repris de Voix de Faits:

Une coalition du mouvement étudiant et du mouvement communautaire a pointé du doigt ce matin une des grandes injustices sociales made in Quebec. En effet, le gouvernement calcule les pensions alimentaires comme un revenu pour étudiantEs sur les prêts et bourses et les prestataires de l’aide sociale alors que, pour le commun des mortels, ce n’est plus considéré comme tel dans les rapports d’impôts.

Il y a 10 ans, suite à une longue bataille judiciaire, les gouvernements de Québec et d’Ottawa étaient forcés de défiscaliser les pensions alimentaires. Avant ça, l’impôt venait en gruger une partie. Or, comme ces montants sont destinés exclusivement au bénéfice des enfants, ça n’a pas de bon sens. Pourtant, 10 ans plus tard, des milliers d’enfants sont encore privés d’une partie importante des dites pensions parce que le parent avec lequel ils vivent est sur l’aide sociale ou sur les prêts et bourses. En effet, le gouvernement du Québec permet à ces familles de ne toucher que 100 $ par mois de ces montants, et ce peu importe le nombre d’enfants présents. Autrement dit, les enfants pauvres deviennent à toutes fins pratiques des soutiens de famille!

Payer une pension dans le vide

Concrètement, plusieurs pères paient une pension alimentaire à l’État. «Le jugement de la Cour dit que je dois recevoir 400 $ par mois de pension alimentaire pour mes deux enfants de la part de leur père. De ce montant-là, l’aide sociale me donne seulement 100 $ et le reste retourne dans les poches du gouvernement. Cela fait 3,600 $ par année de l’argent de mes enfants qui vont au gouvernement !», explique Madame Monique Bellefleur qui vit cette situation.

Jusqu’à maintenant, le gouvernement fait la sourde oreille dans ce dossier. C’est pourquoi les groupes membres de la Coalition ont choisi d’intervenir. «Alors qu’il prétend lutter contre la pauvreté, il est inadmissible que le gouvernement du Québec perpétue de telles pratiques ! Selon les chiffres d’un rapport publié en 2006 par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, ce sont plus de 46,5 millions de dollars qui sont ainsi économisés sur le dos des familles les plus pauvres !», affirme Lorraine Desjardins, co-porte-parole de la Coalition et représentante de la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec.

En plus de l’aide sociale et des prêts et bourses, la pension alimentaire pour enfant est également prise en compte dans d’autres programmes gouvernementaux. Par exemple, le fait de comptabiliser la pension alimentaire pour enfant comme un revenu rend inadmissibles de nombreuses familles monoparentales à l’aide juridique ou à un programme d’aide au logement (allocation-logement ou HLM).

Tout cela nous rappelle que les pauvres sont des citoyen-ne-s de seconde zone au Québec. Le gouvernement devrait avoir honte! Il n’y a pas grand chose que l’on peut faire à part dénoncer la situation. N’empêche, une pétition circule actuellement. Vous pouvez la télécharger et la faire signer dans votre milieu. Elle sera déposée au printemps.

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Membre de la Coalition : Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ); Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ); Fédération étudiante collégiale étudiante du Québec (FECQ); Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ); L’association Cigogne; Le comité femmes de l’Association pour une solidarité étudiante (ASSE); Re-Nou-Vie; Réseau d’information et d’aide aux personnes assistées sociales de Châteauguay