Les pionniers de l’interception de données sur Internet

15 06 2008

Repris de Intelligence Online:

 Une poignée de sociétés se disputent le nouveau marché des interceptions de communications sur Internet. Une technologie qui intéresse tout particulièrement les services de sécurité et de renseignement.

Parmi les jeunes sociétés actives sur le marché des interceptions de données transitant sur Internet (voir schéma), le français Qosmos se distingue par ses solutions d’analyse poussée. Le groupe basé à Paris a mis au point la nouvelle génération de logiciels de Deep Packet Inspection (filtrage et analyse de paquets de données), capables de reconnaître plus de 300 protocoles de communication (Webmail, voix sur IP, Instant Messaging, etc.) et de traiter 1,6 million de paquets de données par seconde. Une fois un protocole identifié, Qosmos peut alors « travailler en profondeur » sur les données et récupérer les informations d’utilisateur (login, mot de passe, adresse IP) et les contenus des messages échangés.

Les débouchés de ces technologies sont de deux types : interceptions légales (le ministère français de la justice s’apprête notamment à lancer un appel d’offres pour équiper les postes des officiers de police judiciaire de ce type de solutions) et interceptions de sécurité effectuées par les agences de renseignement. Dans ce dernier domaine, Qosmos a recours à des intégrateurs spécialisés qui traitent avec des services de renseignement en Amérique du Nord, au Moyen-Orient et en Asie. L’un d’entre eux, le français Ercom, collabore régulièrement avec la direction technique de la DGSE (IOL nº565).

Fondée par deux anciens chercheurs du Laboratoire d’informatique de l’Université de Paris VI (LIP6), la société emploie 30 personnes et prépare l’ouverture, début 2009, de filiales aux Etats-Unis, à Singapour et en Chine. Elle a perçu le mois dernier un financement de 7 millions d’euros, apportés par le leader allemand des études de marché GfK, ainsi que par les sociétés d’investissement Sofinnova Partners et Alven Capital.



Maison-Blanche 2008 : un show anti-démocratique

29 05 2008

repris du Réseau Voltaire:

par Sandro Cruz* L’élection du président aux États-Unis, tous les quatre ans, est l’occasion d’un grand spectacle médiatique qui tient le monde en haleine. Ce système électoral fort complexe est contrôlé par l’oligarchie et donne l’illusion d’une souveraineté populaire contre laquelle il a été conçu. Thierry Meyssan répond à nos questions sur le fonctionnement méconnu de la « démocratie » made in USA

Sandro Cruz : Les États-Unis sont en pleine campagne électorale présidentielle. Trois candidats sont en lice. Quel regard portez-vous sur eux ?

Thierry Meyssan : En premier lieu, il importe de noter qu’il n’y a pas que trois candidats à la candidature (McCain chez les républicains, Clinton et Obama chez les démocrates), car de petits partis auront aussi leurs candidats, et des indépendants peuvent se présenter dans certains États. Il y avait dix-sept candidats en 2004, alors que les médias européens n’en ont cité que trois.

En 2008, il y aura au moins un candidat libertarien, un vert et deux trotskistes (le « vrai » Roger Calero et le « faux » Brian Moore, appointé par la CIA), un prohibitionniste (le pasteur Gene Amondson), un représentant du parti des contribuables (désormais dénommé parti de la Constitution), plus un indépendant (Ralph Nader)

Toutefois, ces petits candidats ne sont pas autorisés à se présenter sur tout le territoire et ne totaliseront probablement pas 5 % des voix. Le républicain et le démocrate rafleront la mise. C’est pourquoi les médias non-US ne s’intéressent qu’à MM. McCain, Obama et Mme Clinton. Ils ont tort, car si les petits candidats n’ont pas de crédibilité pour accéder à la Maison-Blanche, leur activisme laboure la société états-unienne et influence à terme le discours politique.

Vous me demandez ce que je pense des grands candidats c’est-à-dire ce que cela changera dans la politique des États-Unis si c’est l’un plutôt que l’autre qui est élu. Je pense que vous posez la question à l’envers. Vous conviendrez que l’actuel président, George W. Bush, n’a pas les capacités pour gouverner. C’est une marionnette derrière laquelle se cache le vrai pouvoir. Et si la politique des États-Unis ne se décide pas aujourd’hui dans le Bureau ovale, pourquoi voulez-vous qu’il en soit autrement l’an prochain ?

L’oligarchie est maintenant face à un dilemme :
- 1. Soit continuer la politique coloniale actuelle ;
- 2. Soit revenir à une forme d’impérialisme plus présentable.
Compte tenu de l’emballement de la crise financière et des échecs militaires, la poursuite de l’aventurisme peut conduire à la chute, mais aussi, pourquoi revenir en arrière quand on n’y est pas directement forcé ?

Si McCain correspond au premier terme de l’alternative et Obama au second, Clinton peut s’adapter à l’un comme à l’autre. C’est le sens de son maintien dans la course alors qu’elle aurait dû jeter l’éponge depuis longtemps. En réalité, après des mois de luttes intestines, l’oligarchie états-unienne vient de choisir. Comme on le voit avec les négociations en cours et divers accords de paix au Pakistan, en Irak, au Liban, en Syrie et en Palestine, elle a renoncé au « clash des civilisations » et au « remodelage du Grand Moyen-Orient ».

Obama offre deux qualités : d’une part, il a fait campagne sur le thème du changement et peut donc facilement incarner un renouveau en politique étrangère ; d’autre part, l’oligarchie majoritairement blanche préfère laisser à un noir la responsabilité d’annoncer la faillite du pays et d’affronter les inévitables révoltes sociales qui suivront.

Sandro Cruz : Pouvez-vous nous expliquer maintenant comment fonctionne ce scrutin ? Ce système électoral ?

Thierry Meyssan : C’est un casse-tête que l’immense majorité des citoyens ne comprend pas. Dès la fondation des États-Unis, les choses ont été volontairement embrouillées et elles ont été complexifiées avec le temps. La Constitution des États-Unis a été conçue en réaction à la Déclaration d’indépendance. Il s’agissait d’arrêter un processus potentiellement révolutionnaire et de créer une oligarchie nationale qui se substitue à l’aristocratie britannique. Alexander Hamilton —le principal père de la Constitution— a imaginé un système pour empêcher toute forme de souveraineté populaire : le fédéralisme.

Ce mot est équivoque. Dans la vieille Europe, on l’utilise pour désigner une forme d’union politique démocratique qui respecte les identités particulières et maintient des souverainetés partielles. On pense à la Confédération helvétique par exemple. Hamilton, quant à lui, a pensé le système non de bas en haut, mais de haut en bas. Il n’a pas fédéré des communautés locales pour créer un État, mais il a divisé l’État en utilisant des communautés locales. C’est cette ambigüité qui est l’origine de la Guerre de Sécession (laquelle je vous le rappelle n’a aucun rapport avec l’esclavage qui a été aboli par le Nord au cours de la guerre pour enrôler les noirs en masse). (…)

Sandro Cruz : Ne nous emballons pas, je vous arrête-là… Effectivement ce système est d’une grande complexité et nous devons aller doucement pour bien décortiquer la chose. J’aimerais que cette interview reste aussi un manuel pour les profanes. Vous venez de dire qu’ : « Il n’a pas fédéré des communautés locales pour créer un État, mais il a divisé l’État en utilisant des communautés locales. » J’ai de la peine à saisir la deuxième partie de votre phrase. Tout de même, il y a quelqu’un à la tête de ces États. Et ce quelqu’un vient d’une communauté locale. Alors, qui détient le pouvoir politique dans ces États ? Est-ce que à ce niveau il y a une vrai choix démocratique ?

Thierry Meyssan : Alexander Hamilton était obsédé par sa hantise de la « populace » et sa volonté de créer une oligarchie états-unienne équivalente à la gentry britannique. Au cours du temps, son courant politique a imaginé toutes sortes de verrous pour tenir le peuple loin de la politique.

Comme toujours, chaque État dispose de ses propres lois. D’une manière générale, elles visent à limiter la possibilité de créer un parti politique et de présenter des candidats aux diverses élections. Dans la plupart des scrutins locaux, il est interdit de se présenter sans l’investiture d’un parti et il est impossible en pratique de créer un nouveau parti.

Le système le plus caricatural est celui du New Jersey où il faut réunir 10 % des électeurs pour pouvoir créer un nouveau parti, une condition que chacun sait irréalisable et qui interdit définitivement aux petits partis états-uniens de disposer d’une section au New Jersey.

C’est un système entièrement fermé sur lui-même dans lequel, au final, la vie politique a été confisquée par les responsables des deux grands partis au niveau de chaque État. Il est impensable de pouvoir jouer un rôle si l’on n’est pas au préalable coopté par ces gens là.

Je reviens à l’élection présidentielle. Alexander Hamilton a donné le pouvoir aux États fédérés. Ils désignent des grands électeurs, dont le nombre est fixé en fonction de leur population. Ce sont ces grands électeurs qui élisent le président des États-Unis, pas les citoyens. Au XVIIIe siècle, aucun État ne consultait sa population à ce sujet, aujourd’hui chaque État procède à une consultation. Lorsqu’en 2000, Al Gore a saisi la Cour suprême à propos de la fraude électorale en Floride, la Cour a rappelé la Constitution : c’est le gouverneur de Floride qui désigne les grands électeurs, pas la population de la Floride, et les problèmes intérieurs de la Floride ne regardent pas Washington.

Comprenez bien : les États-Unis ne sont pas, n’ont jamais été et ne veulent pas, être un État démocratique. C’est un système oligarchique qui accorde une grande importance à l’opinion publique pour se prémunir d’une révolution. À de très rares exceptions, comme Jessie Jackson, aucun politicien US ne demande de réforme de la Constitution et de reconnaissance de la souveraineté populaire. C’est pourquoi il est particulièrement plaisant d’entendre M. Bush annoncer qu’il va « démocratiser » le monde en général et le Grand Moyen-Orient en particulier.

Sandro Cruz : Précisez s’il vous plaît, électeurs et grand électeurs sont-ils les mêmes personnages ? Les mêmes cadres du parti ?

Thierry Meyssan : : Non, non. Il y a une confusion qui provient du langage. Dans un système à deux degrés, la terminologie des sciences politiques distingue les électeurs de base, des grands électeurs. Mais aux États-Unis, le mot « électeur » ne s’applique qu’aux grands électeurs, car dans les premières décennies des États-Unis, le peuple ne participait pas aux consultations électorales.

Ainsi, le président des États-Unis est élu par un « Collège électoral » de 538 membres. Chaque État dispose d’autant de grands électeurs qu’il a de sièges de parlementaires (députés et sénateurs) au Congrés. Les colonies, comme Porto Rico ou l’ile de Guam sont exclues du processus.

Chaque État choisit ses propres règles pour désigner ses grands électeurs. Dans la pratique, elles tendent à s’harmoniser. Aujourd’hui, tous les États —sauf le Maine et le Nebraska qui ont inventé des systèmes complexes— considèrent que les grands électeurs représentent la majorité de leur population.

Dans le cas où les grands électeurs ne parviendraient pas à dégager une majorité et que l’on aurait deux candidats ex-aequo, c’est la Chambre des représentants qui élirait le président et le Sénat qui élirait le vice-président.

Sandro Cruz : Les primaires permettent-elles ou non aux électeurs de choisir les candidats ? Quel est le rôle des super-délégués ?

Thierry Meyssan : Les primaires et des conventions ont deux objectifs. En interne, elles permettent de tâter le pouls de l’opinion publique et d’évaluer ce que l’on peut lui infliger. En externe, elles donnent au reste du monde l’illusion que cette oligarchie est une démocratie.

On croit souvent que les primaires permettent d’éviter les combines d’état-major et de laisser les militants de base des grands partis choisir leur candidat. Pas du tout. Les primaires ne sont pas organisées par les partis politiques, mais par l’État local ! Elles sont conçues, dans la lignée d’Hamilton, pour garantir le contrôle oligarchique du système et barrer la route aux candidatures dissidentes.

Chaque État a ses propres règles pour désigner ses délégués aux Conventions fédérales des partis. Il y a six méthodes principales, plus des méthodes mixtes. Parfois, il faut être encarté au parti pour voter, parfois les sympathisants peuvent voter avec les militants, parfois tous les citoyens peuvent voter aux primaires des deux partis, parfois ils peuvent tous voter mais uniquement à la primaire du parti de leur choix, parfois les deux partis tiennent une primaire commune à un tour, d’autres fois encore à deux tours, Toutes les combinaisons de ces méthodes sont possibles. Chaque primaire, dans chaque État, a donc un sens différent.

Et puis il y a des États qui n’ont pas de primaires, mais des caucus. Par exemple, l’Iowa organise des scrutins distincts dans chacun de ses 99 comtés, qui élisent des délégués locaux, lesquels tiennent des primaires au second degré pour élire les délégués aux Conventions nationales. C’est très exactement le système du prétendu « centralisme démocratique » cher aux Staliniens.

Traditionnellement, ce cirque commence en février et dure six mois, mais cette année le parti démocrate a modifié son calendrier. Il a avancé le début et voulu répartir les dates pour faire durer le plaisir presque une année complète. Cette décision unilatérale n’a pas été facile à mettre en œuvre et a provoqué beaucoup de désordre car, je le répète, les primaires et caucus ne sont par organisés par les partis, mais par les États.

À la fin, les délégués se retrouvent à la Convention de leur parti. Ils y sont rejoints par les super-délégués. Lesquels, contrairement à ce que leur dénomination laisse croire, ne sont délégués par personne. Ce sont des membres de droit, c’est-à-dire des notables et des apparatchiks. Les super-délégués représentent l’oligarchie et sont suffisamment nombreux pour faire pencher la balance dans un sens ou l’autre, en passant outre le résultat des primaires et causus. Ils seront environ 20 % à la convention démocrate et presque 25 % à la convention républicaine (mais là ce ne sera qu’une formalité puisque McCain reste le seul en lice).

Sandro Cruz : À quoi servent les primaires et caucus par État ? Comment doit-on les interpréter ?

Thierry Meyssan : Je viens de vous le démontrer, ils ne servent à rien. Tout au moins pour ce qui concerne la désignation des candidats. Par contre, ce grand show permet de réduire la conscience politique des États-Uniens à presque zéro. Les grands médias nous tiennent en haleine en comptabilisant les délégués et les dons. On parle désormais de la « course » à la Maison-Blanche et de records, comme s’il s’agissait d’un téléthon ou de la Star Academy.

On maintient artificiellement un « suspens » pour capter l’attention des foules et marteler le plus grand nombre de fois possible un message. Avez vous observé le nombre de fois où les grands médias nous ont annoncé que ce mardi serait décisif ? Mais à chaque fois, un résultat inexplicable permet au candidat en difficulté de rebondir pour que le show continue. En réalité, le spectacle est truqué. Dans 17 États, des machines à voter ont été installées sans aucune possibilité de vérification des résultats électroniques [1]. Autant ne pas voter du tout et laisser les organisateurs se débrouiller tout seuls pour inventer les résultats.

Tout cela s’accompagne de messages subliminaux douteux. Par exemple, McCain a choisi comme slogan la « défense de la liberté et de la dignité ». Ce qu’il explicite comme la liberté religieuse et l’abolition de l’esclavage. On a quand même du mal à croire que ce soit là les préoccupations premières des citoyens de base. À qui s’adresse donc ce slogan ?
Mme Clinton affiche : « Chacun a une place ». Elle veut dire que, si elle était au pouvoir, personne ne serait laissé sur le bord du chemin. Mais cela signifie aussi que les gens doivent rester à leur place et qu’ils ne doivent pas s’aviser d’en changer et se de mêler des affaires de l’oligarchie.
Obama, quant à lui, apparaît avec le slogan « Change » écrit sur son pupitre. Cela veut dire que les États-Unis ont besoin de changement, mais cela fait aussi bureau de change. Le mot « change » en anglais désigne la monnaie que l’on rend. En pleine crise financière, c’est assez distrayant.

Sandro Cruz : Dans un article récent [2], vous avez écrit que le président des États-Unis est toujours l’homme du complexe militaro-industriel. Dans cette optique, pensez-vous que John McCain sera élu ?

Thierry Meyssan : Là encore, vous posez la question à l’envers. Les trois principaux candidats en lice sont en train de multiplier les signes d’allégeance au complexe militaro-industriel. C’est une mise aux enchères dans laquelle McCain n’a effectivement pas besoin de faire ses preuves, mais où ses concurrents ne sont pas en reste. Ainsi, nous avons entendu Obama se proposer pour bombarder le Pakistan et, il y a quelques jours, nous avons vu Clinton menacer l’Iran d’être « enlevé » de la carte par le feu nucléaire. Qui peut dire mieux ?

Après des mois de campagne, ces trois candidats sont arrivés à un consensus absolu sur les principaux points de politique étrangère et de défense :
Ils considèrent que la défense d’Israël est un objectif stratégique des États-Unis ; ils n’ont aucun plan de sortie d’Irak ; ils présentent l’Iran et le Hezbollah libanais comme une menace majeure pour la stabilité internationale.

Cependant, il existe une différence entre ces candidats et elle correspond au débat qui vient de se clore au sein du complexe militaro-industriel. McCain et son conseiller Kissinger soutiennent le principe de l’affrontement direct tandis qu’Obama et son conseiller Brzezinski proposent la domination par proxies interposés. Clinton et sa conseillère Albright incarnent un impérialisme normatif qui n’est plus de mise. J’écris souvent sur Voltairenet.org à propos de ce débat stratégique (notamment au moment du rapport des agences de renseignement sur l’Iran [3] et de la démission de l’amiral Fallon [4]) et c’est de lui que dépend la désignation du prochain président.

Dans l’article que vous citez, j’ai noté que Clinton n’avait pas la confiance du complexe militaro-industriel. Je n’ai pas changé d’avis. Sa thématique n’intéresse plus l’industrie d’armement. Et ses contorsions, qu’il s’agisse de sa fréquentation secrète de la Fellowship Foundation ou de ses déclarations maximalistes sur l’Iran, n’y changeront rien. Au moment où vous m’interrogez, dire que « Clinton est cuite » n’est pas original, c’était le titre d’un quotidien new-yorkais la semaine dernière. Mais je l’ai écris alors que la presse européenne la portait encore au pinacle.

Ne nous laissons pas submerger par les problématiques que nous imposent les grands médias. Savoir si les États-Unis vont maintenir avec McCain 100 000 GI et 200 000 mercenaires en Irak ou s’ils vont avec Obama diminuer le nombre de GI’s et augmenter celui des mercenaires ne change pas grand chose. La vraie question, c’est de savoir si les États-Unis ont encore les moyens de leurs ambitions et peuvent gouverner le monde —comme les néoconservateurs persistent à la prétendre— ou s’ils sont minés de l’intérieur et doivent abandonner leur rêve impérial pour éviter l’effondrement —comme l’a déjà expliqué la Commission Baker-Hamilton—. Or, la vertigineuse baisse du dollar a sonné la fin de l’empire. Il fallait 8 dollars, pour acheter un baril de pétrole il y a dix ans. Il en faut 135 aujourd’hui et il en faudra probablement 200 dans deux mois. En outre, la débandade des milices du clan Hariri, qui ont pris la fuite et abandonné le terrain au Hezbollah en quelques heures en jetant leurs armes dans les poubelles, montre qu’il n’est plus possible de sous-traiter la police de l’empire.

Dans ces conditions, McCain n’offre plus aucun intérêt pour l’oligarchie. Obama et Brzezinski sont les seuls porteurs d’un projet alternatif : sauver l’empire en privilégiant l’action secrète (peu onéreuse) sur la guerre (trop coûteuse).

Sandro Cruz : Effectivement, c’est très étonnant de voir que Barak Obama qui dit vouloir un changement dans la société états-unienne ait choisi comme conseiller Brzezinski, quand on sait que ce dernier est un idéologue qui s’est impliqué dans des opérations secrètes sordides, des coup d’États, des sabotages divers et d’autres actions criminelles.

Thierry Meyssan : : J’ai rencontré Zbignew Brzezinski [5], il y a trois semaines [6], je l’ai entendu développer un discours déjà parfaitement rodé du renouveau US. Il a condamné tous les excès visibles de la politique bushienne, de Guantanamo à l’Irak, et habilement rappelé ses succès contre l’Union soviétique.

Cependant je ne pense pas que le prochain président des États-Unis aura le loisir de mettre en œuvre une nouvelle « grande stratégie ». Il est déjà trop tard. Barak Obama sera confronté à la cessation de paiement de plusieurs États fédérés, qui ne pourront plus verser les salaires de leurs fonctionnaires, ni assurer les services publics [7]. Il sera trop occupé par le chaos intérieur pour réaliser les plans de Brzezinski.

Sandro Cruz
Vice-président du Réseau Voltaire et directeur de l’Agencia informe de prensa internacional (IPI).

 

Sandro Cruz : Les États-Unis sont en pleine campagne électorale présidentielle. Trois candidats sont en lice. Quel regard portez-vous sur eux ?

Thierry Meyssan : En premier lieu, il importe de noter qu’il n’y a pas que trois candidats à la candidature (McCain chez les républicains, Clinton et Obama chez les démocrates), car de petits partis auront aussi leurs candidats, et des indépendants peuvent se présenter dans certains États. Il y avait dix-sept candidats en 2004, alors que les médias européens n’en ont cité que trois.

En 2008, il y aura au moins un candidat libertarien, un vert et deux trotskistes (le « vrai » Roger Calero et le « faux » Brian Moore, appointé par la CIA), un prohibitionniste (le pasteur Gene Amondson), un représentant du parti des contribuables (désormais dénommé parti de la Constitution), plus un indépendant (Ralph Nader)

Toutefois, ces petits candidats ne sont pas autorisés à se présenter sur tout le territoire et ne totaliseront probablement pas 5 % des voix. Le républicain et le démocrate rafleront la mise. C’est pourquoi les médias non-US ne s’intéressent qu’à MM. McCain, Obama et Mme Clinton. Ils ont tort, car si les petits candidats n’ont pas de crédibilité pour accéder à la Maison-Blanche, leur activisme laboure la société états-unienne et influence à terme le discours politique.

Vous me demandez ce que je pense des grands candidats c’est-à-dire ce que cela changera dans la politique des États-Unis si c’est l’un plutôt que l’autre qui est élu. Je pense que vous posez la question à l’envers. Vous conviendrez que l’actuel président, George W. Bush, n’a pas les capacités pour gouverner. C’est une marionnette derrière laquelle se cache le vrai pouvoir. Et si la politique des États-Unis ne se décide pas aujourd’hui dans le Bureau ovale, pourquoi voulez-vous qu’il en soit autrement l’an prochain ?

L’oligarchie est maintenant face à un dilemme :
- 1. Soit continuer la politique coloniale actuelle ;
- 2. Soit revenir à une forme d’impérialisme plus présentable.
Compte tenu de l’emballement de la crise financière et des échecs militaires, la poursuite de l’aventurisme peut conduire à la chute, mais aussi, pourquoi revenir en arrière quand on n’y est pas directement forcé ?

Si McCain correspond au premier terme de l’alternative et Obama au second, Clinton peut s’adapter à l’un comme à l’autre. C’est le sens de son maintien dans la course alors qu’elle aurait dû jeter l’éponge depuis longtemps. En réalité, après des mois de luttes intestines, l’oligarchie états-unienne vient de choisir. Comme on le voit avec les négociations en cours et divers accords de paix au Pakistan, en Irak, au Liban, en Syrie et en Palestine, elle a renoncé au « clash des civilisations » et au « remodelage du Grand Moyen-Orient ».

Obama offre deux qualités : d’une part, il a fait campagne sur le thème du changement et peut donc facilement incarner un renouveau en politique étrangère ; d’autre part, l’oligarchie majoritairement blanche préfère laisser à un noir la responsabilité d’annoncer la faillite du pays et d’affronter les inévitables révoltes sociales qui suivront.

Sandro Cruz : Pouvez-vous nous expliquer maintenant comment fonctionne ce scrutin ? Ce système électoral ?

Thierry Meyssan : C’est un casse-tête que l’immense majorité des citoyens ne comprend pas. Dès la fondation des États-Unis, les choses ont été volontairement embrouillées et elles ont été complexifiées avec le temps. La Constitution des États-Unis a été conçue en réaction à la Déclaration d’indépendance. Il s’agissait d’arrêter un processus potentiellement révolutionnaire et de créer une oligarchie nationale qui se substitue à l’aristocratie britannique. Alexander Hamilton —le principal père de la Constitution— a imaginé un système pour empêcher toute forme de souveraineté populaire : le fédéralisme.

Ce mot est équivoque. Dans la vieille Europe, on l’utilise pour désigner une forme d’union politique démocratique qui respecte les identités particulières et maintient des souverainetés partielles. On pense à la Confédération helvétique par exemple. Hamilton, quant à lui, a pensé le système non de bas en haut, mais de haut en bas. Il n’a pas fédéré des communautés locales pour créer un État, mais il a divisé l’État en utilisant des communautés locales. C’est cette ambigüité qui est l’origine de la Guerre de Sécession (laquelle je vous le rappelle n’a aucun rapport avec l’esclavage qui a été aboli par le Nord au cours de la guerre pour enrôler les noirs en masse). (…)

Sandro Cruz : Ne nous emballons pas, je vous arrête-là… Effectivement ce système est d’une grande complexité et nous devons aller doucement pour bien décortiquer la chose. J’aimerais que cette interview reste aussi un manuel pour les profanes. Vous venez de dire qu’ : « Il n’a pas fédéré des communautés locales pour créer un État, mais il a divisé l’État en utilisant des communautés locales. » J’ai de la peine à saisir la deuxième partie de votre phrase. Tout de même, il y a quelqu’un à la tête de ces États. Et ce quelqu’un vient d’une communauté locale. Alors, qui détient le pouvoir politique dans ces États ? Est-ce que à ce niveau il y a une vrai choix démocratique ?

Thierry Meyssan : Alexander Hamilton était obsédé par sa hantise de la « populace » et sa volonté de créer une oligarchie états-unienne équivalente à la gentry britannique. Au cours du temps, son courant politique a imaginé toutes sortes de verrous pour tenir le peuple loin de la politique.

Comme toujours, chaque État dispose de ses propres lois. D’une manière générale, elles visent à limiter la possibilité de créer un parti politique et de présenter des candidats aux diverses élections. Dans la plupart des scrutins locaux, il est interdit de se présenter sans l’investiture d’un parti et il est impossible en pratique de créer un nouveau parti.

Le système le plus caricatural est celui du New Jersey où il faut réunir 10 % des électeurs pour pouvoir créer un nouveau parti, une condition que chacun sait irréalisable et qui interdit définitivement aux petits partis états-uniens de disposer d’une section au New Jersey.

C’est un système entièrement fermé sur lui-même dans lequel, au final, la vie politique a été confisquée par les responsables des deux grands partis au niveau de chaque État. Il est impensable de pouvoir jouer un rôle si l’on n’est pas au préalable coopté par ces gens là.

Je reviens à l’élection présidentielle. Alexander Hamilton a donné le pouvoir aux États fédérés. Ils désignent des grands électeurs, dont le nombre est fixé en fonction de leur population. Ce sont ces grands électeurs qui élisent le président des États-Unis, pas les citoyens. Au XVIIIe siècle, aucun État ne consultait sa population à ce sujet, aujourd’hui chaque État procède à une consultation. Lorsqu’en 2000, Al Gore a saisi la Cour suprême à propos de la fraude électorale en Floride, la Cour a rappelé la Constitution : c’est le gouverneur de Floride qui désigne les grands électeurs, pas la population de la Floride, et les problèmes intérieurs de la Floride ne regardent pas Washington.

Comprenez bien : les États-Unis ne sont pas, n’ont jamais été et ne veulent pas, être un État démocratique. C’est un système oligarchique qui accorde une grande importance à l’opinion publique pour se prémunir d’une révolution. À de très rares exceptions, comme Jessie Jackson, aucun politicien US ne demande de réforme de la Constitution et de reconnaissance de la souveraineté populaire. C’est pourquoi il est particulièrement plaisant d’entendre M. Bush annoncer qu’il va « démocratiser » le monde en général et le Grand Moyen-Orient en particulier.

Sandro Cruz : Précisez s’il vous plaît, électeurs et grand électeurs sont-ils les mêmes personnages ? Les mêmes cadres du parti ?

Thierry Meyssan : : Non, non. Il y a une confusion qui provient du langage. Dans un système à deux degrés, la terminologie des sciences politiques distingue les électeurs de base, des grands électeurs. Mais aux États-Unis, le mot « électeur » ne s’applique qu’aux grands électeurs, car dans les premières décennies des États-Unis, le peuple ne participait pas aux consultations électorales.

Ainsi, le président des États-Unis est élu par un « Collège électoral » de 538 membres. Chaque État dispose d’autant de grands électeurs qu’il a de sièges de parlementaires (députés et sénateurs) au Congrés. Les colonies, comme Porto Rico ou l’ile de Guam sont exclues du processus.

Chaque État choisit ses propres règles pour désigner ses grands électeurs. Dans la pratique, elles tendent à s’harmoniser. Aujourd’hui, tous les États —sauf le Maine et le Nebraska qui ont inventé des systèmes complexes— considèrent que les grands électeurs représentent la majorité de leur population.

Dans le cas où les grands électeurs ne parviendraient pas à dégager une majorité et que l’on aurait deux candidats ex-aequo, c’est la Chambre des représentants qui élirait le président et le Sénat qui élirait le vice-président.

Sandro Cruz : Les primaires permettent-elles ou non aux électeurs de choisir les candidats ? Quel est le rôle des super-délégués ?

Thierry Meyssan : Les primaires et des conventions ont deux objectifs. En interne, elles permettent de tâter le pouls de l’opinion publique et d’évaluer ce que l’on peut lui infliger. En externe, elles donnent au reste du monde l’illusion que cette oligarchie est une démocratie.

On croit souvent que les primaires permettent d’éviter les combines d’état-major et de laisser les militants de base des grands partis choisir leur candidat. Pas du tout. Les primaires ne sont pas organisées par les partis politiques, mais par l’État local ! Elles sont conçues, dans la lignée d’Hamilton, pour garantir le contrôle oligarchique du système et barrer la route aux candidatures dissidentes.

Chaque État a ses propres règles pour désigner ses délégués aux Conventions fédérales des partis. Il y a six méthodes principales, plus des méthodes mixtes. Parfois, il faut être encarté au parti pour voter, parfois les sympathisants peuvent voter avec les militants, parfois tous les citoyens peuvent voter aux primaires des deux partis, parfois ils peuvent tous voter mais uniquement à la primaire du parti de leur choix, parfois les deux partis tiennent une primaire commune à un tour, d’autres fois encore à deux tours, Toutes les combinaisons de ces méthodes sont possibles. Chaque primaire, dans chaque État, a donc un sens différent.

Et puis il y a des États qui n’ont pas de primaires, mais des caucus. Par exemple, l’Iowa organise des scrutins distincts dans chacun de ses 99 comtés, qui élisent des délégués locaux, lesquels tiennent des primaires au second degré pour élire les délégués aux Conventions nationales. C’est très exactement le système du prétendu « centralisme démocratique » cher aux Staliniens.

Traditionnellement, ce cirque commence en février et dure six mois, mais cette année le parti démocrate a modifié son calendrier. Il a avancé le début et voulu répartir les dates pour faire durer le plaisir presque une année complète. Cette décision unilatérale n’a pas été facile à mettre en œuvre et a provoqué beaucoup de désordre car, je le répète, les primaires et caucus ne sont par organisés par les partis, mais par les États.

À la fin, les délégués se retrouvent à la Convention de leur parti. Ils y sont rejoints par les super-délégués. Lesquels, contrairement à ce que leur dénomination laisse croire, ne sont délégués par personne. Ce sont des membres de droit, c’est-à-dire des notables et des apparatchiks. Les super-délégués représentent l’oligarchie et sont suffisamment nombreux pour faire pencher la balance dans un sens ou l’autre, en passant outre le résultat des primaires et causus. Ils seront environ 20 % à la convention démocrate et presque 25 % à la convention républicaine (mais là ce ne sera qu’une formalité puisque McCain reste le seul en lice).

Sandro Cruz : À quoi servent les primaires et caucus par État ? Comment doit-on les interpréter ?

Thierry Meyssan : Je viens de vous le démontrer, ils ne servent à rien. Tout au moins pour ce qui concerne la désignation des candidats. Par contre, ce grand show permet de réduire la conscience politique des États-Uniens à presque zéro. Les grands médias nous tiennent en haleine en comptabilisant les délégués et les dons. On parle désormais de la « course » à la Maison-Blanche et de records, comme s’il s’agissait d’un téléthon ou de la Star Academy.

On maintient artificiellement un « suspens » pour capter l’attention des foules et marteler le plus grand nombre de fois possible un message. Avez vous observé le nombre de fois où les grands médias nous ont annoncé que ce mardi serait décisif ? Mais à chaque fois, un résultat inexplicable permet au candidat en difficulté de rebondir pour que le show continue. En réalité, le spectacle est truqué. Dans 17 États, des machines à voter ont été installées sans aucune possibilité de vérification des résultats électroniques [1]. Autant ne pas voter du tout et laisser les organisateurs se débrouiller tout seuls pour inventer les résultats.

Tout cela s’accompagne de messages subliminaux douteux. Par exemple, McCain a choisi comme slogan la « défense de la liberté et de la dignité ». Ce qu’il explicite comme la liberté religieuse et l’abolition de l’esclavage. On a quand même du mal à croire que ce soit là les préoccupations premières des citoyens de base. À qui s’adresse donc ce slogan ?
Mme Clinton affiche : « Chacun a une place ». Elle veut dire que, si elle était au pouvoir, personne ne serait laissé sur le bord du chemin. Mais cela signifie aussi que les gens doivent rester à leur place et qu’ils ne doivent pas s’aviser d’en changer et se de mêler des affaires de l’oligarchie.
Obama, quant à lui, apparaît avec le slogan « Change » écrit sur son pupitre. Cela veut dire que les États-Unis ont besoin de changement, mais cela fait aussi bureau de change. Le mot « change » en anglais désigne la monnaie que l’on rend. En pleine crise financière, c’est assez distrayant.

Sandro Cruz : Dans un article récent [2], vous avez écrit que le président des États-Unis est toujours l’homme du complexe militaro-industriel. Dans cette optique, pensez-vous que John McCain sera élu ?

Thierry Meyssan : Là encore, vous posez la question à l’envers. Les trois principaux candidats en lice sont en train de multiplier les signes d’allégeance au complexe militaro-industriel. C’est une mise aux enchères dans laquelle McCain n’a effectivement pas besoin de faire ses preuves, mais où ses concurrents ne sont pas en reste. Ainsi, nous avons entendu Obama se proposer pour bombarder le Pakistan et, il y a quelques jours, nous avons vu Clinton menacer l’Iran d’être « enlevé » de la carte par le feu nucléaire. Qui peut dire mieux ?

Après des mois de campagne, ces trois candidats sont arrivés à un consensus absolu sur les principaux points de politique étrangère et de défense :
Ils considèrent que la défense d’Israël est un objectif stratégique des États-Unis ; ils n’ont aucun plan de sortie d’Irak ; ils présentent l’Iran et le Hezbollah libanais comme une menace majeure pour la stabilité internationale.

Cependant, il existe une différence entre ces candidats et elle correspond au débat qui vient de se clore au sein du complexe militaro-industriel. McCain et son conseiller Kissinger soutiennent le principe de l’affrontement direct tandis qu’Obama et son conseiller Brzezinski proposent la domination par proxies interposés. Clinton et sa conseillère Albright incarnent un impérialisme normatif qui n’est plus de mise. J’écris souvent sur Voltairenet.org à propos de ce débat stratégique (notamment au moment du rapport des agences de renseignement sur l’Iran [3] et de la démission de l’amiral Fallon [4]) et c’est de lui que dépend la désignation du prochain président.

Dans l’article que vous citez, j’ai noté que Clinton n’avait pas la confiance du complexe militaro-industriel. Je n’ai pas changé d’avis. Sa thématique n’intéresse plus l’industrie d’armement. Et ses contorsions, qu’il s’agisse de sa fréquentation secrète de la Fellowship Foundation ou de ses déclarations maximalistes sur l’Iran, n’y changeront rien. Au moment où vous m’interrogez, dire que « Clinton est cuite » n’est pas original, c’était le titre d’un quotidien new-yorkais la semaine dernière. Mais je l’ai écris alors que la presse européenne la portait encore au pinacle.

Ne nous laissons pas submerger par les problématiques que nous imposent les grands médias. Savoir si les États-Unis vont maintenir avec McCain 100 000 GI et 200 000 mercenaires en Irak ou s’ils vont avec Obama diminuer le nombre de GI’s et augmenter celui des mercenaires ne change pas grand chose. La vraie question, c’est de savoir si les États-Unis ont encore les moyens de leurs ambitions et peuvent gouverner le monde —comme les néoconservateurs persistent à la prétendre— ou s’ils sont minés de l’intérieur et doivent abandonner leur rêve impérial pour éviter l’effondrement —comme l’a déjà expliqué la Commission Baker-Hamilton—. Or, la vertigineuse baisse du dollar a sonné la fin de l’empire. Il fallait 8 dollars, pour acheter un baril de pétrole il y a dix ans. Il en faut 135 aujourd’hui et il en faudra probablement 200 dans deux mois. En outre, la débandade des milices du clan Hariri, qui ont pris la fuite et abandonné le terrain au Hezbollah en quelques heures en jetant leurs armes dans les poubelles, montre qu’il n’est plus possible de sous-traiter la police de l’empire.

Dans ces conditions, McCain n’offre plus aucun intérêt pour l’oligarchie. Obama et Brzezinski sont les seuls porteurs d’un projet alternatif : sauver l’empire en privilégiant l’action secrète (peu onéreuse) sur la guerre (trop coûteuse).

Sandro Cruz : Effectivement, c’est très étonnant de voir que Barak Obama qui dit vouloir un changement dans la société états-unienne ait choisi comme conseiller Brzezinski, quand on sait que ce dernier est un idéologue qui s’est impliqué dans des opérations secrètes sordides, des coup d’États, des sabotages divers et d’autres actions criminelles.

Thierry Meyssan : : J’ai rencontré Zbignew Brzezinski [5], il y a trois semaines [6], je l’ai entendu développer un discours déjà parfaitement rodé du renouveau US. Il a condamné tous les excès visibles de la politique bushienne, de Guantanamo à l’Irak, et habilement rappelé ses succès contre l’Union soviétique.

Cependant je ne pense pas que le prochain président des États-Unis aura le loisir de mettre en œuvre une nouvelle « grande stratégie ». Il est déjà trop tard. Barak Obama sera confronté à la cessation de paiement de plusieurs États fédérés, qui ne pourront plus verser les salaires de leurs fonctionnaires, ni assurer les services publics [7]. Il sera trop occupé par le chaos intérieur pour réaliser les plans de Brzezinski.

 Sandro Cruz
Vice-président du Réseau Voltaire et directeur de l’Agencia informe de prensa internacional (IPI).
Les articles de cet auteur
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[1] « Comment truquer les primaires US », Réseau Voltaire, 3 février 2008.

[2] « La continuité du pouvoir US, derrière la Maison-Blanche », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 24 février 2008.

[3] « Washington décrète un an de trêve globale », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 décembre 2007.

[4] « La démission de l’amiral Fallon relance les hostilités en Irak », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 13 mars 2008.

[5] « La stratégie anti-russe de Zbigniew Brzezinski », par Arthur Lepic, Réseau Voltaire, 22 octobre 2004.

[6] La princesse Dariga Nazarbayeva avait invité à Almaty (Khazakhstan) M. Brzezinski comme orateur du débat d’ouverture de l’Eurasian Media Forum et M. Meyssan comme orateur au débat de clôture. Cette conférence annuelle rassemble des analystes politiques et les grands médias de Russie, de Chine et d’Asie centrale.

[7] « USA : la crise des subprimes menace la moitié des États fédérés de faillite », Réseau Voltaire, 30 janvier 2008.

 



Comcast investit dans la réduction de la liberté d’expression

2 03 2008

Comcast, le deuxième plus gros fournisseur internet aux États-Unis (détenu à 11% par Dodge&Cox) a payé des gens pour occuper des siège à une audience publique à Boston du FCC (l’équivalent aux ÉU du CRTC au Canada) qui mène une enquête sur Comcast qui aurait violé la neutralité du Net. Ainsi, les gens qui avaient quelque chose à dire à l’audience se sont vu refusés l’entrée car la salle était déjà pleine. Voici un petit vidéo à ce sujet:



Quand le Parlement britanique passe à deux doigts d’être aboli

25 02 2008

Blair Parlement britanique

Premièrement, qu’est-ce qu’un parlement? Un parlement est un regroupement d’élu(e)s qui contrôlent le pouvoir législatif d’un pays, d’une nation, d’une province ou d’une fédération. Toutes les lois doivent obligatoirement passer un vote auquel participent tous les élu(e)s. Antérieurement au vote, il doit aussi y avoir une discussion ou un débat portant sur le bienfondé de la loi en question et tout(e) élu(e) peut proposer de modifier la loi afin de palier à d’éventuelles lacunes.

En 2006, le gouvernement «Travailliste» de Tony Blair au Royaume Uni présenta le Legislative and Regulatory Reform Act à la chambre des communes. Cette loi fut entièrement rédigée par un groupe de travail indépendant du gouvernement dirigé par le patron de la presse et directeur de la banque Barclays David Arculus. Le gouvernement présenta le projet de loi au Parlement exactement tel que rédigé par le groupe de travail de David Arculus, sans modifications aucunes. Le projet de loi fut présenté aux parlementaires comme visant à réduire les contraintes bureaucratiques pour les entreprises et passa sans problème la première lecture.

En fait, le projet de loi n’avait rien à voir avec la réduction de contraintes bureaucratiques pour les entreprises. Le projet de loi, donnait le pouvoir à un ministre quelconque de passer toutes les lois qu’il ou elle voudrait sans passer par le parlement. Ce projet de loi aurait aussi donné aux ministres le pouvoir de modifier ou d’abolir toute loi existante, incluant les plus fondamentales comme le doit à un procès juste et équitable.

Le parlement britannique serait ainsi devenu désuet car l’executif aurait pu passer toutes les loi qu’il désire sans passer par le parlement et les autres parlementaires ne peuvent de toute façon pas passer de lois sans la sanction de l’executif car l’exécutif contrôle le parti qui a le plus de sièges au parlements.

Finalement le projet de loi a commencé à être modifié lors de sa troisième lecture et lorsqu’il fut finalement adopté par le parlement, tous les pouvoir législatif n’ont pas été transférés aux ministres.

Il est intéressant de noter que ceci s’est passé sous un gouvernement travailliste. Originellement le parti travailliste anglais representait vraiment les travailleur(se)s car il était majoritairement financé par les syndicats. Sous le gouvernement de Margaret Thatcher, une loi fut passée afin d’intérdire aux syndicats de contribuer aux caisses électorales. Un parti représente les gens gens qui financent le parti. Maintenent que les travaillistes sont financés par des gens plutôt aisés et des entreprises, c’est ces gens que représente vraiment le parti.

Voici quelques liens pour en savoir plus sur le sujet:

http://www.saveparliament.org.uk

corporate watch

Financial Times



Quand les cies de télécommunications transmettent toutes les communications passant par les ÉU à la NSA

18 02 2008

Mike Klein, un employé de AT&T à San Fransisco affirme qu’une salle dans l’édifice d’AT&T où il travaillait était réservée à la NSA. Un jour il a pu accéder à cette salle pour réparer un cable et il s’est rendu compte que toutes les communications du réseau AT&T étaient transférées  à la salle occupée par la NSA, pas seulement les communications en provenence de l’étrangé mais aussi toute les téléphones et courriels intra-États-Unis.

En ce moment, la Maison Blanche est en train de pousser le congrès à adopter une loi qui donnerait une immunité rétro-active à toutes les compagnies de télécommunications qui transmettent et ont transmis illégalement les communications de leurs client(e)s aux services secrets étasuniens.

sources:

http://www.salon.com/news/feature/2006/05/18/eff/

http://muckrakerreport.com/id59.html



Image du Jour: les États Big Brother.

20 01 2008

États Big Brother

cliquez sur l’image pour l’agrandir

Source: http://www.privacyinternational.org/article.shtml?cmd%5B347%5D=x-347-559597 



Film de la semaine: Sibel Edmonds: Kill the Messanger

18 01 2008

Désolé mais la version française semble avoir été censurée par google: Sibel Edmonds – Une femme à abattre

Mais il y a toute même cette bande annonce sous-titrée:



Big Brother reigns supreme in England

18 11 2007

En Angleterre, le gouvernement est en train d’établir une méga-base de donnée contenant le nom, l’adresse, des données biometriques (photo, ADN, empreintes digitales, iris, etc.) , l’emploi, et en fait, toute l’information que le gouvernement possède sur les citoyens anglais. Ceci en conjonction d’une carte nationale d’identité qui serait le point d’entré de la méga-base de donnée. Pour l’instant le gouvernement dit que la carte ne sera pas obligatoire, mais l’article 13 de «l’identity card act» de 2006 stipule que les services publique rendus par le gouvernement (éducation, système de santé, etc.) pourront être refusés à toute personne ne possédant pas une carte d’identité et donc une entrée dans la méga-base de donnée. Tout ceci au coût d’entre 10 et 20 milliards de livres sterling (au bas mot) que le contribuable devra assumé. Les anglais(es) vont payer cher pour se faire surveiller.

Voici la lettre de l’organisme NO2ID qui milite contre cette banque de donnée digne de la Gestapo en Angleterre, si vous êtes en Angleterre la lettre mentionne aussi les actions qui se déroule en se moment:


NO2ID Supporters’ Newsletter No. 84 – 8th November 2007

Contacting us: Call or email the office – 020-7793-4005 or (office@no2id.net). Please do not reply to this email. (The from address is not a working email address)

ID INTERROGATIONS BEGIN IN EARNEST

A year later than intended and with very little publicity, the government’s network of ID interrogation centres is starting to open for business. The Identity & Passport Service (IPS) website now lists around 20 towns and cities with open centres, of the 60 that you’ve already helped us track down:

http://www.no2id.net/getInvolved/idCentres.php

Please help us find the rest, and warn anyone over the age of 16 who needs to apply for their first adult passport to do so quickly*. The National Identity Register (NIR) isn’t built yet, and IPS won’t start fingerprinting trials until next year at the earliest so there’s still time to avoid automatic registration on the NIR.

If you are renewing your passport and get called in for ‘interview’, PLEASE GET IN TOUCH – send an e-mail to national.coordinator@no2id.net. We are eager for first hand reports of the actual process, which may give us some clues as to how we can further frustrate and resist the system.

*Get them to visit http://www.RenewForFreedom.org for more information, or download our fact sheet.

++ STOP PRESS ++

NEW DEBATE ON FRICTION.TV

With 1 million new profiles added to the DNA database in the last year alone, NO2ID National Coordinator, Phil Booth, speaks out against the arbitrary expansion and lifelong retention of this most personal of data on Friction.tv at http://friction.tv/debate.php?debateno=1351
Please chip in with your views and comments – and why not start your own debate? Videos can be uploaded from a webcam, or even a mobile phone.

What’s next?

24th November – BIRMINGHAM / WEST MIDLANDS REGIONAL MEETING

Phil Booth, National Coordinator, will be coming to Birmingham this November for a meeting of all NO2ID groups in the West Midlands, open to everyone who wants to do something in the fight against ID cards and the database state on their patch. Come and learn how to set up a group and campaign in your area; meet other campaigners and share ideas; find out where the ID scheme and related initiatives are heading, and what you can do about it.
DATE & TIME: Saturday 24th November 2007, 10:30am for 11:00am start.
VENUE: The Priory Rooms, Friends Meeting House, 40 Bull Street, Birmingham B4 6AF
[Heading on after 13:00 to The Old Contemptibles, 175 Edmund Street for lunch/beer and further planning.]

Local groups news

We now have groups in 36 of the 69 locations of ID interrogation centres (see www.no2id.net/getInvolved/idCentres.php). If you can help to set up a local group in one of the remaining towns then please contact our Local Groups liaisons Matty and Deborah at (local.groups@no2id.net). A full list of local groups can be found at www.no2id.net/localGroups

Saturdays 1pm – 3pm – NO2ID Edinburgh street stall

Every week, weather permitting, you will find our campaigning stall at the east end of Princes Street, opposite the Balmoral Hotel. Do drop by for a chat. New volunteers – please contact John (edinburgh@no2id.net), and for more group information see http://www.no2id-scotland.net/edinburgh/

Most Saturdays 2pm – NO2ID Glasgow Street Stall

Most Saturdays there are stalls in Glasgow city centre (usually Buchanan Street) from about 2pm. Volunteers are always welcome, please contact Geraint if you would like to help: glasgow@no2id.net

Passport interrogations (Glasgow)

Glasgow NO2ID are keen to hear from anyone who has been summoned to attend the interrogation centre at Blythswood House after applying for their first passport. Please contact Geraint at glasgow@no2id.net or Charlie at myspace.com/no2idglasgow

9th November – Cambridge NO2ID at Caius Questions

Friday, 9th November, 8.30pm at Gonville and Caius College, Cambridge CB2 1TA(http://www.cai.cam.ac.uk/directions.php). Cambridge NO2ID coordinator Andrew Watson will join representatives of Cambridge student political societies on the panel for « Caius Questions », modelled on BBC’s Question Time. All welcome.

10th November – Manchester NO2ID Street Stall

Saturday, 10th November 1-3pm in St. Anne’s Square. The main objectives of the afternoon will be to raise awareness among the public, engage people in discussion about the NIR, and collect petitions for the NO2ID petition to keep people in touch with the campaign. We’ll meet in the square itself at 1pm to set up shop; feel free to join us to lend a hand or just chat. You don’t need any experience or equipment, just a bit of time to spare and a friendly smile! For more information email manchester@no2id.net or call 07982 814441.

13th November – Staines NO2ID Meeting

Tuesday, 13th November 8pm at the Links Pub in Ashford (opposite Bonjour petrol station and golf course). For more information contact staines@no2id.net

13th and 27th November – Glasgow NO2ID fortnightly meeting

Tuesday, 13th November and 27th November at 8pm in Mono. Glasgow NO2ID’s regular fortnightly meetings. All welcome. Map: http://www.glasgow-no2id.org.uk/meeting.html

14th November – Manchester NO2ID Meeting

Wednesday, 14th November 7-9pm in the upstairs function room of the Town Hall Tavern, Tib Lane, Manchester. Sadly, this venue is not wheelchair-accessible; please contact us if you have accessibility needs. At our monthly meetings we discuss the state of the NO2ID campaign, what we’ve been up to recently and where we’re going in future. Everyone is welcome, newcomer or not, curious or committed. The Town Hall Tavern serves reasonably-priced, good quality food until 9pm so you don’t need to pop home for tea – you can even order your meal brought up to the function room. For more information email manchester@no2id.net or call 07982 814441.

20th November – Home Affairs Committee ‘A SURVEILLANCE SOCIETY?’ Evidence Session

Tuesday, 20 November 2007 at 10.15 am in Committee room 8, House of Commons. Witnesses: Tim Wright, Chief Information Officer, Department for Children, Schools and Families, Richard Jeavons, Director, IT Service Implementation, Department of Health, Stephen Hickey, Director General for the Safety, Service Delivery and Logistics Group, Department for Transport, and Steve Burton, Deputy Director of Transport Policing & Enforcement,Transport for London, Clare Moriarty, Constitution Director, Ministry of Justice, and John Suffolk, Government Chief Information Officer. The session can be watched at http://www.parliamentlive.tv/

24th November – NO2ID Brighton Social Event

Saturday 24th November 3pm-6pm at the Lord Nelson on Trafalgar Street. In the coming months, Brighton & Hove NO2ID like to help students at the Universities of Brighton & Sussex start their own NO2ID societies. We’d like to work with local politicians to introduce a motion to the council declaring Brighton & Hove’s opposition to ID cards, and the difficulties they would cause for local government. Most of all, we’d like to get more people involved in the campaign so that by the time the next election comes (it may not be now, but it’ll be on us sooner than you think!) we can really get lobbying, force candidates to take a stance on the issue, and work towards electing a government that will repeal the Identity Cards Act 2006 and put an end to Labour’s ID cards folly for good. To kick-start these plans, we’re organising a social event. It’s open to all, and is the perfect opportunity to ask questions, volunteer or even become a paid-up member of NO2ID. If nothing else, we’d love you to come and meet us, enjoy a chat over a drink and have some nibbles! There’s no obligation to do anything at all, but we hope you might want to. There’ll be a buffet and entry is free.

24th November – NO2ID Cambridge Stall

Saturday, 24th November, 10am at Cambridge Guildhall. Location Map:http://tinyurl.com/eo42r. Cambridge NO2ID’S next street stall will be in the usual spot. As ever, volunteers to help very welcome – please email cambridge@no2id.net, or text/call Andrew on 07710 469624 if you can make it.

5th December – Cambridge NO2ID pub meeting (1st Wednesday of each month)

Wednesday, 5th December, 7.30pm at the Free Press (pub), 7 Prospect Row, Cambridge CB1 1DU (http://maps.google.co.uk/maps?q=cb1+1du). Cambridge NO2ID’s informal pub meetings are on the first Wednesday of each month. Join us at 7:30pm on Wednesday 5th December . For more details contact cambridge@no2id.net, or text/call Andrew on 07710 469624.

5th December – Southampton NO2ID Meeting (1st Wednesday of each month)

Wednesday, 5th December at 8:00 pm in the Dolphin Pub in St Denys. For more information contact southampton@no2id.net

9th December – NO2ID stall Swiss Cottage (Joint Initiative by Southwark Kensington & Chelsea and Camden)

On 4th November three groups manned a stall at Swiss Cottage and collected signatures and donations. We will repeat the same exercise on Sunday 9th December. While someone mans the stall, the rest spread out walking round Swiss Cottage shopping areas with the petition collecting signatures and donations. If you live in London and you are free on 9th December, please come and join us. For more information email camden@no2id.net, kensington@no2id.net or southwark@no2id.net


What just happened?

Glasgow City Council fails to pass anti-ID motion

On 1st November Glasgow City Council rejected a motion against ID cards and the National Identity Register. The motion focussed on the adverse fiscal impact that integration with the National Identity Register would have on council services. Not one of Labour’s 45 councillors was prepared to stand up to defend the ID scheme or voice any support for it. Instead, Cllr. Coleman (Lab) proposed that the council take « no action ». The amendment was carried 40-31, with 4 abstentions. Speaking after the vote, Cllr. Stuart Clay said: « It was disappointing that the administration did not support the motion, but by proposing « no action » they seemed to imply they were uncomfortable about the UK Government’s proposals. » Geraint Bevan, NO2ID Scotland co-ordinator, said: « There is no support for the Home Office’s identity tax in Glasgow. There is no support for it in Scotland. If the UK Government do not accept this reality, we will see a repeat of the poll tax fiasco. »

Tom Wise MEP helps Cambridge NO2ID campaigners

Tom Wise, UKIP MEP for the East of England, joined NO2ID campaigners on their street stall in Cambridge on Saturday 3rd November. Wise said: « The last time we had ID cards in the UK was during the Second World War, and they were scrapped soon after. This is one of the few countries in the EU that does NOT require us to carry ID of any description; that freedom is one we must preserve. »

David Blunkett loses ID cards debate in Letchworth

Former Home Secretary David Blunkett, the political architect of the ID scheme, defended it at a public debate on Tuesday 6th November – and lost. He and Simon Carr, political sketch writer at The Independent, debated the motion « Law-abiding Britons have nothing to fear from identity cards » at an event organised by David’s Bookshop in Letchworth. Before the debate a slim majority of the 160-strong audience said they disagreed with the motion. After both sides had put their points of view, the number opposed had increased noticeably. Mr Blunkett apparently still believes that biometric identification is completely infallible and that the ID card database can be made completely accurate (the « clean database » fallacy) and invulnerable to insider fraud, data theft or external cyber-attacks. He told the audience that he has no fear of people knowing all about him – and was selling copies of his autobiography to prove it.

Southampton NO2ID on the street

Southampton NO2ID held it’s first street stall outside Waitrose in Portswood, Southampton on Saturday 3rd November. Group co-ordinator Ian Thomas said: « There was a lot of interest from passers by many of whom were keen to know what the case against ID cards was. I think a few minds were changed. Several people pointed out the irony of us asking for their name and address, but that too was able to be used as we pointed out that their information would be held in accordance with the Data Protection Act and that we were not forcing them to sign up! » The group intends to have another stall plus walking billboards in the town centre in the run-up to Christmas.

Worcester NO2ID up and running

This week Worcester NO2ID held their first meeting. Group co-ordinator Luke Albarin said: « Our meeting was amidst the swirls and twirls of Brown’s musings about ID. We’ve been on local BBC radio, had online and print cover in the local press, and we’ve challenged our pro-ID Labour MP to face his Conservative and Lib Dem opponents in a public debate. » The group plan to set up Saturday street stalls in Worcester, and then Redditch, the Home Secretary Jacqui Smith’s constituency. For more information about the Worcester group contact worcester@no2id.net

Serious Crime Act 2007 receives Royal Assent

On 30th October the Serious Crime Act 2007 received Royal Assent. The Act clears the way for large-scale data-matching. Read Spy Blog’s analysis of the Act and the distressing lack of opposition to it at (http://tinyurl.com/34qw9f).

ID scheme cost report published

The latest ID scheme cost report was released this week. The report says that there are « considerable uncertainties » in its estimates. The Home Office chose to release the report on the same day as the IPCC report into Jean Charles de Menezes was published. Read the report at:
http://www.ips.gov.uk/identity/downloads/2007-11-06_Identity_Cards_Scheme_Cost_Report_November_2007.pdf

Comment on government’s ‘Service Transformation Agreement’

Last month the government released the blandly-named « Service Transformation Agreement » which further lays out plans to abolish privacy. Each government department is listed with its data-sharing and identity management strategy. For instance the Ministry of Justice « is leading a cross-government programme to deliver a package of measures over the next 3-5 years to overcome current barriers to information sharing within the public sector ». Meanwhile the Department for Work and Pensions is engaged in « using and supporting Tell-Us-Once in developing and testing identity management service propositions – this includes research on data-sharing legislative frameworks ». The full document has been posted on-line at the ‘Comment On This’ website, where each clause can be commented on.
http://www.commentonthis.com/servicetransformation/

The price of privacy

On 1 November, Germany started issuing second-generation ePassports. As well as the bearer’s name, date of birth and photo, the RFID chips now contain two fingerprints. The very same day, the enterprising city of Lübeck launched a new product – aluminium sheaths to keep the data safe from freelance scanners. Yours for an extra 6 euro when you pick up your passport.


« ID » in the news

Tackling a global identity crisis – epractice.eu 6/11/07

A new international initiative, the Centre for Ethical Identity Assurance (CEIA), involving industry, government and academic partners has been launched to address the growing problem of identity fraud, the demand for greater identity assurance and the need to develop common standards and practices in this area. The CEIA will operate under the aegis of the Association for Automatic Identification and Mobility (AIM Global), a global trade association representing manufacturers and vendors of identity verification technologies.
http://www.epractice.eu/document/4042

Security minister defends ID cards, longer detention – The Register 5/11/07

The Liberal Democrat party has attacked the proposed National ID card scheme, on the grounds that the government cannot effectively implement simpler plans such as passport interviews. But the new government security minister has mounted a spirited defence.
http://www.theregister.co.uk/2007/11/05/lib_dems_n_admiral_lord_west_on_security_terror/

Spine to be shut for two day ‘refresh’ – e-Health Insider 1/11/07

Connecting for Health (CfH) and BT have confirmed that the NHS Spine will be unavailable when it is taken down for a major upgrade from next Friday evening until Sunday morning (9-11 November). The Department of Health agency describes the refresh of software and hardware as ‘unusual’ and ‘unlikely’ to occur again in the future. A practice ‘refresh’ of the Spine has already been carried out as a dry run in a recent technical rehearsal.
http://www.e-health-insider.com/news/3176/spine_to_be_shut_for_two_day_’refresh

US: Is Real ID plan on its deathbed? – cnet news 2/11/07

The U.S. government’s controversial plan to outfit all Americans with uniform electronic identification cards–officially known as Real ID–may be on its deathbed, opponents of the program charged this week.
http://www.news.com/8301-10784_3-9809992-7.html

What happened to the Crosby review? – Ideal Government 31/10/07

So why hasn’t all that promising hard work by Sir James Crosby for Gordon Brown seen the light of day? Remember, he was looking into what Britain needs from ID management from a public-private business point of view.
http://www.idealgovernment.com/index.php/blog/what_happened_to_the_crosby_review/

Clegg vows to defy ID cards law – The Guardian 31/10/07

Nick Clegg, the odds-on favourite to become Liberal Democrat leader, yesterday announced that he will break the law and refuse to provide details of his identity if the government presses ahead with plans to make ID cards compulsory.
http://politics.guardian.co.uk/libdems/story/0,,2202171,00.html

Promising proposal for near universal user authentication method – ovum 29/10/07

A UK start up company, GrIDsure, has patented an approach to authenticating users that has a very wide range of applications. It is already being touted as a replacement for conventional Chip and PIN and for solving the problem of user authentication in online transactions. The Churchill Professor for Operational Research at the University of Cambridge has estimated it to be 100 times more secure than conventional Chip and PIN, and it has already won endorsements from Visa, MasterCard and the Cabinet Office of the UK government.
http://www.ovum.com/news/euronews.asp?id=6300

Government orders review of data sharing – ComputerWorldUK 26/10/07

The government has ordered a review of data sharing by both public and private sector bodies. The move was announced by prime minister Gordon Brown in a speech at the University of Westminster focused on civil liberties issues. Brown acknowledged that there is « continuing debate about identity cards », although procurement for the controversial £5.4bn ID cards scheme has begun and eight firms have now been shortlisted as potential suppliers.
http://www.computerworlduk.com/management/government-law/legislation/news/index.cfm?newsid=5876

ID cards will be secure, insists Home Office – silicon.com 25/10/07

The Home Office has defended the UK ID cards scheme after security expert Frank Abagnale – a one-time confidence trickster made famous by the Steven Spielberg film, Catch Me If You Can – said the scheme should be scrapped if the government cannot ensure it is secure.
http://www.silicon.com/publicsector/0,3800010403,39168938,00.htm

E-borders function creep:Unpaid fines may stop people leaving UK – The Guardian 6/8/07

Ministers are also looking at ways of using the new £1.2bn « e-borders » programme to collect more than £9m owed in health treatment charges by foreign nationals who have left the country without paying.
http://politics.guardian.co.uk/homeaffairs/story/0,,2142456,00.html

(Please send me any items of interest you encounter – Editor(newsletter@no2id.net) )



Image du jour: Les prisons et les vols secrets de la CIA

13 10 2007

Cliquez pour agrandir.



La néo-stasi utilise des virus informatiques pour espioner les gens

1 09 2007

Une politique du gouvernement allemand de contaminer avec un espiogiciel les ordinateurs des suspects de terrorisme soulève la controverse dans le pays européen

Une fois installé, l’espiogiciel permettrait à la police allemande de fouiller dans les disques durs des suspects pour trouver des informations compromettantes.

Lire la fin de l’article ici.



Le congrès des ÉU vient d’approuver l’espionnage des étasunien(ne)s

8 08 2007

L'image “http://img84.imageshack.us/img84/1786/bigbrotheriswatchingyou0wb.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.Le congrès des ÉU,dominé par les démocrates, vient d’approuver une loi de l’administration Bush permettant aux services de renseignement d’intercepter et d’écouter les conversations téléphonique et les courriels des étasunien(ne)s sans mandat et supervision judiciaire si le sujet des communications interceptées risque d’être à propos «d’affaires extérieures» et si un des partis est à l’extérieur des ÉU. Heureusement, pour l’instant, la loi expire dans six mois.

source: Washington Post



Transmission d’un pouvoir illimité et arbitraire au président et au vice-président

27 07 2007

Voici un article de Michel Chossudovsky:

 

 

En octobre 2006 Bush a signé le «John Warner National Defense Authorization Act» (NDAA) pour l’année fiscale 2007 (également connu sous le nom de «Defense Authorization Act pour l’année fiscale 2007»). Le «NDAA 07» est entré en vigueur le 17 octobre 2006.
Le «NDAA 07» contient des directives spécifiques qui autorisent l’armée à prendre en charge le contrôle des fonctions normales de la police et des poursuites judiciaires au niveau fédéral et au niveau des états.
Le paragraphe 1076 du «NDAA 07» abroge le «Posse Comitatus Act» de 1878, qui interdit à l’armée de s’immiscer dans le travail du gouvernement civil ainsi que dans celui de la Justice et des poursuites judiciaires. Le «Posse Comitatus Act» était un élément central pour le fonctionnement d’un gouvernement constitutionnel. (Il est à noter que d’autres mesures législatives précédentes ont déjà entravé la substance du «Posse Comitatus Act».)
L’essentiel de ces directives spécifiques du «NDAA 07» (paragraphe 1076) est qu’elles s’harmonisent exactement avec les prescriptions du «National Security Presidential and Homeland Directive» (NSPD 51, HSPD 20) de Bush qui sont entrées en vigueur le 9 mai.
Selon la NSPD 51 le gouvernement constitutionnel est littéralement jeté par-dessus bord dans le cas d’un prétendu état d’urgence à la suite d’une catastrophe.
Si le président proclame l’état d’urgence, la NSPD 51 introduit la loi martiale sous le commandement de la Maison blanche et du département de la Sécurité intérieure des Etats-Unis. Elle suspend le gouvernement constitutionnel selon les directives du «Continuity in Government» (COG). Elle transmet au président et au vice-président des pouvoirs exceptionnels.
Les directives NSPD 51 sont en accord avec des lois et des règlements déjà existants, qui se rapportent à de prétendues attaques terroristes sur le territoire national et sur la proclamation de la loi martiale. Mais le paragraphe 1076 du «NDAA 07» va beaucoup plus loin dans la définition du rôle de l’armée en cas d’état d’urgence suite à une catastrophe.
Le paragraphe 1076 définit pour l’essentiel les pouvoirs illimités délivrés au président et au vice-président en cas de mise en œuvre de la NSPD 51.
Le paragraphe 1076 du «NDAA 07» qui a apparemment été introduit subrepticement au dernier moment – à la demande de la Maison blanche – comme annexe au paragraphe 333 dans le projet de loi, contient les règlements pour «l’intervention des forces armées lors d’importants cas d’urgences publics».
Ce paragraphe est extrêmement clair. Il établit littéralement une situation à la Pinochet pour ce qui concerne les arrestations massives d’opposants politiques sans procédures judiciaires, la répression de manifestations publiques etc.
En ce qui concerne les pleins pouvoirs pour le président et le vice-président dans le cas «d’un état d’urgence suite à une catastrophe» il prévoit tous les détails:

Le président «peut faire intervenir l’armée […] pour rétablir l’ordre public et faire appliquer les lois des Etats-Unis».

Un pouvoir illimité est transmis à la Maison blanche. Le président a le pouvoir de suspendre les administrations judiciaires civiles au niveau fédéral et de chaque état et d’instaurer à leur place des tribunaux militaires, qui seraient alors chargés de tout réprimer: la «violence à l’intérieur du pays», les «émeutes» (par exemple des manifestations publiques) ou les «conspirations», c’est-à-dire toute personne qui exprime une opinion différente, son mécontentement avec ou son opposition à l’administration Bush, parce que la constitution est abrogée.
Dans le paragraphe 1076, le point essentiel sont les actions contre les «ennemis nationaux» en opposition à une «défense» bona fide contre des attaques d’armées étrangères, qui relèvent du devoir de l’armée.
Pris ensemble le NSPD 51 et le paragraphe 1076 définissent les contours d’une «dictature démocratique» aux Etats-Unis sous le commandement de la Maison blanche.
Mais nous n’avons pas affaire ici à un «régime militaire» ou à un «gouvernement militaire» dans le sens usuel du terme, où le pouvoir gouvernemental aurait été transféré au président et vice-président selon les directives du NSPD 51. Ce qui est en jeu, c’est plutôt l’engagement illimité et arbitraire de l’armée par le président et le vice-président pour exercer les fonctions de la police et des poursuites judiciaires en contournant le Congrès et la Justice. •

 

source: http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=302

 



Military Commissions Act 2006

23 07 2007



Votre imprimante vous espionne-t-elle?

16 07 2007

Votre imprimante couleur (à la requête des services secrets étasuniens) identifie, avec des points jaunes invisible à l’oeil tous les documents que vous imprimez avec le numéro de série de l’imprimante ainsi que l’heure et la date à laquelle vous l’avez imprimé.

Voici un reportage de CNBC:

 



Is your printer spying on you?

16 07 2007

Your printer secretly identifies all the documents you print with your printer’s serial number and the time and date of the printing.




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