En 1996, Bolloré a acheté un magistrat français. Cela lui a permis de s’assurer la complaisence de la justice française lors de son effort pour se sécuriser le monopolie des transports maritimes en Afrique francophone. En 2006, Bolloré voulant seulement contrôler le port de Lomé qui menaçait son monopolie préalablement établi s’est surment dit que puisqu’elle pouvait corrompre la justice française, corrompre la justice togolaise devrait être du gâteau. Erreur! Après avoir essayé d’offrir 150 millions de francs CFA au juge Tiékoé, Président de la Cour Suprême, des résponsables de Bollorés fûrent mis en garde à vu par la justice togolaise pour corruption active de magistrat. En 2007, Bolloré mis le président français dans sa poche, peut-être cela compensera-t-il l’intégrité des Togolais(e)s, car après tout, la plus grande puissant militaire de l’Afrique est la France. Voici deux articles donnant plus de détails:

repris du Journal togolais TINGO TINGO:

« BOLLORE EN FLAGRANT DELIT DE PREDATION AU TOGO ? »

lundi 11 septembre 2006.

« Après avoir tenté de faire main basse sur les sociétés SE2M et SE3M Togo par la rouerie et le mensonge, puis par la corruption, Bolloré tente à présent un ultime coup de force, fermant la porte à toute conciliation avec Jacques Dupuydauby.

Depuis cinq ans, l’affaire Progosa, défrayant la chronique, illustre bien tristement les méthodes de Bolloré pour s’accaparer les marchés sur lesquels il évolue, au mépris de tout principe de saine concurrence et de compétition loyale. Ses armes ? La tromperie, la corruption et les coups de force.

Imposture, duperie et falsification

L’affaire SE2M Togo témoigne de la fourberie employée de façon récidiviste par Vincent Bolloré pour favoriser sa mainmise sur divers groupes et/ou sociétés dans lesquels il s’était pourtant formellement engagé à maintenir une participation limitée voire minoritaire.

Rappelons les faits : en 2001, une licence d’exploitation du Terminal à conteneurs du Port de Lomé est octroyée à la SE2M Togo du groupe Progosa Investment. Sous son impulsion, le trafic de conteneurs explose à Lomé, qui entre alors en concurrence directe avec le Port d’Abidjan, fief de Bolloré. Intolérable pour l’homme d’affaires, réputé aussi mégalo qu’ambitieux…

Voyant son hégémonie menacée, le groupe Bolloré (qui le reconnaît lui-même dans ses propres conclusions) prend le contrôle – de manière occulte, via une société de portage – de la société Progosa Investment, maison mère de PII Espagne, alors que celle dernière dispose d’une participation majoritaire dans le capital des sociétés SE2M Togo et SE3M Togo.

Une prise de contrôle faite en violation de l’engagement de Bolloré de ne pas dépasser une participation de 30% dans le capital desdites sociétés. Et sur laquelle il s’appuie pour attaquer Progosa en justice et réclamer la propriété des deux sociétés.

Un modus operandi qui trouve un étrange et bien sinistre écho dans l’« affaire Coparis », en France, à l’occasion de laquelle la Justice avait reconnu la « tromperie certaine » et le « mensonge caractérisé » dont Bolloré avait fait preuve pour prendre le contrôle de Coparis.

De France en Afrique, le groupe français apparaît ainsi comme le sinistre spécialiste de la prise de contrôle de sociétés ou groupes de sociétés via des sociétés de portage occulte auxquelles il consent des promesses de cessions d’actions.

Concussion à tous les étages

Autre méthode qu’affectionne le sieur Bolloré et dont l’affaire Progosa apporte un exemple aussi criant que scandaleux : les dessous de table, qui lui permettent de se mettre dans la poche tous les acteurs de la chaîne de décision en mesure d’appuyer ses intérêts et de servir son ambition.

A Lomé, le requin français n’aura pas hésité à proposer au juge Tiékoé, Président de la Cour Suprême, 150 millions de Fcfa pour confirmer la décision en faveur de Bolloré.

Mais tout n’est pas à vendre : une fois n’est pas coutume, Bolloré l’apprend à ses dépens ! Le juge avertit les plus hautes autorités politiques et judiciaires. Le 6 février, des responsables de Bolloré en visite à Lomé sont interpellés, placés en garde à vue, mis en examen pour corruption active de magistrat, placé sous contrôle judiciaire et finalement libérés moyennant une caution de 150.000 euros.

L’affaire est à rapprocher d’un autre cas de corruption de magistrat, l’affaire Tible.

Lors du rachat de la société Saga, une société de transport maritime, Bolloré s’était assuré l’appui du juge Tible, ancien Président du Tribunal de commerce de Nanterre, président de l’Association des magistrats consulaires des Hauts-de-Seine, très influent dans la juridiction, en lui accordant un prêt à des conditions plus qu’avantageuses. Tible avait bénéficié de la banque Rivaud, propriété Bolloré, d’un prêt à un taux ridiculement bas (3%).

Et contrairement aux pratiques bancaires habituelles, la banque n’avait demandé à Tible aucune garantie réelle, le prêt étant garanti sur ses honoraires de mandataires ad hoc …

Autre affaire de corruption, celle de Douala, au Cameroun, où l’entreprise française a tenté d’acheter la complaisance de certains officiels africains. Des sommes très importantes auraient été versées au Directeur Général du Port Autonome de Douala pour couvrir ces irrégularités, révèle la presse.

De fortes commissions, d’un total de 5 milliards de Fcfa, auraient été versées pour assurer à Bolloré la mainmise sur le port de Douala.

Un impitoyable prédateur

Et quand corruption et tromperie ne suffisent pas à Bolloré pour avoir le dessus sur ses concurrents, le prédateur impitoyable n’hésite pas à recourir à des méthodes autrement plus brutales et à imposer sa mainmise par de véritables coups de force.

Dans l’affaire Progosa, n’a-t-il pas refusé toute conciliation, tout arbitrage du gouvernement togolais ? Exigeant que soient rendus à son groupe les actifs dont il réclame la propriété préalablement à toute discussion, M. Cotti, DG Bolloré au Togo, semble en effet avoir d’entrée de jeu tué dans l’œuf toute possibilité d’accord. Jacques Dupuydauby avait pourtant ouvert la voie à un arrangement en proposant de s’en remettre à la décision du gouvernement togolais quant au sort de S.E.2M. et S.E.3M. Togo.

Mais Bolloré semble étranger à l’idée même de négociation, d’arrangement, de pourparlers.

C’est par la force qu’il impose sa mainmise sur les entreprises qui ont le malheur d’attiser sa convoitise.

En témoignent, en France, l’affaire Coparis ou le rachat de la Saga, et plus récemment la cas Havas. En Angleterre, la voracité du français semble aujourd’hui se heurter à une résistance farouche de la part du groupe de communication Aegis ; ses velléités prédatrices aboutiront-elles malgré tout ? Par quelle nouvelle turpitude Bolloré s’illustrera-t-il cette fois pour remporter la partie ?… ».

Article repris de L’Occidental:

Côte d’Ivoire : Comment Bolloré s’assure la complaisance de la Justice

publié par Loccidental, le dimanche 25 juin 2006

Le Groupe Bolloré continue de faire parler négativement de lui. L’on se rappelle la méthode utilisée par ce requin français du transport maritime, pour le contrôle du port d’Abidjan. En 2003, au mépris de la législation ivoirienne et des procédures administratives en matière de passation de marchés publics, le groupe français, par le canal de sa filiale SETV (Société d’exploitation du terminal à conteneurs de Vridi), s’accaparait la gestion du terminal à conteneurs de Vridi. Foulant aux pieds les règles élémentaires de bonne gouvernance et cela, au grand dam des opérateurs du secteur portuaire et même de la banque mondiale.

A ce sujet, des experts invoquent même des motifs de nullité et d’invalidité de la convention. Car il se trouve que Bolloré n’a jamais reçu l’agrément ministériel préalablement requis pour exercer de telles activités. La SETV opérant à ce jour, selon la presse togolaise sur le fondement d’une ordonnance du 17 mai 2004. « Par quels moyens de pression ou de persuasion une décision aussi opportune pour Bolloré a-t-elle été emportée ? Corruption ? Intimidation ? Trafic d’influences ? », s’est interrogée la presse togolaise. Qui affirme que l’ordonnance a depuis été jugée « sans fondement juridique sérieux » et rétractée par le Tribunal de première instance d’Abidjan. Une décision de justice qui néanmoins n’empêche pas Bolloré de continuer d’exercer ses activités au port d’Abidjan. Au Togo, un deal de ce géant du transport maritime a été éventé par la presse locale. En effet, en février 2006, une tentative de corruption d’un magistrat togolais par le Groupe Bolloré, dont le n°2 Gilles Alix et quatre de ses collaborateurs, a fait grand bruit. Ces individus ont même été détenus dans une brigade de gendarmerie et mis en examen (l’instruction suit son cours). La presse du pays de Faure Gnassingbé qui a décidé de ne rien lâcher en ce qui concerne le groupe Bolloré vient de faire des révélations. Au sujet d’une collusion entre la justice française et ledit groupe. A travers les journaux, « AGNI » n° 84 du 30 mai, « La Matinée » n° 248 du 31 mai 2006 et l’hebdomadaire n° 389 du 31 mai 2006. De quoi s’agit-il ?

Un cas patent en France

En 1996, la Saga, société de transport maritime, étant en grande difficulté, le tribunal de commerce de Nanterre (France) désigne deux magistrats ad hoc afin de trouver une solution qui évite à l’entreprise le dépôt de bilan. Parmi les mandataires, Henri Tible, ancien président du tribunal de commerce de Nanterre, président de l’Association des magistrats consulaires des Hauts-de-Seine, très influent dans la juridiction. A en croire ces journaux, Bolloré est sur les rangs pour racheter la Saga, conseillé dans cette affaire par Didier Calmels, spécialiste de la reprise de sociétés en dépôt de bilan. Qui passe pour être très bien introduit auprès du tribunal de commerce de Nanterre, où sa femme occupe le poste de secrétaire générale. Mais là où le bât blesse, c’est que Henri Tible se trouve être administrateur dans l’une des sociétés de Calmels. Le président Tible convainc le conglomérat belgo-sud africain CMB-Safren de s’allier à Bolloré dans la reprise de Saga, permettant ainsi à Bolloré de phagocyter son seul concurrent dans le transport maritime en Afrique francophone. Autre fait et toujours selon la presse togolaise, Bolloré a souvent recourt à d’autres moyens, bafouant sans scrupules le principe d’indépendance de la magistrature. Ainsi, en janvier 1999, le Groupe Bolloré embauche comme directeur des affaires juridiques le juge Jean Luc Delahaye, un magistrat en disponibilité. Ce juge a exercé en 1985 les fonctions d’adjoint au chef du service juridique de l’ex-COB (Commission des opérations de Bourses) aujourd’hui AMF (Autorité des marchés financiers) avec laquelle lui et les avocats dont il s’entoure entretiennent d’étroites et profitables relations. Pour preuve, saisie depuis un an d’un montage frauduleux organisé par le juge Delahaye pour Bolloré, l’AMF n’a encore procédé à aucune investigation… Mieux, parmi ses collaborateurs, compterait Mme Lemesle (documentaliste du groupe), épouse d’un ancien conseiller juridique du président Chirac. Quant à Mme Marie Darmaillac, secrétaire générale adjointe du groupe, Bolloré fait coup double lorsqu’il l’embauche en 2005. Elle-même magistrat en disponibilité, elle a pour époux l’un des premiers magistrats de France, Jean-Louis Nadal, procureur général près de la cour de cassation de Paris. Ainsi pour s’attirer certaines faveurs, le Groupe Bolloré n’hésite pas à infiltrer le temple de Thémis.