur le fait que les contrats les plus importants ont été signés sous l’autorité des membres du gouvernement de transition dont certains sont encore aux affaires publiques à ce jour ou représentant des entreprises privées.

o La plupart des contrats ont été signés à l’avantage d’entreprises d’origine des pays membres de l’ancien Comité International d’Accompagnement de la Transition (CIAT) qui n’avaient pas intégré la question de bonne gouvernance dans son mandat.

o En ce moment de la perspective de la révision, les ONG constatent que le gouvernement a choisi trois institutions d’experts internationaux : la Fondation OSISA, le Centre Carter et la Compagnie Benjamin de Rothschild. Des informations reçues des différentes sources et celles tirées de leurs sites respectifs, la Fondation OSISA travaille dans les pays d’Afrique australe sur des questions liées a la démocratie et Droits humains, le Centre Carter travaille pour la promotion de la paix, la lutte contre les maladies et la construction de l’espoir des peuples du monde. Cependant, la Compagnie Benjamin de Rothschild S.A. (CTBR) créée en 1989 à Genève, fait partie du Groupe LCF Rothschild appartenant à la branche Genevoise de la famille Rothschild. Elle accompagne ses clients dans la définition, la quantification et la gestion de leurs risques financiers : Taux d’intérêt (actif ou passif), Devises (flux de trésorerie et exposition du bilan), Matières Premières, Actions et autres activités financières.

o De diverses sources, les ONG du FSC ont appris que la Compagnie Benjamin de Rothschild est très liées à la banque NM Rothschild qui est parmi les grandes banques du monde. NM Rothschild et la Compagnie Benjamin Rothschild sont membres de Rothschild Holdings avec des intérêts dans Rothschild Group and Rothschild Inc. Toutes ces institutions sont propriétés de la famille Rothschild. En plus, Benjamin de Rothschild est membre du conseil d’Administration de la Rothschild Continuation Holdings (RCH).

o La banque N.M. Rothschild, a été très active aux cotés des entreprises minières en RDC a titre de consultant financier. De même qu’en 1999, la Zimbabwe’s Merchant Bank of Central Africa Limited était enregistrée comme membre du groupe dans le rapport annuel.

o Les ONG ont établi un lien direct entre la Banque de Rothschild et les entreprises suivantes : Adastra (ancienne AMF); Anglo American; American Diamond Buyers; Barrack Gold; De Beers; Kingamyambo Musonoi Tailings (KMT); Kinross Gold; Nikanor; Quantum Minerals; Phelps Dodge; Umicore (anciennement Union Minière).

Adastra/AMF/Kingamyambo/Quantum :

Adastra (anciennement AMF) est une entreprise canadienne. Elle avait recouru aux services de NM Rothschild comme consultant financier en 2006. NM Rothschild avait représentée Adastra dans les opérations d’achat/vente avec Quantum Minerals. Adastra était vendu éventuellement a 245 millions de dollars américains en cash et stock. Adastra était gérée par M. Jean-Raymond Boulle, qui devint plus tard associe dans Anglo American co-propriétaire de American Diamond Buyers avec Joseph Martin. AMF était aussi affilié à Barrack Gold avec M. Boulle.

Anglo-American :

Anglo American est reconnue comme étant la troisième grande entreprise minière opérationnelle dans le monde. Deux de ses subsidiaires opèrent en RDC, il s’agit d’Anglo Gold Ashanti et De Beers. Rothschild Inc. sert de conseiller financier a la compagnie Mondi, subsidiaire d’Anglo American. Mais aussi, l’un des hauts responsables d’Anglo American, M. Russell Edey, est Directeur adjoint de la banque NM Rothschild Corporate Finance. David de Rothschild, chef de NM Rothschild était le conseiller d’Anglo American dans l’achat de Kumba Resources, une grande entreprise minière sud Africaine.

Barrick Gold :

Barrick Gold est une entreprise minière canadienne. M. Nathaniel Rothschild est membre du Conseil d’Administration de Barrick Gold et Directeur de “Rothschild Foundation” appartenant à la famille De Rothschild.

DeBeers :

La famille Rothschild, depuis des longues années, possède toujours des grandes parts sociales dans DeBeers. Lord Rothschild était l’un des membres fondateurs de DeBeers Consolidated Mining Company en 1873.

Kinross Gold :

Rothschild Inc. était le conseiller stratégique de Kinross Gold. Kinross Forrest, l’une des entreprises accusées de forte corruption, avait fait une joint venture entre Kinross Gold <http://www.business-humanrights.org/Categories/Individualcompanies/K/KinrossGold> , George Forrest <http://www.business-humanrights.org/Categories/Individualcompanies/G/GeorgeForrest> et Tain Holdings. Elle a été acquise complètement par Katanga Mining <http://www.business-humanrights.org/Categories/Individualcompanies/K/KatangaMining> , anciennement Balloch, en juin 2006. George Forrest <http://www.business-humanrights.org/Categories/Individualcompanies/G/GeorgeForrest> est l’actionnaire majoritaire dans Katanga Mining.

Nikanor :

NM Rothschild est le conseiller financier de Nikanor, une entreprise minière opérationnelle en RDC. Nikanor possède les droits miniers sur les sites de Kananga et Tilwezembe et gère le Concentrateur de Kolwezi. La même entreprise cherche à réhabiliter KOV et construire une raffinerie de cuivre et cobalt. Nikanor est listée à la bourse de Londres depuis le 17 juillet 2006 avec un lever de fond de 434 millions de dollars américains.

Phelps Dodge :

Rothschild Inc. est aussi le conseiller financier de Phelps Dodge, une entreprise américaine, plus spécifiquement sur le crédit de financement du projet Tenke Fungurume Mining.

Umicore :

Umicore est une entreprise minière belge qui forme un holding d’entreprises de cuivre qui s’appellerait Cumerio, comprenant celles qui sont déjà opérationnelle en RDC. NM Rothschild branche d’Australie est désignée comme cabinet de conseil financier dans les transactions.

5. La fédération des entreprises du Congo (Fec) devrait donner sa position

o La FEC, partenaire de l’Etat congolais, devrait dire un mot sur le processus de révision des contrats, alors que l’opinion nationale se fait une mauvaise impression des entreprises minières présentées à ce jour comme étant dans la logique d’entretien de l’insécurité pour mieux exploiter des ressources naturelles du pays.

o Les investisseurs étrangers, les entrepreneurs congolais membres de la FEC autant que les organisations de la société civile, devraient contribuer à la recherche de la solution pour la bonne gouvernance des richesses de l’Etat dans la transparence, suivant l’appel de l’ONU fait aux acteurs non étatiques.

o A l’instar de l’église catholique qui a dénoncé les mauvaises conditions d’exploitation minière au Katanga et au Kasaï, ainsi que l’insécurité entretenue dans les provinces de l’Est de la RDC; la FEC devrait passer à la population congolaise un message clair afin que le soutien de la communauté internationale ait un sens.

6. Conclusion et recommandations

Aux entreprises multinationales et la FEC

o Les ONG membres du FSC recommandent que les entreprises multinationales collaborent totalement avec la commission gouvernementale à rétablir les entreprises publiques, l’Etat et la population congolais dans leurs droits.

Au gouvernement de la RDC

o Que le gouvernement manifeste la détermination à en finir avec le pillage orchestré par l’élite congolaise en son sein, en prenant des mesures coercitives, conformément à la loi pénale en rapport avec le détournement des biens publics.

o Au regard des limites de compétence professionnelle des personnes qui négociaient les contrats miniers pour le compte des entreprises minières congolaises en outrepassant leurs pouvoirs, les ONG membres du FSC recommandent une mise à niveau du personnel et la sanction correspondante.

o Que les titres miniers obtenus sous contrat d’amodiation et cédés aux tiers, soient récupérés conformément aux lois congolaises en vigueur.

o Que les concessions ou gisements ayant fait l’objet des contrats en ignorant leurs valeurs réelles, soient réévaluées, afin de faciliter la renégociation des parts des entreprises et l’Etat congolais.

o Que les contrats dont les partenaires n’ont pas présenté leurs moyens financiers propres soient révisés, afin de permettre aux entreprises et l’Etat congolais de rentrer dans leurs droits respectifs.

o Que les contrats consacrant des graves inégalités au détriment de l’Etat et des entreprises congolais au profit des entreprises privées soient rééquilibrés ou annulés.

o Que les royalties payées soient identiques pour tous les partenaires, toutes choses restant égales par ailleurs.

A la Compagnie Benjamin de Rothschild et le gouvernement congolais

o Il se dégage de l’analyse des conflits d’intérêts que la Compagnie Benjamin De Rothschild ne devrait pas en ce temps offrir ses services comme expert au gouvernement de la RDC. Car, les entreprises citées ci-haut en consultance financière à la Compagnie Benjamin de Rothschild sont celles-là même qui ont le gros des contrats miniers en RDC qui nécessitent une révision en priorité dans tous les domaines : cuivre, cobalt, diamant et or. De ce fait, les Ong membres du FSC recommandent que la Compagnie de Rothschild se récuse et que l’Etat congolais décline son expertise.

Aux ambassades accréditées à Kinshasa

o Il s’avère de même que les entreprises bénéficiaires de la plus part des contrats miniers soient canadiennes, belges, américaines, anglaises, chinoises et sud africaines, les pays qui avaient le plus d’influence au sein de l’ancien CIAT et qui continuent à jouer un rôle clé dans la vie politique interne de la RDC. Les ONG membres du FSC recommandent que les chancelleries en poste à Kinshasa soient justes et jouent un rôle plus transparent vis-à-vis du gouvernement congolais.

A la MONUC

L’ONU reconnaît le lien direct entre l’exploitation illégale des ressources naturelles par les entreprises multinationales et l’élite congolaise, et l’insécurité ainsi que le trafic d’armes en RDC. D’autant qu’elle reconnaît que la situation est entretenue dans le but de contrôler les richesses naturelles de la RDC. Les ONG membres du FSC lui recommandent de redoubler ses efforts, suivant son mandat, afin de mettre fin à la maffia internationale liée à l’exploitation illégale des richesses; d’aider l’Etat congolais à étendre son autorité sur tout le territoire; rétablir le contrôle effectif sur les ressources naturelles et d’améliorer la gestion des dites ressources.



Behind the War on the Congo

12 11 2007

repris de ocnus.net et Zmagazine:

(Photo: Uraguayan special forces MONUC hunting FDLR in Kahuzi Beiga National Park under Operation Falcon Sweep.)

Behind the Numbers

Untold Suffering in the Congo

By Keith Harmon Snow & David Barouski, CCA 26/10/06
Oct 30, 2006, 11:28

The British medical journal Lancet recently took greater notice of the Democratic Republic of the Congo (DRC) than all western media outlets combined. A group of physicians reported that about 4 million people have died since the “official” outbreak of the Congolese war in 1998 (1). The BBC reported the war in Congo has claimed more lives than any armed conflict since World War II (2). However, experts working in the Congo, and Congolese survivors, count over 10 million dead since war began in 1996—not 1998—with the U.S.-backed invasion to overthrow Zaire’s President Joseph Mobutu. While the western press quantifies African deaths all the time, no statistic can quantify the suffering of the Congolese.

Some people are aware that war in the Congo is driven by the desire to extract raw materials, including diamonds, gold, columbium tantalite (coltan), niobium, cobalt, copper, uranium and petroleum. Mining in the Congo by western companies proceeds at an unprecedented rate, and
it is reported that some $6 million in raw cobalt alone—an element of superalloys essential for nuclear, chemical, aerospace and defense industries—exits DRC daily. Any analysis of the geopolitics in the Congo requires an understanding of the organized crime perpetrated through multi-national businesses, in order to understand the reasons why the Congolese people have suffered a virtually unending war since 1996.

Some people have lauded great progress in the exposure of illegal mining in DRC, particularly by the group Human Rights Watch (HRW), whose 2005 report “The Curse of Gold” exposed Ugandan officials and multi-national corporations smuggling gold through local rebel militias. The cited rebel groups were the Nationalist and Integrationist Front (FNI) and the People’s Armed Forces of Congo (FAPC). The western companies targeted by HRW were Anglo-Ashanti Gold, a company headquartered in South Africa, and Metalor, a Swedish firm. The HRW report failed to mention that Anglo-Ashanti is partnered with Anglo-American, owned by the Oppenheimer family and partnered with Canada-based Barrick Gold described below (3). London-based Anglo-American Plc. owns a 45% share in DeBeers, another Oppenheimer company that is infamous for its near monopoly of the international diamond industry (4). Sir Mark Moody-Stuart, a director of Anglo-American, is a director of Royal Dutch/Shell and a member of U.N. Secretary General Kofi Annan’s Advisory Board (5). The report also suppressed the most damning evidence discovered by HRW researchers—that Anglo-Ashanti sent its top lawyers into eastern DRC to aid rebel militia leaders arrested there.

Several multi-national mining companies have rarely if ever been mentioned in any human rights report. One is Barrick Gold, who operates in the town of Watsa, northwest of the town of Bunia, located in the most violent corner of the Congo. The Ugandan People’s Defense Force (UPDF) controlled the mines intermittently during the war. Officials in Bunia claim that Barrick executives flew into the region, with UPDF and RPF (Rwanda Patriotic Front) escorts, to survey and inspect their mining interests (6).

George H.W. Bush served as a paid advisor for Barrick Gold. Barrick directors include: Brian Mulroney, former PM of Canada; Edward Neys, former U.S. ambassador to Canada and chairman of the private PR firm Burston-Marsteller; former U.S. Senator Howard Baker; J. Trevor Eyton, a member of the Canadian Senate; and Vernon Jordan, one of Bill Clinton’s lawyers (7).

(Photo: Rape has been used as a systematic means of instilling terror in the
people all over DRC. This girl (20) fled Eastern DRC and crossed the
country on foot to find some refuge in Western DRC.)

Barrick Gold is one of the client companies of Andrew Young’s Goodworks International lobbying firm. Andrew Young is the former Mayor of Atlanta, and a key organizer of the U.S.-Uganda Friendship Council. Young was chosen by President Clinton to chair the Southern Africa Enterprise Development Fund in October 1994. Goodworks’ clients—or business partners in some cases—include Coke, Chevron-Texaco, Monsanto, and the governments of Angola and Nigeria (note weapons transfers from Nigeria cited below). Young is a director of Cox Communications and Archers Daniels Midland—the “supermarket to the world” and National Public Radio sponsor whose directors include Brian Mulroney (Barrick) and G. Allen Andreas, a member of the European Advisory Board of The Carlyle Group.

Barrick Gold’s mining partners have included Adastra Mining—formerly named America Mineral Fields (AMFI, AMX, other names), formerly based in Hope, Arkansas, Bill Clinton’s hometown. Adastra had close ties with Lazare Kaplan International Inc., the largest diamond brokerage firm in the U.S., whose president, Maurice Tempelsman, has been an advisor on African Affairs to the U.S. Government and has been the U.S. Honorary Consul General of the Congo since 1977 (8).

Maurice Tempelsman accompanied Bill Clinton during his African tour in 1998, and he sails with the Clintons off Martha’s Vineyard. He serves on the International Advisory Council of the American Stock Exchange, and is a director of the Woods Hole Oceanographic Institute, a
”scientific” front for his offshore diamond mining—raking the seabed into oblivion.

Adastra also purchased a diamond concession on the Congolese-Angolan border from the Belgian mercenary firm International Defense and Security (1998), and currently has cobalt and copper concessions in Congo’s Katanga (Shaba) province (9). Adastra is a member of the Corporate Council on Africa, along with Goodworks, Halliburton, Chevron-Texaco, Northrop Grumman, GE, Boeing, Raytheon, Bechtel and SAIC—the latter two being secretive intelligence and defense entities involved in classified and supra-governmental “black” projects.

In April 1997, Jean-Ramon Boulle, a co-founder of Adastra (then AMFI), received a $1 billion dollar deal for mines in the Congo at Kolwezi (cobalt) and Kipushi (zinc) from Laurent Kabila’s Alliance of Democratic Forces for the Liberation of Zaire (ADFL) before they were even officially in power. The ADFL were even allowed to use Boulle’s private jet (10). Meanwhile, directors of Adastra are also former directors of Anglo-American (11). Other Clinton-connected founders of Adastra include Michael McMurrough and Robert Friedland—both involved in shady, criminal, offshore businesses in Indonesia, Africa, Burma and the Americas (12).

Barrick sub-contracts to Caleb International, who has also partnered with Adastra in the past. Caleb is run by Ugandan President Yoweri Museveni’s half-brother Salim Saleh, the former acting General of the UPDF. When Uganda withdrew from the Congo in 2002 following a so-called “peace” agreement, Saleh began training paramilitary groups to act as Ugandan proxies to sustain the flow of minerals into Uganda (13).

Salim Saleh is a shareholder in Catalyst Co. of Canada, who has a 100% interest in Uganda’s Kaabong gold fields (14). He is a part owner of Saracen, a private military company created by the mercenaries-for-hire firm Executive Outcomes (15). The U.N. Panel of Experts on Illegal Exploitation of Congo’s Mineral Resources recommended Salim Saleh be put on a travel ban and have his assets frozen, but nothing was done.

Recent interventions by the armed U.N. peacekeeping mission in the Congo (MONUC) have concentrated on disarming or eliminating the Forces for the Democratic Liberation of Rwanda (FDLR), a rebel group that opposes Rwanda, and the Allied Democratic Forces (ADF), a rebel group that opposes Uganda. (Note that the Rwanda military has partnered with its erstwhile “enemies”—the FDLR—when necessary to secure resource plunder while Uganda has its own pattern of complicity with its “rebel” enemies. Rebel alliances are to perpetually shifting.) The removal of these rebel groups will effectively clear the eastern Congo for large–scale multi-national mining. The Mai-Mai militia, whose stated goal is “to protect Congo from Rwandan and Ugandan invaders,” has committed documented human rights abuses, yet they appear to be off the agenda for MONUC. The Mai-Mai operate in northern Katanga (Shaba) province and in the Kivus.

Katanga’s militias and racketeering are connected to criminal networks of businessmen, including Zimbabwe President Robert Mugabe, Billy Rautenbach, John Bredenkamp, and Marc Rich. U.S. diamond magnate Maurice Tempelsman has profited from Katanga concessions since the Kennedy era. Lawrence Devlin, the old CIA station chief of Lubumbashi under Eisenhower, maintained Tempelsman’s criminal rackets with direct ties to Zaire’s former President Mobutu, and was subsequently employed by Tempelsman (16).

The Forrest Group has the longest history of exploitation in the Congo, gaining its first mining concessions before the Congo declared independence from the Belgians. The group, which includes the Ohio-based OM Group, has numerous concessions in Katanga (Shaba). Chairman George Forrest is the former chairman of the Congo’s state-owned mining firm GECAMINES, and owner of the New Lachaussee weapons manufacturing company.

Coltan ore is widely used in the aerospace and electronics industries for capacitors, superconductors and transistors after it is refined to tantalum. The U.S. is entirely dependant on foreign sources for tantalum, an enabling technology for capacitors essential to aerospace weaponry and every pager, cell phone, computer, VCR, CD player, P.D.A. and TV. U.S. import records show a dramatic jump of purchases from Rwanda and Uganda during the time they were smuggling tantalum and cobalt out of the Congo.

Sony dramatically increased their importation of coltan following the release of their Playstation 2, while Compaq, Microsoft, Dell, Ericsson, Hewlett-Packard, IBM, Nokia, Intel, Lucent, and Motorola are also large-scale consumers (17). Sony’s current Executive Vice-President and General Counsel Nicole Seligman was a former legal adviser for Bill Clinton through the D.C. firm Williams and Connelly, LLP, whose clients included Bill Clinton and Oliver North (18). Sony Executive Vice-President and Chief Financial Officer Robert Wiesenthal is a former banker with First Boston, a supporter of Refugees International’s “humanitarian” relief efforts at Rwandan refugee camps in Eastern Congo, just before the fall of Mobutu in 1995; Wiesenthal was also financial adviser to Cox Communications, OM Group, Time Warner and The New York Times (19).

(Photo: FDLR « genocidaires » — children with guns — in eastern DRC.)

Walter Kansteiner, the son of a coltan trader in Chicago, is the Assistant Secretary of State for Africa and former member of the Dept. of Defense Task Force on Strategic Minerals. Kansteiner’s speech at The Forum for International Policy in October of 1996 advocated partitioning the Congo (then Zaire) into smaller states based on ethnic lineage (20). Ironically, while the speech was given, Laurent Kabila and his ADFL were beginning their march to overthrow Mobutu with the aid of Rwanda, Uganda, and the U.S. (21). Kansteiner is a trustee of the Africa Wildlife Foundation—another euphemistic front for resource acquisition in Congo.

Bechtel, a U.S. aerospace & construction company, provided satellite maps of reconnaissance photos of Mobutu’s troops for the ADFL invasion of Congo in 1996; they also created infrared maps of the Congo’s mineral deposits (22). The Rwanda Patriotic Front (RPF), led by Paul Kagame, the current Rwandan President graduate of the U.S. Army officers school at Fort Leavenworth, used Bechtel’s NASA maps to locate Rwandan Hutu civilians that fled the cataclysm in Rwanda in 1994. An estimated 800,000 refugees were hunted down and killed in the Congo’s forests (23). Bechtel’s friends in high places include former Secretary of State George Shultz (Board of Directors), former Secretary of Defense Casper Weinberger (Bechtel Counsel) and retired U.S.M.C. general Jack Sheehan (Senior Vice President), who is also a member of the Defense Policy Board at the Pentagon (24). Riley P. Bechtel is on the Board of J.P. Morgan (25). Bechtel’s Nexant Company is the prime contractor on the Uganda-Kenya pipeline project, believed to ultimately facilitate petroleum transport out of the Semliki Basin of Lake Albert.

The U.N. Panel of Experts named New England-based Cabot Co. for conducting unethical business practices (26). Cabot is one of the largest tantalum processors in the world. The current Deputy Director of the U.S. Treasury, Samuel Bodman, was CEO and chairman of the board for Cabot from 1997-2001 (27). Current Director John H. McArthur is a Senior Advisor to Paul Wolfowitz at the World Bank (28).

Private Military Contractors (PMCs) are also big business in Africa. Brown & Root, a subsidiary of Halliburton, helped build a military base near Cyangugu, Rwanda just next to the Congo-Rwandan border. ”Officially,” Brown and Root was there to clear land mines, but instead housed mercenaries from Military Professional Resources Inc. (MPRI) who trained the RPF and Laurent Kabila’s ADFL for invasion of the Congo in 1996, and the Rwandan army’s re-invasion in 1998, after
Laurent Kabila threw out the Rwandans, Ugandans, Bechtel and the IMF (29). The French intelligence service reported that U.S. Special Forces and mercenaries from MPRI participated in the murder of Rwandan Hutu refugees on the Oso River near Goma in 1996 and even claims to have turned over the bodies of two American soldiers killed in combat near Goma (30). The circumstances surrounding the unofficial recovery of these two U.S. soldiers remain very mysterious (31).

MPRI is based in Arlington, Virginia and is staffed and run by 36 retired U.S. generals. It is contracted by the Pentagon to fulfill the African Crisis Responsive Initiative (ACRI). This program includes the Ugandan military, and it supplied military training in guerrilla warfare to Ugandan officers at Fort Bragg, North Carolina in July 1996. During the invasion of the Congo in 1998, Ugandan soldiers were found with ACRI equipment while Human Rights Watch and Amnesty International have implicated Ugandan battalions trained by ACRI in rapes, murders, extortion, and beatings of Ugandan civilians (32).

Executive Outcomes founder Tony Buckingham has established other Private Military Companies that operate around Africa. Buckingham’s Heritage Oil & Gas works closely with his PMC Sandline International to manipulate the petroleum options around Lake Albert, and is believed to have signed concession deals with warring armies and governments on both sides of the Uganda-Congo border. Branch Energy is another Buckingham affiliated company operating in the Great Lakes region.

Investigations of illegal weapons sales to Rwanda last year, in violation of the U.N. arms embargo on the region, have been hampered by the Rwandan government’s refusal to provide a list of serial numbers of the 5000 AK-47s delivered there. The shipping country, Bulgaria, also refused to provide serial numbers, and would only confirm that the weapons were sold legally to a non-embargo country, Nigeria, en route to Rwanda and DRC. The governments of Uganda, Congo, South Africa and Equatorial Guinea—a major U.S. petroleum protectorate—are equally culpable in supporting the clandestine arms sales to the region (33).

Weapons shipments arriving by boat from Tanzania, and the Government of Tanzania’s role in supporting war in DRC, are never questioned. This may have something to do with Barrick Gold’s mining licenses in Tanzania’s Masaai territories. Aircraft flying between Tanzania, DRC, and from Kenya, are allowed to do so without proper documentation, record-keeping or customs oversight.

Another shady “untouchable” arms dealer operating behind the scenes in the region is an Indian-American named Mr. Kotecha. Kotecha’s interests in South Kivu are substantial, and he is openly fingered as dealing in money laundering, arms, coltan and diamonds. After the first U.S.-sponsored invasion of the Congo in 1996, Kotecha is known to have repeatedly boasted of being the “United States Consulate” in South Kivu. Kotecha holds a U.S. passport and owns a mansion in California.

When an outspoken local defender of human rights working for a small NGO (Pascal Kabungulu of Heritiers de la Justice) was assassinated during the summer of 2005 in Bukavu, the alleged killers, including a local Congolese military commander, were identified but MONUC and the international “community” took no action. The killing revolved around his role in exposing the Congolese commanders’ involvement in contraband smuggling (which continues today).

A U.N. Panel of Experts in a forthcoming report will challenge many airlines and companies for undertaking illicit flights (illegal, secret, unregistered or falsely registered) into and out of DRC. One of many notable companies apparently connected to Victor Bout’s arms trafficking networks is Simax, an Oregon-based company using an address in Sierra Leone. However, the U.N. Panel of Experts has once again ignored certain western agencies—with histories of illicit activities—whose flights remain equally surreptitious and unaccountable. At the top of the list is the International Rescue Committee (IRC)—directors include Henry Kissinger —whose flights in and out of Congo, and internal flights to and from isolated airports in eastern DRC, are completely unmonitored by MONUC arms embargo inspectors. In Bukavu, for example, all light aircraft are subject to MONUC arms embargo inspections, but IRC flights are not within the MONUC mandate. As one MONUC Military Observer admitted, “The IRC should be subject to the same standards as everyone else; otherwise we have to assume they are shipping weapons, because they do not let us confirm they are not.”

Similarly, while the U.N. Panel of Experts have investigated and reported on certain illegal criminal networks and activities in Congo, they never attend to the top-level deals brokered behind closed doors by executives from Adastra, Anglo-American, the companies of Sweden’s Adolph Lundin (a close friend of George H.W. Bush), who have control of mining concessions in Lubumbashi, Kolwezi and Mbuji Mayi areas in the Katanga (Shaba) and Kasai provinces. U.S.-based Phelps Dodge is partnered in Katanga copper/cobalt mining projects with Lundin’s Tenke Mining. Phelps Dodge director Douglas C. Yearly is also a director of Lockheed Martin, and the World Wildlife Fund—partnered with USAID and CARE in “conservation”—read: acquisition—projects all over Congo while CARE’s “humanitarian” agenda is also funded by Lockheed Martin.

“Conservation” interests provide the vanguard of western penetration in Central Africa: USAID, WWF, AWF, and Conservation International lead the charge. Evidence from USAID cases all over Congo quickly contradicts all fanfare about USAID bringing “sustainable” or “community development” projects. Most notable are the Central Africa Region Partnership for the Environment (CARPE) and Congo Basin Forest Partnership (CBFP), two programs pressing hidden military, intelligence and economic agendas. Notably, National Geographic is involved in furthering the mythologies of conservation, democracy, community development, or the lip service paid to respecting and supporting indigenous people.

Some people have suggested the reason that there isn’t greater awareness and equitable intervention in the Congo is because “we simply don’t know what to do” to remedy the situation. However, it is fairly clear what needs to be done, the West is just unwilling to do it because of powerful economic and geopolitical reasons.

1. U.S. Military Training programs must have an oversight committee and total transparency. Western governments must end their hypocritical stance and ensure they don’t train any “rebel” or ”dissident” groups, especially if they are against a democratically elected government (provided the elections weren’t fraudulent), even if the elected government isn’t politically aligned with the western ideology and/or economic ideals. To do otherwise would refute claims that the west is intervening to “spread democracy.”

2. In parallel with number 1, a committee must be set up to ensure the same doesn’t occur for the private military companies. As multinational corporations, these firms aren’t subject to obey laws of warfare as an established country’s armed forces are supposed to. The U.N. must pass resolutions mandating the World Court and International Criminal Court (ICC) to prosecute such corporations. Lastly, when such companies are exposed for conducting illegal activities, such as aiding coups or trafficking human slaves, the corporations who conduct these activities must be blacklisted from receiving government contracts, domestic or international, and the guilty individuals must be prosecuted (34).

3. In the arms arena, more substantial efforts must be created to intercept and prosecute “embargo busters,” illegal brokers, and arms sellers. Furthermore, those selling, transporting, brokering, funding, or wiring arms transactions for weapons specifically intended for children should receive the harshest of the penalties (certain ”small weapons” are modified to reduce their weight to make it easier for a child to carry). Firms that participate in arms shipments, transport and/or the movement of the flow of the money generated from these sales with countries, people or organizations that are embargoed or act against national or international law should be held accountable for their crimes. Assets can be frozen, travel bans imposed, and all government and economic business ties with such firms severed. These penalties must also have an assurance of enforcement.

4. Debt relief is essential, but ways must be found to protect IMF and World Bank loans from being used for military expenditures. The motivations of World Bank President Paul Wolfowitz are suspect. Dr. Wolfowitz is a former Deputy Secretary of Defense under George W. Bush, a former ambassador to Indonesia under Ronald Reagan, a PNAC member, and dual citizen in Israel. Likewise, the World Bank and IMF must shift their policy of privatization as a stipulation for loan approval in order to stimulate business growth within the state instead of having the business sector growth be almost entirely from multinational corporations. The World Bank and IMF must also provide debt relief to the counties that need it most according to economic indicators. Some countries receiving debt relief, like Uganda and Rwanda, are among the biggest spenders of their loans in the military sector (35). It must be ensured that a majority of spending occurs on infrastructure and public services, and that this does not benefit the standard set of “embedded” western corporations. It must also be ensured the loan money is used in areas that need development the most. For example, in Uganda, the loan money Museveni has used for development has focused in the south in Kampala, the capital, and in Mbarra, his hometown. Meanwhile, the Acholi people, who always vote against Museveni’s party in the polls, are ignored and the situation in the Lira, Gulu, and Kitgum districts continues to deteriorate. In addition, individual countries must examine the aid they give to countries that spend a high percentage of capital on military, as well as commit human rights abuses. Lastly, debt relief doesn’t harm banks that gave the loans in the first place and collect on some of the interest rates, not to mention the American businesses that make profit on the privatized businesses as part of the loan deal. The debt is transferred to the taxpayers, so transparency is needed to insure that costs are also incurred by the firms granting the loans (if they want credit for their “humanitarian” debt relief).

5. Western countries must end the impunity for those responsible for looting minerals from Congo. Firms that purchase smuggled minerals, and/or purchase concessions from illegitimate rebel groups must be prosecuted. The World Court recently made a start by convicting Uganda and fining the government, but Rwanda, Burundi, Zambia, and Zimbabwe remain unaccountable for their direct pirating, as are the Western firms that purchased the minerals, and Western individuals supporting them. (The Kimberly Process, established with the support of academic and intelligence experts at Harvard University, is a perfect example of the gatekeepers policing their own gates: the huge, entrenched, but secretive interests like the Oppenheimer/DeBeers and Maurice Tempelsman owned companies are legitimized as dealers of “clean” diamonds; while the other, far less connected competitors and challengers of the status quo, including Congolese children sneaking into mines and being shot for “stealing” the diamonds off their own starving families’ former lands, are demonized as dealers of “blood” diamonds.)

6. The World Court and International Criminal Court must hold all military and civilian leaders—African, U.S., European—that are guilty of war crimes and crimes against humanity accountable for their actions. The West must not be allowed to shield criminals from prosecution by virtue of their economic and political alliances with Western governments. Governments that harbor these criminals should be subject to prosecution. Economic sanctions may not be proper, as poor nations generally suffer severe civilian casualties as a result; specific involved individuals in government and the military must be held accountable.

7. “Peacekeeping” forces, in particular MONUC, must be examined to ensure that the mission is being conducted with the interests of promoting stability in the country. As illustrated, elements of MONUC have used the mission as a cover to further the agenda of the West and its corporate sponsors under the banner of “peacekeeping,” causing the death of civilians in the process: those responsible should be tried and prosecuted. It must also be ensured that the investigations don’t stop at individual soldiers or brigades committing crimes, but to examine the chain of command and their allegiances to uncover the motivations behind MONUC operations. There have been reports of MONUC troops looting ivory, gold, and animal skins in National Parks. Villagers say that they have seen murders occur right in front of MONUC soldiers and they didn’t act to prevent the killings (36). MONUC soldiers have raped Congolese women (37). When pro-Rwandan rebel leaders Laurent Nkunda and Jules Mutibusi, both war criminals wanted by the U.N., took over Bukavu by force in May 2004, MONUC provided them with weapons and vehicles. Nkunda himself has stated the head of MONUC, William Swing, personally gave him a telephone to use during the raid. (38)

8. The international media is completely silent on virtually every major issue of significance with respect to war in DRC—and the international and criminal networks behind it. Misinformation about Africa prevails due to a concerted effort by the mainstream media to blackout the truth. A boycott of key publications is imperative, and must include the most offensive: Boston Globe, Washington Post, Newsweek, Time, US News & World Report, USA Today, New York Times, the New Yorker (Conde Nast Publications), Harper’s, Atlantic Monthly (highly subsidized by Lockheed Martin and Northrup Grumman) and, especially, National Geographic.

9. The fog of war needs to be cleared away from so-called ”humanitarian” and “human rights” programs, organizations and individuals currently aligned with the Western corporate enterprise. Notables in this category include: Human Rights Watch, Amnesty International, CARE, USAID, Norwegian People’s Aid, International Crises Group, International Rescue Committee, Refugees International, the Genocide Intervention Fund, and many U.N. bodies, but especially UNHCR. Most of these agencies appear to exist merely to perpetuate their own survival. Doctors Without Borders also deserves scrutiny for their recent actions in DRC.

10. The peace and justice community remains unaccountable for its failure to take any significant actions to mitigate war in Congo and expose the true reasons behind it. A first step should be open up the spaces to alternative voices currently excluded by major social justice media venues. Second is to declare a total boycott on diamonds and gold, and an organized campaign to protest and economically castigate diamond stores where Lazare diamonds are sold. A third action is the commitment of meaningful funds—both from individuals and from organizations—to support the vibrant grass roots organizations and individuals working for human rights, women’s health, disarmament, education, food security, rainforest and environmental defense in Congo. Fourth, people need to break through their fear (inculcated by the western media) of taking action to help people in the Congo: there is no reason—except the unacceptable—that westerners cannot establish a “Witness for Peace” program situated in the Congo.

11. Rights groups with missions pertinent to Congo’s need must expand their missions to include Congo. Rape is endemic in the Congo: a source of psychological and physical trauma, it contributes to the spread of HIV, Ebola and other sexually transmitted diseases. Survivors often give birth to HIV positive children with no prospects for medical or financial help. This has lead to an insurmountable need for aid to care for the orphans. Mothers of children conceived of rape are often disowned by their village and families. Western feminist and women’s rights activists and organizations must get involved and provide resources for the victims of rape in Congo. Those responsible for rapes must be tried and punished as per the law if guilty. Indeed, evidence from rape cases in rural DRC shows that sexual violence is significantly reduced simply by holding military officers accountable for their troops’ actions, but this is not happening.

12. MONUC’s Radio Okapi is the lifeline of news in DRC today, but programming is largely comprised of U.N. programming. The United Nations needs to be pressured to open up the Radio Okapi network, eliminate the “fluff” pieces, and diversify and deepen its programming and reportage. As a simple example of how things could easily be improved in DRC, programs that sensitize the public o the issue of rape, and sensitize the military to the punishment for it, could easily be implemented; such programming is never considered.

13. The transitional government in Congo is comprised of military leaders and government officials who must be held accountable for their crimes. Like the individuals, organizations, corporations and governments that have supported them, all are responsible for crimes against humanity. The current profiteering in DRC is enabled by these key players, who hold the highest levels of the DRC government, and whose crimes remain hidden by the western press. The transitional government must not be allowed to appoint war criminals to cabinet or parliamentary positions, as well as local governor positions in the provinces.


References

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Survey.” Benjamin Coghlan, Richard J. Brennan, Pascal Ngoy, David
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(2) “Thousands’ dying in DR Congo war,” BBC News, 6, Jan. 2006:
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(3) “Depopulation & Perception Management Part 2: Central Africa,”
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(4) “The Lost World War,” Erik Vilwar, Corporation Watch Newsletter,
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(6) Private interview, keith harmon snow, Bunia, 2005.

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(8) “Genocide and Covert Operations In Africa 1993-1999,” United
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(9) Ibid.

(10) “Stolen Goods: Coltan and Conflict in the Democratic Republic of
the Congo,” Dena Montague, SAIS Review, vol. XXII no. 1
(Winter-Spring 2002); “Congo: Capitalist Mineral Lust Fuels
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(11) “Depopulation & Perception Management Part 2: Central Africa,”
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(12) “Proxy Wars in Central Africa: Profits, Propaganda, and Luxury
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(13) “Named and Shamed,” Ruud Leeuw: http://www.ruudleeuw.com/vbout17.htm .

(14) “Uganda, Sanctions, and Congo-K: Who is Who in Uganda Mining,”
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http://www.globalpolicy.org/security/issues/congo/2001/0606uga.htm .

(15) “Corporate Soldiers: The U.S. Government Privatizes Force,” Daniel
Burton and Wayne Madsen:
http://www.totse.com/en/politics/us_military/162741.html .

(16) David Gibbs, “The Political Economy of Third World
Interventions,” University of Arizona Press; and Wayne Madsen,
”Genocide and Covert Operations in Africa, 1993-1999,” Mellen Press,
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(17) “The Lost World War,” Erik Vilwar, Corporation Watch Newsletter,
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http://www.corporatewatch.org.uk/newsletter/issue13 .

(18) “Sony Corporation of America: Executive Biographies,” Jan. 2006.
http://www.sony.com.SCA/

(19) “Proxy Wars in Central Africa: Profits, Propaganda, and Luxury
Goods for the White World – Pacification, Rape, and Slavery for the
Blacks,” keith harmon snow, World War 3 Report, Issue No. 100, 19 Jul. 2004: http://ww3report.com/proxy.html .

(20) “Genocide and Covert Operations In Africa, 1993-1999,” United
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(21) “The U.S. (Under)mining Job of Africa,” :
http://cryptome.org/us-africa.wm.htm .

(22) “Stolen Goods: Coltan and Conflict in the Democratic Republic of
the Congo,” Dena Montague, SAIS Review, Vol. XXII, No. 1,
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(23) “A Continent for the Taking: The Tragedy and Hope of Africa,”
Howard French, 12 April 2005, Vintage, New York, NY.

(24) “The Exception to the Rulers: Exposing Oily Polititians, War
Profiteers, and the Media That Love Them,” Amy Goodman, David Goodman,
2004, Hyperion Press, New York, NY.

(25) See: “Friends in High Places: The Bechtel Story.”

(26) “Stolen Goods: Coltan and Conflict in the Democratic Republic of
the Congo,” Dena Montague, SAIS Review, Vol. XXII, No. 1,
(Winter-Spring 2002); Named and Shamed, Ruud Leeuw:
http://www.ruudleeuw.com/vbout17.htm .

(27) “Rwanda’s Secret War: U.S.-Backed Destabilization of Central
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(28) “Proxy Wars in Central Africa: Profits, Propaganda, and Luxury
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Blacks,” keith harmon snow, World War 3 Report, Issue No. 100, 19 Jul. 2004: http://ww3report.com/proxy.html .

(29) “The U.S. (Under)mining Job of Africa,”
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(30) “Genocide and Covert Operations in Africa, 1993-1999,” United
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(31) Private interview, keith harmon snow, eastern DRC, July 2005.

(32) “Corporate Soldiers: The U.S. Government Privatizes Force,” Daniel Burton and Wayne Madsen:
http://www.totse.com/en/politics/us_military/162741.html .

(33) Confidential report, received, February 2006.

(34) “The Controversial Commando,” Pratap Chatterjee, 14 Jun. 2004:
http://www.guerrillanews.com/human_rights/doc4644.html ;
”CSC/DynCorp.” Corporation Watch:
http://www.corpwatch.org/print_article.php?list=type&type=18 ;
”Crossing the Rubicon,” Michael Ruppert, 2004, New Society
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(35) “The Use of Rwanda’s External Debt (1990-1994): The
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Galand, 30 March 2004:
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(36) “Rwanda’s Secret War: U.S.-Backed Destabilization of Central
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(37) “Proxy Wars in Central Africa: Profits, Propaganda, and Luxury
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Blacks,” keith harmon snow, World War 3 Report, No. 100, 19 Jul. 2004:
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(38) “Report on Events in Bukavu, South Kivu: May 26 to June 9, 2004,” Network of Women for the Defense of Rights and of Peace,



Au Soudan aujourd’hui

25 08 2007

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(Image: concessions pétrolières au Soudan, cliquez sur l’image pour l’argrandir)

Aujourd’hui (24 août) fut une journée très mouvementée en ce qui a trait au Soudan. Résumons premièrement ces nouvelles avant de les commenter :

 

 

  • L’International Peace Information Service, une ONG subventionnée par le gouvernement Belge et l’UE, a envoyé des photos, supposément prise au Darfour, à Amnistie Internationale d’un transfert de caisses par des soldats Soudanais à partir d’un avion et d’hélicoptères russes. Amnistie croit que ces caisses contiennent des armes et accuse le gouvernement de briser l’embargo d’armes au Darfour. Le gouvernement soudanais maintient que ces photos sont fausses et qu’elles servent à détourner l’attention de la guerre en Irak et en Afghanistan.

 

 

  • Le gouvernement Soudanais a expulsé du pays la chargée des affaires canadiennes à Khartoum, Nuala Lawlor, et le représentant de la Commission européenne, Kent Degerfelt. Khartoum donne comme raison l’ingérence dans les affaires internes du Soudan. Khartoum allègue entre autres que les deux diplomates auraient tenu des rencontres avec les rebelles, des figures d’oppositions à Khartoum ainsi que des ONG hostiles au gouvernement. Khartoum dit toutefois espérer et vouloir faire en sorte que ses relations avec le Canada et l’UE ne se détériorent pas à cause de cela. Khartoum aurait averti les deux diplomates indirectement de par deux fois avant de les expulser. Le Canada demande des explications alors que l’UE dit essayer de résoudre le problème.

 

 

  • Alors que les rebelles essaient de s’unir avant de possibles pourparlers avec Khartoum, le Front des forces unies révolutionnaires, un nouveau mouvement d’arabes nomades qui disent avoir été injustement associées aux Janjaweeds et qui se place plutôt dans le camp des rebelles essaie d’en arrivé à un accord avec les autres groupes rebelles.

 

  • Dans le différent qui oppose la pétrolière française TotalElfFina et l’anglaise White Nile le Soudan recommande que Total obtienne 25% de la concession (on parle ici de la concession 5 central dans la carte ci-haut), White Nile 15% et que le reste soit partagé par la pétrolière d’État du Soudan et l’autorité pétrolière du sud Soudan. White Nile n’a émit aucun commentaire alors que Total aurait refusé cet accord. La concession avait été attribuée à Total en 1980 mais Total avait abandonné le lieu lors du début de la guerre civile. L’autorité pétrolière du sud Soudan a donné la concession à White Nile en 2005. Nous avons déjà idée du passé mafieux de TotalElfFina, mais il en va de même pour White Nile, cette compagnie a deux administrateurs principaux, Billy Rautenbach et Phil Edmonds, et ces deux personnes ont une autre compagnie (minière celle-là) ensemble, Camec, qui a été utilisée pour piller le Congo/Zaïre. Avec l’aide de Mugabe, Rautenbach s’était fait mettre à la tête de la compagnie minière d’État, Gécamines, par Laurent D. Kabila. En 2000 L. Kabila s’est rendu compte que Rautenbach détournait les avoirs de Gécamines vers sa propre compagnie, Ridge-point, basée dans les Îles vierges britanniques. Kabila aurait sûrement expulsé Rautenbach mais L. D. Kabila fut assassiné en 2001 et sont fils, Joseph Kabila prit le pouvoir. Les choses se calmèrent donc pour Rautenbach jusqu’après les récentes élections ou J. Kabila fut reconduit au pouvoir. Ainsi le mois dernier Rautenbach fut déclaré persona non grata et expulsé du Congo. Le prétexte officiel est qu’il est recherché pour fraude en Afrique du Sud.

 

 

Notons premièrement que si le Soudan reçoit tant d’attention des gouvernement, les causes sont bel et bien géopolitiques et non pas humanitaires car sinon on parlerait autant du Myanmar. Le Soudan a du pétrole, comme on peut le constater sur la carte en haut, par ailleurs le Soudan occupe un lieu très stratégique près du golf persique.

 

La première chose à remarquer, si vous regardez la photo plus haut, c’est l’absence des trois grandes pétrolières que l’ont retrouve partout d’habitude : Exxon Mobil, Shell et British Petroleum. Notons que la majorité des concessions sont allouées à des compagnies afro-asiatiques (Soudan, Malaisie, Chine). Le Soudan est donc très spécial en ce que ce ne sont pas les majores euro-américaines qui exploitent le gros des ressources (en fait, en ce qui a trait à l’exploitation, Total n’exploite pas en ce moment et donc il n’y a aucunes des 6 majores [Exxon, Shell, BP, Total, Chevron et ConocoPhillips] qui exploitent au Soudan).

 

Commençons par le premier point, qu’en est-il des accusations d’Amnistie? Il est toujours possible que Khartoum dit vrai, après tout, IPIS, selon son propre site Internet, reçoit son financement du gouvernement belge et de l’UE donc il est possible que l’IPIS soit instrumentalisée par ces derniers. Surtout que, quand on regarde les rapports produits par l’IPIS, après un regard superficiel il n’y a rien à redire sauf que une grande proportion de ceux-ci ont trait au Congo-Kinshasa (Congo-K), pays où la Belgique a des intérêts. Mais bon, de toute façon c’est pas bien grave que ce soit de vraies photos ou non, il reste qu’il est vrai que la Chine est le plus grand fournisseur d’armes au Soudan, et que dans sa lutte contre les rebelles, le Soudan fournit surtout des armes chinoises aux Janjaweeds, et donc, que Khartoum et Beijing sont les grands responsables des atrocités au Darfour. Notons justement que c’est la concession de la CNPC (pétrolière chinoise) qui est au Darfour. On voit donc que la CNPC agit comme le fait Shell au Nigeria (ou Bolloré au Congo-B et au Tchad, etc. etc.) et arme des groupes terroristes afin de terroriser et massacrer la population locale qui s’oppose au pillage de leurs ressources naturelles, à la destruction de leur environnement et donc de leurs moyens de subsistance et qui s’oppose à leur délocalisation forcée pour faire place aux installations pétrolières. Il n’y a rien de surprenant à cela, il n’y a rien pour nous porter à croire que la Chine agirait avec plus de respect et humanisme que la France, le Canada ou les ÉU. En fait c’est tout le contraire, Shell pourrait continuer à exploiter les ressources pétrolières du Nigeria sans s’adonner à un génocide (cela augmenterait peut-être ses coûts d’exploitation car elle devrait compenser justement toute expropriation, devrait s’assurer de la sécurité de ses installations et payer ses taxes et impôts mais cela resterait possible car au Nigeria c’est Shell qui demande à l’armée d’intervenir auprès de la population locale). La situation au Soudan est très différente, c’est le gouvernement du Soudan qui demande à la Chine de fournir des armes en échange de concessions car Khartoum veut de l’aide pour combattre les rebelles (lire population locale exploitée) en échange. Ceci dit, c’est bien parce que les responsables des atrocités sont la Chine et Khartoum que nous en entendons parler. Les atrocités dues à Shell, Bolloré, on ne les ouïe guère. Une autre raison pour laquelle on en entend parler est sûrement pour justifier une intervention militaire de l’ONU pour protéger les rebelles. Or, la «communauté internationale» envoie seulement l’ONU pour protéger les partis qu’elle appuie. Par exemple au Rwanda elle s’en foutait car elle n’avait aucun intérêt en jeu ou par exemple, dans un billet précédent, nous avons vu que lors de l’attaque du Zaïre de Mobutu par l’alliance Rwanda-Ouganda-Kabila, la France voulait faire intervenir l’ONU pour protéger Mobutu alors que les ÉU opposèrent leur veto car ils voulaient un changement de régime mais tout le long la justification d’un déploiement de l’ONU était les réfugiés à la frontière. Il me semble que la situation est sûrement similaire pour le Soudan aujourd’hui. Le plus plausible est que l’Europe et les ÉU veulent une intervention de l’ONU pour protéger les rebelles avant qu’ils soient anéantis par la Chine et Khartoum et après d’une manière ou d’une autre, porter ces rebelles au pouvoir et exiger en repaiement des concessions pétrolières. Ce qui appuie le plus cette hypothèse est que (d’après Khartoum) les hauts diplomates Canadiens et Européens eurent des pourparlers avec les rebelles sans Khartoum et contre le vœu de Khartoum. Ce genre d’attitude n’est pas à même d’amener la paix au Soudan. La seule raison logique qui amènerait les diplomates à converser «secrètement» avec l’opposition est de comploter avec cette dernière contre le gouvernement. D’ailleurs, vu la situation délicate dans laquelle se trouve Khartoum (Khartoum doit être dans une situation délicate vu qu’elle a finalement accepter l’envoie de 26000 troupes de l’ONU sur son territoire alors qu’elle refusait à corps défendant antérieurement) n’est dans une position pour faire ce qui en situation normale serait un terrible affront diplomatique sans bonne raison. D’ailleurs Khartoum semble avoir été extrêmement prudente : elle a attendu que les deux diplomate soient déjà hors Soudan pour les «expulser»! Et en plus elle a été bien claire qu’elle ne voulait pas par ces gestes détériorer ses relations diplomatiques avec la «communauté internationale». Il me semble donc fort probable que nous soyons témoins de la planification par le Canada et la France d’un changement de régime à Khartoum. Pour ceux que ça pourrait surprendre, le Canada n’en n’est pas à son premier renversement de gouvernement : il y a pas si longtemps le Canada avec l’aide de la France et des ÉU a déposé le gouvernement Aristide d’Haïti. Notons aussi que les machinations du Canada et de France sont ici encore une fois faites avec l’appuie de Washington. En effet, Washington a immédiatement vertement critiqué Khartoum pour son geste, j’ai même eu l’impression que la réaction de Washington fut la plus virulente, l’Europe ayant la réaction la plus réservée.

 

Il est très intéressant que ce soit le Canada et l’Europe qui soient impliqués dans cette affaire. En effet, c’est le Canada et l’Europe, ou plus précisément le Canada et la France ou plus précisément encore, le conglomérat Chrétien-Martin-Desmarais-PowerCorp-TotalElfFina- GroupeBruxelloisLambert-BNPparibas qui fut la grande perdante corporative (cliquez ici pour plus d’info) de la guerre en Irak car c’est Total qui avait le plus de concessions pétrolières de Saddam avant la guerre (ces contrats étaient négociés en euros et la première chose que la coalition fut après l’invasion de l’Irak fut l’annulation de ces contrats) et c’est BNP-Paribas qui gérait à grand profit pour elle-même le programme pétrole contre nourriture. Ceci est une des raisons pour laquelle le Canada sous Chrétien/Martin et la France étaient si opposés à la guerre en Irak. Il se peut donc qu’un plan pour renverser le gouvernement soudanais et d’attribuer les champs pétroliers à Total soit une sorte de compensation pour les pertes subies par ce conglomérat dû à la guerre en Irak.

 

 

Sources : http://www.ipisresearch.be/

 

Washington Post

 

Al Jazeera

 

The Times

 

The Times

 

The Times

 

Washington Post

 

Daily Times

 

Addendum:

Il n’y a pas que la Chine qui participa au génocide au Soudan, le Canada aussi. La compagnie canadienne Talisman Energy (voir carte en haut) aurait aidé des officiers soudanais à «bombarder des églises, tuer des gens d’église et attaquer des villages afin d’ouvrir le chemin à l’exploration pétrolière». Après avoir subi des pressions populaires, être amené en cour et avoir reçu des menaces de desinvestiment, Talisman s’est finalement retiré du Soudan en vendant ses avoirs soudais à la compagnie indienne ONGC Videsh en 2003. En 2005 il y a eu des rumeurs que Total achèterait Talisman.

source: Wikipedia et «Judge lets Talisman genocide case proceed despite warnings from Canada, U.S.», CP

 

 

 

 

 

 

 




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