Néron Kouchner

Ça fait un certain temps que je n’ai pas parlé du Soudan, donc parlons-en, voici un nouveau billet dans la suite des précédents: 1 2 3 4 5 6 7

Du temps de l’Empire romain, l’énergie avec laquelle tout fonctionne, de la machine de guerre aux grands travaux publics en passant par le transport (la galère) est humaine, principalement des esclaves. Ces esclaves sont obtenus par la conquête. L’économie romaine reposait donc entièrement sur la conquête, dès que la croissance de la conquête s’est mise à stagner et l’entrée d’énergie (les esclaves et aussi la nourriture car l’Italie s’était beaucoup dépeuplée, les jeunes hommes étant déployés aux frontières et la grande concentration de la propriété des terres faisait en sorte que ces dernières n’étaient pas utilisée à pleine capacité et l’Italie était très dépendante de l’Égypte pour se nourrir) s’est conséquemment mise à diminuer, l’Empire a rapidement amorcer une décente dont il ne s’est jamais remis. Mais revenons à nos moutons, en 30 av. J.-C. C. Cornelius Gallus soumet le royaume de Koush (l’actuel Soudan) romain ce qui lui permet surement de faire le pleins d’énergie et de ramener plusieurs esclaves à Rome. Dix ans plus tard par contre le Royaume Koush s’affranchit du joug romain et ne sera plus jamais sous son emprise, et pas parce que Rome n’aura pas essayé. Néron, 80 ans plus tard voulait envahir le Royaume de Koush de nouveau. Sa stratégie? Semer la division. Il meurt toute fois en l’en 68 ce qui met fin à sa campagne.

Près de deux millénaire plus tard, Chevron, compagnie de Condeleeza Rice, ministre des Affaires étrangère étasunienne, en 1974, et Total S.A. pétrolière française contrôlée par les familles Demarais et Frère avec l’aide de leur sociétés respectives Power Corporation et Frère-Bourgeois en étroite collaboration avec BNP-Paribas, en 1980, s’établirent au Soudan pour en exploiter le pétrole et rapatrier cette énergie des temps «modernes». Vers 1990 les deux compagnies fuient le Soudan pour cause de guerre civile (en effet les habitants du sud Soudan et du Darfour, où ce trouve le pétrole, ne sont guère heureux de voir ces compagnies partir avec leur richesses naturelles sans recevoir la moindre compensation). Entre temps Chevron va même vendre les droits de ses concessions mais en profitera pour construire un oléoduc de l’Atlantique au Tchad, voisin du Soudan qui contient aussi du précieux carburant mais en moindre quantité. Maintenant qu’un semblant de paix est revenu, ces deux pétrolières veulent revenir. Mais, dans les conditions actuelle, s’il y a une vraie paix, c’est la Chine, aura la majorité de ressources pétrolières du pays ce que ces deux pétrolières ne veulent guère. Que faire? Suivre l’exemple de Néron avant eux qui était venu chercher de l’énergie lui-aussi: divide et impera. Et c’est là que notre bon ami, Kouchner, ancien consultant de Total au Myanmar (oui, vous avez bien lu, au Myanmar, il fut chargé de blanchir les atrocités de Total dans cette affreuse dictature) fait son entrée au secours des pauvres pétrolières. Kouchner pousse pour des sanctions sur le Soudan et menace Khartoum d’une invasion «humanitaire» de l’ONU ou de la France afin de pouvoir faire chantage et dicter les termes de la paix entre les rebelles et Khartoum. Kouchner a deux instruments pour ce faire, le premier est une ONG qu’il aida à fonder, le Collectif Urgence Darfour (utilisé à des fins de propagandes pour des sanctions contre Khartoum), et le deuxième est qu’il est ministre des Affaires étrangères de la France. La paix qu’il veut? Une paix qui divise, une paix qui sépare les champs pétroliers de Khartoum et les divisent en deux plus petits morceaux plus facile à contrôler. Un tel arrangement aura le double avantage d’automatiquement retirer les champs pétroliers à la Chine qui a signé ses contrats avec Khartoum, or comme les champs ne seront plus sous le contrôle de Khartoum les contrats déjà signés par la chine seront nuls. Cette paix, elle a déjà été signée en 2005! Cette paix, déjà signée en 2005, prévoie des élections en 2008-2009, de quoi distraire le gouvernement à Khartoum. Un référendum sur l’indépendance du Darfour (une des deux régions pétrolières) en 2010, référendum surement aussi indépendant que les élections en Afghanistan et en 2011 un référendum sur l’indépendance du sud Soudan. On peut être certains que «l’occident» s’assurera que les gens de ces deux régions voteront du bon bord, surtout qu’à présent ils n’ont aucune raison de ne pas écouter ceux qui les abritaient lors de leur conflit avec Khartoum (en effet l’armé française est actuellement collé sur la frontière entre le Darfour et le Tchad du côté Tchad protégeant les bases arrières des rebelles au Tchad). Je crois donc m’être trompé dans mes articles antérieurs, le Canada et l’Europe ne cherchent pas à renverser le régime en place à Khartoum, seulement lui retirer son pétrole ce qui est beaucoup plus humanitaire… Notons aussi que grâce à l’oléoduc de Chevron, après la division du Soudan il ne sera pas du tout nécessaire de faire affaire avec Khartoum, le pétrole pourra être acheminer directement à l’océan Atlantique. Cela a aussi l’avantage d’éviter la région du Proche Orient. Le Canada et l’Europe (France) ne cherche dont pas a renverser le régime, ils gardent simplement la pression sur Khartoum afin de veiller à la bonne exécution de leur plan.

Cette sage et ancienne méthode de diviser pour régner a été utilisée très souvent récemment par «l’occident», pensons à l’ancienne Yougoslavie, ou encore mieux, au vote il quelque jour au Sénat étasunien de diviser l’Iraq en trois parties. L’iraq entière semble trop réticente à passer la loi sur le pétrole écrite par l’industrie pétrolière et sur laquelle les États-Unis insistent. La région Kurde d’Iraq elle a été beaucoup plus accommodante envers les demandes étasunienne. Peut-être une région Chi’ite ou une région Sunnite serait tout aussi accommodante …

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