texte repris du blogue Un homme en colère:

 

J’ai une amie qui étudie aux HEC et qui a écrit un portrait d’entreprise de la Société des alcools du Québec (SAQ). En voici un extrait, qui compare la situation au Québec à celle de l’Alberta.

« Le 2 septembre 1993, le ministre responsable de L’Alberta liquor control board (ALCB) annonçait la privatisation de la vente au détail des produits d’alcool, le gouvernement a confié la gestion de son entrepôt à une firme privée.

Les magasins ont été vendus à un prix largement inférieur à leur coût d’acquisition. Les propriétés de l’ALCB ont été évalués et vendues à un prix qui s’approche davantage de leur valeur comptable que de leur juste valeur marchande c.a.d. de leur valeur économique réelle. La perte pour le gouvernement albertain serait d’au moins 26.2 millions de dollars.

Selon le gouvernement Albertain la privatisation ne devait avoir aucun impact sur leurs revenues. Mais le gouvernement a perdu environ 968.5 millions de dollars en marge bénéficiaire brute de 1998 à 2002 en raison de la privatisation et des baisses successives des taux de majoration. Il n’a économisé en revanche qu’une somme de 519.0 millions de dollars en salaires et autres dépenses d’exploitation pour les mêmes années. Il y a donc un manque à gagner de 449.5million de dollars soit 90 millions de dollars par année depuis les 5 dernières années.

Pendant le processus de privatisation les prix on fortement augmenté en Alberta. Les prix des vins ont augmenté de 13.3% en un mois seulement, les spiritueux de 10.4% et les bière de 8.7% pour une moyenne de 10.3% d’augmentation. Comparons une bouteille de champagne de Dom Pérignon au Québec nous la vendons 191$ en Ontario 192.15$ et en Alberta 221.48$.

Les hausses de prix sur le marché albertain ont été observées malgré les baisses de taxes successives et les baisses marquée des salaires des employés (baisse de 36% du taux horaire passant de 11.85$ de l’heure à 7.55$) et les baisses des conditions de travail.

La fragmentation du marché en raison du nombre croissant de magasins, l’augmentation des coûts d’entreposage et les frais de livraison plus élevés ont contribuer à rendre le système privé plus coûteux que l’ancien système public.

Un nombre important de produit est plus disponible aux entrepôts mais divers sondage sont venu confirmer une baisse de la sélection disponible dans la majorité des magasins privées. Les produits ne semble pas se retrouvé sur les tablettes.

Le marketing socialement responsable de l’alcool semble moins efficace avec le secteur privé, sans compter les coûts additionnels qu’entraîne la surveillance du commerce privatisé de l’alcool afin d’éviter la contrebande ou la fabrication illégale.

Les heures d’ouverture ont augmenté ils ont passé de 72 à 112 heures. Il y a également eu une augmentation de magasin de 310 à 1087, par contre chaque point de service offre moins de produits différents.

Bref, l’étude des données depuis 10 ans nous démontre l’échec presque complet des attentes qu’avait formulé le gouvernement Albertain en 1993.» (J-Ève Grenon)

La démonstration est assez éloquente: si le nombre de points de vente a augmenté, le choix a diminué, la responsabilité éthique face à l’alcool s’est évaporée, les conditions de travail des employés ont régressé, les prix ont explosé et le coût économique pour l’Alberta a été dévastateur.

Quelques faits utiles à rappeler à tous les apôtres du tout-privé, notamment chez les jeunes Libéraux. Et une autre preuve que le désir de confier au plus offrant une entreprise aussi performante et rentable pour l’État que la SAQ tient davantage de l’idéologie que d’une froide et précise analyse des faits.

La SAQ est un exemple à suivre dans son domaine; vouloir sa désintégration est non seulement illogique, mais tout simplement stupide et réduirait non seulement le service offert aux clients (surtout en-dehors des grands centres) mais également la richesse de l’État.

Je propose que ceux qui ont été assez stupides pour proposer cela soient échangés à la SAQ du coin, avec la facture, pour une cuvée libérale au goût un peu moins bouchonné.