Les pionniers de l’interception de données sur Internet

15 06 2008

Repris de Intelligence Online:

 Une poignée de sociétés se disputent le nouveau marché des interceptions de communications sur Internet. Une technologie qui intéresse tout particulièrement les services de sécurité et de renseignement.

Parmi les jeunes sociétés actives sur le marché des interceptions de données transitant sur Internet (voir schéma), le français Qosmos se distingue par ses solutions d’analyse poussée. Le groupe basé à Paris a mis au point la nouvelle génération de logiciels de Deep Packet Inspection (filtrage et analyse de paquets de données), capables de reconnaître plus de 300 protocoles de communication (Webmail, voix sur IP, Instant Messaging, etc.) et de traiter 1,6 million de paquets de données par seconde. Une fois un protocole identifié, Qosmos peut alors « travailler en profondeur » sur les données et récupérer les informations d’utilisateur (login, mot de passe, adresse IP) et les contenus des messages échangés.

Les débouchés de ces technologies sont de deux types : interceptions légales (le ministère français de la justice s’apprête notamment à lancer un appel d’offres pour équiper les postes des officiers de police judiciaire de ce type de solutions) et interceptions de sécurité effectuées par les agences de renseignement. Dans ce dernier domaine, Qosmos a recours à des intégrateurs spécialisés qui traitent avec des services de renseignement en Amérique du Nord, au Moyen-Orient et en Asie. L’un d’entre eux, le français Ercom, collabore régulièrement avec la direction technique de la DGSE (IOL nº565).

Fondée par deux anciens chercheurs du Laboratoire d’informatique de l’Université de Paris VI (LIP6), la société emploie 30 personnes et prépare l’ouverture, début 2009, de filiales aux Etats-Unis, à Singapour et en Chine. Elle a perçu le mois dernier un financement de 7 millions d’euros, apportés par le leader allemand des études de marché GfK, ainsi que par les sociétés d’investissement Sofinnova Partners et Alven Capital.



La FAO rend les armes devant la faim

13 06 2008

article repris de L’UITA:

Inséré sur le site web de l’UITA le 13-Jun-2008

Organisée dans un contexte d’hyperinflation du prix des aliments de base et d’émeutes causées par la faim à travers le monde, la récente Conférence de haut niveau de la FAO sur la sécurité alimentaire mondiale tenue à Rome a eu comme principal résultat un appel retentissant à continuer comme si de rien n’était. Manifestement organisée pour résoudre des enjeux urgents reliés à la sécurité alimentaire, au changement climatique et à la bioénergie, la Conférence n’avait rien à offrir sur aucun de ces sujets dans sa déclaration finale.

Grâce à un lobbying soutenu de la part des États-Unis, de l’UE et du Brésil, le glissement massif de cultures pour l’alimentation vers la production de carburant et son rôle dans l’inflation du coût des denrées de base ont été réduits à un « défi » ou à une « occasion » – sans que soit expliqué comment l’expansion de la production des agrocarburants pourra atténuer la faim. Le glissement se poursuivra donc – tout comme la hausse des prix et de la faim.

La Conférence n’a offert aucune solution à l’influx massif de capitaux spéculatifs dans le marché à terme des produits de base, qui contribue avec le développement des agrocarburants à pousser le prix des denrées à des sommets sans précédents. Un soutien rhétorique à des méthodes d’agriculture moins intensives était inséré dans une intention de relier un plus grand nombre de petits producteurs à un marché mondial dont la volatilité mine les moyens de subsistance depuis des décennies – sans égard à la hausse ou à la baisse des prix. Les enjeux auxquels sont confrontés les travailleurs/euses agricoles – pauvreté, famine, violence, accès à l’eau potable et violations quotidiennes des droits fondamentaux – n’étaient même pas à l’ordre du jour. Malgré les appels à une « action rapide », cela ne laisse que l’aide humanitaire – et un appel à une conclusion rapide des négociations du cycle de Doha de l’OMC sur une libéralisation plus poussée du système agricole, dont la libéralisation progressive est pourtant au cœur du problème.

La Conférence a échoué parce que la crise alimentaire a été pour l’essentiel réduite à l’augmentation rapide du prix des aliments au cours des trois dernières années. Pourtant, ce n’est là que l’une des manifestations d’une crise persistante et à long terme dans laquelle le droit à des aliments adéquats est régulièrement refusé à plus de 800 millions de personnes, incluant celles qui travaillent en agriculture.

Les organisateurs de la conférence ont oublié de demander comment il se faisait que tant de millions de personnes soient déjà au bord de la famine, et comment il se faisait que tant d’entre elles soient employées dans l’agriculture. On estime que chaque augmentation d’un point de pourcentage du prix des denrées de base peut pousser 16 millions de personnes additionnelles dans la famine dans les pays en développement. Le prix de certaines denrées de base a doublé, voire triplé en un an, parfois en quelques mois. Le 31 mars, le prix du riz sur les marchés à terme au augmenté de 31 pour cent dans une seule journée; le 25 février, celui du blé de 27 pour cent. Les émeutes de la faim ne devraient surprendre personne.

Alors qu’il est urgent de mettre fin à la hausse des prix, pourquoi n’y a-t-il aucune proposition officielle de hausser le revenu des travailleurs/euses ruraux/rales pour compenser la perte de pouvoir d’achat et la réduction des calories disponibles? Pourquoi des millions de travailleurs/euses agricoles ont-ils glissé dans la pauvreté et la faim lorsque les prix des denrées de base ont été en baisse constante, comme ce fut le cas durant les années 1990? Nous devrions demander pourquoi le prix au détail du thé, du café ou du sucre, par exemple, est resté essentiellement stable ou a même augmenté pendant plus d’une décennie, pendant que les prix mondiaux pour ces produits de base étaient en chute libre. Pourquoi, durant toutes ces années, les bénéfices des société transnationales de transformation et de commerce ont-ils augmentés, en même temps que leur pouvoir d’achat et de commercialisation; pendant que les salaires des travailleurs/euses du thé, du café et du sucre stagnaient ou dans certains cas chutaient de façon drastique?

Où est le lien entre le prix des produits de base, le prix de détail, les salaires et le pouvoir d’achat que l’OMC nous promettait par « l’utilisation optimale des ressources » qui découlerait de la libéralisation des échanges commerciaux? Le régime de l’OMC – et plus particulièrement l’Accord sur l’agriculture – ont facilité les poussées soudaines des importations qui ont dévasté les systèmes nationaux et locaux de production alimentaire. La dépendance envers des prix mondiaux volatiles des denrées de base a poussé des populations entières au bord de la famine.

En lui-même, le prix des denrées de base ne nous dit rien sur la capacité des travailleurs/euses agricoles ou des pauvres en milieu urbain de s’alimenter. Les principaux enjeux sont la vulnérabilité, la volatilité et l’extraction de la valeur dans la chaîne alimentaire.

Au moment même ou cent millions de personnes de plus sont confrontées à une famine potentielle en raison de la hausse rapide du prix des céréales et des oléagineuses, les bénéfices des négociants et des transformateurs primaires atteignent des niveaux sans précédent. Cargill, le plus important négociant au monde, a enregistré une hausse de 86 pour cent de ses bénéfices sur le commerce des produits de base au premier trimestre cette année. ADM, second négociant mondial, a déclaré en 2007 des bénéfices en hausse de 67 pour cent sur l’exercice précédent. Bunge, surfant sur la vague de la demande de graines oléagineuses pour la production d’agrodiesel, a connu une augmentation de 77 pour cent de ses bénéfices au premier trimestre de cette année. Nestlé, la plus grande société alimentaire au monde, a affiché des bénéfices exceptionnels en 2007 et lancé un programme de rachat d’actions de 2,5 milliards de dollars – tout en disant à ses travailleurs/euses que l’augmentation du prix des intrants signifiait qu’ils/elles devaient se préparer à des mises à pied et à des compressions salariales.

Vous chercheriez en vain les mots « société commerciale » dans le document d’information de 50 pages préparé par la FAO pour les participants à la conférence, un document pourtant intitulé « La flambée des prix des denrées alimentaires: faits, perspectives, effets et actions requises ». Vous ne les trouverez pas non plus dans les Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2008-2017 – mais vous y trouverez un message aux pauvres du monde, disant qu’ils/elles seront confrontés/es à des prix inabordables concernant les aliments au moins pour la prochaine décennie. Dans ces documents, les principaux enjeux et acteurs de la crise du système alimentaire mondial ont été occultés. La force motrice derrière la libéralisation du commerce agricole au cours de la dernière décennie – l’augmentation énorme de la portée, du pouvoir et des parts de marché des sociétés transnationales, non seulement à l’échelle internationale mais à l’intérieur même des marchés locaux et nationaux par les transactions internes et les filiales – est entièrement absente du rapport. Il n’est question que de marchés, de signaux de marché et de prix. Devant ces « faits » et ces « perspectives », comment pouvons-nous comprendre les véritables mécanismes à l’œuvre et aborder les enjeux de manière significative?

Alors que les agences internationales viennent soudainement de découvrir le sous-investissement dans l’agriculture, les investissements dans les marchés indiciels des produits de base ont augmenté de USD 13 milliards en 2003 à USD 260 milliards en mars 2008 – et pourraient bientôt atteindre le billion de dollars, selon certains analystes. Les fonds d’investissement privés et les fonds spéculatifs – des investisseurs centrés sur les rendements élevés à court terme – débordent du marché à terme et injectent maintenant des milliards dans l’acquisition de terres agricoles, d’intrants et d’infrastructures. Pourtant, le document d’information de la FAO pour la Conférence de Rome n’accorde que deux paragraphes indifférents au phénomène dans sa « Brève analyse des récentes évolutions » et le passe sous silence dans ses « Options ». Aucun lobbying n’a été nécessaire pour supprimer les appels à la re-réglementation des marchés financiers lors de la Conférence – le sujet n’a même pas fait l’objet de discussions sérieuses. Pourtant, même une taxe modeste sur ces énormes profits permettrait de dégager des ressources substantielles pour entreprendre la remise en état du système alimentaire.

Les acteurs principaux étant rendus invisibles – notamment des sociétés et des investisseurs financiers qui dictent de plus en plus quels types d’aliments sont cultivés, récoltés, transformés et commercialisés, à quel prix et de quelle façon – il ne nous reste qu’un « plan d’action » qui dit essentiellement aux pauvres que rien ne changera. Les gouvernements qui auraient pu, à Rome, manifester leur engagement à s’acquitter de leurs obligations en droit international de protéger et de faire appliquer le droit aux aliments ont plutôt abandonné cette occasion aux lobbies agroalimentaires.

L’aide aux pays en développement confrontés à un déficit commercial découlant d’importations alimentaires massives ne peut corriger le problème fondamental. Ce qu’offre l’OMC ne peut qu’exacerber la faim mondiale, quels que soient les vagues murmures de « durabilité » dans lesquels ces propositions sont enveloppées.

Le Groupe professionnel des travailleurs/euses de l’agriculture de l’UITA, réuni en Inde en 2005 juste avant la réunion ministérielle de l’OMC à Hong Kong, a fait valoir avec insistance que les vrais enjeux pour les travailleurs/euses agricoles n’étaient encore une fois pas sur la table : « des ressources soutenues doivent être mobilisées à l’échelle internationale afin de faciliter et soutenir les mesures de recouvrement visant à renverser les dommages sociaux et environnementaux découlant des méthodes de production intensive orientées vers l’exportation, ainsi qu’à rebâtir l’agriculture pour lui permettre de servir ses fins premières, à savoir le droit à des aliments sains, adéquats et nutritifs, produits dans des conditions de travail décentes ». La Conférence de Rome a conclu trois années additionnelles de perte de temps et de vies.



Derniers rebondissments de l’affaire Hariri

12 06 2008

repris du réseau Voltaire:

Répression politique

Un collaborateur du Réseau Voltaire incarcéré à Berlin

La répression contre le Réseau Voltaire se poursuit. Jürgen Cain Külbel, vient d’être incarcéré à Berlin. Les arguties juridiques employées pour le condamner ne masquent pas l’intention politique de cette décision : notre collaborateur avait démontré que le chef de la mission d’enquête de l’ONU sur l’assassinat de Rafic Hariri avait des liens financiers avec les assassins, et que son principal assistant est un agent de la CIA impliqué dans des enlèvements en Europe.

 

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La prison berlinoise où a été incarcéré le journaliste Jürgen Cain Külbel, coupable d’avoir révélé l’action de la CIA dans l’assassinat de Rafic Hariri, l’organisation de la fausse piste syrienne, et la manipulation de la Commission d’enquête de l’ONU.

 

 

Jürgen Cain Külbel, collaborateur du Réseau Voltaire, a été incarcéré à Berlin. Il lui est reproché d’avoir violé une décision du Tribunal des référés en maintenant un lien actif sur son site Internet vers un article de Voltairenet.org [1]

Cette affaire rocambolesque est une machination de plus de la CIA pour intimider Jürgen Cain Külbel et les collaborateurs du Réseau Voltaire. Voici le mécanisme de cette opération :

Ancien enquêteur de la police est-allemande, Jürgen Cain Külbel a conduit, en tant que journaliste, une enquête indépendante sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri. Il a publié ses conclusions dans un livre édité en allemand et en arabe : Le Dossier Hariri [2] . Il y reprend et approfondi des éléments déjà présentés par le Réseau Voltaire [3]. Thierry Meyssan avait montré qu’une association d’opposants libanais en exil, l’U.S. Committee for a Free Lebanon (USCFL), avait connaissance à l’avance du crime et avait immédiatement lancé une campagne de communication visant à détourner les soupçons vers la Syrie [4]. L’USCFL, que la CIA destinait à former un gouvernement fantôche au Liban en cas d’intervention militaire US, est donc complice, au moins passivement, du meurtre. Talaat Ramih avait montré que l’ancien procureur allemand Detlev Mehlis, devenu chef de la mission d’enquête des Nations Unies, avait été employé par le Washington Institute for Near East Policy (WINEP) [5]. En relevant que l’USCFL est une émanation du WINEP, Jürgen Cain Külbel a montré que le chef de la mission de l’ONU était un ancien employé de personnes impliquées dans le meurtre sur lequel il était chargé d’enquêter. Continuant sur sa lancée, il a établi le rôle de l’assistant principal de Detlev Mehlis, le commissaire principal Gerhard Lehmann, dans les enlèvements perpétrés par la CIA en Europe depuis 2001. M. Lehmann a ainsi été formellement reconnu par une des victimes, Khaled El-Masri [6]. Plusieurs éléments laissent à penser que M. Lehmann pourrait également être impliqué dans la « disparition » à Paris du témoin clé de l’affaire Hariri, Zuhair As-Siddik, le 13 mars dernier [7]

Dès la publication de son livre en allemand, Jürgen Cain Külbel a été approché par un militant palestinien connu résidant en Allemagne, Said Dudin, qui s’est proposé d’éditer l’ouvrage en arabe et d’en assurer la promotion. Mais lorsque M. Külbel est venu à Damas, donner une conférence à la Bibliothèque nationale syrienne, à l’invitation de Syria Alghad (institut de recherche politique membre du Réseau Voltaire), M. Dudin a fait son possible pour discréditer son auteur. L’éditeur a exhorté l’assistance à attaquer les ambassades occidentales et a multiplié les déclarations incendiaires pour déplacer l’attention des médias.

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Conférence de Jürgen Cain Külbel, le 8 mai 2006, à la Bibliothèque nationale syrienne (Damas).

De retour en Allemagne, Jürgen Cain Külbel a tenté d’en savoir plus sur ce saboteur. Il a alors découvert que le prétendu militant de la cause palestinienne était le fils de Mustafa Dudin, un agent secret israélien placé directement sous le commandement du général Ariel Sharon. Découvert, Mustafa Dudin avait été exécuté par la Résistance. Poursuivant ses recherches, Jürgen Cain Külbel découvrit dans les archives de la Stasi, l’ancienne police politique est-allemande, des documents attestant que Said Dudin lui-même était de longue date un agent de la CIA infiltré dans la gauche radicale allemande. Ces documents ont été publiés sur Voltairenet.org [8].

Introduisant une action juidiciaire en référé, Said Dudin a obtenu que le Tribunal de Berlin enjoigne M. Külbel de ne plus faire mention d’aucune manière que ce soit de l’incident survenu à Damas, des fonctions de son père dans les services israéliens et de ses fonctions personnelles à la CIA. Obéissant à la Raison d’État, le Tribunal n’a retenu que les témoignages produits par M. Dudin et a écarté ceux produits M. Külbel, y compris celui du prince Issa El-Ayoubi, vice-président du Réseau Voltaire et petit-neveu du fondateur de la République arabe syrienne, qui avait assisté à l’incident de Damas où il s’était opposé à M. Dudin. En outre, le Tribunal a écarté les documents de la Stasi en vertu d’une loi allemande d’amnistie qui fait interdiction de leur mention.

Or, Jürgen Cain Külbel ayant ultérieurement maintenu sur son site Internet personnel un lien actif vers celui du Réseau Voltaire qui contient les documents illégalement rendus publics de la Stasi, le Tribunal l’a condamné à 10 jours de prison ferme pour violation de son injonction.

 

[1] Page incriminée : « Le journaliste d’investigation face aux manipulations des services secrets », entretien de Jürgen Cain Külbel avec Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 30 juillet 2007.

[2] Mordakte Hariri, Unterdrückte Spuren im Libanon par Jügen Cain Külbel, édition Zeitgeschichte Band 34, 2006 (ISBN 3-89706-860-5).

[3] « Attentat contre Rafic Hariri : Une enquête biaisée ? », par Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 15 septembre 2006.

[4] « Les plans de l’US Committee for a Free Lebanon », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 8 mars 2005.

[5] « La commission Mehlis discréditée », par Talaat Ramih, Réseau Voltaire, 9 décembre 2005.

[6] Allégations de détentions secrètes et de transferts illégaux de détenus concernant des États membres du Conseil de l’Europe, rapport de Dick Marty au Conseil de l’Europe, 12 juin 2006, § 99 et 130.

[7] « Kouchner a « perdu » le témoin-clé de l’enquête Hariri », par Jürgen Cain Külbel, Réseau Voltaire, 21 avril 2008.

[8] Ibid.

 



Une nouvelle poursuite de 5 M$ contre Écosociété

12 06 2008

repris de voix de faits:


La maison d’édition indépendante Écosociété, qui a publié le livre Noir Canada, dénonçant les pratiques de compagnies aurifères canadiennes en Afrique, fait face à une nouvelle poursuite en diffamation de 5 M$ intentée par la minière Banro Corporation [dont le plus gros actionnaire est le Capital Group qui détient environs 13% mais Banro a aussi comme actionnaire le régime de pensions du Canada à hauteur de 2% auquel nous cotisons tous et Teachers, le régime de pension des profs au secondaire de l’Ontario].

Écosociété est déjà confrontée à une première poursuite de 6 M$ déposée par Barrick Gold à la suite de la publication du livre.

Selon l’éditeur, il s’agit dans les deux cas de poursuites-bâillon, aussi connues sous le nom de SLAPP (Strategic Lawsuit Against Public Participation).

La suite ici.



L’ordinateur de Gauche et l’ordinateur de Droite

22 05 2008

texte repris du réseau Voltaire:

Interpol, les Farc et Chavez
L’ordinateur de Gauche et l’ordinateur de Droite
par Romain Migus

Les agences de presse anglo-saxonne ont donné un large écho au directeur général d’Interpol qui aurait confirmé les liens secrets entre le président Hugo Chavez et les FARC. Or, observe Romain Migus, le rapport d’Interpol dit le contraire de ce que les agences de presse ont relayé : l’agence internationale de coopération policière a constaté que l’ordinateur d’un chef rebelle, saisi par l’armée colombienne, a été manipulé par elle en profondeur de sorte qu’il est impossible d’authentifier les documents qu’elle prétend y avoir trouvé. Étrange : au même moment, le témoin clé dans une autre affaire était extradé hors de Colombie avec les documents, authentifiés ceux-là, d’un autre ordinateur. Ils mettaient très gravement en cause le président colombien Alvaro Uribe.

 

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Signature de l’accord entre Interpol et la Colombie instituant une équipe d’experts pour analyser les ordinateurs des FARC saisis par la Colombie (12 mars 2008).

Le 1er mars 2008, 10 bombes GBU 12 Paveway de 227 kilos chacune explosaient en pleine jungle équatorienne rasant toute la végétation aux alentours et laissant des cratères de 2.40 mètres de diamètre et 1.80 mètres de profondeur [1]. La Colombie venait de violer la souveraineté de l’Équateur et d’assassiner Raul Reyes, le principal négociateur pour la libération d’Ingrid Bétancourt et des autres otages retenus par la guérilla.

Au sol, les combattants de la FARC et des étudiants de l’Université de Mexico ne résistèrent pas à un bombardement d’une telle ampleur. En revanche, gisait au beau milieu des cratères, un ordinateur indestructible qui contient, selon Bogota, des informations cruciales sur les alliances régionales.

Cet ordinateur dont la marque n’est malheureusement pas connue, c’est l’ordinateur de Raul Reyes. C’est l’ordinateur de gauche.

Rappelons avant d’aller plus loin que les relations avec la FARC sont tout ce qu’il y a de plus normales pour les voisins de la Colombie. L’ancien vice président vénézuélien, José Vicente Rangel, rappelait il y a peu, qu’avant l’arrivée de Chavez au pouvoir, un responsable des FARC disposait d’un bureau au Ministère des Affaires Etrangères vénézuélien, notamment pour traiter des dommages collatéraux du conflit colombien au Venezuela. Imaginez qu’une armée de 15 000 hommes en guerre contre le pouvoir suisse stationne prés du lac Léman. Il y a fort à parier que le gouvernement français, mais aussi les autorités régionales et locales entretiendront des relations avec des responsables de cette armée pour éviter des dérapages en France.

Le Venezuela et l’Équateur : cibles des accusations

Le 3 mars, soit deux jours à peine après l’agression de l’Équateur par la Colombie, le gouvernement d’Alvaro Uribe commence à dévoiler une partie du contenu de l’ordinateur de gauche. Les preuves abonderaient pour prouver l’alliance régionale entre l’Équateur et le Venezuela et la FARC.

Dans le cas du Venezuela, Chavez est accusé d’avoir reçu 100 millions de pesos (environ 35 000 euros) de la guérilla lorsqu’il était en prison (1992-94), et en retour de financer la guérilla pour 300 millions de dollars. De même, le Venezuela est accusé de faciliter le trafic d’armes pour le compte de la FARC voire même d’armer les rebelles colombiens.

En ce qui concerne l’Équateur, les autorités colombiennes accusèrent le Ministre de l’Intérieur équatorien, Gustavo Larrea, de connivence avec la FARC. Une photo prétendument tirée de l’ordinateur de gauche montre Raul Reyes conversant selon les autorités colombiennes avec le Ministre équatorien. La nouvelle fait le tour du monde, jusqu’à ce que Patricio Echegaray, secrétaire général du Parti Communiste Argentin déclare que c’est lui qui apparaît sur la photo. Qu’importe, le mal est fait. De plus, d’autres documents prouveraient la connivence de Quito avec la FARC.

Les gouvernements équatorien et vénézuélien rejettent ces accusations, soulignant l’invraisemblable indestructibilité de l’ordinateur et le fait que Bogota ait pu fabriquer des fausses preuves.

Alvaro Uribe va donc faire appel à Interpol pour donner une résonance médiatique mondiale à ses accusations.

Une mission de crise est envoyée à Bogota. Elle est dirigée par un ancien directeur du département du Trésor états-unien et ancien fonctionnaire du département de la Justice de ce pays : Ronald Kenneth Noble, actuel secrétaire général de Interpol. Imaginons un instant qu’un ancien fonctionnaire cubain, biélorusse ou iranien ait été nommé chef de cette mission et que son rapport favorise nettement le Venezuela. On peut légitimement penser que la machine médiatique aurait hurlé à la fraude. Mais il est bien connu que les États-Unis ne fraudent pas…

Que dit le rapport de Interpol ?

- Que les fichiers des ordinateurs, des disques durs externes et des clés USB pèsent 609.6 gigaoctets soit 39.5 millions de pages Word.

En conférence de presse, Ronald Kenneth Noble, a souligné que vu l’ampleur des fichiers cela prendrait plus de « mille ans pour en vérifier le contenu » et qu’Interpol n’avait pas vérifié l’authenticité du contenu des preuves. Autrement dit, ce qu’Interpol peut faire en mille ans, les Colombiens l’ont réalisé en 48 heures, du 1er mars date du bombardement, au 3 mars, date de la première déclaration sur les soi-disant preuves de l’ordinateur de gauche. Notons au passage que les informaticiens colombiens allient la rapidité à la chance puisqu’ils ont seulement ouvert des fichiers incriminant le Venezuela et l’Équateur. Rien sur les relations de la FARC avec la France ou le Brésil, par exemple.

Que c’est-il donc passé durant ces 48 heures ? Le rapport d’Interpol est limpide :

- « L’accès aux données contenues dans les huit pièces à conviction informatiques provenant des FARC entre le 1er mars 2008, date à laquelle elles ont été saisies par les autorités colombiennes, et le 3 mars 2008 à 11 h 45, lorsqu’elles ont été remises au Grupo Investigativo de Delitos Informáticos de la Police judiciaire colombienne, n’a pas été effectué conformément aux principes reconnus au niveau international [c’est nous qui soulignons] en matière de traitement des éléments de preuve électroniques (…) En d’autres termes, au lieu de prendre le temps de créer des images des contenus de chacune des huit pièces à conviction saisies en les protégeant contre l’écriture avant d’y accéder, ils ont accédé directement aux données en question. »

Bizarrement, c’est précisément durant ce laps de temps où la police judiciaire colombienne attend les ordinateurs que sont révélées les soi-disantes preuves. C’est-à-dire que ces soi-disantes preuves ne sont pas le travail scientifique des informaticiens de la police mais d’une officine de l’armée colombienne qui n’a pas pris le soin de créer des images des contenus des documents avant de les ouvrir.

- De plus selon le rapport d’Interpol, des fichiers systèmes ont été crées ou modifiés après le bombardement du camp guérillero :

« 83. L’examen de la pièce à conviction n° 26 — un ordinateur portable — a révélé les incidences suivantes sur les fichiers le 1er mars 2008 ou après cette date :
273 fichiers système ont été créés ;
373 fichiers système et utilisateur ont fait l’objet d’accès ;
786 fichiers système ont été modifiés ;
488 fichiers système ont été supprimés.
»

(C’est identique pour toutes les pièces à convictions : voir les points 84, 85, 86, 87, 88, 89, 90 du rapport)

- Certes le rapport affirme que les fichiers utilisateurs (texte word, photos, etc…) n’ont ni été modifiés ni crées après le 1er mars. Mais dans la même conclusion, Interpol souligne qu’il existe dans toutes les pièces à conviction des milliers de fichiers datés de 2009 ou 2010.

Concernant ces fichiers, Interpol conclut « que ceux-ci ont été créés à une date antérieure au 1er mars 2008 sur une ou plusieurs machines dont les paramètres de date et d’heure système étaient incorrects. »

Or comment attester de l’authenticité des fichiers s’il est si simple de changer la date de la création du document ? Autrement dit, l’officine de l’armée colombienne qui a eu pendant 48 heures les pièces à conviction aurait très bien pu créer un document en l’antidatant. Surtout si comme le révèle Interpol les fichiers systèmes ont été modifiés.

Comme on le voit, le rapport d’Interpol soulève plus de questions sur la validité des documents de l’ordinateur de gauche qu’il n’apporte de réponses. Qu’importe, le tsunami médiatique s’abat déjà sur le Venezuela (mais pas sur l’Équateur, allez savoir pourquoi…). Marie Delcas du Monde [2] confondant le travail de juge avec celui de journaliste, reprend à son compte les accusations du gouvernement colombien, alors que, rappelons-le, d’une part Interpol ne s’est pas prononcé sur le contenu des documents, d’autre part le rapport jette de forts doutes sur l’authenticité de l’origine des documents.

On aimerait que Marie Delcas puisse répondre à l’invitation lancée par le président équatorien Rafael Correa depuis Paris le 13 mai dernier : « Nous ne donnons aucune crédibilité à ces ordinateurs, mais si quelqu’un le fait, alors il devra aussi accorder de la crédibilité lorsque la FARC accuse Uribe d’être un paramilitaire et un narcotraficant ». Jusqu’à maintenant, pas une ligne dans Le Monde ou dans les autres media sur ce sujet…

Et pourtant…

L’ordinateur de droite

Et pourtant, il existe un autre ordinateur. Celui-là a encore son propriétaire vivant pour authentifier les documents saisis. Cet ordinateur-là appartient au chef paramilitaire Rodrigo Tovar, alias « Jorge 40 ». C’est l’ordinateur de droite.

Dans l’ordinateur de droite, saisi en 2006, ont été trouvées des preuves de plus de 50 assassinats perpétrés par les paramilitaires [3] contre des leaders syndicaux et de mouvements sociaux en 2005 et 2006.

De plus, une liste d’élus colombiens (sénateurs, députés, maires, gouverneurs) parrainés par les paramilitaires va être mise à jour. Des dizaines d’élus bénéficient de la protection, du financement, des contacts et des moyens de pression des paramilitaires. Et plus grave, l’ordinateur de droite compte mêmes des preuves de fraudes électorales organisées par les paramilitaires pour diverses élections dont celle du président Alvaro Uribe.

L’ordinateur de droite va être le déclencheur du scandale de la parapolitique en Colombie. Ce néologisme fait allusion au lien unissant certains hommes politiques, des membres des services secrets, des hommes d’affaires avec les groupes mafieux paramilitaires, connus entre autre pour découper leurs victimes à la tronçonneuse et jouer au football avec leur tête.

A-t-on eu besoin d’appeler Interpol pour prouver l’authenticité des documents trouvés dans l’ordinateur de droite ? Non, car son propriétaire, « Jorge 40 », a confirmé par la suite l’authenticité des documents.

Mais « Jorge 40 » ne va pas s’arrêter à ce témoignage. Il confirme l’existence des Accords de Ralito. Une alliance officielle, avec documents signés à l’appui, entre quatre chefs paramilitaires et 29 personnalités politiques (députés, sénateurs, maire, gouverneurs de régions), un journaliste, et deux propriétaires terriens pour « refonder la Patrie » et « protéger la propriété privée ». Lors de la signature de ces accords, on a pu noter la présence du conseiller de Nicolas Sarkozy, le bourreau argentin Mario Sandoval [4].

Le scandale de la parapolitique touche désormais des ministres et l’actuel vice-président dont la famille possède le seul quotidien de diffusion nationale. Le cercle se réduit autour d’Alvaro Uribe.

Qu’à cela ne tienne, les États-Unis viennent d’obtenir l’extradition de « Jorge 40 » et de 12 autres chefs paramilitaires. « Jorge 40 » et son ordinateur n’ont désormais plus de compte à rendre à la justice et au Peuple colombien. L’ordinateur de droite était gênant, on a pu le faire disparaître discrètement pendant que tous les media parlaient de l’ordinateur de gauche. Raul Reyes, lui, n’est plus là pour témoigner de l’authenticité des documents de son ordinateur indestructible…

Documents joints

Rapport d’expertise d’Interpol sur les ordinateurs et le matériel informatique des FARC saisis par la Colombie
(PDF – 263.4 ko)


Conférence à mtl: L’occupation canadienne de l’Afrique

18 05 2008

livre noir du canada
Conférence « L’occupation canadienne de l’Afrique » – La Bourse de Toronto comme paradis judiciaire des sociétés minières et pétrolières

Conférenciers : Alain Deneault, auteur du livre Noir Canada – Pillage, corruption et criminalité en Afrique qui vient de paraître aux Éditions Écosociété mais qui a failli être censuré, en compagnie de William Sacher, qui y a collaboré.

Mercredi le 21 mai 2008, à 19 h
Lieu : Bistro Double-Dose qui s’appelle maintenant Le Maître Chanteur, 3425 rue St-Denis (métro Sherbrooke)

Renseignements :
Tél. : 514-303-7156
attacmontreal@sympatico.ca
www.quebec.attac.org



Film de la semaine: Outfoxed

16 05 2008


Outfoxed
envoyé par esprit2verite



Film de la semaine: L’affaire Clearstream

11 05 2008


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Le Canada a préparé l’invasion de l’Afghanistan AVANT le 11 septembre selon un livre censuré par l’armée canadienne

2 05 2008

Text repris du Réseau Voltaire:


Dans un livre qui devait paraître lundi au Québec, un ancien membre de la « Joint Task Force 2 », une unité d’élite des services secrets militaires canadiens, Denis Morisset, relate huit années d’opérations secrètes. L’ouvrage, intitulé Nous étions invincibles, détaille des actions au Rwanda, en Bosnie et Afghanistan, mais aussi —et c’est une découverte— au Pérou et en Colombie.

Parmi les révélations du livre, l’affirmation que le Canada est intervenu pour préparer l’attaque anglo-saxonne de l’Afghanistan avant que ne surviennent les attentats du 11 septembre 2001.

Cependant, il ne paraîtra pas. L’auteur a été arrêté hier pour avoir sollicité sexuellement des mineures via internet et a été incarcéré. Quand à l’éditeur, JCL, il a reçu une lettre du ministère canadien de la Défense l’informant que cette publication était de nature à mettre en péril la sécurité nationale. Cédant aux pressions, il a immédiatement retiré le livre de son catalogue.

 

Pour plus d’info, voir:

CTV News 

The Globe & Mail 



La convergeance médiatique et la presse indépendante au Québec

17 03 2008

repris de l’aut’e journal:

13 mars 2008

Pierre Dubuc

Au Québec, le poids exceptionnel de la concentration de la presse se fait de plus en plus sentir. Deux grands groupes, Power Corporation et Quebecor contrôlent tous les quotidiens sauf Le Devoir dont la part du marché – 2,5 % du tirage total – est insignifiante. Un troisième groupe, Transcontinental, se partage avec Quebecor la majorité des hebdos régionaux.

Mis à part quelques irréductibles indépendants marginaux, toutes les imprimeries du Québec sont propriété du Groupe Transcontinental et de Quebecor. Transcontinental imprime les journaux de Power Corporation, groupe avec lequel il est également en partenariat pour la production du journal Métro à Montréal. Quebecor est propriétaire de Messageries Dynamiques, la plus importante agence de distribution et Transcontinental possède Publi-Sac. Signalons que Le Devoir est imprimé par Quebecor. À cette concentration horizontale s’ajoute la convergence avec les médias électroniques.

Au Québec, c’est le marché qui est marginal

Face à ces géants, la presse indépendante doit en plus se développer dans le petit marché francophone du Québec. Si, dans des pays comme la France ou les États-Unis, il y a un marché pour ce qui est marginal, au Québec, c’est l’ensemble du marché qui est marginal. Autrement dit, si on peut trouver en France ou aux États-Unis un bassin suffisant d’abonnés ou de donateurs pour soutenir une publication indépendante, l’équivalent est très difficile au Québec à cause de l’exiguïté du marché.

Pour bien comprendre la signification de cette situation, il n’est pas inintéressant de comparer la situation des grands quotidiens français à celle leurs homologues québécois. Par exemple, le quotidien Le Monde a un tirage d’environ 540 000 exemplaires. Ramené à l’échelle du Québec, où la population francophone est dix fois inférieure à celle de la France, cela donnerait un tirage de 54 000 exemplaires, soit à peine plus que le tirage du Devoir (28 000 la semaine et 45 000 la fin de semaine), mais beaucoup moins que celui de La Presse (200 000 la semaine). Le tirage de Libération (150 000 exemplaires) ne serait que de 15 000 au Québec, soit moins que le tirage du Devoir en semaine.

Abonnement, distribution gratuite, ventes en kiosques

Mais à cause des économies d’échelle, Le Monde peut compter sur 320 journalistes dont 20 correspondants étrangers. Complication supplémentaire pour la presse indépendante, le public québécois, contrairement par exemple au public canadien-anglais, n’a pas une très grande habitude de l’abonnement. Les gens préfèrent acheter une publication en kiosque plutôt que de profiter d’offres d’abonnement à prix réduit.

Cette situation est aggravée par la distribution des journaux gratuits. Amorcé avec le journal culturel Voir, le phénomène touche les hebdos régionaux, les journaux de quartier, de même que les quotidiens avec le journal Métro et 24 heures de Quebecor à Montréal. Ajoutons que le Journal de Montréal et le Journal de Québec bénéficient également une large distribution gratuite dans tous les restaurants du Québec.

Après une désastreuse tentative de vente en kiosques échelonnée sur plusieurs années – expérience partagée par de nombreux autres journaux alternatifs dont le dernier en date est sans doute le journal de l’Union paysanne – suivant l’exemple de Recto-Verso, l’aut’journal a choisi la voie de la distribution gratuite.

Nous pourrions épiloguer longtemps sur les difficultés de la vente en kiosques (publications mal distribuées, mauvais placement) et nous plaindre du fait qu’il n’existe pas, comme en France, de législation qui oblige, par exemple, les marchands à bien positionner, à la vue de tous, un journal comme le Canard enchaîné. Au Québec, le placement est fait par le distributeur en fonction de critères de vente et de marketing.

Mais nous devons reconnaître qu’il y a des explications plus fondamentales à ces échecs. En plus de la petitesse du marché dont nous avons déjà parlé, il n’y a pas de tradition culturelle au Québec qui porte les lecteurs à acheter notre type de publication.

Pour qu’une publication puisse percer sur le marché de la vente en kiosques, il faut un gros tirage, de la publicité dans les autres médias (radio, télévision) pour faire connaître son existence. Tout cela coûte beaucoup de sous et ne peut être financé que par la publicité. Ce qui boucle la boucle et nous renvoie au problème de départ.

Une presse libre est une presse militante

L’histoire des médias nous a appris que la presse militante n’existe que par le soutien des militantes et des militants. Souvent la presse militante est produite et soutenue par un parti politique. Ce n’est pas notre cas au Québec. Malgré l’existence d’un important mouvement souverainiste, celui-ci n’a pas d’organe de presse propre, une situation sans doute unique au monde. Même lorsque son membership atteignait 300 000 membres, le Parti Québécois n’a jamais jugé bon de produire de publications pour ses militants, après l’échec du quotidien Le Jour.

La situation est similaire du côté du mouvement syndical. Après l’échec de l’hebdomadaire Québec-Presse, le mouvement syndical a décliné toute invitation à investir massivement dans un journal de masse. Au cours des années, le mouvement syndical a même supprimé ses publications à plus large rayonnement que ses rangs internes. Le revue Mouvement de la CEQ, aujourd’hui la CSQ, est disparue, tout comme l’hebdomadaire Nouvelles-CSN.

L’aut’journal et d’autres publications progressistes ont de la difficulté à obtenir un soutien régulier des principales organisations syndicales, même si celles-ci ne manquent pas à chacun de leurs congrès de dénoncer la concentration des médias et appeler au développement d’une presse libre et indépendante.

Il faut se cracher dans les mains et relever nos manches, comme disait Félix Leclerc. Le développement d’une presse libre et indépendante repose donc entre nos mains. Il nous faut relever le défi, malgré les conditions difficiles que nous venons de décrire, de produire une presse d’actualité, intéressante, professionnelle et militante.

L’aut’journal, 24 ans plus tard

Fondé en 1984, l’aut’journal se définit toujours 24 ans plus tard comme un mensuel québécois, indépendant et indépendantiste, ouvrier et populaire. Pour caractériser le journalisme que nous voulons pratiquer, nous avons inscrit dans le cartouche cette citation de Jacques Guay, aujourd’hui décédé, qui fut, avant de se joindre à l’équipe de l’aut’journal, de l’expérience de Québec-Presse et fondateur du département de journalisme de l’Université Laval. La citation se lit comme suit : « Informer, c’est mordre à l’os tant qu’il y reste de quoi ronger, renoncer à la béatitude et lutter. C’est croire que le monde peut changer ! »

Dans le premier numéro de l’aut’journal, nous faisions part en éditorial de notre parti-pris pour une information différente. Une information qui parle des luttes ouvrières et populaires, luttes qui ne trouvent pas leur place dans les grands quotidiens – combien ont de journalistes attitrés aux affaires syndicales ?

Nous exprimions aussi notre volonté de présenter un aut’point de vue sur les grandes questions de l’actualité dont le traitement est souvent biaisé par les conflits d’intérêts des propriétaires des médias. Prenons deux exemples pour illustrer notre propos.

Deux exemples de conflits d’intérêts

Depuis plusieurs années, la santé figure en première place des préoccupations des citoyennes et des citoyens et les grands médias ont noirci des centaines de milliers de pages sur le sujet. La privatisation est la solution le plus souvent avancée pour régler le problème des listes d’attente et faire face au défi du vieillissement de la population. Cependant, nos médias évitent soigneusement de mentionner qui seraient les principaux bénéficiaires de cette privatisation, c’est-à-dire les compagnies d’assurances.

Aux États-Unis, il est admis par tous les observateurs de la scène politique que c’est le lobby des compagnies d’assurances qui a coulé le projet du président Clinton, lors de son premier mandat, d’instaurer un système public de santé sur le modèle canadien. Au Canada, ce lobby ne semble pas exister. Du moins, les grands médias n’en parlent jamais. Serait-ce parce que Power Corporation, le propriétaire par l’entremise de Gesca des principaux quotidiens du Québec, est également le propriétaire des deux plus importantes compagnies d’assurances au Canada : la Great-West et la London Life ?

Un autre exemple du conflit d’intérêts dans lequel baignent les médias est la question du transport en commun. Il arrive souvent que la moitié des pages du Journal de Montréal et du Journal de Québec soient consacrées à de la publicité automobile. Dans le cas de La Presse, les seuls revenus de la publicité automobile dépassent les revenus des abonnements. Comment espérer que ces médias fassent la promotion du transport en commun ?

Les médias indépendants et les idées nouvelles

Les médias indépendants peuvent également être à l’origine d’idées nouvelles. C’est dans les pages de l’aut’journal qu’a été lancé l’appel qui allait donner naissance en 1997 au Rassemblement pour une alternative politique (RAP), l’ancêtre de l’Union des forces progressistes (UFP) et de Québec solidaire. Cet appel était accompagné d’un plaidoyer pour une réforme du mode de scrutin avec la publication par l’aut’journal du livre de Paul Cliche Pour un scrutin proportionnel. L’idée a si bien fait son chemin qu’elle a donné lieu à la tenue d’états généraux sur la réforme du mode de scrutin.

C’est également dans l’aut’journal que le concept de club politique a vu le jour, s’est développé et a été inscrit dans les statuts du Parti Québécois, à la faveur de l’action du club politique Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre), une autre initiative de l’aut’journal.

Le concept de revenu de citoyenneté a d’abord été propagé au Québec par l’aut’journal qui a publié le Manifeste pour un Revenu de citoyenneté du professeur Michel Bernard et du syndicaliste bien connu Michel Chartrand.

Un succès avec des moyens de fortune

Au départ, l’aut’journal tirait à 1 500 exemplaires et, la distribution étant tributaire de manifestations ou d’événements publics, il arrivait souvent qu’à peine la moitié de ces copies soient distribuées. Aujourd’hui, notre tirage s’est stabilisé à 20 000 exemplaires. Près de 5 000 d’entre eux sont postés à chaque mois à nos abonnés, individuels ou de groupe, et les 15 000 autres exemplaires sont distribuées gratuitement à travers le Québec par les bons offices d’un petit distributeur privé.

Nous publions également, mais de façon irrégulière, la revue L’Apostrophe. Nous en sommes au dixième numéro. Nous avons édité neuf livres, la grande majorité d’entre eux en collaboration avec d’autres maisons d’édition.

Notre budget annuel est insignifiant. Il tourne autour de 130 000 $. Depuis trois ans seulement, nous avons un employé salarié, notre secrétaire Louis Bourgea. De façon un peu paradoxale, nous pouvons affirmer que notre principale source de financement réside dans le fait que toutes nos collaboratrices et collaborateurs ne reçoivent aucune rémunération pour leurs articles.

Nos autres sources de financement sont les abonnements, la vente de livres, la publicité – provenant presque exclusivement des organisations syndicales et des maisons d’édition – les spectacles-bénéfices. Le problème de sous-financement est commun à tous les médias indépendants. Au cours de nos 22 ans d’existence, nous avons essayé par différents moyens de nous sortir du sous-financement chronique et avons tiré des leçons de ces expériences.

Les grands médias vivent de la publicité

Les revenus publicitaires sont la principale source de financement des grands médias. Ils représentent 80% des revenus des quotidiens. Cette situation ne date pas d’hier. Le premier journal à voir le jour en Amérique, le Pennsylvania Packet and Daily Advertiser, fondé en 1784, consacrait plus de 60% de son espace à la publicité.

Quoi de plus normal alors que de chercher à obtenir ne serait-ce qu’une petite pointe de l’immense tarte des dépenses publicitaires, se disent les journaux communautaires et indépendants. Pour notre part, nous n’y avons pas cru un seul instant étant donné le caractère de notre publication. Mais les échecs récents et spectaculaires de magazines ou journaux communautaires – Recto-verso ou À cause au Saguenay-Lac Saint-Jean – ou d’expériences passées comme Québec-Presse ont confirmé notre analyse.

À ceux qui rêvent d’un quotidien progressiste, j’aime citer l’échec d’une expérience d’un journal… de droite ! Soit celle du National Post. Quand, en 1998, Conrad Black a publié le National Post à Toronto, il a déclaré qu’il n’aurait pu se lancer dans cette aventure s’il n’avait pas été propriétaire de Southam News, qui possédait des imprimeries, des réseaux de distribution et un bassin de journaux dans lequel Black a pu puiser des journalistes pour le Post.

Malgré cela, trois années plus tard, le Post était toujours déficitaire et Black lançait la serviette et vendait ses actions. Pourquoi ? Parce que les grandes agences de publicité que Black avait pourtant traité aux petits oignons, les propriétaires à coups de banquets, de voyages et de cadeaux n’avaient pas cru à son aventure. Ils étaient restés fidèles au Globe and Mail, au Toronto Star, tout en profitant de la concurrence du Post pour exiger de ces grands journaux des réductions des tarifs publicitaires. Comment pourrions-nous envisager la création d’un quotidien – progressiste de surcroît – sans posséder d’imprimeries, de réseaux de distribution et sans… recettes publicitaires?

Tirer les leçons de nos expériences

Examinons des expériences plus modestes, soit celles de Recto-Verso et le journal À cause au Saguenay Lac-Saint-Jean. L’équipe de Recto-Verso avait pressenti que la distribution gratuite était la voie de l’avenir et la seule façon de contourner les monopoles de la distribution. Elle a fait le pari qu’un magazine progressiste de belle tenue serait en mesure d’attirer, au même titre que les publications traditionnelles, de la publicité commerciale et gouvernementale pour financer ses activités.

Cependant, la publicité commerciale n’a jamais vraiment été au rendez-vous et la revue n’a pu combler un déficit accumulé de 200 000 $. La décision subite de Patrimoine Canada de retirer les subventions aux publications distribuées gratuitement a donné le coup de grâce au magazine en le privant annuellement de 30 000 $. Nous avons suivi avec intérêt, mais un certain scepticisme, les efforts du magazine dans sa recherche de commanditaires commerciaux. Nous ne partagions pas l’avis selon lequel de belles publications, avec un tirage important, réussiraient à attirer des commanditaires si le prix de la publicité était proportionnellement inférieur à ce qu’il en coûte dans des revues traditionnelles à grand tirage.

Selon la logique capitaliste pure, telle que formulée par Friedrich Hayek, le pape du néolibéralisme, une telle décision semblait fondée. Malheureusement, ça ne fonctionne pas ainsi. Le marché n’est pas constitué d’un agrégat d’individus, mais de classes sociales. Les propriétaires des grandes agences de publicité ont plus que de simples liens d’affaires avec les propriétaires des grands médias. Ils font partie du même réseau social et politique. Somme toute, les analyses de Karl Marx sont plus pertinentes que celle de Hayek.

Recto-Verso a pu compter pendant un certain temps sur la publicité gouvernementale pour financer la production du magazine et sur les programmes gouvernementaux d’économie sociale pour rémunérer son personnel. L’arrivée au pouvoir du gouvernement Charest et ses compressions budgétaires ont compromis ces deux sources de financement.

Comme dans le cas de la publicité commerciale, le système des relations entretenues avec le personnel politique est essentiel et l’équipe de Recto-Verso avait évidemment plus d’accointances avec le Parti Québécois qu’avec le Parti Libéral. Recto-Verso n’entretenait pas beaucoup de relations avec le Parti Libéral fédéral. Aussi Patrimoine Canada a pu couper d’un trait de plume sa subvention de 30 000 $, mais ne touchera jamais aux subventions de près de deux millions de dollars accordées annuellement tant à Quebecor qu’au Groupe Transcontinental pour leurs magazines.

Le journal À cause s’est buté essentiellement aux mêmes obstacles. Après un départ sur les chapeaux de roue, la publicité espérée n’était pas au rendez-vous et la suppression des programmes gouvernementaux jeunesse avec l’arrivée au pouvoir des libéraux sonnèrent rapidement le glas de la publication.

Nous venons de voir comment un changement de gouvernement a contribué à la faillite de deux publications avec la suppression des programmes gouvernementaux dont elles bénéficiaient. Notre expérience est encore plus éloquente.

L’aut’journal et les subventions gouvernementales (ou leur absence)

À la suggestion d’amis de la presse indépendante qui ne comprenaient pas pourquoi nous ne cherchions pas à obtenir ces subventions gouvernementales auxquelles, selon eux, nous avions parfaitement droit, nous avons présenté une modeste demande au chantier de l’économie sociale lors du lancement de la revue L’Apostrophe.

Après avoir dû consacrer un temps considérable à remplir les obligations et formulaires nécessaires, nous avons présenté une demande pour le financement de trois permanents. C’est beaucoup trop ! nous a-t-on répondu. Alors, nous avons retravaillé la demande pour ne demander le financement que d’une seule personne. Cette fois, la réponse a été : Ce n’est pas assez structurant pour l’industrie (sic!) !.

Mais de quelle industrie, parlait-on ? Nous ne l’avons jamais su. Toujours est-il qu’après de longs mois de discussion, le fonctionnaire responsable de notre dossier nous a dit, sur le ton de la confidence : Vous êtes très critique, vous savez . Autrement dit, ce n’est pas moi, ni aucun autre fonctionnaire qui va recommander l’acceptation de votre projet.

Une autre expérience encore plus explicite confirmait notre profond scepticisme quant à l’obtention de subventions gouvernementales. Au mois de mars 2001, nous comparaissions avec Recto-Verso devant la commission parlementaire chargée d’examiner la concentration de la presse. Notre mémoire dénonçait l’effet de cette concentration sur les médias indépendants et réclamait des mesures de soutien de l’État à la presse indépendante.

En pleine commission parlementaire, le député d’Outremont, Pierre Étienne Laporte se déclara publiquement opposé à toute subvention directe ou indirecte à l’aut’journal parce que en 1995, vous m’avez attribué le prix de la traîtrise, à l’aut’journal, pour une déclaration que j’ai faite alors que j’étais président du Conseil de la langue française. Et le député de dire devant ses collègues que le prix de la traîtrise était le prix Cugnet et de devoir expliquer, en se couvrant de ridicule, devant un auditoire abasourdi que le Prix Cugnet avait été instauré par l’aut’journal en déshonneur de Jean-Baptiste Cugnet qui avait guidé les troupes de Wolfe sur les plaines d’Abraham en 1759 !!!

Soulignons que Recto-Verso et l’aut’journal demandaient, entre autres, dans leur mémoire que le gouvernement autorise des fondations, mises sur pied pour recueillir des fonds pour la presse indépendante, à pouvoir émettre des reçus pour fins fiscales comme cela se pratique dans le cas des fondations de charité ou des partis politiques. Nous croyons toujours que ce serait la meilleure forme de financement pour la presse indépendante. Elle oblige les médias à faire eux-mêmes des efforts de financement et assure leur autonomie et leur indépendance à l’égard de l’État.

L’alternative aux grands médias : Internet

L’arrivée des nouveaux médias nous offre peut-être cette fenêtre tant recherchée si nous savons l’utiliser. Une lecture attentive de l’histoire des médias nous apprend qu’à chaque fois qu’une situation politique s’est trouvée bloquée par l’opposition des grands médias, la solution est toujours venue de l’utilisation d’un nouveau média.

Ainsi, dans les années 1930, Franklin Delano Roosevelt a contourné l’opposition des grands médias écrits à son New Deal avec ses causeries au coin du feu à la radio. À la fin des années 1950, de Gaulle a imposé sa solution à la guerre d’Algérie en ayant également recours à un nouveau média, la télévision, pour rejoindre le grand public et défier une presse hostile.
De même, au Québec, la télévision a joué un rôle de premier plan dans la lutte contre le duplessisme et le déclenchement de la Révolution tranquille. Maurice Duplessis abhorrait ce nouveau média, dont nous pouvons dire qu’il a produit le personnage politique le plus important de son époque : René Lévesque.

Sommes-nous aujourd’hui dans une situation historique comparable ? La solution à la concentration des médias réside-t-elle dans l’utilisation des nouvelles technologies ? Nous le croyons. Nous pouvons nous inspirer de réussites passées dont nous n’avons jamais pris réellement conscience. Par exemple, on peut affirmer que les souverainistes doivent une bonne partie de leur succès passé à l’utilisation intelligente qu’ils ont faite depuis trente ans du seul moyen de communication de masse à leur disposition pour la diffusion de leurs idées, le recrutement et le financement, soit le téléphone !

Aujourd’hui, un segment de plus en plus important de la population du Québec a accès à Internet, ce qui représente un bassin de population suffisant pour développer de nouveaux moyens de communication de masse.

Les nouveaux médias ont déjà démontré leur pertinence politique. En mars 2004, à quelques jours des élections générales, des attentats terroristes causaient la mort de près de 200 personnes en Espagne. Le gouvernement Asnar et les grands médias s’empressaient d’en attribuer la responsabilité à l’ETA basque, malgré les démentis de cette organisation. Rapidement, la société civile flaira l’arnaque et, au moyen d’Internet et de messages envoyés par cellulaires, démasqua les manœuvres du gouvernement. La vérité éclata au grand jour et le gouvernement Asnar fut défait aux élections.

Aux États-Unis, Howard Dean candidat à l’investiture au parti démocrate, opposé à la guerre en Irak, utilisa de façon fort habile Internet pour se faire connaître et recueillir des fonds pour sa campagne. Mais sa campagne s’écroula lorsqu’il poussa un grand cri ( Byaaahh ) lors d’une assemblée publique et que ce Dean Scream comme on l’appela fut diffusé en boucle par les grands médias hostiles à sa candidature. Cette fois-ci, les grands médias traditionnels remportaient la victoire sur les nouveaux médias. Mais Internet a quand même réussi à ébranler les colonnes de l’establishment du Parti démocrate.

Au Québec, nous sommes très en retard sur l’utilisation politique des nouveaux médias. Alors, pourquoi pas mettre sur pied un quotidien Internet ? Un quotidien qui ne nécessite ni imprimerie, ni réseaux de distribution ! C’est un projet auquel nous travaillons présentement avec la mise en ligne de l’aut’journal au-jour-le-jour.

Pierre Dubuc
Cet article est paru dans le numéro 10 (automne 2007) de la revue L’Apostrophe, la revue de l’aut’journal



Film de la semaine: Saddam Husein, le procès que vous ne verrez pas

8 03 2008



Comcast investit dans la réduction de la liberté d’expression

2 03 2008

Comcast, le deuxième plus gros fournisseur internet aux États-Unis (détenu à 11% par Dodge&Cox) a payé des gens pour occuper des siège à une audience publique à Boston du FCC (l’équivalent aux ÉU du CRTC au Canada) qui mène une enquête sur Comcast qui aurait violé la neutralité du Net. Ainsi, les gens qui avaient quelque chose à dire à l’audience se sont vu refusés l’entrée car la salle était déjà pleine. Voici un petit vidéo à ce sujet:



Film de la semaine: Iraq for sale

1 03 2008

Banned excerpts:



Films de la semaine

23 02 2008

Je vous présente trois films cette semaine:

Cover-Up: Behind the Iran-contra affair

Cointelpro: the FBI’s war on Black America

Les pays riches sont-ils en faillite?


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Censure pour protéger l’évasion fiscale

21 02 2008

repris de Branchez-vous, une partie des documents censurés, incluant les documents montrant les fraudes fiscales et le blanchissement d’argent ont été recopiés ici sur mon blogue, jusqu’à dernière nouvelle ils étaient aussi disponible sur les sites mirroir de wikileaks comme wikileaks.cx:

Wikileaks.org mis hors service par une cour de Californie

wikileaks.gif

Wikileaks, un site collaboratif controversé mettait à la disposition du public des documents confidentiels de société ou d’États.

Wikileaks, qui encourageait, par souci de transparence, les fuites au sein des entreprises et des gouvernements a été désactivé à la suite d’une injonction émise par une cour californienne.

Des documents liés aux activités d’une banque suisse dans les Îles Caïman sont à l’origine de cette injonction.

L’ex-vice-président de la succursale du groupe bancaire Julius Baer aux Îles Caïman serait responsable de cette fuite de documents qui prêtent à la banque suisse des activités de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale.

Dynabot, l’hébergeur de Wikileaks, a reçu l’ordre d’effacer toutes traces du site sur ses serveurs aux États-Unis. Toutefois, certaines pages du site, hébergées en Belgique et en Inde seraient encore accessibles.

De plus, la cour exige que lui soit transmises toutes les informations relatives aux souscripteurs, aux contacts, aux factures ainsi que les adresses IP utilisées pour accéder au compte du nom de domaine de Wikileaks.

Wikileaks affirme que l’ordre de la cour est inconstitutionnel et que le site a vigoureusement été censuré.

Depuis sa fondation en 2006 par des journalistes, mathématiciens et informaticiens dissidents des États-Unis, d’Europe, d’Australie, de Taïwan et d’Afrique du Sud, Wikileaks aurait publié plus de 1,2 million de documents provenant de sources anonymes.

par Marc-André Brouillard



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