Confessions of an Economic Hitman

1 10 2007

The 1973 oil crisis and the US dollar. John Perkins addresses the veterans for peace:

PART I:


PART II:

PART III:

And as a little bonus … the confession of a Walmart Hitman:



Qu’est-ce que la Françafrique?

26 09 2007

Voici une courte introduction sur la Françafrique:


Qu’est-ce que la Francafrique ?
envoyé par laVielesGensVoici un plus long vidéo pour en savoir plus:Partie I


De la françafrique à la mafiafrique1/7
envoyé par sur_vivantPartie II


De la françafrique à la mafiafrique 2
envoyé par sur_vivantPartie III


De la françafrique à la mafiafrique 3
envoyé par sur_vivantPartie IV


De la françafrique à la mafiafrique 4
envoyé par sur_vivantPartie V


De la françafrique à la mafiafrique 5
envoyé par sur_vivantPartie VI


De la françafrique à la mafiafrique 6
envoyé par sur_vivantPartie VII


De la françafrique à la mafiafrique 7
envoyé par sur_vivantEt ceci est une entrevue du Dr. Zagbla témoignant que la Françafrique est toujours bien vivante en Côte d’Ivoire.



Retour sur les dernières élections en RDC

8 09 2007

où Joseph Kabila a gagné bien entendu.

http://news.bbc.co.uk/olmedia/1260000/images/_1261231_kabila1509.jpg

(photo: J. Kabila et J. Chirac)

Texte copier de: http://www.survie-france.org/article.php3?id_article=663

RD-Congo « Pourquoi la transition est-elle bloquée ? », de Bapuwa Mwamba, Le Phare 9 Juillet 2006
Dans la nuit de vendredi 7 au samedi 8 juillet, des hommes armés se sont introduits au domicile du journaliste Bapuwa Mwamba à Matete, et l’ont abattu de deux coups de feu. Un assassinat qui vise une fois de plus un homme des médias. Journaliste de talent, Bapuwa Mwamba est mort au front, ainsi qu’en témoigne sa dernière analyse publiée dans Le Phare 2875 du jeudi 06 juillet 2006. Une sorte de testament qui lui a probablement coûté la vie. Nous reproduisons ci-dessous cet article.

(Le Phare 09/07/2006)

Après trois ans de transition démocratique, la situation politique se complique en République démocratique du Congo à la veille des élections. Le Comité international d’accompagnement de la transition n’est plus d’aucun secours. Les acteurs politiques congolais sont en quête de nouveaux médiateurs extérieurs au moment où la campagne électorale bat son plein. La transition a pris fin le 30 Juin pour des élections qui doivent avoir lieu le 30 Juillet 2006.

Depuis un certain temps, la tension politique est palpable en République démocratique du Congo. A l’insécurité croissante qui règne à l’Est du pays, en Ituri, à la frontière avec l’Ouganda, s’est ajouté un regain d’activités des milices. Les atteintes aux droits de l’homme fréquentes et causées le plus souvent par les Forces armées de la RDC (Fardc) font désormais partie du paysage congolais. Ne parlons pas des tracasseries policières devenues partout monnaie courante. Les membres de l’armée et la police gagnent un salaire de misère irrégulièrement versé et l’Etat ne fonctionne pas.

Intolérance politique et intimidations policières Kinshasa connaît un malaise politique dont témoignent plusieurs manifestations. Des actes de provocation ou d’intolérance se multiplient à l’encontre de la population, des partis politiques et même des pays étrangers qui soutiennent le Congo. Des bouclages ont été organisés en mars dernier dans certains quartiers populaires de Kinshasa où de jeunes gens ont été massivement arrêtés et emportés. De nombreuses personnalités politiques, dont des candidats à la présidence de la République ont été mis en résidence surveillée après la manifestation du 24 mars 2006 organisée par les partisans de l’ ” Union pour la Démocratie et le Progrès Social ” (UDPS), un parti d’opposition, pour exiger un dialogue politique avant la tenue des prochaines élections.

- Affaires Kuthino et mercenaires

Le 14 mai 2006, le pasteur Kutino Fernando, initiateur du Mouvement ” Sauvons le Congo ” a été arrêté et maltraité par les ” forces de l’ordre ” pour des motifs de subversion non encore avérés. Cet incident a provoqué une vive réaction dans la population de Kinshasa. Une dizaine d’hommes politiques, parmi lesquels des candidats à l’élection présidentielle ont signé une pétition exigeant sa libération. Deux Vice-Présidents, Jean Pierre Bemba du “Mouvement de Libération du Congo ” (MLC) et Azarias Ruberwa du ” Rassemblement congolais pour la démocratie “(RCD) se sont ouvertement prononcés chacun pour sa libération. J.P. Bemba s’est même rendu de manière spectaculaire à la prison de Makala pour le saluer. Il y a l’affaire de 32 “mercenaires “, montée par le Ministère de l’Intérieur et impliquant sans preuves des ressortissants américains, nigérians et même sud-africains. Les diplomates des pays concernés ont aussitôt protesté et exigé que les accusations soient prouvées. Le Vice-Président de la République en charge de la Commission ” Politique, Défense et Sécurité “, le Ministre de la Défense et le Chef d’Etat-Major ont dit avoir appris avec surprise la nouvelle par les médias. Le gouvernement n’avait pas discuté de la question.

Dans cette confusion, lesdits mercenaires ont été précipitamment relâchés et expulsés du Congo, faute de pouvoir éclaircir les motifs d’arrestation. Et les auteurs de ce montage ne sont pas sanctionnés.

- Hold up politique au-delà du 30 juin

Un groupe d’organisations politiques avec à sa tête deux vice-présidents, Azarias Ruberwa et Jean Pierre Bemba s’est rendu le 28 Juin au Gabon pour demander au Président gabonais sa médiation en vue d’organiser un dialogue politique au Congo. Pendant ce temps, le Président Joseph Kabila a commençait sa campagne politique au Kivu pour les élections présidentielles et législatives fixées au 30 juillet prochain. Face à cette escalade de provocations/protestations dont on ne peut mesurer les dégâts dans l’opinion publique, le Comité International d’Accompagnement de la Transition (CIAT) s’est senti obligé d’intervenir pour dénoncer les abus de pouvoir et exiger le calme et la sérénité à l’approche des élections.

Le malaise politique a été accentué par la prolongation jusqu’au 30 Juillet de la transition politique de 3 ans qui devrait prendre fin le 30 Juin 2006. Le Président de la Commission électorale indépendante (CEI), l’Abbé Malu Malu qui a fait cette prolongation n’a pas de compétence requise. Mais, il a le soutien de la Communauté internationale, du Président Joseph Kabila et ses alliés.

- Fracture politique nationale

Depuis lors la classe politique est divisée en deux camps : les partisans et les adversaires de la concertation préalable aux élections. La Conférence épiscopale catholique, par la bouche de son Président Mgr Monsengwo, ancien Président de la Conférence nationale souveraine (1992), exige une concertation politique des signataires de l’ ” Accord Global et Inclusif ” (AGI) de la transition avant la tenue des élections. Cette position rejoint celle de l’opposition politique représentée par le parti d’Etienne Tshisekedi de l’UDPS et ses alliés, auxquels se sont joints le MLC et la grande majorité des chrétiens catholiques et protestants. Le but de la concertation est de prolonger la transition légalement, sécuriser les élections, garantir un égal accès aux media et s’assurer l’acceptation des résultats des urnes. Il s’agirait, par ce biais, de garantir la paix durable en réaffirmant deux principes : le consensus et l’inclusivité.

A une question sur l’hostilité croissante à l’égard de la communauté internationale “Monseigneur Monsengwo dit :” Lorsqu’on considère la réaction des Congolais, cet énervement est dû au fait qu’ils ont l’impression que les jeux sont déjà faits, qu’on a déjà choisi qui gouverne le Congo et que le reste ne sert à rien. Il faut donc- pour calmer les esprits- que la classe politique et la société civile en discutent et dialoguent… Il faut qu’il y ait un consensus, avec un acte formel de la classe politique et de la société civile pour arriver à s’entendre sur l’après-30 Juin. Personne ne peut le faire tout seul unilatéralement. Nous alertons l’opinion car, si l’on n’y prend garde, nous risquons de préparer des turbulences. Mgr Monsengwo a fait une tournée en Belgique pour expliquer le bien fondé de ce dialogue. Abondant dans le même sens, le cardinal Etsou refuse à quiconque le droit de précipiter les élections pour faire le lit aux violences.

- Le CIAT a choisi son camp Les élections ne peuvent avoir une perspective démocratique que si elles sont le fruit d’un dialogue franc entre Congolais. La position de la Communauté internationale est surprenante. Loin de faciliter la tâche aux Congolais divisés entre partisans et adversaires de la concertation, des membres importants du CIAT ajoutent de l’huile au feu en prenant publiquement position dans ce débat. Carlo de Philippi, chef de la délégation européenne écrit : ” En outre l’attitude d’une partie de la communauté internationale accentue cette tendance en donnant l’impression qu’elle soutient Joseph Kabila “. Il estime aussi que les membres de la Communauté européenne aujourd’hui divisés face aux acteurs congolais de la transition auront plus de difficultés à coordonner leurs efforts après les élections. L’attitude partisane du CIAT à la fin de la transition suscite des interrogations.

Réunis à Sun City, en Afrique du Sud, en 2001, les acteurs politiques congolais ont cru nécessaire, pour restaurer la paix et l’unité du Congo, de créer le “Comité international d’accompagnement de la transition” (CIAT) et d’en faire une institution de la transition démocratique. Une fois restaurées la paix et l’unité du Congo, cette institution est apparue cependant comme un facteur de crise et particulièrement à l’heure où, les acteurs politiques congolais ont besoin de son aide pour passer à l’étape supérieure : les élections.

- L’interpellation de Carlo De Filippi

“Depuis le début de la transition, la Communauté internationale n’a pas su ou pas voulu s’opposer aux manœuvres dilatoires des dirigeants congolais. De ce point de vue, l’installation au pouvoir, suite à Sun City, des anciens belligérants s’est révélée être une erreur tant elle a favorisé, sur fond de méfiance réciproque ; et les pratiques de corruption et de mauvaise gouvernance, et les manœuvres dilatoires et leur volonté de rester au pouvoir coûte que coûte “. Ces propos – c’est nous qui soulignons – ne sont pas d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, président de l’ “Union pour la Démocratie et la Progrès Social “(UDPS), le plus grand parti d’opposition, mais de Carlo de Philippi, chef de la Délégation européenne. C’est un extrait de son rapport politique confidentiel, sur la République Démocratique du Congo, du 5 mai 2006.” Ecrit au moment critique de la crise de la transition démocratique congolaise, ce rapport constate – sans dénoncer, puisqu’il est confidentiel -l’irresponsabilité des dirigeants politiques congolais, mais aussi la complicité consciente ou non du CIAT dans la crise actuelle. Ce dernier a l’habitude de jouer au sauveur – Jésus – quand tout va bien, et de se laver les mains comme Ponce Pilate quand ça ne va pas. Le caractère confidentiel de ce rapport politique cache mal les responsabilités de la Communauté internationale.

- 1+4 = 0 : le peuple persiste et signe

” Les pratiques de corruption et de mauvaise gouvernance, et les manœuvres dilatoires et leur volonté de rester au pouvoir coûte que coûte ” ont été maintes fois dénoncées avec force par les Congolais eux-mêmes, mais la Communauté internationale a choisi de se taire ou de les condamner rituellement pour la forme. Au cours de la manifestation du 30 Juin 2005 organisée par l’UDPS, on entendait les masses crier le slogan ” 1+4 = 0 “. Azarias Ruberwa, Président du ” Rassemblement congolais pour la démocratie ” (RCD) et Vice-Président de la République en charge de la Commission Politique, Défense et Sécurité avait tenu les mêmes propos, à Goma (à l’Est du Congo) et dans un mouvement de colère et de révolte consécutive au massacre de Gatumba. C’était au milieu de l’année 2004. Sur le fond, ces trois acteurs de la transition disaient la même chose successivement, à une année d’intervalle. On était donc prévenu de l’aggravation de la crise.

- EUFOR : aveu d’échec

Au moment où prend fin la transition, l’Union européenne vient au secours de la Monuc avec la Force européenne pour ” dissuader les fauteurs de troubles “, pour reprendre l’expression d’Aldo Ajelo de l’Union européenne. Ce n’est pas un indice de succès. Comment comprendre cet échec de la transition ? Depuis Sun City, il a manqué au CIAT deux valeurs fondamentales pour la réussite de la transition démocratique : l’engagement pour la démocratie ou la gouvernance et la neutralité vis-à-vis des acteurs politiques congolais. De par sa composition, la ” Communauté internationale d’accompagnement de la transition ” (CIAT) est dominée par les Occidentaux (Les Etats-Unis et l’Europe) et notamment par les anciennes métropoles coloniales. Il s’agit des pays qui ont d’importants intérêts au Congo et qui ont combattu les patriotes, les démocrates et les nationalistes congolais depuis l’élimination physique de P. E. Lumumba, premier ministre élu, le 17 janvier 1961. Il s’agit des pays qui sont fort mêlés à l’histoire mobutiste et sanglante de ce pays. Il est difficile de se débarrasser de cette longue histoire de prédation qui a durablement marqué les pratiques et les attitudes des anciennes métropoles coloniales à l’égard du Congo et des Congolais.

- Prime aux belligérants

Depuis Sun City et Prétoria, le CIAT a consacré la suprématie des militaires (les belligérants) sur les civils. A travers les rebelles ” congolais “, c’est avec leurs parrains étrangers qu’on négociait. Le CIAT a sacrifié le critère démocratique ou de gouvernance quand, après Sun City, il s’agissait de former le gouvernement. Ainsi, de par sa composition, le CIAT est congénitalement incapable de promouvoir la démocratie dans ce pays. C’est ce qui se voit depuis Sun City.

- La RDC sous la coupe des Occidentaux

1° Du fait d’avoir en son sein les anciennes métropoles coloniale, le CIAT, en tant qu’institution de la transition, ne pouvait faire un bon usage du droit d’ingérence dans les affaires intérieures du Congo, tant est forte la tentation de privilégier leurs immenses intérêts. Et donc de re-coloniser en favorisant les plus serviles des Congolais. Comment faire la médiation dans ces conditions ?

2° Après Sun City, bon nombre de diplomates occidentaux auraient tout fait pour écarter du gouvernement les partis ayant une large représentation populaire, les seuls intéressés à défendre la démocratie et l’intégration de l’armée .Il a ainsi manqué au gouvernement 1+4 une force politique interne de propulsion vers la démocratie. Arthur Zahidi Ngoma, Vice-Président de la République ” représentant de l’opposition non armée “, n’a pas d’audience connue dans les masses populaires, Abdulaye Yerodia Ndombasi, également Vice-Président, est du parti du Président Kabila, le PPRD. Ainsi, de larges masses populaires ne se sentent pas représentées au gouvernement. Faut-il rappeler que pour combattre Patrice Emery Lumumba, premier ministre élu en 1960, les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne et la Belgique ont provoqué les sécessions au Congo ? Une fois éliminé physiquement Lumumba, ils ont restauré l’unité du Congo. En 1964, ils ont fait de Moïse Tshombe, ancien Président de la sécession du Katanga, une province congolaise, le premier ministre congolais. Pour combattre Mobutu, qu’ils ont propulsé au pouvoir et soutenu 32 ans durant, ils ont, à l’exception de la France et sous le couvert africain du Rwanda et de l’Ouganda, financé la guerre de 1996-97 et soutenu Laurent Désiré Kabila. Et pour faire pression sur ce dernier, devenu Chef d’Etat, ils ont, ensemble, provoqué et soutenu la guerre de 1998-2002. Une fois ce dernier physiquement éliminé, ils ont, sous la pression des populations congolaises – résistance des jeunesses Maï Maï – , décidé de restaurer l’unité du Congo. Et, comme en 1964, les anciens rebelles sont au sommet du pouvoir à Kinshasa. Ce sont des Vice-Présidents.

3° Les anciennes métropoles coloniales sont également parmi les pays qui assurent la formation des forces de répression : l’armée, la police et les services congolais de renseignements, qui relèvent du domaine sensible de souveraineté du Congo. La France s’occupe de la police et la Belgique de l’armée. La première s’est trouvée mêlée au conflit Hutu/Tutsi en 1994 et la deuxième, la Belgique, a fomenté de nombreux conflits ethniques au Congo dont le plus meurtrier au Kasaï en 1959. Elle a également élaboré une politique au Rwanda et au Burundi qui a servi de base au génocide dans les deux pays. La Belgique a la responsabilité non seulement morale, mais également politique de l’assassinat de Lumumba. Elle n’a en outre aucune expérience à apporter en matière d’intégration de l’armée.

4° Au niveau des élections, la communauté internationale, principalement les pays qui ont soutenu Mobutu, essaie de marginaliser les candidats les plus représentatifs de la population au profit des plus serviles à leurs intérêts. Certains diplomates du CIAT ont plusieurs fois manqué à un devoir de réserve en prenant rapidement position sur des questions où les Congolais devaient d’abord discuter entre eux, par exemple la question de la prolongation de la transition du 30 Juin au 30 Juillet, date fixée unilatéralement par le Président de la CEI dans une matière politique où il n’a pas de compétence.

- L’Eufor plus coûteuse que les concertations

Ces attitudes de la part des responsables qui étaient censés jouer le rôle de médiation et de réserve sur des questions sensibles n’ont fait qu’encourager les tensions entre les Congolais. A plusieurs reprises la position du CIAT a été justifiée par des raisons budgétaires. Il n’est cependant pas difficile de démontrer que la Force européenne (Eufor), 1600 hommes, à laquelle la Monuc a fait appel, coûte de loin plus cher que la concertation que désirent les Congolais. Ces derniers n’ont été associés ni à la conception ni à l’élaboration du projet de l’Eufor. Totalement ignorées, les autorités congolaises n’ont fait qu’avaliser. Leurs compatriotes ont suivi en spectateurs à la télévision un débat au parlement allemand sur une question concernant au plus haut point leur pays. Quelle frustration !

Ces attitudes de la part de certains membres du CIAT accréditent l’idée que Joseph Kabila est déjà choisi par les puissances occidentales comme Président de la RDC pour pouvoir couvrir les contrats léonins déjà signés et confirmer la suppression de la loi Bakajika ((la terre appartient à l’Etat), qui épargnait aux Congolais les cruels problèmes de terre qui se posent au Zimbabwe et en Afrique du Sud.

- L’exclusion de tous les dangers

L’enjeu de la concertation c’est le retour probable, dans le champ électoral, du leader historique de l’opposition, Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Poussé à l’auto-exclusion par toutes sortes de manœuvres du pouvoir soutenu par la Communauté internationale, le leader de l’UDPS pratique le boycott des élections. Une situation qui arrange beaucoup Joseph Kabila, Général-Major des FARDC, héritier du trône de son père Laurent Désiré Kabila, assassiné le 16 janvier 2001 après trois ans et demi de pouvoir à la tête de l’Etat congolais. Joseph Kabila a de nombreux atouts : le soutien évident à l’Est du pays où il passe pour l’artisan de la paix, d’importants moyens financiers acquis dans la gestion opaque et discrétionnaire du pays, un soutien extérieur assuré. Tout cela ne l’empêche pas de craindre le face-à-face avec les autres ex-Belligérants et le retour d’un adversaire, non-violent, dépourvu du temps, de soutiens extérieurs et de moyens financiers pour faire la campagne électorale. Sans la concertation, qui jouit du soutien de la hiérarchie catholique et des deux vice-présidents, anciens rebelles, les résultats des élections ne seront probablement pas acceptés. Tout le problème est là !

2006-07-06

2006-07-09 (Bapuwa Mwamba)

BAPUWA tshimanga



Image du jour

8 09 2007
The Atlas of War and Peace, Earthscan 2003

source: New Internationalist



Pourquoi Kabila devait partir

28 08 2007

Quatre ans après avoir été porté au pouvoir par les ÉU, le Rwanda et l’Ouganda, Kabila est assassiné, mais c’est bien plus tôt que ses alliés se retournent contre lui, dès 1998 le Rwanda et l’Ouganda repartent en guerre contre Kabila. Dans un billet précédent je faisais part de mes suspicions que le coup d’État en Thaïlande aille été appuyé par le FMI/BM ou par des intérêts voulant une participation du FMI dans la gouvernance de la Thaïlande. Deux articles que je viens de lire font croire que Kabila-père aurait été éliminé pour des raisons semblables. Voici les faits :

 

  • Arrivé au pouvoir en 1997 Kabila refusa de payer à la BM les dettes contractées par Mobutu (qui s’était fait supplié par le duo FMI/BM d’emprunter pour se battre contre le communisme en Angola, ces dettes n’avaient servi qu’à acheter des armes pour défendre les intérêts étasuniens, et engraisser les comptes de Mobutu). Laurent Désiré Kabila a déclaré que “la République Démocratique du Congo ne remboursera parce qu’on ne voit aucun travail y effectué avec cet argent”. Il leur a rappelé que “si vous prêtez de l’argent à un voleur, vous devez vous attendre au risque de ne pas être remboursé cet argent dans l’avenir”.
  • Kabila ne comptait pas non plus contracter plus de dette auprès du FMI/BM, il déclara : “Nous allons trouver de l’argent. Dites-moi: qui réfuse d’acheter notre or, notre diamant, notre cobalt…?”
  • Après l’assassinat de Kabila-père, Kabila-fils effectura un virage de 180 degrés sur cette politique envers le FMI/BM. Il ira même jusqu’à nommé un ex-employé du FMI comme ministre des finance (même chose qui est arrivé après le coup en Thaïlande). Jean-Baptiste Sondji, ancien minister de la santé sous Kabila-père de dire :

 

«Les Occidentaux ont ensuite provoqué la guerre contre le Congo-Brazzaville dans le but de mettre Kabila dans une position intenable. Il devait quitter la scène. De toute façon, l’assassinat de Kabila a été une opportunité pour les Occidentaux d’amorcer un plan conçu depuis longtemps. Kabila-fils devait passer de leur côté et faire un virage à 180 degrés. La composition de son gouvernement reflète davantage la mainmise des intérêts étrangers que les préoccupations des Congolais.

 

En RDC, la crise est d’abord politique. Mais Kabila-fils se contente de ministres avant tout technocrates. Comment résoudre des problèmes politiques avec une équipe de technocrates et de mandataires des intérêts étrangers? Le nouveau ministre de l’Économie et des Finances par exemple, Matungulu Mbuyamu, a été le représentant du FMI au Cameroun.»

 

Il semblerait donc que Kabila-père a été assassiné pour rendre le contrôle du pays au FMI.

 

Voici les deux articles :

 

http://www.oxfamsol.be/fr/docs/oxfaminfo121/RDCONGO.pdf

 

http://www.congopanorama.info/economy/econ-imfwb.shtml

 



Gécamines: un colonisateur à peine chassé qu’un autre arrive

27 08 2007

http://www.harvardmagazine.com/lib/05ma/images/09_002.jpgDans un billet précédent on mentionnait qu’un certain Rautebach mis à la tête de la compagnie minière d’État du Congo-K, Gécamines, sous Kabila-père fut récemment expulsé du Congo. Mais rassurez-vous, avec l’aide de la compagnie conseil française en ingénierie Sofreco le pillage peut continuer. En effet Sofreco, en bon néo-colonisateur, souhaite ignorer cavalièrement les directives de Kinshasa. Sur son site Internet, Sofreco mentionne qu’elle travaille surtout pour la Banque Mondiale/FMI et autres telles agences. Il me semble que Sofreco est exactement le type d’entreprise pilleuse que décrit John Perkins dans son livre «Confessions of an economic hitman». Le hic pour Sofreco est que Paul Fortin, qu’elle a engagé et nommé pour s’occupé du dossier de Gécamine ne suis plus trop ses ordre et agit parfois de façon contraire aux l’intérêts coloniaux occidentaux comme quand il a conclu un accord avec une compagnie chinoise…

Voici un article traitant de la Gécamine en général: http://www.interet-general.info/article.php3?id_article=7506

Voici un article parlant de la situation :

  CONGO-K
  Contrat Sofreco : Fortin est toujours à bord
 
   
 
Un mois après la reconduction du contrat de Sofreco, le “malentendu” persiste entre le cabinet français mandaté pour relancer l’activité de la Gécamines (GCM) et l’organisme gouvernemental Copirep (Comité pour le pilotage de la réforme des entreprises publiques). L’accord qui lie la société française au Copirep arrivait à terme le 17 août. Il a été renouvelé pour douze mois, aux mêmes conditions, le 20 juillet en conseil des ministres. Sauf que Sofreco a fait clairement savoir qu’il n’était pas prêt à poursuivre sa mission si Paul Fortin, avocat canadien nommé par le cabinet en tant qu’administrateur directeur général (ADG) de la GCM, restait en place. Or c’est le cas. Celui-ci s’est en effet “émancipé” de la tutelle du cabinet qui lui reproche d’avoir pris des décisions allant à l’encontre de ses directives, en particulier la signature de l’accord de partenariat avec la société United Resources AG de Rebecca Gaskin Gain pour le projet Kipushi, le règlement de la dette Euler-Hermes-Krupp de la GCM avec une décote insuffisante et non négociée dans le cadre d’un accord global de remboursement, la reconduite, sans renégociation, de certains contrats de sous-traitance de la GCM (avec Somika), etc.Fortin, qui dispose de solides soutiens au sein du Copirep, a été limogé par Sofreco le 28 février mais a été “réembauché” quelque temps plus tard par le cabinet sous la pression des autorités. Pour se maintenir en place, Fortin met en avant le fait qu’il a été nommé par “décret présidentiel” (loi nº78002) et que par conséquent seul un autre décret du chef de l’Etat peut le démettre de ses fonctions. Aux dernières nouvelles, l’ADG continue à agir en “électron libre” en dépit du fait que Sofreco ne reconnaît plus sa signature depuis le 7 février. Fin juillet, il se trouvait en Suisse où il a entamé des négociations avec plusieurs banques. En 2006, Fortin avait finalisé un accord d’octroi d’un prêt de 60 millions $ avec le chinois Covec (en échange d’un partenariat sur le projet Luisha), toujours sans prévenir Sofreco. Le cabinet français devait rencontrer le président Kabila le 5 août pour tenter de régler le dossier. Le décès, le 1er août en Afrique du Sud, du conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité, Samba Kaputo, et la journée de deuil national lors de son enterrement le 6 août à Kinshasa, ont toutefois repoussé la rencontre Kabila/Sofreco à septembre. Paul Fortin demeurait injoignable au moment de la rédaction de cet article (voir aussi notre alerte web du 23/07/07).


Au Soudan aujourd’hui

25 08 2007

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(Image: concessions pétrolières au Soudan, cliquez sur l’image pour l’argrandir)

Aujourd’hui (24 août) fut une journée très mouvementée en ce qui a trait au Soudan. Résumons premièrement ces nouvelles avant de les commenter :

 

 

  • L’International Peace Information Service, une ONG subventionnée par le gouvernement Belge et l’UE, a envoyé des photos, supposément prise au Darfour, à Amnistie Internationale d’un transfert de caisses par des soldats Soudanais à partir d’un avion et d’hélicoptères russes. Amnistie croit que ces caisses contiennent des armes et accuse le gouvernement de briser l’embargo d’armes au Darfour. Le gouvernement soudanais maintient que ces photos sont fausses et qu’elles servent à détourner l’attention de la guerre en Irak et en Afghanistan.

 

 

  • Le gouvernement Soudanais a expulsé du pays la chargée des affaires canadiennes à Khartoum, Nuala Lawlor, et le représentant de la Commission européenne, Kent Degerfelt. Khartoum donne comme raison l’ingérence dans les affaires internes du Soudan. Khartoum allègue entre autres que les deux diplomates auraient tenu des rencontres avec les rebelles, des figures d’oppositions à Khartoum ainsi que des ONG hostiles au gouvernement. Khartoum dit toutefois espérer et vouloir faire en sorte que ses relations avec le Canada et l’UE ne se détériorent pas à cause de cela. Khartoum aurait averti les deux diplomates indirectement de par deux fois avant de les expulser. Le Canada demande des explications alors que l’UE dit essayer de résoudre le problème.

 

 

  • Alors que les rebelles essaient de s’unir avant de possibles pourparlers avec Khartoum, le Front des forces unies révolutionnaires, un nouveau mouvement d’arabes nomades qui disent avoir été injustement associées aux Janjaweeds et qui se place plutôt dans le camp des rebelles essaie d’en arrivé à un accord avec les autres groupes rebelles.

 

  • Dans le différent qui oppose la pétrolière française TotalElfFina et l’anglaise White Nile le Soudan recommande que Total obtienne 25% de la concession (on parle ici de la concession 5 central dans la carte ci-haut), White Nile 15% et que le reste soit partagé par la pétrolière d’État du Soudan et l’autorité pétrolière du sud Soudan. White Nile n’a émit aucun commentaire alors que Total aurait refusé cet accord. La concession avait été attribuée à Total en 1980 mais Total avait abandonné le lieu lors du début de la guerre civile. L’autorité pétrolière du sud Soudan a donné la concession à White Nile en 2005. Nous avons déjà idée du passé mafieux de TotalElfFina, mais il en va de même pour White Nile, cette compagnie a deux administrateurs principaux, Billy Rautenbach et Phil Edmonds, et ces deux personnes ont une autre compagnie (minière celle-là) ensemble, Camec, qui a été utilisée pour piller le Congo/Zaïre. Avec l’aide de Mugabe, Rautenbach s’était fait mettre à la tête de la compagnie minière d’État, Gécamines, par Laurent D. Kabila. En 2000 L. Kabila s’est rendu compte que Rautenbach détournait les avoirs de Gécamines vers sa propre compagnie, Ridge-point, basée dans les Îles vierges britanniques. Kabila aurait sûrement expulsé Rautenbach mais L. D. Kabila fut assassiné en 2001 et sont fils, Joseph Kabila prit le pouvoir. Les choses se calmèrent donc pour Rautenbach jusqu’après les récentes élections ou J. Kabila fut reconduit au pouvoir. Ainsi le mois dernier Rautenbach fut déclaré persona non grata et expulsé du Congo. Le prétexte officiel est qu’il est recherché pour fraude en Afrique du Sud.

 

 

Notons premièrement que si le Soudan reçoit tant d’attention des gouvernement, les causes sont bel et bien géopolitiques et non pas humanitaires car sinon on parlerait autant du Myanmar. Le Soudan a du pétrole, comme on peut le constater sur la carte en haut, par ailleurs le Soudan occupe un lieu très stratégique près du golf persique.

 

La première chose à remarquer, si vous regardez la photo plus haut, c’est l’absence des trois grandes pétrolières que l’ont retrouve partout d’habitude : Exxon Mobil, Shell et British Petroleum. Notons que la majorité des concessions sont allouées à des compagnies afro-asiatiques (Soudan, Malaisie, Chine). Le Soudan est donc très spécial en ce que ce ne sont pas les majores euro-américaines qui exploitent le gros des ressources (en fait, en ce qui a trait à l’exploitation, Total n’exploite pas en ce moment et donc il n’y a aucunes des 6 majores [Exxon, Shell, BP, Total, Chevron et ConocoPhillips] qui exploitent au Soudan).

 

Commençons par le premier point, qu’en est-il des accusations d’Amnistie? Il est toujours possible que Khartoum dit vrai, après tout, IPIS, selon son propre site Internet, reçoit son financement du gouvernement belge et de l’UE donc il est possible que l’IPIS soit instrumentalisée par ces derniers. Surtout que, quand on regarde les rapports produits par l’IPIS, après un regard superficiel il n’y a rien à redire sauf que une grande proportion de ceux-ci ont trait au Congo-Kinshasa (Congo-K), pays où la Belgique a des intérêts. Mais bon, de toute façon c’est pas bien grave que ce soit de vraies photos ou non, il reste qu’il est vrai que la Chine est le plus grand fournisseur d’armes au Soudan, et que dans sa lutte contre les rebelles, le Soudan fournit surtout des armes chinoises aux Janjaweeds, et donc, que Khartoum et Beijing sont les grands responsables des atrocités au Darfour. Notons justement que c’est la concession de la CNPC (pétrolière chinoise) qui est au Darfour. On voit donc que la CNPC agit comme le fait Shell au Nigeria (ou Bolloré au Congo-B et au Tchad, etc. etc.) et arme des groupes terroristes afin de terroriser et massacrer la population locale qui s’oppose au pillage de leurs ressources naturelles, à la destruction de leur environnement et donc de leurs moyens de subsistance et qui s’oppose à leur délocalisation forcée pour faire place aux installations pétrolières. Il n’y a rien de surprenant à cela, il n’y a rien pour nous porter à croire que la Chine agirait avec plus de respect et humanisme que la France, le Canada ou les ÉU. En fait c’est tout le contraire, Shell pourrait continuer à exploiter les ressources pétrolières du Nigeria sans s’adonner à un génocide (cela augmenterait peut-être ses coûts d’exploitation car elle devrait compenser justement toute expropriation, devrait s’assurer de la sécurité de ses installations et payer ses taxes et impôts mais cela resterait possible car au Nigeria c’est Shell qui demande à l’armée d’intervenir auprès de la population locale). La situation au Soudan est très différente, c’est le gouvernement du Soudan qui demande à la Chine de fournir des armes en échange de concessions car Khartoum veut de l’aide pour combattre les rebelles (lire population locale exploitée) en échange. Ceci dit, c’est bien parce que les responsables des atrocités sont la Chine et Khartoum que nous en entendons parler. Les atrocités dues à Shell, Bolloré, on ne les ouïe guère. Une autre raison pour laquelle on en entend parler est sûrement pour justifier une intervention militaire de l’ONU pour protéger les rebelles. Or, la «communauté internationale» envoie seulement l’ONU pour protéger les partis qu’elle appuie. Par exemple au Rwanda elle s’en foutait car elle n’avait aucun intérêt en jeu ou par exemple, dans un billet précédent, nous avons vu que lors de l’attaque du Zaïre de Mobutu par l’alliance Rwanda-Ouganda-Kabila, la France voulait faire intervenir l’ONU pour protéger Mobutu alors que les ÉU opposèrent leur veto car ils voulaient un changement de régime mais tout le long la justification d’un déploiement de l’ONU était les réfugiés à la frontière. Il me semble que la situation est sûrement similaire pour le Soudan aujourd’hui. Le plus plausible est que l’Europe et les ÉU veulent une intervention de l’ONU pour protéger les rebelles avant qu’ils soient anéantis par la Chine et Khartoum et après d’une manière ou d’une autre, porter ces rebelles au pouvoir et exiger en repaiement des concessions pétrolières. Ce qui appuie le plus cette hypothèse est que (d’après Khartoum) les hauts diplomates Canadiens et Européens eurent des pourparlers avec les rebelles sans Khartoum et contre le vœu de Khartoum. Ce genre d’attitude n’est pas à même d’amener la paix au Soudan. La seule raison logique qui amènerait les diplomates à converser «secrètement» avec l’opposition est de comploter avec cette dernière contre le gouvernement. D’ailleurs, vu la situation délicate dans laquelle se trouve Khartoum (Khartoum doit être dans une situation délicate vu qu’elle a finalement accepter l’envoie de 26000 troupes de l’ONU sur son territoire alors qu’elle refusait à corps défendant antérieurement) n’est dans une position pour faire ce qui en situation normale serait un terrible affront diplomatique sans bonne raison. D’ailleurs Khartoum semble avoir été extrêmement prudente : elle a attendu que les deux diplomate soient déjà hors Soudan pour les «expulser»! Et en plus elle a été bien claire qu’elle ne voulait pas par ces gestes détériorer ses relations diplomatiques avec la «communauté internationale». Il me semble donc fort probable que nous soyons témoins de la planification par le Canada et la France d’un changement de régime à Khartoum. Pour ceux que ça pourrait surprendre, le Canada n’en n’est pas à son premier renversement de gouvernement : il y a pas si longtemps le Canada avec l’aide de la France et des ÉU a déposé le gouvernement Aristide d’Haïti. Notons aussi que les machinations du Canada et de France sont ici encore une fois faites avec l’appuie de Washington. En effet, Washington a immédiatement vertement critiqué Khartoum pour son geste, j’ai même eu l’impression que la réaction de Washington fut la plus virulente, l’Europe ayant la réaction la plus réservée.

 

Il est très intéressant que ce soit le Canada et l’Europe qui soient impliqués dans cette affaire. En effet, c’est le Canada et l’Europe, ou plus précisément le Canada et la France ou plus précisément encore, le conglomérat Chrétien-Martin-Desmarais-PowerCorp-TotalElfFina- GroupeBruxelloisLambert-BNPparibas qui fut la grande perdante corporative (cliquez ici pour plus d’info) de la guerre en Irak car c’est Total qui avait le plus de concessions pétrolières de Saddam avant la guerre (ces contrats étaient négociés en euros et la première chose que la coalition fut après l’invasion de l’Irak fut l’annulation de ces contrats) et c’est BNP-Paribas qui gérait à grand profit pour elle-même le programme pétrole contre nourriture. Ceci est une des raisons pour laquelle le Canada sous Chrétien/Martin et la France étaient si opposés à la guerre en Irak. Il se peut donc qu’un plan pour renverser le gouvernement soudanais et d’attribuer les champs pétroliers à Total soit une sorte de compensation pour les pertes subies par ce conglomérat dû à la guerre en Irak.

 

 

Sources : http://www.ipisresearch.be/

 

Washington Post

 

Al Jazeera

 

The Times

 

The Times

 

The Times

 

Washington Post

 

Daily Times

 

Addendum:

Il n’y a pas que la Chine qui participa au génocide au Soudan, le Canada aussi. La compagnie canadienne Talisman Energy (voir carte en haut) aurait aidé des officiers soudanais à «bombarder des églises, tuer des gens d’église et attaquer des villages afin d’ouvrir le chemin à l’exploration pétrolière». Après avoir subi des pressions populaires, être amené en cour et avoir reçu des menaces de desinvestiment, Talisman s’est finalement retiré du Soudan en vendant ses avoirs soudais à la compagnie indienne ONGC Videsh en 2003. En 2005 il y a eu des rumeurs que Total achèterait Talisman.

source: Wikipedia et «Judge lets Talisman genocide case proceed despite warnings from Canada, U.S.», CP

 

 

 

 

 

 

 



Image du jour

24 08 2007

http://www.globalsecurity.org/military/world/war/images/congo-map-030600-un.gif

MLC: appuyé par l’Ouganda a pour chef Bemba

RCD-N: appuyé par l’Ouganda a pour chef Wamba

RCD-KML: appuyé par le Rwanda a pour chef Nyamwisi

RCD: appuyé par le Rwanda a pour chef Goma

Les forces de l’ONU sont en rose. Il est intéressent de voir qu’en 1997 la «communauté intérnationale» (à l’exception de la France) ne voulait pas protéger Mobutu (voir ce billet précédent) alors qu’en 2003 elle intervient pour protéger Kabila. Pourquoi?



Sarkozy ce néo-colonisateur de l’Afrique

19 08 2007

Sarko-croisièreDans un billet précédent nous avons briévement parlé des liens qui unissent Sarkozy au groupe Bolloré.

Plusieurs ont été sidérés du discours de colonisateur tenu par Sarkozy à Dakar le 26 juillet dernier. Mais c’est qu’il était d’une honnêté désamparante ce Sarkozy car, non seulement a-t-il une mentalité de colonisateur raciste, mais il fait parti, dans la plus concrète réalité, de cette clique de néo-colonisateurs-pilleurs de ce continent regorgeant de richesses. En effet, ce groupe Bolloré, auxquel Sarkozy est très intîmement lié, est implanté dans presque tout le continent en faire l’exploitation, que ce soit dans ses activités industrielles (cigarettes et pellicules de plastique) dans ses monopoles de transports (terrestre et marin) et de logistiques ou dans ses activités de plantations et d’exploitation forestière. Bolloré se distingue entre autre par son indeffectible appui aux dictateurs tels le Congolais Sassou Nguesso (toujours “président”) et le Tchadien Idriss Déby (dont le fils a été assassiné le mois dernier en France). Alors que même Elf (voir billet précédant) ne daignait pas appuyer ces dictateurs sanguinaires, Bolloré les approvisionnait en armes et en mercénaires afin de mater l’opposition civile à ces dictateurs. Bolloré profite grandement de son monopole du commerce avec ces dictateurs: le groupe peut se permettre d’exiger des frais ruineux à ces pays. Grâce à son exploitation forestière effrênée, irrespectueuse de l’environnement et semi-légale au Cameroun, Bolloré est un des plus grand contributeur à la désertification dangereusement accélérée du Cameroun. Bolloré est le deuxième plus gros exploitant forestier au Cameroun avec 10% de la supérficie en exploitation; Rougier, le premier exploitant forestier au Cameroun, est une firme française proche de Raffarin.

Avec Sarkozy comme président de la France, on est en droit de s’attendre à un plus grand appui de l’État français à la néo-colonisation de l’Afrique par Bolloré.

source: http://www.survie-france.org/article.php3?id_article=170

Finissons le tout en musique avec une petite chanson bien à propos:

 


Tryo – Pompafric (Live)



La chute de Mobutu et l’histoire récente de la région des grands lacs

10 08 2007


1- La chute de Mobutu : région des grands lacs
envoyé par LiliTheKing
2- La chute de Mobutu : région des grands lacs
envoyé par LiliTheKing
3- La chute de Mobutu : région des grands lacs
envoyé par LiliTheKing
4- La chute de Mobutu : région des grands lacs
envoyé par LiliTheKing
5- La chute de Mobutu : région des grands lacs
envoyé par LiliTheKing
6- La chute de Mobutu : région des grands lacs
envoyé par LiliTheKing



“J’ai découpé et dissous dans l’acide le corps de Lumumba”

3 08 2007

BRUGES (Belgique), 15 mai (AFP) – Près de quarante ans après l’assassinat de Patrice Lumumba, le Belge Gerard Soete vient enfin de se défaire d’un lourd secret : une nuit de janvier 1961, dans une puanteur d’acide sulfurique et de cadavres écartelés, il fit disparaître le corps du martyr congolais.
“Est-ce que la législation me le permettait ?”, se demande-t-il aujourd’hui, à 80 ans et en bonne santé, dans son pavillon d’un faubourg résidentiel de Bruges (nord-ouest) où l’AFP l’a rencontré.
“Pour sauver des milliers de personnes et maintenir le calme dans une situation explosive, je pense que nous avons bienfait”, ajoute-t-il, en dépit de “la crise morale” qu’il doit avoir traversée après cette nuit “atroce”.
Le 17 janvier1961, sept mois après l’accession du Congo à l’indépendance, Patrice Lumumba, le premier chef de gouvernement du pays, était assassiné près d’Elisabethville (actuellement Lubumbashi, sud), capitale de la province alors sécessionniste du Katanga.
Criblé de balles, son corps n’a jamais été retrouvé, pas plus que ceux de deux proches tués avec lui, Joseph Okito et Maurice Mpolo.
Selon l’auteur, le but de l’élimination était, en pleine guerre froide, de maintenir le Congo dans la sphère d’influence occidentale.
La thèse a connu un tel écho qu’une commission d’enquête parlementaire belge, chargée d’éclaircir “l’implication éventuelle des responsables politiques belges” dans l’assassinat, a entamé ses travaux le 2 mai.
Une commission qui auditionnera Gérard Soete.
Commissaire de police chargé à l’époque de mettre en place une “police nationale katangaise”, le Brugeois dut d’abord transporter les trois corps à 220 kilomètres du lieu d’exécution, pour les enfouir derrière une termitière, en pleine savane boisée.
De retour à Elisabethville, il reçut cependant “l’ordre” du ministre de l’intérieur Katangais Godefroi Munongo de faire littéralement disparaître les cadavres.
La popularité de Lumumba était telle que son cadavre restait en effet gênant. Le “pèlerinage” sur sa tombe pouvait raviver la lutte de ses partisans.
“Petit Gérard Soete de Bruges, je devais me débrouiller tout seul avec trois corps internationalement connus”, résume-t-il aujourd’hui. “Toutes les autorités belges étaient sur place, et elles ne m’ont pas dit de ne rien faire”, ajoute-t-il, avec un fort accent flamand.
Accompagné d’”un autre blanc” et de quelques congolais, épuisés “d’une scie à métaux, de deux grandes dames-jeannes et d’un fut d’acide sulfurique”, il leur fallut toute la nuit, du 22 au 23 janvier, pour accomplir leur besogne.
“En pleine nuit africaine, nous avons commencé par nous saouler pour avoir du courage. On a écarté les corps. Le plus dur fut se les découper” avant de verser l’acide, explique l’octogénaire.
Il n’en restait presque plus rien, seules quelques dents. Et l’odeur ! Je me suis lavé trois fois et je me sentais toujours sale comme un barbare”, ajouté-t-il.
De retour en Belgique après1973, Gérard Soete contera cette terrible nuit dans un roman, “pour (se) soulager”, mais sans livrer son nom.

EMMANUEL DELOULOY



Assassinat de Lumumba commandité par les ÉU et la Belgique

3 08 2007

dinsdag, 9 oktober 2001, 10u44


Un complot des gouvernements américain et belge et de l’extrême droite

Solidaire s’est entretenu avec l’écrivain Ludo De Witte, à propos de l’assassinat de Lumumba

Nom: Ludo De Witte

Age: Né en 1956, papa de Wouter (16 ans) et Jasper (14 ans)

Parcours: Sociologue de formation et auteur de Crisis in Kongo (1996). Il a effectué des recherches très poussées dans les Archives des Nations unies (New York) et les Archives du ministère des Affaires étrangères (Bruxelles). L’assassinat de Lumumba est l’aboutissement d’une étude approfondie sur les commanditaires du crime, basée sur des documents uniques et des témoignages des protagonistes de ce drame.

Dans les prochaines semaines, la commission d’enquête parlementaire sur l’assassinat du Premier ministre congolais Lumumba clôturera ses travaux. A l’origine de cette commission, on trouve un livre de Ludo De Witte, qui a provoqué beaucoup de remous. L’auteur affirme que l’assassinat a été exécuté en accord avec les gouvernements belge et américain et que les commanditaires étaient tous des actionnaires d’entreprises qui pillaient ou avaient des vues sur les richesses du Congo. L’assassinat a été réalisé au nom du libre marché et de la lutte contre le communisme.

Tony Busselen

Ludo De Witte. Des indices sérieux indiquent que les plus hautes instances politiques belges ont été impliquées dans différentes tentatives d’assassinat de Lumumba, de septembre à octobre 1960. Pendant l’enquête, on a par exemple parlé de l’opération L, mise sur pied par Edouard Pilaet. Celui-ci travaillait pour le compte de la Forminière, la société belge qui exploitait le diamant au Congo. Par l’intermédiaire du colonel de réserve Laude, il était notamment en contact avec le chef de la maison militaire du roi, le général Dinjaert. Les plus hautes instances politiques étaient impliquées dans cette opération. C’est d’ailleurs le bras droit du comte d’Aspremont Lynden, le ministre des Affaires africaines, qui a chargé Pilaet de se rendre au Congo et d’y travailler sous la direction du colonel Marlière. Celui-ci deviendrait plus tard le conseiller de Mobutu.

Il y a encore d’autres témoignages. Ainsi, le commandant Noël Dedeken a reconnu avoir reçu du commandant en chef de l’armée belge, le baron de Cumont, l’ordre d’enlever Lumumba, sans doute en vue de l’éliminer par la suite. Et, récemment, l’officier belge Paul Heureux a confirmé l’existence d’un plan visant à assassiner Lumumba et émanant du journaliste Jo Gérard, partisan notoire du roi Léopold III et collaborateur de Paul Vanden Boeynants. Ce plan a été préparé sous la supervision du colonel Marlière, qui agissait avec l’accord de ses supérieurs. Ces opérations ont finalement été suspendues lorsque l’initiative est passée aux mains des Américains.

Avez-vous des informations sur la collaboration entre les services américains et belges?

Ludo De Witte. Nous savons que dès l’été 1960, les Américains et les Belges ont lancé plusieurs tentatives d’assassinat contre Lumumba et que toutes ces opérations ont été suspendues entre le 10 et le 15 octobre. Des documents de la CIA et les archives de Pilaet révèlent qu’on était arrivé à la conclusion que trop de personnes travaillaient à la préparation du meurtre de Lumumba. Hormis les opérations préparées par les services occidentaux eux-mêmes, ceux-ci ont aussi tenté de faire exécuter la sale besogne par des Congolais. Mais ceux-ci se sont montrés peu enthousiastes. Pilaet écrit dans un rapport: «Tous les Congolais avec lesquels je parle sont d’accord pour dire que Lumumba doit disparaître. Mais ils espèrent tous que quelqu’un d’autre fera le travail à leur place». En d’autres termes, de très nombreuses personnes étaient au courant des opérations. A Brazzaville et à Léopoldville, les rumeurs allaient bon train. Des amateurs étaient impliqués dans l’affaire et il y avait des fuites. Un moment donné, il a donc été décidé de mettre fin à toutes les opérations.

Noël Dedeken et Pilaet ont alors été révoqués. La CIA a envoyé un message à l’ambassade américaine précisant que «toutes les initiatives par rapport à Lumumba devaient être arrêtées». Mais en même temps, le quartier général de la CIA a transmis un message secret, via un canal spécial, à Larry Devlin, chef de la CIA à Léopoldville, lui indiquant littéralement qu’il ne devait en aucun cas tenir compte du message officiel et que l’opération serait poursuivie de manière accélérée.

La CIA décide alors d’engager un tueur à gages professionnel. Cet homme, recruté en Belgique et portant le nom de code QJWIN, est arrivé au Congo juste avant la fuite de Lumumba de Kinshasa. Finalement, il sera rappelé sans avoir pu achever son travail parce qu’entre-temps, Lumumba a été arrêté par Mobutu pour être livré plus tard au Katanga. Mais le fait qu’à la mi-octobre, Belges comme Américains mettent fin à toutes leurs opérations officielles et que la CIA prend alors toute l’affaire en main, donne à penser qu’il y a eu une coordination à un très haut niveau entre Bruxelles et Washington. En outre, des concertations ont eu lieu en janvier 1961, tant au niveau de l’Otan que de manière bilatérale. Le Portugal, qui était encore maître en Angola, et le régime britannique en Rhodésie ont discuté avec le régime Tshombé au Katanga pour arrêter la progression des forces nationalistes. Des contacts avec les Français ont eu lieu en vue de renforcer le régime de Mobutu. Le Pentagone insistait à cette époque pour que les bases militaires de Kitona et de Kamina restent entre les mains de forces «alliées».

Mais il y avait quand même une forte rivalité entre Belges et Américains à propos du contrôle du Congo…

Ludo De Witte. Cette rivalité n’a joué un rôle que plus tard. Au cours de l’année 1961, une fois Lumumba assassiné et les Américains maîtres de la situation, elle a pris des proportions importantes. Mais durant toute la période de crise, de l’été 60 jusqu’à la mort de Lumumba, les opérations belges et américaines se sont déroulées parallèlement. Le 18 août 1960, le président Eisenhower donne le feu vert pour assassiner Lumumba. Le même jour, Gaston Eyskens donne ordre à Van Bilsen de charger Kasa Vubu de la destitution de Lumumba. Belges et Américains sont alors de véritables «frères d’armes» et ils collaborent étroitement. Ainsi, il y eut un attentat soi-disant perpétré par des nationalistes contre Ndele, un homme de Mobutu. Les Américains étaient au courant depuis une semaine. L’opération s’est déroulée avec un tel amateurisme et le lien avec Lumumba était si apparent qu’il s’agissait sans aucun doute d’une opération tendant à dresser le camp de Mobutu contre les Lumumbistes et à les pousser dans les bras de la CIA et de la sûreté belge. Il y a eu des attentats semblables contre Mobutu lui-même et d’autres Congolais. Dans ces opérations, la CIA collaborait avec les services secrets belges. Il y a d’ailleurs aussi le témoignage du colonel Marlière qui reconnaît avoir placé, avec l’aide la CIA, des appareils d’écoute dans la résidence de Lumumba. L’agent de la CIA Devlin parle lui aussi d’une collaboration intense avec les Belges.

Des accusations sévères ont été formulées devant la commission d’enquête à l’encontre du journaliste d’extrême droite Jo Gérard. Un officier belge, Paul Heureux, l’accuse de lui avoir remis une mitraillette, deux millions de francs et la mission d’engager un tueur pour assassiner Lumumba. Qui est Jo Gérard?

Ludo De Witte. Gérard était déjà actif dans la résistance anticommuniste durant la Deuxième guerre mondiale. Après la guerre, il est devenu propagandiste anticommuniste et partisan d’un régime musclé autour de la figure du roi Léopold III. Il était aussi l’une des chevilles ouvrières de la publication d’extrême droite Europe-Magazine, une revue néo-fasciste qui écrivait sur les Congolais en des termes racistes. Je me rappelle d’un numéro qui titrait à la une: «Le Congo livré aux bêtes». C’était le style de Jo Gérard. Il a également joué un rôle important dans l’ascension politique de Paul Vanden Boeynants et contribué au développement de l’aile droite du PSC. Il avait également de bons contacts avec le baron Zurstrassen, un grand financier du groupe Lambert.

Dès l’instant où le gouvernement belge a déclenché la guerre -non déclarée- contre Lumumba, le milieu réactionnaire, anticommuniste et paramilitaire qui s’était formé durant la guerre a reçu carte blanche. Des gens comme Pilaet, Dedeken, Laude, Gérard appartenaient à ce milieu. Le ministre des Affaires africaines d’Aspremont Lynden avait lui-même été un dirigeant de la résistance anticommuniste durant la guerre. Dans les années cinquante, il était lieutenant-colonel du cadre de réserve de l’armée, collaborateur de la sûreté militaire belge et un haut dirigeant des réseaux gladio. Ces réseaux avaient été créés par les services secrets américains dans tous les pays européens pour entrer en action si les communistes arrivaient au pouvoir. Après l’accession de Lumumba au poste de Premier ministre, c’est ce même d’Aspremont Lynden qu’on a envoyé au Katanga afin d’y organiser la révolte contre Lumumba, avec l’aide de Jean del Marmol, un officier de la résistance anticommuniste exclu de la direction pour ses idées trop extrémistes. Il voulait absolument instaurer une dictature militaire sous la direction du roi après le départ des Allemands.

Pourquoi des forces aussi différentes que le gouvernement belge, le gouvernement américain et les léopoldistes ont-ils collaboré en vue d’assassiner Lumumba?

Ludo De Witte. Toutes ces forces, traversées par d’énormes conflits d’intérêts, étaient toutes des actionnaires d’entreprises qui exploitaient le Congo. Derrière Jean del Marmol, il y avait le groupe Lambert; derrière Pierre Wigny, il y avait une floppée de sociétés coloniales; dans l’entourage du Palais royal, il y avait la Société Générale. L’oncle d’Aspremont Lynden était l’un des commissaires de la Société Générale. Pour les Américains, l’enjeu était aussi de mettre la main sur les énormes richesses du Congo. En outre, un succès du nationalisme de Lumumba pourrait avoir des conséquences importantes dans l’ensemble de l’Afrique.

Comment la commission Lumumba pourrait-elle, selon vous, réellement faire la lumière sur le meurtre de Lumumba?

Ludo De Witte. Qu’elle fasse ouvrir toutes les archives, surtout pour les Africains, car c’est en premier lieu leur histoire. Le dossier Lumumba de la Sûreté de l’Etat et les archives de la sûreté militaire doivent être rendues publiques. Par ailleurs, la commission doit examiner ce qui s’est exactement passé durant les dernières heures de Lumumba et tout mettre en œuvre pour récupérer sa dépouille. On affirme que le commissaire de police Soete aurait détruit le cadavre de Lumumba, mais beaucoup en doutent.

Le parlement a décidé de clôturer les travaux de la commission fin janvier pour éviter qu’on établisse un lien entre le meurtre de Kabila et celui de Lumumba. Qu’en pensez-vous?

Lude De Witte: Je crains que les choses n’aient pas fondamentalement changé depuis 1960. Je me rappelle, par exemple, qu’au moment où la commission Lumumba s’installait, Louis Michel affirmait que Laurent Kabila s’était disqualifié lui-même sur la scène internationale. Raison de cette déclaration: la décision de Kabila visant à interdire les devises étrangères au Congo. Le fait qu’un ministre des affaires étrangères se permette de faire de telles déclarations à propos d’une mesure qui relève manifestement des affaires économiques internes d’un autre pays, qui en plus est en guerre, démontre qu’on n’a pas appris grand chose depuis quarante ans. On traite toujours les dirigeants congolais avec le même mépris «impérial» que dans les années soixante. On peut démontrer de manière presque mathématique avec quelle force l’Occident souhaitait voir disparaître Kabila. Il suffit de comparer les flux financiers de l’Occident vers les pays qui ont agressé le Congo et l’argent qui est allé au Congo, pour comprendre que l’Occident n’a donné aucune chance à Kabila.

Aujourd’hui, on assiste à une véritable balkanisation du Congo: quelques pays voisins occupent d’énormes territoires du Congo qu’ils pillent sans vergogne avec l’aide d’entreprises occidentales. La facilité avec laquelle l’Occident accepte cette situation démontre le peu de respect qu’il a à l’égard de l’intégrité territoriale d’un pays du tiers monde. A voir le soulagement avec lequel l’Occident a réagi à la mort de Laurent Kabila début 2001 et la rapidité avec laquelle Louis Michel a annoncé son décès – avant même la communication officielle du gouvernement congolais – je doute fort de la prétendue ouverture que le gouvernement s’attribue.

Le Conseil des ministres de Lumumba. Après l’accession de Lumumba au poste de Premier ministre, d’Aspremont Lynden et Jean del Marmol, deux figures importantes de l’anticommunisme d’extrême droite belge, ont été envoyés au Congo pour y organiser la révolte contre Lumumba. (Photo archives)

Ludo De Witte, L’assassinat de Lumumba, aux éditions Karthala.

En vente dans toutes les bonnes librairies. Vous pouvez le commander à la Librairie Internationale (02/513.69.07) au prix de 1088 francs + 80 francs de port.

source: http://www.solidaire.org/scripts/article.phtml?lang=2&obid=6419




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