Film de la semaine: The Clinton Chronicles

17 02 2008



Le Ministère de l’abondance

9 02 2008

Ministère de l’Abondance

(photo: Bureau of Labor Statistics avec une enseigne qui lui sied)

Aux États-Unis (mais la situation ne doit pas être trop différe

Aux États-Unis (mais la situation ne doit pas être trop différente au Canada ou en Europe), la manipulation politique des données économiques gouvernementales est à ce point sévère qu’un consultant en économie se spécialise dans la rectification des données gouvernementales pour les entreprises qui font usage de ces données. La situation est à ce point sévère qu’on croyerait le Ministère de l’abondance du livre 1983 qui déclare une prospérité économique toujours grandissante d’année en année alors qu’en réalité elle se détériore sans cesse. 

Voici le texte explicatif que donne le consultant en question à propos des données du gouvernement, ce qui suis est ma traduction en français (pour lire l’original en anglais cliquez ici):

Le Ministère de l’abondance

Introduction et considérations générales

En 1996, en plein milieu du miracle économique de l’ère Clinton, la fondation Kaiser a entrepris un sondage du public étasunien que se voulait montrer à quel point l’électorat avait perdu contact avec la réalité économique. La majorité des étasuniens croyaient que l’inflation et le chômage étaient beaucoup plus élevés et que la croissance économique était beaucoup plus faible que ce qui était rapporté par le gouvernement. Le Washington Post se plaignit de l’ignorance du public envers l’économie. On trouverait les mêmes résultats aujourd’hui.

Ni la Fondation Kaiser ni le Washington Post comprit qu’il y avait et qu’il y a toujours un bonne raison pour l’écart entre les perceptions communes et les données du gouvernement : les données gouvernementales sont biaisées sont biaisées dans une direction politiquement correcte et de plus en plus divergent de l’expérience de tous les jours et de la réalité. Cette tendance a vraiment pris son élan vers le milieu des années 80. Les chiffres gouvernementaux d’inflations et de chômage sont sous-estimés alors que données l’emplois ou ayant trait à la performance économique sont surestimés et ce intentionnellement.

Pendants des années, j’ai [ndlr : je = Walter J. Williams] entrepris des sondages auprès d’économistes des affaires afin savoir comment elles et ils percevaient la qualité des données économiques gouvernementales. Voici deux d’entres eux :

  • L’économiste en chef d’une grande entreprise de vente au détail me dit : «La qualité varie. Les données des ventes au détail sont terribles mais les données sur la masse monétaire sont assez bonnes.»

  • L’économiste en chef d’une grande banque opina : «Il y un problème avec les données de la masse monétaire mais pour ce qui est des ventes au détail je crois que c’est assez bon.»

Le point est que quand l’économiste connaît bien le domaine, elle ou il se rend compte des limites et des distorsions des données économiques apparentés. Recueillir et diffuser des informations sur des composantes de l’économie étasunienne à intervalles réguliers rapprochés (à chaque mois) est presque impossible. Néanmoins, la majorité des fonctionnaires statisticien(ne)s à Washington travaillent assidûment afin de fournir les meilleurs informations disponibles dans les limites du système existant. Un certain nombre de distorsions des données n’est toute fois pas accidentel.

Ce qui suit est un court aperçu du système de diffusion des données économiques et la façon dont l’on peut voir ses données. Les prochaines sections se pencheront chacune sur un sujet spécifique : l’inflation, le PIB et le déficit budgétaire [ndlr : et l’index des prix à la consommation (IPC). Ce qui fait cinq sections incluant celle-ci]. D’autres aspects pourront être adressés sur demande.

La publications sur une base régulière des statistiques économiques si populaires de nos jours comme le produit intérieur brut/produit national brut (PIB/PNB), le taux de chômage et l’indice des prix à la consommation (IPC) débuta dans la décennie suivant la seconde guerre mondiale. La manipulation politique moderne de ces données débuta par après dès que cela fut possible en révisant la méthodologie et souvent en incorporant un biais systématique dans la direction politiquement voulue. Cela a eu pour effet que la réalité économique sous-jacente aux données économiques a souvent échappé aux investisseurs et économistes qui dépendaient des données gouvernementales. Voyez :

  • Sous l’administration de Kennedy, le chômage fut redéfini en ajoutant le concept de «travailleurs découragés» afin de réduire le taux de chômage, cette donnée suivie par tous.

  • Quand Lyndon Johnson n’aimait pas la croissance du PIB qui allait être publiée, il la renvoyait au Département du commerce et il le fit jusqu’à ce que le Département sorte une figure qui lui plaisait. L’administration de Johnson est aussi responsable d’avoir bidouillé la comptabilité qui cache la majore partie du déficit budgétaire fédéral.

  • Richard Nixon eut un conflit très publicisé avec le Bureau des statistiques du travail [ndlr : Bureau of Labor Statistics] à propos des données sur le chômage. Il y a deux taux de chômages, un «brute» et un ajusté pour éliminer les effets saisonniers, Nixon souhaitait publier, à chaque mois, uniquement le plus petit des deux chiffres sans dévoiler au public lequel était publié. Alors que cette façon de faire fut considérée frauduleuse à l’époque et ne fut jamais implémentée, cette même méthodologie fut introduite par l’administration de Bush fils en 2004 sous prétexte que c’était la «fine pointe de la technologie».

  • L’administration de Carter fut prise à sous-estimer intentionnellement le taux d’inflation.

  • Des changements systématiques furent introduits sous l’administration de Carter pour hausser la croissance du PIB/PND publié de manière régulière. Les manipulations les plus extrêmes eurent par contre lieu lors de la crise de liquidité de 1987. En plus de l’intervention de la Banque de réserve de New York sur les bourses de contrats à termes [ndlr : futures markets] pour soutenir les cours des actions en bourse après le krach du 19 octobre, sous les ordres directs de la Réserve fédérale [ndlr : the Fed] et du Département du trésor des États-Unis, des manipulations grossières directes des données portant sur le déficit commercial des États-Unis furent utilisés en conjonction avec une intervention massive sur le marché des changes pour aider à mettre fin à la chute du dollar étasunien ainsi que pour essayer d’atténuer la panique qui s’était emparée du marché des changes fin 1987.

  • L’administration de Bush père débuta les efforts pour une réduction systématique du taux d’inflation de l’IPC publié et développa une façon extérieur au système de manipuler le PIB publié [ndlr : je crois que par cela l’auteur veut dire qu’en diminuant l’inflation publiée cela augmente automatiquement le PIB sans avoir à modifier directement les données sous-jacentes au PIB] dans le but d’aider la campagne de réélection de Bush père en 1992 qui ultimement échouera.

  • Comme l’ex-secrétaire au Département du travail Bob Reich l’a expliqué dans ses mémoires, l’administration de Clinton s’était rendue compte, à travers ses sondages du public, que si le gouvernement édulcorait ses données économiques, assez de gens y croiraient que cela pouvait devenir déterminant lors d’élections serrées. Par conséquence, toute parcelle d’intégrité qui aurait put survivre jusque là dans le système de diffusion des données économiques s’évaporèrent lors de la présidence de Clinton. Le chômage fut redéfini pour éliminer cinq millions de travailleurs découragés diminuant du fait le taux de chômage ; les méthodologies firent changée pour réduire les indicateurs de pauvreté, pour réduire l’inflation de l’IPC, pour gonfler la croissance du PIB, etc.

  • L’administration de Bush fils a continuée dans la lancé de celle de Clinton. Tout spécialement, l’administration de Bush a mis en place la structure pour l’adoption d’un nouvel IPC minimisant encore plus l’inflation et l’administration a aussi redéfinie le PIB et le concept d’ajustement des effets saisonniers.

Le résultat de ces manipulations systématiques, si la méthodologie utilisée en 1980 était utilisée pour analyser les données actuelles, la croissance de 3,0% au deuxième quart du PIB annualisé et ajusté pour l’inflation serait inférieur d’à peu près trois pourcent (ce qui veut dire que la croissance du PIB serait en fait nulle ou négative). De la même manière, l’actuelle inflation de l’IPC est sous évaluée d’environ 2,7% comparativement à la méthodologie pre-Clinton (l’inflation serait donc en fait 5,7%) et le taux de chômage est sous-évalué d’environ sept pourcent par rapport à sa définition originelle et ce que beaucoup de gens considèreraient être le vrai taux de chômage (qui serait alors de 12,5%).

À propos des résultats financiers des opérations fédérales, l’application de la comptabilité d’exercice i et des principes de comptabilité généralement acceptés (GAAP) aux comptes du gouvernement fédéral révèle un déficit de 3,7 billions (3700 milliards) de dollars pour l’année fiscale de 2003, tel que rapporté par le Département du trésor des Etats-Unis, cela est a contraster avec le déficit de 374 milliards de dollars rapporté selon une comptabilité de caisseii.

Les facteurs clés à prendre en compte avec toutes diffusion de données économiques :

Lire ou écouter les statistiques économiques dans les médias financiers n’a que peu de valeur à moins que le contexte des donnée divulguées soit claire et que soit bien détaillé tout ajustement des données : ajustement pour l’inflation, ajustement pour les effets saisonniers ou ajustement découlant de toute révision.

Ajustement pour les effets saisonniers : Les statistiques populaires sont fréquemment ajustées pour soustraire les tendances qui reviennent sur une base régulière, année après année, ou qui sont liées aux jours d’affaires ou de bourse. Les ventes au détail sont par exemple plus nombreuses durant le temps des Fêtes ; un autre exemple est qu’il y a des années bissextiles où février a un jour de plus.

Bien que l’ajustement saisonnier soit un outil légitime permettant de faire meilleures comparaisons mois sur mois ou trimestre sur trimestre de données qui sinon pourraient être biaisée par des tendances saisonnières, il s’avère que le gouvernement a des problèmes avec ses ajustements. Certaines données s’ajustent très mal : les demandes de prestation de chômage hebdomadaires ou encore les effet saisonnier sur l’emploi des vacances et de l’année scolaire.

Une façon de éviter les complications des tendances saisonnière est de regarder la variation sur une base annuelle, juillet 2004 par rapport à juillet 2003 par exemple. Ces variations sur une base annuelle sont largement exemptes de distorsions saisonnières.

Les biais saisonniers sont typiquement calculés annuellement sur la base des tendances des années récentes. Le Bureau des statistiques du travail [ndlr : Bureau of Labor Statistics] décida par contre depuis janvier 2004 de réviser et des recalculer ses biais saisonniers à chaque mois.

Ajustement pour l’inflation : Si l’inflation augmente de 3,0% pour l’année et que les ventes augmentent de 2,0% pour la même année, alors les ventes ont en fait chutées de 1,0% après ajustement pour l’inflation [ndlr : plus précisément, la croissance des ventes ajustée pour l’inflation est de 100%*(1,02/1,03-1)= -0,97%]. Ce genre d’ajustement pour tenir compte des effets de l’inflation est une façon tout à fait justifiée de regarder les données.

Les tournures de phrases qui veulent dire que les données ont été ajustées pour l’inflation sont entres autres : réel, en dollars constants, en dollars de 2000, en dollars de 2000-chaîne pondérés. Les tournures de phrases voulant dire que les données n’ont pas été ajustées sont entre autres : nominal et en dollars courants.

La donnée statistique économique ajustée pour l’inflation la plus suivie est le PIB qui reflète croissance de l’économie en dollars moins la croissance de l’inflation. Donc si l’inflation est sous-évaluée, le PIB sera surévalué en conséquence.

Type de croissance : Le taux de croissance rapporté est-il mensuel, annuel ou bien annualisé ? La majorité des données économiques publiées mensuellement sont des taux de croissances mensuel (la croissance par rapport au mois précédent). Les données trimestrielles donnent habituellement la croissance par rapport au trimestre précédent (comme par exemple l’indice du coût à l’embauche) et ce parfois à un taux annualisé (comme pour le PIB par exemple).

Comme mentionné précédemment, les tendances les plus significatives se voient dans les changement annuel même si ces tendance sont très peu publicisées. Les changements d’année en année (ce qui a la façon dont la plus part des entreprise analysent leurs ventes – Comment je me compare à l’année précédente ?) éliminent habituellement les distorsions saisonnières des donnée non ajustées et les distorsions résiduelles des données ajustées.

Révision : La majeure partie des données économiques subit régulièrement des révisions parfois significatives. Les données sont typiquement révisées au cours des quelques parutions subséquentes après la publication initiale et annuellement par la suite au cours d’une sorte de révision étalon quand le gouvernement obtient de meilleures données ou des données plus complètes. Une donnée mensuelle peu apparaître forte ou faible simplement à cause d’une révision des données de la période précédente.

L’IPC et le taux de chômage non ajustés pour les effets saisonniers sont deux indices qui ne sont pas révisés à moins qu’une erreur ait été faite ou que leur définition soit changée. S’il y a changement de définition, alors la donnée antérieure n’est plus comparable a la nouvelle donnée mais les médias de la finance ne portent que très peu attention à ces détails.

i Méthode de comptabilisation qui consiste à tenir compte, dans la détermination du résultat net d’une entité, des produits et des charges découlant des opérations d’un exercice lorsque les produits sont gagnés et les charges engagées, sans considération du moment où les opérations sont réglées par un encaissement ou un décaissement ou de toute autre façon. [http://www.granddictionnaire.com/]

ii Méthode qui consiste à constater les produits au moment où ils font l’objet d’un encaissement et à imputer les charges aux résultats de l’exercice au cours duquel elles font l’objet d’un décaissement. [http://www.granddictionnaire.com/]

En plus de cette introduction, il explique plus en détail les situations particulières du chômage, du déficit, de l’inflation et du PIB.

Preuve que le monsieur en question dit vrai (du moins pour ce qui est de la dette), voici un extrait de ce que les auditeurs du gouvernement fédéral des États-Unis ont à dire à propos des états financiers du gouvernement en 2003 (donc avant même la guerre d’Iraq) (vous pouvez lire l’original en cliquant ici):

«As in the 6 previous fiscal years, certain material weaknesses
in internal control and in selected accounting and reporting practices resulted in
conditions that continued to prevent us from being able to provide the Congress and
American citizens an opinion as to whether the consolidated financial statements of the
U.S. government are fairly stated in conformity with U.S. generally accepted accounting
principles. […] There are three primary reasons why the consolidated financial statements remained
unauditable for fiscal year 2003: (1) serious financial management problems at the
Department of Defense (DOD), (2) the federal government’s inability to account for
billions of dollars of transactions between federal government entities, and (3) the federal
government’s ineffective process for preparing the consolidated financial statements.»



Film de la semaine: Histoire secrète du Biafra

9 02 2008


histoires secretes du biafra
envoyé par sur_vivant



Quand la police de Montréal s’attaque à la liberté d’expression

21 01 2008

Voici un courriel reçu:

On a reçu un appel de la FPPM encore. Ils veulent qu’on retire deux
autres textes du COBP:
http://www.cmaq.net/fr/node/28918

http://www.cmaq.net/fr/node/28919

[ndlr: s’il sont retirés du CMAQ, vous pouvez accédez aux textes en cliquant ici à la place]

J’ai « discuté » (quel plaisir) avec Martin Viau, directeur des communications et de la recherche (sic). Il parle de « grossiereté » et « d’insultes » dans le texte et demande que les deux textes soient retirés, au lieu de passer par le trouble de faire une autre mise en demeure.

Je suis assez confiant qu’il va faire une mise en demeure si je refuse de retirer le texte.

Je trouve ça extrêmement chiant de faire la job de la police de la censure sur le CMAQ. Je ne peux que répéter à quel point je suis en conflit d’intérêt là-dedans (ie. Koumbit [ndlr: fournisseur internet du CMAQ] est ma job et je veux pas la risquer pour la liberté d’expression du CMAQ, du moins pas de cette façon) et comment j’aimerais que Koumbit soit retiré comme « antenne--> légale" du CMAQ.

Désormais, la FPPM ont notre téléphone et notre adresse. Ils vont nous faire chier toutes les fois qu'ils vont trouver un pet sur le CMAQ.



Film de la semaine: Sibel Edmonds: Kill the Messanger

18 01 2008

Désolé mais la version française semble avoir été censurée par google: Sibel Edmonds – Une femme à abattre

Mais il y a toute même cette bande annonce sous-titrée:



Sur la constitution européenne

9 01 2008

repris de Voltairenet:

Un « mini-traité » de… 1300 pages

Étienne Chouard : les traités européens servent les intérêts de ceux qui les écrivent

par Silvia Cattori*

Signature of the Berlin declaration by Hans-Gert Pöttering, Angela Merkel and José Manuel Barroso

En 2005, un Français comme les autres, Étienne Chouard, professeur au lycée Marcel Pagnol de Marseille, a présenté sur son blog ses analyses du projet de Traité constitutionnel européen. Au cours de la campagne référendaire, son site suscite un véritable engouement et devient l’un des plus fréquentés de France. Tranchant avec l’opacité des discours officiels, la simplicité de ses argumentaires touche un vaste public pour qui « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement ». Silvia Cattori a rencontré ce citoyen exemplaire qui revient sur le devant de la scène à l’occasion de la signature du mini-traité européen. Il raconte son parcours et décrit sa vision d’institutions selon lui dénaturées.


Silvia Cattori : En consultant votre site internet on découvre, qu’en 2004, vous étiez favorable au Traité constitutionnel européen, mais qu’après en avoir étudié son contenu, vous avez radicalement changé d’avis. Pourriez-vous nous résumer les raisons de votre revirement ?

Étienne Chouard : Ma trajectoire est celle de quelqu’un qui faisait confiance aux politiciens. Je ne faisais pas de politique. Quand j’ai commencé à comprendre ce qu’étaient devenues les institutions européennes, je suis tombé de haut. Je me suis rendu compte que les hommes au pouvoir étaient en train d’écrire eux-mêmes les limites de leur pouvoir, qu’il y en avait pas ou peu, et qu’elles étaient écrites de façon à ce que nous ne comprenions rien.

Dans les institutions européennes, plus aucun acteur n’est responsable de ses actes devant les citoyens ; il y a quelques apparences de responsabilité, mais ce sont des faux semblants, des leurres.
Mais surtout, le Parlement ne compte pour rien dans les institutions : il n’a pas l’initiative des lois, il ne participe à l’élaboration de la loi que sous la tutelle (la surveillance ?) du Conseil des ministres qui s’est promu co-législateur au mépris de la plus élémentaire et indispensable séparation des pouvoirs, et encore, pas dans tous les domaines ! En effet, il y a des domaines soumis à ce qu’on appelle les « procédures législatives spéciales », une vingtaine, dont on n’affiche la liste nulle part, et dans lesquels le Conseil des ministres décide seul, sans le Parlement. Le saviez-vous ?

C’est impressionnant de voir le nombre d’institutions européennes non élues qui ont un pouvoir important et mal contrôlé.

La Banque centrale européenne, non plus, ne rend de comptes à personne. C’est extravagant, la façon dont cela a été écrit : on voit bien, on voit partout, que ce sont des ministres qui ont écrit ces règles sur mesure, pour eux-mêmes.

En regardant bien, on s’aperçoit même que ces institutions ont été écrites plus pour l’intérêt des banques et des multinationales que pour l’intérêt général. On peut se demander pourquoi.

Quand on lit le livre de Jean-Pierre Chevènement, on découvre que Jean Monet, cette icône, ce symbole de l’Europe, ce quasi saint pour les « eurolâtres », était un banquier français qui vivait aux États-Unis et qui s’était imprégné de leurs valeurs. En fait, il avait conçu et construit l’Union européenne pour affaiblir l’Europe, pour empêcher les souverainetés populaires de se reconstruire après la guerre. Il l’écrit lui-même ! C’est consternant !

Quand on lit les traités européens avec ces lunettes, ils ressemblent à cette vision-là de Monet : ces institutions permettent aux multinationales d’écrire le droit et interdisent aux parlements nationaux et aux peuples de s’y opposer. C’est un régime inacceptable ; pourtant, Monet et ses fidèles nous l’ont imposé par voie de traités depuis 50 ans sans que le peuple n’ait jamais vraiment son mot à dire.

Il y a eu un simulacre de débat sur Maastricht ; je vous rappelle, qu’alors, on n’a absolument pas parlé d’institutions ; on a parlé de monnaie, certes, mais même pas de ce qui compte le plus en matière monétaire : on ne nous a rien dit, notamment, de l’abandon total de la création monétaire aux banques privées (article 104) qui est pourtant un pur scandale, la cause majeure de la dette publique qui asphyxie nos États et une cause importante du chômage endémique qui asphyxie nos économies.

En 1992, on ne nous a invités à débattre que de l’indépendance de la Banque centrale et de la nouvelle monnaie unique, qui sont sans doute de bonnes choses. Mais, de la faiblesse du Parlement, de la confusion des pouvoir, de l’indépendance des juges, de l’impuissance des citoyens, de la révision sans référendum, de toutes ces honteuses et dangereuses institutions, on n’a pas du tout parlé. Du vote de Maastricht, on ne peut donc pas dire honnêtement qu’il cautionne les institutions.

Si on envisage l’ensemble de la construction européenne sur cinquante ans, les peuples n’ont donc finalement pas eu droit au moindre débat sur l’essentiel.

La seule fois où on nous a demandé vraiment notre avis, en 2005, la première fois où on nous a retiré le bâillon, on a crié « Non ! » Aussitôt, on nous a remis le bâillon et puis le viol a recommencé. Et on nous dit : « Vous n’en voulez pas, mais vous l’aurez quand même, par la voie parlementaire… »

2007 a donc confirmé ce que 2005 avait révélé : la méthode et le contenu du traité de Lisbonne confirment que l’on a une bande de violeurs aux manettes, et ce qui se passe là, c’est un coup d’État. C’est un coup de force. La définition du coup d’État, c’est un pouvoir exécutif qui ne se plie pas au suffrage universel. Nous y sommes.

Silvia Cattori : Tout cela a pu se faire car les citoyens ont abandonné leurs responsabilités et s’en sont remis naïvement à leurs représentants sans sans imaginer qu’ils pouvaient abuser de leurs pouvoirs et sans contrôler leur action.

Étienne Chouard : Oui. Le mensonge est partout et les gens honnêtes n’osent pas y croire. On parle d’un mini traité simplifié, qui n’est ni « mini », ni « simplifié ». Il faut lire trois mille pages maintenant pour savoir ce qu’il y a dans le traité de Lisbonne. C’est extrêmement compliqué. Il y a toutes sortes de renvois et tout ce qui était dans le traité de 2005 se retrouve ici. Même ce qu’ils ont dit vouloir retirer. L’hymne, ils vont le garder. Le drapeau va rester. La référence à l’euro va rester. Ils ont dit qu’ils retireraient le drapeau. Mais vous le croyez, qu’ils vont le retirer ? Ils ont retiré l’étiquette « constitution ». Mais sur une fiole de poison, qu’est-ce qui est dangereux ? L’étiquette ou le poison ? Quand on retire l’étiquette, est-ce que le poison est moins dangereux ?

On nous prend pour des imbéciles.

C’est une constitution, à l’évidence, mais une mauvaise constitution écrite par des gens qui ne devaient pas l’écrire. On a des élus, mais ce n’est pas à eux d’écrire la constitution. Je tiens à cette idée forte : ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir ; ce n’est pas aux parlementaires, aux ministres, aux juges, d’écrire la constitution ; c’est à d’autres, à des gens désintéressés.

Il n’y a pas d’autre moyen, pour nous les simples citoyens, d’être protégés contre les abus de pouvoir, qu’une Assemblée constituante, mais attention : surtout pas élue parmi les candidats des partis, car les partis ont de nombreux membres au pouvoir dont les amis écriraient à nouveau des règles pour eux-mêmes et on n’en sortirait pas.

Ce que Giscard lui-même a affirmé [1] de ce traité de Lisbonne devrait amener les 16 millions d’électeurs qui ont voté non à descendre dans la rue, car c’est le même traité que le précédent, illisible, et s’il est compliqué, Giscard dit que c’est pour rendre impossible le référendum ; Giscard dit aussi que tout ce qui tenait à cœur aux Conventionnels en 2004 se retrouve dans le traité de Lisbonne, sauf que c’est dans un ordre différent.

Ma conclusion est celle-ci : tout cela arrive parce que ceux qui écrivent les règles les écrivent pour eux-mêmes et qu’ils trichent.

Silvia Cattori : Aucun acteur n’a de compte à rendre ?

Étienne Chouard : Aucun ; les citoyens ne comptent pour rien. Ils n’ont aucun moyen de résister contre les abus de pouvoir dans ces institutions. Le seul bon moyen serait le référendum d’initiative populaire et nous ne l’avons pas. Je dirais même qu’on ne l’aura jamais si ce sont des représentants élus qui écrivent les règles. Le droit de pétition (de l’article 11 du traité de Lisbonne consolidé) n’a aucune valeur contraignante. On n’a pas besoin d’un article comme ça pour faire des pétitions : même si on le retirait, les gens pourraient toujours faire pétition.

Silvia Cattori : Le traité de Lisbonne ne comporte-t-il pas au moins un élément positif, par exemple la possibilité pour un État de sortir de l’Union européenne ?

Étienne Chouard : Oui, et cela existait déjà dans le TCE rejeté en 2005, et c’est repris, comme tout le reste.

Silvia Cattori : Dans ce cas de figure, comment un État qui le souhaiterait pourrait-il sortir de l’Union ? Cette procédure est-elle applicable ?

Étienne Chouard : Cela ne serait pas simple de sortir de l’Union européenne et cela coûterait très cher ; il y a beaucoup de rouages en œuvre ; il faudrait un gouvernement très déterminé. Cette situation de non-retour me fait penser à l’AGCS (l’Accord Général sur le Commerce des Services) d’où on ne peut pas sortir non plus : cet accord (négocié et signé sans nous en parler, dans le plus grand secret) a le même génome antidémocratique que l’Union européenne : ce sont les mêmes qui l’ont conçu, ce sont les mêmes intérêts qui sont servis : les multinationales et les banques.

À quoi sert l’AGCS ? À faire disparaître toutes les contraintes sur le commerce des services. Aujourd’hui, un État souverain peut encore interdire quantité d’abus pour se protéger contre les investisseurs prédateurs : quand une grande entreprise veut venir s’installer quelque part, le pays a ses propres règles pour défendre son droit social, son droit environnemental, son droit fiscal, ses ressources naturelles, etc.

Cela va disparaître : Les États, dans les négociations secrètes de l’AGCS, sont en train de s’interdire d’interdire (aux entreprises), les uns les autres : je ne t’interdis plus cela, mais toi, tu arrêtes de m’interdire ça… Les citoyens vont se retrouver nus, sans défense et personne n’en parle ! Tous les services publics sont menacés par ces mécanismes. Et cela est irréversible : les amendes que les États acceptent de devoir payer en cas de retrait ne sont pas payables, tellement elles sont prohibitives.

Les accords de l’AGCS sont donc négociés en secret par une personne seule : le commissaire européen au commerce extérieur… Une personne seule pour 480 millions de personnes négocie en secret des accords décisifs qui lèsent tout le monde de façon irréversible. C’est un pur scandale, c’est très grave.

Silvia Cattori : En voyant les chefs d’État et de gouvernement de l’Union signer le traité à Lisbonne qu’avez-vous ressenti ?

Étienne Chouard : L’impression d’être violenté, à l’évidence, et par ceux-là mêmes qui prétendent partout me défendre… L’impression d’être dans un piège contrôlé par des menteurs professionnels et des voleurs en bande. Ce qui me désole est que les gens ne soient pas du tout informés et ne se sentent donc pas concernés.

Silvia Cattori : Il y a un aspect très important qui est également peu présent dans le débat : la politique étrangère de l’Union ; la participation de ses principaux membres à des opérations militaires via l’OTAN. Or, là aussi, alors que les sondages montrent que les citoyens sont très majoritairement opposés à ces guerres illégales, ils sont totalement impuissants à les empêcher. Alors que les invasions de l’Afghanistan et de l’Irak se révélent être des aventures coloniales, M. Sarkozy tente de resserrer les liens de l’Union européenne et des États-Unis dans la perspective d’un conflit avec l’Iran dans l’intérêt d’Israël. Que pensez-vous de cet aspect de l’Union ?

Étienne Chouard : On a l’impression que tout cela a été programmé depuis le début. Cela s’est fait de manière progressive. Le Non les a un peu ralentis mais, deux ans plus tard, les autorités font passer le traité en force. Et les citoyens ne réagissent pas, ce qui confirme sans doute les gouvernants dans l’opinion qu’ils ont tous les droits. L’ambiance est au pessimisme. Oui, ils peuvent enlever des enfants africains dans les écoles, oui ils peuvent aller faire la guerre au bout du monde. Il faut lire Alain Badiou (De quoi Sarkozy est-il le nom). Les critiques des médias ont été si virulentes contre ce livre que j’ai failli ne pas le lire. Je le trouve pourtant passionnant. C’est très bien analysé ; il dit bien que l’ambiance n’est pas au pétainisme, mais au néo pétainisme.

Il faut aussi lire François-Xavier Verschave (« De la Françafrique à la Mafiafrique , pour commencer) pour comprendre que la décolonisation n’a pas eu lieu.

Silvia Cattori : Votre réflexion rejoint celle que le sociologue Jean-Claude Paye a conduit à propos des libertés fondamentales dans l’Union [2]. Comme vous, il constate que les institutions ont été construites de telle façon que les décisions échappent aux citoyens.

Étienne Chouard : Effectivement, je ne suis pas le seul à le dire, loin de là, et en fait, tous ceux qui étudient honnêtement les institutions sont scandalisés et regrettent d’avoir trop fait confiance à leurs élus.

Silvia Cattori : Ces sommets, Lisbonne, le G 8, ne seraient donc que des mascarades où des dirigeants, entre festins et embrassades, prennent des décisions sans en référer à leurs mandants comme si on était dans un système dictatorial ?

Étienne Chouard : Ce n’est pas —encore— une dictature car, dans une dictature, il n’y a pas de liberté d’opinion ni d’expression. C’est donc plus soft que cela, c’est poli, c’est joli à voir, c’est en train de devenir totalitaire, mais il y a moins de prise à la critique, c’est plus difficile à condamner. Le discours mensonger, inversant les valeurs, Orwell l’annonçait fort bien dans 1984, consistait à dire « la guerre, c’est la paix », « le travail ; c’est la liberté », et le simple fait de le répéter retire des armes aux résistants potentiels. La manipulation par le langage fonctionne bien. Elle demande, de la part des résistants, une formation, un apprentissage de ces manipulations.

Silvia Cattori : Quels outils les partisans du non ont-ils pour vaincre ces obstacles ?

Étienne Chouard : Il y en a un qui sera peut-être assez fort : c’est une requête individuelle auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), qui ne fait pas partie de l’Union européenne mais dont l’Union a signé la Convention qu’elle doit donc respecter.

La Cour peut être saisie par une unique personne contre un État. C’est une cour qui protège les individus isolés.

Son argumentation est puissante (voyez le site 29mai.eu), je m’en sers déjà à tout propos. La requête consiste à attaquer l’État français pour violation de l’article 3 du protocole 1 de la Convention qui dit que les « hautes parties contractantes s’engagent à garantir à leurs citoyens des élections libres qui permettent un libre choix du corps législatif ».

En fait, notre corps législatif est désormais très largement européen. Et au niveau européen, est-ce que le corps législatif est élu ? Pour l’essentiel, non : nous n’avons pas le choix. Le corps législatif en France, ce n’est pas l’Assemblée nationale : 80 % des nouvelles lois qui s’appliquent en France sont des normes européennes automatiquement transposées dans notre droit national, sans vrai débat parlementaire.

Alors, qu’en est-il donc en Europe ?

Au niveau constituant d’abord, c’est une CIG (Conférence intergouvernementale, non élue) qui écrit et corrige les traités, c’est-à-dire la Constitution européenne (qui cache désormais son nom, hypocritement). Les parlements (les seuls qui soient élus) ne peuvent que ratifier ou pas les traités écrits par des non élus, en bloc : ils n’ont ni droit d’initiative, ni droit d’amendement : ils sont donc réduits à la portion congrue, alors que ce sont eux qui sont élus !

Au niveau constituant, donc, le pouvoir échappe aux élus.

Ensuite, les lois ordinaires européennes sont écrites par la Commission (non élue) qui a l’exclusivité et l’initiative des lois, et ces lois sont ensuite discutées et votées par le Conseil des ministres (non élu) en « codécision » avec le Parlement européen (le seul qui soit élu).

Mais —écoutez bien cela, c’est essentiel— il n’y a pas codécision sur tous les sujets : il y a une quantité de sujets où des non élus (Commission et Conseil) décident seuls de la loi européenne.

Ces domaines où les exécutifs écrivent ce que j’appelle des lois sans parlement (c’est plus clair que l’expression chafouine « procédures législatives spéciales ») sont soigneusement cachés, ils n’y a pas de liste : demandez donc à vos parlementaires ou à vos ministres ou à vos journalistes de vous dire quelques uns de ces domaines : ils ne les connaissent pas eux-mêmes (ou alors ce sont de vrais bandits de ne pas en parler clairement à tout le monde).

Cette stérilisation progressive du suffrage universel est une raison solide d’attaquer l’État français pour violation de la Convention européenne des droits de l’homme : nos propres représentants sont en train de vider nos votes de toute force : la démocratie agonise dans un décor factice de démocratie simulée.

Une seule requête suffit, mais en en envoyant des milliers, on crée une force politique en appui d’une requête juridique.

C’est gratuit. Si on perd, cela n’aura coûté que le timbre d’envoi.

De plus, la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a intérêt à montrer quelle sert à quelque chose, et c’est un cas d’école (inédit) qui pourrait faire jurisprudence.

En tout cas, c’est le seul moyen dont nous disposons, nous : simples citoyens. Tous les autres moyens dépendent de nos représentants, parlementaires et ministres, qui ont montré qu’ils sont décidés à nous violer. Si on attend d’eux qu’ils nous défendent, on va attendre longtemps, c’est perdu d’avance.

Cette requête donne de l’espoir car la Cour peut bloquer le processus de ratification, le temps de décider sur le fond. Il me semble que c’est une arme puissante, nouvelle.

Silvia Cattori : Que dites-vous à ces citoyens suisses et norvégiens qui ont refusé jusqu’ici d’adhérer à l’Union européenne, généralement qualifiés d’« attardés qui refusent le progrès » par leurs détracteurs ?

Étienne Chouard : J’espère pour eux qu’ils vont continuer de résister. Je les envie, car j’ai l’impression que nous sommes enfermés par nos propres élus dans un piège épouvantable. Notre désindustrialisation a commencé et elle va à grand pas. On nous oblige à ouvrir nos frontières avec des pays qui ne respectent ni les droits du travail, ni les droits environnementaux, ni aucune des contraintes que nous imposons à nos propres entreprises en vertu du progrès social. Mis en concurrence déloyale avec des pays qui sont si peu comparables, on ne peut que continuer de dégringoler vers la ruine générale.

Ne riez pas : des pays ont déjà vécu cette descente aux enfers en appliquant ces mauvaises recettes : voyez le cas effrayant de l’Argentine, cobaye du néolibéralisme…

Silvia Cattori : Si on demandait aux citoyens s’ils veulent rester ou sortir de l’Union, que choisiraient-ils selon vous ?

Étienne Chouard : le coup d’État de Lisbonne me conduit à me demander s’il ne faut pas sortir de toute urgence de cette UE-MB (Union européenne des multinationales et des banques). Je commence effectivement à désespérer de changer l’UE, dont le programme génétique semble être conçu contre les peuples et contre la démocratie.

Peut-être faut-il sortir de cette UE-là pour construire enfin une vraie société européenne, voulue et défendue par les peuples concernés (et pas par leurs élites décalées).

Silvia Cattori : Pourquoi ne pas faire campagne pour en sortir carrément, si les chances de revenir sur le traité sont nulles ?

Étienne Chouard : Je n’ai pas encore renoncé à mon rêve européen de fraternité. Je voudrais que l’on recommence avec moins de pays à la place de ce monstre conçu par et pour les grandes corporations. Là on est en train de marier des peuples avec le consentement de leurs « pères ». Un mariage réussi et durable se fait forcément avec le consentement des peuples concernés.

Silvia Cattori : Les sociaux-démocrates ne portent-ils pas la principale part de responsabilité dans cette forme de construction européenne ? Jacques Delors n’a-t-il pas fait l’Europe du marché ?

Étienne Chouard : Jacques Delors et la plupart des leaders socialistes nous ont évidemment trompés, ils nous ont menti mille fois, et cette évidente trahison des chefs de la gauche est une catastrophe pour le pays.

Je leur faisais confiance, et très particulièrement à Jacques Delors : je me souviens du dernier jour avant le référendum de Maastricht : Jacques Delors nous avait parlé à la télévision ; il avouait qu’on n’avait encore pas « fait de social » jusque-là en Europe, mais il prenait date avec nous, solennellement, en nous regardant avec ses yeux bleus tristes et sincères, il nous a promis ardemment de commencer à « faire du social » dès le lendemain de notre vote Oui. Il nous l’a promis pour qu’on vote OUI. Quinze ans après, nous sommes plus que jamais en recul social sur tous les plans… J’ai l’impression d’avoir été trompé par un des hommes en qui je faisais le plus confiance. C’est triste et révoltant à la fois.

La chute est rude.

Silvia Cattori : Vous avez parlé d’abandon total de la création monétaire. Vous pouvez préciser de quoi il s’agit ?

Étienne Chouard : Il y a un rouage essentiel qui m’est apparu cette année. Je commence même à y voir le cœur du piège, le diamant central, le moteur de notre impuissance… C’est l’article 104 de Maastricht (qui est devenu l’article 123 du traité de Lisbonne).

Il dit ceci : « Les États n’ont plus le droit d’emprunter auprès de leurs banques centrales ». Pour le commun des mortels c’est incompréhensible.

De quoi s’agit-il ? Depuis des siècles, les États ont abandonné une partie de leur pouvoir de créer la monnaie aux banques privées : les banques ont obtenu des gouvernants, très certainement par corruption, le droit (fondamental) de créer la monnaie.

Mais au moins, jusqu’à une période récente (1974 en France), les États partageaient encore avec les banques privées le droit de créer la monnaie : quand un État avait besoin d’argent pour créer des voies ferrées, des logements ou des hôpitaux, l’État créait lui même sa monnaie, et il ne devait pas payer d’intérêts pendant les remboursements – ne relâchez pas votre attention et n’oubliez pas : c’est le point crucial, celui qui vous condamne aux travaux forcés au profit de rentiers oisifs.

C’est comme cela que l’État créait la monnaie : l’État empruntait auprès de sa banque centrale (qui créait cette monnaie pour l’occasion) et, au fur et à mesure où l’État remboursait cet emprunt, la Banque centrale détruisait cet argent, mais sans faire payer d’intérêts à l’État !

Depuis 1974 en France, à l’époque du serpent monétaire européen, l’État —et c’est sans doute pareil dans les autres pays européens— s’est interdit à lui-même d’emprunter auprès de sa banque centrale et il s’est donc lui-même privé de la création monétaire. Donc, l’État (c’est-à-dire nous tous !) s’oblige à emprunter auprès d’acteurs privés, à qui il doit donc payer des intérêts, et cela rend évidemment tout beaucoup plus cher.

Dans quel intérêt ? L’intérêt général ? Vous plaisantez, sans doute !

Je vous fais remarquer que, précisément depuis 1974, la dette publique ne cesse d’augmenter et le chômage aussi.

Je prétends que c’est lié.

Ce n’est pas fini : depuis 1992, avec l’article 104 du traité de Maastricht, cette interdiction pour les États de créer la monnaie a été hissée au plus haut niveau du droit : international et constitutionnel. Irréversible, quoi, et hors de portée des citoyens.

On ne l’a dit pas clairement : on a dit qu’il y avait désormais interdiction d’emprunter à la Banque centrale, ce qui n’est pas honnête, pas clair, et ne permet pas aux gens de comprendre. Si l’article 104, disait « Les États ne peuvent plus créer la monnaie, maintenant ils doivent l’emprunter auprès des acteurs privés en leur payant un intérêt ruineux qui rend tous les investissements publics hors de prix mais qui fait aussi le grand bonheur des riches rentiers, propriétaires de fonds à prêter à qui voudra les emprunter », il y aurait eu une révolution.

Ce hold-up scandaleux coûte à la France environ 80 milliards par an (*) et nous ruine année après année ; mais on ne peut plus rien faire.

Ce sujet devrait être au cœur de toutes nos luttes sociales, le fer de lance de la gauche et de la droite républicaines. Au lieu de cela, personne n’en parle. C’est consternant.

Silvia Cattori : C’est difficile pour le citoyen d’imaginer que leurs élus se compromettent tous à ce point. Finalement ce sont des citoyens isolés, qui comme vous, s’investissent de manière désintéressée, qui reprennent en main le débat que leurs élus ont abandonné.

Étienne Chouard : Il y a des gens qui se battent. Maurice Allais, prix Nobel d’économie, tempête contre la création monétaire abandonnée aux banques privées ; il proteste énergiquement et affirme que c’est une honte, que les banques privées se comportent (parce qu’on les y autorise) comme des faux monnayeurs et que cela nous ruine. L’esprit libre Maurice Allais dit aussi que les multinationales qui nous imposent ce grand marché dérégulé sont malfaisantes. L’ultra libéral Maurice Allais dénonce la « chienlit laisser-fairiste » de l’Union européenne. Peut-on être plus clair ?

Et bien, ce monsieur qui a voué un grande partie de sa vie à l’étude de la monnaie et qui a probablement reçu tous les honneurs et toutes les médailles du monde, ce grand spécialiste de la monnaie est « triquard » (interdit de tribune) dans les grands médias, il n’arrive plus à publier ni dans Le Monde, ni dans Le Figaro.

Qui ne voit le lien évident entre la persécution d’un citoyen courageux qui appuie là où ça fait mal et le fait que les grands médias aient été achetés -et soient désormais contrôlés- précisément par des multinationales et des banques ?

Maurice Allais développe une idée majeure (que nous devrions tous étudier) quand il dit qu’il faut rendre la création monétaire aux États, à une banque centrale indépendante, qu’il faut que la banque européenne (BCE) récupère la création monétaire en la reprenant aux banques privées.

 Silvia Cattori
Journaliste suisse.

[1] « La boîte à outils du traité de Lisbonne », par Valéry Giscard d’Estaing, Le Monde du 26 octobre 2007.

[2] Lire l’entretien de Silvia Cattori avec Jean-Claude Paye : « Les lois anti-terroristes. Un Acte constitutif de l’Empire », Réseau Voltaire, 12 septembre 2007.



Les primaires étasuniennes: Iowa

4 01 2008

Huckabee, le pasteur baptiste financé à 40% par les banques, remporta les primaires républicaines étasuniennes de l’Iowa hier avec 34% du vote. Romney arrive deuxième avec 25% du vote. Fait intéressant, Ron Paul a récolté plus de trois fois plus de voix que Giuliani. Plus précisément, les résultats pour les républicains sont: Huckabee 34%, Romney 25%, Thompson 13% (15,521 votes), McCain 13% (15,248), Paul 10%, Giuliani 3% et Hunter 0% (515 voix).

Du côté des démocrates, c’est Obama qui remporte les primaires avec 38% du vote suivi de John Edwards avec 30% du vote. Clinton arrive troisième avec 29%.

Entre temps, Kucinich affirme que tous les candidat(e)s démocrates (sauf lui-même) ont été acheté(e)s par les compagnies pharmacieutiques et d’assurances et qu’il est par conséquent le seul à proposé un vrai système de santé universel et gratuit.

Par ailleurs, Kucinich, Gravel et Hunter ont été interdits de présence par ABC NEWS (propriété de Walt Disney) au débat présidentiel de cette chaîne de télévision samedi prochain.



La diversion Sarko-Bolloré

27 12 2007

Une fois encore, Vincent Bolloré paie un voyage de luxe  à son bon ami Sarkozy. Mais cette fois, Sarkozy semble faire exprès pour être photographié et médiatisé. Le fait d’y aller avec sa maîtresse, l’ex top-modèle, Carla Bruni aide aussi beaucoup dans la médiatisation de toute l’affaire. Il me semble que cette fois ci, le tout manque un peu trop de subtilité. Serait-ce une diversion délibérée pour qu’un voyage prenne toute la place dans média, occulutant ainsi quelque chose d’autre ou est-ce une réelle bouffonnerie de Sarkozy? Je ne sais pas, mais sachant comment Sarkozy manie bien les médias, j’opterais plutôt pour la première réponse. Mais que cherche-t-il à occulter? Si vous le savez, répondez à ce billet dans les commentaires pour nous dire votre réponse.



With Rudy Giuliani, corruption runs deap …

16 12 2007

Town Hall Meeting June 27 2001.
Larry Hanley,President of ATU Local 726,tries to ask then Mayor Rudy Giuliani about an inside deal to grant bus routes to connected private bus companies that contibuted to his campaigns.

Pat Lynch, President of NYC Patrolmen’s Benevolent Association, NY-1, May 3, 2007: « Rudy Giuliani doesn’t deserve to be president »

How Giuliani Made $30 Million Without Even Trying
By Steve Benen, The Carpetbagger Report 14/12/07
Dec 15, 2007 – 11:22:12 AM Email this article
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Giuliani and Asher met in 2002 when Asher demonstrated his Matrix database software [ndlr: Multistate Anti-Terrorism Information Exchange (MATRIX) datamining system is a spying system proclaimed to help state law enforcement officials identify potential terrorists. The Matrix program was shut down in June 2005 after federal funding was cut in the wake of public concerns over privacy and state surveillance] for the former mayor, who was reportedly impressed enough to strike a business deal: Giuliani Partners would represent Asher’s company, Seisint, as part of a very lucrative arrangement. GP got $2 million per year, a commission on Seisint’s government sales, plus stock options that were worth a bundle after LexisNexis [ndlr: part of Reed Elsevier] bought Seisint in 2004.

Giuliani’s association with Asher became somewhat controversial lately, after Asher’s name popped up in a California public corruption indictment. But the business partnership looks even more interesting today, in light of this report in Time.

GP pulled in more than $30 million for just one year’s work on Seisint’s behalf, company records show…. But the Seisint deal wasn’t as perfect as it seemed. One problem: the payment of percentages or commissions to « solicit or secure » government contracts is prohibited by federal law and laws of some states. Tom Susman, ethics chairman of the American League of Lobbyists, says the bar on commissions is intended to eliminate incentives for middlemen to bend the rules to land a contract. A GP official who refused to be named insists that the firm never received « commissions » from Seisint — despite what Brauser and Latham remember and despite the fact that payments to GP are labeled « commissions » in both the minutes of a Seisint board meeting and a key financial statement.

Instead, says the official, GP earned « special bonuses » based on the achievement of corporate « milestones. »

Please. Giuliani’s firm lobbied to help Seisint secure lucrative government contracts. Seisint, in turn, paid the firm « commissions. » But now Giuliani’s team want to redefine the word, in order to make it legal — they weren’t « commissions, » they were « special bonuses. » Even by Giuliani standards, this kind of lying is just insulting.

Wait, it gets worse.

Seisint was using Giuliani’s name to open doors and secure contracts, but Giuliani insists he was never a lobbyist, and never registered as a lobbyist.

But this doesn’t add up. Giuliani’s firm pulled in $30 million thanks to Seisint. How, exactly, does Giuliani justify all of this money? If it wasn’t money earned by commission, and it wasn’t generated by lobbyist fees, what was Seisint paying $30 million for?

Rudy never registered as a lobbyist because even though he and his clients were using his name to advance their interests with the federal and state governments, he claimed he never actually lobbied. And now the commissions he got for securing government contracts through his savvy « not lobbying » aren’t really commissions but « special bonuses. »

Nice work if you can get it. Unless it all turns out to be illegal.

Which, in this case, given all the lobbying Giuliani did, it might very well be.

This is exactly why Giuliani has tried to keep his business work secret and free of public scrutiny. His client list, that we know of, includes the makers  [i.e. Purdue Pharma] of OxyContin (Giuliani personally met with the DEA chief when the agency launched a criminal investigation of the company), an official in Qatar with known ties to Osama bin Laden and other terrorists, and a cocaine smuggler with a database company that apparently paid Giuliani $30 million for work he claims not to have done.

How Giuliani even has the chutzpah to run for public office (worse yet, the presidency) with this record is amazing. And how any thinking person could even consider voting for him is a mystery.

Source:Ocnus.net 2007



Chavez a-t-il truqué les résultats du référendum … pour perdre?

10 12 2007

Reforma Venezuela No Reforma Venezuela Si

Dans un billet précédent je reproduisais un courriel qui m’avait été envoyé dans lequel on apprenait qu’un message d’un agent de la CIA à Caracas, Michael Middleton Steere, au directeur de la CIA, Michael V. Hayden détaillant l’opération Tenaille (déstabilisation et coup d’État pendant le référendum du 2 déc.) aurait été intercepté et diffusé au Vénézuela. Récemment, COMAGUER a traduit ce mémo de l’espagnole au français sur Oulala. La traduction est reproduite au bas de ce billet (à notez que c’est une traduction d’un texte espagnole qui est lui-même une traduction d’un texte anglais, donc si vous souhaitez une plus grande fidélité par rapport au message originelle et connaissez l’espagnole, vous préférez sûrement lire la version espagnole en cliquant ici). En lisant ce texte attribué à la CIA (et pour l’instant rien ne porte à croire que c’est un faux, cf. les témoignages des ex-agents de la CIA), je me suis graduellement mis à me demandé si Chavez n’aurait pas effectivement truqué les résultats du référendum comme l’en accusait préventivement l’opposition, mais dans le sens du «non». Je m’explique.

Premièrement, si le mémo est authentique et que le plan de coup d’État étasunien a des chances de réussir, il est claire qu’il est avantageux pour Chavez  de perdre le référendum car le plan étasunien dépend de la victoire du «Si» pour être implanté. Chavez est donc en face d’une alternative: soit il perd le référendum et ne peux pas implémenter les réformes qu’il souhaite mais il reste en place et peux implémenter la majorité de ces réformes (sauf pour environs six d’entres elles: la possibilité de réélection indéfinie, la création de deux nouveaux types de propriété (mixte et collective), la possibilité de déclarer un état d’exception où certaines libertés seraient suspendues, plus de pouvoir aux conseils communaux et autre composantes du «Pouvoir Populaire» et  le changement à la hausse des pourcentages de la population requise pour demander des référendum) mais de faire face à une revers législatif temporaire et possiblement devoir céder le pouvoir dans cinq ans ou se voir reverser par un coup d’État orchestré par les États-Unis qui placeraient sûrement une marionnette au service de la classe dirigeante des ÉU à sa place au palais de Miraflores.  Personnellement, étant à sa place et ayant la possibilité de choisir, je choisirais clairement la première option, perdre le référendum.

Deuxièmement, comme pour le référendum  sur l’ALÉCA au Costa-Rica (quoique moins prononcé dans le cas du Vénézuela), les sondages, ont constamment montrer que le «Si» était en avance sur le «No» d’environs 10 points. La tendance était relativement stable, contrairement à ce qui se passait en même temps à Québec (qui a eu le vote le même jour avec un taux participation semblable) où Régis Lebeaume, dans son ascension fulgurante,  gagnait une dizaine de points sur sa plus proche rivale, Ann Bourget à chaque sondage successif. De plus, il ne s’est rien passer dans les deux dernière semaine qui justifierait un changement de la donne et la CIA estime elle-même qu’il est impossible de renverser la tendance. Plus significatif encore, les sondages de sortie des urnes rapportaient que le «Si» étaient gagnant avec une avance de 6 à points (la majorité des médias semblent avoir enlevé cette nouvelle de leur site mais en voici un rapporte ce fait: JDD), si l’on suppose que ces sondages avaient une marge d’erreur de 3,5% 19 fois sur 20 (comme la quasi totalité des sondages de ce type) et qu’ils prédisent que le «Si» allait le remporter à 53% contre 47% (la borne inférieur des sondages de sortie des urnes rapportés par les médias occidentaux) alors la probabilité que le «No» gagne est inférieure à 5% (4,3% plus précisément)! Statistiquement c’est donc assez peux probable que le «No» l’ait emporté surtout que les sondages à la sortie des urnes sont habituellement très fiables.

Traduction par COMAGUER du Mémo attribué à la CIA:

SUJET :

ETAT D’AVANCEMENT DE LA PHASE TERMINALE DE L’OPERATION TENAZA

L’auteur MICHAEL MIDDLETON STEERE fait référence à la directive 33623- g- 0217 qui a fixé le programme de l’opération et fait état de son développement

Scénario électoral

Comme indiqué dans le rapport précédent, les tendances des intentions de vote se maintiennent. Selon les diverses évaluations réalisées, y compris les nôtres le OUI a un avantage de 10 à 13 points (soit 57% pour le OUI et 44 % pour le NON). Ces estimations se situent dans le cadre d’une abstention qui avoisine 60 % des inscrits

Selon nos estimations cette tendance est irréversible à court terme, c’est-à-dire que dans les 15 jours qui viennent ces pourcentages ne peuvent pas être modifiés de manière significative.

D’un autre côté, la campagne publicitaire organisée par le PLAN (TENAZA) et les désertions dans les rangs gouvernementaux (PODEMOS-BADUEL par exemple)* ont permis de faire perdre à CHAVEZ 6 points par rapport à son niveau initial, comme cela s’était produit dans des campagnes précédentes où il avait démarré avec un avantage de 15 à 20 %. Cependant il faut s’attendre à ce que cesse leur impact ….

*(Podemos est un petit groupe politique qui avait soutenu CHAVEZ en 99 et BADUEL est un général aujourd’hui en retraite qui a tourné casaque.)

Donc le OUI va gagner mais le PLAN TENAZA a prévu diverses mesures pur faire face au succès du OUI, l’auteur les expose

Empêcher le référendum ou ignorer ses résultats même si dans le même temps on appelle à voter NON. Cette tactique peut paraître contradictoire mais dans la conjoncture électorale actuelle il est nécessaire de combiner ces deux tâches. Dans les jours qui nous restent nous pouvons intensifier les actions visant à empêcher le référendum et simultanément préparer le terrain pour en ignorer le résultat.

Dans la préparation de la non-reconnaissance des résultats du référendum, il est apparu important d’enraciner dans l’opinion l’idée de la victoire du NON et nous continuons à travailler dans ce sens avec les sondeurs que nous avons recrutés. Dans le même temps nous poursuivons une campagne soutenue pour le NON et nous travaillons à la critique de la COMMISSION ELECTORALE NATIONALE et à ses relations avec une série de tricheries de manière à créer dans l’opinion le sentiment de fraude. Dans ce but, nous insistons sur les faiblesses des listes électorales en relation avec une équipe d’experts d’universitaires dont la renommée académique rend crédible une manipulation des listes électorales. De la même façon on sème le doute sur la couleur des urnes et sur les machines à voter.

Dans ce contexte neutraliser le vote du 2 Décembre est consubstantiel avec la consigne VOTE ET RESTE SUR PLACE pour pouvoir susciter une explosion qui nous permette d’exécuter la directive du PLAN TENAZA. Sur ce dernier point, nous avons prévu avec les forces alliées de commencer à donner des informations dans les premières heures de l’après-midi du Dimanche 2 Décembre, en exploitant les premiers sondages dans les bureaux de vote. L’opération montée nécessite une coordination avec les médias au niveau international, comme prévu.

Suit un développement sur les difficultés rencontrées à faire travailler ensemble les divers groupes d’opposition à CHAVEZ et le détail sur ceux qui sont prêts en divers points du territoire à créer au soir du vote :

« Des foyers de contestation engendrant un climat d’ingouvernabilité qui culmine dans un soulèvement d’une partie substantielle de la population »

Cependant il nous parait raisonnable que ce travail opérationnel soit conduit par l’agence (NDT : la CIA) pour éviter des complications pour l’ambassade.

Les tâches immédiates de la phase terminale :

La combinaison des manipulations antérieures (empêcher le référendum, dénoncer la fraude, et occuper la rue) pour une issue victorieuse de notre opération requiert un effort diplomatique soutenu pour isoler encore plus CHAVEZ sur le terrain international, pour créer l’unité de l’opposition et chercher l’alliance des abstentionnistes et des votants du NON, pour augmenter la pression dans la rue dans les jours précédant le 2 Décembre , pour soutenir avec vigueur la propagande contre le gouvernement, exécuter les actions militaires de soutien aux mobilisations et déboucher sur les opérations préparées de nos forces cantonnées sur la base voisine (NDT : probablement en Colombie). Le soutien des équipes venant du pays vert et bleu est coordonné ainsi que l’action maritime depuis le pays bleu et les frontières avec le pays vert sont libres dans les points de passage déterminés.

(NDT :Le code pays n’est pas en clair mais il est probable que sont impliqués la Colombie, la Guyana où le Ministre de « l’attaque » US ROBERT GATES s’est rendu récemment et TRINIDAD ET TOBAGO pour la partie maritime)

L’auteur passe en suite en revue les actions programmées pour les manifestations de rue des étudiants d’opposition, programme qui a été effectivement mis en œuvre depuis et fait la liste de universitaires et universités privées qui les soutiennent

Comme vous le savez, un des objectifs de l’OPERATION TENAZA est de prendre le contrôle d’une partie du territoire et des institutions avec le soutien des citoyens mécontents dans un laps de temps compris entre 72 et 120 heures, délai estimé comme le minimum pour passer à la phase explosive dans laquelle s’inscrit le coup d’Etat militaire.

L’auteur souligne ensuite le rôle clé dans le futur coup d’Etat de la Garde nationale mais remarque qu’elle manque d’unité de commandement puis il indique, en bon fonctionnaire qu’il est, que les 8 millions de dollars qui ont été affectés aux actions de propagande ont pratiquement tous été dépensés et que pour d’autres versements il faudrait les faire sur un autre compte car le précédent a été identifié par le gouvernement vénézuelien.

P.S.

Source : COMAGUER

Pour finir, voici une petite image amusante trouvée sur flickr. À cause d’un positionnement malheureux de leur banderole, la banderole du parti Primero Justicia, accusé d’être une organisation de façade de la CIA par le gouvernement de Chavez (ceci et à prendre dans le contexte de la déclaration de Steere que «En este último aspecto debo informarle que de los $8 millones que fueron transferidos casi todo han sido gastado en propaganda, publicidad y contribuciones a algunas de las organizaciones de fachada.», i.e. les 8 millions de dollars ont été dépensés en propagande, publicité et versés à des organisations de façade), se lit «ERO CIA». Or, ERO, en espagnole, a pour définition: «Dans les potagers d’Aragon (Espagne), l’ensemble des terres, destinées à la culture de légumes.» À cause de ce positionnement malheureux donc, leur banderole se lit «POTAGER À LÉGUME CIA»!

ERO CIA

Note:

Ce texte pourrait peut-être laisser croire que j’appuie le «Si» du référendum. Ceci n’est pas le cas, comme le montre un texte repris sur ce blogue. Malgré le fait que je n’ai rien contre le fait qu’il n’y ait pas de limite à la réélection à la présidence (au Canada comme dans plusieurs autres pays il n’y pas de limites et ce n’est pas un problème) et que je soit favorable à certains article de la réforme (dont celui d’une retraite pour les travailleur/ses autonome et celui de la prise de contrôle de la banque centrale par le gouvernement) je suis profondément opposé à d’autres articles dont la hausse du pourcentage de votants requis pour déclencher des référendums, la possibilité de déclarer un État d’exception (c’est le genre de loi que passent Bush et Blair, quelle sorte d’alternative est Chavez s’il se met à les copier?!) et la création de propriété mixte qui légalise la reprivatisation à moitié du pétrole.

Note 2:

C’est vraiment étrange, on dirait que google image «censure» les images de Chavistas en rouge tenant des pancartes rouges avec une bulle disant «Si» que l’on voit tant dans les médias. Quand j’ai fait une recherche pour trouver des images pour ce texte (j’ai recherché «reforma venezuela»), je n’ai pas réussi à trouvé des images de pancartes «Si» sur google alors que les pancartes «No» sortaient par dizaines. J’ai finalement dû recourir à une recherche sur yahoo…



Film de la semaine: Sur la télévision – Pierre Bourdieu

8 12 2007

Pierre Bourdieu, Sur la télévision (1996)

Le collège de France, le CNRS audiovisuel et Arts et Education présentent : RECHERCHES AU COLLEGE DE FRANCE, « Sur la télévision » Avec Pierre Bourdieu, titulaire de la chaire de sociologie au collège de France.




Iraqi MPs demand timetable for withdrawal of US troops

28 11 2007


Iraqi MPs demand timetable for withdrawal

Is the U.N. troop mandate defying Iraqi law?

Thursday November 22nd, 2007

Raed Jarrar is an architect and political analyst currently based in Washington DC. He was born in Baghdad and spent most of his life in Iraq, where he obtained his first degree in architecture at the University of Baghdad. He also founded an NGO called “Emaar” that carried out community work in Baghdad.

James Paul has been Executive Director of Global Policy Forum since its foundation in late 1993. He is a prominent figure in the NGO advocacy community at the United Nations and a well-known speaker and writer on the UN and global policy issues. Born in New York City, he earned a B.A. from Harvard College, M.A. from Oxford University, and his Ph.D. from New York University in 1975 with a specialty in comparative politics.



De la censure médiatique en France

19 11 2007

«C’est parce qu’en fait ont était pas au courant…» Apparament, en France, les journalistes doivent donner leurs questions aux politicien(ne)s à l’avance et ne peuvent pas poser les questions qu’elles veulent…

Pour en savoir plus sur le contexte de la question, regarder le vidéo ci-bas (de Panafieu est députée de l’UMP et mairesse du 17e arrondissement de Paris):



Certains opposants sont libérés au Myanmar

2 11 2007

repris de Radio-Canada:

Des bonzes du Myanmar

Photo: AFP/AFP

 

La junte birmane lance des messages contradictoires, à la veille de la visite de l’envoyé spécial de l’ONU, Ibrahim Gambari.

En effet, les autorités ont limité sévèrement l’accès à Internet. Les utilisateurs birmans ne peuvent pas se connecter à des sites internationaux, pas plus qu’ils ne peuvent recevoir ou envoyer des courriels à l’étranger. Un responsable de l’entreprise d’État Myanmar Teleport a expliqué l’interruption d’Internet par une panne de « la passerelle de connexion ».

Lors des manifestations de masse emmenées par des bonzes fin septembre, la principale liaison par Internet avait alors été coupée, limitant considérablement la diffusion d’informations et d’images en provenance du Myanmar.

Mercredi, une nouvelle manifestation de moines bouddhistes s’était déroulée dans la localité de Pakokku, dans le centre du pays. Aucun incident n’a été signalé.

Cependant, plusieurs opposants ont été libérés ces derniers jours. Un porte-parole de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti de la dissidente Aung San Suu Kyi, a indiqué vendredi que 46 personnes avaient été libérées, principalement des membres du parti.

La semaine dernière, au moins 165 personnes ont été libérées, mais, selon la LND, des dizaines de membres du parti restent emprisonnés.

Persona non grata

L'envoyé spécial de l'ONU, Ibrahim Gambari.

Photo: AFP/Tengku Bahar

L’envoyé spécial de l’ONU, Ibrahim Gambari.

Par ailleurs, le représentant des Nations unies au Myanmar, Charles Petrie, est prié vendredi de quitter le pays. Celui-ci avait dénoncé publiquement, le 24 octobre dernier, la situation au Myanmar.

M. Petrie avait dénoncé la pauvreté et les souffrances de la population en Birmanie, affirmant que les besoins de base n’étaient pas satisfaits dans ce pays pourtant riche en ressources naturelles.

La décision des autorités du Myanmar intervient la veille de la visite de l’envoyé spécial de l’ONU, Ibrahim Gambari. Il fera le point avec les autorités sur les libérations de détenus exigées par le Conseil de sécurité et sur les inquiétudes liées aux droits de l’homme, ainsi que sur le dialogue authentique requis entre la junte et Mme Suu Kyi.

Lors de sa précédente visite, M. Gambari s’était entretenu séparément avec le numéro un de la junte, Than Shwe, et avec Mme Suu Kyi.



Manifestations à Tbilissi contre la dictature des roses

5 10 2007

 Repris du réseau Voltaire. 


En novembre 2003, le peuple géorgien se soulevait pour renverser Edouard Chevardnadze, persuadé que le père de la Géorgie post-sovétique avait truqué les élections. Les héros de la « révolution des roses » s’intéressaient moins aux équipes qui s’installaient au pouvoir qu’à fêter la « démocratie » tant attendue.

Quatre ans plus tard, les hommes liges de Washington contrôlent tous les rouages de l’État et ont imposé une dictature sans rapport avec le gouvernement personnel de Chevardnadze. Les prisons sont pleines et les responsables qui s’opposent à cette dérive sont prestement écartés.

Ainsi, Irakli Okrouachvili, le ministre de la Défense, a fait défection en novembre 2006. Après être de venu le chou-chou des sondages et avoir créé son propre parti, il est sorti de sa réserve le mois dernier pour dénoncer les crimes du gouvernement de Mikheil Saakachvili et des sbires de la CIA. Il a notamment révélé que le président Saakachvili avait ordonné de faire assassiner l’homme d’affaires et président du comité olympique géorgien Badri Patarkatsichvili et que des plans étaient prêts pour lancer des commandos à l’assaut de la capitale d’Ossetie du Sud.

Surtout, il a indiqué que, le 3 février 2005, l’ancien Premier ministre Zourab Jvania et le vice-gouverneur Raoul Youssoupov, qui avant lui s’opposaient déjà à la dérive du régime, n’étaient pas morts asphyxiés à leur domicile par une chaudière défectueuse, mais que leurs corps avaient été apportés dans l’appartement après leur mort. La version de l’accident avait pourtant été authentifiée par des agents du FBI états-unien venus enquêter sur place à la demande du président Saakachvili.

Les accusations d’Irakli Okrouachvili pourraient être examinées par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe lors de sa prochaine session.

La réaction ne s’est pas faite attendre : jeudi, 27 septembre, M. Okrouachvili a été inculpé d’abus de pouvoir à l’époque où il était ministre et arrêté. Son domicile et celui de ses parents ont été perquisitionnés. Le matériel informatique et des documents personnels ont été saisis sans dresser d’inventaire. Les locaux de son parti ont été saccagés par la police.

10. 000 personnes ont manifesté vendredi soir à Tbilissi pour réclamer la libération de M. Okrouachvili et le départ du président Saakachvili. Un message de l’ancien ministre de la défense, écrit en prison, a été lu. Il y appelle les Géorgiens à « poursuivre la lutte pour instaurer la légalité ». Craignant d’être renversé, le président Saakachvili est rentré précipitamment samedi de New York, où il participait à l’Assemblée générale de l’ONU. L’opposition a annoncé qu’elle allait constituer une sorte de gouvernement provisoire.

Silence dans les médias occidentaux : depuis que la Géorgie a basculé dans le camp atlantique, aucune critique ne doit être émise contre Mikheil Saakachvili, grand ami du président Bush.




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