Film de la semaine: L’Argent: Chute de l’Argentine

31 05 2008

Voici un excellent film:


L’Argent Chute de l’Argentine 1 sur 4
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L’Argent Chute de l’Argentine 2 sur 4
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L’Argent Chute de l’Argentine 3 sur 4
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L’Argent Chute de l’Argentine 4 sur 4
envoyé par LeLibrePenseurPour en savoir plus sur la création de l’argent, cliquez ici.



La privatisation de l’argent: une introduction

22 11 2007

Faux 3 piastres

Après avoir discuter avec certaines personnes, dont certains banquiers, à propos de la fraude qu’est le système bancaire à réserve fractionnelle et m’être vu répondre en premier lieu que «c’était normal», je me suis rendu compte que si même les banquiers ne voient pas l’ampleur de la fraude à moins d’être présenté avec un exemple vraiment flagrant, je ne peux pas m’attendre à ce que tout le monde puisse voir la fraude pour ce qu’elle est sans que je donne un exemple vraiment flagrant. Donc, avant de procéder à la partie III de la série (à propos de l’inflation et des cycles économiques), je vais rajouter une introduction (le présent billet) à la partie I, qui sera simplement un exemple flagrant, un exemple presque caricatural: l’exemple du Canada.

Mais avant il convient de reprendre, en quelques mots l’analogie de l’île. Admettons qu’une dizaine de personnes décident de s’établir sur une île déserte afin de bâtir une communauté. Ils sont arrivés avec beaucoup de matériel pour construire leur île mais qu’avec très peux d’argent: seulement la monnaie qui s’adonnait à se trouver dans leur portefeuille. Ils réalisent donc très vite qu’ils vont devoir créer de l’argent afin de satisfaire à leurs échanges économiques. Une personne, appelons-la Sophie, propose une solution: elle va imprimer de l’argent chez elle et va le prêter, moyennant intérêts, à tout ceux et celles dans lesquels elle aura confiance d’être repayée. Si vous étiez une des personnes de l’île (autre que Sophie) serriez vous d’accord avec ce marché? J’espère croire que toute personne sensée refuserait cette arnaque pas très subtile. Et pourtant, c’est exactement le système mis en place à peu près partout dans le monde!

Le Canada, le «plusse meilleur pays au monde», est un exemple particulièrement flagrant parce qu’il n’y a pas de taux de réserve minimale. Ceci veut dire la chose suivante. Je peux être complètement fauché, mais si j’obtiens l’autorisation du ministère d’ouvrir ma banque, sans avoir une seule cenne (centime pour les utilisateurs/rices de francs), je peux commencer à prêter de l’argent, pire encore, il n’y a pas de limite sur la quantité d’argent que je peux prêter. C’est pas des blagues, j’ai vraiment aucun argent, même pas l’argent de quelqu’un d’autre qui aurait déposé de l’argent chez ma banque, zéro, nada, niet, pas une cenne, mais je peux prêter autant d’argent que je veux. L’argent que je prête c’est de l’argent virtuel que je crée de toutes pièces, je ne fais qu’inscrire le montant au compte de la personne qui emprunte. Sur ce «prêt» que je fournie à la malheureuse personne qui m’emprunte de l’argent je demande des intérêts qui peuvent varier entre 6% pour un prêt hypothécaire à 30% pour les cartes de crédit* les plus usurières (au Canada). Mais d’un autre coté, l’argent que je crée de toutes pièces est bien réelle dans le sens que peux acheter ce que je veux avec: je peux acheter une voiture si je le veux, sans avoir une cenne, je n’ai qu’à inscrire le montant au compte du concessionnaire automobile. Mais, comme je suis une banque, la majorité de l’argent que je crée sert à faire des prêts aux gens. Notez aussi que si j’ai pas d’argent pour commencer mais je prête un million de dollars à quelqu’un, j’inscris ce montant dans son compte et donc, dans mon livre comptable j’ai 1 million de dollars de dépôts et un million de dollars de prêts, donc superficiellement on dirait que je prête l’argent que les gens déposent chez ma banque! Cette exemple n’est pas juste un exemple farfelu, la quasi-totalité de l’argent créé (95% environ) au Canada (et dans la majorité des autres pays) l’est par les banques, exactement de la même manière qu’illustré par mon hypothétique banque qui commence sans le sou.

En fait, c’est comme une taxe, collectivement, on paie plus de 6% d’intérêts sur tout l’argent en existence au pays! Pour tout dollar en existence, il y a quelqu’un qui paie de l’intérêt dessus! En fait on peu même le vérifier facilement l’exactitude de cette affirmation. Selon la Banque du Canada, en 2006, il y avait environ 1000 milliards de dollars en circulation au Canada (incluant les devises étrangères), dont seulement environ 46 milliards en argent comptant hors des banques (argent créé par la Banque du Canada). Parallèlement, en regardant sur Reuters et les sites respectifs des banques ont voit que collectivement, la CIBC, la Banque de Montréal, TD, la Banque de Nouvelle-Écosse, la Banque Royale, la Banque Nationale, les Caisses Desjardins et la Banque Laurentienne (les banques privés [car c’est pratiquement ce que Desjardins est devenu] ayant les plus grosses parts de marché au Canada), ont récoltés 87 milliards de dollars en intérêts**. Si ont suppose que les banques mentionnée ci haut ont collectivement 100% des parts du marché, ça veut dire que collectivement, nous payons 8,7% d’intérêt par année sur toute l’argent en circulation.

Nous payons une taxe de 8,7% par année aux banques privés pour utiliser les dollars canadiens créés par les banques privées. Mais cette taxes fonctionne à l’inverse de la l’impôt sur le revenu avec lequel nous sommes familiers. En effet, l’impôt sur le revenu est gradué de façon que les pauvres n’en paient presque pas tandis que les riches en paient (ou du moins seraient censé payer s’il n’y avait pas de paradis fiscaux) une portion croissante de leurs revenus. Pour la taxe sur l’argent c’est le contraire, les pauvres qui n’arrivent même pas à payer leur facture de carte de crédit paient un taux d’environ 20% sur l’argent qu’ils utilisent, tandis que les riches qui ont trop d’argent reçoivent un «remboursement de taxe» d’environs 5% sur l’argent qu’ils ont.

Comparons cette taxe perçoivent les banques sur la création de l’argent aux taxes et impôts des gouvernements. Le gouvernement fédéral a perçu environs 200 milliards de dollars en taxes, impôts et cotisations de toutes sortes en 2006 (ceci n’inclue pas les revenus des sociétés d’État ou des activités de l’État), de ce montant, 33 milliards étaient utilisés pour payer les intérêts sur la dette. Ceci veut dire qu’en 2006 nous avons payé 167 milliards de dollars pour les services du gouvernement fédéral*** comparé à 87 milliards de dollars en taxes pour le droit d’utiliser l’argent créé par les banques. Cela veut dire qu’un tiers [87/(87+167)*100% = 34% ] de nos «taxes» servent à payer les banques pour le droit d’utiliser l’argent qu’elles crée. Regardons les choses d’une perspective. Admettons que l’argent est créé par le gouvernement au lieu d’être créé par les banques, déjà le gouvernement n’aurait pas besoin d’emprunter donc il n’aurait pas de dette et donc n’aurait pas à payer 33 milliards pour servir la dette mais en plus, au cours de 2006, les banques ont créé environ 100 milliards de dollars donc si gouvernement était celui qui créait l’argent, il aurait eu, en 2006, 100 milliards de dollars de plus qu’il aurait créé à la place des banques et donc aurait besoin de collecté 100 milliards de dollars de moins en taxes et impôts. Ce qui fait, qu’au lieu de collecter 200 milliards de dollars en taxes et impôts comme le gouvernement du Canada l’a fait en 2006, il aurait pu collecté seulement 67 milliards de dollars en taxes et impôts et fournir exactement les mêmes services! Ceci représente un rabais de 67% sur les taxes et impôts collectés!

J’imagine qu’à ce point-ci vous vous demandez, si c’est si profitable d’être une banque, pourquoi est-ce qu’il n’y a pas de gens qui fondent des banques au lieu de faire autre chose. «C’est quoi la pogne?» En fait, collectivement les banques sont très profitables, mais individuellement ce n’est pas nécessairement le cas. Toute la profitabilité usurière repose sur l’hypothèse que les banques peuvent prêter de l’argent qu’elles créent. Cela peut seulement se faire si les gens qui emprunte de l’argent ne demandent pas d’avoir leur argent en main propre ou ne transfère pas cet argent vers un autre banque, i.e. l’argent qui est prêté par la banque reste dans cette banque, la banque récolte alors de l’intérêt sur l’argent mais elle n’a pas a fournir l’argent. Ceci n’est pas un problème pour une grosse banque car si elle prête 100 000 $ à quelqu’un, même si la personne dépense son 100 000$ d’un coup, il y a de grosses chances que la personne qui reçoit les 100 000$ va encaisser son chèque dans son compte chez la même grosse banque et donc l’argent ne sortira jamais de cette banque, la banque n’aura jamais à vraiment fournir l’argent. Et même si la personne qui reçois le 100 000$ va le déposer chez une autre banque, en moyenne il y aura quelqu’un d’autre qui déposera un 100 000$ provenant de la seconde banque dans un compte de la première banque, ce qui rééquilibra la chose et ferra en sorte qu’aucune banque ne fournira réellement d’argent. En pratique les grandes banques n’ont besoins que de 2-3% de tout l’argent qu’elles prêtent pour satisfaire à la demande. Mais évidemment s’il y a un flux net d’argent d’une banque vers une autre, la banque déficitaire devra emprunter l’argent qui lui manque ce qui aura pour effet qu’elle récoltera de l’intérêt non pas sur de l’argent qu’elle a créé mais sur de l’argent qu’elle a emprunté. Cela et largement moins profitable et si le transfert d’argent se fait trop vite, la banque n’aura pas le temps d’emprunter assez d’argent pour répondre à ses obligations et sera forcée de faire faillite. Ce genre de situation est beaucoup plus probable pour une petite banque. Mais, cela peut arriver même aux grosses banque, si tout le monde allait sortir son argent en argent comptant, toutes les banques ferraient faillite, car collectivement elles possèdent moins de 5% de tout l’argent qui est déposée chez elles. L’autre 95% est de l’argent qu’elles ont créé en faisant des prêts mais qui est resté déposé (pas nécessairement par la même personne) chez les banques.

La majorité des pays ne sont pas comme le Canada, et fonctionnent avec un système bancaire à réserve fractionnelle avec un taux de réserve minimum non nul. Quoi que cela soit mieux en théorie, en pratique cela revient exactement au même simplement parce que c’est toujours les banques privées qui créent la majorité de l’argent. La partie I de cette série parle donc du cas plus général du système bancaire à réserve fractionnelle ou le taux de réserve minimal est arbitraire. Le cas du Canada que l’on vient de considérer est le cas spécifique où le taux est nul. La partie II de la série est une analyse comptable plus détaillée du processus de création d’argent dans un système bancaire de réserve fractionnelle. La partie III traitera de l’inflation et des cycles économiques. Une grande majorité des articles ou médias ou politiciens qui critiquent le système bancaire à réserve fractionnelle préconisent de retourner en arrière et de remettre en place un système monétaire basé sur l’or. La partie IV expliquera pourquoi cela n’est pas la bonne solution et proposeras certaines solutions alternatives. Finalement la partie V fournira des références pour des ressources supplémentaires sur le sujet.

*Visa appartient aux banques membres (quoiqu’elle va bientôt être introduite en bourse) et MasterCard quoique coté en bourse appartient surtout aux banques dont les plus grosses parts appartiennent à Banque of América (11% via Marisco), Fidelity Investements (8%) et Goldman Sachs (4,5%) . Mais, de toute façon, Visa et MasterCard ne sont que fournisseurs de solutions informatiques, ce sont les banques émettrices qui perçoivent l’intérêt sur les dettes de carte de crédit et ce sont les banques qui perçoivent aussi les frais de transactions d’environ 2% (et de 1% environ pour les carte de débit) auprès des commerçant(e)s sur toutes les transactions effectuées par le biais des réseau Visa, MasterCard (et aussi Interac).

**RBC: 22,2 milliards, Scotia: 17,7 milliards, TD: 15,5 milliards, CIBC: 13,2 milliards, BMO: 13 milliards, BN: 4 milliards, Laurentienne:  0,8 milliards, Desjardins: 0,6 milliards.

***Bon d’accord, c’est vrai que je ne vois pas trop l’utilité des «services» du gouvernement fédéral (la guerre en Afghanistan je ne trouve pas que c’est un service qui m’est rendu), mais le problème est que c’est difficile de faire une comparaison avec le gouvernement du Québec puisque je ne peut pas trouver les données de l’intérêt perçu seulement au Québec. Mais juste pour avoir une idée, les revenus du gouvernement du Québec étaient de 55,1 milliards de dollars en 2006 incluant 9,6 milliards de transferts fédéraux et les revenus des sociétés d’États et de ce montant 7 milliards était utilisés pour servir la dette. On peut estimer les intérêts perçus au Québec par les Banque en multipliant les intérêts perçus au Canada par la proportion de l’économie canadienne qui est québécoise: en 2006 le PIB du Québec était de 260 milliards et le PIB du Canada était 1280 milliards, donc le Québec représente à peu près 20% de l’économie canadienne donc on s’attendrait à ce que les banques aient récoltés 20%*87 milliard = 18 milliards de dollars en intérêts. Donc au Québec on a payé une taxe d’environ 18 milliards de dollars pour pouvoir utiliser l’argent créé par les banques [ce montant est à comparer aux 550 millions par année qu’il faudrait pour instaurer la gratuité scolaire à tous les niveaux au Québec] tandis qu’on payait 48 milliards de dollars pour recevoir les services du gouvernement (santé, éducation, transport en commun, etc.) ce qui veut dire que les taxes pour payer l’utilisation de l’argent créé par les banques représentaient 27% du montant total!

Allez à la partie: I II III IV V



Manif contre les ports méthaniers

16 09 2007

affiche

Notons ici que comme précédemment mentioné, la seule raison que le Québec s’apprête à permettre ces ports méthanier alors même que toutes les villes côtières étasuniennes les refusent (même si ultimement le gaz doit être acheminer aux ÉU) est parce que les Desmarais (et aussi les cinq grandes banques canadiennes ) ont des intérêts dans toutes les compagnies participant aux projet: GDF, GazMétro, Enbridge, TransCanada et Pétro Canada!



Le système bancaire à réserve fractionnelle: la privatisation de l’argent (partie I)

9 08 2007

dixpiastresbmo

Ce billet est la suite logique de l’introduction que vous pouvez trouver ici: «La privatisation de l’argent: une introduction».

Qui crée la monnaie? Vous croyez surement, comme la majorité des gens, que c’est votre gouvernement qui crée la monnaie de votre pays. Rien n’est plus faux. La grande majorité de l’argent est créée par des banques privées, environs 95% [7] pour être plus précis (on parle ici de création net d’argent et non pas du renouvèlement des vieux billets par des nouveaux). Autrement dit, seulement environs 5% de l’argent en circulation est créée par votre gouvernement, on comprend mieux alors pourquoi le gouvernement doit continuellement emprunté de l’argent aux frais des contribuables et aux profits des banques! En 1912, comme l’atteste la photo ci-haut, cela était plus visible car les banques privées imprimaient monnaie (et étaient pratiquement les seules à le faire [5]), ce qu’elles ne font plus. L’argent imprimé par les banques privées étaient en circulation au Canada jusqu’en janvier 1950 et ces billets sont encore valide dans le sens que la Banque du Canada est toujours tenue de les accepter et de les échanger pour des nouveau billets ([11] article 26 alinéa 2). Mais, comment les banques privées peuvent créée de l’argent sans en imprimer? C’est ce que nous allons voir.

Le système bancaire à réserve fractionnelle, si simple mais que personne ne comprend

À la base, la création d’argent commence en effet par l’impression de billet papiers et le battage de pièces de monnaie par le gouvernement (à l’exception des États-Unis où, pour créer de l’argent, le gouvernement fédéral doit préalablement s’endetter en émettant des obligations, mais nous ne parlerons pas de cet cas particulièrement frauduleux et nous nous concentrerons plutôt sur le cas générique). Par exemple, au Canada, la Banque du Canada (banque centrale) imprime les billets et peut créer de la monnaie électronique et la Monnaie royale canadienne (société de la Couronne depuis 1969 [6]) bat la monnaie. Une fois cette argent fraichement créée il y a deux façon de la distribuer:

  1. Payer les créditeurs de la banque centrale: c’est-à-dire payer les gens qui travaillent à la banque centrale ou eux qui ont vendu de l’or, de l’argent, de l’équipement, de la machinerie, des immeubles, etc. à la banque centrale ([11] article 25 alinéa 1).
  2. Échanger cet argent contre d’autres formes d’argent comme par exemple: des devises étrangères, de l’argent électronique créée par des banque privées, des billets de banque imprimées par des banques privées qui étaient en circulation avant 1950 (pour ce qui est du Canada, maintenant ce genre d’échange n’a pas lieu souvent mais en ’49-’50 la Banque du Canada a converti la majorité des billets de banque privés en l’argent que nous utilisons maintenant), des billets de la Banque du Canada usés, etc.

Et c’est ici que commence la deuxième vague de création de l’argent, celle qui produit la majorité de l’argent: l’argent électronique créée par les banques commerciales. Bien que cette argent soit créée sous forme électronique, elle est toute aussi vraie que l’argent en papier ou en métal, car la banque centrale a l’obligation ([11] art. 26, al. 1-2) d’imprimer assez de billets pour échanger l’argent électronique déposée par une banque privée à la banque centrale en billets de banque de papier.

Mais comment-donc cet argent électronique est-il créé par les banques commerciales? Chaque pays, de par ses lois, défini un taux de réserve T (qui peut changer de temps à autre mais qui est toujours inférieur à 100%), nous utiliserons T=10% par la suite ce qui correspond au taux en vigueur aux États-Unis. Pour connaitre le taux en vigueur dans d’autre pays, référez-vous à la Table 1 colligée d’après [2].
TABLE 1:

  Réserves minimales légales
     

Pays Réserve
    fractionnelle
    requise (%)
  Australie 0.00
  Canada 0.00
  Mexique 0.00
  Suède 0.00
  Royaume-Uni 0.00
  Eurozone 2.00
  Slovaquie 2.00
  Suisse 2.50
  Chili 4.50
  Inde 7.00
  Bulgarie 8.00
  Lettonie 8.00
  Burundi 8.50
  Hongrie 8.75
  Chine 11.50
  Pakistan 7.00
  Ghana 9.00
  États-Unis 10.00
  Estonie 15.00
  Zambie 17.50
  Croatie 19.00
  Tadjikistan 20.00
  Surinam 35.00
  Jordanie 80.00

Exemple: le tour de magie, 100$ dans un chapeau/banque magique devient 1000$

Le principe de base pour que les banques puisse créer de l’argent est le suivant: elle peuvent prêter plus d’argent qu’elles ont dans leurs coffres! Le montant maximal qu’elles ont le droit de prêter est déterminer par le taux de réserve minimal (10% pour le prochain exemple) et le montant d’argent qu’elles ont dans leurs coffres (leurs réserves). Les banques peuvent «créer» et prêter autant argent qu’elles le veulent tant que le ratio de leurs réserves (l’argent dans leurs coffres) par rapport à l’argent total inscrit dans les comptes des gens, le taux de réserve, soit supérieur au taux minimal. Donnons notre premier exemple concret: Moi, Monsieur Banquier, va voir le gouvernement de mon pays et me fais octroyer une licence pour partir ma propre banque: Grôssbanque. Je ne suis pas bien riche mais il me reste 100$ de mon remboursement de taxes du gouvernement que j’utilise comme capital de base pour Grôssbanque: Grôssbanque a un réserve d’argent de 100$. Le lendemain, Mlle. Entrepreneuse vient à mon bureau pour faire un emprunt pour démarrer son entreprise. Comme le taux de réserve minimal est de 10% et que j’ai une réserves de 100$ et que 10% de 1000$ est 100$, j’ai le droit de prêter jusqu’à 1000$ à Mlle. Entrepreneuse. Je lui fais donc une offre super concurrentielle: je lui prête 1000$ pour 2 ans à un taux d’intérêt de 7% annuel payable annuellement. Ainsi, je sort le livre comptable de Grôssbanque et sous la colonne «compte chèque de Mlle. Entreprise» j’inscris 1000$. Il va s’en dire que je ne paie pas d’intérêt sur les comptes chèque. Je vends ensuite un carnet de chèque à Mlle. Entrepreneuse pour 10$, j’ai donc maintenant 110$ de réserve. Mes réserves sont de 110$ et le total d’argent inscrit dans les comptes des gens est de 1000$, le ratio est donc 11% ce qui est supérieur au 10% minimal, je pourrais donc faire d’autres prêts. Bien entendu, je viens de prêter, 1000$ à Mlle. Entrepreneuse mais ces 1000$ n’existaient pas avant, je les ai inventé de toutes pièces. Mais c’est pas trop grave, tant que Mlle. Entrepreneuse n’essaie pas de sortir plus que 110$ de son compte, elle ne se rendra compte de rien. Et au pire, même si elle veux retirer plus de 110$, je peux toujours me tirer d’affaire en empruntant l’argent nécessaire à la banque centrale à un taux d’intérêt annuel de 5%, je sort donc toujours gagnant (Mlle. Entrepreneuse, n’étant pas une banque, n’a malheureusement pour elle et heureusement pour moi, pas le droit d’emprunter directement à banque centrale). Aussi, j’essaie de minimiser la propension de Mlle. Entrepreneuse à retirer de l’argent en chargeant des frais relativement élevés pour ces transactions, cela l’encourage de payer par chèque. D’ailleurs, deux jour plus tard un M. Fournisseur vient chez Grôssbanque avec un chèque de 200$ tiré sur le compte de Mlle. Entrepreneuse car il lui a vendu de l’équipement pour son entreprise. Tant bien que mal, je réussi à le convaincre de ne pas retirer les 200$ (que je n’ai pas) tout de suite mais de plutôt ouvrir un compte Super-méga-ultra-épargne chez Grôssbanque payant un intérêt annuel faramineux de 3% payable annuellement. Je sort donc encore une fois le livre comptable de Grôssbanque et je modifie l’entrée sous «compte chèque Mlle. Entrepreneuse» à 800$ et je commence une nouvelle colonne, «compte épargne M. Fournisseur», sous laquelle j’écris 200$. Mes réserves sont alors toujours 110$ et le total d’argent dans les comptes des gens est de 200$ + 800$ = 1000$, le ratio est donc toujours 11%, j’ai donc des réserves excessives comme on dit. Un ans passe sans qu’il n’y ait plus aucune transaction dans ces comptes. À la fin de l’année Mlle. Entrepreneuse me doit 70$ = 7% de 1000$ en intérêts et je dois 6$ = 3% de 200$ à M. Entrepreneur. Je ressorts donc le livre comptable et je change le montant sous la colonne «compte chèque Mlle. Entrepreneuse» à 730$ et le montant sous la colonne «compte épargne M. Fournisseur» à 206$. Au bout de la première année donc, j’ai fais un profit de 74$ (=10+70-6) sur un capital initial de 100$ en prêtant 1000$ qui n’avait jamais existé. C’est pas mal quand même! Et ce qui est encore mieux, c’est que mes réserves sont toujours 110$ mais le total de l’argent inscrit dans les comptes des gens est de 730$ + 206$ = 936$ et donc le ratio,le taux de réserve, est de 11,8%, je pourrais donc créer et prêter encore 164$ pour ramener mon taux de réserve à 10%. Dans un an encore, Mlle. Entrepreneuse me devra 70$ d’intérêts plus 1000$ pour repayer son prêt initial mais comme elle n’a que 730$ dans son compte chèque, elle devra trouver ailleurs (les profits de son entreprise peut-être) les 340$ restant pour me les donner. Si elle n’est pas capable de payer je pourrai peut-être lui fournir un autre prêt pour qu’elle puisse payer son prêt antérieur, mais cette fois si à un taux d’intérêt plus élevé car elle aura une mauvaise cote de crédit.

En fait, je vous ai menti un petit peu dans le dernier exemple, car seulement les comptes en banque considérés comme «liquides» doivent être pris en considération dans le calcul du ratio, cela veut dire que les comptes d’épargne ne sont généralement pas compris dans ce calcul, donc le compte de M. Fournisseur n’a pas besoin d’être inclus. Donc, après la première année le taux de réserve serait vraiment 110$/730$ * 100% = 15% et Grôssbanque pourrait en effet créer et prêter 364$ de plus à la place de 164$ de plus afin de ramener le taux de réserve au taux minimal de 10%! Dans le prochain exemple, pour se simplifier la vie, on fait comme si les comptes d’épargnent étaient pris en compte dans le calcul du taux de réserve. Dans la table 2 (source: [2] ) ci-bas on voit les vrais taux de réserves moyens de différents pays au cours du temps.

TABLE 2:

  Taux de réserves
moye ns
 
  Pays 1968 1978 1988 1998
  Royaume-Uni 20.5 15.9 5.0 3.1
  Turquie 58.3 62.7 30.8 18.0
  Allemagne 19.0 19.3 17.2 11.9
  États-Unis 12.3 10.1 8.5 10.3


Autres parties de la série: Introduction, Partie I, Partie II, Partie III, Partie IV
ERRATUM: Le taux de réserve minimal pour le RU est en fait pas exactement 0 mais 0,35% mais ce taux est purement symbolique puisque les banques gardent en fait un taux bien plus élevé (1-2%) afin de pouvoir répondre à la demande des gens qui veulent retirer de l’argent comptant.

sources:

  1. http://en.wikipedia.org/wiki/Fractional_reserve_banking
  2. http://en.wikipedia.org/wiki/Reserve_requirement
  3. http://en.wikipedia.org/wiki/Local_currency
  4. http://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_du_Canada#Histoire
  5. http://en.wikipedia.org/wiki/Bank_of_Canada#History
  6. http://en.wikipedia.org/wiki/Royal_Canadian_Mint
  7. http://en.wikipedia.org/wiki/Full-reserve_banking#Monetary_reform
  8. http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9dit_social
  9. http://fr.wikipedia.org/wiki/Finance_islamique
  10. http://en.wikipedia.org/wiki/Islamic_banking#Principles
  11. Lois sur la Banque du Canada



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