Film de la semaine: The War on Democracy

27 10 2007

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Note: United Fruit a depuis changé de nom pour devenir Chiquita.



Le Canada s’oppose à la « Déclaration des droits des peuples autochtones »

15 09 2007

Repris du site de l’ONF:

Le Canada s’oppose à la « Déclaration des droits des peuples autochtones »

Le 7 septembre dernier, à Montréal, Femmes Autochtones du Québec (FAQ) organisait une manifestation pour dénoncer la position du Canada dans le dossier de l’adoption de la « Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones ».

Vidéo: Le Canada s’oppose à la « Déclaration des droits des peuples autochtones »; réalisation Santiago Bertolino, durée: 8min.52

 

En effet, les États Membres de l’ONU seront appelés, le 13 septembre,
à adopter par consensus cette déclaration reconnaissant le droit à l’autodétermination des peuples autochtones qui se négocie depuis 22 ans. Mais voilà que depuis l’entrée des conservateurs au pouvoir en janvier 2006, le Canada est devenu un farouche opposant à cette déclaration. Dernièrement, à quelques semaines du vote final pour l’adoption de la déclaration, le Canada, appuyé par l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Russie, la Colombie, la Guyane et le Surinam, a demandé de reprendre les négociations, manoeuvre qui a pour but de paralyser l’adoption de la déclaration.Pour savoir plus sur le sujet voici quelques liens:


Cybersolidaire: Pour la reconnaissance et la protection des droits des peuples autochtonesLe Devoir: Autochtones: le Canada fait bande à part

Le Devoir: Gain autochtone malgré le Canada

ONU: CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LE PROJET DE DÉCLARATION DES NATIONS UNIES SUR LES DROITS DES PEUPLES AUTOCHTONES

Ministère des Affaires Indiennes et du Nord (communiqué): Position du Canada : Projet de déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones

Amnisitie Internationale (communiqué): Déclaration des droits des peuples autochtones : Il est grand temps que le Canada se rallie



Le système bancaire à réserve fractionnelle: la privatisation de l’argent (partie I)

9 08 2007

dixpiastresbmo

Ce billet est la suite logique de l’introduction que vous pouvez trouver ici: «La privatisation de l’argent: une introduction».

Qui crée la monnaie? Vous croyez surement, comme la majorité des gens, que c’est votre gouvernement qui crée la monnaie de votre pays. Rien n’est plus faux. La grande majorité de l’argent est créée par des banques privées, environs 95% [7] pour être plus précis (on parle ici de création net d’argent et non pas du renouvèlement des vieux billets par des nouveaux). Autrement dit, seulement environs 5% de l’argent en circulation est créée par votre gouvernement, on comprend mieux alors pourquoi le gouvernement doit continuellement emprunté de l’argent aux frais des contribuables et aux profits des banques! En 1912, comme l’atteste la photo ci-haut, cela était plus visible car les banques privées imprimaient monnaie (et étaient pratiquement les seules à le faire [5]), ce qu’elles ne font plus. L’argent imprimé par les banques privées étaient en circulation au Canada jusqu’en janvier 1950 et ces billets sont encore valide dans le sens que la Banque du Canada est toujours tenue de les accepter et de les échanger pour des nouveau billets ([11] article 26 alinéa 2). Mais, comment les banques privées peuvent créée de l’argent sans en imprimer? C’est ce que nous allons voir.

Le système bancaire à réserve fractionnelle, si simple mais que personne ne comprend

À la base, la création d’argent commence en effet par l’impression de billet papiers et le battage de pièces de monnaie par le gouvernement (à l’exception des États-Unis où, pour créer de l’argent, le gouvernement fédéral doit préalablement s’endetter en émettant des obligations, mais nous ne parlerons pas de cet cas particulièrement frauduleux et nous nous concentrerons plutôt sur le cas générique). Par exemple, au Canada, la Banque du Canada (banque centrale) imprime les billets et peut créer de la monnaie électronique et la Monnaie royale canadienne (société de la Couronne depuis 1969 [6]) bat la monnaie. Une fois cette argent fraichement créée il y a deux façon de la distribuer:

  1. Payer les créditeurs de la banque centrale: c’est-à-dire payer les gens qui travaillent à la banque centrale ou eux qui ont vendu de l’or, de l’argent, de l’équipement, de la machinerie, des immeubles, etc. à la banque centrale ([11] article 25 alinéa 1).
  2. Échanger cet argent contre d’autres formes d’argent comme par exemple: des devises étrangères, de l’argent électronique créée par des banque privées, des billets de banque imprimées par des banques privées qui étaient en circulation avant 1950 (pour ce qui est du Canada, maintenant ce genre d’échange n’a pas lieu souvent mais en ’49-’50 la Banque du Canada a converti la majorité des billets de banque privés en l’argent que nous utilisons maintenant), des billets de la Banque du Canada usés, etc.

Et c’est ici que commence la deuxième vague de création de l’argent, celle qui produit la majorité de l’argent: l’argent électronique créée par les banques commerciales. Bien que cette argent soit créée sous forme électronique, elle est toute aussi vraie que l’argent en papier ou en métal, car la banque centrale a l’obligation ([11] art. 26, al. 1-2) d’imprimer assez de billets pour échanger l’argent électronique déposée par une banque privée à la banque centrale en billets de banque de papier.

Mais comment-donc cet argent électronique est-il créé par les banques commerciales? Chaque pays, de par ses lois, défini un taux de réserve T (qui peut changer de temps à autre mais qui est toujours inférieur à 100%), nous utiliserons T=10% par la suite ce qui correspond au taux en vigueur aux États-Unis. Pour connaitre le taux en vigueur dans d’autre pays, référez-vous à la Table 1 colligée d’après [2].
TABLE 1:

  Réserves minimales légales
     

Pays Réserve
    fractionnelle
    requise (%)
  Australie 0.00
  Canada 0.00
  Mexique 0.00
  Suède 0.00
  Royaume-Uni 0.00
  Eurozone 2.00
  Slovaquie 2.00
  Suisse 2.50
  Chili 4.50
  Inde 7.00
  Bulgarie 8.00
  Lettonie 8.00
  Burundi 8.50
  Hongrie 8.75
  Chine 11.50
  Pakistan 7.00
  Ghana 9.00
  États-Unis 10.00
  Estonie 15.00
  Zambie 17.50
  Croatie 19.00
  Tadjikistan 20.00
  Surinam 35.00
  Jordanie 80.00

Exemple: le tour de magie, 100$ dans un chapeau/banque magique devient 1000$

Le principe de base pour que les banques puisse créer de l’argent est le suivant: elle peuvent prêter plus d’argent qu’elles ont dans leurs coffres! Le montant maximal qu’elles ont le droit de prêter est déterminer par le taux de réserve minimal (10% pour le prochain exemple) et le montant d’argent qu’elles ont dans leurs coffres (leurs réserves). Les banques peuvent «créer» et prêter autant argent qu’elles le veulent tant que le ratio de leurs réserves (l’argent dans leurs coffres) par rapport à l’argent total inscrit dans les comptes des gens, le taux de réserve, soit supérieur au taux minimal. Donnons notre premier exemple concret: Moi, Monsieur Banquier, va voir le gouvernement de mon pays et me fais octroyer une licence pour partir ma propre banque: Grôssbanque. Je ne suis pas bien riche mais il me reste 100$ de mon remboursement de taxes du gouvernement que j’utilise comme capital de base pour Grôssbanque: Grôssbanque a un réserve d’argent de 100$. Le lendemain, Mlle. Entrepreneuse vient à mon bureau pour faire un emprunt pour démarrer son entreprise. Comme le taux de réserve minimal est de 10% et que j’ai une réserves de 100$ et que 10% de 1000$ est 100$, j’ai le droit de prêter jusqu’à 1000$ à Mlle. Entrepreneuse. Je lui fais donc une offre super concurrentielle: je lui prête 1000$ pour 2 ans à un taux d’intérêt de 7% annuel payable annuellement. Ainsi, je sort le livre comptable de Grôssbanque et sous la colonne «compte chèque de Mlle. Entreprise» j’inscris 1000$. Il va s’en dire que je ne paie pas d’intérêt sur les comptes chèque. Je vends ensuite un carnet de chèque à Mlle. Entrepreneuse pour 10$, j’ai donc maintenant 110$ de réserve. Mes réserves sont de 110$ et le total d’argent inscrit dans les comptes des gens est de 1000$, le ratio est donc 11% ce qui est supérieur au 10% minimal, je pourrais donc faire d’autres prêts. Bien entendu, je viens de prêter, 1000$ à Mlle. Entrepreneuse mais ces 1000$ n’existaient pas avant, je les ai inventé de toutes pièces. Mais c’est pas trop grave, tant que Mlle. Entrepreneuse n’essaie pas de sortir plus que 110$ de son compte, elle ne se rendra compte de rien. Et au pire, même si elle veux retirer plus de 110$, je peux toujours me tirer d’affaire en empruntant l’argent nécessaire à la banque centrale à un taux d’intérêt annuel de 5%, je sort donc toujours gagnant (Mlle. Entrepreneuse, n’étant pas une banque, n’a malheureusement pour elle et heureusement pour moi, pas le droit d’emprunter directement à banque centrale). Aussi, j’essaie de minimiser la propension de Mlle. Entrepreneuse à retirer de l’argent en chargeant des frais relativement élevés pour ces transactions, cela l’encourage de payer par chèque. D’ailleurs, deux jour plus tard un M. Fournisseur vient chez Grôssbanque avec un chèque de 200$ tiré sur le compte de Mlle. Entrepreneuse car il lui a vendu de l’équipement pour son entreprise. Tant bien que mal, je réussi à le convaincre de ne pas retirer les 200$ (que je n’ai pas) tout de suite mais de plutôt ouvrir un compte Super-méga-ultra-épargne chez Grôssbanque payant un intérêt annuel faramineux de 3% payable annuellement. Je sort donc encore une fois le livre comptable de Grôssbanque et je modifie l’entrée sous «compte chèque Mlle. Entrepreneuse» à 800$ et je commence une nouvelle colonne, «compte épargne M. Fournisseur», sous laquelle j’écris 200$. Mes réserves sont alors toujours 110$ et le total d’argent dans les comptes des gens est de 200$ + 800$ = 1000$, le ratio est donc toujours 11%, j’ai donc des réserves excessives comme on dit. Un ans passe sans qu’il n’y ait plus aucune transaction dans ces comptes. À la fin de l’année Mlle. Entrepreneuse me doit 70$ = 7% de 1000$ en intérêts et je dois 6$ = 3% de 200$ à M. Entrepreneur. Je ressorts donc le livre comptable et je change le montant sous la colonne «compte chèque Mlle. Entrepreneuse» à 730$ et le montant sous la colonne «compte épargne M. Fournisseur» à 206$. Au bout de la première année donc, j’ai fais un profit de 74$ (=10+70-6) sur un capital initial de 100$ en prêtant 1000$ qui n’avait jamais existé. C’est pas mal quand même! Et ce qui est encore mieux, c’est que mes réserves sont toujours 110$ mais le total de l’argent inscrit dans les comptes des gens est de 730$ + 206$ = 936$ et donc le ratio,le taux de réserve, est de 11,8%, je pourrais donc créer et prêter encore 164$ pour ramener mon taux de réserve à 10%. Dans un an encore, Mlle. Entrepreneuse me devra 70$ d’intérêts plus 1000$ pour repayer son prêt initial mais comme elle n’a que 730$ dans son compte chèque, elle devra trouver ailleurs (les profits de son entreprise peut-être) les 340$ restant pour me les donner. Si elle n’est pas capable de payer je pourrai peut-être lui fournir un autre prêt pour qu’elle puisse payer son prêt antérieur, mais cette fois si à un taux d’intérêt plus élevé car elle aura une mauvaise cote de crédit.

En fait, je vous ai menti un petit peu dans le dernier exemple, car seulement les comptes en banque considérés comme «liquides» doivent être pris en considération dans le calcul du ratio, cela veut dire que les comptes d’épargne ne sont généralement pas compris dans ce calcul, donc le compte de M. Fournisseur n’a pas besoin d’être inclus. Donc, après la première année le taux de réserve serait vraiment 110$/730$ * 100% = 15% et Grôssbanque pourrait en effet créer et prêter 364$ de plus à la place de 164$ de plus afin de ramener le taux de réserve au taux minimal de 10%! Dans le prochain exemple, pour se simplifier la vie, on fait comme si les comptes d’épargnent étaient pris en compte dans le calcul du taux de réserve. Dans la table 2 (source: [2] ) ci-bas on voit les vrais taux de réserves moyens de différents pays au cours du temps.

TABLE 2:

  Taux de réserves
moye ns
 
  Pays 1968 1978 1988 1998
  Royaume-Uni 20.5 15.9 5.0 3.1
  Turquie 58.3 62.7 30.8 18.0
  Allemagne 19.0 19.3 17.2 11.9
  États-Unis 12.3 10.1 8.5 10.3


Autres parties de la série: Introduction, Partie I, Partie II, Partie III, Partie IV
ERRATUM: Le taux de réserve minimal pour le RU est en fait pas exactement 0 mais 0,35% mais ce taux est purement symbolique puisque les banques gardent en fait un taux bien plus élevé (1-2%) afin de pouvoir répondre à la demande des gens qui veulent retirer de l’argent comptant.

sources:

  1. http://en.wikipedia.org/wiki/Fractional_reserve_banking
  2. http://en.wikipedia.org/wiki/Reserve_requirement
  3. http://en.wikipedia.org/wiki/Local_currency
  4. http://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_du_Canada#Histoire
  5. http://en.wikipedia.org/wiki/Bank_of_Canada#History
  6. http://en.wikipedia.org/wiki/Royal_Canadian_Mint
  7. http://en.wikipedia.org/wiki/Full-reserve_banking#Monetary_reform
  8. http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9dit_social
  9. http://fr.wikipedia.org/wiki/Finance_islamique
  10. http://en.wikipedia.org/wiki/Islamic_banking#Principles
  11. Lois sur la Banque du Canada



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