Kataeb-flag.gifSelon le Réseau Voltaire, l’assassinat du parlementaire libanais Antoine Ghanem bénéficie la faction extrémiste des phalangistes:

Tendances et événements au Liban

L’assassinat du député phalangiste de la majorité, Antoine Ghanem, a suscité un vif émoi au Liban et provoqué un vent d’inquiétudes. Les analystes se sont interrogés sur le timing de cet attentat qui intervient moins d’une semaine avant la séance de l’élection présidentielle, prévue le 25 septembre.
Comme après chaque attentat, les ténors de la majorité (14-mars) ont accusé la Syrie —certains ont même ajouté le nom de l’Iran— de se tenir derrière l’assassinat. Le chef druze Walid Joumblatt a appelé la communauté internationale à intervenir dans l’échéance présidentielle, une attitude qui s’inscrit dans le cadre des allusions à peine voilées de l’adjoint de Ban Ki-Moon, Terje Rød-Larsen, qui avait lié l’élection présidentielle à la résolution 1559 dont il est chargé du suivi. Ce texte, voté en septembre 2004 par le Conseil de sécurité, stipule l’organisation de l’élection présidentielle conformément à la Constitution et, c’est le plus important, exige le désarmement de la Résistance libanaise. Quelques jours après ses déclarations, M. Larsen avait été désavoué par M. Ban. La 1559 avait également été évoquée à plusieurs reprises par des responsables américains.
Le chef de l’ancienne milice des Forces libanaises, Samir Geagea, a de son côté estimé que l’attentat de mercredi est le résultat de l’infiltration des services de sécurité. Saad Hariri, lui, a mis l’accent sur la nécessité de « sauver coûte que coûte » l’échéance présidentielle, faisant allusion à la possibilité d’ignorer les dispositions constitutionnelles, notamment la question qu quorum, qui fait l’objet d’un vif débat entre le 14-mars et l’opposition. Plus important encore, M. Hariri a déclaré que le Tribunal international jugera non seulement les coupables du meurtre de son père mais aussi ceux qui sabotent l’élection présidentielle au Liban.
L’opposition, elle, estime que l’assassinat d’Antoine Ghanem vise, en premier lieu, à torpiller l’initiative du président du Parlement Nabih Berri, qui avait été ouvertement rejetée par Geagea et Joumblatt, et indirectement par Hariri. L’attentat contre le député intervient à la veille d’une visite cruciale que devait effectuer M. Berri chez le Patriarche maronite, Nasrallah Sfeir, qui avait montré avec le Conseil des évêques de sa communauté, des dispositions favorables à l’égard de la démarche du chef du Législatif. De nombreuses figurent du 14-mars avaient également exprimé leur soutien à cette initiative salvatrice, ce qui menaçait la cohésion de la coalition au pouvoir. L’assassinat de Ghanem remet en selle les faucons du 14-mars et leur permet d’étouffer les voix modérées.
Dans ce contexte, les milieux de l’opposition rappellent les menaces directes adressées par MM. Joumblatt et Geagea contre leurs alliés qui accepteraient un compromis avec l’opposition. M. Joumblatt avait carrément menacé d’« exécution politique et morale ceux qui, parmi nos alliés, rechercheraient une entente avec l’autre partie ».
Les analystes attendent les prochaines mesures que pourraient prendre les États-Unis pour exploiter l’assassinat de Ghanem. On parle déjà d’une internationalisation de l’élection présidentielle à travers son organisation à l’extérieur du Liban sous la houlette du Conseil de sécurité. Dans ce cas, le Liban ne sera plus un État indépendant mais une entité placée sous protectorat international.