Image du Jour: les États Big Brother.

20 01 2008

États Big Brother

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Source: http://www.privacyinternational.org/article.shtml?cmd%5B347%5D=x-347-559597 



Analyse anarchiste de la politie iroquoise

7 01 2008

repris de NEFAC-MTL,

original article in english here.

Le 1e janvier c’est l’anniverssaire du soulèvement Zapatistes en 1994, un évènement qui changea les relations politiques dans toute l’amérique depuis, et qui remit surtout dans le portrait les autochtones. nous tenons a souligner cet évènement a notre façon.

Nous vous présentons ce texte qui retrace les liens qu’on peut retrouver entre nos aspirations libertaires et celles de nos frères et soeurs Iroquois. Alors que l’indigénisme latino-américain peut souvent être une source d’inspiration, plus près de nous, les autochtones sont aussi une inspiration, autant pour leur résistance présente, que pour un passé glorieux.

Un pamphlet en format PDF disponible auprès de l’Union Locale de Montréal en écrivant à : mtl(a)nefac.net

Il est a noter que l’original possède un glossaire ainsi que les notes de bas de pages.

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La société traditionnelle Rotinonshón:ni* (Iroquois), ou ” le peuple de la Maison Longue “, était matrilinéaire, stable, communautaire et, naturellement, horticole. Les Rotinonshón:nis ont formé une confédération de cinq nations, et ce, plusieurs générations avant l’arrivée des Européens. Ces nations unies sous le Kaianere’kó:wa ont embrassé la même politie (N.d.T. : politie : dans la Grèce ancienne, le terme politeia, dont l’équivalentfrançais politie est d’un usage plus rare que l’anglais polity, signifie à la fois “constitution” et “ensemble des citoyens”) mettant ainsi fin aux querelles intestines sans création d’un État centralisé, sans stratification de la population et sans exploitation économique.

” Où règne l’autorité en toute impunité “
Une étude anarchiste de la politie Rotinonshón:ni

D’après Stephen Arthur
Traduit par Louisane LeBlanc

” Dans ce contexte, leurs règles d’action sont très raisonnables et n’ont rien de barbare. Puisque leur survie dépend de leur union et, par le fait même, il est donc inimaginable que parmi un peuple où règne l’autorité en toute impunité – surtout à l’intérieur d’une jeune nation – que des événements provoquent une rupture et désunissent leur pensée. Afin de conserver cette stabilité, ils se réunissent en assemblée générale à tous les ans dans le village d’Onnontaé. Là, tous les représentants des diverses Nations sont présents afin de dévoiler leur requête mais aussi pour échanger des cadeaux nécessaires à leur satisfaction mutuelle et grâce auxquels ils maintiennent une bonne entente les uns envers les autres. “
François le Mercier, 1668 (1)

Certains historiens matérialistes affirment qu’une population stable et agricole doit inévitablement se transformer en une société hiérarchique et stratifiée au centre de laquelle un État centralisé et un système économique abusif existent afin d’éviter les guerres et de mettre fin aux querelles intestines. (2) Alors que ce fait est commun, il appert que la résolution des problèmes sociaux peut être envisagée d’une autre manière. C’était sur les rives sud du Kaniatari:io (lac Ontario) que s’était établit la société traditionnelle Rotinonshón:ni (Iroquois) (3) ou ” le peuple de la Maison longue “. Cette société était matrilinéaire, stable, communautaire et, naturellement, horticole. Les Rotinonshón:nis ont formé une confédération réunissant initialement cinq nations : Kanien’kehá:ka (Mohawk), Oneniote’á:ka (Onedia), Ononta’kehá:ka (Onondaga), Kaion’kehá:ka (Cayuga) et Shotinontowane’á:ka (Seneca). C’est plusieurs générations avant le premier contact avec les Européens (4) que ces nations se sont unies sous le Kaianere’kó:wa (la Grande loi de la paix), embrassant la même constitution (5) et mettant ainsi fin aux disputes intestines sans création d’un État centralisé, sans stratification de la population et sans exploitation économique.

Jared Diamond, un universitaire américain, allègue hypothétiquement que les sociétés égalitaires de chasseurs-cueilleurs sans État qui dépendent de l’agriculture et qui font face à une population grandissante, à des querelles intestines et à une mauvaise gestion des nouvelles ressources se questionnent sur leurs habilités à conserver des liens politiques horizontaux ainsi qu’une économie communautaire. (6) Toujours selon Diamond, la transition vers le monde matériel mène inévitablement à la création d’un État, auquel il fait allusion en le nommant kleptocratie (N.d.T : kleptocratie : État voleur), et qui malgré les révoltes des opprimés ne peut, dans un monde idéal, que changer le taux d’exploitation et d’oppression en nommant un nouveau groupe de kleptocrates. Dans la pensée de Diamond, ” la kleptocratie ” est indéniablement inhérente à la culture matérielle. (7)

Certains marxistes abondent dans le même sens que Diamond. Ils croient que la transition du communisme du chasseur-cueilleur vers le féodalisme et le capitalisme, pousse les sociétés à se créer industriellement des richesses sociales, fixant le communisme pour qu’il ne soit, à nouveau, qu’une simple option. Il y a au moins une exception majeure à ce déterminisme historique de mauvais aloi et à cette vision unilinéaire de l’évolution culturelle : la formation et la survie du Rotinonshón:ni dans le nord-est de l’Amérique du Nord.

Alors que Murray Bookchin, un anarchisteplutôt critique du marxisme, reconnait les valeurs de coopération et la nature pacifique des sociétés de chasseurs-cueilleurs, il soulève néanmoins les problèmes liés aux conflits entre les diverses factions :

” Entre les membres de leur propre groupe, tribu ou clan, les peuples préhistoriques et, plus tard, horticoles étaient généralement coopératifs et pacifiques, mais envers les membres des autres groupes, tribus ou clans, ils étaient plutôt belliqueux voir même quelquefois génocidaires dans leurs efforts à dépouiller l’ennemi et à s’approprier ses terres… Quant aux chasseurs-cueilleurs modernes, les conflits entre les tribus autochtones sont trop nombreux pour tous les citer… les tribus qui ont finalement fondé la Confédération iroquoise (la Confédération est elle-même nécessaire pour leur survie puisqu’ils allaient s’entretuer), suite aux conflits acharnés entre Mohawks et Hurons, se sont sauvées de leur propre extermination. Toutefois, ces conflits ont laissé de graves séquelles aux communautés huronnes. ” (8)

Les conflits que mentionne Bookchin ont eu lieu au Kaniatari:io et au lac Érié au XVIIe siècle. Ces conflits sont mieux connus sous l’appellation des ” Guerres du Castor ” étant donné le lien avec la traite des fourrures entre les Autochtones et les Européens. Les qualificatifs ” belliqueux ” et ” génocidaires ” que donne Bookchin aux conflits entre les Kanien’kehá:kas et les Wendats (Hurons) sont erronés. Plutôt que d’y voir une affaire de nettoyage ethnique ou de compétition économique, les conflits, pour une meilleure compréhension, devraient être considérés comme une guerre civile d’unification politique parmi la grande famille iroquoienne. Ce qu’il y a d’ironique dans la tirade que fait Bookchin contre l’anticivilisationisme contemporain qui mystifie le mode de vie primitif, c’est qu’il reconnaît que la formation du régime Rotinonshón:ni a mis fin à la guerre au sein de la Confédération des Cinq Nations sans vraiment lui donner son pesant d’or, mais surtout sans voir que cette réussite capitale est intrinsèquement liée à ses propres idées politiques.

Comment la paix s’installe chez les Rotinonshón:nis

L’histoire de la formation du Rotinonshón:ni a été transmise grâce à la tradition orale. Le récit Kaianere’kó:wa a été narré au moins en cinq langues amérindiennes similaires, puis traduit et transcodé en anglais. Plusieurs versions de ce récit existent selon les variantes et aucune de ces versions ne sont définitive. (10)

Dans une version que l’on retrouve fréquement à Ohswé:ken, (11) Tekanawí:ta est né d’une mère Wendat dans d’étranges circonstances sur les rives de la baie de Quinte. (12) Après une enfance difficile, Tekanawí:ta quitte sa communauté afin de transmettre un message de paix aux Iroquois. Il voyage vers le sud, traverse le Kaniatari:io et rencontre Aiewáhtha préparant un repas. Aiewáhtha, affligé par la perte de ses proches, se préparait à manger un homme qu’il avait massacré par vengeance. Tekanawí:ta a procédé à la cérémonie des condoléances pour Aiewáhtha afin de mettre un terme à cette dispute fratricide. De plus, il convainc Aiewáhtha de ne manger que de la chaire animale plutôt que celle des hommes. Finalement, il persuade Aiewáhtha de rennoncer à la guerre et de l’aider à propager la paix chez les Iroquois.

Selon la tradition orale transmise par les femmes, (13) Tekanawí:ta amadoue Tsikónhsase, la chef du clan matriarche. (14) Tsikónhsase est du clan Kakwa:ko (neutre) et elle préparait les guerriers et réglait des différents. (15) Elle décide d’appuyer Tekanawí:ta dans ses efforts pacifiques s’il octroie à l’intérieur du Kaianere’kó:wa plusieurs pouvoirs et responsabilités aux femmes, entre autres choses; les clans seront désormais matrilinéaires, ils devront être à la base de la souveraineté du peuple et la propriété collective, soit les terres agricoles, sera gérée par les femmes. De l’avis de l’auteure Shotinontowane’á:ka et professeure en Études Autochtones, Barbara Maan, les conflits sous-jacents à ce territoire doivent être interprétés comme étant liés à l’émergence de la culture productiviste : d’un côté, les femmes agricultrices et de l’autre, les chasseurs anthropophages dirigés par Thatotáhrho. Le rôle de Tekanawí:ta était d’unir les factions belligérantes, d’établir l’agriculture et la chasse comme moyen de survie ainsi que d’abolir le cannibalisme. (16)

Tekanawí:ta, Aiewáhtha et Tsikónhsase ont visité plusieurs villages iroquois. À la suite de leur rencontre avec les Kanien’kehá:kas, ils ont gagné leur support, tout comme chez les Oneniote’á:kas. Ils ont ensuite fait face au clan Ononta’kehá:ka où ils ont essuyé un échec devant Thatotáhrho. Chemin faisant, ils ont gagné la confiance des Kaion’kehá:kas. Finalement, ils rencontrent la nation occidentale des Shotinontowane’á:kas. Ces derniers sont tous convaincus du bien fondé de la démarche de Tekanawí:ta, Aiewáhtha et Tsikónhsase à l’exception des deux principaux chefs de guerre. Un accord est conclu lorsque les deux chefs de guerre sont nommés ratihnhohanónhnha (gardien des portes occidentales). Ils seront responsables de la protection de la Maison longue des Rotinonshón:nis contre les ennemis venant de l’ouest. Après avoir convaincu tous les Shotinontowane’á:kas, Tekanawí:ta, Aiewáhtha et Tsikónhsase retournèrent chez les Ononta’kehá:kas où une lutte acharnée contre Thatotáhrho éclata. (17) Tsikónhsase trouve une solution, elle suggère à Tekanawí:ta que le feu du conseil soit gardé par le clan Ononta’kehá:ka et que Thatotáhrho en soit le gardien. (18)

Tekanawí:ta avait plusieurs autres desseins pour le régime Rotinonshón:ni. Les 50 hommes prenant les décisions consensuelles au feu du conseil sont appelés rotiiá:ner et ils doivent portés des bois de cerf afin de démontrer qu’ils délaissent les guerres et qu’ils ne mangent que la chaire de cerf, plus celle des hommes. Les rotiiá:ner auront la ” couenne ” dure (N.d.T. “seven spans thick” dans le texte original) : ils seront patients et ne se choqueront pas aisément. C’est Tekanawí:ta qui trouva un nom pour tous les rotiiá:ner et statua que leur nom revivra au sein du clan matriarche, le iakoiá:ner, à leur décès (ou s’ils sont révoqués). Les iotiiá:ners ont la responsabilité de choisir les nouveaux rotiiá:ner qui ne peuvent être fils du dernier rotiiá:ner. Les iotiiá:ner ont aussi l’autorité nécessaire pour exclure du conseil les rotiiá:ner. Une clause spéciale a été émise afin que des orateurs puissent être inclus au conseil de Ononta’kehá:ka. Ces nouveaux orateurs devront être exemplaires et droits comme le Grand Pin – ohnkanetoten. Les ohnkanetotens auront droit de parole mais ne pourront voter lors du conseil; leur nomination mourra avec eux et ne pourra être transmise. Éventuellement, ” la Grande Loi de la Paix ” pourra être amendée pour inclure de ” nouveaux rameurs ” à la maison longue.

Les armes de guerre ont été enterrées sous l’arbre de la paix, mettant ainsi fin à toute possibilité de guerre entre les nations du Rotinonshón:ni. (19) (L’expression idiomatique ” enterrer la hache de guerre ” est née chez les Rotinonshón:nis.) Les quatre racines blanches de l’arbre de la paix s’étirent aux quatre points cardinaux semant la bonne nouvelle. Des règles ont été émises pour que chaque individu et chaque nation suivent les racines, trouvent refuge sous l’arbre de la paix et se joignent au Rotinonshón:ni. La cérémonie des condoléances destinées au endeuillés est codifiée ainsi que l’élaboration des parchemins wampums. Le Rotinonshón:ni sera guidé par des principes ” de paix, de force et de droiture morale “. Le dernier problème que doit résoudre Tekanawí:ta est celui du territoire de chasse : Tekanawí:ta déclare que tous les Rotinonshón:nis se partageront le territoire de chasse et qu’ils seront tous ” nourris du même bol “. (20)

” Un bol ” : L’économie collective du Rotinonshón:ni

” Ils ont toujours des vertus qui pourraient faire rougir de honte la plupart des Chrétiens. Les hospices ne sont pas nécessaire, il n’y a ni mendiants ni pauvres puisqu’il n’y a aucun riche dans ces communautés. Leur gentillesse, leur humanité et leur courtoisie en font des êtres généreux de ce qu’ils possèdent surtout qu’ils ne possèdent rien à l’exception des biens mis en commun. Un village entier doit être sans maïs avant qu’un individu ne souffre de la faim. Ils partagent également entre tous le fruit de leur pêche. “
Père Simon Le Moyne, 1657 (22)

Au XVIIe siècle, les Rotinonshón:nis vivaient dans des villes bien installés et entourées de palissades. Ces villes pouvaient accueillir jusqu’à 2000 âmes et la densité de la population était d’environ 200 personnes par acre. Ces communautés étaient les plus densément peuplées dans le Nord Est incluant les villages de colons européens, et ce, jusqu’au XIXe siècle. (23) Les champs communautaires entourant les villages Rotinonshón:nis pouvaient s’étendre sur un rayon d’environ dix kilomètres. Les cultivateurs ont toujours été très productifs même après que la population Rotinonshón:ni ait été grandement affaiblie par les guerres et les maladies.

Un indice de la quantité de la production agricole chez les Rotinonshón:nis est tirée d’une campagne militaire à leur encontre entreprise par Georges Washington, président des États-Unis, que les Rotinonshón:nis avaient surnommé Ranatakária – ” Destructeur de Ville “. (24) Durant la guerre d’indépendance américaine, en 1779, l’expédition militaire Sullivan-Clark a attaqué tous les villages des Nations Rotinonshón:nis sauf les villages Oneniote’á:kas. L’alliance des Oneniote’á:kas avec les États-Unis contre les autres groupes Rotinonshón:nis a mis en péril la paix au sein de la Ligue des Iroquois, paix qui date de la fondation de cette Ligue par Tekanawí:ta, et s’en suivirent de graves conséquences pour tous. Selon le compte rendu officiel de Sullivan, l’armée américaine aurait incendiée 40 villes et les champs avoisinants, détruisant ainsi 160 000 boisseaux de maïs; Anthony F.C. Wallace estime quant à lui que ” 500… habitations dans 2 douzaines d’établissements… et approximativement 1 million de boisseaux de maïs ” ont été détruits (25); et Allan Eckert évalue qu’au moins 50 villes et presque 1 200 maisons ont été brulé. La guerre d’indépendance américaine fut un désastre économique pour les Rotinonshón:nis plutôt qu’une défaite militaire.

Teiowí:sonte Thomas Deer rappelle que l’économie chez les sociétés traditionnelles Rotinonshón:nis est synonyme des concepts contemporains du communalisme et du socialisme : ” l’accent est mis sur la survie et le bien-être de la collectivité plutôt que d’être axé sur le succès et le confort individuel. De telles sociétés sont composées, entre autres, d’un groupe de volontaires qui, en coopération, travaille à subvenir au besoin du groupe en partageant le fardeau de ces tâches comme les fruits de ce labeur. Ce concept est appuyé dans le Kaianere’kó:wa par l’analogie du bol que tous les Haudenosaunees partageront. ” (26) Hunter Gray fait référence au communalisme tribal et aux mœurs de la tribu relatives aux responsabilités (mutuelles) des Rotinonshón:nis comme étant un ” socialisme du solstice d’été ” (N.d.T. : “strawberry socialisme” dans le texte original, en relation avec la fête des fraises chez les Amérindiens afin de célébrer le solstice d’été). (27)

En 1977, lorsque les représentants Rotinonshón:nis se sont adressés à l’Organisation des Nations Unies pour exposer leurs idées économiques, ils ont plaidé contre la propriété privée permanente et contre l’exclusion de certains citoyens des moyens de production. Ils ont suggéré que le résultat du concept d’aliénation de la propriété est l’esclavage. Ils affirment que leur refus de la marchandisation et de la consommation ostentatoire soutenu par l’idée qu’une redistribution éminemment juste permettrait à tous de jouir de biens matériels. La mise en œuvre de leurs concepts de l’économie et du travail demanderait la participation de la communauté entière et pas seulement celle de quelques familles nucléaires isolées. Tous, ont-ils déclaré, ont droit de manger, de se vêtir et de s’abriter. Personne ne devrait possédé une position de pouvoir économique envers qui que ce soit et il ne devrait pas y avoir de pénurie artificielle créée par le droit à la propriété. (28)

Est-ce qu’historiquement les Rotinonshón:nis avaient des propriétés privées? L’historien Daniel Ritcher avoue que l’économie des Rotinonshón:nis ressemble superficiellement au communisme. L’accès à la propriété privée, toutefois, dépendait de l’offre et de la demande, alors que les propriétés abandonnées pouvaient être utilisées par quiconque. De plus, en temps de pénurie, tout était partagé équitablement dans la communauté. (29) Ceci est un exemple d’usufruit (exercice des droits) du système de propriété avec lequel plusieurs anarchistes sont d’accord incluant Bookchin : ” une appropriation individuelle des biens, une revendication personnelle des outils, de la terre ou à toute autre ressource… est assez fréquente dans les sociétés organiques [i.e. aborigènes]… assez souvent le travail coopératif et le partage des ressources à une envergure qui pourrait être qualifiée de communiste… Mais, apparemment, le principal contraste de ces deux concepts est la participation au droit d’usufruit. ” (30)

Il y a lieu de souligner que les wampums (perles de coquillages liées les unes aux autres) étaient employés comme monnaie par les colons européens du Nord Est qui étaient sans devise. Les wampums, en plus des biens manufacturés appartenants européens, étaient échangés contre des peaux de castor. Chez les Rotinonshón:nis, toutefois, les wampums n’étaient pas utilisées comme de la monnaie. Ils étaient plutôt intégrés à leur diplomatie et étaient d’une grande valeur lors d’échanges de cadeaux, en fait, ils étaient presque entièrement réservé à l’assistance politique et sociale. On les utilisaient par exemple lors de la cérémonie des condoléances, pour reconnaître le choix des nouveaux chefs ou bien comme instrument mnémotechnique lors d’accords et de traités. (31)

Bien que les moyens de production des Rotinonshón:nis étaient collectifs, ils étaient fractionnés par genre. Les hommes étaient chargés du défrichage, de la chasse, de la pêche, de la diplomatie, des échanges et des guerres. Les femmes devaient s’occuper de la culture horticole à grande échelle, des soins donnés aux enfants ainsi que la vie communautaire du village. (32) Les efforts collectifs et la propriété commune de la terre n’empêchaient toutefois pas les individus de travailler séparément. De ce fait, le communalisme chez les Rotinonshón:nis peut être perçu comme volontaire.

” C’est en cellule familiale que les femmes cultivent les champs défrichés par leurs frères. Du moment que toutes participent au travail, elles doivent partager les récoltes communes. Chaque femme peut aussi entretenir son champ personnel, mais elle ne partage avec toutes ses récoltes que si elle a travaillé aux champs d’ohwachira. Une société d’assistance mutuelle ad hoc était quelquefois mise sur pied par ces femmes afin de participer à l’effort collectif même parmi les champs qui n’étaient pas sous la supervision des matriarches. ” (33)

“C’est nous qui avons la permission de répondre pour nos femmes”

” Écoutez et entendez ce que nous, femmes, avons à dire tout comme les Sachems; nous sommes les propriétaires de cette terre ET ELLE EST NOTRE! C’est nous qui la cultivons pour notre et leur usage.
Écoutez-nous puisque nous parlons des choses qui nous touchent, nous et nos enfants; vous ne devez penser du mal de nous quand nos hommes vous en diront plus puisque c’est nous qui leur avons dit. “
Femmes Seneca

” C’est nous qui avons la permission de répondre pour nos femmes puisque ce sont-elles qui décident ce qui doit être fait par les Sachems et par les guerriers. Alors écoutez leur conclusion; le commerce qui vous amène est source de complications et nous y pensons depuis un certain temps. Les plus sages de nos femmes ont dit que nos Sachems et nos guerriers doivent vous aider pour leur propre bien et celui de leurs
enfants. “
Sagoyawatha ” Red Jacket “, 1791 (34)

L’anthropologue anarchiste Harold Barclay souligne que ” égalitaire ne veut… pas dire qu’il y a nécessairement égalité entre les sexes et entre les différents groupes d’âge ” et que ” une véritable égalité entre les sexes est une rareté “. (35) Par contraste, les Rotinonshón:nis sont reconnus pour être un exemple de matriarcat, bien que, je ne sois pas d’accord avec la sémantique de ce terme. Tandis que la société Rotinonshón:ni est matrilinéaire et matrilocale, les femmes jouent un rôle dans les politiques consensuelles ainsi que dans la sélection et la révocation des hommes occupant des fonctions d’autorité; les femmes n’exercent pas de pouvoir sur les hommes comme les hommes exercent un pouvoir sur les femmes dans les sociétés patriarcales. L’anthropologue-archéologue Dean Snow donne cette explication : ” Les femmes iroquoises n’étaient ni des matriarches, ni des Amazones, ni des mégères. Elles étaient des femmes iroquoises, vivant dans une société non-hiérarchique dans laquelle leur rôle de cultivatrice était estimé à sa juste valeur et où l’appréciation de certain lien de parenté et une certaine importance politique leur a donné le pouvoir d’influer qu’elles n’auraient pas eu autrement “. (36)

Un autre anthropologue anarchiste, David Graeber, décrit les chevauchements des genres parmi les conseils :

” Les maisons longues étaient gouvernées par des conseils entièrement composés de femmes, qui, puisqu’elles contrôlaient le ravitaillement, pouvaient expulser n’importe quel homme marié selon leur volonté. Les villages étaient gouvernés par des conseils d’hommes et de femmes. Les conseils au niveau national et au niveau de la ligue étaient composés d’hommes et de femmes titulaires d’une fonction. Il est vrai que les conseils les plus dignes avaient plus de poids dans l’organisation comparativement à l’importance plutôt relative qu’avaient les conseils féminins. Au niveau de la maison longue, il n’y avait aucun conseil masculin, tandis qu’au niveau de la ligue, les conseils féminins avaient à peine un droit de veto sur les décisions prises par les hommes. Mais, il est tout aussi vrai que les décisions prises au bas de l’échelon avaient une plus grande influence dans la vie quotidienne. Dans le traitement des affaires de tous les jours, la société iroquoise semble avoir été ce qui ce rapproche le plus d’un cas documenté de matriarcat. ” (37)

Une autre indication des différences entre les Rotinonshón:nis et la société de colons européens provient de cette même campagne militaire menée par Sullivan en 1779 qui a détruit tant de villages Rotinonshón:nis. Pendant les préparatifs pour attaquer et détruire des villages, le général James Clinton remarque que les hommes Rotinonshón:nis ne violent jamais de femmes et que des mesures doivent être prises pour empêcher les viols que pourraient commettre les soldats américains. (38) Chez les Rotinonshón:nis, la violence envers les femmes, incluant la violence conjugale, était sévèrement punie par la famille de la victime. (39) Un homme violent ne pouvait être nommé roiá:ner. (40)

Le divorce était commun et facile, tellement que le Père Jacques Bruyas, missionnaire Jésuite, le voit comme le plus grand des pêchés chez les Rotinonshón:nis. Il s’explique en ces termes : ” Il y a autant de facilité à briser les mariages qu’à les célébrer – l’homme quitte sa femme et la femme quitte son homme, comme il leur plaît. ” (41) Puisque les hommes vivaient parmi le kahwá:tsire (clan matrilinéaire) de leur épouse, lors du divorce, l’ex-conjoint devait déserter le domicile. Comme la majorité des possessions communes étaient gérées par le clan matrilinéaire, les biens personnels de l’époux et de l’épouse étaient toujours clairement séparés. (42) Après le divorce, les enfants restaient avec leur mère (43) contrairement aux standards de la société européenne pour qui la propriété de l’enfant était paternelle, et ce, jusqu’à ce que la préférence de la garde soit donnée à la mère dans les années 1920. Kanatiiosh (Barbara Gray) a statué que ” les lois occidentales ont vu le jour dans une société hiérarchique qui, selon moi, est le reflet du traitement des femmes, ces dernière étant considérées comme des citoyennes de seconde classe. Alors que chez les Haudenosaunees, les lois ont pris vie dans une société démocratique axée sur l’égalité et le bien-être pour tous “. (44)

La planification familiale était nécessaire à ces femmes et souvent elles décidaient de limiter le nombre d’enfants puisqu’elles étaient responsables de l’agriculture et de toutes ces bouches à nourrir. Les herboristes Rotinonshón:nis connaissaient plusieurs médicaments abortifs et fertilisants. (45) Les missionnaires catholiques et le prophète Shotinontowane’á:ka Ganioda’yo qui a codifié le Karihwí:io ou le Gaiwiio (” le message de paix nouvelle “) prêchait, au début du XIXe siècle, contre le divorce et l’avortement tandis qu’ils insistaient sur l’importance de la relation entre époux au détriment des relations mère-fille. (46) Wallace, anthropologue psychologique et historien, décrit les réformes du Karihwí:io comme une ” sentence qui voue à l’échec le système traditionnel quasi-matriarcal “. (47) Kahentinetha Horn, rédacteur en chef du Mohawk Nation News, affirme que ” la structure politique a été modifié afin d’accommoder le Gaiwiio. Par exemple, au lieu que ce soit les mères de clan qui nomment les chefs comme la tradition le veut, ce sont les chefs qui choisissent les mères de clan. (48)

Au fil du temps, la traditionnelle maison longue a été remplacée par des demeures unifamiliales. Lorsque Lewis Henry Morgan a publié son étude classique d’ethnographie The League of the Ho-de’-no-sau-nee, or Iroquois en 1850, tout avait bien changé. Il observe que les femmes, seulement elles, étaient fouettées publiquement pour avoir commis l’adultère. (49) En 1924, contrairement aux politiques traditionnelles, un conseil de bande élu gouvernait sur l’Ohswé:ken; les femmes, à ce moment, avaient perdu leur droit de vote. (50) Chez les Onondagas, les Tonawandas et les Tuscaroras, les iotiiá:ner n’ont jamais perdu leur droit de sélectionner les rotiiá:ner. (51)

Au même moment ou les droits et les responsabilités des Rotinonshón:nis étaient mis à rude épreuve, les européennes établies en Amérique gagnaient certains de ces droits. Ce contraste est d’autant plus frappant lorsque l’on prend connaissance de l’histoire du féminisme américain d’après la professeure en Études Féminines, Sally Roesch Wanger, qui avoue que les relations entre les hommes et les femmes Rotinonshón:nis ont grandement influencé les suffragettes américaines comme Matilde Joslyn Gage, Elizabeth Cady Stanton et Lucretia Mott. (53) Pendant que Gage se bat en justice pour pouvoir voter lors d’élections américaines, elle souligne que son adoption comme Karonhienhá:wis au sein du kahwá:tsire Loup, lui garantit le pouvoir de sélectionner les rotiiá:ner, lui procurant ainsi une représentation politique plus importante par le simple fait d’être adoptée par la Nation Kanien’kehá:ka qu’elle n’en détient comme citoyenne américaine. (54)

Cette différence en lien avec le suffrage était un fait bien connu des Rotinonshón:nis. Gawasco Waneh (Arthur Parker) a écrit en 1909 : ” Est-ce que la femme moderne américaine [qui] est une requérante devant l’homme, plaidant pour ses droits politiques, a déjà considéré que la femme rouge qui vivait dans l’État de New York il y a 500 ans avait beaucoup plus de droits politiques et une plus grande liberté que la femme civilisée du vingtième siècle? ” (55)

Les féministes modernes peuvent comprendre la division traditionnelle des rôles selon le sexe, comme étant moins qu’égalitaire. Quelques contemporains Rotinonshón:nis seront d’accords et avoueront que la division des rôles selon le genre est surrané toutefois, ils affirmeront aussi que cette division tire ses origines de l’impérialisme culturel des européens imposant leur vue des rôles assignés à chacun des sexes.

” Nous ne pouvons tenir au concept du guerrier qui est ” genré ” comme jadis et qui est ancré dans une vision obsolescente du rôle des hommes et des femmes. Les batailles que nous menons ne sont plus qu’essentiellement physiques; ainsi, l’idée préconçue du guerrier amérindien façonnée uniquement en terme masculin est surannée. Cette idée doit être repensée et reformulée, loin de la vision entièrement masculine des traditions, en un nouveau concept du guerrier, libre de toute connotation coloniale des genres, et il doit plutôt faire référence à ce qui importe vraiment dans les luttes que nous menons, soit les qualités et les actions posées par une personne, homme ou femme. ” (56)

Les ” Guerres du Castor ” n’ont pas eu lieu seulement à cause de la traite des fourrures

“Je te prends par le bras pour te mener ailleurs. Vous savez que les Hurons vivent entassés sous une seule maison et dans un seul pays. Je ne sais par quel accident nous nous sommes séparés. Il est maintenant temps de s’unir à nouveau. Je suis venu deux fois pour vous voir “, – d’abord à Montréal, parlant aux Français en votre absence; puis à Québec. ” C’est maintenant la troisième fois que je viens. ” 1656 (57)

Bookchin analyse rarement la politie des Rotinonshón:nis; les quelques fois où il le fait, il en est dédaigneux. Son déni lui fait répéter le mythe intellectuel et très commun que les conflits du XVIIe siècle, faussement appelés ” les Guerres du Castor “, étaient entretenus pour avoir la main mise sur l’économique de la traite des fourrures. Il est vrai que l’intérêt premier des européens dans ces conflits était de s’assurer un large approvisionnement de fourrures de castors abordables (en échange de biens produits exclusivement pour la consommation des amérindiens). Toutefois, il y a d’autres raisons potentiellement plus importantes pour que les Rotinonshón:nis prennent part à ces conflits.

” La guerre était endémique chez nos ancêtres préhistoriques et, plus tard, dans les communautés autochtones. Nonobstant les ci-hauts, les ” amérindiens écologiques ” apparemment pacifiques jouissent aujourd’hui d’un statut presque culte parmi la population blanche euro-américaine de classe moyenne. Quand un groupe étranger chassait le gibier excessivement sur leur habituel territoire, comme souvent cela ce produisait, ils étaient assez enclins à vouloir envahir cette région où était l’autre groupe voisin et réclamer ces ressources comme les leurs. Communément, après l’engouement pour l’enrôlement des guerriers, la guerre a gagné des attributs culturels et économiques. Dorénavant, les vainqueurs ne font plus que battre leurs ” ennemis ” véridiques ou choisis mais, ils les exterminent pratiquement. Prenez à témoin la destruction presque génocidaire des Hurons par leurs cousins Iroquois qui avaient en commun une langue et une culture. “
Bookchin (58)

Tel que démontré plus tôt, les Rotinonshón:nis ne formaient pas une société migrante. La majorité de leur victuaille provenait de l’horticulture alors, malgré la chasse excessive, ils n’avaient aucun besoin de se relocaliser sur le territoire détenu par d’autres. Au début de la colonisation européenne, les maladies ont grandement affecté la population en la diminuant, et ce, avant l’arrivée en masse des colons. Durant les Guerres du Castor, il y avait effectivement plus de terre disponible par personne à cause de la diminution de la population qu’il n’y en avait avant l’arrivée des européens. Alors que la guerre acquiert des attributs culturels et économiques, comprendre les Guerres du Castor seulement en fonction de la traite des fourrures et en fonction du rôle culturel de la guerre est définitivement trop simpliste. Bookchin à raison lorsqu’il affirme qu’il y a des similitudes linguistiques et culturelles entre les Wendats et les Rotinonshón:nis, en cela se trouve la clé pour comprendre la détermination avec laquelle les Rotinonshón:nis ont poursuivi ces guerres contre les nations Wendat, Kakwa:ko, Erielhonan (Érié), Tionontati (Pétun), Wenrohronon (Wenro), et Susquehannock.

Bookchin mentionne la montée des ” attributs culturels ” de la guerre. Un de ces attributs, la guerre de deuil, s’exerçait chez les peuples du nord de langue iroquoienne, pas seulement par les Rotinonshón:nis. Lorsqu’une personne décédait dans une communauté iroquoienne, les proches endeuillés s’attendaient à ce que le mort soit symboliquement remplacé dans les meilleurs délais. Contrairement à la notion de guerre totale que les colons européens avaient, la guerre de deuil n’était en fin de compte qu’un rituel et n’avait pas pour but l’élimination de l’ennemi, ni l’attaque de leur territoire. Le but était plutôt de faire des prisonniers afin de remplacer les morts. Les pertes parmi les guerriers mêlés aux guerres de deuil pouvaient aussi être appelés à être remplacés. Les victimes perdues en grand nombre étaient rares et lorsque ce se produisait, ces pertes étaient considérées comme une grande tragédie. Puisque les maladies étaient perçues comme des attaques hostiles provenant d’un intermédiaire inconnu, ces morts devaient être remplacés lors de guerre de deuil. Ce processus de remplacement des morts par l’assignation de leurs noms et de leurs responsabilités à d’autres est définit comme étant la reviviscence.

À une certaine époque, la guerre de deuil impliquait la torture et le cannibalisme, mais ces pratiques ont disparu de la société Rotinonshón:ni avant le début du XVIIIe siècle. La cérémonie des condoléances était au centre de la politie Rotinonshón:ni. Tekanawí:ta a procédé à cette cérémonie pour Aiewáhtha afin d’apaiser sa peine pour que la paix soit enfin possible entre lui et Thatotáhrho. Les condoléances mènent à la fin des querelles intestines mais aussi à la reviviscence, wampum à l’appui, des nouveaux titres à l’intérieur d’une nation pour remplacer les morts. La cérémonie des condoléances est reconnue pour avoir remplacée la guerre de deuil. Certains critiques affirment que la politie Rotinonshón:ni à simplement fait en sorte que les nations de la Confédération ont redirigé leur envie de guerroyer à l’extérieur du Rotinonshón:ni.

Les guerres entre les nations parlant les langues iroquoiennes ont débuté bien avant les premiers contacts avec les européens qui n’ont fait que jeter de l’huile sur le feu en propageant des maladies épidémiques, l’usage des armes à feu et certaines autres armes blanches. Le Rotinonshón:ni est né à la suite d’une période de guerre, mais remarquablement ce ne sont pas toutes les nations des Grands Lacs parlant une des langues iroquoiennes qui se sont joints à la Grande Paix. Malgré le fait qu’ils soient de proches parents des Cinq Nations, les Susquehannocks ne se sont jamais joints au Rotinonshón:ni. À la fin du XVe siècle, ils ont déplacé leur village au sud de la rivière qui porte encore aujourd’hui leur nom. (59) Les similarités linguistiques entre les Susquehannocks et les Cayugas suggèrent que certains Susquehannocks ont été adoptés par la nation Cayuga alors que les autres se dirigeaient vers le sud. (60)

Darren Bonaparte mentionne une vieille tradition orale sur le Kaniatarowanénhne (maintenant connu sous le vocable Fleuve Saint-Laurent) : ” Jadis, il y avait ici une grande confédération de villages tout au long du fleuve Saint-Laurent. Après qu’une étoile filante eut détruit un de ces villages sur les berges du Saint-Laurent, la confédération s’est fractionnée, laissant deux ou trois petites Confédérations en état de veille qui, éventuellement, se sont montrées hostiles les unes envers les autres. Deux de ces confédérations étaient la confédération huronne, au nord du lac Ontario, et la confédération iroquoise; une troisième confédération pourrait être, selon les archéologues, celle des ” Iroquoiens du Saint-Laurent “. (61)

Lorsque Jacques Cartier a exploré le Kaniatarowanénhne pour la première fois en 1535, il a rencontré des communautés de langue iroquoienne tout le long du fleuve entre les principales colonies de Stadacona (près de la ville de Québec) et de Hochelaga (Montréal). Quand Samuel de Champlain est arrivé au fleuve en 1603, toutes les communautés de langue iroquoienne n’y étaient plus. Au début du XVIIe siècle, ” les Iroquoiens du comté de Jefferson avaient disparu probablement absorbés par les Iroquois. Les Iroquoiens du Saint-Laurent ont été intégrés à la confédération huronne qui avait déjà accueilli divers groupes des environs du Toronto moderne, de la rivière Trent et d’ailleurs au nord du lac Ontario “, (62) peut-être même que des groupes se sont joints au Kanien’kehá:ka. (63)

Le premier compte rendu publié relatant le contact entre les européens et les Rotinonshón:nis est celui de Champlain. En 1609, lui et ses alliés Algonquins rencontrent un groupe du Kanien’kehá:ka près de Crown Point. Champlain démontre aux Rotinonshón:nis l’utilité des armes à feu en tuant 50 des leurs dont trois rotiiá:ner Kanien’kehá:ka; l’un d’entre eux portait le nom de Aiewáhtha. (64) Cette défaite fut très grande selon les standards de la guerre de deuil. Les Français poursuivent leur alliance avec les Algonquins et les Wendats, tandis que les Rotinonshón:nis commencent à faire du commerce avec les Hollandais dès 1614. En 1615, Champlain amène les Wendats et les Susquehannahs à attaquer les Rotinonshón:nis dans le village Ononta’kehá:ka, tuant plusieurs hommes, incluant un autre roiá:ner. Au centre de la nation de la Grande Maison Longue, le village Ononta’kehá:ka était le gardien du feu du conseil et le cœur symbolique du Rotinonshón:ni. (65) Les armes à feu et les armes blanches forgées font dorénavant parties des guerres que se livrent les peuples de langue iroquoienne. (66) De la perspective des Rotinonshón:nis, l’accès aux armes et au métal est devenu une priorité déterminante de leur commerce avec les Hollandais qui échangeaient ces biens contre des peaux de castors. Il devient nécessaire d’assurer un approvisionnement constant en fourrures et de priver l’ennemi de ces peaux.

En 1634, la variole frappe chez les Rotinonshón:nis et la population est réduite de moitié (67), forçant la relocalisation des Cinq Nations alors qu’on fuit les villages infestés. Ce scénario de relocalisation devait leur sembler apocalyptique alors que les Rotinonshón:nis étaient engagés dans des luttes contre plusieurs nations autochtones et contre les Français, sans omettre tous les changements économiques et technologiques qu’ils vivaient. Les Wendats et d’autres nations furent, elles aussi, affligées des mêmes maladies contagieuses. Ces catastrophes sont sans précédent pour les sociétés Rotinonshón:nis et Wendats, mais aussi pour leur tradition culturelle de la guerre de deuil lancée pour remplacer les morts fait à la guerre.

Natoway rassemble dans son récit The Great Epic différentes traditions orales ainsi que des recherches historiques et archéologiques. Ce récit relate les différences chez les Wendats qui s’enrichissent puisque la politique Jésuite veut que les échanges n’aient lieu qu’avec des Wendats convertis au christianisme. Les Jésuites et le christianisme sont blâmés pour les maladies qui affligent les communautés. D’ailleurs les plus traditionnels des Wendats se joignent volontairement aux Kanien’kehá:kas et aux Shotinontowane’á:kas pour attaquer leurs frères, même que certains mènent les Wendats dans des guets-apens. (68) Graeber remarque les changements de l’organisation économique chez les Wendats mais ne souligne rien chez les Rotinonshón:nis : ” Delage allègue que c’est chez les Hurons convertis au christianisme que surgissent vraiment les nouveaux régimes d’appropriation des biens ainsi que la possibilité de s’enrichir personnellement; parmi les Cinq Nations rien ne semble avoir changé. ” (69)

Snow prétend que durant la dernière campagne des Rotinonshón:nis contre les Wendats en 1648, plus d’un millier de Wendats ont fuit leur village pendant que 700 autres sont faits prisonniers ou tués. L’automne suivant, l’armée Kanien’kehá:ka-Shotinontowane’á:ka compte plus de mille hommes dont les Wendats pris qui sont dorénavant ” hyper-intégrés ” à la société Rotinonshón:ni. Dès 1651, un autre groupe de 500 Wendats a été amené de force dans la nation Shotinontowane’á:ka, mais la pleine autonomie de leur village leur a été donnée. (70)

Les Guerres du Castor se poursuivent. Les Erielhonans, avec parmi eux les Kakwa:kos et les réfugiés Wendats, se sont dispersés vers l’ouest ou ont été absorbés par les Shotinontowane’á:kas, les Ononta’kehá:kas ou par d’autres nations Rotinonshón:nis. (71) Dès 1657, les Rotinonshón:nis ont vaincu leurs frères ennemis du nord comme de l’ouest. Les Kanien’kehá:kas et les Shotinontowane’á:kas iront à Québec pour convaincre les réfugiés Wendats de s’unir à eux. Selon Snow : ” Un village d’à peu près 570 Hurons est construit aux abords de trois villages Mohawks qui existaient à ce moment-là… [Une] décennie plus tard, les missionnaires Jésuites notent que les deux tiers du village Mohawk de Caughnawaga était constitué d’Hurons et d’Algonquins adoptés ou prisonniers “. (72) Les Tionontatis et les Wenrohronons ont aussi été attaqués, dispersés et intégrés par les Rotinonshón:nis.

L’histoire de la post-dispersion des nations Wendats, tel que décrite par John Steckley, suppose que les Ataronchronnons (Marais) ont disparu, que les Atahontaenrats (Chevreuil) ont joint les Shotinontowane’á:kas dans une communauté indépendante, que les Arendaeronnons (Roche) ont joint les Ononta’kehá:kas et que les Atinniawentens (Ours) ont joint les Kanien’kehá:kas. Les Atingeennonniahaks (Corde) représentent l’unique nation Wendat. (73)

Dans son histoire militaire des Rotinonshón:nis, Daniel P. Barr compare les comptes rendus des conflits et détermine que :

” Entre 1631 et 1663, les Iroquois ont attaqué les Hurons au moins 73 fois. Selon les archives, plus de 500 Hurons ont trouvé la mort durant ces raids et, étonnamment, 2000 ont été capturés et déportés chez les Iroquois – ces 2000 Hurons représentent le cinquième de la population post-épidémie. Ces chiffres sont probablement sous-estimés… Le nombre de captifs pris par les Iroquois durant les Guerres du Castor est en moyenne deux ou trois fois plus élevé que le nombre des ennemis tués. Ces deux scénarios illustrent que la capture des ennemis pour remplacer les pertes de la société iroquoise était la principale raison aux Guerres du Castor. Ces guerres ne sont pas qu’une série de conflits pour imposer la main mise des Iroquois sur la traite des fourrures, mais bien une lutte pour la survie des Iroquois par le truchement d’une vaste et longue guerre de deuil. ” (74)

Les descendants des Wendats capturés étaient très bien intégrés à la société Rotinonshón:ni et ils étaient perçus comme leurs alter ego. Un exemple notable est celui de Joseph Brant, Thaientané:ken, qui est un descendant de prisonniers Wendats prient par les Kanien’kehá:kas, et ce, aussi bien du côté de son père que du côté de sa mère. (75) Thaientané:ken est devenu un ohnkanetoten et il a mené ses troupes contre les États-Unis lors de la Révolution Américaine. Ses efforts ont permit d’établir la communauté à Ohswé:ken, soit le Territoire des Six-Nations de la rivière Grand. La ville de Brantfort lui doit son nom, tout comme la communauté mohawk Tyendinaga sur les rives de la Baie de Quinte. Il faut souligner à nouveau que les diverses versions du Kaianere’kó:wa affirment que Tekanawí:ta est originaire de la nation Wendat, que la iakoiá:ner Tsikónhsase provient de la nation Kakwa:ko et que Aiewáhtha est issu de la nation Ononta’kehá:ka, ensuite adopté par les Kanien’kehá:kas où il est devenu roiá:ner. De la perspective de plusieurs Iroquois, ils étaient tous les mêmes; le fait d’être membre d’une nation en guerre suffisait pour être frère.

La guerre se poursuit avec les Susquehannocks. Avec le temps, plusieurs d’entre eux ont été pris par les Rotinonshón:nis, quelquefois par la nation Oneniote’á:ka. Les derniers Susquehannocks ne furent pas prisonniers, mais plutôt massacrés par les colons anglais du Maryland. ” Dès le printemps de 1669, un village d’Indiens catholiques s’installe en permanence aux alentours de la mission de LaPrairie, Saint-François-Xavier des Prés. Les premiers colons autochtones provenaient de différents groupes ” d’Iroquois libres “, des Ériés, des Hurons et des Susquehannocks pris par les Oneidas. ” (76) Ultérieurement, plusieurs Kanien’kehá:kas se sont joints à eux et éventuellement, cette communauté se déplacera vers Kahnawà:ke.

En 1713, la plupart des Iroquois de la nation Taskarorahaka (Tuscarora), qui se battaient contre les colons de la Caroline du Nord, sont allés vivre avec les Rotinonshón:nis. Dès 1722 ou 1723, ils se sont joints aux Cinq Nations des Rotinonshón:nis (devenu les Six Nations), vivant dans des communautés autonomes. Ils ne pouvaient pas présenter de roiá:ner au conseil, mais ils pouvaient être représentés par les Oneniote’á:kas et les Kaion’kehá:kas. (78)

Alors qu’il y avait peut-être des motivations économiques et culturelles qui ont poussé les Rotinonshón:nis à participer et à poursuivre les Guerres du Castor, les résultats de ces conflits ne suggèrent pas le génocide de leurs opposants. Il faut plutôt comprendre ces guerres comme l’unification politique de la plupart des peuples nordiques parlant les langues iroquoiennes sous le Kaianere’kó:wa. Il faut souligner que selon Wallace ” l’adoption était très fréquente durant le siècle sanglant des Guerres du Castor et des guerres des colonies, tellement que certains villages iroquois étaient composés principalement de prisonniers de guerre adoptés officiellement. ” (79) L’adoption était manifestement une forme d’unification politique des peuples ayant la langue iroquoienne en commun plutôt qu’une assimilation, puisqu’ils partageaient déjà des affinités culturelles. Plusieurs villages étaient autonomes. Les Guerres du Castor doivent être interprétées comme une guerre civile sanglante parmi les peuples iroquois dans un contexte de grande tragédies dévastatrices, et non pas comme un conflit génocidaire axé sur le contrôle des ressources. De plus en plus, ont fait référence aux Guerres des Iroquois pour parler des Guerres du Castor – ce qui semble faire beaucoup plus de sens puisque la majorité des combattants étaient des iroquois. Ultérieurement, le contexte a permis de considérer les Guerres du Castor comme étant le pendant contemporain de la Guerre civile anglaise et de la guerre de Trente Ans qui s’est déroulée sur le continent européen. Ces trois guerres ont été combattues avec le même genre d’arme. Dans son récit The Great Epic, Natoway dépeint les guerres du Castor comme étant une tentative d’usurpation de l’autorité des ohnkanetotens et des chefs de guerres, menant la maison longue des Rotinonshón:nis à se fractionner et finalement à s’effondrer durant la Révolution Américaine. (80)

Le 27 août 1999, les quatre nations Wendat qui ont survécu se sont unifiées sous ” l’arbre de la fraternité “. Les artisans de la paix proposent que cette unité s’appuie sur ” la paix, la force et la droiture morale ” menée par des chefs ayant la ” couenne dure “. Il semble qu’enfin le message du Kaianere’kó:wa ait été accepté par tous les Wendats.

Le Kaianere’kó:wa : une constitution apatride?

Certains ont été tentés de présenter une traduction et une transcription particulière du Kaianere’kó:wa comme une analyse constitutionnelle de science politique. Tout dépendant de la version du Kaianere’kó:wa, une analyse peut mener à la conclusion qu’a Donald S. Lutz : le Rotinonshón:ni n’était pas une confédération de démocratie participative entre des nations égales, mais plutôt une oligarchie transmise par les liens du sang dans laquelle les Kanien’kehá:kas avaient le privilège de faire des propositions au conseil. (81) Lutz ne consulte que les versions du Kaianere’kó:wa publié par Gawasco Waneh (Arthur Parker). En fait, son analyse ne se fie que sur une seule version écrite par Dayodekane (Seth Newhouse) et ignore les autres versions approuvées par les rotiiá:ner de Ohswé:ken, qui sont d’ailleurs incluses dans le livre de Gawasco Waneh. D’après Snow, ” la version de Newhouse nous apprend plus sur les conditions politiques en vigueur aux abords de la Rivière Grand à la fin du XIXe siècle qu’elle ne nous en apprend sur la formation de la Ligue “. (82) Le Grand Conseil des Haudenosaunees ne croit qu’aucune version ne doit être privilégiée et que ” plusieurs chefs traditionnels ont la forte impression qu’aucune des versions écrites n’incorporent tous les faits transmis oralement “. (83)

Atsenhaienton (Kenneth Deer) s’objecte à ce que le Kaianere’kó:wa ait été nommé ” la Grande Loi ” ainsi qu’à tous ceux qui le voit de cette manière : ” ce n’est pas une loi : ce sont des balises pour aider les peuples à vivre et coexister en harmonie… Ils jettent un coup d’œil à la Grande Loi et l’interprètent comme des avocats de droit constitutionnel le feraient. Ce n’est pas ce traitement qui lui était destiné “. (84) Même si nous ne devons lire le Kaianere’kó:wa d’une manière légale, on retrouve parmi ses principes une métaphore de l’amendement : ” l’ajout de rameurs ” à la maison longue. Ce qui signifie que les rencontres du Rotinonshón:ni traditionnel n’impliquaient pas seulement les rotiiá:ner, mais bien tous les iroquois afin d’assurer la justesse du pouvoir des rotiiá:ner. (85)

L’influence qu’a eu l’étude du Rotinonshón:ni de Lewis Henry Morgan sur le concept d’une société communiste apatride de Marx et de Engel est bien connue. Dans l’Origine de la famille, de la propriété privée et de l’État, Engel résume la description de la société Rotinonshón:ni faite par Morgan :

” Sans soldats, gendarmes ni policiers, sans noblesse, sans rois ni gouverneurs, sans préfets ni juges, sans prisons, sans procès, tout va son train régulier. Toutes les querelles et toutes les disputes sont tranchées par la collectivité : ceux que cela concerne, la gens ou la tribu, ou les différentes gentes entre elles, – c’est seulement comme moyen extrême, et rarement appliqué, qu’intervient la menace de vendetta, dont notre peine de mort n’est d’ailleurs que la forme civilisée, nantie de tous les avantages et de tous les inconvénients de la civilisation. Bien que les affaires communes soient en nombre beaucoup plus grand que de nos jours, – l’économie domestique est commune et communiste dans une série de familles, le sol est propriété de la tribu, seuls les petits jardins sont assignés provisoirement aux ménages, – on n’a quand même nul besoin de notre appareil administratif, vaste et compliqué. Les intéressés décident et, dans la plupart des cas, un usage séculaire a tout réglé préalablement. Il ne peut y avoir de pauvres et de nécessiteux – l’économie domestique communiste et les gens connaissent leurs obligations envers les vieillards, les malades, les invalides de guerre. Tous sont égaux et libres – y compris les femmes. Il n’y a pas encore place pour des esclaves, pas plus qu’en général pour l’asservissement de tribus étrangères. ” (86)

Alors qu’Engel souligne à raison l’économie communautaire, l’égalité des sexes et horizontalité politique de l’organisation Rotinonshón:ni, il oublie de mentionner qu’il n’y avait aucune hiérarchie sociale en lien avec le prestige des responsabilités politiques La définition anthropologique d’ ” égalitaire ” est trop étroite. Il y a quelques ” sociétés hiérarchiques dans lesquelles les situations prisées sont d’une manière ou d’une autre limitées, et ce, dans le but que tous ceux qui ont suffisamment de talent pour occuper ces positions n’y arrivent pas. Une telle société peut être ou ne pas être stratifiée. Ceci étant dit, une société peut limiter drastiquement ses situations de prestige sans pour autant nuire à l’accès de tous ses membres aux ressources de base desquelles la vie dépend “. (87) Tandis que le nombre des rotiiá:ner et des iotiiá:ner sont limités par le Kaianere’kó:wa à certains kahwá:tsires, les situations de ohnkanetoten sont ouvertes à tous les hommes s’étant démarqués; ils sont choisis par le conseil des rotiiá:ner. Tel qu’expliqué précédemment, le travail dans la société Rotinonshón:ni était communautaire et cette société avait une éthique de la consommation représentée par l’économie communautaire ” du bol “, alors que même si les situations de prestige y existaient, aucune de ces situations ne pouvaient mener à l’accumulation ou à la redistribution de la richesse.

Graeber, qui comme anarchiste est passablement méfiant de tout ce qui est hiérarchique, dit du Rotinonshón:ni traditionnel que ” malgré l’organisation complexe de la Confédération, en tout respect, la société était majoritairement égalitaire. Les titulaires d’une charge, homme ou femme, étaient élus parmi un bassin d’héritiers possibles; les charges, au moins celles des hommes politiques, étaient perçues comme une responsabilité plutôt qu’une récompense puisqu’il n’y avait aucune gratification matérielle et cela garantissait aux titulaires de ne détenir aucun pouvoir coercitif. ” (88)

Alors qu’on affirme souvent que les rotiiá:ner étaient traditionnellement choisis de clans matrilinéaires précis et que ce n’était pas tous les kahwá:tsires qui pouvaient les nommer, cela variait selon l’époque et la localisation. Teiowí:sonte décrit les débats modernes sur l’hérédité : ” Pour certain, l’hérédité est l’essence même de la gouvernance Haudenosaunee ainsi qu’un facteur intégral de la sélection des chefs… Pour d’autre, ce concept représente l’infiltration de la corruption des européens dans la sélection des chefs Haudenosaunees et l’emprise du système des classes envahissant notre concept de démocratie avec les notions de royauté. De même, les défenseurs qui sont contre le concept d’hérédité croient au développement assez récent de cette convention non-traditionnelle issue de la colonisation. ” (89) Snow affirme que ” chaque nation dispose de ses propres mécanismes internes pour choisir et organiser ses Chefs de Ligue “. (90) Il ajoute que les fonctions d’ohnkanetotens ont été créées spécifiquement pour gérer les hommes avides de pouvoir qui venaient des clans matrilinéaires non-éligibles pour présenter des rotiiá:ner. (91) Snow argumente qu’avec le temps, les rangs ont sûrement fait en sorte que la classe politique se distinguait du commun des Rotinonshón:nis, tout comme la classe d’esclaves constituée de prisonniers non-adoptés (92) – situation qui était prédominante lors des Guerres du Castor.

Graeber soutient aussi que ” un compte rendu de cette époque souligne qu’effectivement la société était divisée en classe : les prisonniers adoptés faisaient le gros des basses besognes tandis que les membres adoptés par les familles avaient droit de mort sur ces esclaves pour la moindre infraction ou impertinence commise… Cette période de brutalité exceptionnelle ne dura pas très longtemps : les enfants de ces prisonniers furent considérés comme des membres à part entière du clan qui les adopta. ” (93) Comme nous l’avons vu avec l’histoire de Thaientané:ken, les descendants des adoptés ont les mêmes droits politiques que le commun des Rotinonshón:nis et ils pouvaient être choisis comme ohnkanetotens. C’est sans contradiction que Snow décrit aussi le peu d’autorité qui venait avec le rang : ” même si les hommes choisis par chaque ohwachira se rencontraient au conseil du village, ils avaient peu d’autorité outre leur personnalité flamboyante, ce qui signifie que la persuasion du face-à-face était loi. ” (94) Kanatiiosh met l’accent sur ” le fait qu’être chef ou mère de clan est tout aussi important que qu’être une personne sans titre puisque tous ont la responsabilité de préserver et de protéger la Grande Loi de la Paix. ” (95)

Bonaparte, qui a lui-même déjà été élu chef du Conseil des Mohawks d’Akwesasne (97), ne croit pas que les rotiiá:ner devraient être appelés ” chefs ” : ” plusieurs d’entre nous n’approuvons pas l’usage du terme “chef” puisque ce terme est trop générique. Il y a le chef des pompiers, le chef de police, le chef d’état-major, etc. Ces fonctions donnent aux personnes qui les occupent les habilités nécessaires pour prendre des décisions pour le groupe, tandis que nos “royaners” sont des facilitateurs pour que le groupe arrive à un consensus et qui, par la suite, prennent acte de cette décision. ” (98) En effet, le plus important dans la prise de décisions chez les Rotinonshón:nis était de toujours atteindre le consensus. Snow a allégué que les Rotinonshón:nis ” ont mis l’accent sur le consensus plutôt que sur le pouvoir exécutif, sur l’unanimité plutôt que sur la règle de la majorité et sur l’égalité plutôt que sur la hiérarchie “. (99) Taiaiake pousse son raisonnement jusqu’à écrire que ” le pouvoir non-consensuel sur les autres est contraire à la tradition. Peu importe les raisons pour lesquelles est utilisé cette autorité arbitraire, les rapports de domination sont mauvais “. (100) Richter décrit un État où le suffrage est universel car le vote aux conseils est possible pour tous ceux ayant atteint l’âge de la majorité. (101)

Pour ceux qui sont familiers avec les organisations où “l’assemblée” parle d’une même voix, comme ce fut le cas lors des manifestations contre le néo-libéralisme des entreprises (la lutte anti-globalisation ), ceux-ci remarqueront plusieurs similarités avec la description que fait Kahentinetha Horn des prises de décisions au sein du Kanien’kehá:ka :

” Personne ne peut imposer aux autres ses propres volontés ou ses propres décisions, tous doivent comprendre le point de vue de l’autre et accepter leur libre arbitre. Le but n’est pas d’atteindre l’accord absolu mais bien la compréhension totale. S’il n’y a pas d’accord alors le consensus est celui du statu quo. Si tous sont d’accords, ils entérinent la décision… En prenant part au processus des prises de décisions, peu importe l’idée amenée, les besoins et l’attitude de chacun doivent être considérés et doivent être complémentaires à la décision. De plus, chaque individu à le devoir de s’impliquer et d’amener directement ses idées lors des discutions du clan auquel il appartient. La décision finale sera très satisfaisante pour certains, acceptable pour d’autres et relativement admissible pour le reste; c’est ce qui confère aux décisions de refléter les idées de tous les groupes. Ceci est un processus lent et prudent qui requiert la compréhension totale de chaque individu et qui ne représente pas la décision d’un seul “chef”. La personne qui explique les décisions est un porte-parole. ” (102)

C’est l’absence d’un monopole de force et l’absence d’un pouvoir de coercition de l’autorité dans le Kaianere’kó:wa qui définit l’étatisme des polities. C’est un accord mutuel de non-agression entre les membres visant principalement le maintient des relations pacifiques plutôt qu’un guide de règles pour que l’élite règne sur le reste de la société. Richter a statué ” que l’exercice de l’autorité coercitive était pratiquement inconnu ” chez les Rotinonshón:nis (103), et que ” leurs valeurs politiques étaient essentiellement non-compétitives “. (104) Graeber croit que ” l’appareil politique entier était perçu par ses créateurs comme une manière de résoudre les disputes meurtrières. La Ligue était moins qu’un gouvernement ou qu’une alliance mais plutôt une série de traités établissant les bonnes relations entre les nations et donnant aux organisations le pouvoir de prévenir les querelles tout en maintenant l’harmonie parmi les cinq nations fondatrices du Rotinonshón:ni. Malgré leur réputation de guerriers sanglants, les Iroquois voyaient l’essence de l’action politique comme la voie de l’élaboration de la paix. ” (105)

La justice chez les Rotinonshón:nis est la responsabilité de tous et plus particulièrement de ceux appartenant aux familles matrilinéaires. L’accent était mis sur la consolation faite au kahwá:tsire pour leurs pertes et sur la régulation par l’opinion populaire du comportement social plutôt que de miser sur une justice administrée par une classe spécialisée. Pour certain, offrir des wampums à la famille d’une victime de meurtre équivaut à une réparation par paiement, comparable à la compensation de la ” valeur d’un homme ” (N.d.T. : wergild dans le texte original) chez les européens du nord, alors que Morgan signale que ” l’offrande de wampums blancs n’était pas un dédommagement pour la vie d’un défunt, mais la confession d’un crime regrettable et la demande du pardon. Cette offrande de paix, pour laquelle tous les amis mutuels faisaient pression pour qu’elle soit acceptée, résultait, sous cette influence, en une réconciliation réelle sauf, par exemple, lors d’un cas qualifié de meurtre prémédité. ” (106)

L’interprétation de Wallace est reprise dans l’analyse de la justice Rotinonshón:ni que fait Engel : ” Les comportements n’étaient pas influencés pas l’édit de lois appuyé par une force policière, la magistrature ou la prison mais bien par une tradition orale soutenue par le sens du devoir, la peur des commérages et l’appréhension de représailles par sorcellerie. Le simple larcin ou le vol à main armée ainsi que le vandalisme étaient des actes presqu’inconnus. L’opinion publique, utilisée à bon escient, était souvent suffisante pour dissuader quiconque de commettre un crime puisque l’opinion publique était au centre de cette affaire : la faiblesse même du criminel. ” (107) En outre, Kanatiiosh soutient que ” la hiérarchie des colons européens amène la compétition, la compétition amène la colère, du ressentiment, de la haine et peut mener à la revanche, ce qui ne fait qu’amplifier le cercle vicieux de la violence. La société occidentale dépend de l’emprisonnement, des amendes et d’autres punitions qui supposément aident à maintenir l’ordre social. ” Elle exprime un contraste entre le système coercitif de punitions et les principes légaux du Kaianere’kó:wa qui crée ” une communauté où les gens ont un respect mutuel pour le groupe entier plutôt qu’un intérêt axé leur propre personne. Peut-être qu’un peu de spiritualité, de honte, de culpabilité ainsi que le respect des autres et de la collectivité serait des ingrédients à inclure dans la recette pour un vrai système de justice. ” (108)

À répétition, Richter décrit la politie traditionnelle des Rotinonshón:nis comme une ” société apatride ” (109) et comme ” un système dépendant du respect volontaire “. (110) Son insistance sur les différences entre le Rotinonshón:ni et les états coloniaux était contemporaine et vaut la peine d’être examinée :

” Préserver et faire la paix était le but de la Ligue et, en conséquence, le Grand Conseil n’entreprendra pas de mettre en place certaines fonctions politiques et certaines caractéristiques diplomatiques des États organisés en gouvernement pour la prise de décisions. Au début du XVIIe siècle, la Ligue avait quelques caractéristiques communes : les Cinq Nations avaient chacune leurs propres politiques étrangères, elles n’avaient aucune envie de mettre en péril les stratégies d’unification et elles n’avaient pas de gouvernement central tel que le terme est habituellement compris des Américains. En effet, à l’égard de plusieurs problèmes, les plus ou moins dix villes iroquoises autonomes étaient souvent aux antipodes, et ce, aussi souvent qu’il y avait consensus. La Ligue n’a pas été créée pour remédier aux manquements, d’ailleurs les Iroquois ne percevaient apparemment pas qu’il y ait quelconque manquement… “
Daniel Richter, Ordeal of the Lounghouse (111)

Alors que la définition exacte d’ ” état” est insaisissable, personne ne peut nier que les États exercent un monopole légal sur la violence et qu’ils doivent jouer un rôle coercitif à l’égard des citoyens. Selon le degré de contrôle coercitif sur les membres, nous pouvons nous imaginer, à une extrémité, le spectre d’un état totalitaire et, à l’autre extrémité, le spectre d’une société apatride, l’anarchie. Les sociétés qui sont plus stratifiées et organisées par rangs sont plus étatiques. Dans les limites de ce spectre, la politie Rotinonshón:ni penche plus vers le pôle des apatrides puisque les rangs y sont extrêmement rares et qu’il n’y a pratiquement pas d’autorité contraignante ni d’économie stratifiée.

L’historien anarchiste George Woodcock croit que la politie du Rotinonshón:ni contribue à une confédération apatride : ” un conseil de sachems, sélectionnés par les femmes qui doivent leur influence à leur main mise sur l’agriculture, joue un rôle important : notez que ce conseil n’interfère pas dans les affaires des tribus, de cette manière, il n’est qu’un organisme coordonnateur de la vraie confédération plutôt que le gouvernement d’un état “. (112) Francis Jennings, historien colonial, reconnaît que c’était ” une ligue d’amitié et d’assistance mutuelle, mais… une ligue de consultation et de contrat plutôt qu’un gouvernement régit par des lois”. (113) Les nations membres ” n’ont jamais cédé leur pouvoir de prendre des décisions individuellement; souvent elles luttaient pour dominer la ligue et quelquefois (rarement) elles en venaient aux coups. Ces phénomènes peuvent aussi être observés parmi les villes et les villages coloniaux alors que, tout au long de leur existence les tribus iroquoises maintenaient leur indépendance locale, les colonies sont graduellement tombées sous un contrôle central de plus en plus efficace. ” (114) Toutes les Nations Rotinonshón:nis sont égales peut importe le nombre de clans, la grandeur du territoire ou la taille de sa population. (115) Bookchin, celui-là même qui suggère si souvent que la démocratie des assemblées municipales (N.d.T : town hall meeting) de la Nouvelle-Angleterre est la pierre angulaire du municipaliste libertaire, aurait mieux fait de suivre le conseil de Mitchel Cohen et d’examiner la politie du Rotinonshón:ni comme un exemple de l’idéal qu’il préconise :

” Les assemblées municipales, selon Bookchin, sont l’équivalent américain du polis des Grecs – alors pourquoi ne tente-t-il pas plutôt de rivaliser avec les conseils tribaux des Iroquois ou avec les mille et une autres formes non-européennes? Réunies, les communautés locales forment potentiellement, toujours selon Bookchin, un “municipalisme fédéré”. Toutes les autres formes, particulièrement celles créées par les autochtones, sont perçues comme inférieures. Dans l’analyse de Bookchin, les communautés amérindiennes sont diminuées à cause de leur manque de débats municipaux rationnels. L’organisation des colonisateurs déforme les idées de Bookchin malgré lui-même, paralysant les mouvements écologiques radicaux et sapant leur potentiel. ” (116)

Anarchisme amérindien

Alors que Bookchin n’a pas reconnu les similarités entre ses idées politiques anti-autoritaires et la politie traditionnelle du Rotinonshón:ni, il appert aussi que certains Rotinonshón:nis éliminent d’emblée de telles comparaisons. Dans un essai se voulant dissuasif afin que les Rotinonshón:nis ne participent pas, en tant qu’alliés, aux manifestations contre les rencontres de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) tenues dans la ville de Québec en avril 2001, Teiowí:sonte affirme que ” la plateforme et les aspirations de ces groupes, particulièrement les anarchistes, tentent d’éliminer toutes les autorités structurées. Anarchie est un mot grec signifiant sans gouvernement. Leurs croyances sont contraires à celles du Kaianere’kó:wa et menacent l’existence du gouvernement Haudenosaunee si ces groupes atteignent leur but ultime. ” (117)

Au moins un des camarades de Teiowí:sonte du Mouvement Wasáse, Taiaiake, n’est pas d’accord avec l’interprétation que fait Teiowí:sonte de l’anarchisme. D’autres, tel Ward Churchill, ont vu des traits communs entre l’amérindianisme et l’anarchisme. (118) Taiaiake, originaire d’un Kanien’kehá:ka traditionaliste et cumulant l’expertise d’une carrière universitaire en sciences politiques, en histoire et en gouvernance autochtone, plaide formellement pour un ” anarchisme amérindien “. (119) Loin de voir l’anarchisme comme une gêne au rétablissement du Kaianere’kó:wa comme la politie moderne du Rotinonshón:ni, Taiaiake comprend l’anarchisme comme une sorte de philosophie politique qui est ” fondamentalement anti-institutionnelle, radicalement démocratique et entièrement dévouée aux changements par l’action ” (120) et qui doit être combinée à la vision de la société juste des amérindiens. D’autant plus que les communautés existent en termes philosophiques, elles doivent être de plus en plus vues comme des stratégies et des praxis :

” Il y a des liens philosophiques entre les amérindiens et certains courants de l’anarchisme qui passent par la liberté d’esprit et par les idéaux de la société juste. Le parallèle entre les idées critiques et les visions du futur post-impérialisme ont été relevées par quelques penseurs, mais ce que l’on peut nommer anarchisme amérindien reste pourtant à être élaboré en une philosophie cohérente. Il y a aussi d’important liens stratégiques entre les amérindiens et les anarchistes dans la manière d’être et de voir le monde… un rejet des alliances avec les systèmes légalement oppressifs, la non-participation dans les organisations qui perpétuent la relation coloniale ainsi que la conviction que le changement passe par l’action, la résistance physique et la confrontation envers le pouvoir de l’état. C’est sur ce dernier point que les liens ont déjà été relevés entre les groupes Onkwehonwe et les groupes d’activistes non-amérindiens dans le mouvement anti-mondialisation. ” (121)

En définissant l’universalité des principes amérindiens, la position de Taiaiake n’est pas seulement anti-étatiste mais aussi explicitement anti-hiérarchie : ” Le statut de nation pour les amérindiens traditionalistes est en contraste avec la notion dominante de “l’état” : il n’y a pas d’autorité absolue, pas d’application des décisions de manières coercitives, pas de hiérarchie et pas d’entité judiciaire distincte. ” (122) Il va aussi loin que de dire que la coopération continue avec l’État est ” moralement inacceptable “. (123)

Peut-être que l’anarchisme et les luttes des autres mouvements sociaux ont eu un effet sur l’amérindianisme. Tandis que Taiaiake est un ardent défenseur pour le retour de la politie traditionnelle, il remarque que ” ce ne sera pas comme avant. Nos idées sur l’injustice peuvent nous mener à confronter nos frères ainsi que les injustices implantées par leur système de gouvernement. ” (124)

Les similarités entre l’anarchisme et l’indigénisme sont abondamment relevées puisque les anarchistes sont solidaires des luttes autochtones de Oaxaca jusqu’à Ohswé:ken. Certains vont aussi loin que d’affirmer que l’indigénisme est l’ancêtre de l’anarchisme (126) – cette revendication semble encore plus plausible dans le cadre d’une étude anarchiste de la politie Rotinonshón:ni. Teiowí:sonte a appelé la politie traditionnelle du Rotinonshón:ni le ” paradis socialiste original ” à cause de son influence sur le socialisme de Marx. (127) Les féministes des États-Unis ont reconnu l’influence du Rotinonshón:ni sur leur vision de l’égalité. La politie traditionnelle du Rotinonshón:ni a démontré que l’évolution culturelle n’est pas unilinéaire. Il y a une alternative à l’exploitation économique et à la société stratifiée, hiérarchique et patriarcale – nous devons la construite immédiatement sans attendre oisivement que la culture matérielle ait complété son développement dans un futur lointain. Il y a une alternative à la kleptocratie. Aujourd’hui, c’est possible!



Film de la semaine

5 01 2008

What I’ve Learned About U.S. Foreign Policy – The War Against The Third World



Film de la semaine: Confessions of an Economic Hitman

29 12 2007

PART I:

PART II:



Film de la semaine: Kanehsatake – 270 ans de résistance

15 12 2007

Note:
Le projet d’agrandissement du terrain de golf fût finalement abandonné.



Introduction aux agences d’assurance-crédit à l’exportation: Création de risque, génération de dette et garantie de destruction de l’environnement.

13 12 2007

EDCanada

repris de ECA-Watch:

« Il existait une vive inquiétude parmi les membres de la Task Force face au manque de normes environmentales appliquées aux activités de développement des agences bilatérales de prêts commerciaux et de crédit. A quelques exceptions notables près, les exigences concernant l’évaluation environnementale imposées aux agences d’aide bilatérales des membres du Comité d’aide au développement ne s’appliquent pas aux branches commerciales du financement gouvernemental bilatéral. Pratiquement chaque membre a cité des exemples où le manque de planification environnementale adéquate dans les projets financés par de telles organisations avait crée des problèmes écologiques et sociaux significatifs. L’avis était que les dommages environmentaux résultant de telles entreprises étaient beaucoup plus importants que les dommages crées par un manque de cohérence parmi les bailleurs de fonds bilatéraux. » (OECD Development Assistance Task Force Report : Coherence in Environmental Assessment Practical Guidance on Environmental Assessment for Development Co-operation Projects, May 1996).

L’impact des Assureurs-Crédit sur le développement et l’environnement…

Alors que nombre de citoyens connaissent les institutions globales célèbres telles que l’Organization Mondiale du Commerce, peu connaissent les organisations plus obscures, mais d’influence égale, connues sous le nom d’agences d’assurance-crédit à l’exportation (Assureurs-Crédit). Les Assureurs-Crédit des grands pays industrialisés pourraient maintenant être considérés comme la catégorie d’institutions publiques la plus importante au monde de la finance internationale. Depuis quelques années les Assureurs-Crédit des pays appartenant à l’Organisation pour la Coopération et le Développment Economique (OCDE) tels que les Banques d’import-export des Etats-Unis et du Japon, Hermes guarantee en Allemagne, la COFACE en France et SACE en Italie ont subventionné presque 10% du commerce mondial, approchant une valeur annuelle de 500 milliards de dollars en exports soutenus par des prêts, des garanties et des assurances gouvernementaux. Les prêts à plus long terme et les garanties des Assureurs-Crédit de l’OCDE ont été multipliés par quatre entre 1988 et 1996, de 26 milliards de dollars à 105 milliards de dollars par an. Plus de la moitié de ces prêts et garanties, au moins 50 milliards de dollars par an, a été affectée à des projets d’infrastructure importants dans des pays en voie de développement, plus que la totalité des fonds investis par toutes les agences d’aide bilatérale et multilatérale. Un nombre significatif de ces projets tels que les barrages et les installation de production d’énergie de grande envergure, les activités minières, les routes dans des forêts vierges tropicales, les oléoducs, les installations chimiques et industrielles, les projets de sylviculture et de plantation pour n’en parler que de quelques-uns uns, ont des impacts sociaux et environnementaux très graves. Pour la plupart les Assureurs-Crédit n’ont aucun mandat de développement ni d’obligations en ce sens, cependant ils constituent la plus grande partie de la dette dans les pays en voie de développement, soit en 1996 quelque 24% de la dette totale et 56% de la dette auprès des agences officielles.

Les Assureurs-Crédit manquent de politiques et de standards communs de base dans les domaines environnementaux et sociaux… Comme l’indique les conclusions du rapport de OCDE cité ci-dessus, il existe un contraste frappant entre les politiques des Assureurs-Crédit –orientées presque exclusivement vers la promotion des exportations ­– et celles des agences d’aide au développement et des banques multilatérales de développement, telles que le Groupe de la banque mondiale. Tandis que les agences d’aide bilatérale et les banques multilatérales de développement ont adopté des procédures environmentales et sociales détaillées, la plupart des Assureurs-Crédit et des agences publiques d’assurance ont peu, et souvent aucunes, normes dans ces domaines. Par conséquent, les mêmes pays qui ont approuvé des politiques environnementales et sociales pour leurs agences d’aide et pour le Groupe de la banque mondiale, les subvertissent à travers leurs agences d’assureurance-crédit.

La création de risque dans une course vers le fond…Les Assureurs-Crédit se font une concurrence acharnée, et sont rapides à soutenir des projets que d’autres banques de développement et même d’autres Assureurs-Crédit ont refusé pour des raisons environmentales ou sociales. Ceci mène à ‘une course vers le fond’ qui encourage l’absence ou l’abaissement des normes. L’exemple le plus connu est celui du barrage chinois des Trois Gorges, où en 1996, les Assureurs-Crédit allemand, suisse et canadien se sont fait la course pour financer un projet que la Banque mondiale et la Banque américaine d’import-export avaient refusé de soutenir à cause de problèmes environnementaux. Actuellement une opposition croissante en Chine appelle à la réduction et même à l’arrêt de ce projet gigantesque dont les coûts de construction dépassent les plusieurs milliards de dollars et mènera au transfert forcé de 1,8 million de personnes.

Le G8 appelle à l’adoption de normes environnementales communes… Depuis quelques années, des ONGs environnementales, des parlementaires progressifs et quelques gouvernements ont commencé à demander que tous les Assureurs-Crédit adoptent des politiques environnementales et sociales communes. En mai 1999 les ministres de l‘OCDE ont demandé que les Assureurs-Crédit continuent « à renforcer des approches environnementales communes » et rendent compte du progrès achevé lors de la prochaine réunion du Conseil des Ministres au printemps 2000. Le Communiqué du G8 de 1999 est allé beaucoup plus loin, déclarant que «nous travaillerons au sein de l’OCDE vers des directives environnmentales communes pour les agences de crédit à l’export. Nous espérons compléter ce travail pour la réunion du G8 de 2001. »

Mais les Assureurs-Crédit refusent d’entreprendre des actions significatives…Les Assureurs-Crédit de l’OCDE se sont réunis à Paris du 24 au 25 février 2000, en session spéciale sur l’environnement. Elles devaient essayer de trouver un accord au sujet de leurs engagements pour répondre aux exigences des ministres du G8 et de l’OCDE. Dans l’absence d’un contrôle et d’une pression internationale suffisante, cependant, les Assureurs-Crédit semblent chercher des moyens d’éviter des modifications sérieuses de leurs approches. Jusque-là ils n’ont pu se mettre d’accord que sur un échange d’information environnementale au sujet de projets particulièrement désastreux et dans lesquels plusieurs Assureurs-Crédit sont impliqués. Par ailleurs, certains tentent de suggérer que le simple échange d’information et un intérêt symbolique pour les questions environnementales au niveau le plus superficiel constitue « des principes directeurs environnementaux communs ».

ACE en Afrique

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La solución al problema monetario de Venezuela

11 12 2007

Una carta abierto al Gobierno de Venezuela:

Buenos días,

Disculpan me, yo no hablado español.
Actualmente Venezuela hace frente a dos problemas monetarios evidentes:
1) Un tipo de cambio que cae y debe mantenerse artificialmente.
2) Un índice de inflación insoportable.

Estos dos problemas están obviamente vinculados. Hay también el otro problema, menos evidente, del endeudamiento del Gobierno frente a los bancos privados.

El problema del cambio existe debido a la demanda internacional débil para el Bs. y debido a el problema de la inflación.

El problema del endeudamiento del gobierno a los bancos privados es causado por la necesidad de pedir prestada moneda extranjera para mantener un cambio “artificial” del Bs. y debido a el sistema bancario a reserva fraccionaria en el cual es los bancos privados que crean la mayoría del dinero.

El problema de la inflación es debido al hecho de que el banco central de Venezuela presta el dinero a los bancos en un tipo de interés verdadero negativo (18% mientras que la inflación es el cerca de 20%). Los bancos por lo tanto tienen un incentivo financiero para pedir prestado tanto dinero como sea posible para sus reservas y después para crear tanto dinero como sea posible prestar en un tipo de interés verdadero positivo (22%), inundando el mercado de dinero.

La solución a la demanda débil para el Bs. es comenzar a vender una porción del petróleo de Venezuela en Bs. en vez en de dólares o de euros.

La solución a la inflación y a una parte del endeudamiento del gobierno es suprimir el sistema bancario a reserva fraccionaria (es decir, requiera reservas de 100% para los bancos) y dejó el gobierno (o el banco central para el gobierno) esté a cargo de crear el dinero en la buena cantidad para alcanzar un objetivo de la inflación. Es irónico que Venezuela ha nacionalizado su petróleo pero no su propio dinero, que todavía es creado por los bancos privados. Cómo el sistema bancario a reserva fraccionaria permite que los bancos privados creen el dinero se explica en un texto en francés que usted puede visión chascando aquí. Si eso es demasiado radical, el mínimo que debe ser puesto en ejecución es hacer que el banco central presta en un tipo de interés real positivo.

Recuerdos,

Matchafa del blog http://matchafa.quebecblogue.com



Chavez a-t-il truqué les résultats du référendum … pour perdre?

10 12 2007

Reforma Venezuela No Reforma Venezuela Si

Dans un billet précédent je reproduisais un courriel qui m’avait été envoyé dans lequel on apprenait qu’un message d’un agent de la CIA à Caracas, Michael Middleton Steere, au directeur de la CIA, Michael V. Hayden détaillant l’opération Tenaille (déstabilisation et coup d’État pendant le référendum du 2 déc.) aurait été intercepté et diffusé au Vénézuela. Récemment, COMAGUER a traduit ce mémo de l’espagnole au français sur Oulala. La traduction est reproduite au bas de ce billet (à notez que c’est une traduction d’un texte espagnole qui est lui-même une traduction d’un texte anglais, donc si vous souhaitez une plus grande fidélité par rapport au message originelle et connaissez l’espagnole, vous préférez sûrement lire la version espagnole en cliquant ici). En lisant ce texte attribué à la CIA (et pour l’instant rien ne porte à croire que c’est un faux, cf. les témoignages des ex-agents de la CIA), je me suis graduellement mis à me demandé si Chavez n’aurait pas effectivement truqué les résultats du référendum comme l’en accusait préventivement l’opposition, mais dans le sens du «non». Je m’explique.

Premièrement, si le mémo est authentique et que le plan de coup d’État étasunien a des chances de réussir, il est claire qu’il est avantageux pour Chavez  de perdre le référendum car le plan étasunien dépend de la victoire du «Si» pour être implanté. Chavez est donc en face d’une alternative: soit il perd le référendum et ne peux pas implémenter les réformes qu’il souhaite mais il reste en place et peux implémenter la majorité de ces réformes (sauf pour environs six d’entres elles: la possibilité de réélection indéfinie, la création de deux nouveaux types de propriété (mixte et collective), la possibilité de déclarer un état d’exception où certaines libertés seraient suspendues, plus de pouvoir aux conseils communaux et autre composantes du «Pouvoir Populaire» et  le changement à la hausse des pourcentages de la population requise pour demander des référendum) mais de faire face à une revers législatif temporaire et possiblement devoir céder le pouvoir dans cinq ans ou se voir reverser par un coup d’État orchestré par les États-Unis qui placeraient sûrement une marionnette au service de la classe dirigeante des ÉU à sa place au palais de Miraflores.  Personnellement, étant à sa place et ayant la possibilité de choisir, je choisirais clairement la première option, perdre le référendum.

Deuxièmement, comme pour le référendum  sur l’ALÉCA au Costa-Rica (quoique moins prononcé dans le cas du Vénézuela), les sondages, ont constamment montrer que le «Si» était en avance sur le «No» d’environs 10 points. La tendance était relativement stable, contrairement à ce qui se passait en même temps à Québec (qui a eu le vote le même jour avec un taux participation semblable) où Régis Lebeaume, dans son ascension fulgurante,  gagnait une dizaine de points sur sa plus proche rivale, Ann Bourget à chaque sondage successif. De plus, il ne s’est rien passer dans les deux dernière semaine qui justifierait un changement de la donne et la CIA estime elle-même qu’il est impossible de renverser la tendance. Plus significatif encore, les sondages de sortie des urnes rapportaient que le «Si» étaient gagnant avec une avance de 6 à points (la majorité des médias semblent avoir enlevé cette nouvelle de leur site mais en voici un rapporte ce fait: JDD), si l’on suppose que ces sondages avaient une marge d’erreur de 3,5% 19 fois sur 20 (comme la quasi totalité des sondages de ce type) et qu’ils prédisent que le «Si» allait le remporter à 53% contre 47% (la borne inférieur des sondages de sortie des urnes rapportés par les médias occidentaux) alors la probabilité que le «No» gagne est inférieure à 5% (4,3% plus précisément)! Statistiquement c’est donc assez peux probable que le «No» l’ait emporté surtout que les sondages à la sortie des urnes sont habituellement très fiables.

Traduction par COMAGUER du Mémo attribué à la CIA:

SUJET :

ETAT D’AVANCEMENT DE LA PHASE TERMINALE DE L’OPERATION TENAZA

L’auteur MICHAEL MIDDLETON STEERE fait référence à la directive 33623- g- 0217 qui a fixé le programme de l’opération et fait état de son développement

Scénario électoral

Comme indiqué dans le rapport précédent, les tendances des intentions de vote se maintiennent. Selon les diverses évaluations réalisées, y compris les nôtres le OUI a un avantage de 10 à 13 points (soit 57% pour le OUI et 44 % pour le NON). Ces estimations se situent dans le cadre d’une abstention qui avoisine 60 % des inscrits

Selon nos estimations cette tendance est irréversible à court terme, c’est-à-dire que dans les 15 jours qui viennent ces pourcentages ne peuvent pas être modifiés de manière significative.

D’un autre côté, la campagne publicitaire organisée par le PLAN (TENAZA) et les désertions dans les rangs gouvernementaux (PODEMOS-BADUEL par exemple)* ont permis de faire perdre à CHAVEZ 6 points par rapport à son niveau initial, comme cela s’était produit dans des campagnes précédentes où il avait démarré avec un avantage de 15 à 20 %. Cependant il faut s’attendre à ce que cesse leur impact ….

*(Podemos est un petit groupe politique qui avait soutenu CHAVEZ en 99 et BADUEL est un général aujourd’hui en retraite qui a tourné casaque.)

Donc le OUI va gagner mais le PLAN TENAZA a prévu diverses mesures pur faire face au succès du OUI, l’auteur les expose

Empêcher le référendum ou ignorer ses résultats même si dans le même temps on appelle à voter NON. Cette tactique peut paraître contradictoire mais dans la conjoncture électorale actuelle il est nécessaire de combiner ces deux tâches. Dans les jours qui nous restent nous pouvons intensifier les actions visant à empêcher le référendum et simultanément préparer le terrain pour en ignorer le résultat.

Dans la préparation de la non-reconnaissance des résultats du référendum, il est apparu important d’enraciner dans l’opinion l’idée de la victoire du NON et nous continuons à travailler dans ce sens avec les sondeurs que nous avons recrutés. Dans le même temps nous poursuivons une campagne soutenue pour le NON et nous travaillons à la critique de la COMMISSION ELECTORALE NATIONALE et à ses relations avec une série de tricheries de manière à créer dans l’opinion le sentiment de fraude. Dans ce but, nous insistons sur les faiblesses des listes électorales en relation avec une équipe d’experts d’universitaires dont la renommée académique rend crédible une manipulation des listes électorales. De la même façon on sème le doute sur la couleur des urnes et sur les machines à voter.

Dans ce contexte neutraliser le vote du 2 Décembre est consubstantiel avec la consigne VOTE ET RESTE SUR PLACE pour pouvoir susciter une explosion qui nous permette d’exécuter la directive du PLAN TENAZA. Sur ce dernier point, nous avons prévu avec les forces alliées de commencer à donner des informations dans les premières heures de l’après-midi du Dimanche 2 Décembre, en exploitant les premiers sondages dans les bureaux de vote. L’opération montée nécessite une coordination avec les médias au niveau international, comme prévu.

Suit un développement sur les difficultés rencontrées à faire travailler ensemble les divers groupes d’opposition à CHAVEZ et le détail sur ceux qui sont prêts en divers points du territoire à créer au soir du vote :

« Des foyers de contestation engendrant un climat d’ingouvernabilité qui culmine dans un soulèvement d’une partie substantielle de la population »

Cependant il nous parait raisonnable que ce travail opérationnel soit conduit par l’agence (NDT : la CIA) pour éviter des complications pour l’ambassade.

Les tâches immédiates de la phase terminale :

La combinaison des manipulations antérieures (empêcher le référendum, dénoncer la fraude, et occuper la rue) pour une issue victorieuse de notre opération requiert un effort diplomatique soutenu pour isoler encore plus CHAVEZ sur le terrain international, pour créer l’unité de l’opposition et chercher l’alliance des abstentionnistes et des votants du NON, pour augmenter la pression dans la rue dans les jours précédant le 2 Décembre , pour soutenir avec vigueur la propagande contre le gouvernement, exécuter les actions militaires de soutien aux mobilisations et déboucher sur les opérations préparées de nos forces cantonnées sur la base voisine (NDT : probablement en Colombie). Le soutien des équipes venant du pays vert et bleu est coordonné ainsi que l’action maritime depuis le pays bleu et les frontières avec le pays vert sont libres dans les points de passage déterminés.

(NDT :Le code pays n’est pas en clair mais il est probable que sont impliqués la Colombie, la Guyana où le Ministre de « l’attaque » US ROBERT GATES s’est rendu récemment et TRINIDAD ET TOBAGO pour la partie maritime)

L’auteur passe en suite en revue les actions programmées pour les manifestations de rue des étudiants d’opposition, programme qui a été effectivement mis en œuvre depuis et fait la liste de universitaires et universités privées qui les soutiennent

Comme vous le savez, un des objectifs de l’OPERATION TENAZA est de prendre le contrôle d’une partie du territoire et des institutions avec le soutien des citoyens mécontents dans un laps de temps compris entre 72 et 120 heures, délai estimé comme le minimum pour passer à la phase explosive dans laquelle s’inscrit le coup d’Etat militaire.

L’auteur souligne ensuite le rôle clé dans le futur coup d’Etat de la Garde nationale mais remarque qu’elle manque d’unité de commandement puis il indique, en bon fonctionnaire qu’il est, que les 8 millions de dollars qui ont été affectés aux actions de propagande ont pratiquement tous été dépensés et que pour d’autres versements il faudrait les faire sur un autre compte car le précédent a été identifié par le gouvernement vénézuelien.

P.S.

Source : COMAGUER

Pour finir, voici une petite image amusante trouvée sur flickr. À cause d’un positionnement malheureux de leur banderole, la banderole du parti Primero Justicia, accusé d’être une organisation de façade de la CIA par le gouvernement de Chavez (ceci et à prendre dans le contexte de la déclaration de Steere que «En este último aspecto debo informarle que de los $8 millones que fueron transferidos casi todo han sido gastado en propaganda, publicidad y contribuciones a algunas de las organizaciones de fachada.», i.e. les 8 millions de dollars ont été dépensés en propagande, publicité et versés à des organisations de façade), se lit «ERO CIA». Or, ERO, en espagnole, a pour définition: «Dans les potagers d’Aragon (Espagne), l’ensemble des terres, destinées à la culture de légumes.» À cause de ce positionnement malheureux donc, leur banderole se lit «POTAGER À LÉGUME CIA»!

ERO CIA

Note:

Ce texte pourrait peut-être laisser croire que j’appuie le «Si» du référendum. Ceci n’est pas le cas, comme le montre un texte repris sur ce blogue. Malgré le fait que je n’ai rien contre le fait qu’il n’y ait pas de limite à la réélection à la présidence (au Canada comme dans plusieurs autres pays il n’y pas de limites et ce n’est pas un problème) et que je soit favorable à certains article de la réforme (dont celui d’une retraite pour les travailleur/ses autonome et celui de la prise de contrôle de la banque centrale par le gouvernement) je suis profondément opposé à d’autres articles dont la hausse du pourcentage de votants requis pour déclencher des référendums, la possibilité de déclarer un État d’exception (c’est le genre de loi que passent Bush et Blair, quelle sorte d’alternative est Chavez s’il se met à les copier?!) et la création de propriété mixte qui légalise la reprivatisation à moitié du pétrole.

Note 2:

C’est vraiment étrange, on dirait que google image «censure» les images de Chavistas en rouge tenant des pancartes rouges avec une bulle disant «Si» que l’on voit tant dans les médias. Quand j’ai fait une recherche pour trouver des images pour ce texte (j’ai recherché «reforma venezuela»), je n’ai pas réussi à trouvé des images de pancartes «Si» sur google alors que les pancartes «No» sortaient par dizaines. J’ai finalement dû recourir à une recherche sur yahoo…



Un coup de propagande foiré

9 12 2007

Propagande du courrier internationalLe Courrier International, propriété du groupe le Monde a raté un coup de propagande ces derniers jours. Voici des explications de Maxime Vivas originellement publié sur Oulala:

Hugo Chávez emportant avec un pourcentage croissant toutes les élections au Venezuela depuis 1998 dans un climat médiatique hostile, chacun avait prévu l’issue positive du référendum du 2 décembre 2007.
Patatras ! il le perd, ne conteste pas le résultat (serré), félicite aussitôt l’opposition, l’invite à jouer désormais le jeu de la démocratie qui peut lui profiter.
Imprimé trop tôt, Courrier International donne, sur sa couverture, le ton de ce qui allait être, si Chávez avait gagné, le bourrage de crâne musclé et planétaire contre le nouveau dictateur brandissant une Kalachnikov fournie par la Russie de Poutine (en arrière plan sur le croquis, car moins dangereux pour l’humanité).
En page intérieure, sous le titre musclé « Des coups d’Etat en forme de plébiscites », Philippe Thureau-Dangin (retenons le nom de ce visionnaire objectif, ce sagace observateur) écrit notamment :

« L’occasion était trop belle. Que deux dirigeants, Poutine et Chávez, peu connus pour leur goût de la démocratie, choisissent un 2 décembre pour organiser des scrutins en forme de plébiscites, cela relève bien de l’ironie de l’Histoire ».

Puis, vient l’amalgame, tiré par les cheveux, avec le coup d’Etat du 2 décembre 1851, qui porta au pouvoir Napoléon III. Après quoi, l’expert donne une petite leçon :

« Quant aux élites vénézuéliennes, elles n’ont guère pris au sérieux jusqu’à tout récemment ce militaire métis au verbe haut… ». Chávez étant « métis », il eut fallu ajouter, pour bien nous informer, l’origine des « élites » (blanches et verbe bas ?). Poursuivons :
« Chacun à sa manière, ils musellent la presse, en exilant (Napoléon III), en s’emparant des groupes de médias (Poutine) ou en ne renouvelant pas la concession accordée à une puissante chaîne d’opposition (Chávez)… » Il eut fallu dire : la concession « hertzienne », pour que le lecteur sache bien que RCTV existe toujours.

Pour finir, le prophète éclairé nous explique comment Chávez a réussi son « golpe » du 2 décembre 2007 : « Et comme nous sommes au XXIe siècle, on ne fait plus de coups d’Etat baïonnette au canon ; on se contente de les faire avaliser, tout à fait légalement, par des peuples subjugués ».

C’était notre rubrique : « Pourquoi tu n’achètes plus de journaux ? »

Pas assez « subjugué » par les éditorialistes ?

Maxime Vivas.

 

P.S.

Et au cas où cet édito “historique” disparaitrait, vous pouvez le télécharger ci-dessous.



COURRIER INTERNATIONAL N°891
PDF – 84.1 ko



ex-CIA agents tell of their experience at the agency

6 12 2007



L’autogestion argentine vue par Al Jazeera

30 11 2007

In Argentina, factory workers have always been at the mercy of their bosses.

This is because the state offered them very little in the way of protection.

So the factory owners were everything to their workers. They not only paid their wages, but they also determined their fate.

When the economy collapsed in 2001, and many factories folded, workers were the first to suffer – not surprisingly. But instead of taking this lying down, workers reclaimed the bankrupt factories as their own, and they all became the boss – power, decision making and profits are all shared.

People & Power retraces the workers’ dramatic journey, from shop floor to boardroom.



La Francophonie: un organisme de versement de pots-de-vins au service de l’impérialisme?

26 11 2007

repris de la lettre du Continent:
Dans la maison de Voltaire, le train de vie serait un peu trop royal et dispendieux selon les rapporteurs de la Cour des comptes, qui n’ont pas la culture du verbe des grands voyageurs de l’expression française.

Selon nos informations, un rapport de la Cour des comptes du 31 octobre épingle gravement la Délégation à la paix, à la démocratie et aux droits de l’homme (DDHP) de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Les rapporteurs s’interrogent sur “l’absence à l’OIF de règles de déontologie” et critiquent les modes “opaques” de recrutement et de rétribution des experts et consultants (un professeur d’université a émargé à 50 000 € en 2006 !), ainsi que les coûts de la location de véhicules (441 € par jour à Cotonou !), la faible exécution du budget en 2007 (35% au 19 septembre), le versement d’honoraires sur le compte de tiers, le “recours excessif aux avances en argent liquide” : une équipe de l’OIF est ainsi partie au Brésil avec 48 000 € en poche. Entre autres.

Poste le plus important de l’OIF, la DDHP qui “pèse significativement” dans le budget de l’organisation “dispose d’une délégation directe de la part du secrétaire général, au même titre que l’administrateur, ce qui pose des difficultés d’applicabilité et d’application de certaines normes internes à l’OIF”. Est-ce la raison pour laquelle le secrétaire général de l’organisation, Abdou Diouf, a signé le 31 octobre, le jour même de la publication du rapport de la Cour des comptes, une note interne (SG/207771030-038) désignant l’administrateur Clément Duhaime comme “l’ordonnateur unique” des budgets de l’organisation ? “Pas du tout”, a expliqué à La Lettre du Continent Hugo Sada, le délégué à la DDHP (depuis le 1er janvier). “Cette décision était dans le droit fil de la réforme de la francophonie et n’a rien à voir avec le rapport de la Cour des comptes”. Hugo Sada affirme que “rien n’a changé” et qu’il dispose toujours d’une délégation de signature. Il conteste en outre le très faible taux de réalisation de son budget avancé par la Cour des comptes : 70% (85% à la fin de l’année) selon lui, contre 35% d’après les rapporteurs.

Ces derniers relèvent également la “croissance importante” de la rémunération de la déléguée précédente, Christine Desouches, qui est devenue, à l’âge de la retraite, “conseillère spéciale” du secrétaire général. Ils étrillent, par ailleurs, les conditions de fonctionnement du bureau d’Abidjan, en particulier du salaire et des indemnités de logement du représentant spécial qui était alors Lansana Kouyaté [qui maintenant donne la Guinée en cadeau aux grandes entreprises], aujourd’hui premier ministre en Guinée. Le contrôleur financier avait refusé son visa sur ses émoluments. Au 30 septembre, 22 921 € de dépenses “demeuraient non justifiées” et, cerise sur le gâteau : “les personnels locaux ont continué au 1er semestre 2007 à travailler – et à percevoir leur salaire – alors que leurs contrats ont expiré fin 2006″. Le bureau est toujours en cours de liquidation… Nul doute que l’OIF va éclaircir tous les points litigieux de ce rapport “pour avis” de la Cour des comptes.



Film de la semaine: Crimes économiques dans les Grands Lacs Africains

24 11 2007


Notes:

  • Gécamine est la plus grosse société minière d’État du Congo
  • La MIBA est la société minière d’État du Congo pour le diamant
  • Phelps Dodge est une filière de Freeport-McMoran Copper and Gold
  • Sengamine est détenue à 85% par First African Diamonds Ltd qui a, par la suite, changé son nom en Entreprise Minière du Kasaï-Oriental SARL ou EMIKOR, c’est une société appartenant à Mike Nunn (anciennement chez De Beers) qui détient aussi Afgem, Amari Holdings, Xceldiam et Tanzanite One.

Voici des explications de Congolite:

Mines : des milliards de boni pour le “quatrième pillage”

25 juillet 2006 – Au lendemain de la ratification par le gouvernement de Transition du contrat controversé de Kinross Forrest Limited (KFL) sur les riches installations de la Gécamines à Kamoto, George Forrest prit l’ avion pour le Canada. Il avait créé spécialement KFL, basée aux Iles Vierges Britanniques pour négocier en montrant comme partenaire principal la Kinross Gold où oeuvrait Arthur Ditto. Il se produisit alors une chose extraordinaire. Kinross Gold ne fit pas état de cet important contrat, mais la firme aurait découvert subitement que le projet minier congolais portait sur le cuivre et le cobalt et lui était incompatible parce qu’elle était spécialisée dans l’or. Instantanément, KFL fut revendue à Balloch Resources, une minuscule société d’exploration minière qui avait l’avantage d’être cotée à la bourse de Toronto. Balloch changera son nom en Katanga Mining Limited (KML) et remplacera complètement Kinross Forrest Limited comme partenaire de la Gecamines dans la joint venture Kamoto Copper Company (KCC). Le titre en bourse de KML se mit à grimper vertigineusement, et il fut décidé d’allouer à KFL le bénéfice de 570 millions de dollars en représentation de la valeur de KFL dans le projet de KCC.Cette transaction a été achevée au moment de la remise et reprise des mines et installations par la Gécamines. Indication : les nouveaux investisseurs, ou “mining jackers”, n’ arrachent pas uniquement des contrats déséquilibrés qui leur assurent jusqu’à 75 % de bénéfices plantureux sur des dizaines d’années, une situation que Colette Braeckman a qualifiée de « troisième pillage ». Ces affairistes réalisent de plantureux profits immédiats en boursicotant leur portefeuille garni presque exclusivement par les apports gratuits de la Gécamines ou de la Miba. Ceci est clairement illustré par la similitude des courbes des cotations en bourse des sociétés qui n’ont même pas encore commencé à opérer sur le terrain. Il y a même des OPA hostiles. Il existait des soupçons sur les intentions réelles du “mining jacking”, voilà que les chartes boursières et le volume des transactions financières dévoilent cette course à la spéculation et à l’enrichissement. Ce qui est bonifié, c’est la perspective de la bonne affaire et le gouffre abyssal entre la dépense d’investissement et la rémunération exceptionnelle. Tout se passe comme si le Congo était comme un vulgaire tableau ramassé à bas prix au marché aux puces pour être revendu dans les galeries d’art à sa véritable valeur d’une toile de maître. Le Congo est l’ objet d’ un capitalisme sauvage et victime consentante d’un “quatrième pillage”.

Katanga Mining Limited

Le « premier pillage » avait été réalisé sous Mobutu. Monsieur Robert Crem l’a évoqué en ces termes : « j’ estime que le préjudice subi par la GECAMINES, de 1967 à 1984, s’ est chiffré entre 3 et 4 milliards de dollars américains au profit des sociétés du groupe de la Société Générale de Belgique et entre 4 et 5 milliards de dollars américains prélevés par le Pouvoir, par toutes sortes de ponctions et de commissions occultes. En un mot, le groupe SGB et le Pouvoir s’ étaient partagés la « bête »!!! un terme utilisé par un administrateur belge ». En février 1990, Mobutu et la bande à Kengo Wa Ndondo s’ emparèrent de 500 millions de dollars américains des réserves financières de la Gécamines en échange de la démocratisation.

Anvil Mining Limited

Le « second pillage » a été l’oeuvre de Laurent Désiré Kabila qui inaugura le système de rémunération des factures et primes de guerre en ressources naturelles et autres formes de richesses. Il a littéralement vendu le pays et pavé le chemin pour le Rwanda, l’Ouganda et toutes les hordes de pilleurs qui ont déferlé sur le pays depuis 1997. C’ est sur ce second pillage que le Panel de l’ ONU s’était penché. Le rapport de 2002 en a fait une évaluation en ces termes : « le réseau d’élite congolais et zimbabwéen ayant des intérêts politiques, militaires et commerciaux cherche à garder la mainmise sur les principales ressources naturelles– les diamants, le cobalt, le cuivre et le germanium – se trouvant dans la zone tenue par le Gouvernement. Au cours des trois dernières années, ce réseau a transféré des actifs représentant au moins 5 milliards de dollars du secteur minier public à des entreprises privées qu’il contrôle, sans verser aucune indemnité ni prestation au Trésor public de la République Démocratique du Congo ».

Rubicon Minerals

Le « troisième pillage », dénoncé notamment par les ONG et Le Monde Diplomatique, a porté sur les nouveaux contrats signés à la hâte en cours de période de Transition. Ces conventions ont engagé les avoirs miniers de la Miba (diamant) et de la Gécamines (cuivre, cobalt, cassitérite, germanium, zinc, etc.). Rien qu’à la Gécamines, on a bradé 55 % de ses gisements à Kolwezi (Kamoto, Kov, Dima, Dikuluwe, Ruwe, etc.) valant 176 milliards de dollars, ses 31 % à Tenke et Fungurume pour la valeur de 95 milliards, sans oublier des joyaux importants du restant de se 14 % des mines à Likasi, Lubumbashi et Kipushi et évalués à 44 milliards de dollars américains. A ces réserves minérales, qui auraient dû être négociées pour 300 milliards de dollars, s’ajoutent les valeurs des installations industrielles, des infrastructures, fonds de commerce technique, etc. L’ addition est lourde. Le ” troisième pillage” est profond et fondamental.

Nikanor

Côté congolais, les “mining jackers”, ou prétendus investisseurs et arracheurs de contrats, ont soutenu que Miba et Gécamines n’avaient pas d’ argent. Mais ils ont avoué qu’ ils en étaient également dépourvu, en promettant qu’ ils rechercheraient les fonds nécessaires. L’ incapacité financière des Miba et Gécamines était momentanée, car il aurait suffi d’une meilleure gestion pour réaliser des auto-financements ou emprunter auprès de Bailleurs de fonds des capitaux modestes qui se remboursent en moins de cinq années. De plus, les partenaires étrangers ont soutenu que les gisements non exploités n’ ont aucune valeur négociable, ce qui a convaincu les autorités de la Transition à les remettre quasi gratuitement. Les mêmes ont aussitôt étalé ces mêmes ressources minières pour obtenir et garantir des prêts, attirer des acheteurs de leurs droits d’ exploitation et encaisser des plus values colossales. Ce faisant, ils ont bel et bien négocié à l’extérieur les valeurs minérales congolaises. Car ce sont TOUS les bénéficiaires des contrats qui les ont immédiatement revendus. Et de bien entendu, ces cessions des valeurs congolaises n’ ont pas été gratuites. Mais ni Miba, ni Gécamines propriétaires des avoirs négociés n’ont encaissé un penny.

Adastra Minerals

La zimbabwéenne Oryx Natural Resources, agissant par sa filiale African Mining Investment Ltd. (AMIL), a revendu ses 80 % dans la Sengamines au Sud-Africain Mike Nunn, à travers First African Diamonds Ltd. Depuis, Sengamines est devenue « EMIKOR » (Entreprise Minière de Kasai Oriental SARL). La Miba qui avait été dépouillée de la concession kimberlitique n’ a rien touché de la revente de sa concession de 800 KM2 et que Oryx avait évaluée à 2 milliards de dollars US. Deux autres zimbabwéens ont revendu leurs acquisitions congolaises gratuites. 64 % de Shaford Capital de Billy Rautenbach ont été vendus à CAMEC (Central African Mining & Exploration Company) pour 80 millions de dollars au nez et à la barbe de la Gécamines partenaire à 20 % dans Boss Mining. Tremalt Limited de John Bredenkamp a été rachetée par Dan Gertler International (DGI) avec la particularité que le zimbabwéen n’ a jamais investi véritablement, tandis que la Gécamines maintenue à 20 % dans Kababankola Mining Company n’a même jamais touché de dividendes. On retrouve Dan Gertler avec 75 % dans le contrat DRC Copper Project (DCP) pour la fameuse mine KOV de la Gécalmines. Gertler a aussitôt évaluée la mine à 2 milliards de dollars américains permettant à la société NIKANOR de lever 400 millions de dollars à la bourse AIM de Londres et d’ obtenir la capitalisation boursière la plus importante avec un poids de 1,2 milliards de dollars US. La Gécamines avec ses 25 % n’ a pas bénéficié du moindre sou, alors que cette flambée des valeurs lui est due entièrement et pleinement.

Lundin Mining

Lundin Holdings Limited avait vendu à Phelps Dodge ses 55 % dans Tenke Fungurume Mining (TFM) en empochant une valeur boursière multipliée par 7. Mais, en prime, Lundin s’est vu octroyer par le gouvernement de Transition une rallonge de 24,75 % prélevés sur la participation de la Gécamines qui a été réduite de 45 à 12,5 % du capital de TFM. De la jungle des affaires a surgi Tiger Resources, associée à Orgaman de Damseaux qui a rachète les 60 % de l’ association avec la Gécamines dans la Société Minière de Kabolela et de Kipese (SMKK) et les 60 % dans SEK (Société d’ Exploitation de Kipoi). La société Demourra a vendu les 80 % de participation dans Société Minière de Kolwezi (SMK) à Anvil Mining pour la mine souterraine et à Chemaf pour la partie supérieure sans retombées sur la Gecamines, généreuse donatrice maintenue à 20 % du capital. Africo Resources Ltd a racheté 75 % de la joint venture Société d’ Exploitation des Gisements de Kalukundi (SWANMINES) ce qui a porté sa capitalisation boursière à 94.797.392 de dollars canadiens, sans rémunération pour la Gécamines qui n’ a obtenu que 25 % du capital pour 100 % des apports. De son côté First Quantum a réalisé une OPA hostile et pris le contrôle de Adastra Minerals avec 275 millions de C $ pour contrôler 87,5 % de KMT (Kingamiambo Musonoi Tailings) laissant la Gécamines sur le carreau avec 12,5 %. Le groupe Forrest a revendu à la Copper Resources Corporation ses 75 % dans la Minière de Musoshi et Kinsenda SARL (MMK), au nez et à la barde de Sodimico.

Tenke Mining

Cette liste des affaires juteuses avec le patrimoine de l’Etat reste exemplative. Mais on peut évaluer toutes ses transactions en milliards de dollars américains au cours de la dernière année de la Transition. Mais les valeurs boursières vont grimper en flèche lorsque les projets commenceront à produire et à distribuer des dividendes. Ces manipulations posent le problème philosophique et moral du capitalisme sauvage. Il y aurait des émotions, même dans les pays les plus libéraux. La France reste vigilante sur toute prise de contrôle de ses fleurons industriels par des étrangers. La bourse allemande Deutsche Börse, qui gère la place de Francfort a résisté à rejoindre Euronext (Paris, Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne) lors de leur rachat par la Bourse de New York. Même les Etats Unis ont fait de la résistance à la société Dubai Ports World qui proposait 6,8 milliards de dollars pour racheter les grands terminaux portuaires basés à New York, New Jersey, Baltimore, La Nouvelle-Orléans, Miami et Philadelphie. Au Congo-même, le capitalisme sauvage avait été placé sous contrôle par Léopold II, en soumettant les sociétés par actions à des autorisations par décrets. En 1966, Mobutu avait imposé la domiciliation au Congo des opérations d’exploitation, ce qui emportait leur domiciliation fiscale congolaise. Ainsi, les deux dirigeants autocrates et réputés prédateurs étaient de fervents nationalistes.

First Quantum Minerals

Voilà qu’au XXIème siècle, un gouvernement de Transition livre à des spéculateurs toutes les richesses minérales substantielles du pays. C’est le Congo qui est désormais à la merci des humeurs des bourses. Cela pose un problème sérieux de souveraineté dans la mesure où la maîtrise des ressources naturelles est un attribut de cette souveraineté. De plus, les ” mining jackers” confirment que les titres miniers ont de la valeur et servent de garanties pour leurs financements et profits privés. La République n’a plus de gisements ou de participations financières consistantes qui pourraient lui servir de garanties dans ses propres dossiers de financements internationaux et à long terme. La République est nue pour avoir rhabillé l’ étranger. La République reste au biberon de la communauté internationale alors qu’ au même moment des milliards de dollars sont échangés et spéculés. La Transition a lancé le « quatrième pillage » qui se porte bien. Il n’ y a encore personne pour l’ arrêter. Pas encore.

Nestor Kisenga



Chavez: cheval de Troy de l’impérialisme

17 11 2007

En 1913, aux États-Unis, les banques voulaient faire passer la loi établissant la Fed (banque centrale des ÉU qui appartient aux grandes banques étasuniennes) . Les banques rédigèrent la loi mais décrièrent dans les médias qu’ils étaient contre la loi, que la loi serait mauvaise pour l’industrie bancaire, et faisaient tout pour sembler l’opposer. Woodrow Wilson, président des ÉU à l’époque, était membre du parti Démocrate, le parti qui avait opposé une loi semble au Federal Reserve Act quelques années auparavant. Mais Woodrow Wilson était l’homme de J.P. Morgan et signa le projet de loi en loi après que le projet de loi fût frauduleusement approuvé à l’unanimité par 3 sénateurs au Sénat le 23 décembre 1913 alors que le reste des sénateurs étaient déjà partis en vacances. Chavez serait-il un Woodrow Wilson contemporain? Après le coup d’État raté de 2002 et les manœuvres des déstabilisations entreprises contre Chavez par la suite il semble bien qu’il ait cédé à la pression et aux menaces et soit devenu l’homme des multinationales pétrolières et minières. Dans un billet précédent je reprenait un texte en espagnole à ce propos. En voici un en français trouvé au CMAQ:

Venezuela: INSURGENTES contre la Réforme Constitutionnelle

 

* Plusieurs organisations et individus du Venezuela, impliqués au sein de différentes luttes sociales et possédant diverses approches de la gauche critique et anti-autoritaire, ont convergé dans l’espace INSURGENTES (INSURGÉS) et ont pris position en ce qui concerne la “réforme�? proposée initialement par le Président de la République, Hugo Chávez.

 

Normalement au sein d’un État, la constitution doit toujours refléter les rapports de force entre les diverses classes sociales que compose la société. La “réforme�? qui est actuellement proposée au Venezuela exprime plutôt le triomphe obtenu par le capital transnational durant le coup d’État et le sabotage pétrolier de 2002-2003. Cette victoire du capitalisme s’est manifestée et se manifeste encore aujourd’hui par la création d’entreprises mixtes et par l’arrivée de nouvelles concessions minero-pétrolières en faveur du capital étranger.

La “réforme�? proposée par le président Chávez, les modifications réalisées par l’Assemblée nationale et celles qui s’annonceront, s’inscrivent au sein même du programme de réajustement du capitalisme mondial qui cherchent à abolir les obstacles qui empêchent l’augmentation des profits. Ce plan de transformation tente de s’approprier du contrôle des ressources énergétiques et minières tout en favorisant la libre circulation du capital ainsi que de celle des biens et services. Ce phénomène est ce qu’on appelle la globalisation ou la mondialisation de l’économie qui revendique la nature prédatrice du capital mondial.

En tant que fournisseur énergique, minier et de devises, le Venezuela s’est converti en un des fervents partisans de l’économie capitaliste. Il est possible d’affirmer que ce dernier s’insère complètement dans le modèle de civilisation pervers et génocidaire qui encourage la rentabilité des grandes entreprises énergétiques et minières au détriment du bien-être des populations.

L’objectif principal que poursuit le grand capital avec cette “réforme�? est celui de donner une autorité constitutionnelle à la propriété mixte établie entre l’État national et le capital privé (via les entreprises mixtes), ce qui par conséquent implique remettre la souveraineté dans les mains des transnationales et des gouvernements étrangers, non seulement en ce qui concerne le pétrole, mais également en ce qui a trait à l’industrie minière et à l’ensemble des services publics.

Cette alliance — État et capital privé — s’est vus légaliser durant l’année 2006 par l’Assemblée nationale lorsque, sans aucune consultation, celle-ci a approuvé le Contrat cadre des entreprises mixtes. Par l’entremise de cette entente, les entreprises pétrolières transnationales ont passé du rôle de fournisseur de service à celui de propriétaires détenant plus de 40% des hydrocarbures que contient le sous-sol du territoire vénézuélien. Ce nouveau partenariat représente donc l’essence de la “réforme�? et explique également la rapidité avec laquelle le gouvernement désire donner une légitimité électorale à cette nouvelle escroquerie politique. Une fois après avoir atteint son objectif principal, le capitalisme globalisé en marche avec le gouvernement bolivarien effectueront une série de changements complémentaires pour assurer l’intensification et la stabilité de ce nouveau modèle. À partir de ce moment, la propriété mixte deviendra la base économique de la société vénézuélienne, non seulement en ce qui concerne l’industrie pétrolière, mais également en ce qui a trait à l’ensemble des branches de l’économie.

Pour parvenir à ses fins, le gouvernement — favorisant les intérêts du capital international — doit introduire de nombreux changements dont les suivants :

1. Concentration du pouvoir dans les mains du Président de la République (Articles 11, 16, 18, 70, 136, 141, 156, 158, 167, 184, 185, 225, 230, 236, 251, 252, 305, 307, 318, 320, 321, 328, 329 et les dispositions transitoires), en flagrante contradiction avec le principe de participation et de leadership populaire.

Dans la “réforme�? proposée, il est possible d’observer l’attribution de vastes pouvoirs au Président de la République qui ne sont soumis à aucun autre contrôle: Chef de l’État, leader du gouvernement, administrateur des finances publiques et du budget national, auteur des Accords et Traités internationaux et également celui qui les ratifient, Commandant en chef des Forces armées avec le pouvoir d’intervenir dans l’ensemble des unités et de décider des promotions de ses officiers, agent responsable de la création et du contrôle des nouveaux services territoriaux, autorité en charge de la distribution des budgets pour les missions, personne responsable de nommer les vices présidents, d’établir et de disposer des réserves internationales, inspecteur et directeur du Conseil national du gouvernement et du Conseil d’État et enfin l’individu en charge d’établir et de diriger unilatéralement le Plan de développement du pays.

L’intention d’attribuer au Président de la République la faculté de nommer les autorités locales et régionales constitue une usurpation du droit de choisir ses représentants et se retrouve en flagrante contradiction avec la proposition de l’article 70 qui propose d’élire les responsables des charges publiques. En fait, le Président détiendra ce droit en toute complicité avec l’Assemblée nationale et le reste des pouvoirs publics.

2. La bureaucratisation et le contrôle du mouvement social (à travers la modification des articles 67, 70, 136, 141 et 184).

L’État légifère et réglemente la participation au sein du “Pouvoir populaire�? en fonction d’une forme unique et obligatoire. Il faut noter que le “Pouvoir populaire�? émerge au sein des institutions établies et qu’il est administré par ces dernières. C’est ainsi que l’exécutif dirige dans son ensemble la dynamique communautaire afin d’arracher l’autonomie historique des mouvements sociaux au Venezuela. Le pouvoir — qui dans la constitution réside dans les mains du peuple— est accaparé et il est désormais arbitrairement et inconstitutionnellement “transféré�? aux communautés par le Président lui-même.

Pour participer au sein du “Pouvoir populaire�?, il est obligatoire d’être inscrit dans les organisations prédéfinies par l’exécutif, ce qui présuppose en fait la perte des droits à la libre association et à la libre participation décrit au sein même de l’article 67.

3. La dérégulation et la flexibilité de la main-d’oeuvre se voient légalisées et présentées aux travailleurs-travailleuses comme une avancée révolutionnaire pour approuver la “réforme�? (Article 70, 87, 90 et 141)

L’étendard historique de la réduction de la journée de travail est repris dans le but d’ajuster les relations de travail aux exigences de la mondialisation capitaliste qui dépend de moins en moins du travail pour l’accumulation du capital. Les grandes multinationales ont imposé progressivement les modalités en ce qui concerne le temps de travail, rémunérant en fonction des heures travaillées, de manière à se déprendre de l’obstacle que représentent les travailleurs dans cette nouvelle réalité mondiale.

Il faut prendre en considération que la Constitution de la République Bolivarienne du Venezuela (CRBV) envisage déjà dans son article 90, la réduction de la journée de travail; dans l’article 86, il annonce l’établissement d’un système national de sécurité sociale gratuit, universel et public; dans l’article 92 et la quatrième disposition transitoire, numéro trois, il est question de la rétroactivité des prestations sociales à travers des lois spéciales. C’est ainsi que les « avancées révolutionnaires » présentées par le Président ne nécessitent pas d’une réforme en tant que telle, car elles figurent déjà au sein de la constitution actuelle. Par ailleurs, le temps libre promis aux travailleurs et travailleuses à l’article 90, suite à la réforme devait être programmé et organisé par les patrons, mais avec la modification réalisée par l’Assemblée nationale sur cette dernière, cette fonction sera désormais réservée à l’État.

4. La militarisation de la société vénézuélienne. (Article 11, 328, 329 et les dispositions transitoires)

Avec cette “réforme�?, il est possible d’observer l’intention de consolider le projet impérial qui réside dans l’utilisation, une fois de plus, des militaires latino-américains en tant qu’agent contre-insurrectionnel, responsable d’appliquer la répression lors des conflits internes et de combattre dans la guerre antidrogue. Cette intention se cristallise en incorporant au rôle des Forces armées bolivariennes une nouvelle doctrine militaire qui consiste à inclure la “milice populaire bolivarienne�? dans le maintien de l’ordre public et de la paix interne tout en étant responsable de certaines fonctions de la police administrative et des enquêtes juridiques.

Cette dimension des changements proposés affectera et aggravera directement la situation des Droits humains au Venezuela. La militarisation existante dans l’ensemble des sphères de notre société n’est rien de plus que le prélude pour l’établissement d’un État totalitaire, clairement explicité dans la réforme et déjà en vigueur dans le Code pénal ainsi que dans la Loi sur la police nationale et contre le terrorisme. Toutes ces législations ont été approuvées au niveau du pouvoir exécutif. Il est évident que ces lois sont l’instrumentalisation pratique, politico-policier, de la « réforme » qui cherche à garantir au Capital, la paix et la sécurité pour le développement de ses affaires. Dans cette optique, la modification de l’article 337 de notre Carta Magna rend possible la suspension des procédures normales et du droit à l’information durant un État d’exception, ce qui signifie donner une autorité constitutionnelle à la doctrine pénale pour la création d’un l’État policier. En bref, l’État vénézuélien, fidèle à son histoire de répression, ratifie une fois de plus le monopole de l’exercice de la violence contre sa population, comme il a été le cas durant les massacres du Caracazo, El Amparo, Yumare, Cantaura, La Paragua, Alto Llano dans l’État d’Apure, Barrio Kennedy, incluant également le massacre d’avril 2002 perpétué par les deux clans.
Dans cet objectif de perpétration de la violence, le Ministère de la défense a annoncé l’entraînement de cinq mille franc tireurs pour « sauvegarder les intérêts de l’État socialiste en particulier dans des cas où l’ordre public pourrait être perturbé atteignant ainsi la tranquillité normale de la ville et spécialement lorsque la sécurité présidentielle est en jeu » (Éd. 569, QUINTO DIA). C’est ainsi qu’on assiste à la consolidation d’une plate-forme pour intensifier la répression, neutraliser et écraser n’importe quelle manifestation de protestation populaire contre les violations de l’État.

_L’essence capitaliste de l’État vénézuélien ne se réforme pas, il s’intensifie plutôt!_

Dans la Constitution bolivarienne du Venezuela de 1999, dans ses articles 299, 301 et 303, l’initiative privée jointe à l’État se voit octroyé le rôle de promouvoir le développement du pays; l’investissement étranger se fait accorder les mêmes traitements et avantages que celui du capital local tandis que les entreprises mixtes de l’industrie pétrolière sont institutionnalisées. Ces articles, essence du régime socio-économique du pays, n’ont pas été modifiés dans la « réforme » proposée par le Président. Il est important de souligner que les membres de l’assemblée dans une jonglerie de mots, tente d’occulter la véritable essence de la nouvelle constitution, en modifiant seulement en surface les articles 299, 301 et 303 conservant ainsi le fond néolibéral et capitaliste de l’ordre existant contenu explicitement dans les articles réformés 112, 113 et 115. Ces derniers se sont limités à changer et à substituer des mots soutenant ainsi l’intention de fond. Par exemple dans l’article 301, ils ont éliminé le paragraphe final où il est question d’offrir le même traitement aux entreprises étrangères que celui octroyé aux compagnies nationales. Mais de l’autre côté, ils ont donné une autorité constitutionnelle aux entreprises mixtes qui sont présentement en opération et qui continuent de transiger avec des entreprises transnationales et avec des gouvernements étrangers.

Toutes ces entreprises et gouvernements étrangers qui forment les entreprises mixtes sont toutefois sujets de droit international, violant ainsi l’article 13 de la CRBV qui affirme textuellement : « Le territoire national ne pourra jamais être cédé, transgressé, soumis ou aliéné, temporairement ou partiellement, à un État étranger ou à d’autres sujets du droit international ». Par exemple, il est inconstitutionnel d’établir des entreprises mixtes avec les gouvernements comme Cuba, la Colombie, le Brésil, le Panama, le Nicaragua, l’Iran, l’Algérie, la Chine, le Vietnam et également avec des entreprises comme Chevron, Gazpron, Repsol, BP, China petroleum, Lukoil, Mitsubishi, etc.

Les altérations aux articles 112, 113 et 115 proposées dans la « réforme » sont dans le but précis de donner une autorité constitutionnelle à la création des entreprises mixtes dans l’ensemble des sphères de l’économie nationale, processus initié à partie de l’ouverture de l’industrie pétrolière au capital étranger à partir de la décennie 1990. Avec la « réforme », la propriété d’une bonne partie de nos réserves minières et pétrolières (jusqu’à 49%) sera reconnue constitutionnellement aux transnationales.

Ceci explique l’acharnement inconditionnel du gouvernement pour accélérer la modification de la Carta Magna. Ce dernier désire garantir le rôle assigné à notre pays par les centres mondiaux de domination dans la division internationale du capital et du travail, rôle qui consiste à mettre à leur disposition une main d’œuvre bon marché ainsi que les ressources naturelles de notre pays.

Par ailleurs, les entreprises mixtes de l’industrie pétrolière et minière impliquent la destruction de plus d’un million carré de l’écosystème (incluant 500 mille carré du territoire maritime) pour l’exploration et l’exploitation pétrolière, en plus des conséquences écologiques bien connues. La dernière réserve dédiée à la pêche qui se situe entre l’île Margarita, Los Testigos et Puerto Sucre sera détruite au profit du projet du gazoduc Gran Mariscal d’Ayacucho (CIGMA). Le plan minier national exposé par le Président implique plus de 52% du territoire national et il est principalement situé dans les zones détenant une grande biodiversité comme il est le cas de l’État Bolivar, Amozonas, Delta Amacuro, Sierra de Perijá et les Andes. Seulement dans Perijá, il est calculé que dû aux concessions aux transnationale, l’extraction du charbon risque de mettre en péril plus de 500 milles hectares de forêts et plus de 7 millions de tonnes de végétations primaires.

L’impact environnemental implicite dans la réforme proposée constitue un immense écocide qui recouvre l’ensemble du pays. Il est important de comprendre que l’Intégration de l’infrastructure régionale sud-américaine (IIRSA) s’inscrit dans les plans du capital international. Ce programme de destruction est envisagé dans la Loi sur les mines approuvée par l’Assemblée nationale et qui sera mise en pratique à travers la Loi habilitante par le Président de la République.

Nous réitérons que ce document présenté par le gouvernement n’est pas une simple « réforme », nous sommes devant des modifications qui portent atteintes et transgressent les principes fondamentaux établis dans les premiers articles de la Constitution.

En somme, la « réforme » désire établir en tant que norme juridique maximale, la garantie de la « gouvernementalité » à travers la réélection continue, la militarisation de la société, la flexibilité des normes du travail (perte progressive des droits des travailleurs-travailleuees), la concentration du pouvoir politique dans les mains du Président de la République et le contrôle du mouvement social. Toutes des transformations exigées par les centres mondiaux du pouvoir.

Cette réforme de la Carta Magna ne solutionnera pourtant pas les problèmes d’insécurité, d’impunité, de chômage, du logement, de la santé, de l’éducation, du machisme, de la violence familiale et contre les femmes, et le manque de protection sociale qui affectent les Vénézuéliens et Vénézuéliennes, spécialement dans les secteurs les plus opprimés et exploités de la société. Ces maux propres au développement capitaliste dans l’État vénézuélien se sont intensifiés dans les neuf dernières années, dues à la corruption, à l’improvisation et à l’inefficacité de ce gouvernement, malgré les énormes ressources de la rente pétrolière qui rapporte au gouvernement une prospérité jamais connue dans l’histoire du pays.

La lutte sociale permanente contre tous les pouvoirs établis est l’unique façon d’appliquer, dans les faits, l’accomplissement des droits qualifiés comme universels, indivisibles et interdépendants exprimés dans la Déclaration universelle des droits humains laquelle affirme dans son premier article : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ». Les droits humains ne se négocient pas avec le capitalisme et ce, dans aucun contexte et dans aucune circonstance. Avec cette réforme, les droits conquis à travers les luttes du peuple vénézuélien prétendent être confisqué par le pouvoir étatique.

Donc, nous convoquons à tous les ouvriers et ouvrières, paysans et paysannes, étudiants et étudiantes, autochtones, exclu-e-s, intellectuel-le-s ainsi que tous les réseaux sociaux, c’est-à-dire à l’ensemble du peuple vénézuélien, à rejeter la « réforme ». Celle-ci constitue un déguisement pour l’implantation d’un capitalisme d’État militarisé suivant les modèles chinois et cubain garantissant du même coup une plus grande efficacité aux administrateurs locaux de la mondialisation dans l’exercice servile de leurs fonctions.

Seulement les luttes sociales du peuple et de ses organisations véritablement autonomes devant n’importe quel pouvoir constitué, peuvent entraîner les changements que la société vénézuélienne réclame depuis l’arrivée dans ces terres de la fameuse « civilisation occidentale ».

Caracas 30.10.07

Les membres adhérant à l’espace Insurgentes du Venezuela:
Le Collectif Pueblo y Consciencia (Maracay), La Cruz Negra Anarquista de Venezuela, le groupe Soberania, le journal El Libertario, le groupe Defensores de Bolivar, �?gora27-UCV, Tercer Camino, Cecavid (Lara), Justicia y Paz (Aragua), El Conuco de la Vida (Trujillo), La Libertaria (Biscucuy). Domingo Alberto Rangel, Migdalia Valdez, Victor Felizardo, Victor Poleo, Narlis Díaz, Rafael Uzcátegui, Eudes Vera, Manuel Martínez y Osmar Castillo, Pablo Hernández, Noel León, Rosa Pérez, Guillermo Sira, Nelson Méndez, Lexys Rendón, Humberto Decarli, Hisvet Fernández, Elié Habalian, Luisa Arias, Enrique Márquez, Douglas Fermín, Douglas Bravo, Francisco Prada, Rossabel Arauz, Luís Aguilera, Domingo Andrade, Antonio Decena, María Walter, Fernando Herrera, Esteban Mejías, Luís Silva, Nathaly Vásquez, Ingrid Vegas, Domingo Andrade, Nidia Cárdenas, Luis Cipriano Rodríguez, Rodolfo Rico. (signature en ajout permanent)

www.insurgentes.org.ve – contacto@insurgentes.org.ve

[Original en español publicado en El Libertario, # 51, Venezuela, Noviembre 2007 www.nodo50.org/ellibertario]



L’ONG vénézuélienne SÚMATE est accusée d’avoir reçu de l’argent du gouvernement du Canada pour le coup d’État de 2002

17 11 2007

repris de Réactionisme Watch:

sumate.jpg

Caracas, 05 Nov.- Le Syndicat des employés de la fonction publique du Canada, à travers un communiqué officiel, a accusé l’organisation Súmate, laquelle opère au Venezuela, d’avoir reçu du financement du gouvernement du Canada pour appuyer les actions du coup d’État du 11 avril 2002.

Le syndicat exige le remboursement des 16 mille dollars émis par le gouvernement canadien à Súmate, puisqu’il s’agit de fonds publiques des contribuables.

Cette nouvelle a été rendue publique par un communiqué du député Carolus Wimmer, membre du Parlement Latino-Américain, Groupe Parlementaire Vénézuélien.

M. Wimmer a déclaré qu’il possède une correspondance provenant du Ministère des Affaires Étrangères et du Commerce international du Canada. Le document fait état du support économique de l’ONG Súmate accompagné d’une lettre émise par l’Agence de développement international du Canada (ACDI) à l’organisation en question.

“Trois correspondances font partie des récentes preuves rassemblées par les députés sur la participation financière et stratégique des pays d’Amérique du Nord en faveur de l’organisation Súmate”, a ajouté le député.

Ces trois communications ont été remises aux diverses institutions de l’État vénézuélien, avec comme objectif de faire connaitre cette réalité.

Wimmer a souligné que les syndicalistes considèrent inapproprié que les fonds des contribuables soient destinées à des fins autres que le développement du pays.

“Ces syndicalistes exigent de leur gouvernement l’arrêt du financement d’une ONG qui a préparé et participé au coup d’État au Venezuela. La présidente de Súmate, María Corina Machado, a même signé le décret de Pedro Carmona Estanga”, a-t-il révélé.

La source originale de ce document est:
Agencia Bolivariana de Noticias (ABN) (http://www.abn.info.ve)

Traduction: Francisco Lameda. Corrections: Société Bolivarienne du Québec (SBQ)




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