Le Franc CFA: piller l’Afrique sans laisser de traces.

7 03 2008

repris de OCNUS:

Par Dr. Gary K. Busch 22/2/08

L’une des influences les plus importantes dans la vie économique et politique des Etats africains qui étaient des colonies françaises dans le passé c’est l’impact d’une monnaie commune ; le Franc de la Communauté Financière de l’Afrique (« CFA »). Il y a en effet deux francs CFA distincts en circulation. Le premier est celui de l’Union Economique et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMAO) qui comprend huit pays Ouest Africains ( Bénin, Burkina Faso, Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal et Togo). Le deuxième c’est celui de la Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC) qui comprend six pays d’Afrique Centrale (Cameroun, République Centrafricaine, Tchad, Congo-Brazzaville, Guinée-Équatoriale et Gabon), cette division correspond à l’AOF (Afrique Occidentale Française) pré-coloniale et AEF(Afrique Equatoriale Française), avec l’exception que la Guinée-Bissau était une colonie portugaise et la Guinée Equatoriale une colonie Espagnole dans le passé.

Chacun de ces deux groupes produit son propre franc CFA. Le franc CFA de l’UEMAO est produit par la BCEAO( Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et le franc CFA de la CEMAC est produit par la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale). Ces monnaies étaient estimées à 100 F CFA pour chaque franc Français, mais après que la France a rejoint la zone Euro de la Communauté Européenne à un taux fixe de 6,65957 francs Français pour un Euro, le taux du CFA par rapport à l’Euro fut fixé à 665, 957 F CFA pour chaque Euro, maintenant le ratio de 100 pour 1. Il est important de noter que c’est la responsabilité de la Trésorerie Française de garantir la convertibilité du Franc CFA à l’Euro.

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La politique monétaire gouvernant une agrégation aussi diverses de pays est simplifiée parce qu’elle est en fait opérée par la Trésorerie Française, avec aucune aux autorités fiscales centrales ni de l’UEMAO, ni de la BEAC. Sous les termes d’accord qui mirent sur pieds ces banques et la CFA, la Banque Centrale de chaque pays est obligée de maintenir au moins 65% de ses réserves d’échanges étrangers dans une « compte d’opérations » tenu par la Trésorerie Française, de même que 20% en plus pour couvrir d’autres obligations financières.

Les banques centrales de la CFA imposent aussi un CAP sur les crédits étendus à chacun des Etats membres équivalent à 20% des revenus publiques de ce pays au cours de l’année précédente. Bien que la BEAC et la BCEAO aient des facilités de découvert avec la Trésorerie Française, les DRAWDOWNS sur ces facilités de découverts sont sujets au consentement de la Trésorerie Française. Le dernier mot c’est celui de la Trésorerie française qui a investi les réserves étrangères des pays africains en son propre nom à la Bourse de Paris.

En un mot, plus de 80% des réserves étrangères de ces pays africains sont déposées dans les « comptes d’opérations » contrôlés par la Trésorerie française. Les deux banques CFA sont africaines de nom, mais ne possèdent pas de politiques monétaires propres à elles. Les pays eux-mêmes ignorent, il ne leur est même dit, quel pourcentage de la cagnotte de leurs réserves étrangères tenues par les la Trésorerie Française leur appartient en tant que groupe ou individuellement. Les gains de l’investissement de ces fonds dans la cagnotte de la Trésorerie Française sont supposés être ajoutés à la cagnotte, mais aucune comptabilité d’aucun de ces changes n’est adressée ni aux banques, ni aux pays. Le cercle limité des hauts cadres de la Trésorerie Française qui ont connaissance des montants des « comptes d’opérations » où ces fonds sont investis ; qui savent s’il y a des bénéfices sur ces investissements ; ont la prohibition de ne livrer aucune de ces informations aux banques CFA ou aux banques centrales des Etats africains.

Cela rend impossible pour les Etats Africains de réguler leur propre politique monétaire. Les pays les plus inefficaces et les plus gaspilleurs sont capables d’employer les réserves étrangères des pays plus prudents sans aucune intervention significative des pays les plus riches et couronnés de succès. Le fait que, pendant que le PIB français grandit et que la parité de l’Euro face au dollar (principale monnaie du commerce international) apprécie, il y a le danger constant que le franc CFA pourrait être fixé à un taux d’échange très élevé. Ceci freine la croissance dans le commerce entre l’Afrique et le reste du monde et permet aux autres pays, spécialement en Asie, d’employer leurs taux d’échange plus flexibles pour gagner des parts de marché, supplantant l’Afrique.

La création et le maintien de la domination Française des économies de l’Afrique francophone sont le produit d’une longue période de colonisation française et la dépendance apprise des Etats africains. Pour la majeure partie de l’Afrique francophone, leurs banques centrales n’ont que des pouvoirs limités. Il y a des économies dont la vulnérabilité face à une économie de plus en plus globalisée s’accroît de jour en jour. Il ne peut y avoir de politique de commerce sans référence aux réserves. Les politiciens et les partis élus pour promouvoir la croissance, la réforme, les changements dans le commerce et les politiques fiscales sont relégués au second plan à moins qu’il n y ait l’approbation de la Trésorerie Française qui rationne leurs fonds. Il y en a plusieurs qui objectent à la continuation de ce système. Le Président Abdoulaye Wade du Sénégal a déclaré ceci très clairement : « L’argent du peuple africain bloqué en France doit être rapatrié en Afrique afin de profiter aux économies des Etats de la BCEAO. L’on ne peut pas avoir des milliards de milliards placés dans les marchés bousiers étrangers et en même temps dire qu’on est pauvre, et aller ensuite quémander de l’argent »

Comment Cela est-il Arrivé ?

Ce système de dépendance est une résultante directe des politiques coloniales du gouvernement français. Dans la période immédiate après-guerre, après la signature des accords de Bretton Woods en juillet 1944, l’économie Française avait besoin de se relever de toute urgence. Pour l’aider dans ce processus, elle créa le franc CFA au sein de ses colonies d’Afrique afin de garantir un marché captif pour ses produits. La décision principale qui découla des accords de Bretton Woods c’était l’abandon des Standards de l’Or. En un mot, le nouveau système donnait une place dominante au dollar. Les autres monnaies virent leur taux d’échange être indexé au dollar. Les réserves des banques centrales Européennes en ce temps là étaient constituées de monnaies à valeur douteuses d’après-guerre qui avaient été dévalorisées des fluctuations de la monnaie. Pour cette raison, la France avait besoin des monnaies de ses colonies pour soutenir sa compétitivité avec ses rivaux Américains et Britanniques. De Gaulle et Pierre Mendès, son principal conseillé économique, rencontrèrent des dirigeants africains et développèrent un pacte colonial qui garantirait que ceci dans un traité (avec des clauses publiques et des clauses secrètes). Le génie derrière tout cela c’était Jacques Foccart, le « Mister Africa » Français.

La décolonisation au Sud du Sahara ne se fit pas comme De Gaulle l’avait prévu. Il aurait voulu une Communauté Franco-Africaine qui interrompit l’indépendance totale. Mais lorsque la guinée de Sékou Touré vota « non » au référendum de 1958 concernant cette Communauté, l’idée fut effectivement morte. La Guinée fut propulsée dans les ténèbres à cause de sa décision et un semblant de Communauté fut mise sur pieds, mais l’appel à l’indépendance totale se montra difficile à résister.

Sans y être vraiment préparé, en 1960, De Gaulle avait à improviser des structures pour une collection de petits Etats nouvellement indépendants, chacun avec un drapeau, un hymne et un siège aux Nations Unies, mais souvent avec de petits atouts précieux. C’est à ce niveau que Foccart eut à jouer un rôle essentiel, celui d’un architecte d’une série d’accords de Coopération avec chacun des nouveaux Etats dans les secteurs des finances et de l’Economie, de la culture et l’éducation, et de l’armée. Il y avait onze pays impliqués à l’origine : Mauritanie, Sénégal, Côte d’Ivoire, Dahomey (actuel Bénin), Haute Volta(actuel Burkina Faso), Niger, Tchad, Gabon, République Centrafricaine, Congo-Brazzaville et Madagascar. Le Togo et le Cameroun, anciens Territoires Administratifs des Nations Unies, furent aussi co-optés dans le club. Ainsi furent aussi, plus tard le Mali et les anciens territoires Belges (Rwanda-Urundi, actuel Rwanda et Burundi, et le Congo-Kinshasa), quelques-unes des ex-territoires portugais, ainsi que les Iles Comores et le Djibouti, qui avaient aussi été sous la domination française pendant plusieurs années mais devinrent indépendants dans les années 1970. Tout cet ensemble fut placé sous un nouveau Ministère de la Coopération, créé en 1961, séparé du Ministère des Affaires des Départements et Territoires d’Outre-mer (connus sous le DOM-TOM) qui les administraient tous auparavant.

La clé de tout ceci était l’accord signé entre la France et ses colonies nouvellement libérées d’Afrique qui embrigadèrent ces colonies dans l’étreinte économique et militaire de la France. Ce pacte colonial non seulement créa l’institution du franc CFA, mais aussi, il créa un mécanisme légal sous lequel la France obtint une place de choix dans la vie économique et politique de ses colonies.

Les accords du Pacte Colonial garantirent une préférence spéciale à la France dans les processus politiques, commerciaux et de la défense dans les pays Africains. Au niveau de la défense, il accepta deux sortes de contact continuel. Le premier était l’accord militaire ouvert sur la coopération militaire ou les accords d’Aide Militaire Technique (AMT), qui n’étaient pas légalement contraignantes, et pouvaient être suspendus selon les circonstances. Ils couvraient l’Education, la formation des soldats et des forces de sécurité Africaines. Le second type, secret et contraignant, consistait en des accords de défense supervisés et conduits par le Ministère de la Défense Français, qui servait de base légale pour des interventions Françaises. Ces accords permirent à la France d’avoir des troupes pré-déployées en Afrique ; en d’autres termes, des Unités de l’armée française présentes de façon permanente sur une base rotative dans des bases et des camps militaires en Afrique, entièrement gérées par les Français.

Selon l’Annexe II de l’accord de Défense signés entre les gouvernements de la République Française, de la République de Côte d’Ivoire, de la République de Dahomey et de la République du Niger le 24 Avril 1961, la France a la priorité dans l’acquisition de ces « matières premières classés comme stratégiques ». En effet, selon l’article 2 de l’accord, ‘la République Française informe régulièrement la République de Côte d’Ivoire ( et les deux autres) de la politique qu’elle compte adopter concernant les matières premières et les produits, en tenant compte des besoins généraux de la défense, de l’évolution des ressources et la situation du marché mondial ».

Selon l’article 3, « la République de Côte d’Ivoire (et les deux autres) informent la République Française des politiques qu’ils comptent suivre concernant les matières premières stratégiques et les produits, et les mesures qu’ils se proposent d’adopter afin d’appliquer ces politiques. » et pour conclure, l’article 5 :
« Concernant ces même produits, la République de Côte d’Ivoire (et les deux autres), pour les besoins de la défense, les réserve en priorité pour la vente à la République de France, après avoir satisfait aux besoins de la consommation interne, et ils importeront ce dont ils ont besoin prioritairement de la France. » la réciprocité entre les signataires n’était pas une négociation d’égal à égal, mais elle reflétait la dominance de la puissance coloniale qui avait, dans le cas de ces pays, une « indépendance » organisée quelques mois avant ( en Août 1960).

En résumé, le pacte colonial maintenait le contrôle de la France sur les économies des Etats Africains ; il prit possession des réserves de monnaie étrangères ; il contrôla les matières premières stratégiques de pays, il posta des troupes dans le pays avec le droit de libre circulation ; il exigea que tous les équipements militaires soient acquis de la France ; il prit en charge la formation de l’armée et de la police, il exigea que les hommes d’affaire français soient autorisés à avoir le monopole des entreprises dans des secteurs clés (Eau, Electricité, Ports, Transports, Energies, etc.). La France non seulement imposa des restrictions sur les importations de quantités de produits en dehors de la zone franc, mais aussi elle imposa des quantités minima d’importations de la France. Ces traités sont encore en vigueur et opérationnels.

La création d’un tel système n’était pas le produit de l’Assemblé Nationale Française ou le résultat d’aucun processus démocratique. C’était la résultante des politiques guidées par un groupuscule dans le bureau du Président, la « Cellule Africain », initialement présidée par Foccart. Pendant le demi-siècle passé, le puissante et secrète « Cellule Africaine » a surveillé les intérêts stratégiques de la France en Afrique, gouvernant sur un grand andain d’anciennes colonies françaises. Agissant comme une commande générale, la cellule utilise l’armée Française comme un marteau pour installer des gouvernants qu’elle estime conciliantes avec les intérêts français. En retour, ces pays donnent à des industries Françaises la primeur sur leur pétrole et d’autres ressources naturelles. Mettant à l’écart des canaux diplomatiques traditionnels, la cellule ne fait des rapports qu’à une personne : Le Président. Les liens serrés de la cellule au géant du pétrole Elf Aquitaine, dont les dirigeants furent emprisonnés pour corruption, était une source d’embarras. Et un ancien chef de la cellule a été condamné suite à des accusations de trafique d’armes en Angola. Ces problèmes politiques hautement controversés ne furent jamais soulevés avant aucunes des structures démocratiquement élues de la France. La politique africaine est le domaine privé du bureau du Président.

Cela était vrai de De Gaulle, Mittérand, Giscard d’Estaing et Chirac. Sarkozy n’a apparemment pas de contacts ou d’ambitions dans ce domaine et a laissé la Cellule de Chirac en place.

L’Impact du Pacte Colonial

Certaines des conséquences pour les pays africains de la continuation de la dépendance sont évidentes—manque de compétition ; dépendance de l’Economie française ; dépendance de l’Armée Française ; et la politique porte- ouverte pour les entreprises privées françaises. Cependant, il y a des différences subtiles qui ressortent.

Les compagnies Françaises en Afrique francophone, en vertu de leur statut oligarchique ou de monopole, contribuent pour une part substantielle au PIB de ces pays. De façon plus importante, ils sont très souvent le seul groupe de gros payeurs d’impôts. Dans plusieurs de ces pays, les compagnies françaises paient plus de 50% des impôts sur le revenu national recueillis. Cela leur donne un statut unique. Assez fréquemment, les français disent que sans les compagnies françaises, l’économie des pays africains s’effondrerait. Couplé avec l’incapacité d’accès à ses propres ressources naturelles pour un pays, cela est vrai sans l’ombre d’un doute. Cependant, il ne s’en suit pas que des compagnies privées d’autres pays comme les USA et la Chine ne pourraient pas contribuer également. C’est l’une des raisons pour lesquelles les Français sont si inquiets concernant l’ouverture à la compétition sur le marché.

Un autre aspect c’est l’incapacité pour les pays francophones à collecter les impôts des citoyens ordinaires. Dans un pays comme la Côte d’Ivoire qui a été divisé pendant un certain nombre d’années entre le Nord rebelle et le Sud loyaliste, la collecte des impôts dans les régions rebelles a été impossible. Les rebelles se sont engraissés avec les taxes et les frais imposés à leurs populations captives, ainsi que de la vente des biens volés de leurs régions. Ils ne veulent pas déposer les armes parce que cela aura un effet économique néfaste sur eux, pas uniquement politique.

Le manque d’une force citoyenne qui paie des taxes creuse un gouffre entre le gouvernement et les citoyens ; la responsabilité mutuelle manque à l’équation. C’est le devoir de l’Assemblée Nationale de légiférer des programmes basés sur l’approvisionnement de l’Etat en revenus, mais s’il y a des revenus insuffisants, l’Assemblée Nationale est frustrée dans son rôle. Si 80% des fonds vont en France en tant que contribution au projet CFA, il ne reste que très peu pour que les ministres et l’Assemblée Nationale les affectent aux projets sociaux.

Dans plusieurs pays francophones, souffrant dans des conditions de sécheresse, de manque de nourriture ; manque de soins de santé ; il n y a que l’ « Aide3 française aux trésors nationaux qui les soutiennent. Cette « aide » est très souvent leur propre argent que les Français ont acheminé jusqu’à eux.

Il y en a plusieurs en Afrique qui ont vu et compris le problème du franc CFA et le Pacte Colonial ; Mamadou Koulibaly, le Président de l’Assemblée Nationale de la Côte d’Ivoire a été un critique remarquable du Pacte Colonial et la dominance du franc CFA. Il a écrit un livre excellent sur le sujet et donne des conférences et des interviews sur ce sujet régulièrement. Le problème est que très peu comprennent l’iniquité fondamentale de ce système français ; y compris beaucoup d’africains.

Si les nations africaines veulent assurer leur croissance, et prendre part pleinement aux opportunités de la globalisation, elles doivent être libérées des fers de cet albatros colonial. Afin d’attirer d’autres investissements directs dans les économies, par opposition à juste un portefeuille d’investissement, cette situation doit changer. Dans les termes du Président Koulibaly, « En Afrique, nous n’avons pas besoin des armes, nos problèmes ne sont pas dus au manque d’argent. Ma conviction est que nous devons premièrement déclarer clairement nos droits d’appartenance sur notre propre terre et aux ressources de notre sol qui furent emportées par les colons lorsqu’ils conquirent nos pays, et qui sont encore emportés à travers le Pacte Colonial ».

Source:Ocnus.net 2007



Appérçus de la Françafrique

15 02 2008

NOIR SILENCE, FX Verschave JT
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trafic d’armes itw verschave
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L’envers de la dette en Afrique

6 01 2008


L’Envers De La Dette en Afrique
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Des Franc-Maçons aux plus hautes sphères du pouvoir en Afrique??

18 12 2007

repris de la lettre du continent:

AFRIQUE/FRANCE
Grande réunion maçonnique africaine à la GLNF, Paris, 29 novembre
La Grande Loge nationale française (GLNF) a animé, le 29 novembre, à son siège rue Christine de Pisan, la « Tenue solennelle annuelle » des loges africaines de L’Arche royale de France, avec des interventions de Jean-Charles Foellner, ancien grand maître et de Claude Dohou. On notait la présence d’une quarantaine de dignitaires africains, notamment du Gabon (deux ministres) et du Congo-Brazza.


CENTRAFRIQUE
La loge « Amour et solidarité » de Bozizé, Bangui, 1er décembre
Installé chez son ami Enoch Lakoué Derant, le président Denis Sassou Nguesso est venu « introniser » en Centrafrique le nouveau grand maître François Bozizé [ndlr: aussi, accessoirement, président de la république centrafricaine] de la loge « Amour et solidarité », qui relevait auparavant du Congo-Brazzaville. A cette occasion, il a été vivement recommandé au président centrafricain de mieux traiter ses « frères » : Me Nicolas Tiangaye, le ministre d’Etat Charles Massi et l’homme d’affaires Joseph Perrière, président de Télécel Centrafrique et en butte au projet de « Gateway unique » du ministre des télécoms, Fidèle Gouandjika. Entre autres…



Air France, auteur d’attentats à la bombe à Paris jeudi dernier?

12 12 2007

repris de Le MAGue:
article de Philippe Gras

 

Avec la remise en liberté du soupirant transi de Maître Catherine Gouet-Jenselme par la police anti-terroriste, l’enquête au sujet du colis piégé déposé au 52, boulevard Malesherbes piétine. Il ne va pas lui être aisé de retrouver la motocycliste aperçue à la sortie de l’immeuble quelques instants avant l’explosion, jeudi dernier à 12H50… Brune, la vingtaine, d’un mètre cinquante-cinq et portant un casque ! Étant donné la proximité du cabinet fondé par Arnaud Claude et Nicolas Sarkozy, la police et la presse ont immédiatement affirmé que celui qui se trouvait au 4ème étage de l’immeuble ne traitait pas de dossiers sensibles. L’un de ses responsables, Maître Olivier Brane, paraissait être visé par la bombe, il a d’ailleurs ouvert la caisse qui la contenait, et c’est son assistante, Jacqueline Ben Bouali, qui a été tuée par le souffle de l’engin. Maître Brane est un avocat réputé, il ne traite pas seulement des contentieux de copropriété, mais il est aussi expert devant les tribunaux pour des affaires internationales, et il éprouve un intérêt particulier pour l’Afrique. Denis Attiba Mensah, porte-parole des salariés d’Air Afrique, a parlé au journal Le MAGue de son action dans le conflit délétère qui les oppose à la direction d’Air France, et accuse :

 

 

 

Le MAGue : Vous avez suggéré que l’attentat perpétré contre le cabinet de Maître Olivier Brane serait crapuleux, mettant en cause tous ceux qui ont œuvré à la mort d’Air Afrique et à sa liquidation ne soit pas exclue. Que voulez-vous dire exactement ?

 

Denis Attiba Mensah : Les autorités françaises ont déclaré que ce cabinet ne traite pas d’affaires sensibles. Nous en apportons la contradiction, car notre dossier ne concerne pas le recouvrement de créances, mais une plainte contre X avec constitution de partie civile, auprès du Doyen des Juges d’Instruction, dans le cadre de la faillite orchestrée de la multinationale Air Afrique impliquant l’Agence Française de Développement (AFD), la compagnie Air France et le Groupe ACCOR. Vous verrez les détails de la plainte dans le fichier ci-joint.

 

 

Le MAGue : La bombe a explosé avant une séance de travail avec l’un de vos représentants à son cabinet, en quoi peut-elle avoir une relation avec l’affaire de l’indemnisation des salariés d’Air Afrique ?

 

Denis Attiba Mensah : Une séance de travail entre le cabinet Brane et notre vice-président pour conformer la plainte aux exigences du parquet de Paris. L’avocate en charge du dossier est rentrée samedi d’Afrique avec des documents déterminants que Maître Olivier Brane attendait pour faire bloquer les avions d’Air France. Notre représentant n’est finalement pas allé à ce rendez-vous, parce qu’il attendait un coup de fil préalable de l’avocate. Il ne se trouvait donc pas sur les lieux.

 

 

Le MAGue : Quels sont les principaux aspects du contentieux que vous avez avec Air France ?

 

Denis Attiba Mensah : S’agissant de la liquidation de la multinationale Air Afrique, la France a pris le soin de faire indemniser totalement les travailleurs exerçant sur son sol, et à ce jour aucun compte n’a été rendu pour connaître les actifs réalisés et le passif payé. Mais, après plus de 5 ans, les autres travailleurs pourtant régis par le même statut attendent toujours de calculer leurs droits. Ils sont abandonnés sans ressources et jetés à la rue avec femmes et enfants, à Abidjan, pourtant ils avaient été affectés par la société pour besoin de service. Et, c’est sur de tels éprouvés que Air France l’actionnaire majoritaire dans le capital d’Air Afrique exerce un vil chantage, leur demandant d’accepter Air France comme partenaire stratégique de la nouvelle Air Afrique avant d’avancer les 8 millions d’euro prévus pour payer les arriérés de salaires d’avant la liquidation.

 

 

Le MAGue : En somme, il s’agit d’un litige à l’issue d’un plan social, n’est-ce pas ?

 

Denis Attiba Mensah : Je répète que le dossier Air Afrique ne concerne pas exclusivement l’indemnisation des travailleurs. Il s’agit d’une activité économique d’importance, un vrai levier de développement, qui a été supprimée et d’une expertise très pointue, mise sur pied pendant 40 ans qu’ils ont fait disparaître. C’est donc plutôt de cela qu’il s’agit. En outre, Air Afrique disposant de son propre traité, a été mise en liquidation en violation de ce traité comme une vulgaire société, sans même le quitus de la commission économique européenne, compte tenu des investissements français et allemand dans le capital de la compagnie.

 

 

Le MAGue : Voulez-vous dire que la liquidation d’Air Afrique est faite au profit d’Air France et de ses partenaires financiers ?

 

Denis Attiba Mensah : Air France s’est permis d’écrire aux Chefs d’Etat des pays membres d’Air Afrique, leur demandant d’empêcher tout recours des travailleurs devant les tribunaux. Toute chose que nous subissons en Afrique. Au Congo, une décision rendue par le tribunal de Brazzaville en faveur des travailleurs, et autorisant la liquidation Air Afrique à saisir l’avion d’Air France, a été empêchée d’exécution par le ministre de l’intérieur.

 

 

Le MAGue : D’après vous, Air France exercerait des pressions pour éviter le règlement du contentieux qui vous oppose ?

 

Denis Attiba Mensah : L’ambassade de France en Côte d’Ivoire et la représentation de l’Union Européenne avaient été saisies préalablement, mais sans aucune réaction. Concernant ce dossier, lors d’une rencontre, le PDG d’Air France, M. Jean Cyril Spinetta a juré de livrer une guerre sans merci à Maître olivier Brane. Je suis invité en bonne et due forme, à Paris, avec prise en charge totale par le cabinet Brane qui a pris le soin d’écrire au Consul général de France en Côte d’Ivoire. Sans raison, le visa m’a été refusé par deux reprises.

 

 

Le MAGue : Pourquoi mettez-vous en relation l’attitude d’Air France et l’attentat à la bombe de jeudi dernier ?

 

Denis Attiba Mensah : À notre avis, ces faits constituent à eux seuls une raison suffisante pour que la piste Air Afrique soit privilégiée. Car le dossier Air Afrique pose clairement la question de la forme de coopération avec la France, avec comme corollaire, la question de l’immigration massive.

 

 

Le MAGue : Avez-vous le sentiment qu’il défend bien les intérêts des salariés d’Air Afrique ? Quelles sont les qualités que vous distinguez chez cet homme de loi pour le règlement d’une affaire épineuse et qui met en jeu des intérêts économiques internationaux ?

 

Denis Attiba Mensah : Maître Olivier Brane a accepté de défendre nos intérêts dès qu’il a compris qu’il s’agit d’un abus des États face à des travailleurs pris en otage. Face à la situation d’impécuniosité des agents, Maître Brane n’a rien exigé avant de prendre le dossier. Si sa réputation était faite dans le domaine des affaires commerciales, elle est à présent faite dans les affaires dites sensibles. Me Brane est un professionnel au grand cœur. Nous lui serons à jamais reconnaissants. Nous demandons au Chef de l’État français de veiller particulièrement sur sa sécurité.

 

 

Le MAGue : Maître Olivier Brane est un avocat parisien, qui s’est fait une réputation dans les conflits immobiliers, en quoi l’estimez-vous compétent pour régler un litige avec des aspects commerciaux et internationaux ?

 

Denis Attiba Mensah : J’ai personnellement constaté chez Olivier Brane de grandes qualités intrinsèques, il a une très bonne moralité et des manières très courtoises. Un avocat a pour vocation de défendre. Maître Brane a un cabinet qui a pignon sur rue, donc à priori, c’est un bon cabinet. Et, nous étions là pour lui fournir l’expertise dans le secteur d’activité concerné. À mon avis c’est largement suffisant.

 

 

Le MAGue : Depuis quand Maître Olivier Brane défend-il les intérêts des salariés d’Air Afrique ?

 

Denis Attiba Mensah : Maître Olivier Brane accepté de prendre notre dossier en fin d’année 2003. Le dossier a été introduit pour la première fois auprès du Tribunal de Paris en septembre 2005.

 

 

Le MAGue : Qui vous a mis en relation avec Maître Olivier Brane ? Est-il un avocat renommé en Afrique ?

 

Denis Attiba Mensah : J’ai connu le cabinet Brane en septembre 2003, à l’occasion d’une transaction commerciale et Maître Olivier Brane était l’avocat de mes partenaires. Je l’ai donc connu à Paris.

 

 

Le MAGue : Savez-vous si Maître Olivier Brane est partie prenante dans d’autres dossiers judiciaires ou/et juridiques sur le continent africain ?

 

Denis Attiba Mensah : Je ne sais rien des affaires traitées par le cabinet Brane, à part les dossiers pour lesquels j’ai été en relation avec lui. Je ne sais donc pas s’il a des dossiers en Afrique, à part le dossier Air Afrique pour lequel, il a déjà interpellé le cabinet américain PriceWaterHouse & Coopers, pour non respect des procédures en matière d’apurement du passif. Seulement son adresse avait été publiée dans la presse locale.

 

 

Cet avocat n’a pas un seul dossier sensible
Nous dit-on tout de go juste après l’attentat,
Aucun rapport non plus avec le chef d’État :
Son cabinet fut-il par erreur pris pour cible ?

Dans un scandale, il fait aussi tout son possible
Et tout concourt pour qu’il n’ait aucun résultat,
On refuse aux plaignants d’en dresser le constat
Tant la partie adverse a l’air d’être invincible…

L’enquête est au point mort et elle a fait beaucoup
Pour ne pas rechercher ceux qui ont fait le coup :
On dirait bien qu’on laisse en plan la moindre piste.

La faillite est surtout un procédé génial
Où l’Afrique a le rôle affligeant du lampiste :
La bombe a des relents de larcin colonial !

Ici la plainte des salariés d’Air Afrique.



Film de la semaine: Le Franc CFA contre l’Afrique

1 12 2007



Quand le patronat gère les retraites et la sécurité sociale

26 11 2007

repris de la lettre du continent:

Président d’Unicongo (Union patronale et interprofessionnelle du Congo) [sont entres autres membres d’Unicongo: Total SA, Chevron, Eni, Calyon (Crédit du Congo), Air France, PriceWaterhouseCooper, Ernst & Young, etc.], Christian Barros a été nommé, par décret présidentiel, président du conseil d’administration de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Propriétaire notamment de la Codisco (commerce et distribution du Congo), Christian Barros avait été l’un des « parrains » les plus actifs de la Route de l’Equateur en mai (LC nº517).



La Françafrique de Sarkozy

30 09 2007

Ces vidéos peuvent être considérés comme étant à la suite de ceux du billet «Qu’est-ce que la Françafrique?».

PARTIE I:

De Chirac à Sarkozy 1
envoyé par sur_vivantPARTIE II:

De Chirac à Sarkozy 2
envoyé par sur_vivantPARTIE III:

De Chirac à Sarkozy 3
envoyé par sur_vivantPARTIE IV:

De Chirac à Sarkozy 4
envoyé par sur_vivantPARTIE V:

De Chirac à Sarkozy 5
envoyé par sur_vivant



Film de la semaine

29 09 2007

Vulture Funds: stealing the debt relief


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Qu’est-ce que la Françafrique?

26 09 2007

Voici une courte introduction sur la Françafrique:


Qu’est-ce que la Francafrique ?
envoyé par laVielesGensVoici un plus long vidéo pour en savoir plus:Partie I


De la françafrique à la mafiafrique1/7
envoyé par sur_vivantPartie II


De la françafrique à la mafiafrique 2
envoyé par sur_vivantPartie III


De la françafrique à la mafiafrique 3
envoyé par sur_vivantPartie IV


De la françafrique à la mafiafrique 4
envoyé par sur_vivantPartie V


De la françafrique à la mafiafrique 5
envoyé par sur_vivantPartie VI


De la françafrique à la mafiafrique 6
envoyé par sur_vivantPartie VII


De la françafrique à la mafiafrique 7
envoyé par sur_vivantEt ceci est une entrevue du Dr. Zagbla témoignant que la Françafrique est toujours bien vivante en Côte d’Ivoire.



Pourquoi Kabila devait partir

28 08 2007

Quatre ans après avoir été porté au pouvoir par les ÉU, le Rwanda et l’Ouganda, Kabila est assassiné, mais c’est bien plus tôt que ses alliés se retournent contre lui, dès 1998 le Rwanda et l’Ouganda repartent en guerre contre Kabila. Dans un billet précédent je faisais part de mes suspicions que le coup d’État en Thaïlande aille été appuyé par le FMI/BM ou par des intérêts voulant une participation du FMI dans la gouvernance de la Thaïlande. Deux articles que je viens de lire font croire que Kabila-père aurait été éliminé pour des raisons semblables. Voici les faits :

 

  • Arrivé au pouvoir en 1997 Kabila refusa de payer à la BM les dettes contractées par Mobutu (qui s’était fait supplié par le duo FMI/BM d’emprunter pour se battre contre le communisme en Angola, ces dettes n’avaient servi qu’à acheter des armes pour défendre les intérêts étasuniens, et engraisser les comptes de Mobutu). Laurent Désiré Kabila a déclaré que “la République Démocratique du Congo ne remboursera parce qu’on ne voit aucun travail y effectué avec cet argent”. Il leur a rappelé que “si vous prêtez de l’argent à un voleur, vous devez vous attendre au risque de ne pas être remboursé cet argent dans l’avenir”.
  • Kabila ne comptait pas non plus contracter plus de dette auprès du FMI/BM, il déclara : “Nous allons trouver de l’argent. Dites-moi: qui réfuse d’acheter notre or, notre diamant, notre cobalt…?”
  • Après l’assassinat de Kabila-père, Kabila-fils effectura un virage de 180 degrés sur cette politique envers le FMI/BM. Il ira même jusqu’à nommé un ex-employé du FMI comme ministre des finance (même chose qui est arrivé après le coup en Thaïlande). Jean-Baptiste Sondji, ancien minister de la santé sous Kabila-père de dire :

 

«Les Occidentaux ont ensuite provoqué la guerre contre le Congo-Brazzaville dans le but de mettre Kabila dans une position intenable. Il devait quitter la scène. De toute façon, l’assassinat de Kabila a été une opportunité pour les Occidentaux d’amorcer un plan conçu depuis longtemps. Kabila-fils devait passer de leur côté et faire un virage à 180 degrés. La composition de son gouvernement reflète davantage la mainmise des intérêts étrangers que les préoccupations des Congolais.

 

En RDC, la crise est d’abord politique. Mais Kabila-fils se contente de ministres avant tout technocrates. Comment résoudre des problèmes politiques avec une équipe de technocrates et de mandataires des intérêts étrangers? Le nouveau ministre de l’Économie et des Finances par exemple, Matungulu Mbuyamu, a été le représentant du FMI au Cameroun.»

 

Il semblerait donc que Kabila-père a été assassiné pour rendre le contrôle du pays au FMI.

 

Voici les deux articles :

 

http://www.oxfamsol.be/fr/docs/oxfaminfo121/RDCONGO.pdf

 

http://www.congopanorama.info/economy/econ-imfwb.shtml

 



Au Soudan aujourd’hui

25 08 2007

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(Image: concessions pétrolières au Soudan, cliquez sur l’image pour l’argrandir)

Aujourd’hui (24 août) fut une journée très mouvementée en ce qui a trait au Soudan. Résumons premièrement ces nouvelles avant de les commenter :

 

 

  • L’International Peace Information Service, une ONG subventionnée par le gouvernement Belge et l’UE, a envoyé des photos, supposément prise au Darfour, à Amnistie Internationale d’un transfert de caisses par des soldats Soudanais à partir d’un avion et d’hélicoptères russes. Amnistie croit que ces caisses contiennent des armes et accuse le gouvernement de briser l’embargo d’armes au Darfour. Le gouvernement soudanais maintient que ces photos sont fausses et qu’elles servent à détourner l’attention de la guerre en Irak et en Afghanistan.

 

 

  • Le gouvernement Soudanais a expulsé du pays la chargée des affaires canadiennes à Khartoum, Nuala Lawlor, et le représentant de la Commission européenne, Kent Degerfelt. Khartoum donne comme raison l’ingérence dans les affaires internes du Soudan. Khartoum allègue entre autres que les deux diplomates auraient tenu des rencontres avec les rebelles, des figures d’oppositions à Khartoum ainsi que des ONG hostiles au gouvernement. Khartoum dit toutefois espérer et vouloir faire en sorte que ses relations avec le Canada et l’UE ne se détériorent pas à cause de cela. Khartoum aurait averti les deux diplomates indirectement de par deux fois avant de les expulser. Le Canada demande des explications alors que l’UE dit essayer de résoudre le problème.

 

 

  • Alors que les rebelles essaient de s’unir avant de possibles pourparlers avec Khartoum, le Front des forces unies révolutionnaires, un nouveau mouvement d’arabes nomades qui disent avoir été injustement associées aux Janjaweeds et qui se place plutôt dans le camp des rebelles essaie d’en arrivé à un accord avec les autres groupes rebelles.

 

  • Dans le différent qui oppose la pétrolière française TotalElfFina et l’anglaise White Nile le Soudan recommande que Total obtienne 25% de la concession (on parle ici de la concession 5 central dans la carte ci-haut), White Nile 15% et que le reste soit partagé par la pétrolière d’État du Soudan et l’autorité pétrolière du sud Soudan. White Nile n’a émit aucun commentaire alors que Total aurait refusé cet accord. La concession avait été attribuée à Total en 1980 mais Total avait abandonné le lieu lors du début de la guerre civile. L’autorité pétrolière du sud Soudan a donné la concession à White Nile en 2005. Nous avons déjà idée du passé mafieux de TotalElfFina, mais il en va de même pour White Nile, cette compagnie a deux administrateurs principaux, Billy Rautenbach et Phil Edmonds, et ces deux personnes ont une autre compagnie (minière celle-là) ensemble, Camec, qui a été utilisée pour piller le Congo/Zaïre. Avec l’aide de Mugabe, Rautenbach s’était fait mettre à la tête de la compagnie minière d’État, Gécamines, par Laurent D. Kabila. En 2000 L. Kabila s’est rendu compte que Rautenbach détournait les avoirs de Gécamines vers sa propre compagnie, Ridge-point, basée dans les Îles vierges britanniques. Kabila aurait sûrement expulsé Rautenbach mais L. D. Kabila fut assassiné en 2001 et sont fils, Joseph Kabila prit le pouvoir. Les choses se calmèrent donc pour Rautenbach jusqu’après les récentes élections ou J. Kabila fut reconduit au pouvoir. Ainsi le mois dernier Rautenbach fut déclaré persona non grata et expulsé du Congo. Le prétexte officiel est qu’il est recherché pour fraude en Afrique du Sud.

 

 

Notons premièrement que si le Soudan reçoit tant d’attention des gouvernement, les causes sont bel et bien géopolitiques et non pas humanitaires car sinon on parlerait autant du Myanmar. Le Soudan a du pétrole, comme on peut le constater sur la carte en haut, par ailleurs le Soudan occupe un lieu très stratégique près du golf persique.

 

La première chose à remarquer, si vous regardez la photo plus haut, c’est l’absence des trois grandes pétrolières que l’ont retrouve partout d’habitude : Exxon Mobil, Shell et British Petroleum. Notons que la majorité des concessions sont allouées à des compagnies afro-asiatiques (Soudan, Malaisie, Chine). Le Soudan est donc très spécial en ce que ce ne sont pas les majores euro-américaines qui exploitent le gros des ressources (en fait, en ce qui a trait à l’exploitation, Total n’exploite pas en ce moment et donc il n’y a aucunes des 6 majores [Exxon, Shell, BP, Total, Chevron et ConocoPhillips] qui exploitent au Soudan).

 

Commençons par le premier point, qu’en est-il des accusations d’Amnistie? Il est toujours possible que Khartoum dit vrai, après tout, IPIS, selon son propre site Internet, reçoit son financement du gouvernement belge et de l’UE donc il est possible que l’IPIS soit instrumentalisée par ces derniers. Surtout que, quand on regarde les rapports produits par l’IPIS, après un regard superficiel il n’y a rien à redire sauf que une grande proportion de ceux-ci ont trait au Congo-Kinshasa (Congo-K), pays où la Belgique a des intérêts. Mais bon, de toute façon c’est pas bien grave que ce soit de vraies photos ou non, il reste qu’il est vrai que la Chine est le plus grand fournisseur d’armes au Soudan, et que dans sa lutte contre les rebelles, le Soudan fournit surtout des armes chinoises aux Janjaweeds, et donc, que Khartoum et Beijing sont les grands responsables des atrocités au Darfour. Notons justement que c’est la concession de la CNPC (pétrolière chinoise) qui est au Darfour. On voit donc que la CNPC agit comme le fait Shell au Nigeria (ou Bolloré au Congo-B et au Tchad, etc. etc.) et arme des groupes terroristes afin de terroriser et massacrer la population locale qui s’oppose au pillage de leurs ressources naturelles, à la destruction de leur environnement et donc de leurs moyens de subsistance et qui s’oppose à leur délocalisation forcée pour faire place aux installations pétrolières. Il n’y a rien de surprenant à cela, il n’y a rien pour nous porter à croire que la Chine agirait avec plus de respect et humanisme que la France, le Canada ou les ÉU. En fait c’est tout le contraire, Shell pourrait continuer à exploiter les ressources pétrolières du Nigeria sans s’adonner à un génocide (cela augmenterait peut-être ses coûts d’exploitation car elle devrait compenser justement toute expropriation, devrait s’assurer de la sécurité de ses installations et payer ses taxes et impôts mais cela resterait possible car au Nigeria c’est Shell qui demande à l’armée d’intervenir auprès de la population locale). La situation au Soudan est très différente, c’est le gouvernement du Soudan qui demande à la Chine de fournir des armes en échange de concessions car Khartoum veut de l’aide pour combattre les rebelles (lire population locale exploitée) en échange. Ceci dit, c’est bien parce que les responsables des atrocités sont la Chine et Khartoum que nous en entendons parler. Les atrocités dues à Shell, Bolloré, on ne les ouïe guère. Une autre raison pour laquelle on en entend parler est sûrement pour justifier une intervention militaire de l’ONU pour protéger les rebelles. Or, la «communauté internationale» envoie seulement l’ONU pour protéger les partis qu’elle appuie. Par exemple au Rwanda elle s’en foutait car elle n’avait aucun intérêt en jeu ou par exemple, dans un billet précédent, nous avons vu que lors de l’attaque du Zaïre de Mobutu par l’alliance Rwanda-Ouganda-Kabila, la France voulait faire intervenir l’ONU pour protéger Mobutu alors que les ÉU opposèrent leur veto car ils voulaient un changement de régime mais tout le long la justification d’un déploiement de l’ONU était les réfugiés à la frontière. Il me semble que la situation est sûrement similaire pour le Soudan aujourd’hui. Le plus plausible est que l’Europe et les ÉU veulent une intervention de l’ONU pour protéger les rebelles avant qu’ils soient anéantis par la Chine et Khartoum et après d’une manière ou d’une autre, porter ces rebelles au pouvoir et exiger en repaiement des concessions pétrolières. Ce qui appuie le plus cette hypothèse est que (d’après Khartoum) les hauts diplomates Canadiens et Européens eurent des pourparlers avec les rebelles sans Khartoum et contre le vœu de Khartoum. Ce genre d’attitude n’est pas à même d’amener la paix au Soudan. La seule raison logique qui amènerait les diplomates à converser «secrètement» avec l’opposition est de comploter avec cette dernière contre le gouvernement. D’ailleurs, vu la situation délicate dans laquelle se trouve Khartoum (Khartoum doit être dans une situation délicate vu qu’elle a finalement accepter l’envoie de 26000 troupes de l’ONU sur son territoire alors qu’elle refusait à corps défendant antérieurement) n’est dans une position pour faire ce qui en situation normale serait un terrible affront diplomatique sans bonne raison. D’ailleurs Khartoum semble avoir été extrêmement prudente : elle a attendu que les deux diplomate soient déjà hors Soudan pour les «expulser»! Et en plus elle a été bien claire qu’elle ne voulait pas par ces gestes détériorer ses relations diplomatiques avec la «communauté internationale». Il me semble donc fort probable que nous soyons témoins de la planification par le Canada et la France d’un changement de régime à Khartoum. Pour ceux que ça pourrait surprendre, le Canada n’en n’est pas à son premier renversement de gouvernement : il y a pas si longtemps le Canada avec l’aide de la France et des ÉU a déposé le gouvernement Aristide d’Haïti. Notons aussi que les machinations du Canada et de France sont ici encore une fois faites avec l’appuie de Washington. En effet, Washington a immédiatement vertement critiqué Khartoum pour son geste, j’ai même eu l’impression que la réaction de Washington fut la plus virulente, l’Europe ayant la réaction la plus réservée.

 

Il est très intéressant que ce soit le Canada et l’Europe qui soient impliqués dans cette affaire. En effet, c’est le Canada et l’Europe, ou plus précisément le Canada et la France ou plus précisément encore, le conglomérat Chrétien-Martin-Desmarais-PowerCorp-TotalElfFina- GroupeBruxelloisLambert-BNPparibas qui fut la grande perdante corporative (cliquez ici pour plus d’info) de la guerre en Irak car c’est Total qui avait le plus de concessions pétrolières de Saddam avant la guerre (ces contrats étaient négociés en euros et la première chose que la coalition fut après l’invasion de l’Irak fut l’annulation de ces contrats) et c’est BNP-Paribas qui gérait à grand profit pour elle-même le programme pétrole contre nourriture. Ceci est une des raisons pour laquelle le Canada sous Chrétien/Martin et la France étaient si opposés à la guerre en Irak. Il se peut donc qu’un plan pour renverser le gouvernement soudanais et d’attribuer les champs pétroliers à Total soit une sorte de compensation pour les pertes subies par ce conglomérat dû à la guerre en Irak.

 

 

Sources : http://www.ipisresearch.be/

 

Washington Post

 

Al Jazeera

 

The Times

 

The Times

 

The Times

 

Washington Post

 

Daily Times

 

Addendum:

Il n’y a pas que la Chine qui participa au génocide au Soudan, le Canada aussi. La compagnie canadienne Talisman Energy (voir carte en haut) aurait aidé des officiers soudanais à «bombarder des églises, tuer des gens d’église et attaquer des villages afin d’ouvrir le chemin à l’exploration pétrolière». Après avoir subi des pressions populaires, être amené en cour et avoir reçu des menaces de desinvestiment, Talisman s’est finalement retiré du Soudan en vendant ses avoirs soudais à la compagnie indienne ONGC Videsh en 2003. En 2005 il y a eu des rumeurs que Total achèterait Talisman.

source: Wikipedia et «Judge lets Talisman genocide case proceed despite warnings from Canada, U.S.», CP

 

 

 

 

 

 

 



Sarkozy ce néo-colonisateur de l’Afrique

19 08 2007

Sarko-croisièreDans un billet précédent nous avons briévement parlé des liens qui unissent Sarkozy au groupe Bolloré.

Plusieurs ont été sidérés du discours de colonisateur tenu par Sarkozy à Dakar le 26 juillet dernier. Mais c’est qu’il était d’une honnêté désamparante ce Sarkozy car, non seulement a-t-il une mentalité de colonisateur raciste, mais il fait parti, dans la plus concrète réalité, de cette clique de néo-colonisateurs-pilleurs de ce continent regorgeant de richesses. En effet, ce groupe Bolloré, auxquel Sarkozy est très intîmement lié, est implanté dans presque tout le continent en faire l’exploitation, que ce soit dans ses activités industrielles (cigarettes et pellicules de plastique) dans ses monopoles de transports (terrestre et marin) et de logistiques ou dans ses activités de plantations et d’exploitation forestière. Bolloré se distingue entre autre par son indeffectible appui aux dictateurs tels le Congolais Sassou Nguesso (toujours « président ») et le Tchadien Idriss Déby (dont le fils a été assassiné le mois dernier en France). Alors que même Elf (voir billet précédant) ne daignait pas appuyer ces dictateurs sanguinaires, Bolloré les approvisionnait en armes et en mercénaires afin de mater l’opposition civile à ces dictateurs. Bolloré profite grandement de son monopole du commerce avec ces dictateurs: le groupe peut se permettre d’exiger des frais ruineux à ces pays. Grâce à son exploitation forestière effrênée, irrespectueuse de l’environnement et semi-légale au Cameroun, Bolloré est un des plus grand contributeur à la désertification dangereusement accélérée du Cameroun. Bolloré est le deuxième plus gros exploitant forestier au Cameroun avec 10% de la supérficie en exploitation; Rougier, le premier exploitant forestier au Cameroun, est une firme française proche de Raffarin.

Avec Sarkozy comme président de la France, on est en droit de s’attendre à un plus grand appui de l’État français à la néo-colonisation de l’Afrique par Bolloré.

source: http://www.survie-france.org/article.php3?id_article=170

Finissons le tout en musique avec une petite chanson bien à propos:

 


Tryo – Pompafric (Live)



L’affaire Elf: le pillage de l’Afrique

10 08 2007

Ce documentaire détaille comment les compagnies occidentales dépouillent les pays pauvres de leurs richesses, et, comme dommage collatéral, soutiennent les dictatures et renversent les démocraties. Ce documentaire donne l’exemple particulier d’Elf au Congo-Brazzaville mais comme le disent si bien les dirigeants de ce fleuron de l’entreprise française, ces pratiques sont généralisées à toute l’industrie. D’ailleurs, Elf fait figure d’enfant de choeur quand on la compare avec Exxon-Mobil (dont Esso est une filière) ou Shell. Fait intéressant à noter, on savais déjà que notre très chère banque canadienne, la CIBC, avait joué un rôle dans l’affaire Enron, mais pas ce documentaire on apprend qu’elle a aussi joué un rôle d’en l’affaire Elf comme en témoigne le document relatant les efforts de corruption du premier ministre Milongo, démocratiquement élu en 1991.


Les milliards d?Elf (M6 Capital 1/2)
envoyé par peace4all




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