“J’ai découpé et dissous dans l’acide le corps de Lumumba”

3 08 2007

BRUGES (Belgique), 15 mai (AFP) - Près de quarante ans après l’assassinat de Patrice Lumumba, le Belge Gerard Soete vient enfin de se défaire d’un lourd secret : une nuit de janvier 1961, dans une puanteur d’acide sulfurique et de cadavres écartelés, il fit disparaître le corps du martyr congolais.
“Est-ce que la législation me le permettait ?”, se demande-t-il aujourd’hui, à 80 ans et en bonne santé, dans son pavillon d’un faubourg résidentiel de Bruges (nord-ouest) où l’AFP l’a rencontré.
“Pour sauver des milliers de personnes et maintenir le calme dans une situation explosive, je pense que nous avons bienfait”, ajoute-t-il, en dépit de “la crise morale” qu’il doit avoir traversée après cette nuit “atroce”.
Le 17 janvier1961, sept mois après l’accession du Congo à l’indépendance, Patrice Lumumba, le premier chef de gouvernement du pays, était assassiné près d’Elisabethville (actuellement Lubumbashi, sud), capitale de la province alors sécessionniste du Katanga.
Criblé de balles, son corps n’a jamais été retrouvé, pas plus que ceux de deux proches tués avec lui, Joseph Okito et Maurice Mpolo.
Selon l’auteur, le but de l’élimination était, en pleine guerre froide, de maintenir le Congo dans la sphère d’influence occidentale.
La thèse a connu un tel écho qu’une commission d’enquête parlementaire belge, chargée d’éclaircir “l’implication éventuelle des responsables politiques belges” dans l’assassinat, a entamé ses travaux le 2 mai.
Une commission qui auditionnera Gérard Soete.
Commissaire de police chargé à l’époque de mettre en place une “police nationale katangaise”, le Brugeois dut d’abord transporter les trois corps à 220 kilomètres du lieu d’exécution, pour les enfouir derrière une termitière, en pleine savane boisée.
De retour à Elisabethville, il reçut cependant “l’ordre” du ministre de l’intérieur Katangais Godefroi Munongo de faire littéralement disparaître les cadavres.
La popularité de Lumumba était telle que son cadavre restait en effet gênant. Le “pèlerinage” sur sa tombe pouvait raviver la lutte de ses partisans.
“Petit Gérard Soete de Bruges, je devais me débrouiller tout seul avec trois corps internationalement connus”, résume-t-il aujourd’hui. “Toutes les autorités belges étaient sur place, et elles ne m’ont pas dit de ne rien faire”, ajoute-t-il, avec un fort accent flamand.
Accompagné d’”un autre blanc” et de quelques congolais, épuisés “d’une scie à métaux, de deux grandes dames-jeannes et d’un fut d’acide sulfurique”, il leur fallut toute la nuit, du 22 au 23 janvier, pour accomplir leur besogne.
“En pleine nuit africaine, nous avons commencé par nous saouler pour avoir du courage. On a écarté les corps. Le plus dur fut se les découper” avant de verser l’acide, explique l’octogénaire.
Il n’en restait presque plus rien, seules quelques dents. Et l’odeur ! Je me suis lavé trois fois et je me sentais toujours sale comme un barbare”, ajouté-t-il.
De retour en Belgique après1973, Gérard Soete contera cette terrible nuit dans un roman, “pour (se) soulager”, mais sans livrer son nom.

EMMANUEL DELOULOY



Assassinat de Lumumba commandité par les ÉU et la Belgique

3 08 2007

dinsdag, 9 oktober 2001, 10u44


Un complot des gouvernements américain et belge et de l’extrême droite

Solidaire s’est entretenu avec l’écrivain Ludo De Witte, à propos de l’assassinat de Lumumba

Nom: Ludo De Witte

Age: Né en 1956, papa de Wouter (16 ans) et Jasper (14 ans)

Parcours: Sociologue de formation et auteur de Crisis in Kongo (1996). Il a effectué des recherches très poussées dans les Archives des Nations unies (New York) et les Archives du ministère des Affaires étrangères (Bruxelles). L’assassinat de Lumumba est l’aboutissement d’une étude approfondie sur les commanditaires du crime, basée sur des documents uniques et des témoignages des protagonistes de ce drame.

Dans les prochaines semaines, la commission d’enquête parlementaire sur l’assassinat du Premier ministre congolais Lumumba clôturera ses travaux. A l’origine de cette commission, on trouve un livre de Ludo De Witte, qui a provoqué beaucoup de remous. L’auteur affirme que l’assassinat a été exécuté en accord avec les gouvernements belge et américain et que les commanditaires étaient tous des actionnaires d’entreprises qui pillaient ou avaient des vues sur les richesses du Congo. L’assassinat a été réalisé au nom du libre marché et de la lutte contre le communisme.

Tony Busselen

Ludo De Witte. Des indices sérieux indiquent que les plus hautes instances politiques belges ont été impliquées dans différentes tentatives d’assassinat de Lumumba, de septembre à octobre 1960. Pendant l’enquête, on a par exemple parlé de l’opération L, mise sur pied par Edouard Pilaet. Celui-ci travaillait pour le compte de la Forminière, la société belge qui exploitait le diamant au Congo. Par l’intermédiaire du colonel de réserve Laude, il était notamment en contact avec le chef de la maison militaire du roi, le général Dinjaert. Les plus hautes instances politiques étaient impliquées dans cette opération. C’est d’ailleurs le bras droit du comte d’Aspremont Lynden, le ministre des Affaires africaines, qui a chargé Pilaet de se rendre au Congo et d’y travailler sous la direction du colonel Marlière. Celui-ci deviendrait plus tard le conseiller de Mobutu.

Il y a encore d’autres témoignages. Ainsi, le commandant Noël Dedeken a reconnu avoir reçu du commandant en chef de l’armée belge, le baron de Cumont, l’ordre d’enlever Lumumba, sans doute en vue de l’éliminer par la suite. Et, récemment, l’officier belge Paul Heureux a confirmé l’existence d’un plan visant à assassiner Lumumba et émanant du journaliste Jo Gérard, partisan notoire du roi Léopold III et collaborateur de Paul Vanden Boeynants. Ce plan a été préparé sous la supervision du colonel Marlière, qui agissait avec l’accord de ses supérieurs. Ces opérations ont finalement été suspendues lorsque l’initiative est passée aux mains des Américains.

Avez-vous des informations sur la collaboration entre les services américains et belges?

Ludo De Witte. Nous savons que dès l’été 1960, les Américains et les Belges ont lancé plusieurs tentatives d’assassinat contre Lumumba et que toutes ces opérations ont été suspendues entre le 10 et le 15 octobre. Des documents de la CIA et les archives de Pilaet révèlent qu’on était arrivé à la conclusion que trop de personnes travaillaient à la préparation du meurtre de Lumumba. Hormis les opérations préparées par les services occidentaux eux-mêmes, ceux-ci ont aussi tenté de faire exécuter la sale besogne par des Congolais. Mais ceux-ci se sont montrés peu enthousiastes. Pilaet écrit dans un rapport: «Tous les Congolais avec lesquels je parle sont d’accord pour dire que Lumumba doit disparaître. Mais ils espèrent tous que quelqu’un d’autre fera le travail à leur place». En d’autres termes, de très nombreuses personnes étaient au courant des opérations. A Brazzaville et à Léopoldville, les rumeurs allaient bon train. Des amateurs étaient impliqués dans l’affaire et il y avait des fuites. Un moment donné, il a donc été décidé de mettre fin à toutes les opérations.

Noël Dedeken et Pilaet ont alors été révoqués. La CIA a envoyé un message à l’ambassade américaine précisant que «toutes les initiatives par rapport à Lumumba devaient être arrêtées». Mais en même temps, le quartier général de la CIA a transmis un message secret, via un canal spécial, à Larry Devlin, chef de la CIA à Léopoldville, lui indiquant littéralement qu’il ne devait en aucun cas tenir compte du message officiel et que l’opération serait poursuivie de manière accélérée.

La CIA décide alors d’engager un tueur à gages professionnel. Cet homme, recruté en Belgique et portant le nom de code QJWIN, est arrivé au Congo juste avant la fuite de Lumumba de Kinshasa. Finalement, il sera rappelé sans avoir pu achever son travail parce qu’entre-temps, Lumumba a été arrêté par Mobutu pour être livré plus tard au Katanga. Mais le fait qu’à la mi-octobre, Belges comme Américains mettent fin à toutes leurs opérations officielles et que la CIA prend alors toute l’affaire en main, donne à penser qu’il y a eu une coordination à un très haut niveau entre Bruxelles et Washington. En outre, des concertations ont eu lieu en janvier 1961, tant au niveau de l’Otan que de manière bilatérale. Le Portugal, qui était encore maître en Angola, et le régime britannique en Rhodésie ont discuté avec le régime Tshombé au Katanga pour arrêter la progression des forces nationalistes. Des contacts avec les Français ont eu lieu en vue de renforcer le régime de Mobutu. Le Pentagone insistait à cette époque pour que les bases militaires de Kitona et de Kamina restent entre les mains de forces «alliées».

Mais il y avait quand même une forte rivalité entre Belges et Américains à propos du contrôle du Congo…

Ludo De Witte. Cette rivalité n’a joué un rôle que plus tard. Au cours de l’année 1961, une fois Lumumba assassiné et les Américains maîtres de la situation, elle a pris des proportions importantes. Mais durant toute la période de crise, de l’été 60 jusqu’à la mort de Lumumba, les opérations belges et américaines se sont déroulées parallèlement. Le 18 août 1960, le président Eisenhower donne le feu vert pour assassiner Lumumba. Le même jour, Gaston Eyskens donne ordre à Van Bilsen de charger Kasa Vubu de la destitution de Lumumba. Belges et Américains sont alors de véritables «frères d’armes» et ils collaborent étroitement. Ainsi, il y eut un attentat soi-disant perpétré par des nationalistes contre Ndele, un homme de Mobutu. Les Américains étaient au courant depuis une semaine. L’opération s’est déroulée avec un tel amateurisme et le lien avec Lumumba était si apparent qu’il s’agissait sans aucun doute d’une opération tendant à dresser le camp de Mobutu contre les Lumumbistes et à les pousser dans les bras de la CIA et de la sûreté belge. Il y a eu des attentats semblables contre Mobutu lui-même et d’autres Congolais. Dans ces opérations, la CIA collaborait avec les services secrets belges. Il y a d’ailleurs aussi le témoignage du colonel Marlière qui reconnaît avoir placé, avec l’aide la CIA, des appareils d’écoute dans la résidence de Lumumba. L’agent de la CIA Devlin parle lui aussi d’une collaboration intense avec les Belges.

Des accusations sévères ont été formulées devant la commission d’enquête à l’encontre du journaliste d’extrême droite Jo Gérard. Un officier belge, Paul Heureux, l’accuse de lui avoir remis une mitraillette, deux millions de francs et la mission d’engager un tueur pour assassiner Lumumba. Qui est Jo Gérard?

Ludo De Witte. Gérard était déjà actif dans la résistance anticommuniste durant la Deuxième guerre mondiale. Après la guerre, il est devenu propagandiste anticommuniste et partisan d’un régime musclé autour de la figure du roi Léopold III. Il était aussi l’une des chevilles ouvrières de la publication d’extrême droite Europe-Magazine, une revue néo-fasciste qui écrivait sur les Congolais en des termes racistes. Je me rappelle d’un numéro qui titrait à la une: «Le Congo livré aux bêtes». C’était le style de Jo Gérard. Il a également joué un rôle important dans l’ascension politique de Paul Vanden Boeynants et contribué au développement de l’aile droite du PSC. Il avait également de bons contacts avec le baron Zurstrassen, un grand financier du groupe Lambert.

Dès l’instant où le gouvernement belge a déclenché la guerre -non déclarée- contre Lumumba, le milieu réactionnaire, anticommuniste et paramilitaire qui s’était formé durant la guerre a reçu carte blanche. Des gens comme Pilaet, Dedeken, Laude, Gérard appartenaient à ce milieu. Le ministre des Affaires africaines d’Aspremont Lynden avait lui-même été un dirigeant de la résistance anticommuniste durant la guerre. Dans les années cinquante, il était lieutenant-colonel du cadre de réserve de l’armée, collaborateur de la sûreté militaire belge et un haut dirigeant des réseaux gladio. Ces réseaux avaient été créés par les services secrets américains dans tous les pays européens pour entrer en action si les communistes arrivaient au pouvoir. Après l’accession de Lumumba au poste de Premier ministre, c’est ce même d’Aspremont Lynden qu’on a envoyé au Katanga afin d’y organiser la révolte contre Lumumba, avec l’aide de Jean del Marmol, un officier de la résistance anticommuniste exclu de la direction pour ses idées trop extrémistes. Il voulait absolument instaurer une dictature militaire sous la direction du roi après le départ des Allemands.

Pourquoi des forces aussi différentes que le gouvernement belge, le gouvernement américain et les léopoldistes ont-ils collaboré en vue d’assassiner Lumumba?

Ludo De Witte. Toutes ces forces, traversées par d’énormes conflits d’intérêts, étaient toutes des actionnaires d’entreprises qui exploitaient le Congo. Derrière Jean del Marmol, il y avait le groupe Lambert; derrière Pierre Wigny, il y avait une floppée de sociétés coloniales; dans l’entourage du Palais royal, il y avait la Société Générale. L’oncle d’Aspremont Lynden était l’un des commissaires de la Société Générale. Pour les Américains, l’enjeu était aussi de mettre la main sur les énormes richesses du Congo. En outre, un succès du nationalisme de Lumumba pourrait avoir des conséquences importantes dans l’ensemble de l’Afrique.

Comment la commission Lumumba pourrait-elle, selon vous, réellement faire la lumière sur le meurtre de Lumumba?

Ludo De Witte. Qu’elle fasse ouvrir toutes les archives, surtout pour les Africains, car c’est en premier lieu leur histoire. Le dossier Lumumba de la Sûreté de l’Etat et les archives de la sûreté militaire doivent être rendues publiques. Par ailleurs, la commission doit examiner ce qui s’est exactement passé durant les dernières heures de Lumumba et tout mettre en œuvre pour récupérer sa dépouille. On affirme que le commissaire de police Soete aurait détruit le cadavre de Lumumba, mais beaucoup en doutent.

Le parlement a décidé de clôturer les travaux de la commission fin janvier pour éviter qu’on établisse un lien entre le meurtre de Kabila et celui de Lumumba. Qu’en pensez-vous?

Lude De Witte: Je crains que les choses n’aient pas fondamentalement changé depuis 1960. Je me rappelle, par exemple, qu’au moment où la commission Lumumba s’installait, Louis Michel affirmait que Laurent Kabila s’était disqualifié lui-même sur la scène internationale. Raison de cette déclaration: la décision de Kabila visant à interdire les devises étrangères au Congo. Le fait qu’un ministre des affaires étrangères se permette de faire de telles déclarations à propos d’une mesure qui relève manifestement des affaires économiques internes d’un autre pays, qui en plus est en guerre, démontre qu’on n’a pas appris grand chose depuis quarante ans. On traite toujours les dirigeants congolais avec le même mépris «impérial» que dans les années soixante. On peut démontrer de manière presque mathématique avec quelle force l’Occident souhaitait voir disparaître Kabila. Il suffit de comparer les flux financiers de l’Occident vers les pays qui ont agressé le Congo et l’argent qui est allé au Congo, pour comprendre que l’Occident n’a donné aucune chance à Kabila.

Aujourd’hui, on assiste à une véritable balkanisation du Congo: quelques pays voisins occupent d’énormes territoires du Congo qu’ils pillent sans vergogne avec l’aide d’entreprises occidentales. La facilité avec laquelle l’Occident accepte cette situation démontre le peu de respect qu’il a à l’égard de l’intégrité territoriale d’un pays du tiers monde. A voir le soulagement avec lequel l’Occident a réagi à la mort de Laurent Kabila début 2001 et la rapidité avec laquelle Louis Michel a annoncé son décès - avant même la communication officielle du gouvernement congolais - je doute fort de la prétendue ouverture que le gouvernement s’attribue.

Le Conseil des ministres de Lumumba. Après l’accession de Lumumba au poste de Premier ministre, d’Aspremont Lynden et Jean del Marmol, deux figures importantes de l’anticommunisme d’extrême droite belge, ont été envoyés au Congo pour y organiser la révolte contre Lumumba. (Photo archives)

Ludo De Witte, L’assassinat de Lumumba, aux éditions Karthala.

En vente dans toutes les bonnes librairies. Vous pouvez le commander à la Librairie Internationale (02/513.69.07) au prix de 1088 francs + 80 francs de port.

source: http://www.solidaire.org/scripts/article.phtml?lang=2&obid=6419



Discours de Sankara sur la dette africaine à l’OUA, Adis Adéba, 1987

3 08 2007

Voici le discours Thomas Sankara, président du Burkina Faso, à l’Organisation de l’unité africaine (devenue Union africaine) sur la dette africaine à Addis-Abeba (Éthiopie) le 29 juillet 1987. Il fût assassiné par l’actuel président du Burkina, Blaise Compaoré.

Discours de THOMAS SANKARA a ADDIS ADEBA
envoyé par romsiten



Les mineur(se)s de De Beers partent en grève

3 08 2007

 

Afrique du Sud : des milliers de mineurs du groupe De Beers en grève

Le président de De Beers Nicky Oppenheimer, en juin 2005 à Londres (Photo John D. McHugh/AFP/Archives)

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AFP - Les quelque 11.000 mineurs travaillant en Afrique du Sud pour le groupe De Beers, premier producteur mondial de diamants, ont cessé le travail mardi, en dépit de négociations de dernière minute pour tenter d’éviter une grève illimitée sur des revendications salariales.

Un porte-parole du Syndicat national des mineurs (Num) a déclaré que la grève avait commencé avec la vacation du soir à 14H00 (12H00 GMT) et durerait jusqu’à ce qu’un accord soit conclu sur les augmentations de salaires.

De Beers a pour sa part affirmé que la direction tentait encore de résoudre le conflit et que ses représentants étaient réunis avec ceux du Num au moment même où la grève était lancée.

“Nous sommes actuellement en réunion avec l’employeur, mais la grève a commencé avec les travailleurs de la vacation du soir et durera jusqu’à ce qu’une meilleure offre soit mise sur la table”, a déclaré à l’AFP le porte-parole du syndicat, Lesiba Seshoka.

“Ce n’est pas de notre faute s’ils sont en retard. Ils ont eu assez de temps depuis mai pour faire une meilleure offre.” “Nous avons déjà mobilisé nos membres, la grève commence comme prévu et ne sera levée que s’il y a un accord”, a-t-il ajouté.

Les syndicats demandent une augmentation de 11% des salaires, la direction offrant 8%, à peine au dessus du taux officiel de l’inflation.

Le porte-parole de De Beers, Tom Tweedy, s’est refusé à toute spéculation sur une éventuelle amélioration de cette offre.

“Nous sommes naturellement disposés à un accord avec le Num et nous ne voulons pas voir nos employés, ni nos activités souffrir d’un quelconque arrêt de travail”, a-t-il déclaré à l’AFP.

“Nous respecterons l’intégrité du processus de négociation (…) par conséquent nous ne pouvons faire de commentaires sur ce que l’une ou l’autre des parties apporte à la table des négociations”, a-t-il ajouté.

Les membres du Num, principal syndicat minier d’Afrique du Sud, avaient voté jeudi en faveur d’une grève illimitée après l’échec des négociations salariales entamées en mai.

Selon le Num, le salaire minimum mensuel d’un mineur travaillant pour De Beers en Afrique du Sud est de 3.300 rands (460 USD).

Le président du groupe, Nicky Oppenheimer, a annoncé la semaine dernière que les ventes de diamants bruts avaient chuté de 7% à 3,4 milliards USD au premier semestre 2007, contre 3,6 milliards durant la même période en 2006.

“La demande pour les bijoux en diamants reste bonne et les conditions de vente, ainsi que les prix des diamants bruts, se sont améliorés durant la période”, a cependant assuré Oppenheimer lors d’une présentation dans les bureaux du groupe à Gaborone, capitale du Botswana.

La légère baisse des ventes a été attribuée essentiellement à celle des livraisons de Russie que le groupe, qui contrôle 40% du marché des diamants bruts, espère momentanée.

Le mouvement des mineurs de De Beers s’ajoute à une série d’actions syndicales ces dernières semaines en Afrique du Sud, dont en juin la plus importante grève du secteur public depuis la fin du régime raciste d’apartheid en 1994.

De Beers est détenu à 45% par le groupe Anglo American, coté à la Bourse de Londres, tandis que la famille sud-africaine Oppenheimer en détient 40% et l’Etat botswanais les 15% restants.




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