repris de la lettre du Continent:
Dans la maison de Voltaire, le train de vie serait un peu trop royal et dispendieux selon les rapporteurs de la Cour des comptes, qui n’ont pas la culture du verbe des grands voyageurs de l’expression française.

Selon nos informations, un rapport de la Cour des comptes du 31 octobre épingle gravement la Délégation à la paix, à la démocratie et aux droits de l’homme (DDHP) de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Les rapporteurs s’interrogent sur « l’absence à l’OIF de règles de déontologie » et critiquent les modes « opaques » de recrutement et de rétribution des experts et consultants (un professeur d’université a émargé à 50 000 € en 2006 !), ainsi que les coûts de la location de véhicules (441 € par jour à Cotonou !), la faible exécution du budget en 2007 (35% au 19 septembre), le versement d’honoraires sur le compte de tiers, le « recours excessif aux avances en argent liquide » : une équipe de l’OIF est ainsi partie au Brésil avec 48 000 € en poche. Entre autres.

Poste le plus important de l’OIF, la DDHP qui « pèse significativement » dans le budget de l’organisation « dispose d’une délégation directe de la part du secrétaire général, au même titre que l’administrateur, ce qui pose des difficultés d’applicabilité et d’application de certaines normes internes à l’OIF ». Est-ce la raison pour laquelle le secrétaire général de l’organisation, Abdou Diouf, a signé le 31 octobre, le jour même de la publication du rapport de la Cour des comptes, une note interne (SG/207771030-038) désignant l’administrateur Clément Duhaime comme « l’ordonnateur unique » des budgets de l’organisation ? « Pas du tout », a expliqué à La Lettre du Continent Hugo Sada, le délégué à la DDHP (depuis le 1er janvier). « Cette décision était dans le droit fil de la réforme de la francophonie et n’a rien à voir avec le rapport de la Cour des comptes ». Hugo Sada affirme que « rien n’a changé » et qu’il dispose toujours d’une délégation de signature. Il conteste en outre le très faible taux de réalisation de son budget avancé par la Cour des comptes : 70% (85% à la fin de l’année) selon lui, contre 35% d’après les rapporteurs.

Ces derniers relèvent également la « croissance importante » de la rémunération de la déléguée précédente, Christine Desouches, qui est devenue, à l’âge de la retraite, « conseillère spéciale » du secrétaire général. Ils étrillent, par ailleurs, les conditions de fonctionnement du bureau d’Abidjan, en particulier du salaire et des indemnités de logement du représentant spécial qui était alors Lansana Kouyaté [qui maintenant donne la Guinée en cadeau aux grandes entreprises], aujourd’hui premier ministre en Guinée. Le contrôleur financier avait refusé son visa sur ses émoluments. Au 30 septembre, 22 921 € de dépenses « demeuraient non justifiées » et, cerise sur le gâteau : « les personnels locaux ont continué au 1er semestre 2007 à travailler – et à percevoir leur salaire – alors que leurs contrats ont expiré fin 2006 ». Le bureau est toujours en cours de liquidation… Nul doute que l’OIF va éclaircir tous les points litigieux de ce rapport « pour avis » de la Cour des comptes.