repris de Radio-Canada:

Des bonzes du Myanmar

Photo: AFP/AFP

 

La junte birmane lance des messages contradictoires, à la veille de la visite de l’envoyé spécial de l’ONU, Ibrahim Gambari.

En effet, les autorités ont limité sévèrement l’accès à Internet. Les utilisateurs birmans ne peuvent pas se connecter à des sites internationaux, pas plus qu’ils ne peuvent recevoir ou envoyer des courriels à l’étranger. Un responsable de l’entreprise d’État Myanmar Teleport a expliqué l’interruption d’Internet par une panne de « la passerelle de connexion ».

Lors des manifestations de masse emmenées par des bonzes fin septembre, la principale liaison par Internet avait alors été coupée, limitant considérablement la diffusion d’informations et d’images en provenance du Myanmar.

Mercredi, une nouvelle manifestation de moines bouddhistes s’était déroulée dans la localité de Pakokku, dans le centre du pays. Aucun incident n’a été signalé.

Cependant, plusieurs opposants ont été libérés ces derniers jours. Un porte-parole de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti de la dissidente Aung San Suu Kyi, a indiqué vendredi que 46 personnes avaient été libérées, principalement des membres du parti.

La semaine dernière, au moins 165 personnes ont été libérées, mais, selon la LND, des dizaines de membres du parti restent emprisonnés.

Persona non grata

L'envoyé spécial de l'ONU, Ibrahim Gambari.

Photo: AFP/Tengku Bahar

L’envoyé spécial de l’ONU, Ibrahim Gambari.

Par ailleurs, le représentant des Nations unies au Myanmar, Charles Petrie, est prié vendredi de quitter le pays. Celui-ci avait dénoncé publiquement, le 24 octobre dernier, la situation au Myanmar.

M. Petrie avait dénoncé la pauvreté et les souffrances de la population en Birmanie, affirmant que les besoins de base n’étaient pas satisfaits dans ce pays pourtant riche en ressources naturelles.

La décision des autorités du Myanmar intervient la veille de la visite de l’envoyé spécial de l’ONU, Ibrahim Gambari. Il fera le point avec les autorités sur les libérations de détenus exigées par le Conseil de sécurité et sur les inquiétudes liées aux droits de l’homme, ainsi que sur le dialogue authentique requis entre la junte et Mme Suu Kyi.

Lors de sa précédente visite, M. Gambari s’était entretenu séparément avec le numéro un de la junte, Than Shwe, et avec Mme Suu Kyi.